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Dossier

Analyser la perception de l’alerte par les populations : questionnements empiriques, enjeux scientifiques et retombées opérationnelles

Analysing public perception of alert messages: empirical questions, scientific issues and operational implications
Johnny Douvinet, Hélène Ledouble, Karine Emsellem et Maé Gallet
p. 21-46

Résumés

En France, depuis juin 2022, les autorités peuvent envoyer une notification qui s’affiche sur l’écran des téléphones portables des individus situés dans une zone d’alerte. Ces messages matérialisent un risque réel mais ne présagent pas de la manière dont les individus ont perçu le message. Pour répondre à cet objectif, cette étude analyse 12 260 avis collectés au cours de 45 exercices. Les résultats montrent que 1) les commentaires positifs, négatifs ou les recommandations varient selon la nature du danger et l'âge, et 2) que les actions de sensibilisation, les aspects techniques et lexicaux et le rapport aux autres sont au cœur des préoccupations.

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Texte intégral

Les auteurs tiennent à remercier les répondants qui ont été sollicités au cours des exercices d’alerte et qui ont accepté de laisser un commentaire écrit, ainsi que les autorités préfectorales qui ont accepté d’intégrer le lien du questionnaire dans les contenus des messages. Ce travail a été possible grâce à une convention de collaboration avec la Direction de la transformation numérique (DTNUM) et la Direction générale de la sécurité civile et gestion de crise (DGSCGC), signée pour les années 2022, 2023 et 2024. De nombreux ateliers citoyens ont aussi été organisés durant l’année 2024 dans le cadre d’un projet financé par la Fondation MAIF pour la recherche, confirmant des retours individuels identifiés dans le questionnaire en ligne. Sans eux, ce travail n’aurait guère été possible et qu’ils en soient sincèrement remerciés ici. Les auteurs remercient aussi d’autres personnes impliquées dans l’équipe projet : Esteban Bopp, Delphine Grancher, Matthieu Péroche, Miangaly Rakoto ou Solène Roucour.

1. Introduction

1.1. Du risque à l’alerte : un changement de posture temporel et communicationnel

  • 1 Par exemple en termes de période de retour, de probabilité d’occurrence ou de prévisibilité.

1Les concepts de risque et d’alerte font l’objet de profonds débats sémantiques, ancrés dans la variété des disciplines ou des courants de recherche qui s’y intéressent. La plupart des travaux s’accordent toutefois sur le fait que ces concepts diffèrent sur le plan de la temporalité. Le risque renvoie à un événement probable, « dommageable » (Peretti-Watel, 2000), ou « indésirable » (Fallon et al., 2012), que l’on peut différencier selon son origine dite naturelle, industrielle ou du type nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique ou explosif (NRBCE) (Decrop et Gilbert, 1993). Il résulte de la combinaison entre un aléa (un événement potentiellement dangereux), une exposition (des biens et des personnes pouvant être touchés), une vulnérabilité (la propension à subir un endommagement), le tout pouvant être atténué par la résilience, incluant la connaissance du phénomène, sa perception, les expériences passées, la culture ou la préparation (Léone et al., 2010 ; Reghezza-Zitt et al., 2019). Quantifié via différents indicateurs1, le risque englobe ainsi une dimension probabiliste (Giddens, 1994), et les individus vont évaluer leur chance d’y faire face (Ekeland, 1991).

  • 2 En France, les autorités compétentes dans le domaine de l’alerte sont l’État, les maires ou les pré (...)

2Par opposition, l’alerte matérialise l’occurrence d’un événement réel, très concret, et qui porte atteinte (de façon soudaine, voire imminente) à l’intégrité physique des biens ou des personnes situés dans la zone de danger. L’alerte est annoncée par un signal, textuel (notification écrite, SMS), sonore (alarme des sirènes, cloche des tocsins) ou visuel (point lumineux). L’envoi du premier message d’alerte permet à un émetteur (soit l’autorité qui en a la responsabilité2) de communiquer vers les personnes exposées au danger, dans une perspective persuasive, de façon à ce que les individus puissent prendre des décisions éclairées, et appliquer les mesures de sécurité ou de protection indiquées. Les messages suivants peuvent annoncer une évolution de la situation ou indiquer des informations complémentaires. Quand la fin d’alerte est émise, le danger est écarté, et commencent alors la période post-catastrophe, l’évaluation des dégâts ou les premiers retours d’expérience (Léone et al., 2010 ; Moatty et al., 2017).

3Mais encore faut-il que les individus qui reçoivent ce message d’alerte le comprennent, et sur ce point, de nombreux travaux ont montré que la communication n’est pas suffisante, à elle seule, pour uniformiser les pratiques (Bean, 2019 ; Alary et al., 2024). Dans les faits, « les publics filtrent ou interprètent les messages plus qu’ils ne les reçoivent tels quels » (Becerra et Peltier, 2009), ou y décèlent des intentions qu’ils rejettent allègrement (Garcin-Marrou et Goepfert, 2017). Communiquer en cas d’alerte est aussi une étape complexe car la situation dangereuse est évolutive (une consigne de confinement peut devoir être transformée en une évacuation), et donc empreinte de fortes incertitudes. L’alerte doit générer des comportements adéquats sans provoquer des effets de peur, du rejet, du déni et surtout de l’inaction (Bean, 2019 ; Sutton et al., 2024). Puisque l’alerte et le risque diffèrent sur le plan de la temporalité, les enjeux lexicaux et communicationnels ne relèvent donc pas non plus du même ressort.

1.2. Une nouvelle façon de communiquer vers la population via FR-Alert

  • 3 Sur le plan technique, seuls les téléphones ayant mis à jour leur système d’exploitation, étant con (...)

4En France, depuis juin 2022, les autorités préfectorales peuvent envoyer des notifications qui s’affichent sur l’écran des téléphones portables3 des individus présents dans la zone d’alerte via une plateforme appelée FR-Alert (Douvinet et al., 2023). Les notifications sont diffusées par ondes radio autour des antennes relais des opérateurs de téléphonie mobile : on parle ainsi d’un mode de diffusion surfacique (Bopp et Douvinet, 2022). Une fois validée, la diffusion prend 1 à 2 secondes, et elle n’est pas sensible à la congestion sur les réseaux. Autrement dit, ce délai restera le même quel que soit le nombre de personnes présentes dans la zone d’alerte.

5De nombreux travaux ont déjà été menés pour optimiser le contenu des notifications d’alerte (p. ex., Bean, 2019 ; Cain et al., 2021 ; Goltz et al., 2023 ; Sutton et al., 2024 ; Douvinet et al., 2023) et en maximiser les effets auprès des populations. Le modèle le plus suivi est le WRM (Warning Response Model), élaboré par Mileti et Sorensen (1990). Celui-ci permet de définir le contenu d’une alerte en se fondant sur six invariants, qui répondent à des questions simples en apparence : 1) l’émetteur (qui alerte ?), 2) la nature du danger (quel événement ?), avec sa temporalité (quand ?) et les impacts (quoi ?), 3) la zone touchée (où ?), 4) les consignes (que faire ?), 5) l’ajout d’un lien pour des compléments d’information et authentifier l’émetteur, 6) une lecture aérée pour éviter un « mur de mots » à lire pour la personne recevant le message. Bien que conçu au début des années 1990, ce modèle sert toujours de référence aujourd’hui, les travaux ultérieurs apportant des ajustements sans remettre en cause la trame proposée. Dès lors, pour être comprise, une notification doit être claire, incitative, structurée autour des six invariants, et être rédigée avec des mots compréhensibles pour un enfant de 11 à 12 ans.

6Dans le cadre d’une étude précédente (Douvinet et al., 2023), la présence des invariants a été analysée dans 100 notifications indiquant le début d’une alerte envoyée au cours d’un exercice préfectoral et dans 29 alertes réelles diffusées en France entre 2022 et 2024. Les résultats ont montré que 72 % des 129 messages étudiés ont respecté plus de 50 % des invariants proposés dans le modèle WRM, en particulier les consignes (82 %) et la nature de l’événement (63 %), ce qui rejoint des constats observés ailleurs (Olson et al., 2023). En revanche, la temporalité a rarement été évoquée (présente dans 9 % des notifications), tout comme la précision des zones touchées (39 %). La mise en page n’a pas toujours été aérée, en particulier lors des exercices (24 %), les autorités souhaitant insister sur le fait qu’aucune action spécifique n’était attendue des populations, par crainte parfois d’effets collectifs non désirés.

1.3. Objectifs de cette étude : saisir les réactions spontanées des populations

7L’analyse du contenu du message d’alerte constitue un niveau de lecture intéressant, mais qui ne présage pas de la manière dont les individus ont perçu le message, ou de ce qu’ils en ont pensé. Pour pallier ce manque de connaissance, nous avons eu l’opportunité d’intégrer dans le contenu des alertes envoyées lors de nombreux exercices préfectoraux un lien internet renvoyant vers un questionnaire en ligne4. Des questions fermées ont porté sur les invariants et sur le niveau de précision du message, et un commentaire libre pouvait aussi être laissé par les répondants à la fin du questionnaire, sans aucune limite de caractères (Figure 1). C’est sur ces commentaires que cette étude s’est focalisée. Ces verbatims constituent un jeu de données qui s’apparente à une enquête de terrain et qui permet d’écouter « ce que pensent, disent et vivent les publics » (Chambru et De Oliveira, 2021). Proposer un tel espace d’expression était aussi l’occasion de collecter un grand nombre d’avis individuels, pour ensuite rechercher des points de convergence ou de divergence récurrents.

Figure 1 : Exemple d’une notification avec le lien renvoyant vers le questionnaire en ligne

Figure 1 : Exemple d’une notification avec le lien renvoyant vers le questionnaire en ligne

2. Les défis posés en termes de communication

8Comme dans tout acte de communication, le choix des mots, leur polysémie et la connaissance à laquelle ils renvoient sont cruciaux. Un lexique pertinent doit donc être utilisé, en particulier dans le premier message d’alerte, pour espérer susciter des réactions adaptées à la situation, sans provoquer des mouvements de foule ou générer de l’inaction (Bean, 2019). À titre d’exemple, comme certaines études ont prouvé que les négations étaient contre-productives (Ruin et al., 2007 ; Cain et al., 2021 ; Olson et al., 2023), la consigne « N’allez pas chercher vos enfants à l’école » (recommandée pour les inondations) est devenue « Laissez vos enfants à l’école, ils y sont en sécurité » (Douvinet et al., 2023). Cependant, si les mots participent à donner du sens à la situation, en faisant appel au cadre de référence propre à chacun, ils peuvent aussi être sujets à interprétation (de façon positive ou négative), générer des incompréhensions ou des distorsions (Timm, 1980). Le message renvoie donc bien à des questions de lecture, mais aussi et avant tout à des questions de perceptions, sémantiques et sociales.

9Comme l’alerte est un construit politique (Borraz, 2008 ; Garcin-Marrou et Le Naour, 2017 ; Wolton, 2017), le contenu d’une notification résulte également de jeux d’acteurs et de jeux de pouvoirs. Placée sous le signe d’une décision éminemment politique, la validation du contenu de l’alerte résulte de choix stratégiques et communicationnels, où s’entremêlent aussi des questions de réputation et de responsabilité pour l’émetteur. « Alerter ou ne pas alerter » devient alors « LA » question qui prévaut et qui se pose en situation de danger. L’alerte est à considérer ici comme une action motivée par une évaluation rationnelle opposant des gains (mettre en sécurité les populations) par rapport aux pertes estimées (victimes ou dommages matériels par exemple), « pour en tirer le meilleur parti » (Niget et Petitclerc, 2012).

  • 5 Une notification ne doit pas dépasser 600 caractères pour être affichée d’un seul bloc sur un télép (...)

10Les contraintes techniques5 nécessitent également d’opérer des choix dans le niveau de détail des informations. Grâce à des partenariats publics-privés, différentes expérimentations ont été menées ces dernières années pour mesurer les incidences de contenus plus ou moins longs, et avec différents niveaux de précision (Cain et al., 2021 ; Smith et al., 2022 ; Douvinet et al., 2023). Ces travaux aboutissent à des consensus, notamment la nécessité d’une description détaillée en cas d’événement à cinétique lente, alors qu’il convient d’être directif et concis en cas de danger soudain ou inconnu. Des divergences subsistent néanmoins : la longueur des messages n’est pas appréciée de la même façon selon les âges ou le vécu d’une alerte passée.

3. Une occasion inédite d’écouter les populations recevant une notification

  • 6 Les situations réelles ne permettent pas, sur le plan éthique, d’évaluer les réactions des individu (...)

11Cette contribution porte sur la manière dont les individus ont perçu les notifications diffusées lors des exercices préfectoraux, grâce au questionnaire en ligne administré à cet effet6. 14 412 commentaires ont été collectés au cours de 89 exercices organisés entre le 17 mai 2022 et le 2 juin 2024. 1 007 commentaires ont néanmoins été écartés car ils renvoient à des éléments non exploitables sur le plan scientifique (p. ex, « Bonjour », « ☺ » ; « RAS », etc.). 1 145 avis ont aussi été supprimés car associés à des exercices pour lesquels le nombre de commentaires n’a pas dépassé 50 (seuil choisi après avoir vérifié les écarts entre les 89 exercices).

  • 7 Ces exercices ont eu pour but de tester la solution, sans indiquer les consignes adossées à un risq (...)

12Les commentaires conservés (12 260 au cours de 45 exercices) expriment des avis rédigés de façon spontanée en réponse à l’envoi de notifications simulant 7 types de risque différents, certains ayant une origine dite naturelle (feu de forêt, inondation, tsunami) ou technologique (incident industriel, rupture de barrage), et d’autres relevant de la sécurité publique (menace, intrusion). Les commentaires laissés en réponse à 8 messages uniquement informationnels7 ont été gardés pour voir si des écarts émergeaient lorsque le danger et les consignes n’étaient pas mentionnés. Ces exercices ont été réalisés dans différents contextes géographiques (zone urbaine dense, site industriel, littoral méditerranéen, gare ferroviaire, zone de submersion en aval d’un barrage), ce qui permet d’avoir une certaine hétérogénéité dans les situations (Figure 2).

Figure 2 : Nombre d’avis collectés par exercice et selon la nature de l’événement

Figure 2 : Nombre d’avis collectés par exercice et selon la nature de l’événement

13Le profil des répondants est le suivant : 55 % sont des femmes (44 % des hommes et 1 % ne se sont pas prononcés sur le genre) ; 31 % sont âgés de 45 à 59 ans, 26 % de 60 à 74 ans, 26 % de 30 à 45 ans, le reste étant représenté par les plus de 75 ans (5 %) ou les moins de 20 ans (3 %). 76 % déclarent être dans un bâtiment au moment de la réception des alertes, 12 % dans les transports en commun. 26 % des répondants sont des cadres, 24 % des retraités, 22 % des employés, alors qu’un faible nombre d’ouvriers (2,4 %) et d’agriculteurs (0,7 %) a laissé un commentaire.

4. Un regard pluridisciplinaire propice à des analyses combinées

14L’analyse des commentaires écrits a bénéficié d’une lecture pluridisciplinaire mobilisant des approches relevant du domaine des sciences de l’information et de la communication et d’autres issues des disciplines impliquées (linguistique, psychologie, géographie). Plusieurs méthodes ont été mobilisées pour détecter des tendances collectives qui émergent des avis individuels, tout en s’appuyant sur des approches déjà établies (robustesse statistique, analyse textuelle, spatialisation). En complément des commentaires textuels, un ensemble de variables sociodémographiques (âge, genre, profession et catégorie socio-professionnelles), géographiques (emprise spatiale de l’exercice, nature du danger, localisation des répondants) et contextuelles (heure de l’exercice, conditions de réception) a été utilisé pour saisir des effets explicatifs structurants.

15Dans un premier temps, les commentaires ont été classés selon un modèle ad hoc que l’on a appelé PNRA (positif, négatif, recommandation, autres). Cette approche qualitative a été privilégiée pour s’imprégner des commentaires. Chaque commentaire a été lu plusieurs fois, puis des fragments de texte homogènes ont été regroupés, entre des éléments d’appréciation positifs, des avis négatifs ou des recommandations (en dissociant des éléments modifiables ou au contraire immuables, qui sont du ressort des contraintes techniques), ou un élément (autre) non classable dans une des trois catégories précédentes. La Figure 3 présente 7 exemples de verbatims extraits du corpus : « Système certainement très utile » a été classé comme positif ; « Message trop vague, trop peu précis » comme élément négatif modifiable ; « Mettez des consignes claires, concises et précises » en recommandation modifiable. Le classement a été réalisé séparément par deux personnes, puis vérifié collectivement sur une sélection de 950 commentaires (pour 4 exercices), avant d’être généralisé sur la totalité des verbatims. Un commentaire comporte parfois des fragments de texte qui se rattachent à plusieurs catégories (Figure 3).

  • 8 Voir aussi le jeu de données déposé (DataSet2) dans Ledouble (2025).

Figure 3 : Exemple de fragments de texte et classification selon le modèle PNRA8

Figure 3 : Exemple de fragments de texte et classification selon le modèle PNRA8

16Dans un deuxième temps, des analyses statistiques inférentielles ont été menées pour vérifier des relations d’indépendance avec l’âge, le genre et/ou la nature de l’événement (et une fois validées, pour en mesurer l’intensité). Les résultats issus du modèle PNRA ont également été spatialisés pour certains exercices (à condition que les répondants aient indiqué la commune où ils ont reçu le message), afin de déceler d'éventuels effets territoriaux.

17Dans un troisième temps, les commentaires ont été classés par une approche inductive non supervisée, via une classification hiérarchique descendante (CHD) (Reinert, 1983). Les résultats obtenus par cette méthode automatisée ont été comparés avec le modèle PNRA, pour confirmer des thématiques récurrentes ou au contraire déceler des divergences.

5. Principaux résultats obtenus

5.1. Des appréciations différentes selon le degré de familiarité avec le danger

  • 9 Ce serait impossible car il faudrait obtenir l’accord des constructeurs de téléphones, qui sont des (...)

18Sur l’ensemble des 12 260 commentaires, 42 % des fragments de texte sont classés en positifs dans le modèle PNRA, 35 % en négatifs (avec 11 % modifiables et 24 % immuables), 12 % correspondent à des recommandations (avec 9 % modifiables) et 11 % en « autres » (Figure 4). Les commentaires positifs saluent la démarche et la qualité du contenu des messages d’alerte. À l’opposé, les commentaires négatifs se concentrent sur des aspects non modifiables (faisant référence au son strident de la notification ou évoquant des problèmes de réception dans leur entourage), ou sur des aspects modifiables tels que le manque de précision dans la description des lieux ou des consignes. De leur côté, les recommandations modifiables portent sur la mise en page (aérer le contenu) ou sur la nature des consignes (à ajuster par exemple à la distance au danger). Ils portent parfois également sur des aspects sémiotiques immuables (comme par exemple insérer le logo FR-Alert© ou le pictogramme de l’événement à la place du triangle jaune ou rouge indiquant un danger (Figure 19). La catégorie « autres » regroupe une grande diversité de remarques inclassables (comme par exemple, « Je savais qu’un exercice devrait avoir lieu après l’annonce à la radio ce matin », « Comment avez-vous eu mon numéro de téléphone ? », « Tout simplement surpris »).

Figure 4 : Distribution des avis selon le modèle PNRA (échelle globale et par type de risque)

Figure 4 : Distribution des avis selon le modèle PNRA (échelle globale et par type de risque)

19Si on analyse la répartition des commentaires écrits selon la nature du danger (Figure 4), les fragments de texte positifs sont plus nombreux pour les inondations (en moyenne 62 %) et les feux de forêt (49 % pour un exercice), mais bien plus faibles pour les exercices de menace ou intrusion (29 %) et les incidents nucléaires (32 %). Les segments négatifs évoluent dans des proportions inverses, atteignant 48 % pour les menaces, 45 % pour le nucléaire et 38 % pour les messages informationnels. Les recommandations sont plus souvent formulées pour le risque rupture de barrage (pour demander d’ajouter une carte de l’emprise inondée), le risque tsunami (pour des explications sur l’origine de l’émetteur) ou le risque nucléaire (avec des questions autour de la distribution des pastilles d’iode).

20Les risques facilement perceptibles ou plus courants génèrent donc davantage de fragments de texte positifs par rapport à des risques craints ou moins connus. On retrouve ici un résultat qui fait consensus en psychologie environnementale ou dans les sciences de l’information et de la communication : l’inconnu génère souvent un sentiment de répulsion et de complexité, qu’il faut clarifier pour le rendre « acceptable » (Audiffren et de La Ville, 2024 ; Jarrige, 2016), et générer de la confiance (Lehmans et Letonturier, 2021).

5.2. Des appréciations variables selon l’âge ou la commune

21L’âge joue aussi un rôle prépondérant sur le ressenti déclaré à la réception des messages. Si la curiosité et la surprise obtiennent des taux de réponses positives supérieurs à 80 % dans toutes les tranches d’âge, 58 % des moins de 25 ans déclarent avoir éprouvé du stress, 57 % de la peur et 76 % admettent même ne pas avoir compris l’origine des notifications. La sonnerie est très souvent à l’origine des avis les plus virulents (Figure 5). Les répondants âgés de plus de 60 ans déclarent en revanche un niveau de stress et de peur bien plus faibles (moins de 20 % pour ces trois modalités de réponse). Le croisement avec les variables socio-démographiques confirme que l’inquiétude et la peur sont inversement proportionnelles à l’âge, ce qui pourrait être le signe d’une maturité face au stress (Charles et al., 2003 ; Vieillard, 2017), ou le résultat d’expériences répétitives de situations de crise, « qui se traduit par une réduction du système nerveux autonome » (Levenson et al., 1991). Les analyses inférentielles confirment aussi que les automobilistes ont tendance à avoir été plus stressés à la réception des alertes, et que les moins de 25 ans laissent plus d’avis négatifs (44 %) que d’avis positifs (35 %).

Figure 5 : Exemples de segments de texte et classifications selon le modèle PNRA

Figure 5 : Exemples de segments de texte et classifications selon le modèle PNRA

22La répartition des commentaires selon le modèle PNRA révèle aussi des écarts à l’échelle communale, avec des profils parfois très différents entre territoires contigus, ou des profils à l’inverse similaires dans des territoires distants. Pour illustrer ce propos, prenons l’exemple de l’exercice tsunami organisé le long du littoral méditerranéen français le 19 janvier 2024, dont les données ont récemment été mises en ligne (Douvinet et al., 2024), et qui a recueilli 3 912 commentaires. L’analyse réalisée sur les communes ayant un nombre élevé de commentaires (Figure 6) montre que la part des avis positifs varie du simple au double, de 25 % (à Bastia) et 47 % (à Six-Fours-les-Plages), tandis que la part des avis négatifs varie dans des proportions plus réduites, entre 29 % (à Cannes) et 43 % (à Six-Fours-les-Plages). La part des avis négatifs immuables apparaît localement élevée (Six-Fours-les-Plages, Bastia, Sète), et surtout prédominante dans les communes situées le long des Alpes-Maritimes (Cannes, Antibes, Cagnes-sur-Mer et Nice). Ce résultat n’est pas anodin : dans ce département, 6 exercices préfectoraux avaient été organisés avant le 19 janvier 2024 et une alerte réelle avait même été diffusée quelques mois auparavant, le 19 novembre 2023, pour une vigilance rouge pluies-inondations. Dès lors, la répétition des exercices aurait tendance à concentrer les interrogations sur le son et les aspects techniques (et non plus sur le contenu du message). Au-delà de cette remarque, qui est propre à cet exercice, aucune tendance générale ne semble toutefois se dégager, de même qu’aucune structure spatiale n’émerge réellement. Il nous reste donc à comparer avec d’autres exercices spatiaux pour établir d’autres conclusions.

Figure 6 : Répartition des avis selon le modèle PNRA lors de l’exercice du 19 janvier 2024

Figure 6 : Répartition des avis selon le modèle PNRA lors de l’exercice du 19 janvier 2024

5.3. La communication au cœur des préoccupations

23Si les résultats précédents montrent une grande diversité des avis individuels, la CHD (dont l’objectif est de faire émerger des thématiques communes) confirme pourtant la prévalence de thèmes récurrents. En représentant les liens avec le modèle PNRA à l’aide du diagramme de Sankey, trois postures émergent (Figure 7).

24D’un côté, les avis (21 %) se cristallisent autour de la sensibilisation et de l’acculturation à mener sur ce dispositif (« Avoir une fois par mois ce genre d’exercice », « Il faudrait peut-être en faire plusieurs par année », « Il faut mettre la population en situation de confinement réel »). Plus d’efforts en termes d’information en amont sont demandés, pour répondre à des impératifs sociaux (se préparer, informer ses proches). Une grande majorité de fragments de texte renvoie d’ailleurs à des avis positifs (75 %).

25D’un autre côté, les aspects techniques ou lexicaux interrogent : 14 % des avis portent sur la question de la réception (ou non) du message (« Sans le vouloir, j’ai effacé la notification et je n’ai pas réussi à la retrouver »), 16 % sur le son (« Alerte surprenante », « Une sonnerie type alerte enlèvement à la TV serait plus appropriée », « Bruit surprenant car mon téléphone était en silencieux »), 23 % portent sur le contenu textuel (« L’exercice avait été correctement décrit », « Il y avait des consignes claires », « Il manque des infos sur la nature de l’événement, les causes, les conséquences et sur les comportements à adopter ») et 6 % sur la mise en page (« C’est un bloc peu lisible », « Utiliser des couleurs vives », « Mentions importantes à souligner en gras »). Le cumul représente 59 % des fragments de texte, avec des avis négatifs systématiquement majoritaires (les transferts étant très visibles sur la Figure 7).

26La troisième posture, corollaire aux précédentes, rassemble des interrogations révélatrices du rapport aux autres, en lien avec le lieu de réception, la famille ou les collègues de travail (« Ma femme n’a pas reçu l’alerte, pourquoi ? », « Je pense que ce message n’est pas du tout adapté aux personnes âgées ni aux personnes handicapées », « Il n’est pas précisé comment agir vis-à-vis des enfants »), et le fait d’avoir été prévenu en amont (« J’avais eu l’information par les médias donc pas de surprise », « Communication sur cet exercice vue sur Facebook »). Cette troisième posture rassemble 16 % des fragments de texte.

Figure 7 : Transfert entre les avis regroupés dans le modèle PNRA et les thématiques récurrentes

Figure 7 : Transfert entre les avis regroupés dans le modèle PNRA et les thématiques récurrentes

27On observe par ailleurs une nette différence de forme, entre des commentaires négatifs longs, abordant souvent plusieurs thématiques, qui s’opposent à des commentaires positifs au format court (« Très bonne initiative »). Ce constat est bien mis en évidence sur la première ligne du diagramme de Sankey (Figure 7). De façon classique, les avis négatifs sont plus longs et évoquent souvent une perspective autocentrée (Tourangeau et al., 2000 ; de Singly, 2000). Ces résultats ont déjà été évoqués dans le cadre d’avis laissés par des internautes à propos de destinations touristiques (Lacan et Botti, 2022).

6. Discussions et perspectives

6.1. Une contribution inédite par et dans l’enquête de terrain

  • 10 Le scénario s’est basé sur un événement méditerranéen appelé « medicane » : ce phénomène naturel (u (...)

28Les « discours » analysés ici mélangent valeurs, croyances, opinions et connaissances, comme toute représentation sociale (Jodelet, 2003 ; Chavot et al. 2021). Mais les avis révèlent surtout des réalités sociales particulières, qui portent sur les questions du handicap, de l’âge, des lieux de réception (comme recevoir le message dans les transports en commun ou dans sa voiture), ou identifient des mises en action exigées mais qui sont impossibles à réaliser (comme couper la ventilation au sein d’un immeuble). Des besoins thématiques (préciser certaines consignes, indiquer la nature de l’événement ou l’emprise de la zone concernée) sont aussi mis en avant. En cela, cette enquête de terrain offre une très grande richesse de données, faisant état d’une diversité de situations qui n’avait pas du tout été anticipée lors du lancement de l’enquête, initiée le 17 mai 2022, lors de l’exercice européen DOMINO10.

  • 11 Ce sondage a été cofinancé par la Fondation MAIF pour la recherche et l’Association française pour (...)

29Le nombre élevé d’avis portant sur les aspects techniques renvoie au fait que l’alerte sur les téléphones portables est une solution technologique encore relativement récente en France. Si elle a été opérationnalisée depuis mai 2022, la solution doit encore faire l’objet d’explications, d’informations et d’une plus grande sensibilisation. Un très récent sondage11 mené par IPSOS (du 2 au 18 octobre 2024) montre d’ailleurs que 1) si 47 % des Français connaissent FR-Alert, seulement 22 % savent de quoi il s’agit plus concrètement), 2) 8 Français sur 10 aimeraient avoir bien plus d’informations sur le dispositif, et 3) les consignes et la nature du danger sont les invariants à nouveau les plus plébiscités.

30L’influence de la nature du danger sur la perception n’est pas anodine, et cela peut en partie s’expliquer par la médiation très inégale dans le domaine des risques en France. Certains risques ne sont pas forcément médiatisés (Rouquette et Bihay, 2022), par exemple l’échouage des sargasses à l’origine de pollutions dans de nombreux abers en Bretagne, alors qu’ils sont à l’origine de dommages onéreux. Une médiatisation du risque, du danger ou des incertitudes associées (Dunwoody et al., 2018) permettrait, dans ces domaines controversés (Allard-Huver, 2021), une acceptation sans doute plus importante de la part des populations, et potentiellement une réflexion puis une réaction plus adaptée aux situations à risque.

6.2. Des données utiles pour les acteurs opérationnels ?

31Dans le domaine des risques, la participation des publics aux processus de prise de décision est rarement mobilisée. Elle diffère aussi selon la nature du risque en jeu (Ollivier-Yaniv, 2013), malgré une injonction réglementaire qui continue à responsabiliser les individus, pour les rendre « acteurs de leur mise en sécurité » depuis la loi de modernisation de la sécurité civile de 2003 en France. Si « informer, c’est façonner des comportements responsables » (Becerra et Peltier, 2009), les données collectées dans le cadre de ce travail montrent qu’il ne suffit pas de rédiger des messages incluant la nature de l’événement et les consignes associées pour y parvenir. Un message idéal n'existe pas, pour preuve : les contenus intégrant un grand nombre de préconisations comme souhaité dans le modèle WRM ne génèrent pas 100 % d’avis positifs dans le modèle PNRA, et un message s’en écartant (avec un score < à 30 %) ne produit pas non plus 100 % d’avis négatifs (Figure 8). Si on considère la nature de l’événement, on voit bien que les inondations ont suscité des avis bien plus positifs (sans doute grâce à des messages plus faciles à rédiger), mais les avis sont bien plus hétérogènes pour les accidents industriels ou nucléaires, sans lien avéré avec le score obtenu (dit autrement, un taux de 40 % d’avis positifs est obtenu pour des messages dont le contenu peut être très éloigné du modèle WRM, en le respectant à 70 %).

Figure 8 : Croisement des résultats obtenus selon les deux niveaux d’analyse menés

Figure 8 : Croisement des résultats obtenus selon les deux niveaux d’analyse menés

32La contrainte de communiquer sur les alertes s’inscrit aussi dans des logiques externes aux territoires et aux populations (Chambru, 2021). Ainsi, la perception et la compréhension de la notification de l'alerte ne sont pas déterministes, ni individuellement, ni collectivement, car elles relèvent d’interactions entre de nombreux champs (lexicaux, sociaux, psychologiques, cognitifs, géographiques, politiques, etc.), qui confèrent à l’alerte une grande complexité. Est-ce à dire que toutes les études scientifiques et les retours d’expériences sur les risques n’ont aucune utilité sociale ? Bien au contraire, tant l’apprentissage et les expérimentations, fondés sur les travaux académiques, ont montré leurs valeurs ajoutées dans des cas réels.

33Plus largement, cette contribution est le résultat d’interactions avec les autorités en charge des risques. Nous avons l’opportunité d’accompagner les autorités et de contribuer à échanger sur le contenu des messages, les évolutions à considérer, et nous sommes même sollicités pour faire évoluer la doctrine d’utilisation. Mais les interactions entre acteurs publics et scientifiques ne sont jamais simples, tant les fonctionnements, les contextes et les intérêts peuvent diverger. Les hiérarchies des priorités et des exigences ne sont pas similaires, et les scientifiques n’ont pas toujours connaissance des raisons qui ont motivé le déclenchement de telle ou telle alerte, ou la précision de tel ou tel message (Douvinet et al., 2024). Ainsi, la communication sur les risques doit aussi être étudiée dans une perspective de gouvernance voire de géogouvernance (Maxim et Arnold, 2012 ; Masson-Vincent et Dubus, 2013).

6.3. Une démarche à l’origine de nouveaux questionnements scientifiques

34L’espace d’expression mobilisé dans ce travail soulève par ailleurs d’autres questionnements scientifiques. Le questionnaire a été construit avec une très grande liberté mais les données collectées présentent un certain nombre de biais sur lesquels les chercheurs n’ont pas pu agir : des avis collectés durant des exercices (et non pendant des alertes réelles) ; des commentaires uniquement laissés par des répondants concernés (les personnes n’ayant pas reçu les messages ne pouvant pas répondre) ; la date et l’heure d’envoi des alertes (ces éléments étant inhérents aux prises de décision des acteurs décisionnaires) ; des zones d’alerte très inégales (avec des surfaces allant de 1,2 à plus de 210 km2 par exercice).

35Pour pallier ces biais, nous poursuivons actuellement d’autres travaux de collecte et d’analyse selon deux perspectives. D’une part, pour comprendre les motifs des commentaires laissés, en particulier l’impact de variables clés (la médiatisation, la vulgarisation, l’éducation) en communication, et prendre plus de temps pour écouter les populations. À ce titre, des ateliers citoyens sur l’alerte ont été créés et menés auprès de 164 individus durant l’année 2024 (dans le cadre d’un projet financé par la Fondation MAIF pour la recherche). En leur montrant des contenus d’alerte différents, les individus ont mieux compris les contraintes techniques et les choix opérés par les autorités. D’autre part, si l’approche pluridisciplinaire a été bénéfique, notamment par l’analyse textuelle, elle pourrait être approfondie en cherchant les références spatiales dans les commentaires (p. ex. voir le danger, être à distance, être dans la zone d’alerte, avoir un membre concerné de sa famille ou son entourage, etc.), qui ont toutes leur importance dans la mise en sécurité des populations.

36Sur le plan épistémologique, la collecte de ces données est aussi l’occasion d’envisager de nouvelles pistes de recherche et d’interroger notre position dans le cadre des projets financés. En tant que chercheurs, que voulons-nous encore étudier ? En tant que géographes, certains d’entre nous portons un regard sur la spatialité et les échelles de l’alerte, mais ce qui nous intéresse le plus, c’est la façon dont cette alerte peut être organisée selon les territoires, pour objectiver le processus, identifier des structures récurrentes, ou au contraire détecter des inégalités sur lesquelles il faudrait travailler pour, en retour, les réduire. D’autres, en tant que linguistes ou chercheurs en sciences de l’information et de la communication, souhaitent davantage réfléchir au contenu du message et au lien entre le lexique à privilégier, la nature du danger et/ou le territoire impacté. Ce travail est aussi une source de débats sur la manière d’accompagner au mieux les populations pendant la durée de l’alerte, voire les rassurer, entre le premier et le dernier message signalant la fin de l’alerte.

Conclusion

37Cette étude apporte deux enseignements majeurs : les messages d’alerte sont appréciés différemment selon la nature de l’événement en jeu, l’âge et les conditions de réception des publics ; les avis se cristallisent sur des aspects techniques (l’envoi des notifications d’alerte sur les téléphones portables étant une innovation encore récente en France), lexicaux (la nature des mots et des consignes indiquées), et donc bien communicationnels. Si un message d’alerte ne conviendra jamais à tout le monde, respecter un certain nombre d’invariants est toutefois gage d’une compréhension par un grand nombre d’individus. Pour autant, il convient de poursuivre les questionnements sur les enjeux lexicaux et communicationnels : d’une part, sur la manière d’enrichir les démarches d’information sur le risque en amont des alertes et/ou des exercices ; d’autre part, sur la façon de communiquer et le fonctionnement du dispositif afin d’atténuer les éventuels rejets ou crispations. Il est également indispensable de continuer à se préoccuper de la réception et de l’appropriation de l’alerte chez les populations, car une innovation ne saurait être uniquement étudiée sous un angle techniciste, et cette étude n’explore que les prémices d’une telle question de recherche.

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Notes

1 Par exemple en termes de période de retour, de probabilité d’occurrence ou de prévisibilité.

2 En France, les autorités compétentes dans le domaine de l’alerte sont l’État, les maires ou les préfets.

3 Sur le plan technique, seuls les téléphones ayant mis à jour leur système d’exploitation, étant connectés à un réseau 4G ou 5G ou bornant à une antenne située dans la zone d’alerte peuvent recevoir les notifications.

4 Lien du questionnaire : https://lc.cx/lRXn7_ et jeu de données déposé (DataSet1) dans Ledouble (2025).

5 Une notification ne doit pas dépasser 600 caractères pour être affichée d’un seul bloc sur un téléphone portable. Les mots écrits en totalité en majuscules (par exemple ALERTE) sont aussi proscrits car les notifications, si elles ne sont pas lues, sont vocalisées. Autrement dit, le mot ci-dessus serait oralement épelé « A. L. E. R. T. E. ».

6 Les situations réelles ne permettent pas, sur le plan éthique, d’évaluer les réactions des individus exposés ou devant faire face à un danger réel. Cela peut avoir des incidences sur nos analyses car les déclarations seraient peut-être différentes en cas de danger concret mais aucune solution compensatoire n’est possible.

7 Ces exercices ont eu pour but de tester la solution, sans indiquer les consignes adossées à un risque spécifique.

8 Voir aussi le jeu de données déposé (DataSet2) dans Ledouble (2025).

9 Ce serait impossible car il faudrait obtenir l’accord des constructeurs de téléphones, qui sont des firmes internationales.

10 Le scénario s’est basé sur un événement méditerranéen appelé « medicane » : ce phénomène naturel (une tempête avec des rafales de vent à 120 km/h et des précipitations de 180 à 250 mm, voire 280 mm, en trois heures) devait entraîner une succession d’accidents en cascade sur les installations industrielles et avoir des répercussions sur les écoles, les établissements recevant du public, etc. On parle ainsi d’un effet « domino ».

11 Ce sondage a été cofinancé par la Fondation MAIF pour la recherche et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques, dans le cadre d’un projet qui impliquent les auteurs de cet article, auprès d’un échantillon considéré comme représentatif de la population française, en incluant l’Hexagone et les territoires d’outre-mer.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 : Exemple d’une notification avec le lien renvoyant vers le questionnaire en ligne
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 504k
Titre Figure 2 : Nombre d’avis collectés par exercice et selon la nature de l’événement
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 287k
Titre Figure 3 : Exemple de fragments de texte et classification selon le modèle PNRA8
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-3.png
Fichier image/png, 519k
Titre Figure 4 : Distribution des avis selon le modèle PNRA (échelle globale et par type de risque)
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 716k
Titre Figure 5 : Exemples de segments de texte et classifications selon le modèle PNRA
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-5.png
Fichier image/png, 652k
Titre Figure 6 : Répartition des avis selon le modèle PNRA lors de l’exercice du 19 janvier 2024
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-6.png
Fichier image/png, 1,7M
Titre Figure 7 : Transfert entre les avis regroupés dans le modèle PNRA et les thématiques récurrentes
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-7.png
Fichier image/png, 516k
Titre Figure 8 : Croisement des résultats obtenus selon les deux niveaux d’analyse menés
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/17866/img-8.png
Fichier image/png, 1,3M
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Pour citer cet article

Référence papier

Johnny Douvinet, Hélène Ledouble, Karine Emsellem et Maé Gallet, « Analyser la perception de l’alerte par les populations : questionnements empiriques, enjeux scientifiques et retombées opérationnelles »Études de communication, 64 | 2025, 21-46.

Référence électronique

Johnny Douvinet, Hélène Ledouble, Karine Emsellem et Maé Gallet, « Analyser la perception de l’alerte par les populations : questionnements empiriques, enjeux scientifiques et retombées opérationnelles »Études de communication [En ligne], 64 | 2025, mis en ligne le 01 avril 2026, consulté le 04 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/edc/17866 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14b5f

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