Navigation – Plan du site

AccueilNuméros64DossierUne approche transactionnelle d’u...

Dossier

Une approche transactionnelle d’une communauté de pratique avec des acteurs en gestion des risques

A transactional approach to communities of practice in risk management
Aymée Nakasato
p. 113-132

Résumés

Depuis une dizaine d’années, les sciences de l’information et de la communication (SIC) s’intéressent davantage à l’objet d’étude qu’est le risque. Cette recherche qualitative en cours est réalisée en immersion longue dans une communauté d’acteurs du risque. Elle interroge la gestion des risques à la sécurité civile française par la communication des organisations, à travers l’étude du changement organisationnel et de l’innovation. Cet article montre l’intérêt d’étudier les risques en SIC, à partir du concept de communauté de pratique analysé avec la théorie de la sémiotique des transactions coopératives, pour mettre en avant les enjeux info-communicationnels comme les dispositifs.

Haut de page

Texte intégral

1. Introduction

1Situé à la croisée du danger et de la probabilité, le concept de risque est polyvalent et a évolué au cours du temps. Si les premiers discours et pratiques remontent aux assurances maritimes du xive siècle et à la science probabiliste du xviie siècle (Niget et Petitclerc, 2012), son entrée progressive dans le champ des sciences humaines et sociales (SHS) se fait bien plus tard, avec le paradigme psychométrique et la théorie culturaliste du risque à travers sa perception (Kermisch, 2011). L’ouvrage La société du risque, affirmant que « la production sociale de richesses est systématiquement corrélée à la production sociale de risques » (Beck, 2001, 36), fait du concept de risque l’illustration de la seconde modernité et renforce son inscription dans les SHS, en étudiant notamment la construction sociale des risques et les enjeux de pouvoir pour invisibilier les conséquences des risques produits (Boudia et Jas, 2019 ; Peretti-Watel, 2003). Cette société du risque contribue à laisser place au paradigme de la gestion des risques, puis de l’adaptation à travers le concept de résilience au tournant des années 2000 (Reghezza-Zitt et Rufat, 2015). L’objectif est de mieux prendre en compte la complexité des risques et leurs vulnérabilités associées (sociales, organisationnelles, environnementales, etc.).

2Depuis une dizaine d’années, la thématique des risques suscite l’intérêt de nombreux chercheurs en sciences de l’information et de la communication (SIC), notamment français et francophones. Une grande partie des recherches en SIC sur les risques porte sur la communication des risques auprès du grand public, notamment leur invisibilisation et leur dépolitisation (Bodin, 2022 ; Rouquette et Bihay, 2022). Au-delà d’une communication de crise (Libaert, 2018) ou d’une communication sur les risques (Rouquette et Bihay, 2022), les SIC se révèlent être particulièrement pertinentes pour analyser ces contextes de gestion des risques qui modifient l’action collective et les enjeux communicationnels, grâce à leur dimension interdisciplinaire (Allard-Huver, 2021).

3Cet article analyse les risques au prisme de la communication organisationnelle et de l’innovation dans un contexte particulier, celui d’une communauté de pratique à la sécurité civile, qui est l’acteur majeur de la prévention et de la gestion des risques en France. Cette recherche qualitative, à travers une recherche-action qui allie observations et entretiens semi-directifs, traite la question suivante : comment la mobilisation de l’approche par la communauté de pratique, en l’étendant à travers une analyse transactionnelle, est-elle pertinente pour étudier un cas d’innovation organisationnelle par une communauté d’acteurs du risque ? Pour répondre à cette question, nous proposons d’enrichir l’approche de la communauté de pratique (CoP), par celle des communications constitutives des organisations (CCO), et plus précisément la théorie de la sémiotique des transactions coopératives qui permet de mettre en avant les enjeux sous-tendus par des dispositifs d’information et de communication.

2. Cadrage théorique

2.1. L’approche par la communauté de pratique

4La notion de risque conduit à une modernisation réflexive (Giddens, 1991), où un espace social devient le lieu d’une réflexion sur l’action. Au sein d’une société de plus en plus fondée sur la connaissance, ce changement de paradigme s’applique également au sein des organisations et parfois dans des contextes plus informels. L’étude du partage et de la promotion de connaissances dans des contextes informels ou communautaires grâce à des interactions régulières entre ces parties prenantes est une approche théorique de la discipline des SIC qui est l’approche de la communauté de pratique.

5La notion de communauté de pratique (CoP) apparaît dès 1991 pour déterminer une structure sociale spécifique qui soutient une nouvelle forme d’apprentissage et de compétences, centrée sur la pratique, en y associant rapidement les individus. Elle est véritablement institutionnalisée en 1998 et désigne un « groupe de personnes qui partagent une préoccupation, un ensemble de problèmes ou une passion pour un sujet et qui approfondissent leurs connaissances et leur expertise dans ce domaine en interagissant de manière régulière », autour de la construction sociale (Wenger et al., 2002, 4). Elle est définie par trois caractéristiques que sont l’engagement mutuel, l’entreprise commune et le répertoire partagé. L’engagement mutuel des membres, à travers les interactions, est illustré par une adhésion volontaire à cette communauté et permet de distinguer les membres de cette CoP des personnes extérieures à celle-ci. L’entreprise commune permet l’interaction et l’évolution de la communauté en fonction de ses enjeux et de ses objectifs. Autrement dit, elle définit des actions communes, où la responsabilité est partagée entre tous les membres. Le répertoire partagé correspond au jargon, aux routines, aux méthodes et aux outils communs, permettant de communiquer à travers la négociation des significations (Chanal, 2000).

6Le concept de CoP évolue de nouveau en 2002, où celui-ci est vu comme un outil organisationnel qu’on peut et qu’on doit gérer de manière explicite pour améliorer la compétitivité. Ainsi,

« on reconnaît une communauté de pratique à sa structure de base, qui représente la combinaison unique de trois éléments fondamentaux : un domaine d’expertise définissant un ensemble d’enjeux, une communauté de personnes qui se sent interpellée par ce domaine d’expertise ainsi qu’une pratique partagée que ces personnes développent pour être efficaces dans leur domaine d’expertise » (Wenger et al., 2002, 27).

7Aussi, le concept de CoP évolue pour prendre aussi en compte la dimension virtuelle et la temporalité sur le long terme (Wenger et al., 2002). Dans un certain sens, la CoP est vue au prisme d’un dispositif pour améliorer la gestion des connaissances et l’innovation au sein d’une organisation. Ainsi, elle doit être gérée au moins en partie et c’est dans ce contexte qu’est prônée une gestion de la CoP, avec notamment le modèle de la CoP pilotée. En opposition à la CoP spontanée et autonome qui est initiée par les acteurs de l’organisation (Wenger et al., 2002), la CoP pilotée est créée et animée par l’organisation ainsi que soutenue à un niveau hiérarchique élevé, avec une finalité de partage de bonnes pratiques et d’innovation organisationnelle (Bootz, 2013 ; Wenger et al., 2002).

8Les enjeux communicationnels de cette CoP sont étudiés au prisme du courant des communications constitutives des organisations (CCO). Si les outils communs sont une caractéristique de la CoP, ils ne sont pas réellement développés. Nous privilégions la théorie de la sémiotique des transactions coopératives (STC) comme cadre d’analyse pour interroger les dispositifs info-communicationnels au sein de cette CoP d’acteurs du risque.

2.2. L’analyse par la théorie de la sémiotique des transactions coopératives

9Afin de comprendre les enjeux communicationnels de cette CoP, deux approches en communication organisationnelle sont mobilisées : les CCO et surtout la théorie de la STC.

10Les approches constitutives considèrent que la communication ne se limite pas à un transfert d’informations puisqu’elles pointent la dimension organisante de la communication. Selon la communication constitutive de l’organizing (au sens de processus organisationnel), l’organisation est avant tout un construit social. De fait, elle s’intéresse au processus de construction de sens lié à l’organisation, à travers des processus, des activités et des pratiques de communication (Putnam et Pacanowsky, 1983). C’est ainsi que les organisations résultent de transactions par des changements de conversations en textes, entre les échelles micro- et macro-organisationnelles, eux-mêmes régis par le partage de sens entre les acteurs (Cordelier, 2016 ; Taylor, 1993). Une attention est portée à la dynamique organisationnelle et sa dimension de pouvoir (Taylor et Van Every, 2010). Aussi, les approches communicationnelles des organisations (ACO) sont brièvement citées pour inclure les processus organisationnels de rationalisation et de normalisation relatifs à la structuration des organisations. En d’autres termes, elles s’intéressent à l’imbrication entre les activités informationnelles et communicationnelles, les dispositifs techniques ainsi que les règles formelles qui contribuent à structurer rationnellement l’organisation (Bouillon et al., 2007). Ainsi, les ACO concernent les règles pour aller vers les pratiques, contrairement aux CCO qui s’intéressent à ce qui amène ou crée la règle.

11En tant que théorie développant une vision communicationnelle de l’activité et prenant en considération les dispositifs d’information et de communication à travers le concept de « transaction coopérative », la STC peut être mobilisée pour prolonger l’approche de la communauté de pratique. En d’autres termes, la théorie de la STC permet de mettre en avant les enjeux info-communicationnels de cette CoP par le biais d’une analyse de l’activité transactionnelle. Le terme « transaction » dans la théorie de la STC est emprunté à Dewey (1938/1967) et aussi à Taylor, le fondateur de l’école de Montréal en communication des organisations, qui le définit comme « une unité de communication qui comporte un échange de valeurs d’une personne à une autre » (Taylor, 1993, 4). Ancrée dans l’approche pragmatique, la transaction dans la théorie de la STC désigne une transformation mutuelle qui se produit entre les individus qui interagissent. La transaction est à appréhender par le prisme d’une création de valeur lors de coopérations, qui sont toujours médiatisées par des artefacts. Les interactions qui sont transactionnelles s’exercent entre les individus (nommés « selfs » dans leur dimension individuelle et collective) et leur environnement mais aussi entre les individus et les objets (les « artefacts » dans leur dimension matérielle et immatérielle). De fait, cette théorie s’inspire également de l’interactionnisme symbolique, approche issue de la sociologie et de la pragmatique américaine, pour qui la signification symbolique est au cœur du processus d’interaction sociale (Cordelier, 2016). Aussi, la transaction inclut l’évolution de cette relation, c’est-à-dire son contexte spatial et temporel.

12D’après la théorie de la STC,

« une transaction coopérative est une mobilisation de ressources personnelles ou collectives qui engage un ou plusieurs « actant transactionnel » dans la réalisation d’une performance consistant à produire un artefact porteur de valeur, une œuvre (création), à développer leur expérience personnelle, leur self individuel ou collectif (subjectivation), mais également à produire un environnement habitable (territorialisation) » (Zacklad, 2020, 11).

13Cette transaction coopérative, pouvant être assimilée à une transaction créative, est une triple transformation. La première est un processus de subjectivation où l’individu dit « actant » devient un self grâce à l’expérience personnelle acquise lors de la transaction. Les actants engagés dans la transaction peuvent être des humains ou des non-humains. L’actant transactionnel est individuel ou collectif et se réfère à un ensemble de composants humains, sémiotiques et technologiques engagés dans une activité. Si l’inclusion des non-humains fait écho à la théorie latourienne, la théorie de la STC ne respecte pas un principe de symétrie entre ces deux types d’acteurs car une transaction s’opère uniquement avec les êtres humains. Quant au self, il correspond au concept de soi, où le sujet est aussi en conversation avec lui-même par le biais du registre cognitif et émotionnel. L’engagement d’un actant transactionnel prend la forme d’un rôle plutôt que d’un sujet. C’est en ce sens qu’un sujet peut être en transaction avec lui-même. La deuxième est un processus de création, où l’artefact médiateur ressource (d’ordre matériel ou sémiotique) devient un artefact médiateur dit porteur de valeur ou œuvre (physique ou intellectuelle). L’artefact médiatise les transactions entre les sujets (geste, parole ou objet). La création médiatise des échanges entre des actants par le biais d’artefacts. Et la troisième transformation est un processus de territorialisation, qui correspond à l’ancrage dans un environnement propice à l’activité et regroupe notamment les dispositifs info-communicationnels (Zacklad, 2020).

14Le déroulement des transactions coopératives correspond aux étapes d’un parcours transactionnel, inspiré du schéma narratif de Greimas décrivant le programme narratif récurrent dans les contes. D’un côté, le commanditaire et l’entrepreneur cadrent la visée de la transaction et les moyens à mettre en œuvre, de l’autre le réalisateur et le bénéficiaire réalisent les engagements. Toutefois, la STC ne se limite pas à la production d’un récit ; elle a donc besoin d’un métalangage pour situer les rôles actantiels typifiés aux sujets et aux artefacts médiateurs dans une activité collective, d’où sa réinterprétation : l’étape d’engagement dans la transaction, l’étape d’acquisition de compétence, l’étape de performance, et enfin l’étape de bilan comprenant à la fois l’évaluation et la rétribution. Ces étapes produisent des conversations qui sont dites d’engagement, capacitante, performative, évaluative et rétributive. Ce parcours transactionnel caractérise les divers artefacts (engageants, capacitants, porteurs de valeur et bilan) au cœur de la communication – pouvant être des supports éphémères comme la parole ou des supports pérennes tels que des notes manuscrites et des dispositifs techniques – qui médiatisent les relations entre les actants. Le parcours transactionnel à partir de la sémiotique narrative greimassienne est schématisé dans la Figure 1.

Figure 1 : Les actants humains du parcours transactionnel

Figure 1 : Les actants humains du parcours transactionnel

15Dans cet article, les enjeux organisationnels de la gestion des connaissances sont étudiés à travers l’approche sociale de la gestion des connaissances, qui développe le concept de CoP. Les enjeux communicationnels sont appréhendés au prisme de la communication organisationnelle, avec le courant des communications constitutives des organisations (CCO) qui s’intéresse aux dimensions relationnelles et communicationnelles (Cordelier, 2016) et surtout la théorie de la sémiotique des transactions coopératives (STC) qui est privilégiée comme cadre d’analyse pour étudier les dispositifs info-communicationnels qui ne sont pas approfondis dans l’étude de la CoP. L’hypothèse de recherche est que l’analyse transactionnelle de la communauté de pratique permet de mettre en avant la formation de nouveaux collectifs, la création d’innovation organisationnelle et l’usage de dispositifs info-communicationnels.

3. Méthodologie

3.1. Terrain d’étude

16Notre terrain d’étude est la sécurité civile qui est l’acteur national en charge de la prévention des risques ainsi que de la sécurité des personnes, des biens et de l’environnement contre les catastrophes. Après s’être professionnalisé et avoir intégré des moyens nationaux (des unités militaires, une école nationale pour former les officiers sapeurs-pompiers, etc.) pendant l’après-guerre face à de grandes catastrophes civiles et aux nouveaux risques de la modernisation de la guerre tels que le péril atomique, cet acteur traditionnellement ancré dans l’urgence développe une vision à long terme pour mieux anticiper les risques. Cela permet de renforcer ses capacités d’action, d’adaptation et d’innovation face aux enjeux organisationnels, humains, technologiques et environnementaux. Dans le cadre d’une restructuration de la fonction stratégie et prospective du ministère de l’Intérieur, la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC) – direction opérationnelle rattachée au ministère de l’Intérieur – a mis en place un bureau d’innovation comme soutien à la stratégie qui est la « Mission stratégie et prospective » (MSP). Au sein de cet écosystème décentralisé, différents acteurs aux profils variés prennent part à l’innovation : le ministère de l’Intérieur, l’École nationale supérieure de formation des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP), l’Entente Valabre qui est un établissement public spécialisé dans le feu de forêt, les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sur le terrain ou encore les associations agréées de sécurité civile (AASC). Cet écosystème peut être appréhendé comme une « communauté de communautés » (Cohendet et Diani, 2003).

17Cette recherche en cours s’inscrit dans le cadre d’une convention avec la DGSCGC, au sein du bureau MSP, sous la forme d’une immersion longue de trois ans. Le rôle de la MSP est d’appuyer les orientations stratégiques de la sécurité civile. Pour ce faire, elle mobilise différentes communautés en lien avec la sécurité civile (opérationnels, institutionnels, chercheurs, industriels, associations, etc.) pour comprendre les grandes mutations à venir et évaluer leurs impacts sur le modèle actuel, synthétiser ces réflexions et les promouvoir auprès des acteurs de la sécurité civile et des autorités.

3.2. Positionnement épistémologique

18Cette recherche s’inscrit dans le paradigme constructiviste où la posture du chercheur résulte d’une interaction avec le phénomène étudié et où la connaissance est le produit « entre une part fournie par les objets, et une autre construite par le sujet » (Piaget et Rolando, 1983, 30). À l’opposé du positivisme, le constructivisme tente de comprendre la réalité par les interprétations des acteurs (Perret et Séville, 2007), voire de participer à la construction de cette réalité (Le Moigne, 1995).

19Elle s’appuie sur des méthodologies constructivistes mobilisant des approches qualitatives : l’étude de cas (Yin, 2014) et l’analyse pragmatique de l’activité avec la théorie de la STC (Zacklad, 2020). Le choix de l’étude de cas est propice pour comprendre un phénomène complexe et illustrer une théorie par un cas encore peu étudié qu’est la sécurité civile (Siggelkow, 2007). L’approche pragmatique – inspirée de la philosophie de l’action de Dewey et de Peirce – est pertinente pour une recherche réalisée au sein d’une organisation car elle est ancrée dans les pratiques des acteurs et renseigne la manière dont ces derniers agissent face à des situations problématiques (Farjoun et al., 2015), bien qu’elle soit peu mobilisée de manière formelle (Barthe et al., 2013). L’analyse pragmatique de l’activité au prisme de la STC offre la capacité de faire de la recherche par et pour le terrain. S’il y a une théorie de référence, la démarche hypothético-déductive est absente. En effet, elle est confirmée de manière inductive, en validant progressivement des hypothèses de recherche, à partir de données issues du terrain. La collecte de matériau et l’analyse sont menées simultanément, ne contraignant pas les éléments du terrain à une dimension scientifique prédéfinie (Lejeune, 2019).

3.3. Démarche méthodologique

20Cette immersion longue, telle que décrite par l’École de Chicago et l’interactionnisme symbolique, prend la forme d’une « présence prolongée, la prise d’un rôle fonctionnel reconnu utile ou justifié par le milieu étudié, l’immersion dans des conditions ordinaires, la familiarité avec les situations banales et routinières » (Peneff, 1992, 232). Plongé au cœur du travail quotidien de ce bureau, ce rôle a pris la forme d’une aide à leurs diverses activités telles que la co-rédaction de notes internes, la participation à des réunions ou à des événements sur des thématiques liées à la sécurité civile (salons, forums, journées thématiques, etc.). Dans ce contexte, ce travail s’inscrit dans une démarche de recherche-action, l’objectif étant de tenter d’améliorer cette communauté de pratique d’acteurs du risque. Celle-ci est appréhendée sur une visée à la fois théorique et pratique à travers « une action délibérée de transformation de la réalité ; recherche[s] ayant un double objectif : transformer la réalité et produire des connaissances concernant ces transformations » (Hugon et Seibel, 1998, 131). Un focus-groupe exploratoire avec la MSP a donné lieu à une meilleure vision de son attente envers cette communauté (en termes de communication, collaboration, animation de la plateforme, organisation d’événements, etc.).

21En plus de l’immersion dans leurs locaux, de l’observation libre, des échanges informels avec différents acteurs au profil et statut variés (sapeurs-pompiers, gestionnaires, etc.) retranscrits dans des carnets de terrain et des données secondaires non créées par le chercheur en tant que telles comme des notes et des rapports (Thiétart, 2014) – ayant permis une meilleure compréhension de l’écosystème complexe de la sécurité civile et des enjeux relatifs à l’innovation –, quarante-trois entretiens semi-directifs ont été conduits auprès d’acteurs prenant part à l’innovation à la sécurité civile, plus ou moins actifs dans cette CoP pilotée. Interroger ces acteurs via des méthodes d’enquête sociologique et ethnologique a permis d’identifier – à partir de thématiques du guide d’entretien – leurs difficultés et leurs besoins pour innover, ainsi que leur usage et l’apport de cette CoP pilotée par rapport à leurs besoins. Cela permet de « rendre du compte du sens de la pratique » (Gramaccia, 2001, 61). Pour l’analyse de données, nous avons appliqué la STC, en tant qu’outil méthodologique pour mettre en avant la manière dont cette communauté d’acteurs de risque se réalise par le biais de relations systémiques entre actants et artefacts tels que les dispositifs info-communicationnels, et ce qu’elle produit.

4. Résultats intermédiaires

4.1. Enrichir l’approche de la CoP au prisme de la STC

22Pour faciliter l’innovation à la sécurité civile, une communauté d’acteurs a été créée, regroupant divers profils (sapeurs-pompiers, gestionnaires, associations, chercheurs, etc.). Basée sur une adhésion volontaire, elle vise à partager des bonnes pratiques ainsi que recenser les sujets et les projets innovants en cours dans les territoires pour établir une feuille de route nationale en termes de besoins d’innovation. Elle s’inscrit dans la dynamique de bâtir une communauté sécurité civile qui pense la préparation de l’avenir. Une vision globale des projets innovants et des expérimentations permet de mieux les promouvoir en interne au sein du ministère et auprès des partenaires. Cette communauté est hybride car elle est animée à la fois en co-présence et en distanciel. D’un côté, il y a des séminaires bi-annuels pour faciliter les échanges interpersonnels, sous la forme de présentation de projets innovants et de tables de réflexion pour réfléchir ensemble à des thématiques d’avenir comme la connectivité de l’intervenant, et qui regroupent une cinquantaine de personnes issues de différentes organisations de la sécurité civile telles que les SDIS, la DGSCGC, l’ENSOSP ou encore l’Entente Valabre. De l’autre, il y a une plateforme collaborative pour partager des documents, des événements et pour organiser des webinaires thématiques en lien avec les missions de la sécurité civile comme l’anticipation des risques ou l’amélioration de la réponse opérationnelle. D’après le modèle du cycle conversation-texte de l'École de Montréal qui est l’une des écoles de pensée des CCO, cette plateforme collaborative peut être considérée comme un texte qui est construit par des conversations au sein de l’organisation, définies elles-mêmes comme des actions de coordination entre les acteurs et qui engendrent elles-mêmes un texte par le langage (Taylor, 1993). Partageant les caractéristiques d’une CoP que sont l’engagement mutuel, l’entreprise commune et le répertoire partagé, elle peut être définie comme telle (Wenger, 1998). Initiée et pilotée par le bureau MSP qui est rattaché au ministère de l’Intérieur, avec un objectif de partage de bonnes pratiques pour renforcer l’innovation organisationnelle, elle s’apparente à une CoP pilotée (Bootz, 2013). Si elle est pilotée par la MSP, sa création est actée par un courrier officiel – dimension procédurale et normalisante des ACO – qui est émis par sa sous-direction relative aux affaires internationales, aux ressources et à la stratégie (SDAIRS)

23Au prisme de la théorie de la STC, les rôles et modalités d’intervention des actants et des artefacts de cette communauté de pratique d’acteurs du risque peuvent être modélisés de la manière suivante :

Figure 2 : Les actants et les artefacts du parcours transactionnel de cette CoP

Figure 2 : Les actants et les artefacts du parcours transactionnel de cette CoP

24D’après la Figure 2 relative au parcours transactionnel de cette CoP, la SDAIRS est le commanditaire qui missionne officiellement l’entrepreneur – la MSP – à travers un courrier adressé à des acteurs de la sécurité civile (SDIS, ENSOSP, Valabre, DGSCGC, AASC, etc.) pour leur proposer de devenir membres de cette CoP. La MSP met en place et pilote cette CoP à travers des artefacts capacitants tels que les séminaires et la plateforme collaborative. Ensemble, ils vont créer de la valeur bénéfique à tous les membres, notamment en présentant des projets innovants, où les artefacts deviennent porteurs de valeur. De cette performance découle une étape de bilan, par exemple avec des remerciements et des comptes rendus.

25Étendre l’approche par la communauté en ayant recours à l’analyse transactionnelle de Zacklad est l’opportunité de mettre en avant les trois processus de transformation de cette communauté d’acteurs du risque, où interviennent divers actants et artefacts que sont la subjectivation, la création et la territorialisation (Figure 3). Lorsque l’on interroge les membres de cette CoP pilotée sur l’apport de celle-ci par rapport à leurs besoins en termes d’innovation ou ceux de leur organisation – après l’organisation de 2-3 séminaires et plus d’une année de partage de documents sur la plateforme collaborative –, les retours sont à la fois liés à une socialisation organisationnelle telle que la formation de collectifs (Mebarki, 2019) où l’« on se fait un petit réseau à 5-6 personnes quand on a des accroches et qu’on voit qu’on a des sujets convergents » (entretien 14, 02/05/24) mais aussi à l’expérience d’un sens et d’une identité collective (Adell, 2023) car « la force d'un réseau est aussi de pouvoir partager et peut-être faire un projet en commun » (entretien 6, 24/04/24). Cela fait référence au processus de subjectivation, où les sujets membres de cette communauté dits « actants » deviennent des selfs grâce à l’enrichissement de l’expérience personnelle et collective (apprentissage de connaissances, rencontres, valeurs, etc.) acquise grâce à cette communauté. Cette CoP est vue par ses membres comme un moyen de créer de la valeur à partir de connaissances et de compétences, notamment par des comptes rendus et des restitutions orales de présentation lors de séminaires en présentiel, des posts LinkedIn ou encore un projet soutenu par le ministre de l’Intérieur en réponse au portage de nombreux acteurs dont la DGSCGC. En effet :

« seul, on va peut-être plus vite mais à plusieurs, on va beaucoup plus loin. Je pense que pour le coup, ce réseau et ce pilotage de ce réseau sur la France entière en matière d’innovation et de prospective sont stratégiques parce qu’il y a plein de bonnes idées dans les SDIS qu’il faut arriver à capitaliser, à travailler et généraliser » (entretien 8, 25/04/24).

Figure 3 : Les processus de cette performance transactionnelle

Figure 3 : Les processus de cette performance transactionnelle

26Cette création de valeur est même une condition intrinsèque de la pérennité d’une communauté de pratique : « une communauté, c’est une structure qui vit de la valeur qu’elle produit » (Goglio-Primard, 2020, 165). La territorialisation est associée à l’ancrage dans un environnement propice à l’activité, en regroupant tout ce qui est nécessaire à la réalisation de cette transaction tels que les dispositifs. Pour qualifier ces dispositifs, la STC fait référence à une typologie des dispositifs d’information et de communication (Zacklad, 2019). Plusieurs d’entre eux sont présents au sein de cette communauté : dispositif de communication orale interactif (comme une conversation en face-à-face lors des séminaires), dispositif informationnel (document papier), dispositif info-communicationnel numérique (visio), dispositif de transmédiation (combinant par exemple l’événementiel et un dispositif d’info-communication comme les séminaires dans leur ensemble). Le dispositif de transmédiation, entendu sous l’angle du transmédia professionnel, englobe simultanément les dimensions digitale et physique. De plus, il ne se limite pas à la dimension technique car il prend également en compte la dimension spatiale de ce dispositif, autrement dit l’ancrage dans l'environnement de la transaction.

« Aujourd’hui, la visio c’est top donc les rencontres physiques, les visio et les plateformes collaboratives, c’est pour moi trois outils qui nous permettent vraiment de se tenir au courant et de travailler dans les meilleures conditions possibles » (entretien 8, 25/04/24).

27En effet, la mise en place d’une pluralité de dispositifs info-communicationnels est unanimement appréciée par les membres, pour des raisons de praticité, puisque c’est une CoP à l’échelle nationale, et de réactivité grâce à l’instantanéité des outils numériques. La question du transmédia est liée à l’anthropologie des savoirs, qui interroge la manière dont les savoirs contribuent à instituer l’humain et le sujet – dépassant ainsi la simple fonction d’une transmission de contenus (Maury et Kovacs, 2014).

4.2. Pertinence de l’approche critique de la CoP pour la STC

28Pour certains membres de cette CoP, celle-ci favorise une meilleure structuration de l’innovation et l’acceptation du changement organisationnel souhaité dans un écosystème composé de différents acteurs aux profils variés relativement autonomes notamment en termes de gestion des connaissances (Obringer et al., 2020) : « Pour la MSP, on sent clairement que c’est eux qui pilotent et on a besoin de ce pilotage parce qu’on est incapable de se piloter entre nous » (entretien 8, 25/04/24). Pour d’autres, c’est un coup d’épée dans l’eau, pour des raisons structurelles :

« Derrière les questions d’innovation, il y a plein de choses qui sont sous-jacentes, un peu comme des mines qui vous empêchent d’avancer. La structure actuelle fait qu’il y a des obstacles et favorise au mieux le statu quo, et au pire tout est fait pour qu’on n’aille pas vers ce chemin » (entretien 41, 06/12/24).

29En effet, on note une différence de gouvernance entre les SDIS et la DGSCGC (les SDIS sont financés par leur département, avant même d’être liés à la DGSCGC concernant les moyens nationaux et les doctrines opérationnelles) aboutissant à des directives et temporalités propres. Aussi, les SDIS ne disposent pas des mêmes moyens car leur budget dépend de la taille de leur département, impactant de fait leur culture et leur capacité en termes d’innovation. Ces cloisonnements inter-organisationnels conduisent à des jeux de pouvoir aux niveaux intra- et inter-organisationnels (Grima et Meier, 2022). Ils sont intrinsèquement liés à l’organisation de la sécurité civile et font émerger des problèmes d’unités d’action collective et d’enjeux de capacité stratégique des acteurs, notamment autour de la notion de gouvernance (Epstein, 2015). Or, on sait que la cohérence de la gouvernance est centrale car elle permet la stabilité (Alberti, 2001). La difficile gouvernance de l’innovation à la sécurité civile est liée à la départementalisation des SDIS dans un contexte français de centralité étatique concernant la conduite de l’action publique (Pasquier et al., 2013).

30Si les enjeux de pouvoir au sein d’une action collective ne sont pas assez développés dans la théorie de la STC, ils sont au cœur d’une approche critique de la CoP qui remet en question sa dimension socialement harmonieuse avec la mise en lumière des relations de pouvoir (Cox, 2005 ; Contu et Willmott, 2003), d’où la pertinence de les combiner. En raison d’objectifs et d’intérêts divers, et d’une dynamique de pouvoir qui permettrait d’accéder à des ressources rares pour innover comme la connaissance, les micro-conflits seraient même intrinsèques à la CoP (Contu et Willmott, 2003).

Conclusion

31Dans un contexte où les risques sont multiples et interdépendants, et dans une ère post-digitale (ou post-numérique), les SIC sont pertinentes pour étudier l’objet d’étude qu’est le risque, en analysant par exemple l’évolution de l’action collective et les enjeux communicationnels. D’un point de vue épistémologique, il est intéressant de montrer les apports réciproques entre une théorie en SIC qu’est la STC et une approche sociale en gestion des connaissances qu’est la communauté de pratique. En effet, l’étude des enjeux informationnels et communicationnels doit notamment prendre en compte la modification des relations et de l’activité de manière plus générale induite par la technologie. C’est le cas de la théorie de la STC qui analyse les interactions réciproques transformatrices entre des actants et artefacts au sein d’une activité collective, comme avec cet exemple de communauté de pratique d’acteurs du risque à la sécurité civile.

Haut de page

Bibliographie

Adell, N. (2023). Communauté, appartenance, identité. A. Gefen (dir.), Un monde commun (1). CNRS Éditions, 152-155.

Alberti, F. (2001). The governance of industrial districts: a theoretical footing proposal. Liuc papers, 82, 1-31.

Allard-Huver, F. (2021). « Ce que les SIC font aux controverses environnementales, ce que les controverses environnementales font aux SIC ». Revue française des sciences de l’information et de la communication, 21.

Barthe, Y., De Blic, D., Heurtin, J., Lagneau, É., Lemieux, C., Linhardt, D., De Bellaing, C. M., Rémy, C. et Trom, D. (2013). Sociologie pragmatique : mode d’emploi. Politix, 103(3), 175‑204.

Beck, U. (2001). La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité. Aubier.

Bodin, C. (2022). La mise en récit du monde social par la vulgarisation, entre logique d’appropriation triviale et sociodicée. Communication & Langages, 4, 111-125.

Bootz, J.-P. (2013). L’évolution du manager : un pilote de communauté de pratique entre l’expert et l’intrapreneur. Revue management et avenir, 5, 115-139.

Boudia, S. et Jas, N. (2019). Gouverner un monde toxique. Quae.

Bouillon, J.-L., Bourdin, S. et Loneux, C. (2007). De la communication organisationnelle aux approches communicationnelles des organisations : glissement paradigmatique et migrations conceptuelles. Communication & Organisation, 31, 7-25.

Chanal, V. (2000). Communautés de pratique et management par projet : à propos de l'ouvrage de Wenger (1998), Communities of Practice: Learning, Meaning and Identity. Management, 3(1), 1-30

Cohendet, P. et Diani, M. (2003). L'organisation comme une communauté de communautés croyances collectives et culture d'entreprise. Revue d'économie politique, 113(5), 697-720.

Contu, A. et Willmott, H. (2003). Re-embedding situatedness: The importance of power relations in learning theory. Organization Science, 14(3), 283-296.

Cordelier, B. (2016), Retour sur le concept de transaction. De la sociologie à la communication des organisations en France. Revue française des sciences de l’information et de la communication, 9.

Cox, A. (2005). What are communities of practice? A comparative review of four seminal works. Journal of Information Science, 31(6), 527-540.

Dewey, J. (1938/1967). Logique. La théorie de l’enquête. Presses universitaires de France.

Epstein, R. (2015). La gouvernance territoriale : une affaire d’État. La dimension verticale de la construction de l’action collective dans les territoires. L’Année sociologique, 65(2), 457-482.

Farjoun, M., Ansell, C. et Boin, A. (2015). PERSPECTIVE – Pragmatism in Organization Studies: Meeting the Challenges of a Dynamic and Complex World. Organization Science, 26(6), 1787-1804.

Giddens, A. (1991). Modernity and Self-Identity. Polity.

Goglio-Primard, K. (2020). Les communautés de pratique vivent de la valeur qu’elles produisent !. Revue française de gestion, 287(2), 161‑169.

Gramaccia, G. (2001). Les actes de langage dans les organisations. L’Harmattan.

Grima, F. et Meier, O. (2022). Gestion des terrains sensibles en sciences de gestion et du management. La disputatio au cœur du Management : débats et controverses. Presses universitaires de Provence, 155‑170.

Hugon, A. M. et Seibel, C. (1988). Recherches impliquées, recherches action : le cas de l'éducation. De Boeck Université.

Kermisch, C. (2011). Le concept du risque. De l'épistémologie à l'éthique. Lavoisier.

Lejeune, C. (2019). Manuel d’analyse qualitative Analyser sans compter ni classer. De Boeck Supérieur.

Le Moigne, J.-L. (1995). Les épistémologies constructivistes. Presses universitaires de France.

Libaert, T. (2018), Communication de crise. Pearsons.

Maury, Y. et Kovacs, S. (2014). Étudier la part de l’humain dans les savoirs : les Sciences de l’information et de la communication au défi de l’anthropologie des savoirs. Études de communication, 42, 15-28.

Mebarki, L. (2019). Le rôle des communautés de pratique dans la socialisation organisationnelle des nouveaux entrants. GRH, 30(1), 77‑104.

Niget, D. et Petitclerc, M. (2012). Pour une histoire du risque. Presses universitaires de Rennes.

Obringer, L., Bénédic, M. et Géraudel, M. (2020). Du mode bureaucratique vers l’agilité organisationnelle : le rôle de la communauté de pratique pilotée dans un établissement public. Projectics/Proyéctica/Projectique, 26(2), 11‑36.

Pasquier, R., Simoulin, V. et Weisbein, J. (2013). La gouvernance territoriale. Pratiques, discours et théories. LGDJ.

Peneff, J. (1992). L’hôpital en urgence. Métaillé.

Peretti-Watel, P. (2003). Sociologie du risque. Armand Colin.

Perret, V. et Séville, M. (2007). Chapitre 1. Fondements épistémologiques de la recherche. Méthodes de recherche en management, 13-33.

Piaget, J. et Rolando, G. (1983), Psychogenèse et histoire des sciences. Flammarion.

Putnam, L. L. et Pacanowsky, M. E. (1983). Communication and organizations: An interpretive approach. Social Science Information Studies, 5, 41-43.

Reghezza-Zitt, M. et Rufat, S. (dir) (2015). Résiliences. Société et territoires face à l’incertitude, aux risques et aux catastrophes. Iste éditions.

Rouquette, S. et Bihay, T. (2022). Les risques naturels médiatiquement invisibles. Communication, 39(1).

Siggelkow, N. (2007). Persuasion with case studies. Academy of management journal, 50(1), 20-24.

Taylor, J. R. (1993). La dynamique de changement organisationnel : une théorie conversation/texte de la communication et ses implications. Communication et organisation, 3.

Taylor, J. R. et Van Every, E. J. (2010). The Situated Organization: Case Studies in the Pragmatics of Communication Research. Routledge.

Thiétart, R. (2014). Méthodes de recherche en management. Dunod.

Wenger, E. (1998). Communities of Practice: Learning, Meaning, and Identity. Cambridge University Press.

Wenger, E., Mcdermott, W. et Snyder, M. (2002). Cultivating communities of practice. Harvard Business School Press.

Yin, R. (2014). Case Study Research: Design and Methods (5e éd.). Sage.

Zacklad, M. (2019). Le design de l'information : textualisation, documentarisation, auctorialisation. Communication & langages, 199(1), 37-64.

Zacklad, M. (2020). Changements de régimes de conversation dans la transition numérique. Approches théoriques en information-communication, 1, 7-40.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Figure 1 : Les actants humains du parcours transactionnel
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/18193/img-1.png
Fichier image/png, 259k
Titre Figure 2 : Les actants et les artefacts du parcours transactionnel de cette CoP
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/18193/img-2.png
Fichier image/png, 200k
Titre Figure 3 : Les processus de cette performance transactionnelle
URL http://journals.openedition.org/edc/docannexe/image/18193/img-3.png
Fichier image/png, 230k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Aymée Nakasato, « Une approche transactionnelle d’une communauté de pratique avec des acteurs en gestion des risques »Études de communication, 64 | 2025, 113-132.

Référence électronique

Aymée Nakasato, « Une approche transactionnelle d’une communauté de pratique avec des acteurs en gestion des risques »Études de communication [En ligne], 64 | 2025, mis en ligne le 01 avril 2026, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/edc/18193 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14b5i

Haut de page

Auteur

Aymée Nakasato

Université de technologie de TroyesCNAMDirection générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises, ministère de l’Intérieur

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search