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Les campagnes de communication au prisme des enjeux politiques en Côte d’Ivoire

Communication campaigns and political issues in Ivory Coast
Miézan Niamké Adjouba Brigitte Aka
p. 175-194

Résumés

L’article montre en quoi les campagnes de communication s’apparentent à une technologie politique dont les objectifs sont d’accroître la mise en visibilité et de légitimer les politiques en Côte d’Ivoire. Ces campagnes dans le cadre de la prévention du cancer s’inscrivent dans une logique plus politique que sociale et sont marquées par une prégnance politique. Les résultats sont issus de l’analyse d’un corpus constitué de données recueillies après la conduite de 12 entretiens semi-directifs avec les acteurs institutionnels et communautaires de la prévention ainsi que d’une enquête auprès de 369 personnes atteintes de cancer.

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Texte intégral

1. Introduction

1La question des maladies chroniques comme le cancer fait partie des défis majeurs de santé publique en Afrique et notamment en Côte d’Ivoire (OMS, 2006). Le problème ne réside pas dans la proportion de personnes souffrant de cette pathologie qui reste moins importante par rapport aux pays européens mais plutôt dans l’espérance de vie après le diagnostic d’un cancer qui est de 11 mois en raison des dépistages tardifs (Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique de Côte d’Ivoire, 2009). Eu égard à cette situation, depuis l’année 2011, la réponse sanitaire en matière de prévention est composée essentiellement de campagnes de communication pilotées par des structures techniques du ministère de la Santé. Il est question d’une instrumentation (Lascoumes, 2004) de l’action publique dont les objectifs selon les différents plans nationaux de développement sanitaires couvrant la période 2011 à 2020 sont de promouvoir des comportements de santé et de susciter leur appropriation chez les différents publics. Les campagnes de sensibilisation représentent à cet effet les principaux outils, voire les dispositifs qui rendent opératoires le « pouvoir » de la prévention et partant sa gestion politique (Foucault, 1994a).

2La notion foucaldienne de dispositif employée ici fait référence à « […] Un ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions… bref : du dit aussi bien que du non-dit […] » et « […] la nature du lien qui peut exister entre ces éléments hétérogènes […] » (Foucault, 1994c, 299). Dans notre étude, le dispositif concerne aussi bien les campagnes que les conditions de production, leur déroulement, les mécanismes de décisions, les acteurs et les supports de communication qui sont produits. Au-delà de la dynamique dans laquelle s’inscrivent les campagnes dans le cadre de la prévention en santé publique de façon générale, à savoir la diffusion des normes, la communication gouvernementale dans le cadre de la prévention peut également avoir pour but de maîtriser les éventuels problèmes sociaux afin de préserver et de pérenniser le pouvoir d’État (Foucault, 1994a). La communication dans le cadre de la prévention constitue à cet effet, un enjeu de pouvoir et s’inscrit dans la dimension communicationnelle de l’action publique (Ollivier-Yaniv, 2013) avec trois modalités d’exercice. Il s’agit notamment de la mise à contribution de ces campagnes de communication, instrument de pouvoir en tant que substitut, complément ou composante d’une stratégie de pression politique (Ollivier-Yaniv, 2009). Le cas des campagnes de communication est un cadre pertinent pour analyser les rapports de pouvoirs dans le cadre des processus décisionnels mais aussi le jeu des acteurs qui interviennent dans la communication de prévention.

3En Côte d’Ivoire, l’organisation de la communication de prévention est assurée par les structures techniques du ministère de la Santé créées à cet effet en 2001. Il s’agit du programme national de lutte contre le cancer, du programme national de lutte contre le tabac, du programme national de prévention des maladies non transmissibles et du programme national de lutte contre les maladies métaboliques. Après la consultation des différents documents de la stratégie de lutte, il ressort que ces campagnes sont articulées autour de 5 axes essentiels. Le premier est relatif aux activités de dépistage. Le deuxième concerne l’information sur les facteurs de risque et la promotion de comportements « sains » voire de modes de vie conseillés. Le troisième concerne la vulgarisation d’information afin de favoriser l’appropriation des messages. Le quatrième est relatif à la diffusion de supports et de documents de référence à destination des professionnels de santé dans le but d’améliorer la prévention secondaire. La promotion des bienfaits de la pratique régulière de l’activité physique comme attitude de prévention et facteur d’amélioration de l’état de santé en général constitue le cinquième axe des activités de communication.

4En dépit de l’organisation des campagnes qui se tiennent depuis une décennie, le taux de dépistage des cancers reste tardif et concerne 80 % des cas diagnostiqués (N’da et al., 2015).

5Nous supposons que ces campagnes sont organisées aux services des institutions publiques sans prise en compte des spécificités locales et que la communication dans le cadre de la prévention obéit à des fins politiques. Nous formulons l’hypothèse selon laquelle les campagnes constituent des supports de politisation du champ de la santé. Il est question dans cette étude de réfléchir à la portée de l’action publique dans le cadre de la communication de prévention. L’objectif de cet article est donc de présenter les logiques et influences politiques auxquelles sont soumises les campagnes de communication et qui semblent constituer une des causes de leur inanité. En vue d’appréhender les enjeux politiques de la communication dans le cadre de la prévention, la collecte de données a mobilisé 2 outils. Le corpus a été constitué à la suite de 12 entretiens semi-directifs avec les acteurs institutionnels et communautaires de la prévention et d’une enquête auprès de 369 personnes atteintes de cancer au sein de l’unité d’oncologie du centre hospitalier et universitaire de Treichville.

  • 1 Les structures auxquelles appartiennent les techniciens interrogés sont : le programme national de (...)
  • 2 Les structures dont il est question dans cette étude sont : la direction de la santé communautaire (...)
  • 3 Le programme national de promotion de la médecine traditionnelle distingue deux grandes catégories (...)

6Au nombre des entretiens semi-directifs, 8 ont été réalisés avec les acteurs institutionnels de la prévention et 4 avec les acteurs communautaires de la prévention. Il s’agit notamment de 5 techniciens de la communication exerçant dans les programmes en charge de prévention1 et 3 professionnels2 de la santé exerçant dans les directions centrales et les établissements publics nationaux (EPN) de santé au niveau institutionnel. Au niveau communautaire, nous avons interrogé 2 représentants d’ONG de lutte contre le cancer à savoir l’association ivoirienne de lutte contre le cancer (AILC), WILIC International et 2 praticiens de médecine traditionnelle (1 spiritualiste et 1 non-spiritualiste3). Les représentants des ONG ont été choisis à la suite de l’entretien avec la direction des ONG et la consultation des rapports d’activité. Ces documents indiquaient que ces ONG étaient celles qui menaient de véritables actions de lutte contre le cancer.

7La durée moyenne des entretiens était d’une heure et les entretiens ont été réalisés par le biais d’une grille. Toutefois, les interlocuteurs avaient la latitude de s’exprimer sur des points absents de notre grille et qui pourraient être pertinents pour l’étude. La politisation de la prévention, les dispositifs info-communicationnels et les réactions de la population par rapport aux discours de prévention ont été les thèmes développés lors des entretiens. Trois types de grilles ont été élaborés en fonction du profil de l’interviewé. La première grille a été utilisée pour interroger les acteurs institutionnels de la prévention. La deuxième grille a été mise à profit lors des entretiens avec les acteurs communautaires de la prévention. La troisième grille a servi de support lors des entretiens avec les praticiens de la médecine traditionnelle. Les différents entretiens se sont déroulés au cours de la période allant de décembre 2019 à août 2020. Ils ont été réalisés après deux étapes. La première étape a consisté à solliciter un rendez-vous par le biais de courriers que nous avons déposés auprès des différentes structures. Après avoir obtenu les différents accords, nous avons envoyé par courriel le canevas de l’entretien avant le déroulement de l’entretien proprement dit, de sorte que nos interlocuteurs puissent se préparer et avoir une idée précise des réponses. Au début de chaque entretien, nous avons rappelé verbalement les objectifs de notre étude avant de passer la parole à nos interlocuteurs. Pour des considérations éthiques, et conformément à la volonté des interviewés, leur identité a été préservée.

8L’analyse des entretiens s’est réalisée en trois étapes. La première étape était celle de la retranscription par écrit de tous les entretiens pendant la période de l’enquête. La deuxième étape a consisté à une lecture afin de déceler les éventuelles réponses qui ne seraient pas en rapport avec les questions posées. La troisième étape concerne l’analyse thématique (Bardin, 2013) des données recueillies en fonction de notre hypothèse à savoir la politisation de la prévention.

9Les malades atteints de cancer ont été interrogés en vue d’analyser la réception des messages de prévention. Spécifiquement, il s’agissait de saisir les motifs qui sous-tendent la réaction des publics par rapport aux messages de sensibilisation afin de comprendre pourquoi la majorité des cancers en Côte d’Ivoire, soit 80 %, sont décelés à un stade avancé (N’da et al., 2015).

10La technique d’échantillonnage représentatif a été retenue car elle constitue une réplique en miniature de la population à l’étude avec ses différentes particularités (N’da, 2015). Le nombre de nouveaux cas de cancer pour l’année 2018 était de 14 484 (International Agency for Research on Cancer, 2008). Parmi ces cas, 8 651 correspondent aux cancers qui bénéficient de campagnes de prévention. Avec une marge d’erreur α à 5 % et une proportion de réponse de 50 %, nous avons estimé à 369 patients le nombre de sujets nécessaire selon la formule suivante (Rea et Parker, 2014).

11Outre les renseignements sociodémographiques, les thèmes développés lors de l’enquête par questionnaire ont porté sur les connaissances (I), les attitudes (II) les pratiques des malades atteints du cancer (III) mais aussi sur la communication autour du cancer (IV) et l’organisation de la communication de prévention (V). Les critères d’inclusion étaient : les personnes des 2 sexes ; les patients âgés de 18 ans et plus ; les malades avec un cancer diagnostiqué en 2018 parmi les cancers bénéficiant de campagne de sensibilisation en Côte d’Ivoire (sein, col de l’utérus, prostate, foie, poumon, colorectal). Les critères de non-inclusion étaient : les personnes de moins de 18 ans ; les patients avec un cancer diagnostiqué avant 2018 ; les malades répondant aux critères d’inclusion et qui ont refusé de participer à l’enquête (les patients non consentants).

12Parmi les personnes interrogées, 86 % étaient des femmes et 14 % des hommes. L’âge moyen était de 50,27 ans et la médiane de 50 ans. En ce qui concerne le niveau d’étude, 43,9 % des répondants n’ont pas été scolarisés, 14,1 % ont suivi le cycle primaire contre 30,3 % pour le cycle secondaire et 11,7 % pour le cycle supérieur. L’échantillon était constitué de 55 % de personnes atteintes de cancer du sein, 24,4 % du cancer du col de l’utérus, 9,5 % du cancer du foie et 4,1 % du cancer de la prostate. Les malades du cancer colorectal et du cancer du poumon représentent chacun 3,5 %.

13L’administration du questionnaire durait en moyenne 1 heure 30 minutes et pouvait atteindre 2 heures 30 minutes dans certains cas. Pour 369 personnes interrogées, cela représente environ 33 210 minutes soit 553,5 heures en moyenne pour 1 heure 30 minutes d’entretien par personne. Pour des considérations éthiques, les personnes interrogées ont été incluses après avoir exprimé leur consentement éclairé, libre et verbal. Avant l’administration du questionnaire, nous avons rappelé oralement l’objectif de notre étude. Le traitement des réponses a été anonyme et l’analyse qualitative et quantitative des données de l’enquête a été réalisée avec le logiciel SphinxPlus.V5. TuiTe.

2. Tactique politique et campagne de communication

14L’interrogation du contexte ainsi que des modalités opératoires de la communication de prévention met en lumière des intérêts plus politiques que sociaux.

15La création des structures de santé en charge de la prévention des maladies chroniques en 2011 (Ministère de la Santé publique et de l’Hygiène de Côte d’Ivoire, 1996) résulte des injonctions des organismes internationaux comme l’OMS et s’inscrit donc dans une dynamique politique. En effet, il s’agit des recommandations issues de la conférence d’Alma Ata, en 1978 (instituant les soins de santé primaires), de la réunion de Jakarta, en 2000 (marquant la première participation africaine à la conférence mondiale de l’OMS sur la promotion de la santé) et des prescriptions de l’OMS demandant à la zone Afrique (OMS/AFRO) de produire une stratégie régionale de promotion de la santé en 2001.

16Cependant, la création de ces programmes peut être perçue comme une décision politique prématurée, puisque, les conditions pour un démarrage effectif des activités n’étaient pas réunies. En effet, 10 années séparent la création des structures en charge de la communication dans le cadre de la prévention de leur fonctionnement effectif. À l’exemple du cas français, il y a un décalage entre le discours des pouvoirs publics et le fonctionnement véritable des programmes (Fassin, 2000). L’insuffisance de moyens est toujours d’actualité. Les acteurs institutionnels de la prévention interrogés lors de notre enquête décrient cette situation et s’accordent sur le fait que les difficultés majeures dans la réalisation de leur plan d’action restent l’absence d’un cadre organique adéquat et l’insuffisance de ressources humaines, matérielles et financières.

  • 4 Entretien mené le 26 décembre 2019 au programme national de lutte contre le cancer (PNLCA). Le PNLC (...)

« L’État crée des structures et ne met pas les moyens à la disposition de ces structures, et ça c’est un véritable problème. Le programme cancer, c’est un programme qui n’existe que de nom, les budgets ne servent qu’à payer les charges de fonctionnement et non pas à mener des actions sur le terrain pour la mise en œuvre de notre plan d’actions. Ce sont essentiellement des partenaires que nous sollicitons qui nous aident dans la mesure du possible à réaliser quelques activités de dépistage et de sensibilisation. L’État nous demande des résultats et nous n’avons pas les moyens pour travailler alors que le champ d’actions du cancer est assez vaste4. »

17Nous nous interrogerons à cet effet sur la pertinence de créer des structures qui ne disposent pas de moyens pour mener leurs activités alors qu’elles sont soumises à des obligations de résultats. L’action des autorités publiques peut être appréhendée comme une décision à visée double. La première vise à rassurer la communauté internationale sur la capacité des gouvernants à agir pour le bien-être social des populations. La deuxième s’inscrit dans une logique de reconnaissance politique internationale dans un contexte où la légitimité des pouvoirs publics est constamment remise en cause par certaines populations locales et certains observateurs internationaux à cause des conditions d’accès au pouvoir qui ne semblent obéir à aucun principe démocratique depuis 1995 en Côte d’Ivoire.

18Le fait que les pays africains priorisent la mise en œuvre des décisions émanant des institutions internationales est récurrent. Cependant, dans la majorité des cas, ces programmes se soldent par des échecs puisque les populations locales n’y adhèrent pas (Dujardin, 2003). Ce fut le cas avec l’initiative de Bamako qui a institué la participation des populations au recouvrement des soins de santé afin de redynamiser les systèmes de santé mais qui, malheureusement, a eu pour conséquence une baisse de fréquentation des structures sanitaires par les populations (Traoré et Fofana, 2016).

19Les campagnes se tiennent également de façon mécanique chaque année lors de la commémoration des journées thématiques instituées par l’OMS. Elles ne sont donc pas organisées en fonction d’indicateurs précis comme les zones de forte prévalence qui devraient en principe bénéficier d’actions de sensibilisation.

  • 5 Entretien mené le 26 décembre 2019 au programme national de lutte contre le cancer (PNLCA).

« Au niveau institutionnel, tout comme celui des ONG, à défaut et en l’absence d’indicateurs, les campagnes sont organisées de façon systématique chaque année. Pour être efficace, il serait intéressant d’organiser ces campagnes en fonction de certaines données d’épidémiologie à l’exemple des chiffres sur les populations à risque de sorte à pouvoir cibler les zones prioritaires. Cela pourrait réduire les dépistages tardifs et améliorer la prise en charge thérapeutique. En effet, à cause de l’insuffisance de moyens nous ne pouvons pas réaliser des études sur les régions à forte prévalence ainsi que sur les facteurs de risque locaux liés au cancer5. »

20L’importance d’organiser des actions de communication en direction de population à risque pour réduire l’impact des pathologies a été mise en avant par Robert Gordon (1983) dans le cadre de la prévention indiquée afin de réduire de façon considérable l’impact des pathologies. Cette approche permettrait de mener des actions efficaces et de réduire les coûts liés à l’organisation de campagnes en direction d’un grand public dont les résultats restent mitigés.

21À cette situation, s’ajoute le fait qu’il n’y a pas d’unicité d’action sur le territoire national en ce qui concerne les centres de diagnostic. Deux régions sanitaires (Abidjan 1 Grands-Ponts et Abidjan 2 situées au sud du pays) sur les vingt-et-un que compte la Côte d’Ivoire, disposent d’un plateau technique permettant de faire le diagnostic des pathologies chroniques. En ce qui concerne le cancer, en cas de suspicion, l’individu qui a été dépisté au cours d’une campagne est obligé de se rendre dans la capitale économique à Abidjan pour des examens de diagnostic. Cependant, à cause des sollicitations excessives des centres de diagnostic publics, les appareils sont souvent en panne et les patients sont obligés de se rendre dans les établissements privés où les coûts pratiqués sont onéreux par rapport au niveau de vie des populations.

  • 6 Entretien mené le 19 août 2020 à l’Association ivoirienne de lutte contre le cancer. L’AILC est un (...)

« Il faut que l’État mette à la disposition des malades des centres d’examen de diagnostic et de traitement. La dernière fois j’étais à l’institut national de santé publique, j’ai constaté que le service de lutte contre le cancer qui réalise la mammographie, le dépistage, était fermé parce que leur mammographe n’est plus fonctionnel il y a longtemps. Le seul mammographe des structures publiques qui devrait être fonctionnel actuellement c’est celui du centre hospitalier et universitaire de Treichville qui est également en panne. Les malades sont obligés de se rendre dans les cliniques privées alors qu’ils n’ont pas les moyens ! Où iront donc les malades que nous dépistons ? Dans ce cas-là il n’y a pas lieu d’aller faire un dépistage, il n’y a pas lieu d’aller faire une sensibilisation6 ! »

22En raison de l’insuffisance des centres de diagnostic, il y a lieu de réfléchir sur l’opportunité même d’organiser des campagnes de sensibilisation si la réponse sanitaire ne peut pas couvrir les besoins.

23La mise en œuvre des recommandations des institutions internationales au détriment des réalités locales dans la stratégie préventive peut dans une certaine mesure être un facteur de non-appropriation des messages. Cette situation se ressent également sur les orientations de la stratégie de communication de prévention. La communication dans le cadre de la prévention est basée sur la médecine conventionnelle alors qu’il existe une médecine dite traditionnelle issue du patrimoine culturel local avec des pratiques ancestrales.

  • 7 Entretien mené le 4 décembre 2019 à la direction de la santé communautaire et de la médecine préven (...)

« Le poids des us et coutumes constitue une difficulté à la sensibilisation, à la prévention. Pour ce qui est du diabète, de l’hypertension artérielle et du cancer, beaucoup de naturothérapeutes avec une clientèle assidue proposent des remèdes miracles qui sont prisées par la population. Les maladies sont perçues comme résultantes d’attaques mystiques des sorciers et les populations ont encore recours aux guérisseurs traditionnels appelés « comians » dans le traitement des maladies. Les gens ne se sentent pas concernés par la sensibilisation, c’est pourquoi il faudrait des preuves, des illustrations, des données afin de réorienter notre communication, la lutte7. »

24Le schéma de prise en charge de la médecine traditionnelle est différent de la médecine conventionnelle et s’inscrit plutôt dans un système de croyances de l’ordre du sacré. 80 % des Ivoiriens y ont recours (Programme national de promotion de la médecine traditionnelle, 2014) en fonction de plusieurs facteurs. Au nombre de ces raisons figurent : les modalités de soins (dimension plus collective qu’individuelle), le type de pathologie, le niveau d’instruction, leur convenance personnelle, la proximité des praticiens de médecine traditionnelle ou encore les lacunes du système de santé conventionnel. Cependant, il est également important de noter que la consommation de certains remèdes issus de cette médecine traditionnelle et utilisés à titre préventif comme curatif par les populations peut entraîner des atteintes néphrotiques et hépatiques graves (Fall et al., 2011 ; N’Zoué et al., 2020). Actuellement, il n’existe pas de laboratoire de contrôle de la qualité de la toxicité de ces produits. Cette médecine ne bénéficie pas d'une légitimité forte auprès du ministère de la Santé et est occultée des campagnes. Cette situation entraîne la création d’autres canaux de validation des pratiques et de déconstruction des discours institutionnels de la prévention sur les réseaux sociaux.

25Le fait que les campagnes de communication dans le cadre de la prévention des maladies chroniques se tiennent dans la ville d’Abidjan au détriment des autres villes du pays où résident 80,91 % de la population constitue également un biais de la stratégie de sensibilisation. Cette situation avait été décriée par les patients interrogés lors de l’enquête. Parmi ceux qui avaient le souvenir d’une campagne de prévention, seulement 14,5 % résidaient dans les autres agglomérations en dehors de la région d’Abidjan. De façon générale, la majorité des populations vivant dans les zones rurales préfèrent se tourner vers des solutions alternatives, entre autres la médecine traditionnelle locale, en cas de problème de santé (Programme national de promotion de la médecine traditionnelle, 2014).

26Il existe aussi dans le pays des lieux de rassemblement, de partage, d’échanges de l’information et de mobilisation sociale dénommés les agoras qui ont une influence politique et informationnelle (Vincourt et Kouyaté, 2012). Ce sont également des endroits de prédilection de certains praticiens de médecine traditionnelle à la recherche d’une clientèle (Toppé, 2010). Cependant, ces lieux ne sont pas investis par les acteurs institutionnels de la prévention.

27Un autre fait marquant des choix de la stratégie de prévention concerne la délivrance exclusive des messages en langue française dans un pays où le taux d’analphabétisme est estimé à 43,90 % et concerne les personnes âgées de 15 ans et plus (Direction des stratégies de la planification et des statistiques, 2019). Ainsi, une partie de la population peut ne pas comprendre les messages de prévention. Lors de notre enquête auprès des patients atteints de cancer, l’échantillon de départ avait été réduit de 55,3 %, puis de 19,5 % en raison du faible niveau d’instruction.

28Les campagnes de sensibilisation telles qu’elles sont organisées sont en décalage avec les particularités locales. Qu’il s’agisse des capacités opérationnelles des structures en charge de cette communication ou de la tenue des campagnes en elles-mêmes, les choix des autorités sanitaires présentent des contradictions. Cette situation suscite plusieurs réflexions : quelle est l’opportunité d’organiser des campagnes de communication qui n’obtiennent pas les effets escomptés à cause de la non-prise en compte de facteurs déjà identifiés ? Quel est l’objectif de concentrer la communication sur la capitale économique qui bénéficie déjà d’une couverture médiatique soutenue ? Pourquoi s’adresser exclusivement en langue française dans un contexte où le taux d’analphabétisme est considérable ? S’adresse-t-on à la communauté internationale ? Ou aux communautés locales ? Pourquoi ne pas aborder la question de la médecine traditionnelle lors des sensibilisations, qu’elle soit indiquée ou non ?

29D’un côté, il y a la volonté des dirigeants d’obéir aux recommandations des organismes internationaux et de l’autre, la réalité du terrain. S’il est vrai que les structures sanitaires ne disposent pas de moyens conséquents pour mener des actions de sensibilisation, il n’en demeure pas moins que les quelques actions qui sont menées s’inscrivent plutôt dans une logique de gain de visibilité.

3. Campagnes de communication supports de propagande électorale

30Le contexte politique instable constitue également une raison pour laquelle les campagnes constituent des opérateurs matériels de pouvoir. En effet, la situation socio-politique en Côte d’Ivoire est marquée par une sournoise grogne sociale qui résulte de la contestation de la légitimé des différents pouvoirs en exercice par une partie de la population. La légalité des présidents de la République depuis les élections d’octobre 1995 en passant par celles de 2000, 2010, 2015 et 2020 est quasiment remise en cause. Cette situation résulte de plusieurs crises qui se sont succédé dans le pays depuis 20 ans. En effet, depuis l’année 1995, la Côte d’Ivoire est en proie à des remous sociaux en raison de la non-reconnaissance des résultats aux élections, qu’elles soient présidentielles, régionales, municipales ou législatives. Le contexte est devenu plus délétère depuis la rébellion de 2002 dont des crimes restent encore impunis (Human Rights Watch, 2013). Les rebelles de 2002 ont été intégrés à l’armée régulière en tant qu’officiers, au grand dam des militaires de carrière. La configuration politique est en constant changement, les alliés d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui et vice versa. La fibre identitaire est encore d’actualité, certaines personnalités politiques étant qualifiées d’étrangers. L’ambition d’imposer une pensée politique unique est nourrie par les différents gouvernants. Les clivages politiques existent au sein des habitants et il n’y a pas de véritable société civile (Akindès, 2000).

31Les campagnes de communication se déroulent ainsi dans un contexte marqué par des tensions politiques. Ces campagnes semblent être mises à contribution par les autorités publiques à l’instar de l’exemple français, comme des dispositifs de publicité de l’action des pouvoirs publics (Pailliart et Strappazzon, 2007).

32L’organisation des campagnes de communication laisse ainsi entrevoir l’expression de la puissance publique. En effet, les discours des professionnels de santé doivent être validés en amont par les autorités sanitaires. Il est question de faire les éloges de l’engagement de l’État avant la délivrance des messages de prévention. Dans ce cas de figure, la lisière entre discours politique et discours de prévention n’est plus perceptible.

  • 8 Entretien mené le 12 mars 2020 au programme national de prévention contre les maladies métaboliques (...)

« Lorsque nous devons intervenir sur les antennes des médias audiovisuels, notre intervention fait d’abord l’objet d’un contrôle par la hiérarchie. Avant de faire passer le message de sensibilisation, nous avons l’obligation de remercier tout d’abord les gouvernants pour les actions de haute portée sociale en faveur de la santé des populations, d’évoquer et de parler longuement des futurs investissements ou réalisations pour le bien-être social et les efforts de l’État pour la réduction des coûts de la prise en charge8. »

33Le contrôle de l’information est également encadré par les textes de fonctionnement (Ministère de la Santé et de l’Hygiène de Côte d’Ivoire, 2020 ; Présidence de la République de Côte d’Ivoire, 2016). Les services de communication ont l’obligation de faire valider leurs activités par la direction de communication du ministère de la Santé et d’adresser trimestriellement leurs rapports d’activité. Ce contrôle de l’information porte aussi sur les supports de communication qui doivent mettre en valeur les dirigeants.

  • 9 Entretien mené le 4 décembre 2019 au programme national de lutte contre le tabac et les addictions (...)

« En matière de communication, tous nos supports de communication passent par la direction de communication du cabinet du ministre qui valide en dernier ressort. Il est vrai que nous dépendons de la direction générale de la santé mais vu qu’il s’agit de communication, tous nos documents sont imputés à la direction de communication du ministre de la Santé pour validation parce qu’il s’agit de l’image du cabinet, de l’image du ministre de la Santé9. »

34La communication dans le domaine de la santé est supervisée par les pouvoirs publics comme l’a souligné Ollivier-Yaniv (2019) en France. Cette mainmise sur l’information de santé, selon les interviewés, vise à éviter la divulgation d’informations susceptibles de servir de support à des contestations sociales. L’objectif est de rationnaliser l’information de sorte à ne pas discréditer les actions des pouvoirs publics et à encenser plutôt les actions de l’État en mettant en exergue son engagement aux côtés des populations et son dévouement pour l’amélioration du bien-être.

35La dimension politique de la communication se perçoit également au niveau de l’organisation de la communication dans le cadre de la prévention qui est toujours couplée avec des activités de dépistage. À cet effet, les techniciens institutionnels de la prévention ainsi que les ONG déplorent le favoritisme politique au niveau de l’octroi d’autorisations à certaines ONG qui ont des accointances avec certains membres du ministère de la Santé. Ainsi, ces ONG dites favorisées organisent des activités de sensibilisation voire de dépistage alors qu’elles ne disposent pas de compétences techniques adéquates. Pour les interrogés, cette situation résulte de l’intervention directe du cabinet du ministère de la Santé dans un domaine dont il s’est dessaisi en déléguant ces tâches à ses structures techniques.

  • 10 Entretien mené le 12 mars 2020 au programme national de prévention contre les maladies métaboliques (...)

« La santé est tellement politisée au point où il y a des intouchables (ONG). Ces ONG disposent d’autorisations venant des autorités sanitaires pour organiser des activités sans des critères objectifs. Certaines ONG posent des actions inappropriées. Elles font des consultations, ce n’est pas structuré, ce n’est pas organisé, on n’est pas informé parfois. Elles distribuent même des médicaments gratuitement à la population. Entre prescrire un médicament et faire un diagnostic d’une maladie il y a une différence. Ce qui est déplorable, nous n’avons pas de moyens de répressions, elles sont protégées10… »

36La personnification politique au niveau des campagnes de communication est telle qu’elle fait également ressortir les rivalités politiques au niveau des collectivités locales. En effet, certaines autorités peuvent se désolidariser des actions de sensibilisation, si elles se tiennent sous le patronage de leurs adversaires politiques.

37Les campagnes de communication constituent également une lucarne de mise en visibilité des politiques dans l’objectif de la séduction du plus grand nombre grâce à la thématique de la santé.

38En Afrique et notamment en Côte d’Ivoire, les questions de santé constituent des sujets sensibles (Dozon et Fassin, 1989), partant, l’enjeu politique est de mise dans la communication dans le cadre de la prévention. La marge de manœuvre des techniciens de la communication est réduite dans l’exercice de leurs missions. Il est plutôt question d’un scénario de promotion auquel les techniciens de la prévention doivent se prêter. Toutes les activités doivent bénéficier d’une couverture médiatique afin de faire la promotion des actions du gouvernement.

39Le choix des villes qui doivent abriter les cérémonies de célébration des journées commémoratives de la santé et des campagnes de communication est également une décision des politiques aux dires des interviewés (acteurs institutionnels et membres des ONG). En effet, ce choix ne découle pas des indicateurs de santé publique comme nous l’indiquions plus haut. Ce sont soit des villes d’où sont originaires les membres du gouvernement, soit des bastions politiques du parti au pouvoir ou encore des localités de l’opposition où les politiques envisagent de conquérir l’électorat. Le terrain aidant, et étant donné le taux d’analphabétisme, les campagnes de communication sont présentées comme un présent voire une faveur que les gouvernants font aux administrés des localités. Ces campagnes s’inscrivent à cet effet dans une logique publicitaire de l’action gouvernementale comme dans le cas de la France (Pailliart et Strappazzon, 2007) et constituent à cet effet un espace de promotion des gouvernants en Côte d’Ivoire.

40La dimension électorale de la communication de prévention est aussi perceptible lors du lancement des campagnes de communication où les membres du gouvernement ainsi que certains politiques (élus, futurs candidats) sont toujours présents. C’est l’occasion pour les pouvoirs publics d’annoncer les dispositions prises par l’État afin de soulager les populations. Ces promesses électorales ne traduisent pas la réalité du terrain, à l’exemple de la supposée gratuité du traitement du cancer lors du lancement officiel de la campagne de lutte contre le cancer de sein dénommé « Octobre rose » le 9 octobre 2017 (Sinzé, 2017), qui n’a été effective que pendant 2 mois et qui ne concernait que certains médicaments utilisés dans la prise en charge de certains cancers.

  • 11 Entretien mené le 12 décembre 2019 à l’unité d’oncologie du centre hospitalier et universitaire de (...)

« La gratuité totale du traitement du cancer annoncé par le vice-président de la République lors de son discours du 9 octobre 2017 à l’occasion du lancement officiel de la campagne de lutte contre le cancer dénommée « Octobre rose » ne cible pas tous les médicaments utilisés dans le traitement du cancer, mais en réalité, 2 médicaments sur 5 voire 10 à 15 utilisés dans le protocole. Actuellement ces médicaments sont en rupture. Nous pensons que l’État peut faire mieux à l’instar de certains pays plus pauvres que la Côte d’Ivoire, comme la Mauritanie, le Mali où les examens de diagnostic ainsi que le traitement du cancer sont gratuits11. »

41Le registre de propagande dans lequel s’inscrit la communication publique en vue d’assurer la visibilité et la légitimité des autorités publiques a été mis en avant par Caroline Ollivier-Yaniv (2001) dans le cas français. Les différentes déclarations politiques soutenues par les orientations de la communication dans le cadre de la prévention qui font la promotion exclusive de la responsabilité des individus dans la prise en charge et l’amélioration de leur état de santé visent à cacher les difficultés de l’État à résoudre les problèmes sociaux. Au nombre de ceux-ci, figurent les difficultés d’accès aux soins dans les régions en dehors des grandes agglomérations ou l’insuffisance du plateau médicotechnique ou encore l’absence d’une véritable couverture sociale de santé. Ainsi, lors de notre enquête auprès des patients de l’unité d’oncologie, 99 % des interrogés ont jugé insatisfaisante l’action des pouvoirs publics et qualifié la communication dans le cadre de la prévention de superfétatoire et l’ont assimilée à une comédie politique.

42Ces caractéristiques des dispositifs info-communicationnels ont pour conséquence la non-participation des populations aux séances de dépistages organisées à leur intention. Lors de notre enquête, seulement 2,4 % des interrogés avaient participé aux campagnes et avaient décidé de consulter après. La dimension politique rend inefficace dans une certaine mesure les discours institutionnels de la prévention.

4. Conclusion

43L’analyse foucaldienne orientée vers les moyens d’exercice permet de saisir les rapports de pouvoir. Dans cette étude, la communication publique dans le cadre de la communication de prévention apparaît comme une tactique politique qui a pour objet les corps et les esprits. Elle est rendue effective grâce à la politisation des questions relatives à l’amélioration du bien-être social comme le cancer dont il est question ici. En effet, dans le cadre de la santé publique, même si les discours sont issus de l’épidémiologie, les orientations et les modalités opératoires de la communication dépendent dans une certaine mesure de l’idéologie politique des gouvernants (Ollivier-Yaniv, 2009, 93). Dans cette perspective, les campagnes de communication constituent des dispositifs de pouvoir. Ces campagnes de communication dans le cadre de la prévention apparaissent comme une technologie de gouvernement (Foucault, 1994b) pour investir, voire politiser le domaine de la santé, et dont l’objectif est d’acquérir, de garantir et de renforcer la légitimité des pouvoirs publics en vue de l’exercice du pouvoir d’État. Ces campagnes sont également mises à contribution afin de masquer les réelles difficultés de l’État à faire face aux défis sociaux.

44Cette prédominance politique dans le domaine de la gestion des questions de santé publique n’est pas spécifique à la Côte d’Ivoire, elle est également présente dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne comme le Sénégal et le Burkina Faso (Meessen et al., 2011).

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Notes

1 Les structures auxquelles appartiennent les techniciens interrogés sont : le programme national de prévention contre les maladies métaboliques et du programme national de prévention des maladies non transmissibles, le programme national de promotion de la médecine traditionnelle, le programme national de nutrition, le programme national de lutte contre le tabac et les addictions, et le programme national de lutte contre le cancer.

2 Les structures dont il est question dans cette étude sont : la direction de la santé communautaire et de la médecine préventive, la direction des ONG et le service de cancérologie du centre hospitalier universitaire de Treichville.

3 Le programme national de promotion de la médecine traditionnelle distingue deux grandes catégories de praticiens de médecine traditionnelle en fonction de leur mode d’exercice à savoir les non-spiritualistes : les praticiens qui utilisent les plantes et autres dérivés dans la dispensation des soins, et les spiritualistes : les praticiens qui, en plus des plantes, utilisent la divination, la consultation des esprits.

4 Entretien mené le 26 décembre 2019 au programme national de lutte contre le cancer (PNLCA). Le PNLCA est la structure principale du ministère de la Santé qui est chargée d’organiser et d’assurer la communication de prévention contre le cancer.

5 Entretien mené le 26 décembre 2019 au programme national de lutte contre le cancer (PNLCA).

6 Entretien mené le 19 août 2020 à l’Association ivoirienne de lutte contre le cancer. L’AILC est une ONG créée à l’initiative des oncologues du centre hospitalier et universitaire de Treichville pour mener des actions de sensibilisation sur le cancer afin de réduire les dépistages tardifs.

7 Entretien mené le 4 décembre 2019 à la direction de la santé communautaire et de la médecine préventive. Cette direction est supervisée par la direction générale de la santé (qui fait partie du cabinet du ministre de la Santé). Jusqu’en 2015 elle élaborait la politique de prévention qui devait être mise en application au niveau de la périphérie par les directeurs départementaux de la santé et les directeurs régionaux de la santé qui travaillent en collaboration avec les programmes de prévention. Les programmes de santé étaient également sous sa tutelle. Elle effectuait à cet effet des missions de contrôle. Depuis 2016, toutes ces missions relèvent de la compétence de la direction générale de la santé.

8 Entretien mené le 12 mars 2020 au programme national de prévention contre les maladies métaboliques et programme national de prévention des maladies non transmissibles.

9 Entretien mené le 4 décembre 2019 au programme national de lutte contre le tabac et les addictions (PNLTA). Le PNLTA est une structure du ministère de la Santé qui est chargée d’organiser et d’assurer la communication de prévention contre les facteurs responsables des maladies chroniques.

10 Entretien mené le 12 mars 2020 au programme national de prévention contre les maladies métaboliques et programme national de prévention des maladies non transmissibles.

11 Entretien mené le 12 décembre 2019 à l’unité d’oncologie du centre hospitalier et universitaire de Treichville.

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Pour citer cet article

Référence papier

Miézan Niamké Adjouba Brigitte Aka, « Les campagnes de communication au prisme des enjeux politiques en Côte d’Ivoire »Études de communication, 64 | 2025, 175-194.

Référence électronique

Miézan Niamké Adjouba Brigitte Aka, « Les campagnes de communication au prisme des enjeux politiques en Côte d’Ivoire »Études de communication [En ligne], 64 | 2025, mis en ligne le 01 avril 2026, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/edc/18367 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14b5n

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