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Les Cycles Préparatoires Polytechniques : une opportunité pour les filles de diversifier leurs choix quant aux formations d’ingénieurs ?

Josette Costes
p. 27-50

Texte intégral

  • 1 Situées géographiquement aux environs de Grenoble, Nancy et Toulouse.

1Les Cycles Préparatoires Polytechniques (CPP) ont été créés en 1993 par les Instituts Nationaux Polytechniques (INP) dans un contexte général de hausse de l’offre de places en école d’ingénieurs et de baisse d’attrait pour les études scientifiques. Il s’agissait de diversifier les voies d’accès aux écoles d’ingénieurs. Les INP, qui regroupent vingt écoles publiques d’ingénieurs1, ont fait l’hypothèse que des élèves qui refusaient de passer par les classes préparatoires (CPGE) pouvaient devenir de très bon·ne·s ingénieur·e·s, moyennant une formation adaptée.

2Conçus dès leur création comme une alternative aux CPGE, les CPP présentent d’importantes différences avec ces dernières. La plus « spectaculaire » est que les élèves qui y sont admises ne passent pas de concours au terme des deux années d’étude : c’est le contrôle continu qui joue ce rôle (moyenne de 10 sur 20 demandée à la fin de chaque année, classement des élèves pour l’accès aux écoles d’ingénieurs).

3Les autres différences résident dans le mode d’accès aux CPP (entretien individuel avec lettre de motivation en plus des résultats scolaires), dans l’organisation des études (enseignement généraliste pendant trois semestres, spécialisé au 4e semestre et stage obligatoire de cinq semaines en entreprise ou en laboratoire) et dans l’information donnée sur les écoles (présentation systématique, rencontres avec d’anciens·nes élèves).

  • 2 Nous nous intéressons ici aux études scientifiques non médicales.
  • 3 Éducation et formations n° 72 septembre 2005 Impact du contexte scolaire dans l’élaboration des cho (...)
  • 4 Enquête du CNISF de 1999, citée par C Marry « Les femmes ingénieurs » p. 166.
  • 5 Les étudiants Repères et références statistiques — éd 2007 p. 187.

4Les filles, qui sont plus nombreuses que les garçons à poursuivre des études supérieures, sont minoritaires dans les études scientifiques, et leur part n’évolue que lentement2. Au sein des études scientifiques, filles et garçons n’ont pas le même parcours : ils étudient des disciplines différentes dans des établissements différents. Les garçons investissent les CPGE quand les filles, jugeant ces dernières trop compétitives, sont plus nombreuses à l’université3. Quand elles envisagent une école d’ingénieur, elles sont plus nombreuses que les garçons à choisir une préparation intégrée (30 % des filles contre 16 % des garçons4). Elles se concentrent en chimie, biologie, agronomie quand les garçons se répartissent dans tous les secteurs. Les écoles d’ingénieurs reflètent ces différences : en 2006-2007, 27 % de leurs effectifs sont des femmes mais elles sont 13 % à l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers et 61 % dans les écoles dépendant du Ministère de l’agriculture et de la pêche (agronomie5).

  • 6 BCPST : classe préparatoire aux grandes écoles, section Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la (...)

5Les CPP sont à la fois une alternative déclarée aux CPGE et une voie d’accès à des écoles d’ingénieurs. Dans cet article, nous nous demandons si depuis leur ouverture en 1993, les CPP ont favorisé ou non l’accès des femmes à ces écoles et si l’originalité de leur cursus a modifié la répartition sexuée dans ces écoles. Pour l’admission en CPGE, c’est dès la terminale que les élèves choisissent leur discipline dominante, alors que les élèves des CPP disposent de deux années de plus pour cela. La différence est particulièrement importante pour la biologie. Or cette discipline marque les différences sexuées d’orientation (2 élèves sur 3 de BCPST6 sont des filles). Ce report du choix, joint aux informations données sur toutes les écoles, favorise-t-il ou non une diversification du choix des filles ?

6Pour répondre à ces questions, nous avons d’abord fait une analyse sexuée des CPP, de la candidature aux CPP à l’admission en école.

7Nous avons continué par une analyse sexuée et comparative de la répartition en écoles de deux populations : celle des élèves des CPP admis·es en 1re année d’école d’ingénieur et celle des élèves de ces mêmes écoles non issu·es des CPP. Nous cherchons à déterminer si les différences sexuées de répartition sont plus importantes ou non dans la population issue des CPP. Dit autrement : le passage par un CPP fait-il entrer plus de filles dans les écoles peu féminisées et plus de garçons dans les écoles très féminisées ?

8Nous avons utilisé :

  • les taux de féminisation des différents groupes d’élèves ;

  • la répartition dans les écoles selon la spécialité, le sexe et l’origine (CPP ou non) ;

    • 7 Répartition proportionnelle à celle des élèves non issus des CPP. 

    une répartition sexuée « théorique » des élèves issus des CPP en 1re année d’école : ce qu’elle serait si les élèves des CPP se répartissaient comme les non issus des CPP7 ;

  • la moyenne des notes obtenues par les élèves des CPP admis·es en école ;

  • le nombre de places offertes aux CPP par les différentes écoles.

9Selon le caractère étudié, nous avons considéré les effectifs cumulés sur une période donnée ou l’évolution dans le temps.

10Cette étude porte à priori sur toutes les promotions d’élèves depuis la création des CPP en 1993 jusqu’en 2007. Cependant, les données n’étant pas toutes disponibles pour toutes les années, nous avons, à diverses reprises, réduit la période d’étude. Nous le préciserons à chaque fois.

11Les données sont issues des statistiques fournies par les INP et des Procès-Verbaux des jurys d’admission en école.

Les CPP sont plus féminisés que les CPGE ou les INSA mais n’atteignent pas la parité

12Les CPP sont une petite structure. L’effectif des élèves de 1re année est passé de 140 en 1993 à 253 à la rentrée 2007 avec un total de 2 839 élèves pour la période 1993-2007. Le graphique suivant représente l’évolution du taux de féminisation des élèves de 1re année entre 1993 et 2007.

13Pendant cette période, le taux de féminisation des premières années de CPGE scientifiques est passé de 26 % en 1993-94 à 30 % en 2006-07.

Fig. 1. — Taux de féminisation des élèves de 1re année des cpp

Fig. 1. — Taux de féminisation des élèves de 1re année des cpp
  • 8 Notes d’information du Ministère de l’Éducation Nationale 94-16, 94-29, 00-32 et 06-22. Les étudian (...)

14Celui des premiers cycles d’universités scientifiques a oscillé entre 36 % et 38 %. Celui des INSA, établissements qui recrutent sur le même vivier d’élèves que les CPP, est resté stable à 30 %8.

15Les CPP se distinguent donc par une forte féminisation : passées les deux premières années et jusqu’à la rentrée 2006, la part des filles est restée constamment entre 36 % et 49 % des effectifs, dépassant d’environ 10 points celle en CPGE et dans les INSA. La féminisation des CPP est proche de celle des facultés de sciences. En cumulant les effectifs depuis 1993, sur 10 élèves admis dans les CPP, 4 étaient des filles.

16Cette féminisation a cru fortement de 1993 (31 %) à 1998 (49 %). La tendance générale est ensuite à une baisse modérée (44 % en 2006). La rentrée 2007 se distingue par une chute du taux de féminisation (34 %).

Les filles sont plus souvent admises dans les CPP que les garçons, mais l’écart se réduit au fil des années

17Évolution du pourcentage de femmes dans les candidatures et les admissions aux CPP :

Fig. 2. — Féminisation des candidatures et des admissions aux CPP

Fig. 2. — Féminisation des candidatures et des admissions aux CPP

Lecture : en 1998, les filles représentaient 30 % des candidats et 49 % des admis aux CPP. 

  • 9 Note d’information 06-06.

18La part des candidatures féminines est très stable : de 1998 à 2005, 3 candidats aux CPP sur 10 sont des candidates. Seulement 3 sur 10 alors qu’à cette période, de 42 % (en 1997) à 46 % (en 2004) des élèves de terminale S sont des filles9.

19Les filles sont plus souvent admises dans les CPP que les garçons, mais cet écart se réduit : il passe de 19 points en 1998 à 7 en 2007.

20Deux explications à cet avantage aux filles :

    • 10 Note d’information 04-07.

    La meilleure réussite des filles au lycée : elles redoublent moins, sont plus souvent à l’heure ou en avance, sont plus souvent reçues au baccalauréat (+ 5 points) et avec de meilleures mentions que les garçons10. L’admission au CPP faisant intervenir les notes des classes de première et terminale et les résultats au baccalauréat, les filles sont en meilleure position que les garçons dans 2 critères de sélection sur 3.

    • 11 (STI, STL, STT uniquement)
    • 12 Note d’information 06-23.

    Les garçons s’orientent plus souvent vers les CPGE que les filles, ces dernières préférant les filières moins sélectives. Au Baccalauréat général et technologique11 2005, 46 % des filles ayant obtenu une mention Très Bien et 39 % de celles ayant obtenu une mention Bien se sont orientées en CPGE contre 60 % et 39 % des garçons dans la même situation12. Les CPP, qui sont une alternative aux classes préparatoires, avec contrôle continu, sont donc susceptibles d’intéresser un plus grand nombre de filles avec de bons résultats scolaires : en particulier celles qui, si elles étaient nées garçons, seraient allées en CPGE.

Les élèves filles des CPP, sont un peu plus souvent admises en école d’ingénieur que les élèves garçons

21La comparaison pour une même promotion de la part des filles à l’entrée dans les CPP et à l’entrée en école d’ingénieur au terme des deux années d’étude est à l’avantage des filles. Trois promotions seulement, dont la 1re, ont vu la part féminine légèrement diminuer.

Fig. 3. — Féminisation des admis·es par années de promotion

Fig. 3. — Féminisation des admis·es par années de promotion

Lecture : Dans la promotion admise en 1re année des CPP en 1993, il y avait 31 % de filles. Deux ans après, elles représentaient 28 % des admis en 1re année d’école d’ingénieurs.

22Les élèves filles des CPP sont un peu plus souvent admises en 2e année que les garçons : les filles représentent 39,8 % des effectifs de 1re année entre 1993 et 2005, 41,8 % des effectifs de 2de année entre 1994 et 2006 et 42 % des effectifs des admis·es en école entre 1995 et 2007.

  • 13 Notes d’information 96-14, 00-18, 03-29, 04-16. « Si 22 % des élèves des classes scientifiques aban (...)

23C’est une différence notable avec les CPGE scientifiques où la part des filles diminue de la 1re à la 2e année (- 5 %)13. Non seulement les filles sont plus nombreuses à intégrer les CPP, mais elles y restent.

24Cette scolarité meilleure des filles est confirmée par leurs résultats au CPP. La moyenne des notes qu’elles obtiennent pendant les deux années est, chaque année (sauf pour 2005) et globalement, légèrement supérieure à celle des garçons (+0,2 point sur 20). Cette note moyenne, qui conditionne l’accès aux écoles par l’intermédiaire du classement, joue un rôle fondamental dans l’admission en écoles.

Parmi les élèves admis·es entre 1997 et 2006 en 1re année des écoles d’ingénieurs des INP, le groupe des élèves issu·es des CPP a toujours été nettement plus féminisé que celui des non issu·es des CPP

Fig. 4. — Féminisation des élèves de 1re année d’école selon l’origine et l’année

Fig. 4. — Féminisation des élèves de 1re année d’école selon l’origine et l’année

Lecture : en 1997, parmi les élèves admis en 1re année d’école, il y avait 34 % de filles parmi les élèves des CPP et 25 % de filles parmi les élèves non issus des CPP. 

25Le tableau page ci-contre met en évidence l’augmentation lente mais continue de la part des femmes dans les écoles qui les reçoivent. L’écart de féminisation avec les élèves issu·es des CPP est important : il varie entre 7 % en 2005 et 23 % en 2000. Il est à noter que la parité est atteinte chez les élèves des CPP en 2000 et frôlée en 2004.

26Cette analyse sexuée des CPP, de la candidature à l’admission en écoles nous fournit une première réponse : oui, les CPP ont favorisé l’accès des filles aux écoles d’ingénieurs des INP. Ils intègrent plus de filles que les CPGE, elles y font une bonne scolarité et, sur les effectifs cumulés entre 1997 et 2006, 43 % des élèves des CPP admis en école étaient des filles contre 27 % des non issus des CPP. La différence est importante.

27Les résultats suivants concernent la répartition des élèves admis en 1re année d’écoles entre 1997 et 2006, selon la spécialité de l’école, le sexe des élèves et leur origine (CPP ou non CPP).

28Nous avons comparé les parts de chaque école par sexe et selon l’origine des élèves. Les écoles les plus féminisées sont celles d’agronomie, de chimie et l’école de géologie (taux supérieur à 42 %). Dans toutes les autres, le taux de féminisation est inférieur à 33 %. Nous considérons les premières comme féminisées (même si les écoles de chimie et géologie ne sont pas paritaires) et les secondes comme peu féminisées. Nous disons alors que l’origine CPP tend à réduire pour une école donnée les différences sexuées d’orientation si elle augmente plus la part des garçons que celle des filles pour les écoles « féminisées » et/ou si elle augmente plus la part des filles que celle des garçons pour les écoles « peu féminisées ».

La féminisation élevée des CPP fait entrer plus de filles dans toutes les écoles y compris les peu féminisées

29Catherine Marry (2004) avait fait le même constat à propos des INSA dans son étude sur les femmes ingénieurs.

30Le diagramme suivant, page précédente, fournit pour chaque école le taux de féminisation des élèves qui y sont admis·es entre 1997 et 2006 selon qu’ils sont ou non issus des CPP. 

31La courbe de féminisation des élèves issu·es des CPP suit globalement celle des non issu·es des CPP. Elle est décalée vers le haut, avec quelques « pics ». Cela signifie que le fait de passer par un CPP ne modifie pas le caractère plus ou moins féminisé de la majorité des écoles. Mais ce constat global doit être nuancé.

Fig. 5. — Taux de féminisation par école

Fig. 5. — Taux de féminisation par école

Lecture : Parmi les élèves issu·es des CPP entré·es à l’ENSAIA entre 1997 et 2006,66 % étaient des filles. Parmi les élèves non issu·es des CPP entré·es à l’ENSAIA entre 1997 et 2006,63 % étaient des filles. L’intitulé complet des écoles figure en fin d’article. ENSG : école de Géologie EMN : école des Mines de Nancy. Écoles de biologie : ENSAIA et ENSAT Écoles de chimie : A7 et ENSIC.

  • 14 L’EMN (Mines de Nancy), l’ENSGSI (Génie des Systèmes Industriels), l’ENSICA (Constructions Aéronaut (...)

32Dans les écoles les moins féminisées, la proportion de filles parmi les élèves des CPP est nettement supérieure à celle des filles non issues des CPP, la différence allant de 8 à 32 points et le taux de féminisation du groupe CPP y est au moins double de celui des non CPP dans cinq écoles sur 1014. L’école des Mines de Nancy est remarquable : parmi les élèves qui y sont admis, 1 sur 2 est une fille s’ils viennent des CPP, 1 sur 5 sinon.

33Dans les trois écoles les plus féminisées, la proportion de filles parmi les élèves des CPP est soit légèrement inférieure, soit un peu supérieure à celle des filles non issues des CPP, l’écart allant de moins 2 points à plus 10.

34Il y a là comme une atténuation des différences sexuées d’orientation, les CPP tendant à faire entrer un peu plus de filles dans des écoles peu féminisées et un peu plus de garçons dans les écoles les plus féminisées.

35L’école de Géologie de Nancy est la seule où la part des filles issues des CPP est légèrement inférieure à celle des non isssu·es des CPP. Elle fait partie des écoles les plus féminisées, après celles de biologie et avant celles de chimie. L’étude de la répartition dans les écoles par sexe et par origine montre que ce sont les filles des CPP qui intègrent cette école deux fois moins que celles non issu·es des CPP, le poids de cette école étant quasi le même pour les garçons, qu’ils soient ou non issus des CPP. L’origine CPP réduit donc pour cette école les différences sexuées d’orientation.

Pour les écoles d’agronomie et de chimie, les résultats sont contrastés

3622 % des élèves admis·es en 1re année d’école d’ingénieur entre 1997 et 2006, l’ont été en écoles d’agronomie ou de chimie.

37D’une part, l’origine CPP augmente la concentration des filles dans les écoles de ces deux spécialités.

3843 % des filles élèves des CPP admises en école entre 1997 et 2006 ont intégré des écoles d’agronomie ou de chimie contre 40 % de celles non issues des CPP. 

39Cette augmentation est légère mais réelle.

40D’autre part, l’origine CPP double le poids des écoles d’agronomie pour les garçons.

4110 % des garçons élèves des CPP admis en école entre 1997 et 2006 ont intégré des écoles d’agronomie contre 5 % de ceux non issus des CPP. 

42Les CPP, en favorisant l’entrée des garçons dans les écoles d’agronomie très féminisées, tendent à réduire les différences sexuées de comportement.

43L’origine CPP diminue un peu le poids des écoles de chimie, mais plus pour les filles que pour les garçons.

44La tendance est là aussi, mais plus faiblement, à réduire les différences sexuées d’orientation.

45Les diagrammes suivants représentent le poids de ces spécialités suivant l’origine et le sexe :

46Parmi les élèves non issu·e·s des CPP :

  • Une fille sur 5 a intégré une école d’agronomie contre 1 garçon sur 20.

  • Une fille sur 5 a intégré une école de chimie contre 1 garçon sur 10.

Pour les élèves des CPP : filles CPP

Pour les élèves des CPP : filles CPP

Lecture : sur 100 filles issues des CPP et admises en école entre 1997 et 2006, 27 ont intégré une école d’agronomie, 16 une école de chimie et 57 une école d’autre spécialité.

Pour les élèves des CPP : garçons CPP

Pour les élèves des CPP : garçons CPP

Lecture : sur 100 garçons issus des CPP et admis en école entre 1997 et 2006, 10 ont intégré une école d’agronomie, 9 une école de chimie et 81 une école d’autre spécialité.

Pour les élèves non-issu·e·s des CPP : fille hors CPP

Pour les élèves non-issu·e·s des CPP : fille hors CPP

Lecture : sur 100 filles non issues des CPP et admises en école entre 1997 et 2006, 21 ont intégré une école d’agronomie, 19 une école de chimie et 60 une école d’autre spécialité.

Pour les élèves non-issu·e·s des CPP : garçons hors CPP

Pour les élèves non-issu·e·s des CPP : garçons hors CPP

Lecture : sur 100 garçons non issus des CPP et admis en école entre 1997 et 2006, 5 ont intégré une école d’agronomie, 10 une école de chimie et 85 une école d’autre spécialité.

47Les écarts les plus grands concernent l’agronomie : les filles non issues des CPP intègrent 4,2 fois plus souvent que les garçons une école d’agronomie contre 2,8 fois chez les filles issues des CPP. 

Pour les autres spécialités, les différences de répartition entre les élèves issu·e·s et non issu·e·s des CPP sont ténues

48Nous avons regroupé les écoles suivant leurs spécialités, à partir des groupements utilisés par le CNISF dans sa 18e enquête. La liste des écoles par spécialité figure en fin d’article.

49Le tableau suivant donne l’intitulé des groupements et leur poids parmi l’ensemble des écoles.

Lecture : sur 100 élèves admis·es en 1er année d’école, 25 ont intégré une école d’« élect, télécom »

50Les deux diagrammes suivants représentent la répartition des élèves entré·e·s dans les écoles entre 2001 et 2006, par sexe, spécialité et origine.

51La comparaison des deux diagrammes montre que l’origine CPP fait varier la part de chaque spécialité dans le même sens, sauf pour « constructions aéronautiques ». La part de celle-ci est en effet quasi la même pour les filles, issues on non des CPP et nettement moindre pour les garçons des CPP. 

52Pour les spécialités peu féminisées, l’origine CPP augmente le poids de « physique, matériaux, fluides », de « génie industriel » (mais plus pour les garçons), et très légèrement d’« informatique » pour les filles. Elle diminue le poids de « électricité, télécommunication », (un peu plus pour les filles), et surtout de « mines, géologie ».

Fig. 6. — Part des spécialités pour les filles selon l’origine

Fig. 6. — Part des spécialités pour les filles selon l’origine

Lecture : sur 100 filles élèves des CPP admises en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 16 ont intégré une école d’électricité, d’électronique, télécommunications, électrotechnique, électricité, automatique. Sur 100 filles non issues des CPP admises en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 17 ont intégré l’une de ces écoles.

Fig. 7. — Part des spécialités pour les garçons selon l’origine

Fig. 7. — Part des spécialités pour les garçons selon l’origine

Lecture : sur 100 garçons élèves des CPP admis en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 28 ont intégré une école d’électricité, d’électronique, télécommunications, électrotechnique, électricité, automatique. Sur 100 garçons non issus des CPP admis en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 29 ont intégré l’une de ces écoles.

  • 15 Conseil National des Ingénieurs Scientifiques de France.
  • 16 Isabelle Collet, 2005

53D’après la 18e enquête du CNISF15 (2007), « électricité, télécommunication » et « informatique » sont, avec la mécanique, les spécialités les moins féminisées. L’informatique est un marqueur particulier des différences sexuées dans la mesure où la part des femmes y était nettement plus importante il y a trente ans16. Or dans notre étude, la part de l’informatique est pour les filles la moitié de celle pour les garçons, CPP ou non.

54Nous constatons donc que l’origine CPP, indépendamment de la féminisation élevée de ceux-ci, ne réduit pas les différences sexuées d’orientation les plus marquantes.

Selon les écoles, l’origine CPP tend à réduire ou non les différences sexuées d’orientation

Fig. 8. — Répartition des filles dans les écoles

Fig. 8. — Répartition des filles dans les écoles

Lecture : entre 1997 et 2006, 85 filles élèves des CPP ont intégré l’ENSAT. Si elles s’étaient réparties proportionnellement à leurs consœurs non issues des CPP, elles auraient été 63.

55Pour compléter cette étude, nous avons calculé ce que serait la répartition des élèves des CPP entré·e·s dans les écoles entre 1997 et 2006 s’ils se comportaient comme les élèves non issus des CPP dans la même période et nous avons comparé cette répartition théorique (proportionnelle à celle des non CPP) à la répartition réelle.

56Répartition théorique des élèves des CPP proportionnelle à celle des non issus des CPP : (La liste complète des écoles figure en annexe p. 49).

57La comparaison des effectifs réels et calculés confirme nos conclusions précédentes et met en évidence les différences entre écoles.

Fig. 9. — Répartition des garçons dans les écoles

Fig. 9. — Répartition des garçons dans les écoles

Lecture : entre 1997 et 2006, 36 garçons élèves des CPP ont intégré l’ENSAT. S’ils s’étaient répartis proportionnellement à leurs confrères non issus des CPP, ils auraient été 21.

58Les écoles d’agronomie accueillent plus d’élèves des CPP : 78 garçons des CPP ont intégré l’une de ces écoles au lieu des 41 théoriques, 168 filles au lieu de 133.

59Les écoles de chimie sont globalement déficitaires en élèves des CPP : 69 garçons des CPP ont intégré l’une de ces écoles au lieu des 77 théoriques, 80 filles au lieu de 119. Mais l’école de Toulouse présente un gain en filles comme en garçons, alors qu’à l’ENSIC (Chimie Nancy), le déficit en filles est maximum.

60Les écoles pour lesquelles l’origine CPP tend à réduire les différences sexuées d’orientation :

  • l’ENSEM (électricité et mécanique) qui présente un gain en filles des CPP (19 admises au lieu des 14 théoriques) et un déficit en garçons (45 admis au lieu de 47).

  • L’ENSG (Géologie) qui présente un gain en garçons des CPP (24 admis au lieu des 21 théoriques) et un déficit important en filles des CPP (17 admises au lieu des 34 théoriques).

  • L’école des Mines de Nancy qui présente un déficit pour les filles comme pour les garçons, mais maximal pour ces derniers : 15 filles admises au lieu des 27 théoriques, 14 garçons admis au lieu des 53 théoriques.

61Les écoles pour lesquelles l’origine CPP tend à creuser les différences sexuées d’orientation :

  • L’ENSIMAG (Informatique) qui présente un déficit en filles des CPP (18 admises au lieu de 20 théoriques) et un gain en garçons (58 admis au lieu de 54)

  • L’ENSHMG (Hydraulique et Mécanique) qui présente un déficit en filles des CPP (26 admises au lieu de 30 théoriques) et un gain en garçons (48 admis au lieu de 45)

  • L’ENSEEIHT (Electrotechnique, Electronique, Informatique, Hydraulique et Télécommunications), peu féminisée, qui présente un gain important en garçons des CPP (147 admis au lieu de 114) et un effectif de filles admises égal au théorique. Cette école a un poids largement dominant pour les garçons, issus ou non des CPP alors que pour les filles, elle n’arrive qu’en 4e ou 5e position, derrière les écoles d’agronomie et une ou deux écoles de chimie.

62Plus généralement, si l’on regroupe les écoles d’informatique et « automatique/électricité/électronique/télécommunications », les filles des CPP sont alors moins nombreuses que dans une répartition proportionnelle aux non issues des CPP (117 au lieu de 136), l’effectif des garçons étant le même (328). Nous retrouvons que l’origine CPP, indépendamment de la féminisation élevée de ceux-ci, accentue les différences sexuées d’orientation. L’étude de l’évolution au cours du temps montre qu’en informatique, l’effectif réel des filles des CPP admises en école d’informatique rejoint et dépasse très légèrement l’effectif théorique. Ce n’est pas le cas pour l’autre spécialité.

Les deux écoles les plus cotées admettent des groupes d’élèves des CPP beaucoup plus féminisés que les non CPP

63Les écoles fixent chaque année le nombre de places qu’elles réservent aux élèves des CPP. Ceux-ci classent les écoles qu’ils souhaitent intégrer. Ils y sont ensuite admis ou non en fonction de leurs résultats. Les écoles les plus cotées sont aussi les plus demandées. Le nombre de places offertes étant régulièrement supérieur à celui des élèves admis en écoles, certaines « font le plein » quand d’autres gardent des places vacantes. Le choix des élèves est donc un choix qui peut être contraint.

  • 17 Moyenne aux Mines de Nancy : 14,1 sur 20 ; à l’ENSICA : 13,9 ; autres écoles : inférieure à 12,8.

64Nous avons classé les écoles suivant la moyenne des notes obtenues au CPP par les élèves qui y ont été admis·e·s entre 1997 et 2006. Cinq d’entre elles, parmi les moins féminisées, recrutent les meilleurs élèves et ne laissent aucune place vacante. Deux écoles arrivent en tête et se détachent : l’école des Mines de Nancy et l’ENSICA17. Les deux premières sont celles qui proposent le moins de places et un petit nombre de places. Les possibilités des élèves sont donc réduites. Nous avons constaté plus haut que la part de ces deux écoles est bien inférieure pour les élèves des CPP que pour les autres. Une explication réside dans ce nombre très limité de places offertes.

65Les filles des CPP y sont pourtant très présentes, particulièrement à l’école des Mines, et malgré un nombre de places minimal. Ces écoles étant les plus cotées, seul·es les meilleur·es peuvent y prétendre. Les filles, dont les résultats sont légèrement supérieurs à ceux des garçons peuvent y prétendre. L’étiquette Mines, ou aéronautique, à la différence de chimie ou biologie, est plutôt connotée masculine. Faut-il voir ici un effet de « la logique de l’excellence » qui pousse les meilleurs élèves à postuler aux meilleures écoles, quels que soient les freins éventuels, en particulier ceux liés au sexe ? Si oui, on ne peut que souhaiter que ces écoles augmentent le nombre de places offertes aux élèves des CPP. L’ENSEEIHT à Toulouse est divisée en cinq départements. Celui d’hydraulique et mécanique des fluides intègre le groupe d’élèves des CPP le plus féminisé (50 % de filles), celui d’informatique le groupe le moins féminisé (12 % de filles) HMG est aussi une école d’hydraulique et mécanique. Le taux de féminisation des élèves des CPP qui y sont admis est de 35 %. L’ENSIMAG forme des ingénieurs en informatique. Le taux de féminisation des élèves des CPP qui y sont admis est de 23 %. Nous constatons ici que des écoles ayant les mêmes spécialités n’ont pas la même audience auprès des filles des CPP. La cote de ces écoles ne peut expliquer ces différences : l’ENSEEIHT est la seule à laisser des places vacantes, l’ENSIMAG et HMG sont plus cotées que l’ENSEEIHT. L’étude de l’évolution dans le temps montre que le nombre de filles des CPP qui intègrent l’ENSIMAG augmente quand le nombre de celles qui intègrent l’ENSEEIHT — informatique reste stable et faible. Y a-t-il modification de l’image de ces écoles dans les CPP ? Les élèves se fabriquent une représentation des écoles plus ou moins fidèle à la réalité. Une enquête à ce sujet pourrait éclairer certains choix. Les écoles ont certainement une carte à jouer en travaillant leur présentation et les informations qu’elles donnent.

Conclusions

66Nous avons étudié les taux de féminisation des écoles et des élèves CPP et non CPP, sans considérer le poids de chaque école. L’étude de la répartition des élèves dans les écoles nous a permis de raisonner sans influence du taux de féminisation. Nous avons aussi évoqué la cote des écoles. Comment ces paramètres se croisent-ils et quelle influence ont-ils sur les différences sexuées d’orientation ?

67La première conclusion est que le paramètre le plus important est la féminisation élevée des CPP. Les filles investissent alors toutes les écoles, y compris les plus masculines.

68La seconde conclusion concerne les spécialités qui marquent les différences sexuées d’orientation. Globalement, les filles des CPP, comme leurs consœurs, sont nombreuses en agronomie et chimie et plus rares en informatique.

69Cependant, l’origine CPP augmente le poids des écoles de biologie pour les filles comme pour les garçons mais plus pour les garçons. La tendance est donc à équilibrer la répartition sexuée en favorisant l’entrée des garçons.

70En chimie, le poids des écoles diminue pour les filles et les garçons, mais plus pour les filles. La tendance est alors à diminuer la concentration des filles mais aussi à s’éloigner de l’objectif paritaire.

71En informatiques/automatique/électricité, électronique/télécommunications, la féminisation des CPP amène plus de filles dans ces spécialités. L’étude des répartitions montre que l’origine CPP tend à augmenter les écarts. Les deux influences sont donc antagonistes.

72La troisième conclusion concerne les deux écoles les plus sélectives. Elles sont aussi parmi les plus masculines. L’origine CPP multiplie par deux et plus le taux de féminisation du groupe d’élèves qui intègre chacune de ces écoles. Mais cette influence qui, jointe aux effets probables d’une logique d’excellence, tend à réduire les différences sexuées d’orientation, est considérablement limitée par le petit nombre de places offertes. Le résultat, faible par le nombre est peut-être fort symboliquement.

73La quatrième conclusion est que la spécialité et le niveau d’entrée des écoles ne sont pas les seuls déterminants du choix des élèves. Pourquoi l’ENSIC, qui recrute plus haut que l’ENSIACET et a des places disponibles est-elle déficitaire en élèves des CPP ? Pourquoi l’ENSIMAG, qui recrute plus haut que l’ENSEEIHT et n’a pas de places vacantes, accueille-t-elle plus de filles du CPP que l’ENSEEIHT informatique ? La réputation des écoles joue un rôle important dans les vœux formulés par les élèves. Les écoles gagneraient à intégrer dans leurs présentations la question des choix masculins et féminins.

74Par ailleurs, le mode de recrutement dans les CPP change depuis la rentrée 2006 (diminution du poids du baccalauréat, entretien et choix du CPP plus précoces). La promotion entrée en 2007 est la moins féminisée depuis 1994. Les candidatures étaient également les moins féminisées depuis 1998. Y a-t-il un lien ? Quelles seront les incidences des modifications du recrutement, en particulier sur le taux de féminisation, dont nous avons vu l’importance ? La conclusion générale est que par rapport à un objectif de réduction des différences sexuées d’orientation, le meilleur atout des CPP est son taux élevé de féminisation. Il est clair que, grâce à lui, les CPP favorisent l’accès des filles aux écoles d’ingénieurs et à toutes les écoles, quelle que soit leur spécialité. Par contre, ils modifient peu les tendances lourdes de la répartition sexuée dans les écoles. L’influence de l’origine CPP sur l’orientation en agronomie et en chimie est ambivalente : augmentation du poids des écoles d’agronomie pour les garçons mais légère augmentation de la concentration pour les filles. Le petit nombre de places offertes par l’école la plus cotée est un frein réel à l’entrée des filles dans cette école. Les autres tendances repérées dans l’étude des répartitions dans les écoles sont ténues et fragiles.

75L’originalité de la structure CPP ne bouleverse pas la donne en matière d’orientation. Elle attire plus de filles, qui y restent et intègrent des écoles d’ingénieurs en n’en délaissant aucune. Mais cette étude prouve aussi que parmi les déterminants qui influent sur le choix de ces écoles, ceux liés à l’identité sexuée et aux rapports sociaux entre les sexes sont particulièrement puissants, d’autant plus puissants que les mécanismes par lesquels ils agissent sont occultés. Une modification, même légère, de ces choix ne peut se faire sans un travail en profondeur sur le masculin, le féminin, les rapports sociaux et les inégalités entre les sexes. Les écoles d’ingénieurs pourraient introduire cette dimension dans leurs présentations aux élèves et les CPP initier une réflexion sur ces questions à partir de l’insertion professionnelle des femmes et des hommes. Ce travail mené, avec les filles et avec les garçons, permettrait peut-être une évolution de leurs choix. Les CPP contribueraient alors, à la mesure de leur taille, à un accès plus égalitaire aux études scientifiques.

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Bibliographie

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Briffaux A. (2007). Résultats définitifs de la session 2003 du baccalauréat. Note d’information 04-07.

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Rosenwald F. (2006). Les filles et les garçons dans le système éducatif. Note d’information 06-06.

Repères et références statistiques (2007). Les étudiants.

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Annexe

Annexe 1. Liste des écoles par spécialité et des sigles utilisés

CPGE. — Classes Préparatoires aux Grandes Écoles

CPP. — Cycle Préparatoire Polytechnique

INPG. — Institut National Polytechnique de Grenoble

INPL. — Institut National Polytechnique de Lorraine

INPT. — Institut National Polytechnique de Toulouse

Les groupements d’écoles par spécialité :

Agronomie

ENSAT : École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse

ENSAIA : École Nationale Supérieure d’Agronomie et des Industries Alimentaires (Nancy)

Chimie

A7 : ENSIACET : École Nationale Supérieure des Ingénieurs en Arts Chimiques et Technologiques (Toulouse)

ENSIC : École Nationale Supérieure des Industries Chimiques (Nancy)

Electronique, télécommunications, électrotechnique, électricité, automatique :

ENSERG : École Nationale Supérieure d’Électronique et Radioélectricité de Grenoble

INPG tél : Institut National Polytechnique de Grenoble Département Télécommunication

ENSEEG : École Nationale Supérieure d’Électrochimie et Electrométallurgie de Grenoble

ENSIEG : École Nationale Supérieure d’ingénieurs Électriciens de Grenoble

N7 : ENSEEIHT : École Nationale Supérieure d’Electrotechnique, d’Électronique, d’informatique, d’Hydraulique et des Télécommunications de Toulouse, départements de Génie Électrique et Automatique, Électronique et Traitement du Signal et Télécommunications et Réseaux

Mines et géologie

ENSMN : École Nationale Supérieure des Mines de Nancy

ENSG : École Nationale Supérieure de Géologie (Nancy)

Informatique et mathématiques appliquées

ENSIMAG : École Nationale Supérieure d’informatique et de Mathématiques Appliquées de Grenoble

N7 : ENSEEIHT : École Nationale Supérieure d’Electrotechnique, d’Électronique, d’informatique, d’Hydraulique et des Télécommunications de Toulouse, département Informatique et Mathématiques Appliquées

Mécanique, constructions aéronautiques

ENSEM : École Nationale Supérieure d’Électricité et de Mécanique (Nancy)

ENSICA : École Nationale Supérieure d’ingénieurs de Constructions Aéronautiques (Toulouse)

Physique, matériaux, fluides

EEIGM : École Européenne d’ingénieurs en Génie des Matériaux (Nancy)

ENSHMG : École Nationale Supérieure d’Hydraulique et Mécanique de Grenoble

ENSPG : École Nationale Supérieure de Physique de Grenoble

EFPG : École Française de Papeterie et des Industries Graphiques de Grenoble

ENSEEIHT : École Nationale Supérieure d’Electrotechnique, d’Électronique, d’informatique, d’Hydraulique et des Télécommunications de Toulouse, département Hydraulique et Mécanique des Fluides.

Génie des systèmes industriels

ENSGI : École Nationale Supérieure de Génie Industriel (Grenoble)

ENSGSI : École Nationale Supérieure en Génie des Systèmes Industriels (Nancy)

ESISAR : École Nationale Supérieure en Systèmes Avancés et Rhône-Alpes

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Notes

1 Situées géographiquement aux environs de Grenoble, Nancy et Toulouse.

2 Nous nous intéressons ici aux études scientifiques non médicales.

3 Éducation et formations n° 72 septembre 2005 Impact du contexte scolaire dans l’élaboration des choix d’études supérieures des élèves de terminale. « Le fait d’être une fille plutôt qu’un garçon réduit de moitié les chances d’envisager une orientation en CPGE ». « Toutes choses égales par ailleurs, les filles ont en moyenne deux fois plus de chances que les garçons d’envisager des études supérieures à l’université » Le même constat avait été fait en 2001 (Note d’information 01-31).

4 Enquête du CNISF de 1999, citée par C Marry « Les femmes ingénieurs » p. 166.

5 Les étudiants Repères et références statistiques — éd 2007 p. 187.

6 BCPST : classe préparatoire aux grandes écoles, section Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre.

7 Répartition proportionnelle à celle des élèves non issus des CPP. 

8 Notes d’information du Ministère de l’Éducation Nationale 94-16, 94-29, 00-32 et 06-22. Les étudiants Repères et références statistiques — éd 2007 p. 187.

9 Note d’information 06-06.

10 Note d’information 04-07.

19,6 % des reçues au baccalauréat S en 2003 ont obtenu la mention Bien ou Très Bien contre 16 % des garçons.

11 (STI, STL, STT uniquement)

12 Note d’information 06-23.

13 Notes d’information 96-14, 00-18, 03-29, 04-16. « Si 22 % des élèves des classes scientifiques abandonnent avant les concours, ces taux sont plus fréquents encore parmi les filles » Lemaire, 2001, cité par C. Marry « Les femmes ingénieurs ».

14 L’EMN (Mines de Nancy), l’ENSGSI (Génie des Systèmes Industriels), l’ENSICA (Constructions Aéronautiques), l’ENSIEG (Ingénieurs Électriciens) et l’ENSEM (Électricité et Mécanique).

15 Conseil National des Ingénieurs Scientifiques de France.

16 Isabelle Collet, 2005

17 Moyenne aux Mines de Nancy : 14,1 sur 20 ; à l’ENSICA : 13,9 ; autres écoles : inférieure à 12,8.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. — Taux de féminisation des élèves de 1re année des cpp
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Titre Fig. 2. — Féminisation des candidatures et des admissions aux CPP
Légende Lecture : en 1998, les filles représentaient 30 % des candidats et 49 % des admis aux CPP. 
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Titre Fig. 3. — Féminisation des admis·es par années de promotion
Légende Lecture : Dans la promotion admise en 1re année des CPP en 1993, il y avait 31 % de filles. Deux ans après, elles représentaient 28 % des admis en 1re année d’école d’ingénieurs.
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Titre Fig. 4. — Féminisation des élèves de 1re année d’école selon l’origine et l’année
Légende Lecture : en 1997, parmi les élèves admis en 1re année d’école, il y avait 34 % de filles parmi les élèves des CPP et 25 % de filles parmi les élèves non issus des CPP. 
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Titre Fig. 5. — Taux de féminisation par école
Légende Lecture : Parmi les élèves issu·es des CPP entré·es à l’ENSAIA entre 1997 et 2006,66 % étaient des filles. Parmi les élèves non issu·es des CPP entré·es à l’ENSAIA entre 1997 et 2006,63 % étaient des filles. L’intitulé complet des écoles figure en fin d’article. ENSG : école de Géologie EMN : école des Mines de Nancy. Écoles de biologie : ENSAIA et ENSAT Écoles de chimie : A7 et ENSIC.
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Titre Pour les élèves des CPP : filles CPP
Légende Lecture : sur 100 filles issues des CPP et admises en école entre 1997 et 2006, 27 ont intégré une école d’agronomie, 16 une école de chimie et 57 une école d’autre spécialité.
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Titre Pour les élèves des CPP : garçons CPP
Légende Lecture : sur 100 garçons issus des CPP et admis en école entre 1997 et 2006, 10 ont intégré une école d’agronomie, 9 une école de chimie et 81 une école d’autre spécialité.
URL http://journals.openedition.org/edso/docannexe/image/15994/img-7.jpg
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Titre Pour les élèves non-issu·e·s des CPP : fille hors CPP
Légende Lecture : sur 100 filles non issues des CPP et admises en école entre 1997 et 2006, 21 ont intégré une école d’agronomie, 19 une école de chimie et 60 une école d’autre spécialité.
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Titre Pour les élèves non-issu·e·s des CPP : garçons hors CPP
Légende Lecture : sur 100 garçons non issus des CPP et admis en école entre 1997 et 2006, 5 ont intégré une école d’agronomie, 10 une école de chimie et 85 une école d’autre spécialité.
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Légende Lecture : sur 100 élèves admis·es en 1er année d’école, 25 ont intégré une école d’« élect, télécom »
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Titre Fig. 6. — Part des spécialités pour les filles selon l’origine
Légende Lecture : sur 100 filles élèves des CPP admises en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 16 ont intégré une école d’électricité, d’électronique, télécommunications, électrotechnique, électricité, automatique. Sur 100 filles non issues des CPP admises en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 17 ont intégré l’une de ces écoles.
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Titre Fig. 7. — Part des spécialités pour les garçons selon l’origine
Légende Lecture : sur 100 garçons élèves des CPP admis en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 28 ont intégré une école d’électricité, d’électronique, télécommunications, électrotechnique, électricité, automatique. Sur 100 garçons non issus des CPP admis en 1re année d’école entre 2001 et 2006, 29 ont intégré l’une de ces écoles.
URL http://journals.openedition.org/edso/docannexe/image/15994/img-12.jpg
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Titre Fig. 8. — Répartition des filles dans les écoles
Légende Lecture : entre 1997 et 2006, 85 filles élèves des CPP ont intégré l’ENSAT. Si elles s’étaient réparties proportionnellement à leurs consœurs non issues des CPP, elles auraient été 63.
URL http://journals.openedition.org/edso/docannexe/image/15994/img-13.jpg
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Titre Fig. 9. — Répartition des garçons dans les écoles
Légende Lecture : entre 1997 et 2006, 36 garçons élèves des CPP ont intégré l’ENSAT. S’ils s’étaient répartis proportionnellement à leurs confrères non issus des CPP, ils auraient été 21.
URL http://journals.openedition.org/edso/docannexe/image/15994/img-14.jpg
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Pour citer cet article

Référence papier

Josette Costes, « Les Cycles Préparatoires Polytechniques : une opportunité pour les filles de diversifier leurs choix quant aux formations d’ingénieurs ? »Éducation et socialisation, 25 | 2008, 27-50.

Référence électronique

Josette Costes, « Les Cycles Préparatoires Polytechniques : une opportunité pour les filles de diversifier leurs choix quant aux formations d’ingénieurs ? »Éducation et socialisation [En ligne], 25 | 2008, mis en ligne le 16 janvier 2023, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/edso/15994 ; DOI : https://doi.org/10.4000/edso.15994

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Auteur

Josette Costes

PRAG Mathématiques à l’Institut National Polytechnique de Toulouse Simone-SAGESSE-ŒRTOP Université Le Mirail Toulouse &

Genre et Éducation IUFM Midi-Pyrénées

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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