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La poutre maîtresse dans les rituels oudmourtes

The main beam in the traditional world and the rituals of the Udmurt
Матица в традиционных представлениях и обрядности удмуртов
Ranus Sadikov
Traduction de Eva Toulouze
p. 37-56

Résumés

L’un des éléments les plus significatifs de la construction des habitations, non seulement chez les Oudmourtes, mais aussi chez les autres peuples de la zone forestière russe, est la poutre maîtresse, l’élément qui soutient le plafond. L’importance de la fonction de la poutre maîtresse tient à toute une série de significations symboliques, à l’abondance des interprétations et des rituels qui s’y rattachent, et son rôle est clairement reflété dans la culture orale, notamment dans les devinettes. La poutre maîtresse est l’équivalent symbolique de la maison tout entière, le point d’expansion et d’effondrement de l’espace rituel. Toutes ces significations symboliques, ces interprétations et ces rituels reposent sur les profondes racines des traditions ancestrales de construction domestique, telles qu’elles se sont affirmées dans le territoire en question quand l’architecture en bois s’y est développée. Cet article fait le point des connaissances existantes et introduit de nouveaux matériaux empiriques sur le sujet en se focalisant sur les Oudmourtes.

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Texte intégral

1La poutre maîtresse est l’un des éléments les plus chargés sémantiquement dans les habitations des peuples finno-ougriens, turciques et slaves de la bande forestière de Russie. Elle sert de point focal à de nombreux rites de construction, destinés à garantir la réussite, la fortune et la chaleur dans la maison. Ces interprétations reposent sur les profondes racines des traditions ancestrales de construction domestique, telles qu’elles se sont affirmées dans le territoire en question quand l’architecture en bois s’y est développée.

  • 1 Bajburin, 1983.
  • 2 Škljaev, 1989.
  • 3 Orlov, 1999.
  • 4 Sadikov, 2001.
  • 5 Salmin, 1998.
  • 6 Medvedev, 2020.

2Les dimensions symboliques de l’habitation slave orientale traditionnelle ont été analysées en détail dans l’ouvrage d’А. К. Bajburin1. Les données sur les habitations finno-ougriennes et turciques de la bande forestière, reposant sur les exemples oudmourte et tchouvache étudiés dans les travaux de Georg К. Škljaev2, Pavel.А Orlov3, Ranus Sadikov4, Аnton Salmin5 et V. V. Medvedev6, confirment ses principales conclusions et apportent des témoignages ultérieurs. Dans cet article, je fais le point des données dont nous disposons et en propose de nouvelles, de nature empirique, concernant les Oudmourtes.

Fig. 1 – Une ancienne maison. Tanypovka, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Fig. 1 – Une ancienne maison. Tanypovka, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2018.

Fig. 2 – Une ancienne maison. Malaja Bal’zuga, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Fig. 2 – Une ancienne maison. Malaja Bal’zuga, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2016.

  • 7 Kralina, 1954, p. 163.
  • 8 Bajburin, 1983, p. 133
  • 9 Orlov, 1999, p. 199

3La poutre maîtresse est la principale pièce de bois qui soutient le plafond dans les constructions en rondins, c’est donc l’un des principaux éléments du bâtiment (devinette oudmourte : « Одӥг сюры вылын куамын тур пуке вӧлдэт, мумыкор » [À un endroit, trente coqs de bruyère sont installés – le plafond, la poutre maîtresse7]). Comme l’a montré Al’bert Bajburin, les éléments significatifs de l’habitation (c’est-à-dire ceux qui garantissent le statut de maison, « qui font d’un domicile un domicile »), dont la poutre maîtresse, en plus de remplir des fonctions particulières du point de vue de la construction, jouent toujours un rôle liminaire, et c’est ce rôle qui détermine les significations qu’ils assument en dehors de leur fonction architecturale8. Ainsi, chez les Oudmourtes, d’après Pavel Orlov, « la poutre maîtresse devient le symbole de la stabilité, de la réussite de la famille / de la maison, remplit un rôle de système pour “former une famille” (rôle constructif), et en même temps, sert de frontière symbolique entre l’intérieur et l’extérieur, entre “le sien” et “l’autre”9 ».

Fig. 3 – La poutre maîtresse. On aperçoit les crochets pour accrocher des éléments du métier à tisser. Bajshady, raïon de Buraevo, Bachkortostan.

Fig. 3 – La poutre maîtresse. On aperçoit les crochets pour accrocher des éléments du métier à tisser. Bajshady, raïon de Buraevo, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2022.

  • 10 La kuala est une construction simple en rondins, sans plafond. C’est le seul bâtiment sacral des Ou (...)
  • 11 Shkljaev, 1991, p. 108.
  • 12 Medvedev, 2012, p. 111.
  • 13 Škljaev, 1991, p. 113

4Comme l’estime Georgi K. Škljaev, chez les Oudmourtes le statut sémiotique de la poutre maîtresse était inférieur à celui qu’elle a chez les Russes, ce qui tient au fait qu’elle « partageait » ses fonctions avec d’autres éléments de la construction d’une maison – notamment avec la charpente, qui traverse toute la maison – ce qui en fait l’analogue de la poutre dans la construction des kualas10, à laquelle le chaudron était suspendu. Les kualas, au départ, servaient de bâtiments d’habitation fixe. Plus tard, aux xive-xve siècles, avec l’émergence chez les Oudmourtes du type de bâtiment dit izba, elles ont été réduites au rôle de dépendances11. Ceci concerne tout autant les autres peuples de la zone de forêts du centre de la Russie, qui ont le même type de dépendances12. Les fonctions symboliques de la poutre du foyer dans les kualas ont été transférées d’abord aux poutres du four dans l’izba, et plus tard à la poutre maîtresse. Il faut croire que celle-ci, chez les Oudmourtes, est un emprunt à la population russe d’un élément de leur construction13.

  • 14 Semenov, 2010, p. 292.
  • 15 Mazalova, 2001, p. 73.
  • 16 Semenov, 2010, p. 292.
  • 17 TTA (Travaux de terrains de l’auteur) 2022, Garaeva.
  • 18 Semenov, 2010, p. 294.
  • 19 Orlov, 1999, p. 66 ; Semenov, 2010, p. 294.

5Dans les dialectes oudmourtes, pour dénoter la poutre du plafond, on utilise aussi bien des mots empruntés au russe – soit directement (матица, матница, мачка, матка), soit par l’intermédiaire du tatar (матча) – que des mots oudmourtes à proprement parler – мумыкор, шоркор, эмеспикор14. L’étymologie du mot мумыкор est « le rondin-mère ». Comme dans le cas de « матица », ce terme est sémantiquement relié au principe féminin. N. Е. Mazalova note que le mot « матица » symbolise l’idée de « centre », de « concentration », de « soutien ». Dans la subdivision verticale de l’habitation, d’après les idées populaires, le terme est analogue au nombril de l’homme et dans la perspective horizontale, aux organes génitaux de la femme. Comme elle le souligne, le mot « матка », « utérus », avait sans doute pour sens initial « fondement, raison, principe », et n’a acquis que plus tard le sens d’« organe sexuel féminin ». La mise en place de la poutre maîtresse est comparable à la sortie de l’embryon du giron maternel. C’est après la mise en place de la poutre maîtresse que la maison « naît15 ». Ce n’est pas un hasard si les Oudmourtes avaient des devinettes du type « Та коркан мон анай шуныт, мумыкор » (Dans cette maison je suis mère – il fait chaud. La poutre maîtresse)16. D’après une expression des Oudmourtes orientaux, qui vivent dans la République du Bachkortostan et dans le kraï de Perm », « Мумыкор – со коркалэн мумыез » (La poutre maîtresse est la mère de la maison) (Aribaš, raïon de Tatyšly de la République du Bachkortostan)17. Шоркор est « le rondin du milieu », ce qui caractérise la position de cet élément dans l’habitation18. Le sémantisme du mot эмеспикор (littéralement : « rondin gendre/fiancé »), semble renvoyer à l’inclusion métaphorique de la poutre maîtresse dans le rituel nuptial19.

  • 20 Le texte passe au passé parce que ces pratiques sont aujourd’hui sorties de l’usage, même si elles (...)
  • 21 Bajburin, 1983, p. 134, 145.
  • 22 Blomqvist, 1956, p. 79.

6À la différence des éléments extérieurs (murs, portes, fenêtres), la poutre maîtresse servait20 de frontière intérieure, elle ordonnançait l’espace de vie – en tant que ligne symbolique divisant l’espace en « intérieur » et « extérieur21 ». Les personnes extérieures ne pouvaient la franchir sans y avoir été invitées, et tout passage non autorisé au-dessous d’elle pouvait être vu comme une invasion. Par exemple chez les Russes, un mendiant ou un inconnu entrant dans une maison n’avançait que s’il y était invité, pour aller s’asseoir sur le banc à proximité du coin antérieur. Un non-chrétien, surtout chez les vieux-croyants, ne pouvait aucunement franchir la poutre maîtresse22.

  • 23 Vinogradov, 2010, p. 43.
  • 24 Orlov, 1999, p. 88.

7Chez les Oudmourtes, les invités arrivés de loin (c’est-à-dire ayant été en contact avec un environnement extérieur, hostile) ne passaient pas outre la poutre maîtresse, mais s’asseyaient sur les bancs les plus proches de la porte. Ce n’est qu’après avoir énoncé les salutations, avoir touché le poêle et y avoir été invité par les maîtres de maison qu’ils entraient dans la partie intérieure de la maison. On les invitait à entrer avec les mots Ӧс дорын эн пук, вылэ туб (Ne t’assieds pas près de la porte, monte)23, c’est-à-dire que symboliquement, le franchissement de la poutre maîtresse était reçu comme une montée, un mouvement vertical. Jusqu’à un certain point, la poutre maîtresse a délimité une frontière pour les marieurs et les visiteurs de la maison de la mariée. Les personnes revenant d’un rituel de commémoration jyr-pyd-s’oton n’étaient autorisés à franchir la poutre maîtresse qu’après été saupoudrées de cendres, c’est-à-dire après une purification rituelle24.

  • 25 Sadikov, 2001, p. 89.

8Chez les Oudmourtes orientaux également, il était considéré comme incorrect pour un inconnu de franchir la poutre maîtresse sans invitation des maîtres de maison. Les Oudmourtes de Kanly, dans le raïon de Kušnarenkovo de la République du Bachkortostan, avaient une coutume curieuse ; ils estimaient que sans invitation particulière, les gendres n’avaient pas le droit de franchir la poutre maîtresse25.

  • 26 Vinogradov, 2010, p. 42.

9La poutre maîtresse chez les Oudmourtes était aussi conçue comme une frontière entre les mondes des ancêtres et des dieux. À l’intérieur de la maison, derrière la poutre maîtresse, près de l’angle antérieur, avaient lieu des rituels dédiés aux divinités, et dans la partie de l’entrée, avant la poutre maîtresse, on commémorait les ancêtres26. Elle jouait ainsi le rôle de la première frontière interne, qui distinguait l’espace domestiqué par l’homme de l’espace extérieur, elle était suivie du seuil de la maison, avec la porte, puis de la palissade du domaine et de la grille, de la clôture et du portail du champ, puis des sentiers délimitant la résidence et la communauté rurale, de la rivière, etc.

  • 27 TTA, 2022, Garaeva.
  • 28 Orlov, 1999, p. 88-89.
  • 29 TTA, 2024, Rijanova.
  • 30 Voyages, 2014, p. 107, 110.
  • 31 TTA, 2023, Atnafikova ; Minlieva.

10La poutre maîtresse, par son statut liminaire, était soumise à l’influence des forces extérieures. Par exemple, c’est là qu’il faut chercher la raison de l’interdit de se tenir sous elle lors d’un orage, sous risque d’être frappé par la foudre. On interdisait également de dormir sous elle. Le crochet pour suspendre le berceau était fixé à une planche du plafond, loin de la poutre maîtresse, pour ne pas mettre l’enfant en danger27 (Aribash, raïon de Tatyshly Bachkortostan). Le statut marginal de la poutre maîtresse était utilisé dans les cas où il était nécessaire d’entrer en contact avec les forces de l’au-delà : c’est par exemple sous la poutre qu’avaient lieu les rituels de guérison du mauvais œil, des malédictions, etc. De même lavait-on les morts sous elle28. Mais on n’avait pas le droit de garder le mort sous la poutre29. D’après les données d’Uno Holmberg, les Oudmourtes des uezd de Birsk et d’Osa, attachaient à la poutre maîtresse une partie de la toile qui avait servi à laver le mort, coupée en deux le jour de l’enterrement. Une partie était enterrée avec le mort, l’autre attachée à la poutre maîtresse30. À Mamady (raïon de Вuraevo Bachkortostan), ils enterraient l’une des parties de la toile dans une tombe et ramenaient l’autre à la maison, pour la fourrer dans une fissure de la poutre maîtresse où elle resterait31.

  • 32 Blomqvist, 1956, p. 79.
  • 33 TTА, 2024, Rijanova.

11En tant que frontière, la poutre maîtresse n’est pas aussi perméable que d’autres aux forces extérieures, à la différence par exemple du seuil, des portes et des fenêtres, qui sont également liminaires. Ces dernières garantissaient justement le lien de l’habitation avec le monde extérieur et, entre autres, avec l’au-delà et le monde des morts. Mais dans certains cas extraordinaires, la poutre maîtresse elle aussi apparaissait perméable. Par exemple, comme le note Е. E. Blomqvist : « Si un vieillard avant de mourir souffrait énormément, cela voulait dire, d’après les croyances, qu’il s’agissait d’un sorcier, et que les esprits méchants ne voulaient pas qu’il meure, écartant de lui la mort ; alors sa famille s’efforçait de soulever la poutre maîtresse d’un pouce […] pour que les esprits méchants s’envolent par la brèche et que le malade puisse mourir tranquillement. La poutre maîtresse était aussi surélevée en cas d’accouchement difficile32 ». Au village d’Urazgil’dy du raïon de Tatyšly du Bachkortostan ; en cas d’agonie difficile, on pouvait « surélever… » охлупень (оплок жутыны « surélever »). Ce rituel avait pour rôle de faciliter le départ de l’âme, c’est-à-dire de rapprocher la mort d’un malade sans espoir. Le mourant pouvait demander lui-même que le rituel soit exécuté, mais il pouvait aussi avoir lieu sans qu’il le sache. Le soir, après le coucher du soleil, un parent homme montait au grenier avec un long bâton, dans le silence absolu, qu’il poussait trois fois sur le point le plus élevé du toit, où était placé l’avant-toit. En même temps il disait, par exemple, « Апаез нуыны лыктэ индэ, азралиос33» (Venez enfin prendre ma sœur, esprits de la mort). On estimait qu’après la réalisation de ce rituel, la personne gravement malade, si elle se trouvait dans la maison, mourait rapidement. Il semble bien qu’ici nous soyons confrontés à un exemple de transfert d’une fonction rituelle d’un élément sur un autre.

  • 34 TTA, 2022, Garaeva.
  • 35 Orlov, 1999, p. 89 ; Toulouze, Anisimov 2020, p. 120.
  • 36 Minnijahmetova, 2000, p. 25.
  • 37 Anisimov, 2017, p. 72.

12Pour les Oudmourtes orientaux, si la poutre maîtresse craquait, le son émis annonçait un malheur. Si à ce moment-là se trouvait dans la maison une personne gravement malade, ils pouvaient dire « Лыктӥзы тае сопала нуыны, куара сётӥз мумыко34 » (Ils sont venus depuis l’autre côté pour l’emporter, la poutre maîtresse a émis un son) (Aribaš, raïon de Tatyhly, Bachkortostan). Parfois on avait recours à des moyens de protection particuliers pour limiter la perméabilité de la poutre maîtresse au les forces noires, par exemple, certains groupes oudmourtes, lors de la кулэм потон уй (« la nuit de sortie des morts »), y mettaient une branche de genévrier35. On considérait que dans la nuit du mercredi au jeudi avant la fête de printemps Быдӟынал (« le Grand jour »), qui coïncide chronologiquement avec la fête de la Pâque chrétienne, les sorciers et les sorcières défunts retournaient au village, avec les ancêtres et les proches décédés36. Les Oudmourtes orientaux, influencés par l’Islam, gardaient dans les fentes de la poutre maîtresse des feuilles avec des extraits des sourates coraniques (Kasijarovo, raïon de Buraevo, République du Bachkortostan). Comme le remarque le folkloriste oudmourte Nikolaj Anisimov, en plus des voies naturelles de communication avec l’au-delà, il existait aussi des voies anthropogènes (la fenêtre, la porte, le portail, le seuil, la poutre maîtresse, etc.), celles qui sont le plus proches de la sphère humaine. Ces frontières établies artificiellement étaient largement utilisées, aussi bien dans les pratiques rituelles que dans les pratiques magiques37. On essayait de les protéger des effets des forces extérieures.

  • 38 Sadikov, 2001, p. 89.
  • 39 Salmin, 1998, p. 56.

13La poutre maîtresse, limite entre la partie intérieure et la partie extérieure du domicile, en était en même temps le centre spatial et symbolique, l’endroit où se déroulait la majorité des rituels. Par exemple, chez les Oudmourtes orientaux, elle était liée à certains rituels du cycle funéraire et commémoratif et à certaines activités de médecine populaire38. Les activités rituelles sous la poutre maîtresse dans les fêtes nuptiales, dans les adieux aux recrues et dans d’autres situations montrent « que l’on y résout une question fatale : franchir la poutre ou bien rester de l’autre côté (ici / là-bas)39 ».

  • 40 Sadikov, 2001, p. 89.
  • 41 Objets, 2021, p. 43-46.
  • 42 TTA 2022, Garaeva.
  • 43 Orlov, 1999, p. 65.

14Au centre de la maison, la poutre maîtresse, l’un des principaux éléments structurels de celle-ci, était liée au bien-être de ses habitants et on lui attribuait des propriétés protectrices. Chez les Oudmourtes orientaux, par exemple, les recrues y inséraient des pièces argentées, qui y restaient jusqu’à leur retour. À ce moment-là, eux-mêmes les en retiraient. Si jamais le soldat ne revenait pas, sa pièce restait enfoncée dans la poutre. De même, quand on pendait la crémaillère, on y insérait une pièce argentée, ce qui était censé assurer le bien-être de la famille40. Dans les traditions des Oudmourtes méridionaux, par exemple, des habitants de Varkled-Bodja (raïon d’Agryz, République du Tatarstan), jusqu’à aujourd’hui les nouveaux soldats attachent à la poutre maîtresse des rubans en satin ch’uk avec des billets en papier, en les clouant avec une pièce de monnaie en métal. On fait la même chose dans les maisons des membres de la famille et des personnes du même village qui invitent les recrues. Ce rituel est effectué dans la maison paternelle juste avant les adieux et le départ à l’armée. Ainsi, dans certaines maisons, les poutres maîtresses peuvent contenir tout un tas de rubans et de billets cloués avec des pièces de monnaie. Au terme de son service, le soldat les retire personnellement. Il fait aussi le tour des maisons de ses proches, où il avait cloué des pièces de monnaie41. Quand on entre pour la première fois dans une maison inconnue, on va essayer de regarder tout d’abord la poutre maîtresse, afin d’éviter le mauvais œil. De même, la future épouse qui entre dans la maison de son fiancé doit regarder avant toute chose la poutre maîtresse (Aribaš, raïon de Tatyšly, Bachkortostan)42. Compte tenu de la fonction protectrice de la poutre maîtresse pour les habitants de la maison, il n’est pas étonnant de rencontrer des devinettes du type : « Та коркан ачим кузё » (dans cette maison, c’est moi la maîtresse), « Та коркан ачим йыр » (Dans cette maison, c’est moi la tête [la plus importante])43.

Fig. 4 – Une pièce de monnaie introduite dans la poutre maîtresse lors de l’emménagement. Urazgil’dy, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Fig. 4 – Une pièce de monnaie introduite dans la poutre maîtresse lors de l’emménagement. Urazgil’dy, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Photo d’Anna Bajdullina, 2022.

Fig. 5 – Rubans et billets accrochés à la poutre maîtresse à l’aide d’une pièce de monnaie par les garçons appelés à l’armée. Varkled-Bodja, raïon d’Agryz, Tatarstan.

Fig. 5 – Rubans et billets accrochés à la poutre maîtresse à l’aide d’une pièce de monnaie par les garçons appelés à l’armée. Varkled-Bodja, raïon d’Agryz, Tatarstan.

Photo de Ranus Sadikov, 2016.

Fig. 6 – Une branche de genévrier, fichée dans une fente de la poutre maîtresse. Varkled-Bodja, raïon d’Agryz, Tatarstan.

Fig. 6 – Une branche de genévrier, fichée dans une fente de la poutre maîtresse. Varkled-Bodja, raïon d’Agryz, Tatarstan.

Photo de Ranus Sadikov, 2016.

  • 44 Malgré l’attention qu’on continue à porter à cette activité, les rituels évoqués ci-dessous ne sont (...)
  • 45 Sadikov, 2001, p. 104.
  • 46 Medvedev, 2012, p. 99.
  • 47 Orlov, 1999, p. 64.

15Pour toute ces raisons, l’élévation et la mise en place du support du plafond, la poutre maîtresse, justement, est une activité à laquelle la plus grande attention est portée, et suivant les peuples, elle était accompagnée de divers actes rituels. Les Oudmourtes orientaux l’élevaient44 en lui attachant une bouteille d’alcool maison, et une miche de pain recouverte d’un manteau en peau de mouton. Ceci était censé garantir le bien-être et la chaleur dans la maison. L’aspiration à la chaleur expliquait que lors de la mise en place, le maître de maison, habillé d’un manteau de mouton, offrait aussi de l’alcool à tous les bâtisseurs. On plaçait sous la poutre maîtresse de la laine et des pièces d’argent, enveloppées dans un morceau de toile blanche, lesquelles, elles aussi, devaient assurer chaleur et aisance dans la maison. Les Oudmourtes chrétiens de Votskij Meneuz (raïon d’Iliševo, Bachkortostan) mettaient de la laine de part et d’autre de la poutre ainsi qu’une pièce – sous la couronne supérieure dans le coin avant. Une fois la poutre mise en place, le maître de maison offrait aux participants des boissons alcoolisées. Cela confirme qu’avec la mise en place de la poutre maîtresse, la partie principale de la construction était achevée. Dans certains villages, une fois cette pièce posée, on ne construisait plus rien dans la journée45. Si la maison n’était pas bien grande, on ne plaçait qu’une poutre maîtresse, sinon, on pouvait en mettre entre trois et cinq, c’est-à-dire un chiffre impair (Aribaš raïon de Tatyšly, Bachkortostan). Elle était mise en position perpendiculaire par rapport à la porte d’entrée. Comme le fait remarquer à juste titre V. V. Medvedev : « Si les fondations marquent le début de la construction de la partie habitée de la maison, la mise en place de la poutre maîtresse marque l’achèvement de l’organisation de l’espace46 ». On pensait que « si la poutre maîtresse s’était mise en place facilement, la vie dans cette maison serait facile, heureuse47 ».

  • 48 Medvedev, 2012, p. 99.
  • 49 Medvedev, 2020, p. 172.

16Chez les Tchouvaches, le rondin prévu pour devenir poutre maîtresse était élevé emmitouflé dans une fourrure, pour que la maison « conserve la chaleur ». On y suspendait une cruche de bière, du pain, ou encore un gâteau. De la laine et des pièces de monnaie étaient aussi placées sous ses bords, elles symbolisaient l’abondance et la chaleur de la maison à venir. Dans le bourg de Biškain (raïon d’Aurgazy, Bachkortostan) dans la laine étaient roulés de la farine, du millet et d’autres céréales48. Les maîtres de maison veillaient à bien nourrir les bâtisseurs, et à leur donner suffisamment à boire, de peur qu’ils ne leur jouent des tours. Par exemple, dans le village tchouvacho-mordve de Naumkino (raïon d’Aurgazy, Bachkortostan), « les bâtisseurs, en réponse à l’offre insuffisante de nourriture et d’alcool, de la part du maître de maison, ont caché une bouteille vide sur le toit de la maison, le cou tourné du côté venteux, afin qu’elle bourdonne lors de fortes rafales49 ».

  • 50 Babenko, 1992, p. 125.

17Chez les Ukrainiens du Bachkortostan, au moment de soulever la poutre maîtresse, toute la famille s’asseyait sur elle, et au moment de l’action, ses membres nouaient autour d’elle un foulard, plaçant sous ses bords des graines et de l’argent. Comme l’estime V. Ja. Babenko, c’est sous l’influence des Bachkirs qu’a émergé la pratique de mettre sous la poutre de la laine, « symbole de bonheur et de bien-être chez les peuples d’éleveurs50 ».

  • 51 Orlov, 1999, p. 66.
  • 52 Medvedev, 2020, p. 171.
  • 53 Zelenin, 1991, p. 316.
  • 54 TTA 2003, Purgina.

18Quand la poutre était élevée, les gens s’efforçaient de respecter le plus grand silence. Les Oudmourtes pratiquaient le silence rituel, parler était catégoriquement interdit51. Les Tchouvaches veillaient à ce que « même si c’était difficile, aucun des ouvriers ne devait ni haleter, ni crier. […] Personne ne tapait sur elle, ni avec une hache, ni avec quelque objet que ce soit52 ». Les charpentiers ukrainiens essayaient également de ne pas frapper sur la poutre, autrement les maîtres de maison risquaient d’avoir mal à la tête53. Les Oudmourtes de Kupčeneevo (raïon d’Ermekeevo, Bachkortostan) notent que « Мумыкоре уг дяра тӥрен дьыганы, дьыр, пе, висе » (on ne doit pas taper sur la poutre avec une hache, autrement on aura mal à la tête)54.

  • 55 Bajburin, 1983, p. 84.
  • 56 Bajburin, 1983, p. 87.
  • 57 Sadikov, 2019, p. 150.

19Ces rituels révèlent encore d’autres significations symboliques de la poutre maîtresse. Ainsi, d’après А. К. Bajburin, cet élément, l’un des plus importants dans la structure, avec son haut statut sémantique, « pouvait par métonymie représenter toute la construction55 ». Le rituel qui consistait à l’entourer de foulards ou de fourrures pour garantir la chaleur dans la maison renvoie aussi à « l’équivalence de la poutre maîtresse avec la maison56 ». Cette dernière affirmation est confirmée par une idée intéressante relevée chez les Oudmourtes orientaux. Les habitants de Kasijarovo (raïon de Buraevo, Bachkortostan) pensaient que lors de l’installation dans une nouvelle maison, il fallait laisser sur place la poutre maîtresse de l’ancienne maison démantelée. Ceci montre clairement que, dans la perspective de repli et d’effondrement de l’espace rituel, la poutre maîtresse est le lieu où ces processus se situent57.

  • 58 Bajburin, 1983, p. 86.

20D’après А. К. Bajburin, la poutre maîtresse est clairement un symbole de l’arbre du monde, où se trouve reproduite l’histoire de la création. Les maîtres de maison sont ceux qui offrent (un gâteau, de la vodka, de la bière), les charpentiers sont les « créateurs », qui en échange mettent en œuvre leur habileté professionnelle58 ». Sous la couronne de l’arbre du monde (dans ce cas, de la poutre maîtresse), on pose les offrandes – argent, laine, graines, etc.

21Depuis quelques années, les Oudmourtes ont commencé à construire des maisons avec de nouveaux matériaux, et ainsi la poutre maîtresse est en train de sortir de l’usage.

Fig. 7 – La poutre maîtresse d’une maison détruite, laissée sur place. Kasijarovo, raïon de Buraevo, Bachkortostan.

Fig. 7 – La poutre maîtresse d’une maison détruite, laissée sur place. Kasijarovo, raïon de Buraevo, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2016.

Fig. 8 – Maison contemporaine. Banibaš, raïon de Janaul, Bachkortostan.

Fig. 8 – Maison contemporaine. Banibaš, raïon de Janaul, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2010.

  • 59 TTA, 2002, Timirbaev.

22Dans la plupart des cas, la construction de nouveaux domiciles ne présuppose pas l’utilisation de la poutre maîtresse, ou bien elle est couverte de nouveaux éléments et de nouveaux matériaux de construction. Mais une partie des rituels qui s’y rattachait demeure. Par exemple, à Bol’šekačakovo (raïon de Kaltasy, Bachkortostan), en cas d’absence de la poutre maîtresse, la pièce de monnaie lors de l’installation dans le nouveau domicile est enfoncée dans la barre transversale au-dessus de la porte, puisque de tous les éléments de la nouvelle maison, c’est souvent le seul qui est en bois. Les futurs soldats, eux aussi, enfoncent les pièces dans les parties restantes en bois (montants de portes, poutres, etc.)59.

Fig. 9 – Une pièce de monnaie insérée par un appelé dans une poutre dans la partie cuisine de la maison. Maryj Kačak, raïon de Kaltasy, Bachkortostan.

Fig. 9 – Une pièce de monnaie insérée par un appelé dans une poutre dans la partie cuisine de la maison. Maryj Kačak, raïon de Kaltasy, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2022.

Fig. 10 – Un crochet pour suspendre le berceau, placé à distance de la poutre maîtresse. Urazgil’dy, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Fig. 10 – Un crochet pour suspendre le berceau, placé à distance de la poutre maîtresse. Urazgil’dy, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.

Photo d’Anna Bajdullina, 2023.

Fig. 11 – Maison contemporaine, Andreevka, raïon de Janaul, Bachkortostan.

Fig. 11 – Maison contemporaine, Andreevka, raïon de Janaul, Bachkortostan.

Photo de Ranus Sadikov, 2010.

23Ainsi, la poutre maîtresse, vue comme l’élément central de la construction chez les Oudmourtes ainsi que chez les autres peuples finno-ougriens, slaves et turciques, concentre une abondance de significations symboliques : elle est frontière, elle représente la maison tout entière, elle est le centre qui attire les habitants de la maison, elle les protège, mais elle est aussi le point de repli et d’effondrement de l’espace rituel, ainsi que l’arbre du monde.

Travaux de terrain de l’auteur : index des interlocuteurs

24Atnafikova, Lilija Vanjurkovna, née 1980, Mamady, raïon de Buraevo, Bachkortostan ; 2023.

25Garaeva Lilija Zidijarovna, née 1953, Aribaš raïon de Tatyšy, Bachkortostan, 2022.

26Minlieva Asya Grigor’evna, née 1971, Mamady, raïon de Buraevo, Bachkortostan, 2023.

27Purgina Anastasiya Romanovna, née 1940, Kupčeneevo raïon d’Ermekeevo, 2003.

28Rijanova Zoja Minkairovna, née 1964, Urazgil’dy, raïon de Tatyšly, Bachkortostan, 2024 г.

29Timirbaev Grigorij Julkubaevič, né 1960, Bol’šekačakovo, raïon de Kaltasy, Bachkortostan, 2022.

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Bibliographie

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Zelenin Dmitrij Зеленин Дмитрий Константинович, 1991, Восточнославянская этнография [Ethnographie des Slaves orientaux], Наука [Science], М. [Moscou].

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Notes

1 Bajburin, 1983.

2 Škljaev, 1989.

3 Orlov, 1999.

4 Sadikov, 2001.

5 Salmin, 1998.

6 Medvedev, 2020.

7 Kralina, 1954, p. 163.

8 Bajburin, 1983, p. 133

9 Orlov, 1999, p. 199

10 La kuala est une construction simple en rondins, sans plafond. C’est le seul bâtiment sacral des Oudmourtes, qui jusqu’au début du xxe siècle était un élément obligatoire de la cour de la ferme oudmourte, et servait au culte familial et clanique. Très peu de kuala ont survécu à la période soviétique, et aucune n’a gardé son rôle de lieu de culte, même si le souvenir demeure. Il existait aussi des kuala claniques, plus grandes, soit dans le village soit dans les forêts alentour. Là aussi elles ont pratiquement toutes disparu. La seule qu’on connaisse aujourd’hui et qui continue à jouer son rôle est la grande kuala (badzh’ym kuala) du village de Kuzebaevo, raïon d’Alnaši en Oudmourtie.

11 Shkljaev, 1991, p. 108.

12 Medvedev, 2012, p. 111.

13 Škljaev, 1991, p. 113

14 Semenov, 2010, p. 292.

15 Mazalova, 2001, p. 73.

16 Semenov, 2010, p. 292.

17 TTA (Travaux de terrains de l’auteur) 2022, Garaeva.

18 Semenov, 2010, p. 294.

19 Orlov, 1999, p. 66 ; Semenov, 2010, p. 294.

20 Le texte passe au passé parce que ces pratiques sont aujourd’hui sorties de l’usage, même si elles n’ont pas disparu des mémoires.

21 Bajburin, 1983, p. 134, 145.

22 Blomqvist, 1956, p. 79.

23 Vinogradov, 2010, p. 43.

24 Orlov, 1999, p. 88.

25 Sadikov, 2001, p. 89.

26 Vinogradov, 2010, p. 42.

27 TTA, 2022, Garaeva.

28 Orlov, 1999, p. 88-89.

29 TTA, 2024, Rijanova.

30 Voyages, 2014, p. 107, 110.

31 TTA, 2023, Atnafikova ; Minlieva.

32 Blomqvist, 1956, p. 79.

33 TTА, 2024, Rijanova.

34 TTA, 2022, Garaeva.

35 Orlov, 1999, p. 89 ; Toulouze, Anisimov 2020, p. 120.

36 Minnijahmetova, 2000, p. 25.

37 Anisimov, 2017, p. 72.

38 Sadikov, 2001, p. 89.

39 Salmin, 1998, p. 56.

40 Sadikov, 2001, p. 89.

41 Objets, 2021, p. 43-46.

42 TTA 2022, Garaeva.

43 Orlov, 1999, p. 65.

44 Malgré l’attention qu’on continue à porter à cette activité, les rituels évoqués ci-dessous ne sont plus pratiqués.

45 Sadikov, 2001, p. 104.

46 Medvedev, 2012, p. 99.

47 Orlov, 1999, p. 64.

48 Medvedev, 2012, p. 99.

49 Medvedev, 2020, p. 172.

50 Babenko, 1992, p. 125.

51 Orlov, 1999, p. 66.

52 Medvedev, 2020, p. 171.

53 Zelenin, 1991, p. 316.

54 TTA 2003, Purgina.

55 Bajburin, 1983, p. 84.

56 Bajburin, 1983, p. 87.

57 Sadikov, 2019, p. 150.

58 Bajburin, 1983, p. 86.

59 TTA, 2002, Timirbaev.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Une ancienne maison. Tanypovka, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2018.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-1.JPG
Fichier image/jpeg, 454k
Titre Fig. 2 – Une ancienne maison. Malaja Bal’zuga, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2016.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-2.JPG
Fichier image/jpeg, 1,9M
Titre Fig. 3 – La poutre maîtresse. On aperçoit les crochets pour accrocher des éléments du métier à tisser. Bajshady, raïon de Buraevo, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2022.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-3.JPG
Fichier image/jpeg, 307k
Titre Fig. 4 – Une pièce de monnaie introduite dans la poutre maîtresse lors de l’emménagement. Urazgil’dy, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.
Crédits Photo d’Anna Bajdullina, 2022.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-4.JPG
Fichier image/jpeg, 22k
Titre Fig. 5 – Rubans et billets accrochés à la poutre maîtresse à l’aide d’une pièce de monnaie par les garçons appelés à l’armée. Varkled-Bodja, raïon d’Agryz, Tatarstan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2016.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-5.JPG
Fichier image/jpeg, 5,2M
Titre Fig. 6 – Une branche de genévrier, fichée dans une fente de la poutre maîtresse. Varkled-Bodja, raïon d’Agryz, Tatarstan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2016.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-6.JPG
Fichier image/jpeg, 182k
Titre Fig. 7 – La poutre maîtresse d’une maison détruite, laissée sur place. Kasijarovo, raïon de Buraevo, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2016.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-7.JPG
Fichier image/jpeg, 609k
Titre Fig. 8 – Maison contemporaine. Banibaš, raïon de Janaul, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2010.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 906k
Titre Fig. 9 – Une pièce de monnaie insérée par un appelé dans une poutre dans la partie cuisine de la maison. Maryj Kačak, raïon de Kaltasy, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2022.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 471k
Titre Fig. 10 – Un crochet pour suspendre le berceau, placé à distance de la poutre maîtresse. Urazgil’dy, raïon de Tatyshly, Bachkortostan.
Crédits Photo d’Anna Bajdullina, 2023.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 55k
Titre Fig. 11 – Maison contemporaine, Andreevka, raïon de Janaul, Bachkortostan.
Crédits Photo de Ranus Sadikov, 2010.
URL http://journals.openedition.org/efo/docannexe/image/23817/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
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Pour citer cet article

Référence papier

Ranus Sadikov, « La poutre maîtresse dans les rituels oudmourtes »Études finno-ougriennes, 56 | 2024, 37-56.

Référence électronique

Ranus Sadikov, « La poutre maîtresse dans les rituels oudmourtes »Études finno-ougriennes [En ligne], 56 | 2024, mis en ligne le 11 décembre 2024, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/efo/23817 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12y5s

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Auteur

Ranus Sadikov

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    Paru dans Études finno-ougriennes, 51-52-53 | 2021
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