Skip to navigation – Site map

HomeVolumes9Bani

Index terms

Keywords :

Géographie, Maroc
Top of page

Full text

1Le Bani s’étend sur le versant méridional de l’Anti-Atlas entre Akka à l’ouest et Mhamid à l’est. A partir de cette oasis, il épouse une large boucle : la Crosse du Bani qui enserre les prestigieuses palmeraies du Fezouata et du Ternata dont la capitale administrative est Zagora.

2En réalité, la chaîne du Bani est constituée de deux crêtes parallèles que l’on dénomme habituellement sous les termes de 1er Bani et 2e Bani ou de grand et petit Bani. La distinction entre ces deux reliefs est surtout nette dans la partie orientale de la chaîne, entre Sidi-Touama et Aït-Ouazik, c’est-à-dire dans la Crosse du Bani au sens large.

3Ces reliefs harmonieux sont de structure très simple. Les couches alternativement dures et tendres de l’Ordovicien constituent une série monoclinale donnant naissance à des crêts ou des cuestas dont le front est tourné vers le nord sauf dans la Crosse du Bani où il épouse la forme d’une large boutonnière (J. Destombes, 1963 ; J. Riser, 1988). Cette disposition régulière des séries géologiques est parfois perturbée par quelques fractures comme à Sidi-Touama et par des structures plissées comme au nord d’Akka.

4L’ensemble de la chaîne est situé aux confins du Présahara marocain et du Sahara. Dans cette région, les précipitations n’excèdent pas 60 mm. La végétation est rare. Elle est représentée par une steppe à acacias (Acacia raddiana) contractée dans le lit des oueds. Ceux-ci toujours à sec, sauf pendant quelques rares crues naissant dans l’Anti-Atlas, regagnent le collecteur principal, l’Oued Dra, en traversant le Bani par des cluses (foum) profondes et majestueuses.

5C’est souvent sur les cônes de déjection, au débouché de ces cluses que les oasis, seuls lieux de civilisation, sont installées depuis des temps immémoriaux. Elle bénéficient d’eaux de surface souvent collectées par un petit barrage artisanal fermant le foum et d’inféroflux situés dans des alluvions parfois épaisses. Outre ces oasis de foum il faut surtout mentionner les quatre grandes palmeraies de la Crosse du Bani. Elles sont irriguées par les eaux pérennes du Dra descendu du Haut Atlas lointain : Ternata, Fezouata, Ktaoua entre 1er et 2e Bani et enfin Mhamid, aux portes brûlantes du désert. Cette distinction existe aussi économiquement mais avec une nuance. Les palmeraies du Ternata, Fezouata et Ktaoua bénéficient, outre des eaux d’irrigation du Dra, d’une infrastructure économique de plus en plus développée : routes goudronnées et pistes cylindrées, système d’irrigation avec seguias primaires bétonnées, centre de mise en valeur et de conditionnement des dattes, huileries.

6Les ressources principales sont les dattes, le henné en voie de développement, l’huile d’olive, le jardinage sous les palmiers, l’élevage ovin, caprin et même bovin (J. Riser, 1974). Le tourisme, en pleine modernisation, se développe très vite grâce aux sites grandioses de la vallée du Dra où s’allient l’austère relief du Bani et la fraîcheur des grandes palmeraies dominées par des ksour fortifiés, parfois en ruine.

7En revanche, l’oasis de Mhamid manque d’eau et ses habitants ont tendance à immigrer vers l’amont, le littoral casablancais ou l’Europe. La palmeraie, mal entretenue est menacée par les sables de l’erg. Elle offre un spectacle désolé : les palmiers sont peu productifs et atteints du bayoud.

8Les oasis des foums du Bani : Foum Zguid, Tissint, Sidi-Ressoug, Akka sont moins importantes. Elles vivent en autarcie, isolées dans une région de confins comprise entre la Hamada du Dra, au sud de la vallée du Dra et l’Anti-Atlas central difficile d’accès au nord.

9Ainsi à la prospérité grandissante des oasis du Dra moyen s’oppose la misère et l’isolement des palmeraies du Mhamid et du versant sud de l’Anti-Atlas central.

Top of page

Bibliography

Destombes J., « Données stratigraphiques sur l’Ordovicien de l’Anti-Atlas (Maroc) », Rev. Inst. Fran, pétrole, éd. Technip., Paris, 1963, vol. 18, n° 10, p. 1464-1471.

Riser J., « Le barrage Mansour Eddahbi et les aménagements agricoles de la vallée du Dra moyen », Rev. Géogr. Maroc, 1974, n° 23-24, 13 p.

Riser J., Le Jbel Sarhro et sa retombée saharienne, étude morphologique, notes et mém. serv. géol. du Maroc, 1988, n° 317, 361 p.

Top of page

References

Bibliographical reference

J. Riser, “Bani”Encyclopédie berbère, 9 | 1991, 1331-1332.

Electronic reference

J. Riser, “Bani”Encyclopédie berbère [Online], 9 | 1991, document B25, Online since 01 December 2012, connection on 11 July 2026. URL: http://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/1274; DOI: https://doi.org/10.4000/encyclopedieberbere.1274

Top of page

About the author

J. Riser

By this author

  • Anti-Atlas [Full text]
    Article A235
    Published in Encyclopédie berbère, 5 | 1988
  • Atlas [Full text]
    Article A311
    Published in Encyclopédie berbère, 7 | 1989
  • Ifni [Full text]
    Article I30
    Published in Encyclopédie berbère, 24 | 2001
  • Guir [Full text]
    Article G86
    Published in Encyclopédie berbère, 21 | 1999
  • Dra [Full text]
    Article D92
    Published in Encyclopédie berbère, 17 | 1996
Top of page

Copyright

CC-BY-NC-ND-4.0

The text only may be used under licence CC BY-NC-ND 4.0. All other elements (illustrations, imported files) may be subject to specific use terms.

Top of page
Search OpenEdition Search

You will be redirected to OpenEdition Search