1Ikεeb (et variantes : akεeb, ašεeb...) est le terme le plus répandu en berbère (parlers dits « zénètes » ; en Kabylie : Iflissen, At Djennad, parlers orientaux,... ; parlers du Maroc central). Il est peut-être issu de l’onomatopée : kkeεwew, skeεwew, skibbwaε, skippweε... « glapir » ?
2Le kabyle connaît un autre terme : abareɣ, que l’on peut rapprocher de (a)baɣuɣ des parlers du Maroc central et méridional ainsi que des formes orientales eraɣ (Siwa) et uraɣ (Nefoussi). On a depuis longtemps fait le lien entre awraɣ « jaune » et ureɣ « or », de même racine (cf. Chaker et Naït-Zerrad 2011). Il s’agit donc d’une dénomination liée à la couleur de l’animal. On peut émettre deux hypothèses sur la bilabiale b- des formes kabyles et marocaines : il s’agit soit d’un préfixe expressif (le terme désigne également une « personne sale » en kabyle) soit d’une réalisation de la labiovélaire radicale w.
3On trouve dans le Rif un autre terme dans certains parlers : uhar, awhar ou iwhar (à rapprocher de ahar « lion » (cf. Chaker 2008) ? et en chleuh : abayrru, arakuk, arakka.
4Quant au touareg, le terme ehaǧəh (Ahaggar) ou ezăgăz (parlers du Niger) y désigne le fennec (renard saharien).
5A côté de ces dénominations, il existe plusieurs formes expressives ou des euphémismes utilisés par exemple le matin, le nom du renard étant réputé de mauvais augure au début de la journée :
6Abaεkka (peut-être aussi à rapprocher de kkeεwew, « glapir ») en chleuh ou bien uššen azegwaɣ « chacal rouge » en rifain. D’autres sont d’origine arabe comme en rifain : lefqih (lettré, clerc) et en chleuh : ṭṭaleb (étudiant), employés par antiphrase.