1Les Silzactae sont, d’après Corippus (I, 65-68), séparés des Caunes* par un fleuve sinueux, le Vadara, apparemment dans la partie du fleuve engagée dans la plaine au sortir d’une montagne. Mais les Caunes sont inconnus, tout comme le Vadara !
2A. M’Charek a récemment proposé d’identifier le Vadara antique à l’oued Leben-Ouadran qui prend sa source dans des montagnes situées à l’ouest de Meknassi et se jette dans la mer en face des îles Kneiss, entre Mahrès au nord et Skhira au sud. Tissot (p. 194 et n. 1) donnait à la partie amont de l’oued Leben le nom d’oued er-Rend, « rivière des lauriers », et signalait que les cartes portent souvent, à tort, « oued Rann ». En fait, l’enquête de M’Charek (p. 206-208) établit que Ouadran, sous la forme Haydaran, fut d’abord un oronyme désignant dès le XIe siècle, le djebel Bou Hedma, au sud de Meknassi, et que l’oued portait le nom de Ouadran (et non de er-Rend ou de Rann, selon l’interprétation en cours chez les Français à l’époque de Tissot). Donc, pour M’Charek (p. 210), « Drainé par le Vadara, le territoire des tribus maures Slzactae et Caunes correspond à la haute et moyenne vallée de l’oued Leben-Ouadran ». L’interprétation, fondée sur l’étude des sources depuis la haute époque islamique, est séduisante, alors que l’obscurité est totale si l’on s’en tient aux sources de la période antique.