Éditorial
Texte intégral
1« Beaucoup de vide, un peu de plein »... Cette définition de la charpente, que le lecteur trouvera dans le dossier de ce premier numéro sur le Patrimoine maritime, convient parfaitement au projet e-Phaïstos. Le vide, c’est celui des occasions de publication pour la jeune recherche francophone en Histoire des Techniques ; et le peu de plein, c’est celui des revues qui se proposent à lui comme outil. Tout un chacun dans le secteur connaît les Documents pour l’histoire des techniques, publiés sous l’égide du CNAM. Le Centre d’Histoire des Techniques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne propose, avec e-Phaïstos, un lieu d’expression complémentaire. Insistons sur la complémentarité : ce nouveau lieu de publication est destiné en priorité à la jeune recherche en Histoire des Techniques, et se veut la porte d’entrée, le lieu d’affichage et de discussion des premiers travaux. Tel aussi, il prétend renouer avec des habitudes quelque peu délaissées : positions de thèse, discussions de travaux, propositions d’outils méthodologiques, dans l’esprit de ce que fut la revue Thalès, fondée en 1934 en Sorbonne, par Abel Rey, en des temps aussi incertains que les nôtres. L’héritage ainsi revendiqué est celui de la réponse aux questions du temps dans un champ aussi crucial pour le devenir du monde qu’il est négligé par l’agenda académique. Mais il est un autre héritage que nous revendiquons avec la revue d’Abel Rey, c’est celui de l’ouverture. Ouverture institutionnelle d’abord. Quoique centré sur l’histoire, sous tous ses aspects, histoire technique des techniques, histoire sociale, culturelle, histoire intellectuelle des techniques, et parce qu’il revendique d’atteindre par le croisement des approches, une analyse globale du fait technique, e-Phaïstos se veut un lieu de publication pour l’ensemble des disciplines travaillant en Sciences Humaines et Sociales sur les techniques et la technologie. Ainsi, le dossier sur le patrimoine maritime rassemblé par Deborah Cvikel croise, sous l’égide d’Éric Rieth, les approches archéologiques, ethnologiques, linguistiques et jusqu’à la sociologie de la traduction utilisée de main de maître par Carlos del Cairo Hurtado, pour l’interprétation des paysages nautiques. Ouverture géographique ensuite. Quoique francophone ou plutôt parce que francophone, la revue est fondamentalement internationale. Arc-boutée sur un vaste réseau de jeunes chercheurs, exerçant leurs talents de la Chine jusqu’au Brésil en passant par le Cameroun, le Burkina Faso, l’Algérie, la Tunisie et bien d’autres pays en Afrique, en Asie et en Amérique Latine, elle se donne pour seconde raison d’être, la nécessité d’élargir les études en Histoire des Techniques au-delà du monde occidental qui les a vu naître. Le gain sera pour tous : les jeunes chercheurs européens y gagneront l’élargissement de l’horizon conceptuel à d’autres cultures techniques et d’autres écoles historiques ; et les jeunes chercheurs extra-européens, y trouveront par l’échange et le dialogue, des outils pour construire et affirmer cette discipline neuve chez eux. Puisse le dynamisme et la générosité de cette initiative, être, autant qu’une preuve de jeunesse, un gage de longévité !
Pour citer cet article
Référence papier
Anne-Françoise Garçon, « Éditorial », e-Phaïstos, I-1 | 2012, 3.
Référence électronique
Anne-Françoise Garçon, « Éditorial », e-Phaïstos [En ligne], I-1 | 2012, mis en ligne le 01 janvier 2015, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ephaistos/198 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ephaistos.198
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