Ce texte est la traduction d’un article de la Revista Épicas, revue du Centro Internacional e Multidisciplinar de Estudos Épicos (CIMEEP, Brésil), associé de longue date du Projet Épopée.
Traduction du brésilien, finalisée et annotée à partir d’une base DeepL par Aude Plagnard, maîtresse de conférence à l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et Camille Thermes, Université Grenoble Alpes, UMR 5316, Litt&Arts.
- 1 [N.d.É. Article paru sous le titre “Os timbiras : um projeto e seus percalços” in : Revista Épica (...)
1L’étude critique et analytique de compositions littéraires incomplètes pose, pour des raisons évidentes, des problèmes préalables qui concernent leur conception initiale, leurs circonstances de publication et leur niveau d’achèvement. Dans le cas de
Os timbiras22Le poète a songé à écrire l’œuvre dè
s 1844, comme il le d
Ando a estudar para compor um Poema – é por agora
– a ‘minha obra’. Quero fazer uma cousa exclusivamente americana – exclusivamente nossa – eu o farei talvez – já que todo mundo hoje se mete a inovar – também eu pretendo inovar – inovarei – criarei alguma cousa que espero em Deus, os nossos não esquecerão. 3
Je travaille à
un poèTrois ans plus tard, il avait déjà commencé à rédiger le texte, dont il exposa le plan dans une lettre à un autre ami, avec humour et auto-ironie :
Imaginei um poema... como nunca ouviste falar de outro : magotes de tigres, de quatis, de
cascavéis ; imaginei mangueiras e jabuticabeiras copadas, jequitibás e ipês arrogantes, sapucaieiras e jambeiros, de palmeiras nem falemos ; guerreiros diabólicos, mulheres feiticeiras, sapos e jacarés sem conta : enfim, um gênese americano, uma Ilíada brasileira, uma criação recriada. Passa-se a ação no Maranhão e vai terminar no Amazonas com a dispersão dos timbiras ; guerras entre eles e depois com os portugueses. O primeiro canto já está pronto, o segundo começado (apud BANDEIRA, 1952, p. 81).
J’ai imaginé
un pose amIliade recrééeTimbirasIl poursuivit le projet, probablement avec des intermittences ; en 1851, il profita d’un voyage d’études au Maranhão et en Amazonie pour rassembler du matériel afin de continuer la composition du poème, selon son ami et premier biographe, Antônio Henriques Leal. (Cf.1874, p. 282)
43La publication, limitée aux quatre premiers chants, eut lieu en 1857 ; le fait que, selon le même Henriques Leal (
ibid de 1859 ]recopi
[...]
noutras ocasiões, principalmente quando esteve comigo no Maranhão em 1861, falou-me dele [do poema], como quem já o houvesse concluído, faltando-lhe apenas as modificações que pretendia fazer-lhe depois de sua visita às regiões amazônicas, onde os indígenas aproximavam-se de seu estado primitivoibid.
La raison pour laquelle l’auteur avait décidé de publier le poème avant son achèvement fut donnée dans le corps d’une lettre qu’il adressa à une personne de son entourage :
Se a coisa não tem de merecer aceitaçã
o, não vale a pena gastar a minha vida preocupado com essa ideia : assim, publico em folheto, para dar continuação depois. Se for aceito, cobrarei alma nova para a continuação ; se não, tomo naturalmente outro caminho.
S
.4Antônio Henriques Leal (1874, p 282-283), cependant, en magnifiant quelque peu cette explication, voit dans la stratégie de publication fragmentaire du poème des raisons d’un ordre plus complexe. Il ne les démontre pas en s’appuyant sur des déclarations du poète lui-même, mais les propose comme une partie de sa réponse à la critique dévastatrice que Bernardo Guimarães avait faite de l’œuvre :
[...] não [...] pretend[ia] publicar [os cantos do poema] senão em fragmentos, como praticara lord Byron com o D. Juan, ou como Goethe, que consumiu vinte e quatro anos para concluir o Fausto. Foi levado de igual pensamento e para ouvir e aproveitar os conselhos e alvitres da crítica ilustrada e desapaixonada e conhecer a impressão que causaria no público [...] obra de tanto momento que deu à estampa os cantos que conhecemos. Só depois disto é que reuniria em volume o poema completo, retocado, limado e conforme ao que lhe apontassem de mais sensato e melhor.
Il
Lord Don Juan, Faust. Il me pens, rognLe projet d’
Os timbiras, s 1862. te manifeste d Últimos cantos, 5Il se peut toutefois qu’il ait persisté dans l’idée de publier le poème jusqu’à la fin de sa vie. Deux circonstances témoigneraient en faveur de cette seconde hypothèse : 1. dans la lettre-dédicace sus-mentionnée de 1850, bien qu’il déclare éteints “a fé
e o entusiasmo [...] que alumia[vam] [suas] composiçõpor mais algum tempo continuar[ia] [na luta], variando apenas o sentido dos [seus] cantos Os timbiras –6Ainsi, entre les premiers instants de la composition en 1844 et sa mort en 1864, ou, selon l’autre hypothè
se sugge, l’abandon dgast[ou] [...] a vida preocupado com essa ideia
[...] uma vez completo e concluído esse poema épico, seria a joia mais valiosa de sua esplendente coroa, fechando, assim, como pretendia, o mirífico ciclo de suas composições poéticas com tão soberbo troféu.
Era nela que librava suas mais alentadas esperanças, e tendo para si que seu poema firmaria ainda mais sua reputação, [...] tencionava dar-lhe todo o desenvolvimento possível no que respeitava ao caráter, usos, costumes, superstições e lendas dos nossos indígenas, descrevendo ao mesmo tempo quanto há de maravilhoso e magnificente na natureza brasileira – nos seus rios, nos seus lagos, nas suas montanhas, na sua flora e na sua fauna [...].
[...] une fois ce poème épique achevé et conclu, il serait le joyau le plus précieux de sa splendide couronne, clôturant ainsi, comme il l’entendait, le cycle des myriades de ses compositions poétiques par un si superbe trophée.
Il en espérait beaucoup, et considérant que son poème renforcerait encore sa réputation, [...] entendait lui donner tout le développement possible concernant le caractère, les usages, les coutumes, les superstitions et les légendes de nos indigènes, décrivant en même temps ce qu’il y a de merveilleux et de magnifique dans la nature brésilienne – dans ses rivières, ses lacs, ses montagnes, sa flore et sa faune [...].
Au vu de cet ensemble de suppositions et d’indications, nous sommes enclins à accorder du crédit au témoignage d’Antônio Henriques Leal, biographe respecté pour la rigueur de la recherche documentaire qui soutient ses écrits. Ainsi, nous pensons que Gonçalves Dias a effectivement écrit au moins les douze chants du poème que Henriques Leal déclare avoir vu en possession du poète en 1853. Quant aux quatre derniers nécessaires pour compléter le texte, il est tout à fait raisonnable de supposer qu’il les a composés pendant les onze années qui lui restait à vivre. Ce n’est donc pas faire preuve d’un excès d’imagination que de croire que le poè
te a emportOs timbiras 7Quoi qu’il en soit, le fait que le poème soit resté inachevé a engendré, comme l’on peut s’y attendre, une réception critique inhabituelle. Nous allons parcourir cette dernière en nous concentrant sur les quelques sources qui ont traité plus spécifiquement du texte.
8Les deux premières évaluations, peu de temps après la publication de 1857, sont élogieuses sans restriction. Selon les critères du jugement critique appliqués aux parutions littéraires typiques de l’époque – engagement nationaliste et fidélité à la couleur locale –, Joaquim Manuel de Macedo et Francisco Otaviano, dans des chroniques plus informatives qu’analytiques, vantent les qualités de l’auteur et du poème. Deux ans plus tard, cependant, Bernardo Guimarães entreprend, selon les mêmes critères, des commentaires proprement analytiques, dans une série de quatre chroniques. Son jugement est en total contraste avec les impressions de Macedo et Otaviano, puisque, pour l’auteur de Minas Gerais, l’œuvre constitue un échec absolu, en raison des nombreux défauts de langue et de métrique qu’elle présenterait.
9À l’époque romantique, outre ces considérations journalistiques, faites, comme le dit Bernardo Guimarães (1859b, p. 2)
5ao correr da pena O Brasil literário Os timbiras[o] talento do poeta [...] na beleza dos versos e na dicção como em numerosos detalhes 6 alves de MagalhConfederação dos Tamoios, um acontecimento histórico de grande alcance, [que permitisse] ressaltar o contraste da vida e dos costumes índios com as qualidades e os defeitos da civilização dos brancos […]” ] radical de Gon
Esta predileção por tudo o que é indígena de tal modo tocou o poeta que ele queixa-se de a América ter entrado em comunicação com a Europa, e não vê mais que os maus lados da civilização que vem deste continente (ibid., p. 267).
Cette prédilection pour tout ce qui est indigène a tellement touché le poète qu’il se plaint que l’Amérique soit entrée en communication avec l’Europe, et ne voit que les mauvais côtés de la civilisation qui vient de ce continent.
10Il s’agit, bien qu’avec un net parti pris de désapprobation, de la première reconnaissance du caractère critique qui marque l’indianisme de Gonçalves, bien différent de l’orientation adoptée par José de Alencar dans ses créations indianistes qui présentent les relations entre les “
r indig11Un deuxième temps de la réception critique de Gonçalves Dias commence avec Sí
lvio Romero. Cfico” (7, Dias
um dos mais nítidos exemplares do povo, do genuíno povo brasileiro [...], o tipo do mestiço físico e moral, [pois] era filho de português e mameluca, [...], descendia das três raças que constituíram a população nacional e representava-lhes as principais tendências (ibid., p. 1000).
l’un des exemples les plus clairs du peuple, du peuple brésilien authentique [...], du type de métis physique et moral, [car] il était fils de Portugais et de mamelouke, [...], descendant des trois races qui constituaient la population nationale et représentaient leurs principales tendances.
En tant que tel – garantit le critique –, il serait pleinement et naturellement qualifié pour réaliser les idéaux du nationalisme littéraire.
A nacionalidade da literatura brasileira só pode ter uma solução : – acostar-se ao gênio, ao verdadeiro espírito popular, como ele sai do complexo de nossas origens étnicas (ibid., p. 1006).
La littérature brésilienne nationale ne peut avoir qu’une solution : accéder au génie, au véritable esprit populaire, tel qu’il sort du complexe de nos origines ethniques.
José
Verssimo8
Gonçalves Dias é nas nossas letras um dos raros exemplos comprobatórios da falaz teoria da raça. Parece que nele se reuniam as três de que se formou o nosso povo.
Gonçalves Dias est dans notre littérature un des rares exemples de preuve de la théorie fallacieuse de la race. Il semble qu’en lui se soient réunis les trois qui ont formé notre peuple.
Ronald de Carvalho (1968 [1919], p. 220)
9
sangue que lhe corria nas veias, e onde se cruzavam as tend
ências das três raças produtoras do mestiço brasileiro [...].
sang qui coulait dans ses veines, et où se croisaient les tendances des trois races qui ont produit le métis brésilien [...].
12Comme nous pouvons le constater, dans les discours critiques analysés précédemment (jusqu’aux années 1860), les origines du poète ne sont pas mentionnées. On peut y voir la né
cessitlieu de parole“pintar [...] animados quadros da terra americana ““çãgica do [seu] talento“(ibid, p. 1027), ou son “brasileirismo [contido] na massa do sangue “13En ce qui concerne plus particulièrement
Os timbirasme s’ils sont rapides. Romero“pedaços líricos” “”“É brio ; mas belo ; a simplicidade aqui nãfilha da pobreza, mas sim da doce placidez do esprito“10 Verssimo“cedia[...] ao preconceito do poema pico da tradição portuguesa““riorit“me de Caboclo, anim“ète brun degrgal alves Dias l’’ 14Au XX
e“sie de Gon
Que importa para a poesia, para a emoção despertada, que “I-Juca-Pirama” tenha ou não morrido de acordo com o rito dos selvagens ? Que a marabá fosse ou não realmente desprezada pelos índios puros ? Que as lutas dos timbiras com os gamelas sejam ou não históricas ?
O fim da poesia não é a verdade formal – e sim a essencial – e Gonçalves Dias seria bem pobre poeta se os seus índios fossem meras ilustrações de teses etnográficas.
Mas, ao contrário, se nunca tivessem existido selvagens no Brasil, “I-Juca-Pirama”, “Marabá” e Os timbiras e todas as Americanas conservariam inteiramente o seu valor poético, transmitiriam o mesmo entusiasmo, a mesma emoção.
Qu’importe pour la poésie, pour l’émotion suscitée, que “I-Juca-Pirama” soit mort ou non selon le rite des sauvages ? Que le marabá ait ou n’ait pas été réellement méprisé par les Indiens purs ? Que les luttes des Timbiras avec les Gamelas aient ou n’aient pas été historiques ?
La fin de la poésie n’est pas la vérité formelle – mais bien la vérité essentielle ; et Gonçalves Dias serait un piètre poète si ses Indiens n’étaient que des illustrations de thèses ethnographiques.
Mais, au contraire, s’il n’y avait jamais eu de sauvages au Brésil, “I-Juca-Pirama”, “Marabá” et Os timbiras et toutes les Americanas conserveraient entièrement leur valeur poétique, elles transmettraient le même enthousiasme, la même émotion.
Le point de vue d’Antô
nio Cndido ne diffcia Miguel-Pereirafico
[o] índio de Gonçalves Dias não é mais autêntico do que o de Magalhães ou o de Norberto pela circunstância de ser mais índio, mas por ser mais poético (Cândido, 1971 [1959], v. 2, p. 85).
l’Indien de Gonçalves Dias n’est pas plus authentique que celui de Magalhães ou de Norberto par le fait qu’il est plus indien, mais parce qu’il est plus poétique.
15En ce qui concerne spécifiquement
Os timbirasves et favorables – Paranhos (1937), Bandeira (1952) et Moiscia Miguel-Pereira (1943), Cassiano Ricardo (1969 [1956]) et Antnio Cndido (1971 [1959]).
Até certo ponto, essa obra
] pode também ser interpretada como protesto da natureza e de seus íncolas contra o conquistador, que, depois de roubar a terra ao vencido, escravizou o primitivo habitante. Às vezes os versos do poema soam como suspiros de saudade de tempos que se passaram, de lugares queridos que nunca se hão de rever, de florestas desaparecidas e de uma vida que se extinguiu. Talvez se possa chamar de pessimismo cultural a este sentimento que inspira ao poeta esse protesto
Dans une certaine mesure, cette œuvre [
Os timbirasLe commentaire de Lúcia Miguel-Pereira est beaucoup moins étendu ; elle se limite à des observations sur les attentes de Gonçalves Dias concernant le poème, fournit les données historiques sur lesquelles l’intrigue est fondée et spécule sur les raisons pour lesquelles le poète ne l’a pas terminé. Pour le reste, elle formule un jugement de valeur, ne reconnaissant à la composition qu’un mérite relatif :
Há [...] majestade e sopro épico no tom geral, porém não aquela grandeza que empolga e subjuga – a marca da epopeia. Mas é inegável que, se está longe de ser uma Ilíada, encerra trechos realmente inspirados sobre a natureza, sobre a vida e os costumes primitivos. (Miguel-Pereira, 1943, p. 129)
Il y a [...] de la majesté et du souffle épique dans le ton général, mais pas cette grandeur qui excite et
subjugue Iliade, elle 16Cassiano Ricardo,
O poema
se desenrola vigoroso, salpicado de trechos líricos admiráveis. A narrativa é cheia de cor e movimento, não obstante o verso medido, o verso branco. (Ricardo, 1969 [1956], p. 87)
Le poème [...] se déroule vigoureusement, parsemé d’admirables passages lyriques. Le récit est plein de couleurs et de mouvement, malgré le vers métrique, le vers blanc.
Enfin, Antô
nio C“11Os timbiras “eu inspir“Caramuru et Uraguai“sub fine“ (ibid., p. 94). 17Au-delà de cette troisième période de l’histoire de la réception, il est possible d’entrevoir l’émergence d’un nouveau moment dans des contributions plus récentes :
Gentis guerreiros : o indianismo de Gonçalves Dias udia Neiva de Matos, et Gonçalves Dias : o poeta na contramão - literatura e escravidão no romantismo brasileiro (2010) de Wilton JosMarques. 18La premi
Gentis guerreiros“Gonçalves Dias : o poeta na contramão Os timbirasMeditação (1846), consacrsil esclavagiste. 19Gentis guerreiros
““““Diff““Cultural Studiescennies. L’“odale, litiste, [...], m‘’12“restabelecer a Moral e a Ordem do passado na modernidade burguesa decaída”“indigne, id avec l’assimilation du “ (ibid., p. 28)“Os timbiras “ão [...] dos maiores xitos do indianismo gon(ibid., p. 31)“alvesla diff“” (ibid., p. 83), m“a identidade do Outro desaparece, absorvida pela imagem projetada do Mesmo [...] “l’identitme []”20Gonç
alves Dias : o poeta na contramãoCultural Studies“silienalves Dias, diverge complGentis guerreiros
uma obra literária que se caracteriza não apenas por ser avessa às expectativas românticas oficiais, mas, sobretudo, por trazer em si todos os elementos necessários à explicitação das várias mazelas sociais do Brasil oitocentista, o que, por tabela, traduz-se num gesto inconteste de denúncia.
une œuvre littéraire qui se caractérise non seulement par son aversion pour les attentes romantiques officielles, mais surtout par le fait qu’elle réunit en elle tous les éléments nécessaires à l’explicitation des différents maux sociaux du Brésil du XIXe siècle, ce qui se traduit d’ailleurs par un geste de dénonciation indéniable.
21Notre but n’est pas d’entamer ici le débat suggéré par ces lectures qui, bien qu’elles aient en commun d’examiner les aspects idéologiques en jeu dans la partie de l’œuvre de Gonçalves Dias consacrée aux Amérindiens et aux Africains, aboutissent à des résultats divergents. Cependant, cette controverse constitue un point de départ incontournable pour l’analyse d’une quatrième période dans l’histoire de la réception critique de Gonç
alves Dias – que, poeta na contramão“Gentis guerreiros
22Pour finir, on se concentrera sur les motivations et les conséquences du choix de la forme épique
. te a consie sil, oea dla d23Si cela est parfaitement compréhensible, il est étonnant, en revanche, que le poète ne se soit pas laissé ébranler dans son estime pour l’épopée par l’usure croissante de ce genre de poé
sie, corrA confederação dos tamoios, alves de Magalhme annLettres13alves Dias
Estávamos uma meia dúzia em casa do Sr.
[Alexandre] Herculano, e eu tratava de defender o nosso poeta, que estava ali sendo vítima de exageradas censuras : exageradas, digo, quando se aprecia o seu merecimento em geral. [...]
O Sr. Herculano, que não entrara na discussão, abriu o volume, leu duas coisas, e achando alguma que lhe não agradava, voltou-se para mim com alguma vivacidade, mandando que matasse ao meu colega.
Disse-me ele : ‘Mate-me esse homem. Mate-mo.’
Nous étions une demi-douzaine dans la maison de M. [Alexandre] Herculano, et j’essayais de défendre notre poète, qui était là victime de reproches exagérés : exagérés, dis-je, quand on apprécie son mérite en général. [...]
M. Herculano, qui n’était pas entré dans la discussion, ouvrit le volume, lut deux choses, et en trouvant une qui ne lui plaisait pas, se tourna vers moi avec quelque vivacité, en m’ordonnant de tuer mon collègue.
Il m’a dit : “Tuez cet homme. Tuez-le.”
Il conclut :
Era a mesma voz que eu tinha ouvido no começo da minha carreira, e como da primeira vez, rompendo espontânea da abundância do coração. Vim para casa ler os borrões do meu poema. Estou com mais medo, mas também com mais vontade de o acabar. (Dias, 2007 [1856], p. cxlii-cxliii)
C’était la même voix que j’avais entendue au début de ma carrière, et comme pour la première fois, faisant irruption hors d’un cœur abondant. Je suis rentré à la maison pour lire les commentaires de mon poème. Je suis plus effrayé, mais aussi plus désireux de le terminer.
Ainsi, son jugement négatif sur le poè
me de Magalh
versificação frouxa, [...] imagens pouco felizes, [...] linguagem por vezes menos grave, menos própria de tal gênero de composições. (ibid., p. cxl).
versification lâche, [...] des images malheureuses, [...] un langage parfois moins sérieux, moins propre à ce genre de compositions.
Par conséquent, son appréciation de l’épopée persiste de maniè
re in ões do [seu] poema – Os timbiras, seguramente vontade de o acabarOs timbirasvolontriter Primeiros cantos composception, Herculano ne s24Cependant, il semble clair que l’une des raisons pour lesquelles les jugements critiques sur le poème ont été bien en deçà des attentes de l’auteur – outre, bien sûr, le fait que l’œuvre est resté
e incomplVerssimocedi[do] ao preconceito do poema pico da tradição portuguesa , et Haroldo Paranhos 14em desacordo com o momento em que foi produzid[a]en d”Os timbiras lvio Romero (1953 [1888], p. 1010), Manuel Bandeira (1952, p. 225) et Cassiano Ricardo (1969 [1956], p. 87 et 90). Antnio C
tratar-se mais de um malogro épico, no sentido estrito, de que um malogro poético,
pois as partes líricas, marginais à narrativa, são frequentemente admiráveis, contando-se algumas entre o que de melhor escreveu.
C’est plus un échec épique, au sens strict, qu’un échec poétique, [...] car les parties lyriques, marginales par rapport au récit, sont souvent admirables, comptant pour certaines parmi les meilleures.
En effet, le critique a raison lorsqu’il souligne que
sc
Desdobra-se da noite o manto escuro
:
Leve brisa subtil pela floresta
Enreda-se murmura, – amplo silêncio
Reina por fim. Nem saberás tu como
Essa imagem da morte é triste e torva,
Se nunca, a sós contigo, nunca a pressentiste.
Longe deste zunir da turba inquieta.
No ermo, sim; procura o ermo e as selvas...
Escuta o som final, o extremo alento,
Que exala em fins do dia a natureza!
O pensamento, que incessante voa,
Vai do som à mudez, da luz às sombras
E da terra sem flor, ao céu sem astro.
Similha a fraca luz, qu’inda vacila
Quando, em ledo sarau, o extremo acorde
No deserto salão geme, e se apaga ! (
Le manteau sombre de la nuit se déploie :
une brise légère et subtile à travers la forêt
murmure lentement, – un ample silence
règne enfin.
e.
La pense, l’accord ultime
Era a hora gentil, filha de amores,
Era o nascer do sol, libando as meigas,
Risonhas faces da luzente aurora !
Era o canto e o perfume, a luz e a vida,
Uma só coisa e muitas, – melhor face
Da sempre vária e bela natureza :
Um quadro antigo, que já vimos todos,
Que todos com prazer vemos de novo.
25Finalement, comme le temps le montrera,
Os timbiras, destineA confederação dos tamoios Os filhos Tupã de Alencar, de Colombo (1866), de Manuel de Arajo Porto Alegre, et de O Guesa, de Joaquim de Sousndrade. 26Quant à Gonçalves Dias, il reste dans les mémoires, lu et estimé par les siens ; mais ce n’est pas le cas du poème sur lequel il a travaillé avec tant d’acharnement et de persévérance pendant des années, nourrissant son désir de gloire littéraire, et à propos duquel, plein d’espoir, il déclarait :
”