Bibliographie
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Hazoumé, Paul, Doguicimi, Paris, Maisonneuve et Larose, 1978, [1938].
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Tonda, Joseph, L’impérialisme postcolonial. Critique de la société des éblouissements, Paris, Karthala, 2015.
Vinclair, Pierre, De l’épopée et du roman : essai d’énergétique comparée, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015.
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Notes
Paul Hazoumé, Doguicimi, Paris, Maisonneuve et Larose, 1978, [1938].
René Maran, “Doguicimi”, in La Dépêche de Toulouse, (1938), coupure sans références, Dakar Res. 10331, cité in Michel Fabre “De Batouala à Doguicimi, René Maran et les premiers romans africains”, in Véronique Porra, János Riesz et Alain Ricard (éd.), Semper aliquid novi, Littérature comparée et littératures d’Afrique, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 1990, p. 247.
René Maran, “Les écrivains français de couleur”, Ms. sans date, Bibliothèque de l’université de Dakar, p. 6-7, cité in Véronique Porra, János Riesz et Alain Ricard (éd.), Semper aliquid novi, Littérature comparée et littératures d’Afrique, Tübingen, Gunter Narr Verlag, 1990, p. 247.
Sur ce point, René Maran est rejoint par Richard Bjornson, qui, dans la préface de la traduction américaine du roman, le compare à Don Quichotte et Moby Dick. Voir Paul Hazoumé, Doguicimi : the first Dahomean novel, Washington, Three Continents Press, 1989.
Voir à ces sujet Véronique Campion Vincent, “L’image du Dahomey dans la presse française (1890-1895) : les sacrifices humains”, Cahiers d’études africaines, vol. 7, n° 25, 1967, p. 27-58.
Voir Yambo Ouologuem, Le Devoir de violence, Paris, Éditions du Seuil, 1968.
Voir à ce sujet Martine Balard, Dahomey 1930 : mission catholique et culte vodoun. L’œuvre de Francis Aupiais (1877-1945), missionnaire et ethnographe, Paris, L’Harmattan, 1999.
Lettre de Francis Aupiais à Paul Hazoumé, datée du 5 janvier 1934, voir Francis Aupiais, Lettres à Paul Hazoumé, Rome, Publications de la Société des Missions Africaines, collection Sankofa, vol. n°12, 2018, p. 108, édition établie par Pierre Saulnier.
Adrien Huannou, “Paul Hazoumé”, in Littératures francophones. Dix-neuf classiques, Paris, Clef, 1994, p. 115.
Doguicimi, op.cit., p. 510.
Voir Georg Lukács, Le Roman historique, Paris, Payot et Rivages, 2000, p. 56 : “Sans une relation sentie avec le présent, une figuration de l’histoire est impossible. Mais cette relation historique, dans le cas d’un art historique réellement grand, ne consiste pas à faire allusions aux événements contemporains […], mais à faire revivre le passé comme la pré-histoire du présent, à donner une vie poétique à des forces historiques, sociales et humaines qui, au cours d’une longue évolution, ont fait de notre vie actuelle ce qu’elle est”.
Voir la préface de Georges Hardy : “Si l’on se rappelle qu’il ne s’agit pas ici d’événements très reculés dans le passé ni d’habitudes entièrement disparues, on conviendra sans doute que cette méthode est plus près que toute autre de la vérité et qu’elle garde la valeur d’un intelligent ‘‘reportage’’”, Doguicimi, op.cit., p. 11.
Voir Florence Goyet, Penser sans concept : fonction de l’épopée guerrière, Paris, Champion, 2006.
Voir Eleni Coundouriotis, Claiming history. Colonialism, Ethnography, and the Novel, Columbia University Press, 1999.
Doguicimi, op.cit., p. 34.
Voir à ce sujet Paul Hazoumé, Le Pacte de Sang au Dahomey, Paris, Institut d’Ethnologie, 1937.
Voir Pierre Vinclair, De l'épopée et du roman : essai d'énergétique comparée, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015 pour qui une “énergie épique” peut exister dans des romans dont l’”économie rhétorique” serait proprement épique.
Doguicimi, op. cit., p. 10.
Doguicimi, op.cit., p. 58.
Doguicimi, op. cit., p. 473-474.
La comparaison entre Doguicimi et une pièce de théâtre classique, dont elle partagerait le goût pour le huis clos, a déjà été énoncée à plusieurs reprises par la critique. Voir notamment Josias Semujanga, Dynamiques des genres dans le roman africain. Éléments de poétique transculturelle, Paris, L’Harmattan, 1999, p. 44 et Robert Pageard, Littérature négro-africaine d’expression française, 4e éd. revue et augmentée, Paris, L’École, 1979, p. 59.
Paul Hazoumé, Doguicimi, op. cit., p. 100-101.
Voir également à ce sujet Pierre Vinclair, De l’épopée et du roman. Essai d’énergétique comparée, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.
Voir Paul Hazoumé, “Héroïsme d’une Amazone dahoméenne”, La Reconnaissance africaine, Porto-Novo, n°1-2-3 (août-octobre 1925).
Voir Paul Hazoumé, “Journal de voyage de Cotonou à Dassa-Zoumé”, La Reconnaissance Africaine, Porto-Novo, n°13, 14, 16, 19, 20, 22, 27, 29 (mars-novembre 1926).
“Alde respunt : “Cist moz mei est estranges/ Ne placet Deu ne ses seinz ne ses angles/Après Rollant que jo vive remaigne !”/ Pert la culur, chiet as piez Carlemagne,/ Sempres est morte. Deus ait mercit de l’anme !”, laisse CCLXXIII, v. 3717-3721. Voir aussi à ce sujet Jules Horrent, La Chanson de Roland dans les littératures française et espagnole au Moyen-Âge, Paris, Les Belles Lettres, 1951, p. 206 : “La mort d’Aude est impressionnante. À peine engagée, l’action se dénoue tragiquement. La brièveté est pour beaucoup dans cette réussite, mais aussi la justesse psychologique, la simplicité primitive de la narration, son expression tantôt heurtée, tantôt en demi-teintes, toujours efficace. […] La Chanson de Roland est une geste politique et religieuse ; le frémissement de l’amour n’y trouve point de place ; l’amour d’Aude est tellement absolu qu’il ne modifie pas le ton général : c’est un éclair fulgurant”.
Voir Doguicimi, op. cit.,p. 71 : “Ils ne cessaient de louer aussi la sagacité de Toffa qui, en bon connaisseur de l’âme humaine, laquelle, selon une expression chère au prince, s’extériorisait, très souvent, chez les êtres à sept paires de côtes, avait donné à cette femme, le jour même où il l’avait épousée, le doux nom de Doguicimi signifiant : “Distinguez-moi”, et qui seul servait désormais à la désigner”.
Sur l’importance et la variété du champ discursif occupé par Doguicimi, nous nous permettons de renvoyer à une autre analyse que nous avons eu l’occasion de mener : voir Ninon Chavoz, “‘‘Qu’on se garde d’y voir un roman colonial’’ : storytelling colonial et discours emmurés dans Doguicimi de Paul Hazoumé”, Face au storytelling du dominant : pratiques contre-narratives au prisme du genre et du fait colonial, Paris, Classiques Garnier, à paraître.
René Maran, op. cit.
Voir notamment à ce sujet Marlène-Michèle Biton, L’art des bas-reliefs d’Abomey, Paris, L’Harmattan, 2000.
Déborah Lifchitz, Hazoumé (Paul), Doguicimi, in Journal de la Société des Africanistes, 1938, tome 8, fascicule 2, p. 212-213.
Voir Doguicimi, op. cit., p. 70 : “Un pagne de velours rosé lui couvrait les seins sans en celer, toutefois, l’exubérant développement qui indiquait son origine plébéienne, ce qui contrastait quelque peu avec la noblesse de ses gestes et de ses sentiments. Venue de l’autre côté des Marais à Agbomê en compagnie d’autres jeunes filles recrutées pour le Palais, elle fut distinguée il y a deux saisons sèches, dans un lot où Toffa choisit une épouse, sur l’ordre du roi Guézo, la veille de la grande fête des ancêtres”.
La perte de pouvoir de la dynastie et la mort de Béhanzin en exil comptent parmi les événements qu’annonce Doguicimi : “Tu nourris l’espoir de voir ta postérité régner toujours sur le Danhomê. En expiation de ses crimes, ce pays tombera de la plus haute puissance à la plus basse servitude. Il aura beau posséder la puissance du lion, ton successeur finira par trouver, lui aussi, des gens qui lui limeront les dents et lui rogneront les griffes au point qu’il ne lui restera du félin que le marcher majestueux. Quant à ton petit-fils, il pourra être aussi féroce que le requin. Il ne terrifiera pas longtemps son peuple et ses voisins : il finira par être chassé de son pays et il traînera misérablement sa vie loin des siens.”, Doguicimi, op.cit., p. 108. Si elle s’appuie largement sur la rhétorique chrétienne du “châtiment”, la parole de Doguicimi n’en demeure pas moins ancrée dans la tradition dahoméenne des symboles royaux, telle que la représente à l’orée du roman Déguénon Fonfi. Le lion est en effet le symbole dynastique de Glèlé, successeur de Guézo, tandis que Béhanzin a comme insigne le requin.
Nous empruntons l’expression à Elara Bertho qui en fait la caractéristique du héros clairvoyant, mais incapable d’entraver le cours de l’histoire coloniale. Voir Elara Bertho, Mémoire postcoloniale et figures de résistants africains dans la littérature et dans les arts. Nehanda, Samori, Sarraounia comme héros culturels, thèse soutenue le 25 novembre 2016.
Là encore, une lecture du texte au prisme des gender studies, pour anachronique qu’elle soit, ne nous semble pas dépourvue d’intérêt. La mise à l’épreuve du corps féminin dans Doguicimi pourrait par exemple être rapprochée de la représentation contemporaine qu’en propose Hemley Boum lorsqu’elle décrit dans Les Maquisards le supplice imposé – par la main du colon cette fois – à une résistante proche du maquis de Mpodol. Voir Hemley Boum, Les Maquisards, Paris, La Cheminante, 2016.
Il semble intéressant ici de mentionner la combinaison du prophétisme et du martyr qu’étudie Maria Janion dans sa réflexion sur l’applicabilité des études postcoloniales au cas de la Pologne. Selon elle, le développement d’un “prophétisme martyr” en Pologne naît d’une situation paradoxale, fondée sur la coexistence d’un complexe d’infériorité dû à la colonisation du pays et d’un complexe de supériorité qu’entretiennent dans l’imaginaire national des fictions colonialistes. Voir Maria Janion, Niesamowita Slowianszczyzna, Varsovie, Wydawnictwo Literackie, 2016. La situation du Dahomey colonisé, ressassant les gloires du passé colonial du royaume d’Abomey, se rapproche à bien des égards du schéma identifié par Maria Janion.
Voir par exemple Kimberlé Crenshaw, “Mapping the Margins: Intersectionality, Identity Politics, and Violence against Women of Color”, Stanford Law Review, 1991, vol. 43, no 6, p. 1241–1299.
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