Notes
Voir Dubar, Claude, La socialisation : Construction des identités sociales et professionnelles [2000], Paris, Armand Colin, 2010. L’auteur explique l’opposition que fait Ferdinand Tönnies dans Gemeinschaft und Gesellschaft (1887) entre communauté, Gemeinschaft (les individus „restent liés malgré toute séparation”) et société, Gesellschaft (les individus sont „séparés malgré toute liaison”).
Goyet, Florence, „L’épopée refondatrice : extension et déplacement du concept d’épopée“, Projet Épopée, voir bibliographie.
Vinclair, Pierre, De l'épopée et du roman : Essai d’énergétique comparée, Rennes, Presses Universitaires, 2015.
„Qu’est-ce que c’est que ces gens-là, un collège de vieillards ? Pas tous. Il y en a des jeunes. Tout cela soudain se met à courir, puis s’arrête, ou tente de se disperser, alors que les infirmières et quelques gardiens, du type dont le col marque la nuque, se précipitent à droite, à gauche, ramassent leur troupeau. Des avions passent, en haut, qui ne s’occupent pas de nous, ayant probablement mission ailleurs, mais ce bétail humain hurle de terreur, se serre. […] C’est une maison de fous, au sud d’Orléans, qui a été évacuée comme ça, sur les routes de France.” Blanche ou l’oubli, p. 122-123
Le contrôle de la Sicile, interface d’échange entre le continent africain et la péninsule italienne, est l’un des enjeux stratégiques majeurs de l’affrontement entre les forces de l’Axe et celles de l’Alliance. L’île est le théâtre d’opérations militaires décisives ; d’abord occupée par les Allemands qui y campent leurs troupes pour défendre leurs positions, elle est ensuite envahie par les Anglais et les Américains en 1943 lors de l’opération Husky de débarquement des Alliés en Sicile le 10 juillet 1943. Celle-ci marque le début du recul des forces de l’Axe en Italie et entraînera la signature de l’armistice le 08 septembre 1943.
„Quel pescatore, tanto per dirne uno, che si dichiarò ormai per sempre sceso di barca e salito a cavallo […].”Horcynus Orca, p. 74. „Ce pêcheur, pour lui donner un nom, qui se déclarait désormais pour toujours descendu de barque et monté à cheval […].”. Notre traduction, ici et pour toutes les citations d’Horcynus Orca.
Conquise aux Polonais au 13ème siècle, la Mazurie fit partie de l’ancienne Prusse-Orientale avant de devenir en 1945 une région du Nord-Est de la Pologne actuelle.
„Siehst du : was da unterging und starb, war nicht allein die Hälfte unseres Lucknower Trecks, es war ein Teil von Lucknow selbst, von seiner Vergangenheit und Eigenart, und in jenem Augenblick wußten wir instinktiv, daß, selbst wenn uns dereinst eine Rückkehr erlaubt werden sollte, Lucknow niemals mehr das für uns werden könnte, was es einmal war.” (Heimatmuseum, p. 692) Traduction : „Vois-tu : ce qui sombra et mourut là n’était pas seulement la moitié de notre convoi de Lucknow, c’était une partie de Lucknow elle-même, de son passé et de sa spécificité, et nous savions instinctivement à ce moment précis que, même s’il nous était un jour permis d’y retourner, Lucknow ne pourrait plus jamais être pour nous ce qu’elle avait alors été.” Notre traduction.
Pour le caractère imaginaire de la nation et la nécessité de symboles pour se l’approprier, voir Anderson, Benedict Imagined Communities. Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, Londres, Verso, 1983.
Sur la politique linguistique d’Hitler, voir la scène de germanisation des noms propres dans Heimatmuseum ; sur la politique linguistique de Mussolini, voir Ostenc, Michel, „L’éducation en Italie pendant le fascisme. Bilan et perspectives de recherches”, Histoire de l’éducation, Persée, n° 30, 1986, p. 13-27, et le dictionnaire Treccani (www.treccani.it).
Franz Rosenzweig, cité par Victor Klemperer en exergue de Lingua Tertii Imperii : Notizbuch eines Philologen [1947], Leipzig, Reclam, 1998.
Chez Dante, fiera désigne la bête ; le terme vient du latin ferus, animal (attesté chez Virgile).
Du grec δελφίν, repris en latin par delphin (attesté chez Ovide et Virgile).
Horcynus Orca, p. 182
Le toscan est considéré comme la norme italienne de référence. Il a été peu à peu érigé en langue standard, notamment grâce aux trois grandes œuvres du XIVe siècle écrites dans ce dialecte (La Divine Comédie de Dante, Le Décaméron de Boccace et Les Chansons de Pétrarque).
Heimatmusem, p. 507.
Le nom germanisé du policier signifie „celui qui s’introduit par effraction dans les maisons”. Voir Gerrer, Jean-Luc, „Langage autoritaire et résistance dans la littérature allemande consacrée aux Provinces de l’est allemandes”, Textes et Contextes, Centre Interlangues, 2011, <halshs-00756502>.
Depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539 et l’entreprise littéraire des poètes de la Pléiade au XVIe siècle.
„Geoffrey Gaiffier est presque tout le temps en route, terriblement excité par la région, moins que de la diversité des paysages […] que du bariolé des hommes et des langages ; car, pas loin d’eux, il y a de la main d’œuvre importée de Madoera, des Dayaks de Bornéo et des Boegis des Célèbes, ce qui lui procure occasion de combler certains manques à son information pour l’ouvrage de grammaire comparée entrepris avant même d’arriver à Java, dans leur court stage à Sumatra.” Blanche ou l’oubli, p. 263.
„Ne me bornant pas comme les Malais à changer de pronom pour la politesse, le rang, les différences raciales […]“ Blanche ou l’oubli, p. 28.
„Imaginez-vous que j’avais alors commencé l’étude du malais chez Berlitz : vite le professeur en avait eu assez d’un type qui regarde le vocabulaire de cet œil-là, qui espionne le vocabulaire. À l’École des Langues Orientales, c’était autre chose.” (Blanche ou l’oubli, p. 28)
„En attendant, vous pouvez toujours potasser le Berlitz Bahasa Melayu Tinggi, spécialement édité pour le personnel commerçant d’outre-mer de la Standart Vacuum Oil en 1952, et vous le voyez d’ici, le personnel commerçant, quand on lui dit bonnement : Tuan Churchill orang Inggris ? qui apprend à répondre : Ya, Tuan Churchill orang Inggris […].” Blanche ou l’oubli, p. 55.
Voir Cazalas, Inès, Contre-épopées généalogiques : fictions nationales et familiales dans les romans de Thomas Bernhard, Claude Simon, Juan Benet et António Lobo Antunes, thèse soutenue à Strasbourg en 2011 sous la direction de Pascal Dethurens.
Horcynus Orca, p. 416.
Pour la méthode d’analyse du modèle généalogique, voir Cazalas, Inès, op. cit.
Ceux qui tuent ressemblent à ceux qui sont tués, des hommes de bronze contre des hommes de bronze.
Blanche ou l’oubli, p. 330.
Lattard, Alain, Histoire de la société allemande au XXe siècle, t. 2, la RFA 1949-1989, Paris, PUF, 2011.
Voir Merchiers, Dorle, Le Réalisme de Siegfried Lenz, Bern-Berlin-Bruxelles-…, Peter Lang, 2001. Sur la rupture générationnelle qui s’opère dans les années 1960, voir aussi Lattard, Alain, Histoire de la société allemande au XXe siècle …, op.cit..
Bausinger, Hermann, „Auf dem Wege zu einem neuen, aktiven Heimatverständnis. Begriffgeschichte als Problemgeschichte”, in Wehling Hans-Georg (dir.), Heimat heute, Stuttgart, Verlag W. Kohlhammer, 1984.
Girard, René, Le Bouc émissaire, Paris, Grasset, 1982.
Merchiers, Dorle, Le Réalisme de Siegfried Lenz, op.cit.
„Er herrschte über alles, als gehörte es ihm, und jeder hatte sich damit abgefunden oder wurde von ihm gezwungen, sich daran zu gewöhnen, von diesem krummwüchsigen, verhetzten Mann, der am liebsten die Sprache abgeschafft hätte, ja …” (Heimatmuseum, p. 50) Traduction : „Il régnait sur tout comme si cela lui appartenait et chacun en avait pris son parti ou bien avait dû s’y habituer sous la contrainte de cet homme contrefait, affairé, qui, s’il avait pu, aurait aboli le langage, oui …”
Adresse de Zygmunt Rogalla à Martin Witt sur la vie en ville : „Und ich sehe auch ein, dass [dies Wort Heimat] in einer Landschaft aus Zement nichts gilt, in den Beton-Silos, in den kalten Wohnhölen aus Fertigteilen […].” (Heimatmuseum, p. 144) Notre traduction : „Et je me rends aussi compte que [ce mot, la terre natale] ne compte pour rien dans ce paysage de ciment, dans ces silos de béton, dans les grottes en préfabriqué où vous logez […].”
Exemple notable, l’euphémisme d’une mère maquerelle âgée qui assimile la guerre à une affaire d’Allemands : „[…] e ve lo dico per ‘sperienza, senza carabinieri e armamentario … In guerra morirrebbero solo i biondi, nemmeno a pagarlo a peso d’oro lo troverebbe un bruno, quella Nasemangiato.” (Horcynus Orca, p. 19) Traduction : „[…] et je vous le dis par expérience, sans gendarme ni attirail … À la guerre ne mourraient que les blonds, pas même si elle le payait son pesant d’or elle ne le trouverait un brun, la Nezmangé.”
Le père de ‘Ndrja refuse obstinément d’échanger une poignée de main avec les villageois pour marquer son désaccord avec eux. De même, un compagnon de ‘Ndrja explique qu’il ne pourra plus prendre part à la vie sociale du village car il est revenu de guerre amputé au poignet.
“Lo scugnizzo” – l’équivalent d’un Gavroche napolitain.
Horcynus Orca, p. 547.
Sur l’importance du brouillage des référents pour éviter l’idéalisation, voir Goyet, Florence, Penser sans concepts. Fonctions de l’épopée guerrière – Iliade, Chanson de Roland et Heiji Monogatari, Paris, Champollion, 2006.
Blanche ou l’oubli, p. 167-168
„Ce que nous sommes n’est rien, ce que nous cherchons est tout”, Blanche ou l’oubli, p. 169. La formule, en allemand dans le texte, est une citation du Hyperion de Hölderlin.
Voir notamment la réécriture de L’Éducation sentimentale dans le chapitre „Une mèche de cheveux”.
Voir p. 491-493 : le narrateur s’adresse à Blanche pour parler de ses rêves mis à sac comme le fait Hypérion à Diotima pour évoquer le sac de Mistra.
Notamment par le détour d’une citation de Flaubert en exergue de la deuxième partie („On ne saura jamais combien il a fallu être triste pour entreprendre de ressusciter Carthage”), qui peut être lue en écho avec L’Après-dire.
Élisa Schlésinger et Suzette Gontard sont les grands amours Flaubert et Hölderlin ; elles servent d’inspiration pour les figures respectives de Mme Arnoux et de Diotima.
Voir p. 581 : Aragon instaure un parallèle entre les deux femmes pour la fin malheureuse de leur histoire d’amour avec Flaubert et Hölderlin.
„Je pouvais aussi bien me l’imaginer en Rosanette […]” Blanche ou l’oubli, p. 39. Dans la suite du roman, le nom de Rosanette est aussi souvent utilisé que celui de Maryse pour la désigner.
„[…] quand Élisa Schlésinger là-bas achève interminablement d’être, dans la maison d’Illenau.” Blanche ou l’oubli, p. 581.
Vassevière, Maryse, Aragon romancier intertextuel ou les pas de l'étranger, Paris, L'Harmattan, 1998.
Blanche ou l’oubli, note de bas de page, p. 244.
Aragon, par jeu et provocation, avait pourtant prévenu dès le premier chapitre que ce n’était pas un roman d’anticipation.
Goyet, Florence, „L’épopée refondatrice : extension et déplacement du concept d’épopée», op. cit.
Voir Vinclair, Pierre, De l’épopée et du roman. op. cit.
Voir le rapprochement entre „tissu” et de „texte” par l’étymologie depuis Roland Barthes (par exemple dans „Texte (théorie du)”, Encyclopédie Universalis, 1973).
Merchiers, Dorle, Le Réalisme de Siegfried Lenz, op.cit.
Ce qu’Inès Cazalas appelle „épopée pétrifiée” dans Contre-épopées généalogiques : fictions nationales et familiales …, op.cit., Introduction.
Inès Cazalas emploie ici le terme d’„épopée complexe” pour l’opposer à l’épopée pétrifiée, op. cit, Introduction.
Voir Schmitt, Evelyne, „Les mues de Zygmunt Rogalla : les mues de la Mazurie à travers les personnages féminins de Heimatmuseum”, Orbis Letterarum, 1997.
Heimatmuseum, p. 591 dans l’édition de 1978. Notre traduction.
Blanche ou l’oubli, p. 495-496
Le bichelamar est un pidgin, une langue véhiculaire qui n’est la langue maternelle de personne et qui se constitue dans la relation entre les langues d’Extrême-Orient et celles d’Europe occidentale.
Blanche ou l’oubli, p. 423-427
Voir la traduction du titre de l’essai d’Humboldt, Über die Verschiedenheit des menschlichen Sprachbaues, in Philonenko, Alexis, Humbold. À l’aube de la linguistique, Paris, Les Belles Lettres, 2006.
Voir le glossaire établi par Denis Thouard dans Humboldt (von) Wilhelm, Sur le caractère national des langues et autres écrits sur le langage, Thouard, Denis (trad.), Paris, Seuil, 2000
Les Pays-Bas commencèrent à installer leur pouvoir dans les îles indonésiennes au XVIIème siècle en y imposant un monopole commercial. Ce sont eux qui fondèrent la capitale Batavia en 1619. Après divers affrontements, les Néerlandais prirent le contrôle total du territoire en 1908 et l’unifièrent sous le nom d’Indes néerlandaises. À la même époque se forme le mouvement Budi Utono, une association de nobles pour l’indépendance et l’éducation moderne. Nous pouvons supposer qu’Alit en est un représentant dans la mesure où le jeune prince a fait ses études à Oxford : sa condition sociale et le parti-pris d’une éducation occidentale correspondent en effet au profil des membres de Bundi Utoro. La culture anglo-saxonne est par ailleurs prisée au sein du mouvement indépendantiste, du fait que les Britanniques sont les grands adversaires des Néerlandais sur la scène maritime et commerciale.
Blanche ou l’oubli, p. 267
Voir ici même Épopées et guerres coloniales (livraison 4 du Projet épopée, 2018) dirigée par Elara Bertho et Aude Plagnard.
Aragon portait un fort intérêt à la littérature postcoloniale : Daniel Bougnoux, lors d’une intervention intitulée „L’avenir dans Le Fou d’Elsa de Louis Aragon” donnée le 06 septembre 2013 sur France Culture, précise que l’auteur était un grand lecteur de Kateb Yacine.
Lull, James, „Superkultur”, in Hepp, Andreas und Löffelholz, Martin (éd.), Grundlagentexte zur transkulturellen Kommunikation, Konstanz, UVK Verlagsgesellschaft mbH, 2002
La férocité du dauphin est décrite implicitement dans la dénomination fera. Le père de ‘Ndrja justifie ainsi l’emploi de ce terme : „Questa, vossia non lo può sapere, noi la chiamiamo fera e fera effettivamente è. E fera vuole dire pescebestino, tutto una fetenzìa d’animale che in quanto carne, non vale un soldo, ma quanto al cervello ce l’ha fino, genialone, non c’è che dire. Fera, basti dire, fera : scellerata e sterminatrice, campa fra ladroneggi e assassinaggi. […]“ (Horcynus Orca, p. 181) Traduction : „Celle-ci, Votre Grâce ne peut pas le savoir, nous l’appelons bête et bête elle est, effectivement. Et bête veut dire poissonpuant, toute une infection d’animal qui, en tant que chair, ne vaut pas un sou, mais quant au cerveau, elle l’a fin, du grand géni, il n’y a pas à dire. Bête, qu’il suffise de dire, bête : scélérate et exterminatrice, elle vit entre vols et assassinats. […]“
Delfino, au contraire, renvoie à une conception opposé, mythifiée et pacifique. L’officier de la marine italienne Monanin glorifie ainsi le dauphin : „Capite ? I delfini portano fortuna, portano bene. Difatti, qualcosa di buono accade sempre a chi va per mare e s’incontra coi delfini.” (Horcynus Orca, p. 207) Traduction : „Vous comprenez ? Les dauphins portent fortune, ils portent bonheur. En effet, quelque chose de bon arrive toujours à qui va par les mers et rencontre les dauphins.”
L’Excellence : „è martire” („C’est un martyre”), Horcynus Orca, p. 182.
Le père de ‘Ndrja : „lo chiamamo pescebestino” („nous l’appelons poissonpuant”), dans le même dialogue, Horcynus Orca, p. 181, cité ci-haut.
Horcynus Orca, p. 151
Pellisquadra est un néologisme qui désigner les pêcheurs, par métonymie avec leur peau tannée par le soleil. Nous proposons de le traduire par peaux-ravinées pour le rapprocher de „peaux-rouge” (pellirossa).
L’homosexualité masculine et la subversion des représentations traditionnelles du genre sont des motifs récurrents du roman : elles sont présentées chez les villageois comme des indices d’une nature pervertie. L’auteur déconstruit cette perspective en souterrain dans la narration.
La société mussolinienne s’était construire autour d’un éloge de la force. Pensons par exemple au „Bisogna essere forti”, extrait d’un discours tenu à Coni le 24 août 1933. L’analyse du dictionnaire de mythologie le plus édité à l’époque fasciste, celui de Giovanni Stano (Dizionario di miti, leggende, costumi greco-romani) est éclairante : très peu de pages sont réservées à Ulysse, le héros de la ruse, tandis que le mythe d’Hercule a droit à un développement conséquent.
Horcynus Orca, p. 1002.
Toutes les figures d’étrangères dans le roman (les prostituées – femminotte –, Ciccina Circè et l’Américaine) sont présentées comme de dangereuses prédatrices sexuelles en opposition aux femmes du village.
Voir l’expression „sceso di barca” utilisée comme métaphore de l’aliénation des pêcheurs.
„Vogliose, incapricciate del mascolone, gli facevano sentire il verso della loro vergogna emozionata, la coda girata per sotto, a sventolarsi il nicchiarello infocato. Si udiva quel pititiare, quella schifoseria di pernacchiette, si vedeva quel mare là come infemminito, schiene su schiene, tornotorno, che respiravano gonfie, occhi e occhi che fra le ciglia socchiuse spiavano verso il tubo schiumante dell’orcaferone.“ (Horcynus Orca, p. 670) Traduction : „Avides, entichées du mastodonte, elles lui faisaient sentir le revers de leur honte fiévreuse, la queue tournée vers le bas, en se ventilant leur petite cavité torride. On entendait leurs pipipipiallements, cette saloperie de minauderie, on voyait ce morceau de mer là qui était comme féminisé, elles dos sur dos, tournées et retournées, qui respiraient toute bouffies, des yeux et des yeux qui épiaient entre leurs cils entrouverts le tuyau écumant de l’orque, ce gros animal.”
La société mussolinienne s’était construire autour d’un éloge de la force. Voir par exemple le „Bisogna essere forti”, extrait d’un discours tenu à Coni le 24 août 1933. L’analyse du dictionnaire de mythologie (Dizionario di miti, leggende, costumi greco-romani de Giovanni Stano) le plus édité à l’époque fasciste est éclairante : très peu de pages sont réservées à Ulysse, le héros de la ruse, tandis que le mythe d’Hercule a droit à l’un des développements les plus conséquents.
„E poi cadeva la bomba, senza la minima avvisaglia di aeroplani. […] Un muccusello di sette anni di nome Nino, una muccusa di sedici anni di nome Ina, un’altra signorina di ventuno di nome Franchina, una madre di famiglia di trentanove anni di nome Marta e un padre di famiglia di nome Paolo Castorina, di punt’in bianco volavano per aria, senza colpa né peccato, volavano a mare ancora caldi caldi […].” (Horcynus Orca, p. 450) Traduction : „Et puis tombait la bombe, sans le moindre signe d’avertissement lancé par les avions. […] Un petit drôle de sept ans du nom de Nino, une drôlesse de seize ans du nom de Ina, un autre demoiselle de vingt-et-un ans du nom de Franchina, une mère de famille de trente-neuf ans du nom de Marta et un père de famille du nom de Paolo Castorina, de but’en blanc volaient par les airs, sans faute ni péchés, ils volaient dans la mer encore tout chauds […].”
Nous entendons ici politique au sens large : qui concerne la polis, les hommes organisés en société.
„Li abbiamo, li abbiamo i calli” fecero i sbarbatelli.
„Li hanno, dicono loro” fece ‘Ndrja, provocatorio, però bonario provocatorio, rivoloto a Masino. „Capaci che non hanno nemmeno il foglio di pesca. Per qualcuno, anzi, ci scommetto, non solo che non l’ha, ma forse nemmeno non lo sa.” (Horcynus Orca, p. 1037) Traduction : „Nous les avons, nous les avons les cals” firent les blancs-becs.
„Ils les ont, c’est ce qu’ils disent” fit ‘Ndrja, d’un ton provocateur, mais provocateur débonnaire, s’adressant à Masino. „Si doués qu’ils n’ont même pas de tête plombée. Pour certains, même, je parie que non seulement ils ne l’ont pas mais qu’ils ne le savent peut-être même pas.”
Vinclair, Pierre, De l’épopée et du roman. op. cit.
Nous empruntons le terme à la géographie et à la sociologie urbaine ; voir notamment Vanier, Martin, „Qu'est-ce que le tiers espace ? Territorialités complexes et construction politique”, Revue de géographie alpine, vol. 88, n° 1, Année 2000, p. 105-113 ; et Le Gall, Julie et Rouge, Lionel, „Oser les entre-deux !”, Carnets de géographes, n° 7, 2014.
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