Bibliographie
Albert, Jean-Pierre, “Pourquoi les héros nationaux sont-ils souvent des vaincus ?”, in Pierre Laborie, Patrick Cabanel (éd.) Penser la défaite, Toulouse, Privat, 2002, p. 2127.
Andurain, Julie d’, La Capture de Samory, 1898 : l’achèvement de la conquête de l’Afrique de l’Ouest, Outre-mer, Saint-Cloud, Soteca, 2012.
Bakhtine, Mikhaïl, Problèmes de la poétique de Dostoïevski, Lausanne, L’âge d’homme, 1970.
Baumgardt, Ursula, et Derive Jean (éd.), Paroles nomades : écrits d’ethnolinguistique africaine, en hommage à Christiane Seydou, Paris, Karthala, 2005.
Baumgardt, Ursula, et Derive Jean (éd.), Littératures orales africaines : perspectives théoriques et méthodologiques, Tradition orale, Paris, Karthala, 2008.
Bertho, Elara, “Sarraounia, une reine africaine entre histoire et mythe littéraire (Niger, 1899-2010)” [en ligne], Genre & Histoire (2011/8), disponible sur http://genrehistoire.revues.org/1218.
Bertho, Elara, “Fictions littéraires et récits historiques de la capture de Samori : une exploration historiographique”, in Charles Becker, Roland Colin, Liliane Daronian, Claude-Hélène Perrot, Yves Person, un historien de l’Afrique engagé dans son temps, Paris, Karthala, 2015, p. 4963.
Bertho, Elara, “Médias, propagande, nationalismes. La filiation symbolique dans les chants de propagande : Robert Mugabe et Mbuya Nehanda, Sékou Touré et Samori Touré”, Cahiers de Littérature Orale, “Paroles publiques et paroles confidentielles : façons de parler dans la sphère publique et sur ses marges”, n° 77, 2015. En ligne : https://clo.revues.org/2372
Boyer, Pascal, “Récit épique et tradition”, L’Homme, avril-juin 1982, XXII-2, p. 5-34.
Boyer, Pascal, “L’étoffe et la doublure du héros. Remarques sur les couples des personnages héroïques”, in Singularités. Textes pour Eric de Dampierre, Paris, Plon, 1989.
Brunel, Pierre, Dictionnaire des mythes littéraires, Monaco, Édition du Rocher, 1988.
Camara, Djiguiba, “Histoire locale”, 1955, tapuscrit inédit, archives de la BRA, Paris 1.
Cazalas, Inès, Contre-épopées généalogiques : fictions nationales et familiales dans les romans de Thomas Bernhard, Claude Simon, Juan Benet et António Lobo Antunes, Thèse de doctorat, sous la direction de Pascal Dethurens, Université de Strasbourg, Strasbourg, 2011.
Casajus, Dominique, “Retour sur le dossier H”, in Paroles nomades, Écrits d’ethnolinguistique africaine, Paris, Karthala, 2005, p. 47-70.
Centlivres, Pierre, Fabre, Daniel, et Zonabend, Françoise (éd.), La fabrique des héros, Ethnologie de la France 12, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1999.
Colin, Roland, Kènèdougou au crépuscule de l’Afrique coloniale : mémoires des années cinquante, Paris, Présence africaine, 2004.
Conrad, David C., et Condé, Djanka Tassey, Sunjata : A West African Epic of the Mande Peoples, Indianapolis, Hackett Pub. Co., 2004.
Conrad, David C., “Almami Samori in academic imagination : constructing epic adventures to realize ambitions and dreams”, Mande Studies (2011/10), p. 175-214.
Dante, Alassane, Mohamed Lamine Maiga, Sarraounia, ballet lyrique d’après le roman de Mamani Abdoulaye, Niamey, ORTN, 1986.
Delafosse, Maurice, Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingue. Etude grammaticale du dialecte dyoula, vocabulaire français-dyoula, histoire de Samori en Mandé, étude comparée des principaux dialectes mandé, Publications de l’École des langues orientales vivantes. 3e série 14, Paris, E. Leroux, 1901.
Diabaté, Massa Makan, Janjon et autres chants populaires du Mali, Paris, Présence africaine, 1970.
Diabaté, Massa Makan, Une si belle Leçon de patience. Pièce primée lors du Concours Théâtral Interafricain 1970, Paris, ORTF-DAEC [Office de la radio télévision française-Département des affaires extérieures et de la coopération], 1972.
Diabaté, Massa Makan, Une Hyène à jeun : théâtre, Paris, Hatier, 1988.
Dieng, Bassirou, “Étude théorique des épopées africaines”, Projet Épopée, volume 1 (2015), https://journals.openedition.org/epopee.
Dilley, Roy, Henri Gaden à travers l’Afrique de l’ouest (1894-1939) : fils de Bordeaux, aventurier africain, trad. Balans Jean-Louis, Paris, L’Harmattan, 2015.
Edwards, W., “Wiri”, Native Affairs Department Annual, Salisbury, Native Affairs Department, (1960-1962).
Finnegan, Ruth H., Oral Literature in Africa, Oxford Library of African Literature, Londres, Clarendon Press, 1970.
Fouéré, Marie-Aude, “La mémoire au prisme du politique”, Cahiers d’études africaines (2010/1), p. 524.
Garnier, Xavier, L’Éclat de la figure : étude sur l’antipersonnage de roman, Nouvelle Poétique Comparatiste, Bruxelles, PIE-P. Lang, 2001.
Gouraud, Henri Joseph Eugène, Au Soudan : souvenirs d’un africain, Paris, P. Tisné, 1939.
Goyet, Florence, Penser sans concepts : fonction de l’épopée guerrière, Bibliothèque de littérature générale et comparée, Paris, H. Champion, 2006.
Goyet, Florence, “De l’épopée canonique à l’épopée dispersée : à partir de l’Iliade ou des Hōgen et Heiji monogatari, quelques pistes de réflexion pour les textes épiques notés”, Études mongoles et sibériennes, centrasiatiques et tibétaines, n° 45, 2014, en ligne : http://emscat.revues.org/2366
Goyet, Florence, “Changing worlds : Can fan culture work as an epic ?”, [en ligne], sur Arthemis : http://arthemis-cinema.ca/fr/content/changing-worlds-can-fan-culture-work-epic
Hondo, Med, Sarraounia, adaptation et dialogues par Abdoulaye Mamani ; bande originale de Pierre Akendengue, Direction de la cinématographie nationale du Burkina Faso, Films Ô, 1986.
Hunwick, John O., et Kane, Ousmane, Arabic Literature of Africa : 4. The writings of Western Sudanic Africa, Leiden, Brill, 2003.
Jansen, Jan, Épopée, histoire, société : Le cas de Soundjata : Mali et Guinée, Paris, Karthala, 2001.
Jansen, Jan, “A Critical Note on ‘The Epic of Samori Toure’”, History in Africa (2002), p. 219-229.
Jansen, Jan, et Diarra, Mountaga, Entretiens avec Bala Kanté : une chronique du Manding du XXème siècle, African Sources for African History 8, Leiden, Brill, 2006.
Johnson John William, “Yes, Virginia, There Is an Epic in Africa”, Research in African Literatures 11 (1980/3), p. 308-326.
Johnson, John William, Hale, Thomas A., et Belcher, Stephen Paterson (éd.), Oral Epics from Africa. Vibrant Voices from a Vast Continent, Bloomington, Indiana University Press, 1997.
Kane, Hamidou, L’Aventure ambiguë : récit, Paris, Julliard, 1961.
Kesteloot, Lilyan, Barbey, Christian, et Ndongo, Siré Mamadou, Tyamaba, Mythe peul, et ses rapports avec le rite, l’histoire et la géographie, Dakar, IFAN, Notes Africaines, 1986.
Kesteloot, Lilyan, et Dieng, Bassirou (éd.), Les Épopées d’Afrique noire, Paris, Karthala ; UNESCO, 1997.
Kouroubari, Amadou, “Histoire de l’iman Samori”, Bulletin de l’Institut Français d’Afrique Noire (1959), p. tome 21, n° 3/4, p. 544‑571, traduit par Révérend Père Hebert.
Kourouma, Ahmadou, Quand on refuse, on dit non, Paris, Le Seuil, 2004.
Kundera, Milan, L’Art du roman : essai, Paris, Gallimard, 1986.
Léonard-Roques, Véronique, “Avant Propos”, in Figures mythiques : fabrique et métamorphoses, Clermont Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2008, p. 9-21.
Madelénat, Daniel, L’Épopée, Paris, Presses Universitaires de France, 1986.
Mamani, Abdoulaye, Sarraounia : le drame de la reine magicienne, Collection Encres noires, Paris, L’Harmattan, 1992.
Montandon, Alain, “En guise de préface”, Cahiers de recherches médiévales et humanistes. Journal of Medieval and Humanistic Studies (2004/11), p. 7-17.
Ndao, Cheik Aliou, Le Fils de l’Almany : suivi de La Case de l’homme : Théâtre, Paris, Pierre Jean Oswald, 1973.
Niane, Djibril Tamsir, Soundjata ou L’épopée mandingue, Paris, Présence africaine, 1960.
Pauthier, Céline, “L’héritage controversé de Sékou Touré, ‘héros’ de l’indépendance”, Vingtième Siècle. Revue d’histoire (2013/2), p. 3144.
Pauthier, Céline, L’Indépendance ambiguë. Construction nationale, anticolonialisme et pluralisme culturel en Guinée (1945-2010), Thèse de doctorat, sous la direction d’Odile Goerg, Paris-Diderot CESSMA, Paris, mai 2014.
Péroz, Marie Étienne, Au Soudan français : souvenirs de guerre et de mission, Paris, Calmann Lévy, 1891.
Person, Yves, Samori : une révolution Dyula, Mémoires de l’Institut fondamental d’Afrique noire 80, 3 vol. , Dakar, IFAN Paris : Centre de recherches africaines, 1968-1975.
Pilaszewicz, Stanislaw, “On the Veracity of Oral Tradition as a Historical Source : The Case of Samori Ture”, in Unwritten Testimonies of the African Past : Proceedings of the international symposium held in Ojrzanów n. Warsaw on 07-08 November 1989, Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego, 1991, p. 167-180.
Piłaszewicz, Stanisław, Mallam abu, The Zabarma Conquest of North-West Ghana and upper Volta : a Hausa narrative “Histories of Samory and Babatu and others” by Mallam Abu, Warsaw, Polish Scientific Publishers, 1992.
Rodet, Marie, et Challier, Marie, Les Migrantes ignorées du Haut-Sénégal (1900-1946), Paris, Karthala, 2009.
Rumeau, Delphine, Chants du Nouveau Monde. Épopée et modernité, Whitman, Neruda, Glissant, Paris, Classiques Garnier, 2009.
Seydou, Christiane, Silâmaka et Poullôri, récit épique peul raconté par Tinguidji, Paris, Classiques Africains, Armand Colin, 1972.
Tandina, Ousmane, et Bjornson, Richard, “Sarraounia, An Epic ?”, Research in African Literatures 24 (1993/2), p. 23-32.
Tidjani Alou, Antoinette, “Niger and Sarraounia : One Hundred Years of Forgetting Female Leadership”, Research in African Literatures 40 (2009/1), p. 42-56.
Tidjani Alou, Antoinette, “Sarraounia et ses intertextes : Identité, intertextualité et émergence littéraire”, Revue électronique internationale de sciences et langage Sudlangues, 5 (2005), p. 44-69.
Vansina, Jan, De la Tradition orale : essai de méthode historique, Musée royal de l’Afrique centrale, 1961.
Vera, Yvonne, Nehanda, Harare, Baobab Books, 1993.
Vinclair, Pierre, De l’Épopée et du Roman : essai d’énergétique comparée, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2015.
Zadi Zaourou, Bernard, Les Sofas : suivi de L’Oeil, Théâtre africain, Paris, P. J. Oswald, 1975.
Archives des phonothèques et discographie
Alpha Blondy, “Bori Samori”, Cocody Rock ! ! !, EMI, 1984.
Balla et ses Baladins, “Keme Bourema” 13’19, Objectif Perfection, 1971, SLP75.
Kamissoko M’Faly Franwalia, (récité) “Samori Tariku” 1’28’10. Enregistré à Kankan, 2008.
Kandia Kouyaté Sory, “Keme Bourema” 14’46, 1973, SLP 37.
Kouyaté, Saramba et Djiba Kouyaté, Sidiki Kouyaté, “Diamori”, 26’19, 2013.
Kouyaté, Saramba, et Laso Dumbuya, Sidiki Kouyaté, “Famagan Traoré”, 24’00, 2013.
Mahalba de Doutchi, “Sarraounia Ballet lyrique”, 13’, Nuit de la Concorde du 23 avril 1996.
Niandan Jazz (Orchestre de Kissidougou), “Samory” 09’33, 1970, SLP 19.
Samaria dan Goudaou, “Sarauniya”, 8’, à l’occasion de la tournée du PCMS à Zinder, 28 novembre 1986.
Haut de page
Notes
Saraunyia signifie “reine”, en haoussa.
Niamey (Niger), janvier-février 2011 (archives de l’Office de Radiodiffusion et Télévision du Niger) ; Harare (Zimbabwe), en tant que Research Associate à l’University of Zimbabwe, août-septembre 2013 ; Conakry (Guinée), juin 2014 (archives de la Radio et Télévision de Guinée) ; Niamey (Niger), octobre-novembre 2014 ; Dakar (Sénégal), décembre 2014.
Florence Goyet, Penser sans concepts : fonction de l’épopée guerrière, Bibliothèque de littérature générale et comparée, Paris, H. Champion, 2006.
Plus qu’une définition de l’épique fondée sur des critères thématiques ou formels, nous suivons Pascal Boyer qui définit l’épique en fonction de critères pragmatiques (Pascal Boyer, “Récit épique et tradition”, L’Homme, avril-juin 1982, XXII-2, p. 5-34), liées à une “disposition particulière des locuteurs et auditeurs” (p. 6). La tradition critique, notamment sur les définitions de l’épopée, est très ample. Pour ce qui est du comparatisme, Jean Derive a proposé un panorama de diverses formes d’épopée pour l’aire africaine (L’épopée, Unité et diversité d’un genre, Paris, Karthala, 2002) qui articulent très régulièrement mythe et histoire (p. 172 et suivantes), reprenant en cela des définitions de Madelénat (L’épopée, Paris, Presses universitaires de France, 1986).
“Samory” est l’orthographe choisie par les auteurs. Dans le cours de notre article, nous utiliserons plutôt l’orthographe devenue depuis usuelle dans l’historiographie, “Samori”, utilisée notamment par l’historien Yves Person dans sa thèse, Samori, une révolution dyula, 3 vol. , Paris, IFAN : Centre de recherches africaines, 1968-1975.
Lilyan Kesteloot, Bassirou Dieng, Les Épopées d’Afrique noire, Paris, Karthala ; UNESCO, 1997, p. 192-200.
John William Johnson, Thomas A. Hale, Stephen Paterson Belcher, Oral Epics from Africa. Vibrant Voices from a Vast Continent, Bloomington, Indiana University Press, 1997, p. 68-78.
Voir infra ce qu’en disent Kesteloot et Dieng eux-mêmes.
Sur le siège de Sikasso, voir Yves Person, Samori, une révolution dyula, tome 2, op.cit., p. 747-783.
La graphie alterne avec “Kèmè Birama”, “Kémé Bouroma”, “Kémé Bréma”.
Voir les chants de la RTG (Radio et télévision de Guinée) : “Keme Bourema” 14’46, Sory Kandia Kouyaté, 1973, SLP 37 (malinké. Traduction de Bangaly Diene Diane, que nous remercions vivement pour sa participation, et son appui. Toutes les autres traductions des textes de la RTG sont de lui) ; “Keme Bourema” 13’19, Objectif Perfection, Balla et ses Baladins, 1971, SLP75 (traduction de Bangaly Diene Diane). Sur l’épisode de la cueillette, voir Yves Person, Samori, op.cit., tome 2, note 82, page 794, et le commentaire du major Festing sur la maladie de Samori. Voir aussi le texte “Histoire locale” de Djiguiba Camara, section “cueillette de l’oseille”, tapuscrit, Bibliothèque de Recherches Africaines, Paris 1, Archives Yves Person.
Comparer le texte suivant avec le refrain des chansons de la RTG : “Keme Bourema”, de Balla et ses Balladins, enregistrée en 1971 ; et “Keme Bourema” de Sory Kandia Kouyaté, enregistrée en 1973 : “Les trois kognoba [jeunes épousées] sont pour Mfa Bourema/ Dioro, Mariama Séré et Dioufa, les trois kognoba de M’fa Bourema”.
Nous avons retrouvé ce même thème dans des récits qui s’échangent dans les marchés, ainsi de celui-ci acheté au marché de Madina, à Conakry : M’Faly Franwalia Kamissoko, (récité) “Samori Tariku” 1’28’10. Enregistré à Kankan, 2008 (malinké), ce très long récit reprend les thèmes canoniques de l’ascension de Samori, et notamment celui du pacte avec les génies.
Sur l’Afrique, voir, ici même : Bassirou Dieng, “Étude théorique des épopées africaines”, Projet Épopée 1|2015 ; Jean Derive, op. cit.
Sur l’ascension de Samori, voir Yves Person, op. cit., tome 1, p. 155-347.
Bassirou Dieng, art.cit. ; sur Soundjata, nous nous reportons au classique de Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou L’épopée mandingue, Paris, Présence africaine, 1960 ; mais surtout à la version versifiée établie par David C Conrad, Djanka Tassey Condé, Sunjata : a West African epic of the Mande peoples, Indianapolis, Hackett Pub. Co., 2004.
Voir “Samory” 09’33, Niandan Jazz (Orchestre de Kissidougou), 1970, SLP 19 : “Je dis aux femmes, si vous ne pouvez pas rester au foyer, être dignes et franches envers vos maris, / je dis encore aux femmes, si vous ne pouvez pas être au foyer, dans le groupe, /les femmes qui ont le courage de rester dans la “grande famille”, / qui se soumettent aux peines de leur mari, / c’est elles qui donnent naissance aux chefs guerriers”. Voir aussi “Keme Bourema” 14’46, Sory Kandia Kouyaté, 1973, SLP 37.
Sur le motif de la traîtrise, voir Elara Bertho, “Fictions littéraires et récits historiques de la capture de Samori : une exploration historiographique”, in Yves Person, un historien de l’Afrique engagé dans son temps, Paris, Karthala, 2015, p. 49‑63. Sur le motif plus général du héros vaincu, et de son efficacité pragmatique voir Jean-Pierre Albert, “Pourquoi les héros nationaux sont-ils souvent des vaincus ?”, in Penser la défaite, Toulouse, Privat, 2002, p. 21‑27.
Silâmaka et poullôri, récit épique peul raconté par Tinguidji, édité par Christiane Seydou, Paris, Classiques Africains, Armand Colin, 1976, p. 56 et suivantes sur la traîtrise ; pour le cas connexe du mythe, voir aussi Lilyan Kesteloot, Christian Barbey, Siré Mamadou Ndongo, Tyamaba, mythe peul, Dakar, Notes africaines, IFAN, 1985, p. 36 sur la transgression du pacte qui entraîne un châtiment.
SOAS, Migeod Collection, Hausa 98017. Manuscrit en haoussa, rédigé en ajami, (avec la graphie arabe) dont la seconde partie sur les Zarma a été publiée : Stanislaw Pilaszewicz, The Zabarma Conquest of north-west Ghana and upper Volta, “a Hausa narrative, Histories of Samory and Babatu and others” by Mallam Abu, Varsovie, Polish Scientific publishers, 1992. La partie sur Samori demeure inédite (182 folios). A partir des transcriptions en alphabet latin établies par Stanislaw Pilaszewicz (que nous remercions pour avoir bien voulu nous les communiquer) nous en avons fait une traduction, avec l’aide de Souleymane Ali Yero, traduction qui sera disponible en annexe de notre thèse. Voir aussi l’étude de Stanislaw Pilaszewicz, “On the Veracity of Oral Tradition as a Historical Source : The Case of Samori Ture”, in Unwritten Testimonies of the African Past : Proceedings of the international symposium held in Ojrzanów n. Warsaw on 07-08 November 1989, Wydawnictwa Uniwersytetu Warszawskiego, 1991, p. 167 ; voir également sur Mallam Abu les quelques informations de la notice : John O Hunwick, Ousmane Kane, Arabic Literature of Africa : 4. The writings of Western Sudanic Africa, Leiden, Brill, 2003, p. 565-566.
C’est en réalité le capitaine Gouraud qui arrête Samori, voir Julie d’Andurain, La capture de Samory, 1898 : l’achèvement de la conquête de l’Afrique de l’Ouest, Outre-mer, Saint-Cloud, Soteca, 2012.
Sur les usages de ces traits épiques pendant les indépendances, voir : pour la Guinée, Céline Pauthier, “L’héritage controversé de Sékou Touré, ‘héros’ de l’indépendance”, Vingtième Siècle. Revue d’histoire (2013/2), p. 31‑44. ; Céline Pauthier, “L’Indépendance ambiguë. Construction nationale, anticolonialisme et pluralisme culturel en Guinée (1945-2010)”, Thèse de doctorat, sous la direction d’Odile Goerg, Paris-Diderot CESSMA, Paris, mai 2014. Sur les relations entre mémoire et politique, voir Marie-Aude Fouéré, “La Mémoire au prisme du politique”, Cahiers d’études africaines (2010/1), p. 5‑24.
Sur les usages de ces traits épiques pendant les indépendances, voir : pour la Guinée, Céline Pauthier, “L’héritage controversé de Sékou Touré, ‘héros’ de l’indépendance”, Vingtième Siècle. Revue d’histoire (2013/2), p. 31‑44. ; Céline Pauthier, L’Indépendance ambiguë. Construction nationale, anticolonialisme et pluralisme culturel en Guinée (1945-2010), Thèse de doctorat, sous la direction d’Odile Goerg, Paris-Diderot CESSMA, Paris, mai 2014. Sur les relations entre mémoire et politique, voir Marie-Aude Fouéré, “La Mémoire au prisme du politique”, Cahiers d’études africaines (2010/1), p. 5‑24.
À la suite des travaux fondateurs sur la littérature orale de Ruth H Finnegan, Oral Literature in Africa, Oxford Library of African Literature, Londres, Clarendon Press, 1970. Voir entre autres Jan Vansina, De la Tradition orale : essai de méthode historique, Musée royal de l’Afrique centrale, 1961 ; le débat sur l’épique a été notamment mené par John William Johnson, “Yes, Virginia, There Is an Epic in Africa”, Research in African Literatures 11 (1980/3), p. 308‑326.
Jean Derive, Ursula Baumgardt, Littératures orales africaines, Paris, Karthala, 2008, “Étude d’un genre en transculturalité : le cas de l’épopée”, p. 210 et suivantes ; Dominique Casajus “Retour sur le dossier H”, in Jean Derive et Ursula Baumgardt, Paroles nomades, Écrits d’ethnolinguistique africaines, Paris, Karthala, 2005, p. 47-70 ; Jan Jansen, Épopée, histoire, société, Paris, Karthala, 2001, notamment p. 182 sur cette question de la relation entre mémoire et variation.
Voir les travaux, à partir de cette notion d’épopée, d’Inès Cazalas, Contre-épopées généalogiques : fictions nationales et familiales dans les romans de Thomas Bernhard, Claude Simon, Juan Benet et António Lobo Antunes, Thèse de doctorat, sous la direction de Pascal Dethurens, Université de Strasbourg, 2011, et Delphine Rumeau, Chants du Nouveau Monde épopée et modernité, Whitman, Neruda, Glissant, Paris, Classiques Garnier, 2009. Toutes deux convoquent la notion d’épopée à partir de corpus modernes, et montrent la résurgence d’une “étoffe” épique dans leurs corpus (Rumeau, p. 79) dont leurs analyses nous semblent novatrices. Notons que Jean Derive, op.cit., parle d’épopée “en mosaïque”.
Abdoulaye Mamani, Sarraounia : le drame de la reine magicienne, Paris, L’Harmattan, Collection Encres noires, 1992.
Yvonne Vera, Nehanda, Harare, Baobab Books, 1993.
À propos du roman d’Abdoulaye Mamani, voir Ousmane Tandina et Richard Bjornson, “Sarraounia, An Epic ?”, Research in African literatures 24 (1993/2), p. 23‑32.
Notamment dans Yvonne Vera, Nehanda, op.cit., le chapitre initial et le chapitre final, p. 1 et 96-97, tous les épisodes de possession, de divination, et de rêveries (p. 65-67).
Dans Abdoulaye Mamani, Sarraounia, op.cit., voir la chanson d’amour adressée par le griot à la reine, p. 12, et toutes les chansons des tirailleurs, p. 79, p. 101, qui ont d’ailleurs une place très importante dans le film tiré du roman : Med Hondo, Sarraounia, adaptation et dialogues par Abdoulaye Mamani ; bande originale de Pierre Akendengue, Direction de la cinématographie nationale du Burkina Faso, Films Ô, 1986.
Dans Nehanda, les chapitres consacrés au rapport entre Mr Browning et son serviteur Moses (chapitres 11, 13, et 17) ; dans Sarraounia, les scènes dans le camp des Français, où le vocabulaire ordurier de Voulet a pour effet la dégradation carnavalesque de l’officier (chapitres 1, 3, 5…).
Dans Sarraounia, la scène du Nkomo, p. 129-132.
“Dante, Alassane, Mohamed Lamine Maiga, Sarraounia, ballet lyrique d’après le roman de Mamani Abdoulaye, Niamey, ORTN, 1986.
Les Sofas ; suivi de L’oeil, Paris, Pierre Jean Oswald, 1975.
Une Hyène à jeun : théâtre, Paris, Hatier, 1988 ; Une si belle Leçon de patience, Paris, ORTF-DAEC, 1972.
Le Fils de l’Almany : suivi de La Case de l’homme : Théâtre, Paris, Pierre Jean Oswald, 1973.
Sur la figure de Nehanda dans la chanson de propagande au Zimbabwe (ZANU-ZAPU), voir Elara Bertho, “Médias, propagande, nationalismes. La filiation symbolique dans les chants de propagande : Robert Mugabe et Mbuya Nehanda, Sékou Touré et Samori Touré”, Cahiers de Littérature Orale, n° 77, “Paroles publiques et paroles confidentielles : façons de parler dans la sphère publique et sur ses marges”, 2015.
Pour la Guinée, voir les chants déjà évoqués de la RTG. Pour le Niger, voir par exemple les chansons “Sarraounia Ballet lyrique”, Mahalba de Doutchi, 13’, Nuit de la Concorde du 23 avril 1996 (Haoussa, Zarma) et “Sarauniya”, Samaria dan Goudaou 8’, à l’occasion de la tournée du PCMS à Zinder, 28 novembre 1986, (Haoussa), (Archives de l’ORTN).
Kesteloot et Dieng, op.cit., ne reprennent en fait que des fragments collectés par Etienne Girard, qui n’a jamais publié de version complète. De même pour la version collectée par David Conrad et présentée dans Oral Epics from Africa, op.cit.
Il existe également, dans les archives d’Yves Person conservées à la BRA de l’Université Paris 1, des documents tapuscrits qui relatent la vie de Samori. L’appellation d’épopée reste cependant sujette à caution pour de tels textes dont il est difficile, après coup, de retrouver le contexte de production.
David Conrad n’a pas encore publié ce texte. L’auteur affirme l’existence d’une épopée samorienne : “Almami Samori in Academic Imagination : Constructing Epic Adventures to Realize Ambitions and Dreams”, Mande Studies (2008/10), p. 175‑214. L’article est rédigé en réaction à Jan Jansen, “A Critical Note on “The Epic of Samori Toure””, History in Africa : A Journal of Method History in Africa (2002), p. vol. 29, p. 219‑229.
Sur ce phénomène de récupération institutionnelle, voir Elara Bertho, “Sarraounia, une reine africaine entre histoire et mythe littéraire (Niger, 1899-2010)” [en ligne], Genre & Histoire (2011/8), disponible sur http://genrehistoire.revues.org/1218. Sur la réception de Sarraounia au Niger, et le rôle des femmes, voir Antoinette Tidjani Alou, “Niger and Sarraounia : One Hundred Years of Forgetting Female Leadership”, Research in African Literatures 40 (2009/1), p. 4256. Antoinette Tidjani Alou, “Sarraounia et ses intertextes : Identité, intertextualité et émergence littéraire”, Revue électronique internationale de sciences et langage Sudlangues 5 (2005), p. 44-69.
Voir la pièce de théâtre Les Sofas, op.cit.
Voir, pour un exemple de caractérisation opposée, dans la région de Siguiri : “Diamori”, 26’19, chanté par Saramba Kouyaté et Djiba Kouyaté, Sidiki Kouyaté, 2013 (copies numériques achetées au marché de Madina, Conakry), et “Famagan Traoré”, 24’00, chanté par Laso Dumbuya, Sidiki Kouyaté et Saramba Kouyaté, 2013 (idem. Traductions de Bangaly Diene Diane).
C’est le cas également de la figure d’Abdelkader dans la littérature, voir par exemple la communication de Laure Demougin, “La figure héroïque d’Abd-el-Kader, entre la presse coloniale du dix-neuvième siècle et La Dernière nuit de l’émir d’Abdelkader Djemaï”, lors de la journée d’étude que nous avons organisée avec Florent Piton, à Paris 7 – Denis Diderot, le 25 septembre 2015, intitulée “Figures héroïques et mémoire(s)s collective(s). De l’usage des héros en contexte colonial et postcolonial”.
Nous empruntons ces deux expressions de “légende noire” et “légende dorée” à la conclusion d’Yves Person, Samori, op.cit., tome 3, p. 2037 et suivantes. La légende dorée a trait aux textes à la fois coloniaux et postcoloniaux qui ont visé à faire l’éloge de Samori. La légende noire, au contraire, est constituée de tous les textes qui dénoncent les exactions de l’armée samorienne : spoliations de terres, meurtres, infanticides, migrations forcées, tactiques de la terre brûlée sont autant de thèmes récurrents de ces textes.
Pour un exemple de caractérisation de chefs noirs sanguinaires, voir Nygassola, dont la description est fort semblable à celles de Samori, mais de manière encore plus archétypale : Marie Étienne Péroz, Au Soudan français : souvenirs de guerre et de mission, Paris, Calmann Lévy, 1891. Pour la continuité dans les années 1960 de ce mouvement de la littérature coloniale, voir les souvenirs de guerre de vétérans, qui diabolisent l’opposition, et font, par exemple de Nehanda une sorcière (“witch”) : W. Edwards, “Wiri”, Native Affairs Department Annual, Salisbury (1960-1962).
Henri Joseph Eugène Gouraud, Au Soudan : souvenirs d’un africain, Paris, P. Tisné, 1939.
Roy Dilley, Henri Gaden à travers l’Afrique de l’ouest (1894-1939) : fils de Bordeaux, aventurier africain, trad. Jean-Louis Balans, Paris, L’Harmattan, 2015.
En annexe de : Maurice Delafosse, Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingue. Étude grammaticale du dialecte dyoula, vocabulaire français-dyoula, histoire de Samori en Mandé, étude comparée des principaux dialectes mandé, Publications de l’École des langues orientales vivantes. 3e série 14, Paris, E. Leroux, 1901 ; une traduction en français est effectuée après guerre : Amadou Kouroubari, “Histoire de l’iman Samori”, Bulletin de l’Institut Français d’Afrique Noire (1959), tome 21, n° 3/4, p. 544‑571, traduit par R.P.Hebert, ici p. 170.
Le texte est disponible en annexe de : Roland Colin, Kènèdougou au crépuscule de l’Afrique coloniale : mémoires des années cinquante, Paris, Présence africaine, 2004.
Djiguiba Camara, “Histoire locale”, op.cit.
Marie Rodet et Fanny Challier, The Diambourou slavery and emancipation in Kayes – Mali, Londres, SOAS, 2014.
Jan Jansen et Diarra Mountaga, Entretiens avec Bala Kanté, Une chronique du Manding du XXème siècle, African sources for African history, Leiden, Boston, Brill, 2006.
Les chansons du Bembeya Jazz National, par exemple, affirment que Samori n’a jamais été esclavagiste : ce qui en plus d’être un non-sens historique illustre la manière dont les traits de la légende noire (l’idée d’un Samori esclavagiste) sont retournés par pure inversion de motifs.
Nous reprenons le titre de l’ouvrage de Pierre Centlivres, Daniel Fabre, Françoise Zonabend, La Fabrique des héros, Ethnologie de la France 12, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1999, dont l’introduction rend bien compte du processus de formation héroïque, notamment en lien avec le nationalisme.
Telle que Xavier Garnier la définit, comme force narrative dont se nourrit un personnage, L’Éclat de la figure : étude sur l’antipersonnage de roman, Nouvelle Poétique Comparatiste, Bruxelles, PIE-P. Lang, 2001.
Cette perspective d’emploi de la notion est suggérée par Florence Goyet elle-même dans une conférence sur les fan culture : “Changing worlds : Can fan culture work as an epic ?”, en ligne sur Arthemis : http://arthemis-cinema.ca/fr/content/changing-worlds-can-fan-culture-work-epic.
Florence Goyet, Penser sans concepts, op.cit. Voir aussi Pascal Boyer, “L’étoffe et la doublure du héros. Remarques sur les couples des personnages héroïques”, in Singularités. Textes pour Eric de Dampierre, Paris, Plon, 1989. Pascal Boyer analyse également le parallèle entre Roland et Olivier, en réfutant les tentatives d’explications psychologiques, et en suggérant que la lecture doit être guidée par les structures des personnages, à l’instar de ce que développe Florence Goyet, et singulièrement par le partage des informations qui existe avec le lecteur-spectateur : la représentation du monde et la création de valeurs, l’une des composantes attribuées à l’héroïsme, se produit donc par une “illusion de compagnonnage”, établi par le narrateur, entre le double du héros – Olivier – et le lecteur-spectateur.
Pour reprendre le rôle de l’expérience du lecteur, telle que développée par Milan Kundera, avec la notion d’”ego expérimental”, L’art du roman : essai, Paris, Gallimard, 1986.
Mikhaïl Bakhtine, Problèmes de la poétique de Dostoïevski, Lausanne, L’âge d’homme, 1970.
Op. cit.
Les trois pièces se focalisent sur la mise à mort de Karamoko, en juillet 1894. Son retour de mission diplomatique en France, où il reçut u accueil triomphal, date de 1886. Voir Yves Person, Samori, op.cit., tome 2, p. 695 : “Dyaulè-Karamogho en France”. Sur les circonstances de sa mise à mort, et les rumeurs sur sa fin, voir Samori, op.cit., tome 3, p. 1505-1506 : “La fin de Dyaulè-Karamogho”. Sur le procès proprement dit, les seules informations sont celles livrées par la tradition orale : Yves Person ne cite que son informateur n° 10, Karamogho Kuyaté, dont les notes de leurs entretiens sont conservées à la BRA : 4c1, “Notes manuscrites d’Yves Person”, Interview de Lamfiya et Karamogho Kuyaté (n° 10), à propos de Samori.
Après le débarquement portugais (1970), Sékou Touré intensifie la répression de l’opposition, voir Céline Pauthier, thèse, op.cit., p. 432 et suivantes.
Hamidou Kane, L’Aventure ambiguë ; récit, Paris, Julliard, 1961.
Alain Montandon, “En guise de préface”, Cahiers de recherches médiévales et humanistes. Journal of medieval and humanistic studies (2004/11), p. 7‑17 ; Pierre Brunel, Dictionnaire des mythes littéraires, Monaco, Édition du Rocher, 1988 ; Véronique Léonard-roques, “Avant Propos”, in Figures mythiques : fabrique et métamorphoses, Clermont Ferrand, Presses Universitaires Blaise Pascal, 2008, p. 9‑21.
Haut de page