Bibliographie
Textes cités
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Notes
Ami et Amile, éd. Peter F. Dembowski, Paris, Champion, coll. Classiques français du Moyen Âge ”, 1969 : “ Ce n’est pas une fable que nous voulons vous raconter, mais une histoire aussi vraie qu’un sermon ” (Ami et Amile, trad. Joël Blanchard et Michel Quereuil, Paris, Champion, coll. “ Traduction ”, 1985, p. 9).
Youssouf Tata Cissé, Wâ Kamissoko, La Grande Geste du Mali des origines à la fondation de l’Empire, Paris, Karthala-Arsan, 2000, p. 41.
Nombre de prologues épiques impliquent de même une garantie divine ou y font appel pour susciter l’attention de l’auditoire. Voir à ce sujet Christina Ramalho, Poemas épicos. Estratégias de leitura, Rio de Janeiro, Editora Uapê, 2013, p. 61-79.
Voir à ce sujet Jean-Pierre Martin, “ Quelques remarques sur l’intégration des contes populaires aux chansons de geste françaises ”, www.revistabarbante.com.br, ano III, n° 12 (2014), p. 121-140, notamment p. 122, note 6.
Cf. Nicole Belmont, Poétique du conte. Essai sur le conte de tradition orale, Paris, Gallimard, coll. “ Le langage des contes ”, 1999, p. 60-61.
“ L’Ugre ”, dans Louis Lambert, Contes populaires du Languedoc, Carcassonne, GARAE, 1985 [Montpellier, Coulet, 1899], p. 67. Même clôture pour “ Las Tres Galinetas ”, p. 87, “ Petoun-Petet ”, p. 119, et “ Las Sourcièiras ”, p. 150, recueillis auprès de trois autres conteurs. Sans doute de telles formules ne proviennent-elles que de versions recueillies aux xixe et xxe siècles. La présence d’expressions de sens analogue sous une grande variété de formulation dans des contes issus de cultures très diverses, aussi bien les Contes populaires de Lorraine recueillis par Emmanuel Cosquin, éd. Nicole Belmont, Mas de Vert, Philippe Piquier, 2003 [Paris, Vieweg, 1886], p. 46, 403, 621, etc., que les Contes russes d’Afanassiev, trad. Édina Bozóki, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. “ Les littératures populaires de toutes les nations ”, 1978, p. 7, 46-47, 58, etc., les Contes peuls du Mali recueillis par Christiane Seydou, Paris, Karthala, 2005, p. 47, 65, 439, etc., ou les contes sénégalais publiés par Lilyan Kesteloot, Contes, fables et récits du Sénégal, Paris, Karthala, 2006, p. 40, 77, 89, etc., suggère néanmoins qu’il s’agit d’un trait consubstantiel au genre, nécessairement très ancien pour subsister également malgré la dispersion géographique des sources.
Michèle Simonsen, Le Conte populaire, Paris, PUF, coll. “ Littératures modernes ”, 1984, p. 14.
Jehan Bodel, La Chanson des Saisnes, éd. critique Annette Brasseur, Genève, Droz, coll. “ Textes littéraires français ”, 1989, I, v. 4-11 : “ Que jamais un méprisable jongleur ne cherche à en tirer gloire [de l’histoire que voici], car il ne serait pas capable d’en réciter ou d’en chanter les vers. Tout homme de ce monde ne peut, en ce domaine, connaître que trois matières : celles de France, d’Angleterre et de Rome, la grande cité ; et de ces trois matières, chacune est différente. Les récits d’Angleterre, eux, sont inconsistants, mais agréables, ceux de Rome, nourris de sagesse, sont riches d’enseignement, et ceux de France sont continuellement vrais ” (Jean Bodel, La Chanson des Saxons, trad. Annette Brasseur, Paris, Champion, “ Traductions ”, 1992, p. 15).
Adenet le Roi, Berte as grans piés, éd. Albert Henry, Genève, Droz, coll. “ Textes littéraires français ”, 1982, v. 13-15 : “ Des jongleurs sans expérience et des copistes mal informés qui l’ont ramassée par bribes, çà et là, de tous côtés, en ont altéré le contenu au-delà de ce que j’ai jamais vu. ”
Claude Régnier, Les Rédactions en vers de la Prise d’Orange, Paris, Klincksieck, 1966, rédaction AB, p. 95, v. 18-20 : “ Peu d’hommes disent la vérité à ce sujet, mais moi, je la dirai, car je la connais depuis longtemps, (je conterai) comment Orange fut détruite et dévastée ” (La Prise d’Orange, trad. Claude Lachet et Jean-Pierre Tusseau, Paris, Klincksieck, 1986, p. 17-18).
Ibid., v. 1-3 : “ Écoutez, seigneurs, afin que Dieu vous bénisse, le glorieux, le fils de sainte Marie, (écoutez) la chanson exemplaire que je veux vous narrer ” (trad. cit., ibid.).
Aye d’Avignon, éd. S. J. Borg, Genève, Droz, coll. “ Textes littéraires français ”, 1967, v. 1-2 : “ Seigneurs, faites silence, et que Dieu vous assiste ! Vous allez écouter une chanson fort belle et de grand prix ”.
Raoul de Cambrai, éd. Sarah Kay, trad. William Kibler, Paris, Le Livre de poche, 1996, v. 2265-2272 (laisse CXXI) : “ Bertolai était exceptionnellement preux et avisé ; il naquit à Laon d’une bonne famille de grande noblesse. Il observa les plus beaux faits d’armes de la bataille et en fit la chanson – vous n’en écouterez jamais de meilleure : elle fut chantée depuis dans maint palais – il chanta Guerri le Roux, dame Aalais et Raoul, seigneur lige de Cambrai. ”
Voir sur ce point Jeanette M.A. Beer, Narrative Conventions of Truth in the Middle Ages, Genève, Droz, coll. “ Études de philologie et d’histoire ”, 1981, p. 23-34.
La Chanson de Roland, éd. et trad. Jean Dufournet, Paris, GF-Flammarion, 1993, v. 2095-2098 : « C’est ce que dit l’Histoire et celui qui fut présent à la bataille, le noble saint Gilles par qui Dieu fait des miracles, et qui en fit la charte au monastère de Laon. Si on l’ignore, on n’a rien compris à l’affaire. »
Orson de Beauvais, éd. J.-P. Martin, Paris, Champion, coll. “ Classiques français du Moyen Âge ”, 2002, v. 2524-2530 : “ Vous allez désormais entendre une chanson fort belle et la vérité toute entière (personne n’en sait plus) telle qu’elle est écrite et qu’à Beauvais la gardent les chanoines de la cathédrale Saint-Pierre : là vous pourrez trouver avec son sceau de plomb l’antique parchemin qui conte l’histoire d’Orson. Nous allons vous la dire sans le moindre mensonge. ”
J.M.A. Beer, Narrative Conventions of Truth, op. cit., p. 13-22.
Éd. cit., v. 4-10 : “ Celle-ci n’a pas pour sujet une action déraisonnable ou insensée, elle n’est pas issue de sources mensongères ou entreprise par goût du mensonge, mais elle traite des vaillants chevaliers qui conquirent l’Espagne. Ils le savent bien, ceux qui vont à Saint-Gilles et qui en ont vu les preuves matérielles à Brioude : l’écu de Guillaume et sa targe décorée d’une fleur en rosace, et le bouclier de Bertrand, son neveu, le noble ” (trad. cit., p. 17).
Garin le Loherenc, éd. Anne Iker-Gittleman, Paris, Champion, coll. “ Classiques français du Moyen Âge ”, 1996-1997, I, v. 558-564 : “ Le duc se penche, il la prend dans ses bras et la soulève jusque sur sa poitrine, puis il la porte à l’église Saint-Drosin. Elle s’y trouve encore, jamais ne l’a quittée. Jeunes et vieux le savent tous très bien ; les pèlerins y vont encore en veillée de prière, ainsi que ceux qui se préparent à la bataille. ”
Mircea Eliade, Traité d’histoire des religions, Paris, Payot, coll. “ Petite bibliothèque Payot ”, 1975 [1964], p. 360-361. Pour un examen plus détaillé de ce qu’implique ce type de preuve par rapport à la conception du temps à l’œuvre dans l’épopée médiévale, voir mon article “ Quelques observations sur l’expression du passé dans la chanson de geste ”, Histoire et Littérature au Moyen Âge, Danielle Buschinger (dir.), Göppingen, Kümmerle Verlag, 1991, p. 279-290.
M. Simonsen, Le Conte populaire, loc. cit.
J’ai abordé cette question dans un autre article, “ Histoire ou mythes : l’exemple de la chanson de geste ”, L’Épopée : mythe, histoire, société, Jean-Pierre Martin et François Suard (dir.), Littérales n° 19 (1996), p. 9-23.
La tradition cléricale ne s’y trompe d’ailleurs pas, pour laquelle seule la prose peut être véridique : cf. J.M.A. Beer, Narrative Conventions of Truth, op. cit., p. 14.
Cf. le livre de Claude Roussel, Conter de geste au xive siècle. Inspiration folklorique et écriture épique dans La Belle Hélène de Constantinople, Genève, Droz, coll. “ Publications romanes et françaises ”, 1998.
Pour les références à la classification des contes, voir Antti Aarne et Stith Thompson, The Types of the Folktale. A Classification and Bibliography, Helsinki, Academia Scientiarum Fennica, coll. “ FF Communications ”, 1961, et Paul Delarue et Marie-Louise Tenèze, Le Conte populaire français. Catalogue raisonné des versions de France, Paris, Maisonneuve et Larose, 2002 [1976-1985].
On trouvera une étude détaillée des éléments fournis dans ce paragraphe et le suivant dans mon art. cit., “ Quelques remarques sur l’intégration des contes populaires aux chansons de geste françaises ”.
Composée en Angleterre, la chanson de Beuve de Hamptone situe son action au temps d’un roi Edgar qui doit sans doute son nom à Edgar le pacifique, dernier souverain de l’Angleterre unifiée avant la conquête normande, qui occupe donc outre Manche une position symbolique analogue à celle de Charlemagne en France.
Cf. Stith Thompson, Motif-Index of Folk-Literature, Bloomington, Indiana University Press, 1955-1958, 6 vol. , en ligne sur http://www.ualberta.ca/~urban/Projects/English/Motif_Index.htm.
Voir sur ce point Philippe Verelst, “ Le “ locus horribilis ”. Ébauche d’une étude ”, La Chanson de geste. Écriture, intertextualités, translations, François Suard (dir.), Littérales n° 14 (1994), p. 41-59.
Marguerite Rossi, “ Les séquences narratives stéréotypées. Un aspect de la technique épique ”, dans Mélanges de langue et de littérature françaises du Moyen Âge offerts à Pierre Jonin, Aix-en-Provence – Paris, CUER MA/Université de Provence – Champion, coll. “ Senefiance ” n° 7, 1979, p. 593-607.
Voir à ce sujet Joseph Ki-Zerbo, Histoire de l’Afrique noire. D’hier à demain, Paris, Hatier, 1978, p. 17-18 et 131-134 ; et ici-même la contribution de Bassirou Dieng.
Voir Jean Frappier, “ Réflexions sur les rapports des chansons de geste et de l’histoire ”, Zeitschrift für romanische Philologie n° 73 (1957), p. 1-19.
Ce que Mikhaïl Bakhtine appelle le “ passé héroïque national ” : “ Récit épique et roman ”, dans Esthétique et théorie du roman, trad. Daria Olivier, Paris, Gallimard, 1978, coll. “ Bibliothèque des idées ”, p. 449.
C’est notamment ce que Florence Goyet entend par le concept de “ travail épique ” : Penser sans concepts : fonction de l’épopée guerrière, Paris, Champion, coll. “ Bibliothèque de littérature générale et comparée ”, 2006, p. 557-569 notamment.
Cité par Daniel Poirion, “ La chanson de geste ”, dans Précis de littérature française du Moyen Âge, Daniel Poirion (dir.), Paris, PUF, 1983, p. 60.
“ L’histoire otage des chansons de geste ou l’inverse ? Le cas d’Anseÿs de Gascogne et de la Vengeance Fromondin ”, dans Le Nord de la France entre épopée et chronique, E. Poulain-Gautret, J.-P. Martin, J.-P. Arrignon et S. Curveiller (dir.), Arras, Artois Presses Université, coll. “ Études littéraires ”, 2005, p. 239-265.
Theodor Auracher, Der sogenannte poitevinische Pseudo-Turpin nach den Handschriften mitgetheilt, Zeitschrift für romanische Philologie n° 1 (1877), p. 262.
Sur cette attitude, voir Bernard Guenée, Histoire et culture historique dans l’Occident médiéval, Paris, Aubier-Montaigne, “ Collection historique ”, 1980, p. 82-84.
Question plus largement abordée dans mon article, “ The Chanson de geste as a Construction of Memory ”, Romance and History : Imagining Time from the Medieval to the Early Modern Period, Jon Whitman (dir.), Cambridge, Cambridge University Press, 2015, p. 137-150.
Claude Lévi-Strauss, “ Comment meurent les mythes ”, Anthropologie structurale deux, Paris, Plon, 1973, p. 301-315.
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