Éditorial
Texte intégral
1Ce volume présente les actes – et aussi l’enregistrement complet – de la troisième des Journées “Épopée” issues de la collaboration au long cours du Projet Épopée et du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités de l’EPHE (GSRL, UMR 8582), entre Florence Goyet et Jean-Luc Lambert, désormais rejoints par Clément Jacquemoud (GSRL) et Elara Bertho (Les Afriques dans le Monde, LAM, UMR 5115).
2Les deux premières journées d’études avaient donné lieu à publication, respectivement L’épopée, un outil pour penser les transformations de la société dans le numéro 45 des Études mongoles & sibériennes, centrasiatiques & tibétaines et Auralité : changer l’auditoire, changer l’épopée dans le volume 2017 de la revue numérique Projet Épopée.
3Pour cette troisième journée, l’idée a été de réunir des jeunes chercheurs dans une Journée Table ronde. Tous en commun un sujet fondamental : tous ont recueilli des chants épiques, et ont été confrontés à de nouveaux canaux de transmission de l’épique oral. Ils abordent ce problème devenu central de manières différentes en raison des terrains très éloignés sur lesquels ils travaillent (de l’Altaï au Sénégal en passant par l’Iran) ou de leurs approches (en particulier anthropologie et/ou littérature comparée). Il nous a donc semblé intéressant qu’ils puissent se rencontrer, et cela afin de travailler ensemble sur le medium, et son impact sur l’épique. Plusieurs chercheurs seniors nous ont rejoints pour animer la discussion et y participer : Roberte Hamayon (EPHE), Christiane Seydou (CNRS) et Claudine Le Blanc (Paris 3) qui ont respectivement travaillé sur les épopées de Sibérie, d’Afrique de l’Ouest et de l’Inde, et Ursula Baumgardt (INALCO), spécialiste de l’oralité.
4Le problème fondamental peut se résumer ainsi. Il semble que d’un côté nous ayons une survivance de l’épopée orale, récitée traditionnellement mais de façon souvent artificielle, et de l’autre une reprise qui transforme. La survivance est souvent “nostalgique” (Amadou Sow qui travaille en milieu peul), parfois très idéologique (Julien Bruley et Aurélie Biard à propos de Manas). De l’autre côté, on est face à des réactualisations qui “marchent”, qui trouvent un public large, mais pour cela adaptent l’épopée de façon parfois radicale : diffusion radiophonique en Afrique de l’Ouest (Sandra Bornand), tentatives de popularisation par de nouvelles publications bilingues et illustrées en Sibérie de l’ouest (Yann Borjon-Privé), Dede Korkut comme réservoir de chansons d’amour pour les mariages en Iran, (Monire Akbarpouran).
5L’idée a été de lancer une discussion sur les publics, les moyens de communication par lesquels l’épopée ou le récit héroïque leur parviennent : les CD “faits maison” des chanteurs rencontrés par Clément Jacquemoud (Sibérie) qui créent par exemple une épopée de Jésus, les cassettes audio collectées par Elara Bertho sur les marchés de Conakry. L’accent sera mis sur les réactions de ces publics – ou l’absence de réactions –, leur participation ou l’absence de participation. En somme, il s’agit de voir comment, aujourd’hui, l’épopée orale rencontre le public contemporain.
Pour citer cet article
Référence électronique
Clément Jacquemoud et Jean-Luc Lambert, « Éditorial », Projet Épopée [En ligne], 8 | 2022, mis en ligne le 01 décembre 2022, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/epopee/287 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14frp
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page



