1Cet article propose un regard rétrospectif sur la place de l’aire germanophone dans Éducation et sociétés plurilingues (ESP). À partir des numéros accessibles sous forme numérique (n°35 à 59) et de plusieurs numéros plus anciens consultés sous forme imprimée, il s’intéresse à la fois aux langues de publication, aux thématiques récurrentes et aux espaces géographiques représentés. L’objectif n’est pas de dresser un inventaire exhaustif mais de mettre en évidence certaines lignes de force qui traversent l’histoire éditoriale de la revue.
2L’espace germanophone occupe dans ESP une place quantitativement minoritaire, mais particulièrement structurante sur le plan scientifique, car plusieurs thématiques centrales de la revue – enseignement bilingue, immersion précoce, contacts de langues, formations transfrontalières ou plurilinguisme vécu – se développent précisément à partir de terrains franco-germanophones. Les contributions consacrées à l’Allemagne, à l’Alsace, au Rhin supérieur, à la Suisse plurilingue ou encore au Südtirol apparaissent de manière régulière depuis les premiers numéros. Elles concernent aussi bien les politiques linguistiques, l’enseignement bilingue et les pédagogies immersives que les biographies langagières, les migrations, les pratiques familiales ou les réseaux éducatifs transfrontaliers.
3L’histoire éditoriale d’ESP reste par ailleurs étroitement liée au Centre d’information sur l’éducation bilingue et plurilingue (CIEBP), association à l’origine de la revue, ainsi qu’à la figure d’Andrée Tabouret-Keller, directrice de recherche au CNRS à l’université de Strasbourg et longtemps présidente du CIEBP. Ses travaux sur les contacts de langues, les biographies langagières et les pratiques plurilingues ont profondément marqué les orientations scientifiques d’ESP, notamment dans l’attention portée aux espaces frontaliers et aux expériences ordinaires du plurilinguisme. Le colloque strasbourgeois consacré à son œuvre dont les vidéos sont toujours disponibles (Journées d’études ATK 2021), ainsi que la publication collective – Varro, Geiger-Jaillet, Telmon, dir. 2022, Engagements. Actualité d’Andrée Tabouret-Keller (1929-2020) – témoignent de la permanence de cet héritage intellectuel dans les orientations contemporaines d’ESP.
4Cette contribution s’appuie principalement sur les numéros 35 à 59 d’Éducation et sociétés plurilingues, publiés entre 2013 et 2025 et désormais accessibles sous forme numérique via OpenEdition ou les archives de la revue. Quelques numéros antérieurs ont également été consultés en version imprimée afin de compléter certains repérages thématiques.
5L’exploration du corpus a parfois nécessité des vérifications complémentaires: dans plusieurs numéros, certains titres allemands apparaissent francisés dans les sommaires, tandis que des éditoriaux, hommages ou textes introductifs ne sont pas toujours identifiés séparément dans les interfaces numériques. Les évolutions récentes des métadonnées éditoriales et des DOI ont également conduit à revenir ponctuellement aux fichiers PDF ou EPUB originaux.
6L’analyse porte sur les titres, langues de publication, résumés et mots-clés des contributions, avec une attention particulière accordée aux articles relevant de l’aire germanophone au sens large: Allemagne, Alsace et Moselle frontalière, Suisse plurilingue, Tyrol du Sud, espaces franco-allemands et réseaux transfrontaliers du Rhin supérieur.
7Ont également été pris en considération des travaux portant sur les migrations germanophones, les familles plurilingues, les minorités linguistiques européennes, les formations d’enseignants en contexte transfrontalier, ainsi que plusieurs comptes rendus d’ouvrages contribuant à la diffusion de références scientifiques germanophones.
8Les résumés multilingues, très présents dans les versions numériques récentes de la revue, ont surtout été utilisés comme indicateurs de circulation thématique et linguistique. Sans être intégrés aux statistiques sur les langues de publication, ils témoignent néanmoins de l’orientation résolument plurilingue d’ESP. Dans plusieurs numéros récents, ils contribuent ainsi à documenter les coopérations transfrontalières, les publications issues de l’espace du Rhin supérieur ou encore les débats contemporains autour du plurilinguisme européen.
9Enfin, le corpus fait apparaître la permanence de réseaux scientifiques liés aux espaces franco-germanophones et du Rhin supérieur: collaborations universitaires entre Strasbourg, Karlsruhe, la Suisse et les établissements du Rhin supérieur, cotutelles de thèses franco-allemandes, formations bilingues d’enseignants, ou les travaux issus du Collège doctoral trinational du Rhin Supérieur. Ces continuités institutionnelles et humaines contribuent à éclairer la place durable de l’aire germanophone dans l’histoire éditoriale de la revue.
10Pour disposer d’une base de comparaison homogène, le comptage a été effectué sur les numéros 35 à 59 d’Éducation et sociétés plurilingues, soit la période accessible sous forme numérique depuis 2013. Le corpus recensé comprend 139 articles scientifiques, hors éditoriaux, informations, hommages brefs et résumés de thèse. Parmi ces contributions, 63 articles sont rédigés en italien, 52 en français, 9 en anglais, 8 en allemand et 7 en espagnol. Ces données mettent en évidence une configuration éditoriale sensiblement plus plurilingue que celle de nombreuses revues scientifiques européennes comparables.
11Les comptes rendus ont été distingués des articles scientifiques proprement dits, même s’ils ont parfois été pris en considération dans l’analyse qualitative lorsqu’ils participaient à la circulation de références scientifiques germanophones ou à la mise en visibilité de réseaux plurilingues européens.
12Le français demeure l’une des principales langues de publication de la revue, avec un peu plus d’un tiers des articles recensés. Cette place importante correspond à l’ancrage historique d’ESP dans l’espace scientifique francophone ainsi qu’à son rôle dans les débats français sur le plurilinguisme, les migrations et l’enseignement bilingue.
13Le corpus révèle toutefois une configuration plus plurilingue qu’on pourrait l’imaginer de prime abord. L’italien occupe en effet une place particulièrement importante sur la période étudiée, avec près de la moitié des contributions scientifiques recensées. Cette forte présence s’explique notamment par les liens réguliers de la revue avec le Val d’Aoste, le Südtirol, les recherches sur les migrations italiennes et plusieurs réseaux universitaires transalpins.
14L’anglais reste quantitativement limité et ne devient jamais dominant dans la revue, contrairement à ce que l’on observe dans de nombreuses publications internationales en sciences du langage ou en didactique des langues. Les contributions anglophones portent d’ailleurs souvent sur des minorités linguistiques ou des contextes plurilingues européens plutôt que sur des problématiques globalisées.
15L’allemand demeure, quant à lui, une langue de publication minoritaire mais continue. Sa présence apparaît même légèrement sous-estimée dans certains sommaires numérisés, plusieurs titres ayant été francisés alors que les textes étaient rédigés en allemand. Les contributions germanophones concernent principalement l’enseignement bilingue, les dispositifs immersifs, les contextes franco-allemands, les migrations, les formations transfrontalières d’enseignants et la transmission linguistique familiale.
16L’espagnol reste plus ponctuel, mais témoigne, lui aussi, de l’ouverture de la revue vers d’autres espaces plurilingues européens et latino-américains.
17Dans l’ensemble, Éducation et sociétés plurilingues apparaît ainsi moins comme une revue simplement francophone ouverte à l’international que comme un véritable espace éditorial plurilingue européen, au croisement de plusieurs traditions scientifiques, langues de publication et réseaux culturels.
18L’espace germanophone occupe une place régulière dans l’histoire éditoriale d’Éducation et sociétés plurilingues, même si cette présence demeure quantitativement minoritaire à l’échelle de l’ensemble du corpus. Sur les numéros 35 à 59, les contributions relevant directement de cette aire forment un ensemble relativement stable, porté par un réseau d’auteurs récurrents ou occasionnels, parmi lesquels figurent, par ordre alphabétique et sans être exhaustif, Bidon, Bichon, Capocci, Doyé, Fournier, Fourcaud, Gautherot, Geiger-Jaillet, Giacoma, Leroy, Mathes-Heinz, Petitdemange, Putsche, Schlemminger, Sessarego, Soriano-Gafiuk et Vagedes Husser. Cette continuité montre que la présence germanophone dans ESP ne relève pas d’apparitions ponctuelles, mais s’inscrit dans des réseaux scientifiques durables.
19Les espaces géographiques représentés demeurent eux aussi remarquablement constants au fil du temps. L’Allemagne et les contextes franco-allemands constituent le noyau principal des contributions. L’Alsace occupe une place particulièrement importante, à travers des travaux consacrés aux classes bilingues, où l’allemand est enseigné comme langue régionale, aux dispositifs immersifs, aux écoles associatives bilingues ABCM-Zweisprachigkeit, à la formation des enseignants ou encore aux usages scolaires du plurilinguisme. La Moselle apparaît également dans plusieurs contributions récentes liées aux formations bilingues et aux enjeux éducatifs de l’espace transfrontalier Sarre-Moselle. Ces travaux mettent aussi en lumière des politiques éducatives différenciées entre les académies de Strasbourg et de Nancy-Metz, dont les rectorats ne poursuivent pas les mêmes orientations en matière d’enseignement de l’allemand et de développement du bilinguisme.
20La Suisse plurilingue et le Südtirol sont eux aussi régulièrement présents dans la revue, notamment à travers des travaux consacrés aux minorités linguistiques, aux contacts de langues ou aux identités plurilingues. D’autres contributions concernent les vallées plurilingues du nord de l’Italie, les Sorabes en Allemagne, ou encore différents contextes migratoires liés à l’espace germanophone.
21Au-delà des terrains eux-mêmes, plusieurs contributions mettent en évidence le rôle particulier de l’espace du Rhin supérieur comme lieu de circulation scientifique et pédagogique. Les collaborations entre Strasbourg, Karlsruhe, la Suisse et différents établissements du Rhin supérieur montrent que les recherches publiées dans ESP s’inscrivent dans des réseaux transfrontaliers durables.
22L’espace germanophone apparaît ainsi dans ESP comme un observatoire privilégié des dynamiques plurilingues européennes, où se croisent politiques linguistiques, dispositifs éducatifs, mobilités et coopérations transfrontalières.
23Une première série de contributions relevant de l’aire germanophone porte sur les dispositifs d’enseignement bilingue et les pédagogies immersives. Dès les premiers numéros de la revue apparaissent des articles consacrés à l’apprentissage précoce des langues, aux modèles bilingues, aux écoles immersives ou encore aux politiques éducatives favorisant le plurilinguisme scolaire. L’Alsace y occupe une place centrale, notamment à travers les travaux consacrés aux dispositifs bilingues français-allemand, aux écoles associatives ABCM-Zweisprachigkeit – actrices pionnières de l’immersion bilingue depuis 1991 – à l’alternance codique en classe ou encore à l’enseignement immersif en maternelle. Plusieurs travaux récents prolongent ces réflexions sur les pratiques plurilingues scolaires développées dans les écoles ABCM-Zweisprachigkeit (Geiger-Jaillet & Schlemminger 2023).
24Plusieurs contributions s’intéressent également à la formation des enseignants et aux dispositifs transfrontaliers de professionnalisation. Les articles portant sur le double diplôme ABIBAC, les formations bilingues à l’enseignement dans le Rhin supérieur, les (futurs) enseignants de langues en Alsace ou encore certains dispositifs développés en Moselle, montrent que l’espace franco-allemand constitue un terrain privilégié pour observer les évolutions de l’enseignement bi- et plurilingue. Les numéros les plus récents élargissent cette réflexion à l’enseignement des disciplines non linguistiques, notamment à travers des travaux consacrés à l’enseignement des mathématiques en allemand dans la formation des futurs professeurs des écoles.
25L’analyse diachronique du corpus met cependant en évidence une évolution progressive des problématiques abordées. Les premières contributions sont principalement centrées sur les politiques linguistiques, les dispositifs institutionnels, les modèles scolaires bilingues ou encore les minorités linguistiques européennes. Le vocabulaire mobilisé renvoie alors surtout à l’enseignement bilingue, à l’immersion, aux dispositifs éducatifs, aux langues régionales ou à la formation des enseignants.
26À partir des années 2010, les recherches publiées dans ESP accordent une place croissante aux parcours individuels, aux biographies langagières, aux pratiques familiales et aux formes ordinaires du contact de langues. Plusieurs articles abordent ainsi les familles plurilingues, les couples linguistiquement mixtes, les migrations turques en Allemagne, les répertoires plurilingues ou encore les usages différenciés des langues dans les interactions quotidiennes. Le plurilinguisme n’est alors plus seulement envisagé comme un objectif éducatif ou un modèle institutionnel, mais également comme une expérience vécue, située et socialement différenciée.
27Cette évolution thématique s’accompagne d’un déplacement plus large des cadres sociolinguistiques mobilisés. Les premiers travaux restent souvent structurés autour de configurations relativement binaires – français/allemand, langue majoritaire/langue minoritaire, L1/L2 – et d’une réflexion centrée sur les systèmes éducatifs bilingues. Progressivement, les recherches publiées dans ESP s’ouvrent davantage aux mobilités, aux trajectoires individuelles, aux identités plurielles et aux répertoires langagiers complexes.
28Les notions de biographies langagières, de transmission familiale, de représentations du plurilinguisme ou encore de pratiques langagières ordinaires deviennent ainsi de plus en plus présentes dans les résumés et mots-clés des contributions. Cette évolution témoigne d’un passage progressif d’une approche principalement institutionnelle du bilinguisme vers une approche plus dynamique, sociale, individuelle et expérientielle du plurilinguisme.
29L’influence des travaux d’Andrée Tabouret-Keller apparaît ici de manière particulièrement visible, notamment dans l’attention portée aux contacts de langues, aux usages ordinaires du plurilinguisme et aux dimensions biographiques des parcours langagiers.
- 1 L’Universal Design for Learning (UDL) désigne une approche pédagogique inclusive visant à adapter l (...)
30Les thématiques plus récentes témoignent enfin d’un élargissement des perspectives initiales de la revue vers de nouveaux enjeux éducatifs et sociétaux. Les articles consacrés aux familles plurilingues, aux migrations, à l’Universal Design for Learning1 (Capocci 2021), aux questions d’inclusion ou encore aux inégalités culturelles, montrent que les recherches publiées dans ESP dépassent désormais le seul cadre du bilinguisme scolaire pour interroger plus largement les dimensions sociales, culturelles et politiques du plurilinguisme contemporain.
31Plusieurs travaux intègrent également les transformations numériques des pratiques éducatives et linguistiques. Les contributions consacrées aux jeux sérieux, aux apprentissages informels en ligne, au blended learning ou encore aux usages de la visioconférence dans la formation des enseignants, témoignent de l’émergence de nouveaux environnements plurilingues, généralement envisagés dans une perspective européenne et transfrontalière.
32La présence de l’aire germanophone dans Éducation et sociétés plurilingues ne peut être comprise uniquement à travers les thématiques abordées ou les terrains étudiés. Elle s’inscrit également dans des réseaux scientifiques et institutionnels particulièrement visibles dans l’espace rhénan supérieur et franco-allemand. Un tableau synthétique des contributions liées à l’aire germanophone dans ESP (n°1-59) figure en annexe/document complémentaire.
33Plusieurs contributions publiées dans ESP sont ainsi issues de cotutelles de thèse, émanant parfois du Collège doctoral trinational du Rhin supérieur crée en 2017 ou encore de formations conjointes entre Strasbourg, Karlsruhe, la Suisse et différents établissements du Rhin supérieur. Les liens avec la Pädagogische Hochschule Karlsruhe apparaissent notamment de manière récurrente dans les travaux consacrés à la formation des enseignants au FLE, à l’inclusion ou aux dispositifs bilingues. Cette coopération s’inscrit dans une longue histoire de collaborations entre formateurs d’enseignants français et allemands autour de l’enseignement bilingue et du plurilinguisme (cf. Schlemminger, dir. 2023). Elle illustre la manière dont les réseaux scientifiques évoqués dans ESP reposent à la fois sur des cadres institutionnels et sur des collaborations personnelles durables entre chercheurs et formateurs engagés dans les contextes franco-germanophones.
34Ces réseaux scientifiques et éditoriaux s’inscrivent également dans une histoire institutionnelle plus ancienne associant le CIEBP, Strasbourg et la Région autonome de la Vallée d’Aoste, partenaire historique de la revue depuis sa création (Dalgalian & Varro 2021). Cette inscription dans des coopérations européennes durables contribue à expliquer la place importante accordée dans ESP aux questions de plurilinguisme, de contacts de langues et d’espaces transfrontaliers.
35Les circulations éditoriales entre ESP et d’autres revues du champ, notamment Les Nouveaux Cahiers d’allemand, témoignent également de la proximité entre didactique de l’allemand, enseignement bilingue et recherches sur le plurilinguisme scolaire. La disparition des Nouveaux Cahiers d’allemand en 2022 semble avoir renforcé la place d’ESP comme espace de publication pour certaines recherches consacrées aux contextes franco-germanophones et transfrontaliers. ESP apparaît ainsi comme un lieu de rencontre entre traditions scientifiques, langues de publication et expériences plurilingues européennes.
36L’examen des contributions liées à l’aire germanophone dans Éducation et sociétés plurilingues met en évidence une présence quantitativement minoritaire, mais dont l’importance dépasse largement son poids numérique dans le corpus, tant les terrains franco-germanophones ont contribué à nourrir les réflexions de la revue sur le bilinguisme, les contacts de langues et les dynamiques transfrontalières. Depuis les premiers numéros, les espaces germanophones – Allemagne, Alsace, Suisse plurilingue, Südtirol, Rhin supérieur ou régions frontalières franco-allemandes – constituent des terrains privilégiés pour interroger les politiques linguistiques, l’enseignement bilingue, les migrations, les biographies langagières et les pratiques sociales du plurilinguisme.
37L’analyse diachronique du corpus fait apparaître une évolution progressive des problématiques abordées. Les premiers travaux sont principalement centrés sur les dispositifs éducatifs bilingues, les modèles scolaires ou les minorités linguistiques européennes. À partir des années 2010, les recherches publiées dans ESP accordent une place croissante aux parcours individuels, aux pratiques familiales, aux représentations du plurilinguisme et aux formes ordinaires du contact de langues. Les questions d’inclusion, de diversité culturelle, d’accessibilité ou encore les transformations numériques des pratiques éducatives viennent ensuite élargir les perspectives initiales de la revue.
38Cette évolution s’inscrit également dans des réseaux scientifiques et éditoriaux transfrontaliers particulièrement actifs dans l’espace rhénan supérieur. Les collaborations universitaires, les formations conjointes, les cotutelles de thèse ou les circulations éditoriales avec d’autres revues du champ témoignent de la vitalité des échanges franco-germanophones autour des questions de plurilinguisme et d’éducation.
39L’ensemble du corpus témoigne enfin de la permanence de l’héritage intellectuel d’Andrée Tabouret-Keller. L’attention portée aux contacts de langues, aux biographies langagières, aux espaces frontaliers et aux expériences vécues du plurilinguisme traverse l’histoire éditoriale de la revue et continue de structurer nombre de contributions récentes.
40L’aire germanophone apparaît ainsi moins comme un simple domaine régional parmi d’autres que comme un observatoire privilégié des dynamiques plurilingues européennes. À travers les terrains étudiés, les langues de publication et les réseaux scientifiques mobilisés, Éducation et sociétés plurilingues donne à voir un espace éditorial où se croisent expériences éducatives, circulations transfrontalières et réflexions contemporaines sur le plurilinguisme en Europe.