Éditorial
- Cet article est une traduction de :
- Editoriale [it]
Entrées d’index
Haut de pageTexte intégral
1L’idée d’une exposition a été formulée il y a deux ans, quelques jours avant Noël, lors de la réunion du Conseil d’Administration du CIEBP pour la programmation de l’année suivante ; elle a immédiatement trouvé un écho parmi les collègues. On s’était rendu compte que les activités du CIEBP concernant le plurilinguisme étaient connues parmi les spécialistes, mais n’atteignaient pas forcément un plus large public qui pouvait être intéressé par ces sujets. L’urgence a donc été ressentie de diffuser des informations sur ce que le CIEBP a réalisé en plus d’un demi-siècle d’existence, anticipant sur des centres et des observatoires du plurilinguisme nés à la suite d’une vision renouvelée de l’éducation bi- et plurilingue, qui n’était plus critiquée comme étant à l’origine de difficultés cognitives, mais au contraire considérée comme une richesse supplémentaire.
2L’exposition Plurilinguismo e politiche linguistiche-Plurilinguisme et politiques linguistiques, s’est déroulée du 9 au 19 décembre 2024 à la bibliothèque régionale Bruno Salvadori à Aoste, ensuite du 15 au 28 mars 2025 à l’Université de la Vallée d’Aoste et sera reprise ultérieurement en France. Les panneaux exposés sont extraits du patrimoine d’articles parus dans la revue du CIEBP, Éducation et Sociétés Plurilingues-Educazione e Società Plurilingui (ESP), qui, de 1996 à ce jour, a publié 58 numéros avec plus de 600 articles, rédigés par plus de 350 auteurs d’une quarantaine de pays sur les cinq continents. Dans le panneau consacré à ESP, le président Tullio Telmon a présenté les différentes rubriques de la revue : Histoire et Société, Didactique et enseignement bi/plurilingue, Expériences et Recherches, Discussions, Témoignages, Comptes rendus d’ouvrages, Informations. Puis, Gabriella Vernetto a réfléchi sur (Auto-)biographie linguistique : entre narration et réflexion identitaire. Partant des récits autobiographiques ou biographies linguistiques parus dans ESP, elle évoque des profils bi- et plurilingues, des expériences et des réflexions sur les processus d’apprentissage..., en s’appuyant sur la définition de biographie linguistique de J.-P. Cuq (Dictionnaire de didactique du français langue étrangère et seconde, 2003 : 36-37) : “l’ensemble des chemins linguistiques, plus ou moins longs et plus ou moins nombreux, qu’elle [une personne] a parcourus et qui forment désormais son capital langagier”.
3Aline Pons s’est penchée sur l’école valdôtaine, un contexte linguistique vraiment particulier pour ce qui concerne la didactique, puisque le nombre d’heures d’enseignement de l’italien y est égal aux heures de français et que ce dernier peut constituer également la langue véhiculaire pour l’enseignement d’autres disciplines. De 2002 à 2004, ESP a publié une série de cinq articles sur le changement de l’enseignement bilingue en Vallée d’Aoste entre la fin des années 1950 et la fin du siècle dernier. Chaque article se concentrait sur un cycle scolaire différent et décrivait aussi bien les résultats obtenus que les difficultés rencontrées. Ces récits sont accompagnés de réflexions d’experts permettant de comprendre que ces expériences locales s’insèrent dans le cadre plus vaste de l’éducation plurilingue. De nombreux articles portent sur des projets didactiques et de recherche qui tendent à valoriser le plurilinguisme des apprenants, en considérant le fait qu’en plus des deux langues officielles, les dialectes franco-provençaux, les dialectes walser et les nombreuses langues attestées à la suite de phénomènes migratoires sont aussi parlés en Vallée d’Aoste. La VDA est donc un cas exemplaire de société plurilingue et ce n’est pas étonnant que le CIEBP y soit né, ni qu’après toutes ces années, il poursuive sa mission avec énergie et conviction.
4L’exposition se termine par un panneau réalisé par Marisa Cavalli sur la didactique bi-/plurilingue, commentant les quelque 150 articles qu’ESP a publiés, portant pour la plupart sur des contextes européens, des parties d’Europe, ou de l’Europe dans sa totalité, ainsi que sur des régions impliquées dans des projets de collaboration transfrontalière. Quelques contributions sur le bi-/plurilinguisme global et sur la langue des signes sont aussi présentes, tandis qu’une question très débattue concerne les alloglottes, c’est-à-dire les personnes parlant une langue différente de la langue officielle de la majorité. Par rapport à ces sujets, ESP a interviewé François Grosjean, psycholinguiste qui a grandement contribué à l’évolution du concept de personne bilingue, en décrivant ses caractéristiques spécifiques et ses fonctionnements cognitifs et discursifs. Un groupe de sociolinguistes (Eloy et alii) proposa une politique linguistique globale et inclusive qui prendrait en compte tous les locuteurs d’un territoire donné, y compris les alloglottes : c’est un modèle possible pour des contextes plurilingues comme celui de la Vallée d’Aoste.
5Dans le sillon de la vision générale d’ESP, l’exposition est entièrement bilingue, présentant dans chaque panneau une version italienne et une version française. Nous souhaitons qu’avec le temps, le nombre des panneaux et les sites d’exposition augmentent, ce qui contribuera à la diffusion des idées, des projets et des discussions qui animent notre revue depuis le premier numéro en 1996, il y a presque trente ans.
Pour citer cet article
Référence papier
Luisa Giacoma, « Éditorial », Éducation et sociétés plurilingues, 58 | 2025, 3-5.
Référence électronique
Luisa Giacoma, « Éditorial », Éducation et sociétés plurilingues [En ligne], 58 | 2025, mis en ligne le 24 juillet 2026, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/esp/12885 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16ndo
Haut de pageDroits d’auteur
Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
Haut de page

