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L’Afrique à l’épreuve de la pandémie de Covid-19

Les effets des mesures barrières contre la Covid-19 sur les perceptions des acteurs de la filière des ordures ménagères à Ouagadougou (Burkina Faso)

The effects of barrier measures against Covid-19 on the perceptions of actors in the household waste sector in Ouagadougou, capital of Burkina Faso
Issa Sory

Résumés

Entre le début mars et la fin mai 2020, le Burkina Faso a connu une communication controversée autour de la gestion des malades de la Covid-19. Afin de renforcer la résilience de la population face à la pandémie, des mesures « sociales » ont été ensuite prises. Enfin, des mesures barrières ont été fortement relayées par les médias, parmi lesquels « Mouchons-nous avec un mouchoir à jeter immédiatement dans la poubelle ». Cette mesure a fortement perturbé l’organisation de la gestion des ordures ménagères à Ouagadougou, marquée par un contact permanent entre les acteurs de la filière et les déchets des poubelles à toutes les étapes de la gestion. Cet article a pour objectif de mettre en lumière les effets de la communication autour de la Covid-19 sur les perceptions des risques sanitaires liés aux ordures ménagères à Ouagadougou. Il s’appuie sur des données collectées pendant la période du confinement instaurée au Burkina Faso entre mars et avril 2020. Essentiellement qualitatives, ces données ont été collectées auprès des acteurs de la filière des déchets (leaders d’opinion, pré-collecteurs, conseillers municipaux, etc.). Ces données révèlent que la médiatisation des mesures barrières amplifie les risques sanitaires liés aux déchets et reconfigure les relations entre pré-collecteurs et producteurs des déchets à Ouagadougou. Elles montrent aussi que, au regard des conditions climatiques et du temps mis à chaque étape de la gestion des ordures ménagères, tous les acteurs, de la pré-collecte à l’enfouissement, sont exposés aux risques de contracter la Covid-19 à partir des mouchoirs souillés jetés dans les poubelles.

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Texte intégral

Introduction

  • 1 Selon cet auteur, en Europe occidentale, Amérique du Nord et Chine, le modèle de gestion des servic (...)

1La pandémie de la Covid-19 a eu un impact sur la quantité et la composition des déchets dans le monde (Ndiaye, 2020 ; Waste Wise Cities, 2020). Ces changements ont fortement perturbé les systèmes de gestion des ordures ménagères (AFD, 2021), les différentes filières des déchets faisant face à de nouveaux défis à toutes les étapes (ONU-Habitat, 2020). Cette crise sanitaire peut cependant être un « catalyseur » (Ertz, 2020), en termes de prise de conscience, pour une meilleure organisation des systèmes de gestion des déchets. Les différentes directives produites, pour orienter les citoyens, recommandent, entre autres précautions, le dépôt des mouchoirs dans les poubelles immédiatement après leur utilisation, la pratique du tri sélectif en vue de séparer les déchets infectieux des ordures ménagères ainsi que la gestion des déchets à risques de manière spécifique, etc. (AFD, 2021 ; Commission européenne, 2020 ; ONU-Habitat, 2020). Ces différentes recommandations s’adressent surtout aux citoyens des pays industrialisés. Les services urbains de ces pays correspondent au modèle de services urbains consolidé ou en consolidation (Scherrer, 2006)1. Dans une ville comme Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le sac plastique n’est pas utilisé comme une poubelle. Comment les acteurs de la pré-collecte des déchets dans cette agglomération africaine font-t-ils face à la crise sanitaire née de la COVID-19 ? Il est important de préciser que la filière des déchets à Ouagadougou peut-être subdivisée en trois grandes étapes : la pré-collecte, la collecte et l’enfouissement. La pré-collecte est l’étape qui va des sources de production des déchets (surtout les ménages) au centre de collecte et la collecte consiste à l’enlèvement des bacs a à ordures des centres de collecte et leur transport jusqu’au centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD). Sur le CTVD, les déchets sont enfouis.

  • 2 En 2012, Ouagadougou a connu un nouveau découpage administratif sur la base duquel ont été réalisée (...)
  • 3 Les pré-collecteurs sont les ramasseurs de déchets de la première étape de la filière des déchets, (...)

2Avec une population estimée à 2 453 496 habitants en 2019, Ouagadougou a produit plus de 530 000 tonnes de déchets par an, soit une production de 219 kg par habitant (INSD, 2020). Au regard du taux d’accroissement annuel de la population (environ 7%), cette production sera multipliée par plus de trois au cours des 25 prochaines années et pourrait atteindre 1,7 million de tonnes en 2045 (Commune de Ouagadougou, 2019). Jusqu’en 20122, la capitale du Burkina Faso était organisée en 30 secteurs répartis en 5 arrondissements. Chaque arrondissement étant dirigé par un maire d’arrondissement et chapeauté par le maire central de la ville depuis les premières élections municipales de 1995 issues du processus de la décentralisation. Si, depuis cette décentralisation, la gestion du foncier communal relève de la compétence des gouvernements locaux des arrondissements, la gestion des déchets solides de la ville est du ressort de la mairie centrale (Burkina Faso, 2004). L’organisation spatiale de la filière des déchets a été faite sur la base de l’ancien découpage de la ville. En effet, les territoires de pré-collecte sont des regroupements de secteurs selon des critères financiers (Mas, 2009). À partir de ces territoires, des associations (regroupées en groupement d’intérêt économique) et des petites et moyennes entreprises ont été responsabilisées suite à un appel d’offres. Cette première étape de la filière à Ouagadougou met en contact pré-collecteurs3 et déchets. Dans ces conditions, quelle est la perception des pré-collecteurs de la mesure barrière qui recommande de jeter les mouchoirs à la poubelle après leur utilisation ?

3En vue d’apporter des éléments de réponse aux différentes interrogations, l’article mobilise des données secondaires et des données primaires. Les données secondaires sont issues d’une revue de littérature réalisée à partir de la littérature scientifique et grise (surtout la revue de presse). Quant aux données primaires, elles sont essentiellement qualitatives. Elles ont été collectées entre mars et avril 2020 auprès des acteurs de la première étape de la filière des déchets (municipales et pré-collecteurs formels et informels). Les entretiens, réalisés à l’aide d’un guide d’entretien, ont porté essentiellement sur les effets des mesures barrières sur la filière des déchets (régularité de la pré-collecte, recouvrement de la redevance, perception des pré-collecteurs et des mesures barrières, etc.). Ces données ont été complétées par celles issues de l’observation participante. Celle dernière, qui a consisté à la participation à la pré-collecte avec trois équipes différentes, a permis de mieux observer les rapports entre pré-collecteurs et ordures ménagères et ceux entre les acteurs de la filière en général et entre les ménages et les pré-collecteurs en particulier.

4À partir de ces données, l’article permet de comprendre les effets de la communication autour de la Covid-19 sur les perceptions des acteurs de la filière des ordures ménagères à Ouagadougou. Il montre, à partir surtout de la revue de presse, une tendance à la dé-légitimation du recours aux centres de santé et une légitimation de l’automédication. Il décrit ensuite la perception des pré-collecteurs du contenu des poubelles du fait de la crise sanitaire. Enfin, l’article analyse les risques de propagation du SARS-COV-2 à partir des poubelles et une tendance à la reconfiguration des relations entre pré-collecteurs et producteurs de déchets.

Vers la légitimation de l’automédication dans le traitement de la COVID-19

5Au Burkina Faso, le premier cas de coronavirus a été déclaré le 9 mars 2020. Il s’en est suivi la fermeture des marchés, des établissements scolaires et des lieux de culte. Cependant, la médiatisation des cas de guérison à domicile par l’élite politique (ministres surtout) et les défaillances dans la prise en charge des patients atteints de la pandémie ont contribué à renforcer l’automédication à Ouagadougou.

L’élite politique médiatise l’automédication

6Dix jours après la déclaration officielle du premier cas de la Covid-19 du pays, le ministre en charge de l’éducation nationale, Pr Stanislas Ouaro, a été testé positif à la maladie. À la suite de quoi, il annonçait ceci sur Facebook : « À la suite de différents symptômes grippaux apparus le lundi 16 et mardi 17 mars 2020, je me suis fait prélever par des agents de santé habilités le mercredi 18 mars 2020. Le diagnostic reçu dans la soirée du 19 mars 2020 a révélé que je suis positif au corona virus (Covid-19). Ne présentant pas de symptômes nécessitant une hospitalisation, je dois rester en isolement pendant quelques jours selon le protocole médical (en attendant un nouveau test négatif), pour éviter toute transmission du virus » (Fasozine.com, 2020).

7Le 20 mars 2020, ce fut le tour de deux de ses homologues, respectivement en charge des mines et de l’administration du territoire, d’être testés positifs à la Covid-19. Trois jours plus tard, le ministre en charge du commerce s’ajouta à la liste des personnes touchées par la maladie. Selon la presse étrangère, « pas moins de cinq ministres, sur les vingt-neuf membres [du] gouvernement burkinabé, ont indiqué avoir été diagnostiqués positifs au coronavirus » (DOUCE, 2020a). Toute cette élite politique s’est auto-confinée à domicile ou à l’hôtel et a pratiqué l’automédication. Le communiqué annonçant la maladie du ministre du commerce souligne ainsi que ses résultats « le déclarent également contaminé » et qu’il « poursuit donc son auto-confinement à son domicile quoique ne présentant aucun symptôme » (DCPM/MCIA, 2020). La pratique de l’automédication a été bien illustrée par la polémique ayant éclaté à la suite du recours de certains dignitaires à l’Apivirine, un produit du chercheur béninois Valentin Agon, non homologué au Burkina Faso (SOME, 2020).

8Aussi l’automédication est-elle mise en exergue par la constitution de réserves de la chloroquine après que cette dernière ait été « déclarée » comme ayant une influence sur les symptômes de la maladie. En dépit des bémols des spécialistes de la santé, la ruée vers ce produit montre bien le manque de confiance aux prescriptions des services sanitaires concernant la pandémie de la Covid-19. La prudence recommandée par les agents de santé est elle-même un facteur limitant la fréquentation des centres de santé en cas de développement des symptômes, du fait de l’interdiction de l’automédication.

9Dans les premiers temps de la pandémie au Burkina Faso, il existait un dialogue de sourds entre les spécialistes de la santé et la population. Les consignes des agents de santé se sont révélées en contradiction avec les pratiques quotidiennes des habitants. C’est ainsi que les précautions à observer avant l’utilisation de l’Apivirine n’ont pas été respectées par la population, pas plus que la prudence recommandée concernant la chloroquine (Radio France international, 2020). Quant aux mesures de confinement, elles ont été ouvertement contestées par le biais de manifestations populaires appelant à la réouverture des espaces publics comme les mosquées, les marchés, etc. (Lefaso.net, 2020).

10Les défaillances dans la prise en charge médicale des patients atteints du coronavirus ont davantage renforcé le recours à l’automédication.

Les défaillances dans la prise en charge des malades de la Covid-19

  • 4 Propos d’Hamidou Bikienga, un habitant de Ouagadougou, recueillis par le journal Cenozo (Sawadogo, (...)

11La médiatisation des difficultés de prise en charge des patients atteints du coronavirus a amplifié la méfiance vis-à-vis des centres de santé et ainsi contribué à renforcer la pratique de l’automédication à domicile. Parmi les cas emblématiques révélateurs des défaillances dans la prise en charge de ces patients figurent ceux de la deuxième vice-présidente de l’Assemblée Nationale et d’Amadou Sawadogo, célèbre organisateur d’évènements culturels au Burkina Faso, tous deux décédés de la Covid-19 faute, semble-t-il, d’avoir pu bénéficier d’une prise en charge suffisamment à temps (Oulon, 2020). Ces deux cas ont contribué à discréditer les centres de santé dans le traitement de la maladie : « Il y a eu de gros cafouillages dans la gestion des premiers cas, un manque d’humanisme aussi. Ces bévues ont fortement dégradé l’image de l’hôpital. Depuis, beaucoup de malades préfèrent se tourner vers le privé ou les tradipraticiens » (Douce, 2020b). Les doutes sur la réalisation du test sur les deux patients avant leur mort ont contribué à nourrir les « rumeurs » sur un complot : « On annonce un premier décès lié à la Covid-19. Du jour au lendemain, on entend une autre version. Je ne crois même pas à cela. Selon moi, c’est la politique qui est en avant. La maladie existe peut-être, mais ce n’est pas au stade où on l’amène »4. Pour d’autres personnes encore, et notamment celles qui doutent de l’existence de la maladie, les décès déclarés des suites de la Covid-19 participeraient d’une stratégie de communication sur les statistiques afin de bénéficier du soutien financier des bailleurs de fonds. Ainsi, les autorités auraient fabriqué de toutes pièces une situation alarmante afin de bénéficier des ressources matérielles et financières des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Elles auraient négocié à plusieurs reprises avec des familles de défunts afin que la cause de leur décès soit la Covid-19. Ce sentiment de tromperie ou de manigances du pouvoir a stimulé les manifestants contre la fermeture des mosquées et des marchés.

12Le comportement de certaines autorités atteintes de la Covid-19, les défaillances du système de prise en charge médicale et la perception de la maladie par les populations ont contribué à éloigner les patients des centres de santé et renforcer l’automédication à domicile. Ce contexte est favorable à la contamination communautaire et surtout à la mise en poubelle des objets souillés par le virus à domicile conformément aux mesures barrières.

La gestion des déchets ménagers par temps de COVID-19

13Afin de briser la chaine de contamination de la Covid-19, plusieurs mesures barrières ont été proposées, dont l’une concerne le mouchoir : « Mouchons-nous avec un mouchoir à jeter immédiatement dans la poubelle ». Cette mesure montre que le mouchoir utilisé par un patient atteint de cette maladie peut être une source de contamination. Elle a fait le tour du monde et même dans les pays où la gestion des déchets est similaire à celle de la ville de Ouagadougou.

Organisation de la filière des déchets à Ouagadougou

14Avant 2005, le système de pré-collecte des déchets de la ville de Ouagadougou était animé essentiellement par des associations communautaires et des petites et moyennes entreprises surtout après la liquidation de la seule structure publique en 1996, l’Office National des Services d’Entretien, de Nettoyage et d’Embellissement (ONASENE). Il n’existait pas de territoire de pré-collecte ni d’infrastructures de collecte (centre de collecte et centre final) : en dehors des espaces « vides » qui recevaient les déchets, des bacs à ordures étaient disséminés surtout dans le centre-ville et leur contenu enlevé puis déposé dans des décharges dites contrôlées à la périphérie de la ville (Anglin, 1995). Au début des années 1990, la banque mondiale a entrepris, dans le cadre du troisième projet de développement urbain, des études dans le sens de la réforme de la filière des déchets à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays.

15Ces études ont abouti en 2000 à l’élaboration du schéma directeur de gestion des déchets (SDGD), dont la mise en œuvre est devenue effective en mai 2017. Le schéma a induit de nombreuses transformations dans la filière. La capitale burkinabè a été subdivisée en douze territoires de pré-collecte qui servent de support de responsabilisation des acteurs de cette étape (Sory et al., 2015). Les associations communautaires, organisation à but non lucratif, ont été contraintes de se regrouper en groupement d’intérêt économique (GIE) – comme au Mali (Dorier-Apprill, 2002) – en vue de mettre fin à la gestion communautaire des déchets. A la suite à un appel d’offre, les territoires de pré-collecte ont été concédés au GIE et PME, ces derniers ayant, selon le schéma, la garantie d’être les acteurs pré-collecteurs. Par ailleurs, des centres de collecte – interface entre la pré-collecte et la collecte – ont été construits et un centre d’enfouissement technique, devenu centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD), a été aménagé à la périphérie Nord de la ville.

Figure – Cartographie de la filière des déchets de Ouagadougou

Figure – Cartographie de la filière des déchets de Ouagadougou
  • 5 Les informels sont tous les pré-collecteurs qui ne sont pas concessionnaires des territoires de pré (...)

16Désormais, les pré-collecteurs (GIE et PME) enlèvent les déchets en porte-à-porte et les déposent dans les centres de collecte dans lesquels sont entreposés des bacs à ordures. De ces centres, les bacs à ordures sont transportés dans le CTVD. Cependant, à l’épreuve du terrain, ce schéma est dévoyé par les jeux d’acteurs (Sory, 2013). Des associations communautaires et des pré-collecteurs individuels, notamment, animent des circuits informels qui consistent à la pré-collecte et au dépôt des déchets, non pas dans les centres de collecte mais dans des décharges sauvages. De temps en temps, la municipalité procède à l’enlèvement de ces déchets et à leur enfouissement dans le CTVD. Au regard de la persistance des pré-collecteurs informels5, des pré-collecteurs formels participent à l’alimentation des circuits informels. La conséquence est que les décharges sauvages abondent dans le paysage urbain. Des poubelles au CTVD, en passant par les centres de collectes ou les décharges sauvages, tous les acteurs de la filière des déchets sont en contact avec les mouchoirs souillés du SARS-COV-2, virus responsable de la Covid-19.

La Covid-19 : sa perception par les acteurs de la filière des déchets

17Parmi les mesures barrières, figure l’enlèvement et la destruction des mouchoirs souillés. En fonction des structures ou des pays, de légères différences peuvent s’observer. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé le mot d’ordre suivant : « Couvrez-vous la bouche et le nez avec le pli du coude ou un mouchoir et jetez le mouchoir immédiatement après et lavez-vous les mains ». Dans le même sens, en France, par exemple, il est conseillé d’« utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter ». Dans les deux cas, le lieu de dépôt ou mode d’évacuation du mouchoir n’est pas précisé. Ces messages s’adressent probablement à des usagers qui n’ont qu’un seul mode d’évacuation de leurs déchets : la poubelle. Au Burkina Faso, il existe plusieurs modes d’évacuation (Meunier-Nikiéma, 2007), ce qui peut expliquer la précision du lieu de dépôt du mouchoir souillé : « Mouchons-nous avec un mouchoir à jeter immédiatement dans la poubelle ».

Figure – Mesures barrières contre la Covid-19

Figure – Mesures barrières contre la Covid-19

Source : (OMS, 2019, Santé publique France, 2020 et Ministère de la santé du Burkina Faso, 2020.

  • 6 Entretien avec pré-collectrice 3, avril 2020.
  • 7 Entretien avec pré-collecteur 1, avril 2020.

18Pour les pré-collecteurs des déchets, cette publicité est perçue comme « la mise en poubelle » du SARS-COV-2, comme le souligne une pré-collectrice : « C’est par rapport à la publicité qui dit que, si on veut se moucher, de le faire dans un mouchoir jetable et le jeter immédiatement dans une poubelle. On se demande s’il y a un malade qui a jeté ça dans la poubelle, quelles sont les mesures à prendre pour collecter ces déchets ? » 6. Du fait de ces risques, précise un autre pré-collecteur, « en sortant, nous avons du gel, chacun prend son gel. Nous avons des masques que nous portons. Vraiment, nous respectons toutes les mesures que le gouvernement a mis en place » 7.

  • 8 Lotus est une marque de mouchoir jetable.
  • 9 Propos de Sidi Mahamadou CISSE, ingénieur en Génie de l’environnement, conseiller technique chargé (...)

19Ainsi, à cause des malades qui pratiquent de l’automédication à domicile, la probabilité de rencontrer des mouchoirs souillés par l’agent pathogène responsable de la Covid-19 est très élevée. Face à ces risques, d’aucuns préconisent que la population adopte de nouveaux comportements et qu’elle pratique le tri sélectif des déchets : « Evitez de mélanger les gants, les cache-nez, les masques, le lotus8 que vous utilisez (…) à domicile ou bien dans votre lieu de travail. Evitez de les mélanger aux autres déchets parce que c’est très dangereux. Vous devez disposer d’une autre poubelle particulière qui doit recevoir ce type de déchet parce que désormais ils sont considérés comme des déchets dangereux au même titre que les déchets biomédicaux issus des activités de soins » 9

20Cela signifie que les objets de protection contre la maladie, une fois utilisés, sont considérés comme des déchets dangereux. Qualifié comme tel, il n’existe pas de système de gestion de ces déchets. Chaque ménage doit faire appel au service en charge de la gestion des déchets de la mairie de Ouagadougou pour la pré- collecte et l’enfouissement. Dans le CTVD, une cellule est aménagée en vue de recevoir ces types de déchets. Dans la pratique, les déchets dangereux des centres de santé et des industries, qui devaient être incinérés, sont brulés et pré-collectés dans les mêmes conditions que les ordures ménagères. De ce fait, ils suivent les mêmes circuits que les ordures ménagères pour être enfouis – lorsqu’ils arrivent au CTVD – dans la même cellule des ordures ménagères. Les précautions techniques du CTVD deviennent ainsi caduques. Les normes de sécurité environnementale du centre final de Ouagadougou ne tiennent qu’à la qualité de la filière.

  • 10 Les partenaires qui ont aidé la commune de Ouagadougou dans la formulation du projet et dans sa mis (...)
  • 11 Il s’agit du Projet Stratégie de Réduction des Déchets de Ouagadougou – Création d’Emplois et de Re (...)

21À l’épreuve des faits, le tri sélectif semble inopérant. En effet, avec l’aide des partenaires10, la ville de Ouagadougou a bénéficié à partir de 2010 d’une subvention pour un projet consistant à réduire les déchets11. L’objectif du projet est de contribuer à la réduction des ordures dans la ville tout en participant à la lutte contre la pauvreté par la création d’emplois. Le projet est parti du constat selon lequel la filière issue du Schéma Directeur de Gestion des Déchets (SDGD) ne peut pas être efficace et efficiente sans pratiquer le tri des déchets. Au regard de la quantité des déchets enfouis chaque année, le centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD) risque d’être plein avant les délais prévus. De même, le coût de transport pèse lourdement sur le budget de la commune. Ainsi, en procédant au tri à la source et au niveau des centres de collecte, le projet participerait à la réduction de la masse à transporter – donc à alléger le budget de la collecte – et à prolonger la durée de vie du centre final. Finalement, les pratiques des prés collecteurs ont conduit à la fin de ce tri sélectif impulsé par le projet. Si certains ménages n’ont pas « joué le jeu », des pré-collecteurs n’ayant pas de charrettes compartimentées mélangeaient les déchets des trois poubelles.

Risques de propagation épidémique et reconfiguration des relations entre acteurs de la filiere des déchets

22Le rejet des déchets souillés dans la poubelle, l’inadaptation du matériel de protection et la manipulation des déchets à toutes les étapes de la filière participe à amplifier les risques de contamination et de la propagation du SARS-COV-2.

Risques de propagation de la Covid-19 dans la filière des déchets

  • 12 Omo est une marque de savon de lessive.
  • 13 Entretien avec la pré-collectrice 5, mars 2020.

23Face à la pandémie, les GIE et PME ont doté leurs membres d’équipements nécessaires, ce dont se satisfait une des pré-collectrices rencontrées : « Comme mesures barrières que nous avons prises, nous avons doté les femmes de savon, d’eau de JAVEL avec l’OMO12 à l’intérieur. Elles utilisent soit l’un ou l’autre pour se laver les mains sur le terrain. Mais dès qu’elles reviennent au centre de collecte, elles se lavent les mains. Si elles veulent se doucher avant de rentrer, elles peuvent le faire. Mais généralement elles préfèrent se laver les mains et les pieds et partir se doucher chez elles » 13.

24Cette dotation est révélatrice des idées qu’elles se font du contenu des poubelles. Cependant, ces précautions ne s’observent pas pendant le travail. En effet, le contact entre pré-collecteurs et déchets est très fréquent. Les objets de valeurs sont soigneusement triés dès les poubelles ou dans les lieux qui font office de poubelles. Lorsque ces poubelles sont disposées hors des concessions, elles sont ouvertes à tous les glaneurs qui, avec les pré-collecteurs utilisent cette « mine » dans les centres de collectes ou sur les décharges. Du fait de ces tris, les lieux et circuits de valorisation des déchets (réemploi, récupération, recyclage, réutilisation, etc.) se sont ainsi diversifiés. Des poubelles au CTVD, en passant par les décharges et les centres de collecte, des objets (sachets plastiques, bouteilles, fers, aluminiums, emballages plastiques, etc.) sont récupérés par des citadins et les pré-collecteurs formels et informels.

Figure – De la concession au centre de collecte ou sur la décharge sauvage

Figure – De la concession au centre de collecte ou sur la décharge sauvage

Source : Collecte de données, avril 2020

  • 14 Le « déménagement » est le terme utilisé par les pré-collecteurs pour désigner le transport des déc (...)

25D’après les observations sur le terrain et les témoignages des pré-collecteurs, avec les charrettes à traction asine, il faut au maximum une heure et demie pour faire le plein et au maximum trente minutes pour atteindre un centre de collecte. Ce temps de transport est de moins de trente minutes lorsqu’il s’agit d’un « déménagement » 14. Par conséquent, deux heures au moins sont nécessaires pour transporter les mouchoirs souillés des poubelles au centre de collecte et moins de deux heures pour les déposer sur les décharges sauvages.

26La période de la collecte des données (mars-avril) coïncide avec la période des plus chaudes de Ouagadougou. La moyenne des températures mensuelles ces trente dernières années (1990-2019) montre que le maximum est d’environ 40°C. À cette température, d’après une étude de l’agence scientifique nationale australienne (Doremalen et al., 2020 ; Riddell et al., 2020), le SARS-CoV2 reste infectieux pendant au moins seize heures. Ainsi, un mouchoir collecté immédiatement après qu’il ait été jeté dans la poubelle est susceptible de contaminer tous les acteurs de la pré-collecte.

Figure  : Durée de vie du SARS-CoV2 selon la température

Figure  : Durée de vie du SARS-CoV2 selon la température

Source: Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, 2020.

Figure  : Température mensuelle de 0uagadougou 1990-2019

Figure  : Température mensuelle de 0uagadougou 1990-2019

Source : Agence Nationale de la Météorologie du Burkina Faso, 2019

Figure  : – Exposition des acteurs de la filière des déchets au SARS-CoV2 infectieux selon les étapes

Figure  : – Exposition des acteurs de la filière des déchets au SARS-CoV2 infectieux selon les étapes

Source : Schéma construit à partir des deux dernières figures

27Il est avéré que le temps de transport des déchets des sources de production au centre de collecte ou aux décharges sauvages est largement inférieur au temps durant lequel le SARS-CoV2 reste infectieux. Par contre, il est difficile de procéder à une estimation du temps pour ce qui concerne la collecte (transport des déchets des centres de collecte ou de décharges sauvages au centre de traitement et de valorisation des déchets), l’enlèvement des bennes à ordures étant en effet irrégulier.

28Pour l’organisation de la collecte, la ville de Ouagadougou a été subdivisée en trois territoires de collecte (Lot 1, Lot 2 et Lot 3). La mairie centrale collecte les déchets des Lots 1 et 2 et l’Entreprise Burkinabé des Travaux d’Equipement (EBTE) collecte ceux du Lot 3. Sur tous les territoires de collecte des déchets, les bacs à ordures trainent plusieurs jours après leur remplissage. Ces délais d’enlèvement trop longs sont criards sur les territoires. Les déchets des décharges sauvages sont enlevés de façon ponctuelle. Des appels à entreprise sont de temps en temps lancés pour le nettoyage des grandes décharges de la ville. Ainsi, les ordures souillées à partir des concessions et déposées dans les centres de collecte ou sur les décharges sauvages peuvent y rester plusieurs jours avant d’atteindre le CTVD.

Vers une évolution des relations entre pré-collecteurs et producteurs de déchets

29Après la concession de territoires de pré-collecte, il était prévu que tous les résidents soient abonnés pour l’enlèvement de leurs déchets. À la pratique, tous les habitants ne sont pas abonnés au service de pré-collecte. De plus, parmi ceux qui sont abonnés, certains le font auprès des pré-collecteurs informels. La présence des acteurs informels, à cette première étape de la filière, permet aux citadins de ne pas respecter leurs engagements vis-à-vis à la fois des pré-collecteurs formels et informels. Certains abonnés des pré-collecteurs formels peuvent refuser de payer la redevance pendant des mois sans que le service ne soit rompu. Le risque que le client sollicite les services des pré-collecteurs informels amène l’acteur formel à assurer le service malgré les arriérés. Parfois, ce type de clients finit, malgré tout, par s’attacher les services systématiques de pré-collecteurs informels pour échapper au coût de la régularisation de leur situation vis-à-vis des acteurs formels.

  • 15 Entretien avec pré-collectrice 3, avril 2020.
  • 16 Entretien avec pré-collectrice 7, mars 2020.
  • 17 Entretien avec pré-collectrice 2, avril, 2020.
  • 18 Entretien avec pré-collectrice 6, avril 2020.

30Avec la Covid-19 et surtout pendant le confinement, ces jeux souples ont fait place à des relations plus ou moins tendues entre les pré-collecteurs et leurs clients. Cette reconfiguration des relations est alimentée par un sentiment de méfiance vis-à-vis des pré-collecteurs. Ces nouvelles relations sont diverses pendant le ramassage des ordures et le recouvrement de la redevance. À la porte de leur domicile, certains clients ont installé du matériel de lavage des mains. « Il y a des ménages qui ont déposé de l’eau et du savon à la porte pour laver les mains » 15 . Dans certains services administratifs, « Ils prennent la température des femmes. Quand elle est élevée, ils disent de ne pas rentrer16 ». Parallèlement à ces mesures préventives, certains clients sont plus radicaux. Arrivé devant leur porte, « ils refusent que tu rentres » 17. « Si ce n’est pas après la maladie, ne vient plus ramasser » 18.

  • 19 Entretien avec pré-collectrice 5, mars 2020.
  • 20 Entretien avec pré-collectrice 3, avril 2020.

31Concernant le recouvrement de la redevance, la méfiance vis-à-vis des pré-collectrice était très manifeste : « Il y eu des gens qui prennent du papier, ils mettent l’argent dedans, ils mettent sous la porte et ils disent de prendre et de foutre le camp » 19. Il fallait tout faire pour ne pas être en contact avec autrui. Ces pratiques humiliantes ont nourri l’idée d’abandonner la pré-collecte chez certains pré-collecteurs. Finalement, pour éviter que la ville soit « frappée d’un cholera-virus20 », la pré-collecte n’a pas été interrompue.

Conclusion

32La médiatisation de la guérison de l’élite politique et des décès du fait des défaillances du système de santé a contribué au renforcement de l’automédication à domicile. Concomitamment à cette tendance de dé-légitimation du recours aux services de santé pour le traitement de la Covid-19 et la légitimation de l’automédication, il est recommandé comme mesures barrières de se moucher et de jeter le mouchoir dans la poubelle. Cette mesure barrière a été considérée par les pré-collecteurs comme une incitation à la mise en poubelle du SARS-COV-2. Au regard du système de gestion des déchets à Ouagadougou et des conditions climatiques, ce virus peut contaminer tous les glaneurs et acteurs de la première étape de la filière des déchets à Ouagadougou.

33La psychose née de la pandémie, surtout pendant le confinement, a tendu les relations entre pré-collecteurs et producteurs de déchets. Si certains clients ont instauré des mesures barrière (dispositifs de lavage des mains, contrôle de température, etc.), d’autres, plus catégoriques, ont refusé la pré-collecte de leurs déchets et le paiement de la redevance.

34La pandémie de la Covid-19 a permis de tester l’efficacité du système de santé burkinabè et de celle de la filière des déchets. Elle a mis à nu le niveau d’impréparation des autorités sanitaires face à la maladie. La résilience du système de gestion des déchets semble due à la privatisation de la pré-collecte et surtout au recouvrement direct de la redevance. Quel serait le système si le service de cette étape était offert par une régie municipale ou une structure publique d’assainissement urbain ?

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Bibliographie

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Notes

1 Selon cet auteur, en Europe occidentale, Amérique du Nord et Chine, le modèle de gestion des services urbains est qualifié de modèle consolidé ou en consolidation du fait de la généralisation des équipements. Cela a été rendu possible grâce à la croissance économique exceptionnelle à un moment donné. Les deux autres modèles sont : le modèle hérité plus ou moins en dégradation ou en transition (Europe centrale et orientale et Afrique du Nord) et le modèle partiel ou hors modèle (Afrique Subsaharienne, Amérique Latine et centrale et une grande majorité des pays d’Asie).

2 En 2012, Ouagadougou a connu un nouveau découpage administratif sur la base duquel ont été réalisées les dernières élections municipales de décembre 2012. Actuellement, la ville compte 55 secteurs répartis dans 12 arrondissements. Dans cette communication, l’analyse est faite à partir de l’ancien découpage.

3 Les pré-collecteurs sont les ramasseurs de déchets de la première étape de la filière des déchets, la pré-collecte. A travers le porte-à-porte, ils vident les poubelles de leurs clients. Selon le schéma directeur de gestion des déchets, ces déchets doivent être déposés dans les bacs à ordure des centres de collecte. Mais, il est possible qu’ils s’en débarrassent sur un espace vide participant ainsi à la constitution de décharges sauvages.

4 Propos d’Hamidou Bikienga, un habitant de Ouagadougou, recueillis par le journal Cenozo (Sawadogo, 2020).

5 Les informels sont tous les pré-collecteurs qui ne sont pas concessionnaires des territoires de pré-collecte et qui ne sous-traitent pas avec les pré-collecteurs formels.

6 Entretien avec pré-collectrice 3, avril 2020.

7 Entretien avec pré-collecteur 1, avril 2020.

8 Lotus est une marque de mouchoir jetable.

9 Propos de Sidi Mahamadou CISSE, ingénieur en Génie de l’environnement, conseiller technique chargé des questions environnementales à la mairie de Ouagadougou, Journal Télé de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) de 20h du 7 avril 2020, https://www.youtube.com/watch?v=4-9PrMrkfmc&t=1295s, 17mn 15’’ à 20mn 51’’).

10 Les partenaires qui ont aidé la commune de Ouagadougou dans la formulation du projet et dans sa mise en œuvre sont la Communauté Urbaine de Lyon, le Centre Régional de l’Eau Potable et de l’Assainissement à faible coût (CREPA), l’Association de Volontariat et de Coopération Internationale (LVIA), les Initiatives de Développement Stratégique (IDS). Le coût du projet s’élève à 1 125 675 Euros en 2020 dont 87% ont été financés par l’Union Européenne et 13 % par la mairie de Ouagadougou.

11 Il s’agit du Projet Stratégie de Réduction des Déchets de Ouagadougou – Création d’Emplois et de Revenus par des actions de collecte, de tri et de valorisation (PSRDO-CER).

12 Omo est une marque de savon de lessive.

13 Entretien avec la pré-collectrice 5, mars 2020.

14 Le « déménagement » est le terme utilisé par les pré-collecteurs pour désigner le transport des déchets des lieux de production aux décharges sauvages.

15 Entretien avec pré-collectrice 3, avril 2020.

16 Entretien avec pré-collectrice 7, mars 2020.

17 Entretien avec pré-collectrice 2, avril, 2020.

18 Entretien avec pré-collectrice 6, avril 2020.

19 Entretien avec pré-collectrice 5, mars 2020.

20 Entretien avec pré-collectrice 3, avril 2020.

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Table des illustrations

Titre Figure – Cartographie de la filière des déchets de Ouagadougou
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Fichier image/png, 600k
Titre Figure – Mesures barrières contre la Covid-19
Crédits Source : (OMS, 2019, Santé publique France, 2020 et Ministère de la santé du Burkina Faso, 2020.
URL http://journals.openedition.org/espacepolitique/docannexe/image/10080/img-2.png
Fichier image/png, 304k
Titre Figure – De la concession au centre de collecte ou sur la décharge sauvage
Crédits Source : Collecte de données, avril 2020
URL http://journals.openedition.org/espacepolitique/docannexe/image/10080/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Figure  : Durée de vie du SARS-CoV2 selon la température
Crédits Source: Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation, 2020.
URL http://journals.openedition.org/espacepolitique/docannexe/image/10080/img-4.png
Fichier image/png, 860k
Titre Figure  : Température mensuelle de 0uagadougou 1990-2019
Crédits Source : Agence Nationale de la Météorologie du Burkina Faso, 2019
URL http://journals.openedition.org/espacepolitique/docannexe/image/10080/img-5.png
Fichier image/png, 548k
Titre Figure  : – Exposition des acteurs de la filière des déchets au SARS-CoV2 infectieux selon les étapes
Crédits Source : Schéma construit à partir des deux dernières figures
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Pour citer cet article

Référence électronique

Issa Sory, « Les effets des mesures barrières contre la Covid-19 sur les perceptions des acteurs de la filière des ordures ménagères à Ouagadougou (Burkina Faso) »L’Espace Politique [En ligne], 44 | 2021-02, mis en ligne le 20 juillet 2022, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/espacepolitique/10080 ; DOI : https://doi.org/10.4000/espacepolitique.10080

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Auteur

Issa Sory

Université Norbert Zongo de Koudougou / Laboratoire Groupe de Recherche sur les Initiatives Locales
soryssa@yahoo.fr

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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