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notes et documents

La prise en compte des Pygmées dans l’univers décisionnel de la gestion des ressources forestières en Afrique centrale

The Inclusion of Pygmies in the Decision-Making Sphere of Forest Resource Management in Central Africa
Martin Raymond Willy Mbog Ibock
p. 291-307

Résumés

Cet article traite de la problématique de la (non-)prise en compte des Pygmées dans la gestion des ressources forestières en Afrique centrale. La première partie montre la continuité, depuis l’époque coloniale, des représentations négatives sur les Pygmées, ainsi que leur marginalisation et leur exploitation. La seconde partie explique comment ces représentations, ainsi que l’absence de statut juridique reconnaissant les Pygmées, contribuent à leur exclusion de l’univers décisionnel concernant la gestion des ressources forestières.
L’enquête s’appuie sur 124 entretiens avec des Pygmées de Lomié et de Lolodorf, au Cameroun, notamment les chefs des clans bagyeli de Lolodorf et baka de Lomié représentant les différents « campements » des Pygmées ainsi que sur une observation participante effectuée auprès des communautés bantoues, des autorités administratives et des exploitants forestiers, afin de découvrir leurs « manières de faire ».

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Texte intégral

  • 1 Ce forum offre un cadre de concertation réunissant à la fois les autorités politiques des différen (...)
  • 2 Voir le « Communiqué final des travaux de la deuxième édition du Forum international sur les peupl (...)
  • 3 Voir le « Rapport du Groupe de travail chargé d’examiner l’application de l’article 8 (J) et ses d (...)
  • 4 T. Mbouki, « Les oubliés du développement durable : au-delà de la décentralisation, l’inquiétude d (...)

1Réunis lors de la deuxième édition du Forum international des peuples autochtones d’Afrique centrale (fipac)1 du 16 au 19 mars 2011 à Impfondo (nord du Congo), les Pygmées dénoncent leur faible implication dans les instances décisionnelles en matière de gestion durable des ressources forestières. Ils estiment que les décisions leur sont la plupart du temps imposées2. Une allocution à l’ouverture du Forum international autochtone sur la biodiversité (fiab) qui s’est tenu à Montréal (Canada), du 31 octobre au 4 novembre 2011, souligne qu’il n’est « plus justifié ni acceptable [pour les États] de prendre des décisions sans la participation pleine et entière des peuples autochtones »3. Pourtant, concernant la gestion des ressources forestières dans les États de l’Afrique centrale, les observateurs énoncent que les Pygmées sont oubliés4 ou marginalisés voire tout simplement niés. Ils ne sont pas associés à la prise de décision concernant la protection des ressources se trouvant dans la forêt et dans les autres terres boisées, ainsi que de celles situées hors forêt.

  • 5 O. De Schutter, « Mission au Cameroun du rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Olivier (...)
  • 6 Ibid.

2Un constat similaire est dressé par le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation du Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme dans son compte rendu de mission du 23 juillet 20125. De ses multiples rencontres avec les groupes pygmées des forêts du Sud-Cameroun, il parvient à la conclusion suivante : « Jusqu’à présent, l’avis de ces communautés n’est pas pris en compte dans les décisions portant sur les concessions des territoires dont ils dépendent pour leur subsistance. Ces groupes ne tirent (généralement) aucun bénéfice de l’exploitation forestière industrielle sur leurs territoires »6.

3Penser la problématique de la prise en compte totale et effective des peuples autochtones pygmées dans l’univers décisionnel en matière de gestion des ressources forestières n’est pas chose aisée dans la quasi-totalité des États situés en Afrique centrale. En effet, quelle que soit leur région d’origine, les Pygmées babongo ou akoa du Congo-Brazzaville, babongo, baka, akoa du Gabon, baka, bagyeli, bakola du Cameroun, bambuti de la République démocratique du Congo (rdc), batwa du Rwanda et du Burundi, baaka, bambenzèlè de la République centrafricaine (rca), batwa, bambuti d’Ouganda, et beyele et bokuign de Guinée équatoriale, subissent la même marginalisation. Leur situation présente des similitudes avec celle des peuples autochtones d’Amazonie, au sujet desquels la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme a noté, dans son arrêt du 31 août 2001 :

  • 7 Cour interaméricaine des Droits de l’Homme, « Affaire Communauté Mayagna (Sumo) Awas Tingni c. Nica (...)

Les liens étroits que les peuples autochtones entretiennent avec leurs terres doivent être reconnus et compris comme étant un élément fondamental de leurs cultures, de leur vie spirituelle, de leur intégrité et de leur survie économique. Pour les communautés autochtones, la relation à la terre n’est pas seulement une question de possession et de production mais un élément matériel et spirituel dont elles doivent pleinement jouir, fût-ce pour préserver leur patrimoine culturel et le transmettre aux générations futures7.

4L’extrait de cet arrêt souligne la nécessité de préserver l’habitat des Pygmées et de garantir leur participation aux décisions concernant la gestion des ressources forestières. Francis Nkoumbele (1998) dresse un tableau des échecs liés à leur non-prise en compte dans les modèles de gestion élaborés jusque-là, et s’interroge sur l’implication ou la participation des Pygmées du Sud-Cameroun bagyeli et bakola dans le processus de gestion durable des forêts denses tropicales. Avant de poursuivre cette réflexion, encore faut-il procéder à la définition du mot « Pygmée ».

5Comment appréhender « les » Pygmées ? S’agit-il d’un nom générique, de l’une de ces notions « essentiellement contestées » (Dehoumon 2011 : 3), ou encore d’un concept susceptible de produire une définition englobante et rigoureuse ? Terme dérivé du grec « pygmaios » qui signifie « du haut d’une coudée » (Delneuf, Essomba & Froment 1999 : 34 ; Nantet 1999 : 204), les Pygmées désignent un groupe d’individus dominé (élément psychologique) et organisé (élément structurel), habitant les forêts denses tropicale et équatoriale (élément géographique ou environnemental), caractérisé par une forte dépendance vis-à-vis des ressources de ces dernières (élément culturel) et dont la taille est consécutive à une adaptation morphologique aux conditions environnementales (élément biologique) (Dehoumon 2011). Leur population est estimée à près de 150 000 voire 200 000 personnes (Dehoumon 2011 : 4 ; Kulesza & Robillard 2019 : 34).

6Les recherches portant sur ces sociétés en ont abordé les aspects historiques, sociologiques et surtout anthropologiques (Abe 2010 : 145-159 ; Robillard & Bahuchet 2012 : 15-51 ; Ramirez Rozzi 2021 : 330). L’ensemble de ces travaux ont étudié la problématique des espaces de médiation des rapports sociaux inégaux, notamment ceux qui régissent la coexistence entre les communautés pygmées et celles bantoues. Néanmoins, ces travaux pêchent par l’absence de prise en compte de la gestion participative en rapport avec les instances de décision locales. C’est tout le sens des recherches menées par Daou Véronique Joiris et Patrick Bigombé Logo (2010 : 248). Ils posent, de façon pragmatique, les bases d’une réflexion sur la gestion participative au travers de la rhétorique participative ainsi que sa mise en pratique localement. Cette étude n’effleure qu’indirectement la question de l’implication des Pygmées dans l’univers décisionnel de la gestion des ressources forestières (Bigombé Logo 1999 : 28-32).

7S’interroger sur le seuil d’implication ou de participation des populations locales, y compris donc des Pygmées dans la prise de décision (Eba’a Atyi 1996) en matière de gestion des ressources forestières est également susceptible d’aider à améliorer les politiques publiques environnementales des États d’Afrique centrale et, par-là, l’avenir des générations futures.

8Ayant longuement côtoyé des populations pygmées (depuis l’âge de 13 ans) qui résidaient dans le premier campement des Pygmées sur la Lobe et ayant été scolarisé avec certains d’entre eux au lycée de Kribi, nous avons eu, grâce à cette proximité, un accès privilégié à des informateurs lors de nos enquêtes de terrain et, en amont, lors de leur préparation. Notre travail de terrain s’est déroulé de septembre 2019 à octobre 2020. Celui-ci s’est appuyé sur 124 entretiens avec des Pygmées de Lomié et de Lolodorf, au Cameroun, sur la base d’un questionnaire thématique administré selon le mode semi-directif sur un échantillon à choix raisonné de 134 Pygmées, notamment les chefs des clans bagyeli de Lolodorf et baka de Lomié représentant les différents « campements » des Pygmées ; une observation participante a également été effectuée auprès des communautés bantoues, des autorités administratives ainsi que des exploitants forestiers, afin de découvrir leurs « manières de faire ». Nous avons également eu recours aux données produites par le ministère de la Faune, des Forêts et de la Nature. Cette base de données contient toutes les variables de l’enquête auprès de peuples autochtones de la forêt. Précisons également que nous nous sommes basé sur une littérature composée d’ouvrages, de textes juridiques et de rapports d’organisations non gouvernementales (ong) que nous avons pris soin de collecter pour produire cette étude.

9L’idée-force qui sous-tend cette réflexion est que les groupes pygmées constituent une catégorie vulnérable dans la mesure où ils ne peuvent pas se défendre et que leur représentativité numérique est faible. De ce fait, ils nécessitent une attention spécifique afin que soient respectées les dispositions internationales en matière de protection des peuples autochtones. Il y a une nécessité et même une urgence à prendre en compte leurs avis dans l’univers décisionnel. Seulement, leur prise en compte varie en fonction des époques, d’autant plus qu’elle est le produit des constructions coloniale, postcoloniale et contemporaine.

10Une perspective socioconstructiviste historique (Delacroix et al. 2010 : 711) de la problématique de la prise en compte des Pygmées dans l’univers décisionnel invite à tenir compte des constructions et des perceptions sociohistoriques des acteurs coloniaux et étatiques en fonction de l’élément temps (t). Celles-ci participent à la structuration et à la restitution de l’impact des représentations des Pygmées produites par les acteurs coloniaux et aux effets toujours actuels des stéréotypes. Ces représentations informent des difficultés à surmonter pour envisager une participation pleine et entière des Pygmées dans les processus décisionnels. Aussi importe-t-il, dans le cadre de cette analyse, d’examiner les dynamiques d’hier et d’aujourd’hui qui excluent de manière systématique les Pygmées des instances décisionnelles. Il convient également d’envisager la dynamique de demain qui repose sur la logique d’une prise en compte accrue de ces derniers dans l’univers décisionnel de gestion des ressources provenant des écosystèmes forestiers.

Dynamiques d’hier et d’aujourd’hui : l’exclusion systématique des Pygmées des instances décisionnelles de gestion des ressources forestières

  • 8 J. Nyamu, « Les populations autochtones déplorent l’exclusion dont elles font l’objet », Afrique R (...)
  • 9 L. Ntoutoume, « Réveil et revendications des Pygmées sur la gestion des forêts », op. cit.

11Selon le droit des peuples à l’autodétermination, à l’international et en rdc, les normes qui portent ce droit ainsi que le cadre national étatique, les Pygmées devraient avoir une place dans l’espace politique et institutionnel. Or, on se rend compte qu’ils sont systématiquement exclus des instances décisionnelles. Adolphine Muley, une Pygmée batwa vivant en rdc, résume la situation en ces termes : « L’État ne s’intéresse pas à nous »8. Selon Kapopo Diwa Mitoumawa, coordonnateur régional des réseaux des populations autochtones et locales pour la gestion durable des écosystèmes de l’Afrique centrale, les Pygmées sont considérés comme des « sous-hommes »9, ce qui entraîne, par conséquent, leur exclusion totale.

12Dans cette perspective, nous verrons tout d’abord comment l’exclusion systématique des Pygmées résulte de la fabrique d’un schéma colonial. Puis nous mettrons l’accent sur le contexte actuel de reproduction d’une exclusion qui s’appuie sur la pratique continue de la marginalisation des Pygmées.

La fabrique d’un schéma colonial et postcolonial d’exclusion des Pygmées

13Dans l’imaginaire colonial occidental, particulièrement celui des colons, « les Pygmées sont des singes et non des hommes », comme le rappelle Serge Bahuchet (1993 : 161). Ils sont considérés comme étant des êtres inférieurs, des sous-hommes, voire comme des primitifs (ibid. : 154). Que ce soit au Congo-Brazzaville, au Gabon, au Cameroun, en rdc, au Rwanda, au Burundi, en Centrafrique, en Ouganda et en Guinée équatoriale, cette conception a prévalu dans l’esprit du colonisateur tout le temps de la colonisation. Pour vérifier cela, nous reviendrons sur le legs colonial de leur asservissement. Puis, nous nous pencherons sur l’absence d’un statut reconnu aux Pygmées.

14Pour saisir le legs colonial d’une exploitation directe des Pygmées, il est important de revenir sur l’histoire coloniale de l’Afrique centrale et sur la « référence-révérence » à l’asservissement (Salomone 2000 : 97) des Pygmées. Historiquement, s’il est vrai qu’ils ne sont pas directement victimes du régime colonial (Bahuchet 1991 : 15), du fait de leur nomadisme, ils subissent néanmoins indirectement les pressions des Bantous, eux-mêmes manipulés par les colons, pour leur servir de main-d’œuvre (ibid. : 15). Ils sont ainsi exploités dans la chasse à l’éléphant pour l’ivoire, dans la chasse pour approvisionner en viande les postes coloniaux et dans celle aux antilopes pour la production de peaux destinées aux usages du cuir. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, ce sont plusieurs centaines de milliers de peaux d’éléphants par an, jusque dans les années 1950, qui sont destinées à l’exportation vers l’Europe (ibid. : 15). Un patriarche centenaire de la communauté bambuti rencontré dans la région du Nord-Kivu, dans l’ex-Congo belge, nous révèle que les membres de sa communauté ont été essentiellement employés dans la recherche de l’ivoire et à la collecte du cuir de buffle en forêt.

15À certains endroits, l’administration coloniale a tenté de les sédentariser (ce qui a été appelé la « politique d’apprivoisement » [Salomone 2000 : 98]) et de les convertir à l’agriculture (dès 1933 dans le nord du Moyen-Congo, par exemple). La situation d’asservissement des Pygmées est ainsi maintenue. Leur force de travail est mobilisée dans les activités agricoles à partir du moment où les villageois envisagent de cultiver les plantes de rente. Ceux-ci recourent aux Pygmées comme main-d’œuvre servile et nécessaire pour des travaux champêtres. Et en guise de rémunération, ces derniers reçoivent des récompenses de faible valeur, voire insignifiantes, n’équivalant pas à la force de travail mobilisée. D’après le témoignage de plusieurs Pygmées des communautés bagyeli/bakola de la Lobé dans le département de l’Océan, au Cameroun, et babongo de la vallée de la Sangha, au Congo, ils reçoivent, à titre d’exemple, des miroirs et quelques vêtements de fortune. Ce faisant, l’administration coloniale met en place un cadre de développement des rapports sociaux de production fondés sur l’exploitation directe de la force de travail des Pygmées. Ils sont exclus de toute participation à la prise de décision et cette pratique perdure, après les Indépendances, au point qu’aucun statut ne leur est reconnu. Si la loi n° 52011 du 25 février 2011 portant promotion et protection des droits des populations a été signée en rdc et que la rca a adopté en 1989 la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (oit) sur les peuples indigènes et tribaux, les Pygmées sont pourtant toujours marginalisés.

16Pour comprendre l’absence de prise en considération des Pygmées, nous nous pencherons plus précisément sur la manière dont ceux-ci ont continué, après la colonisation, à être victimes d’exploitation et de négligence. Si les gouvernements de l’époque coloniale n’ont pas accordé un statut particulier aux Pygmées, certains d’entre eux ont néanmoins adopté des mesures qui ont affecté leurs conditions de vie. Ainsi, au Cameroun, diverses ordonnances préfectorales indiquent que le regroupement de Pygmées le long des routes (Bahuchet 1993 : 15) ne s’est pas accompagné de moyens financiers nécessaires à une amélioration de leur condition sociale. Il en est allé de même à l’est de la République du Congo (1962) quand les autorités régionales ont tenté d’obliger les Pygmées à cultiver des champs en punissant les récalcitrants par des amendes ou des incarcérations (Ichikawa 1980). Le résultat a été un simulacre d’agriculture avec l’ouverture de petites parcelles par la suite délaissées. Ailleurs, et plus précisément en Centrafrique, l’action des autorités locales auprès des Pygmées a été laissée à l’initiative privée (organisations religieuses notamment) (Bahuchet 1972 : 509). Du fait d’un tel contexte historique, les autorités locales ont continué de capter la main-d’œuvre servile des Pygmées pour des corvées mal rémunérées, allant de la danse lors des fêtes officielles au désherbage des routes et des abords de bâtiments publics, en passant par le travail dans le champ du chef de village et la chasse « au gros gibier » pour des notabilités citadines (Bahuchet : 15).

La reproduction de l’exclusion des Pygmées par le biais de pratiques de marginalisation

17En observant le contexte actuel des pays du centre de l’Afrique, on se rend véritablement compte que les vieux schémas coloniaux continuent de hanter leur univers décisionnel. Dans la lignée de leurs prédécesseurs (les colons), les autorités publiques actuelles reproduisent ce schéma d’exclusion des Pygmées. Pour démontrer cette idée, nous évoquerons deux arguments principaux : d’une part, le discrédit à l’encontre des Pygmées quant à leurs capacités intellectuelles et, d’autre part, le bafouage de leur droit au consentement libre, éclairé et informé.

  • 10 Les données citées dans le présent travail sont extraites des rapports annuels préparés par les bu (...)

18Le discrédit intellectuel à l’encontre des Pygmées repose essentiellement sur la thèse d’un déficit culturel intrinsèque supposé, selon la perspective essentialiste et raciste (Abé 2010, 2011). Ainsi, ce sont deux caractéristiques de la culture des populations autochtones pygmées qui constitueraient un obstacle à leur scolarisation : l’analphabétisme et les mauvaises conditions économiques. Les Pygmées sont souvent considérés comme analphabètes (ibid. 2011), cette représentation étant corrélée à leur faible fréquentation de l’école. En effet, le pourcentage de scolarisation des Pygmées oscille entre 2 % et 5 % pour l’ensemble des États d’Afrique10. Par ailleurs, ceux d’entre eux qui sont (ou ont été) scolarisés sont souvent relégués au sein de leur propre communauté (ibid. : 156) et stigmatisés à l’extérieur de celle-ci. C’est ce dont témoigne un Pygmée baka de la région de Lomié au Cameroun :

  • 11 Entretien avec J. Mbouli (39 ans), chasseur de gibier à la case de passage des étrangers, le 19 se (...)

Nous sommes souvent l’objet de raillerie de la part des autres [bantous]. Ils nous considèrent comme des êtres qui ne réfléchissent point, faisant de nous des personnes qui ne sont pas fait[es] pour la réflexion et, partant, pour l’école11.

  • 12 Le revenu moyen annuel d’une famille pygmée est de 50 000 francs cfa, soit environ 75 € (Abé 2011  (...)
  • 13 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le (...)

19Les mauvaises conditions socioéconomiques des Pygmées apparaissent comme un véritable frein à leur scolarisation. La survie alimentaire des Pygmées dépend de leurs patrons bantous qui ne leur fournissent que des denrées en échange de leurs travaux champêtres. Or, les Pygmées ont également besoin de ressources financières afin notamment de scolariser leurs enfants et d’accéder aux soins de santé primaires, ce que ne leur permettent pas leurs revenus12. Par ailleurs, leur vie dans des huttes en paille est de nature à les exposer à des intempéries de toutes sortes, comme les pluies diluviennes, ce qui pose notamment un réel problème de conservation des fournitures scolaires des enfants13. Quand bien même les parents parviennent à acheter quelques fournitures scolaires, il n’est donc pas acquis que celles-ci soient utilisables tout au long de l’année du fait de ces contraintes matérielles (Abé 2011 : 156). Autrement dit, les mauvaises conditions économiques des familles ont une influence sur la scolarisation des enfants. À présent, venons-en à l’examen du second volet du contexte actuel d’exclusion des Pygmées : le bafouage de leur droit au consentement libre et éclairé.

  • 14 Entretien avec M. Wópɛ Mathéo (84 ans), chef de clan de Pygmées baka à Lomié (Est-Cameroun), le 12 (...)

20Sur la base de quelques témoignages recueillis dans les localités de Lolodorf (le 22 janvier 2020) et de Lomié (le 22 décembre 2019), il se dégage un même constat : les populations autochtones pygmées devraient obligatoirement être consultées lorsque des activités de développement sont susceptibles d’affecter la jouissance de leurs droits (Anaya 2005 : 7 ; Kolokosso 2010 : 23). Cette consultation se fonde sur le principe de consentement libre, éclairé et informé. Participant à l’autodétermination et à la souveraineté permanente sur les ressources naturelles, ce consentement désigne le principe en vertu duquel les communautés concernées devraient avoir le droit d’accorder ou de refuser leur assentiment à la réalisation d’activités prenant place sur leurs terres ou ayant un impact sur les ressources et l’environnement dont elles dépendent. L’illustration est donnée par la loi camerounaise n°94/01du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche. Elle prévoit que la gestion des revenus provenant de l’exploitation forestière prenne en considération le consentement des Pygmées. Pourtant, cela n’est pas le cas dans l’ensemble des pays d’Afrique centrale dans la mesure où les communautés autochtones pygmées n’ont pas accès à la redevance forestière annuelle (Joiris & Bigombé Logo 2010 : 57) pour au moins deux raisons. D’une part, aucune mesure spécifique n’est prise pour s’assurer que la redevance forestière annuelle soit distribuée de manière équitable et que celle-ci parvienne aux Pygmées. Par conséquent, ils sont exclus des comités de gestion locale mis en place dans les villages bantous14. D’autre part, le recouvrement de la redevance forestière annuelle est centralisé dans les communes des localités abritant la zone d’exploitation forestière, ce qui explique que ces fonds échappent au contrôle des Pygmées.

21On observe que la création des aires protégées (Nelson & Hossack 2003 : 9 ; Nguiffo 2003 : 5) nécessite aussi souvent le consentement libre et éclairé des Pygmées. Or, partout ailleurs dans les États d’Afrique centrale, les décisions sont prises sans leur consentement (Nguiffo, Kenfack & Mballa 2009). Un rapport sur les populations du groupe d’experts de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples souligne que les Batwa du Rwanda, du Burundi, d’Ouganda et de la République démocratique du Congo sont dépossédés de la quasi-totalité de leurs terres en l’absence de tout consentement libre et éclairé (Nyababa 2013 : 35). Cette dépossession explique en partie pourquoi les Pygmées demeurent souvent dans une situation de pauvreté et de mendicité et pourquoi ils vendent illégalement des produits de la forêt (ibid. : 36).

Pour une prise en compte accrue des Pygmées dans l’univers décisionnel de gestion des ressources forestières

  • 15 Entretien avec G. Mabia, maire de Lomié (Cameroun), le 7 octobre 2019 ; entretien avec le maire de (...)

22Depuis 2010, l’implication ou la participation (Nkoum-Me-Ntseny 1995) des Pygmées dans le processus de gestion des ressources des forêts est devenu le leitmotiv des projets de conservation des écosystèmes forestiers. Pourtant, selon certains informateurs, les Pygmées ne sont pas pris en compte dans toutes les étapes du processus décisionnel15. D’après les entretiens réalisés, l’inclusion des Pygmées dans les sphères décisionnelles de gestion des ressources forestières exigerait de développer des mécanismes de participation (Joiris & Bigombé Logo 2010 : 23) et de formuler une nouvelle politique intégrée qui serait élaborée de concert avec eux.

Le développement des mécanismes participatifs appropriés

23L’expression « mécanismes participatifs » renvoie à l’ensemble des paramètres encourageant la participation pleine et effective des Pygmées à la prise de décision en matière de gestion des ressources forestières. D’après nos enquêtes, deux paramètres favorisant leur participation sont la création d’un statut juridique national reconnaissant les Pygmées et la révision des cadres juridiques nationaux existants en matière forestière.

24Dans un entretien réalisé avec le chef de clan de Baka à Lomié, le 22 décembre 2019, il ressort que l’un des mécanismes de participation à la prise de décision en matière de ressources forestières serait la reconnaissance des Pygmées par l’État par la voie d’un statut juridique :

Vu qu’il n’existe aucun texte accordant un statut juridique national aux Pygmées, il est nécessaire que pour encadrer notre autochtonie un texte soit adopté, un texte juridique ne devant plus permettre notre exclusion et la destruction de notre habitat.

  • 16 Lire, à cet effet, les préambules des Constitutions ci-après : la Constitution de la République de (...)

25L’élaboration d’un texte de loi conforme aux traités internationaux serait profitable à la gouvernance des autorités publiques (Donfack Sockeng 2001 : 8 ; Mouangue Kobila 2009 : 23) autant qu’aux peuples autochtones pygmées, lesquels, dotés d’un statut juridique, pourraient enfin pleinement participer aux décisions concernant la gestion des ressources. S’il est vrai que les préambules des Constitutions16 des États de l’Afrique centrale évoquent la question de l’autochtonie, cela n’octroie cependant pas de manière explicite aux peuples autochtones de la région un véritable statut juridique (par le biais d’une loi).

  • 17 A. Martinussen, « Des réformes juridiques pour soutenir les droits des peuples autochtones de la R (...)

26Pour autant, une avancée non négligeable est à signaler en rdc. En 2014, un projet de loi sur les principes de base des droits des peuples autochtones pygmées est soumis à l’Assemblée nationale de la rdc pour délibération17. Ce projet de loi est devenu loi le 15 juillet 2022. Elle a été promulguée le 16 novembre 2022 par le président de la République après son vote par le Sénat le 10 juin 2022.

  • 18 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le (...)
  • 19 Voir la loi n° 08-022 du 17 octobre 2008 pour la RCA et la loi n° 94/01 du 20 janvier 1994 portant (...)

27Au-delà de la question du statut juridique, la révision des cadres juridiques existants dans le secteur forestier favoriserait également la participation des Pygmées aux décisions concernant les ressources. Le contexte évoluant, la loi de 1994 est dorénavant surannée. Il est impérieux qu’elle soit révisée notamment en ses articles 47 al. 1, 52 al. 1 et 5718. En effet, si les Pygmées sont associés à toutes les opérations de concession, d’abattage et de vente de coupe, il serait important qu’ils soient aussi acteurs de l’élaboration et de la mise en œuvre des mesures législatives ou administratives susceptibles de les affecter. Selon le droit international dnudpa et c 169 de l’oit, les législations nationales forestières des États d’Afrique centrale, à l’exception de la Centrafrique et du Cameroun19, ne garantissent pas suffisamment la participation des Pygmées à la prise des décisions. La révision des cadres juridiques nationaux relevant du secteur forestier s’impose en raison de l’évolution récente du contexte international de développement.

  • 20 « Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement. Principes de gestion des forêts », a (...)

28En effet, désormais, les législations nationales forestières doivent être conçues conformément à la Déclaration de Rio20 dans l’optique de garantir une participation équitable des Pygmées dans la prise de décision. Sur ce point, les accords et les décisions de Rio de Janeiro de 1992 préconisent l’implication de tous les partenaires ayant un intérêt dans la gestion des ressources forestières. De manière indirecte, ils accordent le privilège aux peuples autochtones pygmées de participer à la prise de décision. Il appert donc nécessaire pour les États d’Afrique centrale de procéder à une révision de leurs législations nationales en matière forestière, de sorte qu’elles puissent prendre en compte de manière équitable, précise et non ambiguë la participation des Pygmées dans les instances décisionnelles.

La formulation d’une nouvelle politique intégrée de concertation avec les Pygmées

29Autour de quels principes peut-on organiser la concertation en matière de prise de décision ? Les questions de la gestion des ressources forestières étant par nature complexes et transversales, un processus pluraliste est a priori souhaité. Dans le cadre de cette réflexion, nous verrons au préalable l’impérieuse nécessité d’un renforcement des dynamiques locales. Par la suite, nous analyserons la problématique de l’institutionnalisation d’une gestion négociée des ressources forestières.

  • 21 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le (...)
  • 22 Entretien avec M. Wópɛ Mathéo (84 ans), chef de clan de Pygmées baka à Lomié (Est-Cameroun), le 12 (...)
  • 23 Entretien avec G. Mabia, maire de Lomié (Cameroun), le 7 octobre 2019.
  • 24 Entretien avec J. A. Ossima, maire de Lolodorf, le 17 janvier 2020.
  • 25 Voir l’article 21 de la Charte des peuples indigènes et tribaux des forêts tropicales, Assemblée d (...)
  • 26 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le (...)

30Comment renforcer les dynamiques locales ? Et sur quelle base ? Telles sont les inquiétudes des différents chefs de clan bagyeli de Lolodorf21 et baka de Lomié22. Il apparaît que les réponses qui expriment le mieux ces préoccupations proviennent du plaidoyer porté par les différents maires des localités de Lolodorf et Lomié. Selon le premier : « Il est désormais important d’associer les Pygmées à des structures de gestion et, partant, à une prise de décision plus transparente »23. Cette vision des choses est partagée par son homologue de Lomié qui renchérit en insistant sur l’urgence de « l’idée d’associer les Pygmées dans des structures représentatives »24. Selon eux, il est nécessaire de procéder à la création de structures représentatives des Pygmées et à la mise en place d’un programme national de développement participatif. Par exemple, la création par les pouvoirs publics d’un comité de gestion locale, qui serait une plate-forme des droits des Pygmées en relation avec la puissance publique, permettrait notamment de réguler les prélèvements sur les ressources, de manière à éviter des perturbations dans les forêts tropicales humides d’Afrique centrale nocives au couvert forestier et, partant, à l’environnement. Cette plate-forme contribuerait à construire un espace de dialogue entre les populations pygmées, les exploitants forestiers et les autorités publiques et à structurer des « forums » au sein desquels l’avenir des écosystèmes forestiers serait débattu25. Comme l’explique ce chef de clan : « Il est important que l’on organise des rencontres fréquentes en nous impliquant, car nous pouvons témoigner de l’exploitation abusive et de la destruction de notre habitat »26. Dans un contexte marqué par une pluralité des organes de décision, ce dispositif favoriserait une meilleure coordination entre les différentes structures de pouvoir (la mairie de la localité et les associations pygmées).

  • 27 Ibid.
  • 28 Entretien avec M. Wópɛ Mathéo (84 ans), chef de clan de Pygmées baka à Lomié (Est-Cameroun), le 12 (...)
  • 29 Voir, à cet effet, le Plan de développement des peuples pygmées, 2015.

31Par la suite, il est tout aussi nécessaire selon les aspirations des chefs de clan bagyeli de Lodorf27 et baka de Lomié28 de réviser le Programme national de développement participatif des peuples, comme c’est le cas au Cameroun29. L’objectif final de ce programme est de promouvoir le respect de la dignité et les droits des Pygmées (à la santé, à l’éducation, bref à l’existence) afin que ceux-ci puissent participer aux décisions qui ne portent pas atteinte à leur environnement et à leur culture. On s’attend à ce que ce programme intègre les plans écologiques (à travers les mécanismes d’études d’impacts environnementaux) mais aussi les plans de développement socioculturels (à travers les modules relatifs à l’éducation et à la formation sur les écosystèmes forestiers). Maintenant, venons-en à l’analyse de l’institutionnalisation d’une gestion négociée des ressources forestières qui constitue un enjeu de gouvernance, une contribution au renforcement de l’action publique (Lascoumes 2012 : 80).

32Pour accroître la participation des Pygmées à la prise de décision, l’institution d’une gestion négociée des ressources forestières en partenariat avec ces derniers doit être envisagée. Sauf exception, les dispositifs de gestion des ressources forestières se limitent aux seules autorités publiques, aux exploitants forestiers et aux comités de gestion locale des Bantous. Désormais, il s’avère nécessaire de forger une synergie entre tous ces acteurs et les Pygmées en renforçant la légitimité et la capacité d’agir de ces derniers et en veillant à ce que le principe de la répartition proportionnelle des ressources forestières soit respecté.

  • 30 Entretien avec J. A. Ossima, maire de Lolodorf, le 17 janvier 2020.

33L’on note que la gestion négociée pourrait contribuer à la production de réponses efficaces pour réduire l’incertitude sur les normes régissant l’exploitation des ressources forestières, de la part des exploitants, et à la mise en œuvre effective des règles (ibid. : 81) de la part des autorités publiques. Une gestion négociée participerait ainsi au renforcement mutuel de l’action publique. Cette vision est partagée par le maire de Lolodorf en ces termes : « Les Bantous que nous sommes ne devront plus se montrer austères aux Pygmées, car en les associant, on associe la collectivité tout entière et, partant, notre survie à nous tous »30.

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34Cette étude avait pour objet de saisir le seuil de participation des Pygmées dans la prise des décisions en matière de gestion des ressources forestières à travers le temps. Au-delà des dynamiques passées et actuelles qui excluent de manière systématique la participation des Pygmées des sphères décisionnelles, il est indispensable de plaider en faveur d’une reconnaissance ostentatoire de leur participation afin de protéger leurs droits, d’assurer leur participation aux enjeux internationaux et sous-régionaux (Lascoumes 2012 : 82) sur les ressources forestières et de préserver l’équilibre des écosystèmes forestiers de la planète.

35Le développement durable des écosystèmes forestiers ne saurait devenir une réalité en Afrique centrale qu’en prenant en compte le droit des peuples autochtones pygmées de participer aux instances décisionnelles afin que soient assurées une sécurisation et une soutenabilité des ressources.

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Notes

1 Ce forum offre un cadre de concertation réunissant à la fois les autorités politiques des différents pays, les partenaires au développement, la société civile, les médias et les peuples autochtones de l’espace Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et du monde entier. Il constitue aussi une plate-forme de rencontre des peuples autochtones issus des différents pays du bassin du Congo. 212 Pygmées y ont pris part : 9 du Cameroun-RCA ; 82 de la RDC ; 18 du Burundi ; 38 du Rwanda ; 47 du Gabon ; 17 de la Guinée équatoriale ; et 19 du Congo. Tous ces Pygmées sont désignés ou choisis par leurs États respectifs. Voir le « Rapport de synthèse des ateliers nationaux de sensibilisation des populations autochtones », UICN-Cameroun, <https://www.forestcarbonpartnership.org/system/files/documents/rapport_de_synthese_des_ateliers_de_sensibilisation_b.pdf>.

2 Voir le « Communiqué final des travaux de la deuxième édition du Forum international sur les peuples autochtones d’Afrique centrale (FIPAC 2) », Impfondo (Congo), 16-19 mars 2011, <https://comifac.org/images/documents/communiqu%C3%A9%20final%20FIPAC%202-%20impfondo%202011.pdf> ; voir aussi L. Ntoutoume, « Réveil et revendications des Pygmées sur la gestion des forêts », Gabon Review, 10 juillet 2012, <http://gabonreview.com/blog/reveil-et-revendications-des-pygmees-sur-la-gestion-des-forets/>.

3 Voir le « Rapport du Groupe de travail chargé d’examiner l’application de l’article 8 (J) et ses dispositions connexes à la convention sur la biodiversité (WG8j-7) », Montréal, Canada, 31 octobre 2001, <https://www.cbd.int/doc/meetings/cop/cop-09/official/cop-09-07-fr.doc>.

4 T. Mbouki, « Les oubliés du développement durable : au-delà de la décentralisation, l’inquiétude des “peuples autochtones” du Sud-Cameroun », <http://www.cesbc.org/developpement_durable/textes/Lesoubliesdudeveloppementdurable.pdf>.

5 O. De Schutter, « Mission au Cameroun du rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter (16-23 juillet 2012). Conclusions préliminaires », Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, Nations Unies, 23 juillet 2012, <https://www.ohchr.org/fr/press-releases/2012/07/default-title-0>.

6 Ibid.

7 Cour interaméricaine des Droits de l’Homme, « Affaire Communauté Mayagna (Sumo) Awas Tingni c. Nicaragua », série C, no 79, § 149, arrêt du 31 août 2001, San José (Costa Rica).

8 J. Nyamu, « Les populations autochtones déplorent l’exclusion dont elles font l’objet », Afrique Relance, ONU, <http://www.un.org/fr/africarenewal/newrelfr/indigfr.htm>.

9 L. Ntoutoume, « Réveil et revendications des Pygmées sur la gestion des forêts », op. cit.

10 Les données citées dans le présent travail sont extraites des rapports annuels préparés par les bureaux de pays de l’UNICEF. Il s’agit du rapport annuel soumis au Conseil d’administration du 16-19 juin 2015 par le Directeur général de l’UNICEF et du rapport annuel de l’UNICEF, 2010, <https://www.unicef.fr/sites/default/files/userfiles/Unicef_Rapport_annuel_international_2010.pdf>.

11 Entretien avec J. Mbouli (39 ans), chasseur de gibier à la case de passage des étrangers, le 19 septembre 2019.

12 Le revenu moyen annuel d’une famille pygmée est de 50 000 francs cfa, soit environ 75 € (Abé 2011 : 156).

13 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le 22 janvier 2020 ; entretien avec M. Evina Martin (87 ans), chef des Bantous à Lolodorf (Sud-Cameroun), le 24 janvier 2020.

14 Entretien avec M. Wópɛ Mathéo (84 ans), chef de clan de Pygmées baka à Lomié (Est-Cameroun), le 12 septembre 2019 ; entretien avec G. Eyenga (73 ans), chef des Bantous à Lomié (Est-Cameroun), le 13 septembre 2019.

15 Entretien avec G. Mabia, maire de Lomié (Cameroun), le 7 octobre 2019 ; entretien avec le maire de Lolodorf, le 17 janvier 2020.

16 Lire, à cet effet, les préambules des Constitutions ci-après : la Constitution de la République de Guinée équatoriale du 17 janvier 1995 ; la Constitution de la République du Rwanda du 4 juin 2003 ; la loi n° 1/018 du 18 mars 2005 portant promulgation de la Constitution de la République au Burundi ; la loi n° 2008/001 du 14 avril 2008 portant révision de la Constitution de la République du Cameroun ; la loi n° 047/2010 du 12 janvier 2011 portant révision de la Constitution de la République du Gabon ; la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006 ; la loi n° 13/001 du 18 juillet 2013 portant Charte constitutionnelle en République centrafricaine.

17 A. Martinussen, « Des réformes juridiques pour soutenir les droits des peuples autochtones de la République du Congo », UN-REDD, <http://www.un-redd.org/Newsletter2014September/DRCLegalIPReforms_FR/tabid/794161/Default.aspx> (consulté le 23 février 2020).

18 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le 22 janvier 2020.

19 Voir la loi n° 08-022 du 17 octobre 2008 pour la RCA et la loi n° 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche pour le Cameroun.

20 « Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement. Principes de gestion des forêts », adoptée lors du sommet Planète Terre à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, Rio de Janeiro (Brésil), 3-14 juin 1992, <https://www.un.org/french/events/rio92/rio-fp.htm>.

21 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le 22 janvier 2020.

22 Entretien avec M. Wópɛ Mathéo (84 ans), chef de clan de Pygmées baka à Lomié (Est-Cameroun), le 12 septembre 2019.

23 Entretien avec G. Mabia, maire de Lomié (Cameroun), le 7 octobre 2019.

24 Entretien avec J. A. Ossima, maire de Lolodorf, le 17 janvier 2020.

25 Voir l’article 21 de la Charte des peuples indigènes et tribaux des forêts tropicales, Assemblée de Penang, Malaisie, 15 février 1992.

26 Entretien avec J. Loubouli (78 ans), chef de clan de Pygmées bagyeli à Lolodorf (Sud-Cameroun), le 22 janvier 2020.

27 Ibid.

28 Entretien avec M. Wópɛ Mathéo (84 ans), chef de clan de Pygmées baka à Lomié (Est-Cameroun), le 12 septembre 2019.

29 Voir, à cet effet, le Plan de développement des peuples pygmées, 2015.

30 Entretien avec J. A. Ossima, maire de Lolodorf, le 17 janvier 2020.

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Pour citer cet article

Référence papier

Martin Raymond Willy Mbog Ibock, « La prise en compte des Pygmées dans l’univers décisionnel de la gestion des ressources forestières en Afrique centrale », Cahiers d’études africaines, 250 | 2023, 291-307.

Référence électronique

Martin Raymond Willy Mbog Ibock, « La prise en compte des Pygmées dans l’univers décisionnel de la gestion des ressources forestières en Afrique centrale », Cahiers d’études africaines [En ligne], 250 | 2023, mis en ligne le 02 janvier 2026, consulté le 11 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/etudesafricaines/41706 ; DOI : https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.41706

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Auteur

Martin Raymond Willy Mbog Ibock

Faculté des sciences juridiques et politiques, Université de Douala, Cameroun

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