De nombreux travaux scientifiques, sur les expressions féminines ou féministes d’autonomie ou d’émancipation, individuelles ou collectives dans des contextes d’Afrique subsaharienne francophone, mettent l’accent sur les pratiques des femmes qui visent à infléchir les normes patriarcales sans chercher à les transformer radicalement (Adjamagbo & Calvès 2012 ; Gomez-Perez & Brossier 2016 ; Gning 2019). Le constat d’un compromis avec les normes sociales amène à interroger les aspirations de ces actrices lorsqu’elles se saisissent de la « cause des femmes » (Bereni 2007). Par quoi sont-elles mues ? Si on regarde le fait majoritaire, suggérant une forme d’accommodement par rapport aux inégalités de genre, on se demande si les femmes agissent en fonction de principes culturels spécifiques. Adhèrent-elles à une manière de concevoir l’émancipation, parfois sans la valeur de l’égalité ? Se positionnent-elles ainsi car le contexte structurel fait qu’il est compliqué, impossible, voire dangereu...
Des militantes féministes, africaines, francophones et radicales (Tchad, Togo)
Résumés
Cet article cherche à mettre en évidence des voix radicales issues du féminisme en Afrique subsaharienne francophone qui se distancient des théories du négoféminisme (negofeminism) ou de l’escargot (snail-sense feminism). Développées par O. Nnaemeka et A. Adimora-Ezeigbo, ces théories postulent que le féminisme africain est fondé sur le compromis, le consensus et la collaboration. L’analyse porte sur les conditions d’émergence de féminismes radicaux plus frontaux, le contour de leur radicalité et les pratiques qui y sont associées. Pour ce faire, elle s’appuie sur l’étude de figures militantes et de mouvements féministes au Togo et au Tchad. Dans un contexte de renforcement des conservatismes et de l’anti-genre dans le monde et en Afrique, l’affirmation féministe radicale au service de l’égalité de genre reste contrainte et fortement risquée, quand bien même les militantes bénéficient d’une vague mondiale post-#Me Too favorable à la dénonciation des violences faites aux femmes.
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Charlotte Vampo, « Des militantes féministes, africaines, francophones et radicales (Tchad, Togo) », Cahiers d’études africaines, 259 | 2025, 743-773.
Référence électronique
Charlotte Vampo, « Des militantes féministes, africaines, francophones et radicales (Tchad, Togo) », Cahiers d’études africaines [En ligne], 259 | 2025, mis en ligne le 03 janvier 2028, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/etudesafricaines/51230 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14mao
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