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Comptes rendus de lecture

Ette, Ottmar & Gesine Müller (éds), New Orleans and the Global South.Caribbean, Creolization, Carnival

Thomas A. Klingler
Référence(s) :

Ette, Ottmar & Gesine Müller (éds), New Orleans and the Global South. Caribbean, Creolization, Carnival, 2017. Potsdamer inter- und transkulturelle Texte, Band 17. Hildesheim/Zürich/New York: Georg Olms. ISBN 978-3-487-15503-3.

Texte intégral

1Les seize chapitres de ce volume, dont trois sont en français et treize en anglais, sont le fruit d’un colloque du même nom qui s’est tenu à l’université de Cologne en 2015. Selon les éditeurs, l’objectif du recueil est de dépasser le(s) mythe(s) de la Nouvelle-Orléans pour explorer « the city’s potential as a paradigmatic metropolis of the Global South », en refusant une logique centre-périphérie et en considérant la ville comme « a nexus of manifold transareal circulation processes – one that could play a key role in a hemispheric understanding of the Americas » (9). Il s’agit donc d’appréhender la Nouvelle-Orléans en tant que point de rencontre – mais aussi de création et de diffusion – d’une multiplicité de populations et de formes culturelles. Ceci dans le but d’arriver à une meilleure compréhension à la fois des Amériques et du « Sud global », [terme d’usage courant dans les études postcoloniales pour faire référence aux « pays du Sud » (et également à des régions pauvres des pays du Nord, telle que la Louisiane), dans une perspective globale qui privilégie leurs interconnexions historiques, économiques, culturelles, etc.]. Afin de suivre cette approche, les auteurs traitent diverses disciplines (les études littéraires, l’histoire, la linguistique, la musicologie) dans divers pays (l’Allemagne, la France, la Grande Bretagne, les États-Unis, les Philippines). Si les contributions ne sont pas toutes de qualité égale, dans leur ensemble, elles offrent une introduction riche qui permet de mettre en exergue des recherches récentes sur la Nouvelle-Orléans et la Louisiane. Etudes que toute personne ayant un intérêt pour cette ville et cette région prendra plaisir à lire.

2Les contributions sont regroupées en cinq sections : « Opening » (une seul contribution), « Creolization I : Language and Literature » (quatre contributions), « Carnival » (deux contributions), « Creolization II : Music and More » (cinq contributions) et « New Orleans, Caribbean and Beyond » (quatre contributions). Le tout est précédé d’une brève introduction où, malheureusement, apparaît un premier exemple d’une faiblesse qui va marquer, à des degrés variables, bien des chapitres du recueil, en l’occurrence un manque de soin éditorial. A titre d’exemple, l’université où travaille l’un des auteurs, William Boelhower, est identifiée dans l’introduction comme « the Baton Rouge University in Louisiana » (10), hors celle-ci est, en réalité, Louisiana State University (correctement identifiée à la page 399 dans la biographie de l’auteur).

« Opening »

3Dans le premier chapitre du recueil, « Carnival and other Catastrophes. New Orleans : A Global Archipelago », Ottmar Ette met en question l’opposition, traditionnellement produite, dans la pensée occidentale, entre Nature et Culture pour montrer qu’il n’existe pas de catastrophe « naturelle ». Il développe ensuite cette notion en analysant trois œuvres littéraires qui ont pour sujet la Louisiane et la Nouvelle-Orléans : Catástrofes naturales d’Anna Kuzima Stahl, Letters from Cuba de l’écrivain suédois Fredrika Bremer, et Chita : A Memory of Last Island de Lafcadio Hearn. La lecture du débat philosophique est difficile mais passionnante, et l’auteur a le mérite de mieux faire connaître aux Anglophones les écrits de Kuzima Stahl et Bremer, que j’ignorais moi-même avant de lire ce chapitre. Mais il ne semble pas être conscient des quelques problèmes que posent les détails historiques rapportés dans le texte de Kuzima Stahl, car il les reproduit sans commentaires ou corrections : les ouragans Betsy et Andrew ont frappé la Nouvelle-Orléans (dans le premier cas) et le sud de la Louisiane (dans le deuxième cas) en 1965 et 1992 respectivement, et non en 1955 et 1991, comme l’écrit Kuzima Stahl dans sa nouvelle « Catástrofes naturales » (37-38). Les erreurs de langue et fautes de frappe ne sont pas nombreuses dans le texte, mais on relève toutefois « In a direct turn to the readers, who are in literally taken along . . . » (58), où la préposition in est de trop, et Ile Dernièr pour Ile Dernière (61).

« Creolization I: Language and Literature »

4Les deux premiers chapitres de cette partie sont ceux qui présentent le plus d’intérêt pour les spécialistes de langues créoles. Dans sa contribution intitulée « Entre la Caraïbe et l’Amérique du Nord : le créole louisianais et son lexique à la lumière de ses contacts linguistiques et culturels », Ingrid Neumann-Holzschuh cherche à situer le créole louisianais par rapport aux créoles des Antilles et à la francophonie nord-américaine, en examinant la partie de son lexique qu’il partage avec les créoles antillais, d’un côté, et, de l’autre, avec le français laurentien et acadien. Pour ce faire, l’auteure se sert des fichiers préliminaires (B, C [sans CH] et G) du Dictionnaire étymologique des créoles français d’Amérique qui vient de paraître (Bollée et al 2018). Les résultats de sa comparaison lexicale de ces différentes variétés montrent que le créole louisianais présente un « double visage », ayant un vocabulaire qui est « tantôt tourné vers les Antilles, tantôt vers la francophonie nord-américaine, tantôt simplement limité à la Louisiane » (91). Cette étude nous donne un avant-goût de la richesse du DECA ainsi que de sa grande utilité pour faire accroître nos connaissances sur le lexique des créoles français.

5Philippe Krämer nous invite à relire les deux écrivains louisianais Alfred Mercier et Alcée Fortier, dont les descriptions du créole louisianais se distinguent des principaux écrits sur les langues créoles de l’époque (la fin du XIXe siècle). Ceci en présentant le créole de Louisiane non comme la création d’une race génétiquement inférieure, mais comme une langue dont la structure reflète les « lois » universelles de la linguistique. Ainsi, Fortier compare le développement du créole à partir du français au développement de ce dernier à partir du latin, tout en observant que le créole est un objet d’étude intéressant pour la philologie : « for its structure serves to strengthen the great laws of language, and its history tends to prove how dialects have sprung from one original language and spread all over the world » (Fortier 1884 :101sq., cité à la p. 105). Étant des hommes blancs vivant dans le Sud des États-Unis à la fin du XIXe siècle, Mercier et Fortier n’échappaient pas totalement aux préjugés de leur époque, un fait que Krämer ne cherche pas à cacher. Il cite, par exemple, un texte de Fortier dans lequel il prétend que les esclaves « were, as a rule, well treated by their masters » et « were certainly not unhappy on the plantation » (Fortier 1894 :125, 129, cité p. 110). Mais l’auteur a raison de souligner le respect pour la langue créole dont témoignent les écrits de Mercier et de Fortier, auteurs qui, comme ce chapitre le montre, furent prêts à lui accorder une place dans la francophonie louisianaise, qu’ils œuvraient tous deux à défendre face à la dominance croissante de l’anglais.

6Gesine Müller étudie les « transcultural positionings » des gens de couleur libres en Louisiane au XIXe siècle à travers quatre textes de l’époque : « Le mulâtre » de Victor Séjour (1837), « Monsieur Paul » de Joanni Questy (1867, mais à trois reprises dans le chapitre on lit la date erronée de 1987), « Souvenirs de Louisiane » de Joseph Colastin Rousseau (1862), et le célèbre recueil de poésies Les cenelles édité par Armand Lanusse (1845). L’auteure souligne le fait que, contrairement aux écrivains afro-américains anglophones de l’époque, qui cherchaient à se démarquer des traditions littéraires hégémoniques en adoptant de nouvelles formes littéraires, les écrivains de couleur libres, et surtout les contributeurs aux Cenelles, revendiquaient leur place dans la culture francophone encore dominante en émulant les grands auteurs français du Romantisme : « Embedded in their French Creole origins, which positioned them more closely to white Creole society than to Protestant Anglo-Americans, their goal was not only to participate in the ruling social class, it was also to exclude other influences emanating from the African American culture beneath them. In other words, what we are seeing here are the indirect consequences of the French model of integration – even decades after Louisiana had become separated from its mother country » (131).

7Le sujet de la contribution d’Owen Robinson est l’étrange roman The Mysteries of New Orleans, écrit par l’émigré allemand Baron Ludwig von Reizenstein et publié en série dans le journal néo-orléanais de langue allemande Louisiana Staats-Zeitung en 1854-1855. Le roman est resté largement inconnu jusqu’en 2002, année où Steven Rowan en a publié une traduction en anglais. Comme Robinson nous le montre, le roman présente une image de la ville comme un centre de criminalité et de dangers (notamment sous la forme de fièvre jaune), condamnée entre autres par sa participation à l’institution de l’esclavage. C’est une ville qui est « américaine » sans vraiment l’être, de par sa position comme « ruler of the Gulf of Mexico » (141) et l’importance de sa population créole, dont Reizenstein semble adopter les jugements négatifs envers les « Américains » qui ne parlent pas français et ne participent pas à la culture créole.

« Carnival »

8À travers une analyse fascinante du « Mardispeak », le vocabulaire spécifiquement associé au mardi gras à la Nouvelle-Orléans, Aurélie Godet trace la transformation historique de cette célébration et les rapports sociopolitiques qui l’entourent. Elle montre que le peu de mots français et espagnol dans ce vocabulaire, ainsi que les nombreuses références à la mythologie classique dans les noms des « krewes » (c.-à-d. les groupes qui organisent des parades : « the Mistik Krewe of Comus », « Adonis », « Apollo », « Bacchus », etc.), reflète la dominance, à partir de la guerre civile, de l’élite anglo-américaine et son goût pour l’antiquité. Une résistance à cette domination se voit pourtant, d’une part, dans les noms de « krewes » plus récemment établis, qui se moquent des vieux krewes (p. ex. « the Intergalactic Krewe of Chewbacchus », un croisement de « Bacchus » et du nom du personnage célèbre du film La guerre des étoiles) et d’autre part, dans la popularité de termes associés au mardi gras célébré par la population noire, et en particulier aux « Indiens » du mardi gras (p. ex. « Big Chief », « Spy Boy », « humbah »).

9À la différence des autres contributions de ce volume, « Birth of Carnival Krewes » de Rosary O’Neill n’est pas un article académique. Il est une reproduction du premier chapitre d’un livre que l’auteure a fait publier en 2014. Il ne cite aucune source et présente de nombreuses généralisations stéréotypées et parfois romantisées telles que : « The New Orleanian from 1699 to 1800 was basically unlearned. He lived for sensation rather than reflection, enjoying balls and dances and busying himself with the social demands of his family » (192) et « The upper-class man lolled on his verandas, under his oaks or at his dining room table, dreaming » (193). Ainsi, contrairement à ce qu’annonce son titre, l’article n’a pratiquement rien à voir avec les krewes du carnaval. Il dresse un tableau général et superficiel de l’histoire de la Nouvelle-Orléans et de ses distractions avant que les krewes ne s’établissent au milieu du XIXe siècle.

« Creolization II: Music and More »

10Wolfram Knauer, dans son article sur le rôle de la Nouvelle-Orléans dans la création du jazz, insiste sur l’importance de ce qu’il appelle le « creole concept » chez les musiciens de ce genre, pas seulement à la Nouvelle-Orléans mais à travers le monde. À la fin de l’article, il résume ce concept sous forme d’impératif: « Be part of a community, acknowledge the difference, listen into your own past, know what’s going on in the world, find your own voice, play your own thing » (216).

11Dans sa contribution intitulée « Laus Urbis : City space, the birth of jazz, and floating signifiers », William Boelhower compare la façon dont les musiciens de jazz de la Nouvelle-Orléans célébraient leur ville d’origine dans leur diaspora au genre de textes appelé laus urbis (« louange de la ville »), créé à la Renaissance pour louer la beauté des villes de l’époque. Si les grands musiciens de jazz ont quitté la Nouvelle-Orléans et fait enregistrer leur musique ailleurs (à Chicago, en Californie, à New York), la toponymie et la culture de cette ville ont continué à être des références constantes, non seulement dans le style de leur musique, mais également dans les paroles et les titres de leurs productions musicales : Perdido Street Blues, Basin Street Blues, Canal Street Blues, The King of the Zulus, Creole Bo Bo, New Orleans Stomp, etc.

12Les liens « transversaux » entre la Louisiane, le Québec et l’Acadie forment le sujet principal de l’article de Hans-Jürgen Lüsebrink, qui fait remarquer fort justement que, si au XIXe siècle la culture franco-louisianaise s’inspirait le plus souvent de modèles français, aujourd’hui « [l]es rapports centre-périphériques, avec les normes esthétiques et langagières qu’ils impliquaient, ont cédé la place à une nouvelle transversalité des relations entre la Louisiane et d’autres espaces francophones, de même qu’à une autre cartographie culturelle » (255-256). L’auteur a également raison de nous rappeler que cette réorientation de la Louisiane vers la francophonie canadienne date au moins du début du XXe siècle, la Louisiane ayant participé aux deux premiers Congrès de la Langue Française au Canada, en 1912 et 1937. Si, pris globalement, l’article témoigne d’une connaissance fine et approfondie de la francophonie louisianaise de la part de l’auteur, on peut s’interroger sur son choix d’écrire « la culture cajun contemporaine » (254), alors que les militants défenseurs du français en Louisiane sont allergiques à l’emploi – dans un contexte français – du mot anglais « cajun » plutôt que du mot français « cadien(ne) », dont celui-là est un emprunt. Son choix d’auteurs à inclure dans sa liste de « représentants majeurs » de cette culture n’est pas non plus sans problème. On peut se demander, par exemple, dans quelle mesure la poètesse créole Debbie Clifton est représentante de la culture « cajun » (cadienne), et on regrette que le nom du jeune poète cadien Kirby Jambon, lauréat du prix Henri de Régnier de l’Académie Française, ne trouve pas sa place dans la liste. Enfin, il convient de noter une petite erreur bibliographique : dans le texte aussi bien que dans la bibliographie de l’article, la date de parution du livre de Barry Jean Ancelet, Cajun and Creole Music Makers est donnée comme 1977, alors que le livre est paru en 1984, avec une deuxième édition en 1999.

13Tobias Kraft analyse le jeu vidéo Assassin’s Creed III : Liberation HD, qui se déroule à la Nouvelle-Orléans au XVIIIe siècle. Il trouve la représentation de cette ville plurilingue au moment de la cession de la Louisiane à l’Espagne particulièrement riche et sensible aux réalités politiques et culturelles. Il estime qu’il faudrait considérer cet espace virtuel comme culturellement significatif : « I […] think that we should incorporate Aveline [l’héroïne du jeu] into our (future) canon of cultural representations of the French Atlantic » (271). Son sujet est particulièrement intéressant, étant donné la place de plus en plus importante qu’occupent les jeux vidéo dans notre société, et son argument est convaincant. Malheureusement, c’est l’une des contributions qui souffrent le plus du manque de contrôle éditorial. On lit par exemple « Its installments have since then send [= sent] the gaming community to Renaissance Italy » (260), « they behold [= hold, hold out?] the possibility to challenge the minds of people » (262), « a politic [= political] reading » (264), « Aveline […] thrives [= strives] for justice » (267-268), et quelques phrases dont la syntaxe semble être calquée sur l’allemand: « A counter-argument proposes Hans-Ulrich Gumbrecht » pour « Hans-Ulrich Gumbrecht proposes a counter-argument » ou bien « A counter-argument is proposed by Hans-Ulrich Gumbrecht » (263 n. 2) et « We are never explained why and how she became the skilled assassin we are given to act with » au lieu de « It is never explained [to us] why and how […] » (270).

14Dans « The Mysteries of New Orleans : Culture Formation and the Layering of History », Berndt Ostendorf passe en revue une douzaine de scapes (mot qui n’est pas vraiment traduisible en français mais comporte le plus souvent la notion de « paysages » et qui se traduit d’ailleurs par landscape) qui sont essentiels pour comprendre « the hidden mysteries and the cultural choreography of New Orleans » (277). Il s’agit, par exemple, de l’héritage culturel de trois empires coloniaux (français, espagnol, américain), d’une économie liée à la mer et au Mississippi, d’une histoire esclavagiste, d’une exposition aux catastrophes (épidémies, ouragans) et d’une culture carnavalesque.

« New Orleans, Caribbean and Beyond »

15La contribution de Sonja Arnold sur les descriptions de la Nouvelle-Orléans et du Brésil écrites au XIXe siècle par Friedrich Gerstäcker nous permet de découvrir un écrivain particulièrement intéressant, dont l’œuvre en allemand n’est pas traduit dans d’autres langues. Elle montre comment Gerstäcker, à travers ses romans sur des immigrés allemands en « Amerika », que ce soit du Nord ou du Sud, représente la Nouvelle-Orléans comme occupant « an exceptional position, as it was an intersection between the North and South while not fully belonging to either » (297).

16Bill Marshall cherche à démontrer que la notion de « l’Atlantique française » (« a transoceanic movement of particles of Frenchness, minimum units of language, culture and meaning which, embedded in materialities of travel, migration and settlement, compose and combine with new, American landscapes and populations, often in minority situations » 315) nous permet de mieux saisir la complexité de la Nouvelle-Orléans. Pour ce faire, il analyse quatre exemples de productions culturelles qui « incarnent le genre d’hybridités et mélanges typiques de la Nouvelle-Orléans » (319, c’est moi qui traduis). Ses exemples sont tirés des domaines de la musique (le jazz), de la littérature (le roman Le vieux Salomon de Charles Testut), de la peinture (le tableau Le bureau de coton à la Nouvelle-Orléans de Degas) et du cinéma (Pretty Baby de Louis Malle).

17Michael Zeuske compare la Havane et la Nouvelle-Orléans au temps de l’esclavage et examine les relations culturelles et économiques qui liaient ces deux « métropoles de la traite ». Si l’article est riche en détails historiques, le texte en anglais comporte bon nombre d’erreurs, à commencer par le titre, « La Habana and Nueva Orleans/New Orleans – Two Metropolis of Slave Trade », où on relève deux erreurs : « metropolis » comme pluriel au lieu de « metropolises » et « slave trade » sans article défini. Des fautes de langue semblables se multiplient tout au long du texte.

18Dans le dernier chapitre du recueil, Eugenio Matibag nous fait découvrir l’histoire fascinante mais peu connue des « Filipinos » (Philipins) qui s’établirent dans les marais et bayous de la Louisiane. Ces descendants de marins, ayant déserté les bateaux espagnols sur lesquels ils avaient été contraints à travailler, auraient joué un rôle significatif dans la bataille de la Nouvelle-Orléans en 1815.

19En somme, les contributions de ce volume (exceptée celle de Rosary O’Neill, qui n’a vraiment pas sa place ici) font considérablement avancer nos connaissances sur la Nouvelle-Orléans et la Louisiane. Ceci en adoptant des approches nouvelles et pluridisciplinaires, en intégrant des recherches de pointe et en insistant sur le contexte global dans lequel ont évolué et continuent à évoluer la ville et la région. L’un des mérites particuliers du recueil est de donner au lecteur une vision très large des études sur la Nouvelle-Orléans et la Louisiane, en lui faisant découvrir les travaux des chercheurs venant de divers pays, et dont l’anglais n’est pas forcément la langue usuelle. Si le résultat laisse parfois à désirer sur le plan linguistique, c’est moins la faute des auteurs, qui, contraints par le marché linguistique à écrire dans une langue qui n’est pas la leur, doivent être félicités pour leur effort, que celle des éditeurs, qui auraient pu mieux veiller à la correction du produit final. Mais ces critiques n’enlèvent rien à la qualité du contenu des contributions, qui emmènent le lecteur dans un voyage passionnant de découvertes qu’il ne regrettera pas d’avoir entrepris.

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Bibliographie

Bollée, Annegret, Fattier, Dominique & Ingrid Neumann-Holzschuh (éds.) (2018) Dictionnaire étymologique des créoles français d’Amérique. Première partie : Mots d’origine française, trois tomes : A–D, E–O, P–Z, Hamburg : Helmut Buske https://www.uni-bamberg.de/romling/deca/.

Fortier, Alcée (1884) The French Language in Louisiana and the Negro-French Dialect. Transactions of the Modern Language Association of America I (188401185), p. 96-111.

Fortier, Alcée (1894) Louisiana Studies. Literature, Customs and Dialects, History and Education, Nouvelle-Orléans: Hansel and Bro.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Thomas A. Klingler, « Ette, Ottmar & Gesine Müller (éds), New Orleans and the Global South.Caribbean, Creolization, Carnival », Études créoles [En ligne], 35 | 1-2 | 2018, mis en ligne le 24 octobre 2018, consulté le 10 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/etudescreoles/484 ; DOI : https://doi.org/10.4000/etudescreoles.484

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Auteur

Thomas A. Klingler

Université Tulane, La Nouvelle-Orléans

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Droits d’auteur

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