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Numéro spécial de FCS : Conférence Internationale de Gouvernance 2019, organisée à Bruxelles par l’Université de Mons (juin 2019)

Véronique Bessière et Alain SCHATT

Notes de la rédaction

Ce numéro spécial est réalisé en partenariat avec l’AAIG (Association Académique Internationale de Gouvernance)

Texte intégral

1Ce numéro spécial de Finance Contrôle Stratégie regroupe six articles présentés lors de la conférence internationale de gouvernance (C.I.G.), qui s’est tenue en juin 2019 à Bruxelles, sous l’égide de l’Association Académique Internationale de Gouvernance (A.A.I.G.). Deux articles ont été, pour des raisons éditoriales, publiés dans le numéro précédant de FCS (N° 24-1 d’avril 2021), quatre articles sont ici regroupés.

2Cette conférence a confirmé l’intérêt de plus en plus prononcé des chercheurs pour des questions dépassant les intérêts des seuls actionnaires, qui ont longtemps été privilégiés en raison de leur statut spécifique de créanciers résiduels. De nombreux travaux portent désormais sur la responsabilité sociale de l’entreprise. Ils veillent à mieux comprendre quand et pourquoi les responsables d’entreprises prennent en compte les intérêts des diverses parties prenantes, ainsi que les conséquences économiques et financières d’une politique d’entreprise qui n’est pas centrée sur les seuls actionnaires.

3La volonté de prendre en compte d’autres parties prenantes nécessite de s’interroger, à nouveau, sur l’utilité des entreprises dans la société actuelle. Un article de ce numéro spécial aborde ce sujet, en proposant des éléments de compréhension de la notion de raison d’être de l’entreprise (« Raison d’être et gouvernance de l’entreprise », article publié dans le N°24-1). Introduite dans loi PACTE, parue au Journal Officiel le 23 mai 2019, la notion de raison d’être est nouvelle et complexe, ce qui conduit Xavier Hollandts et Clémentine Bourgeois à l’aborder d’un double point de vue juridique et de gestion d’entreprise. Les auteurs considèrent notamment que cette notion est bornée par des éléments centraux de notre droit des sociétés, incluant l’intérêt social, l’objet social ou la cause. Par ailleurs, le recours à des théories stratégiques permet de préciser comment la notion de raison d’être pourrait influencer les décisions des entreprises.

4Par ailleurs, il est également important de mieux comprendre quels sont les aspects clés de la gouvernance d’autres formes organisationnelles, dans lesquelles les actionnaires sont absents. Guillaume Plaisance aborde ce sujet dans l’article intitulé « Un ou plusieurs Profils de référentiels de gouvernance associative en France ? Une analyse lexicométrique ». Son analyse lexicométrique permet de synthétiser les bonnes pratiques de gouvernance associative dans les principaux référentiels français (AFNOR, ASTC, Comité de la Charte, CSESS, ESSEC et IFA). L’auteur indique que les référentiels sont notamment tournés vers les parties prenantes internes, ce qui constitue une rupture par rapport aux bonnes pratiques de la gouvernance actionnariale des sociétés cotées en bourse.

5La gouvernance des PME est interrogée par Perrine Ferauge à travers un article (« Analyse typologique de la stratégie d’engagement durable de PME belges ») portant sur la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) dans les petites et moyennes entreprises. Cette étude exploratoire, réalisée auprès de 201 PME belges permet de présenter différents profils de PME dépendant de la nature de l’engagement durable (social, éco-sociétal et environnemental). La typologie de la stratégie d’engagement RSE de PME belges proposée ici est originale, et pose les bases d’un débat (largement ignoré) sur la gouvernance des (très nombreuses) PME, dans lesquelles les conflits entre dirigeants et actionnaires minoritaires restent très rares.

6Si la recherche en gouvernance évolue, des études plus conventionnelles méritent cependant d’être réalisées, afin de mieux comprendre les causes des choix des dirigeants, ainsi que les conséquences de ces choix sur la valeur et la performance des sociétés cotées en bourse. En particulier, deux questions traditionnelles concernent le rôle de la rémunération des dirigeants sur leurs choix ainsi que le rôle du type d’actionnariat sur la performance.

7Guillaume Dumas, Alexandre DiGiacomo, Quentin Arnaud étudient le rôle des stock-options pour orienter les actions des dirigeants des grandes entreprises françaises à long terme, c’est-à-dire pour favoriser leur politique de R&D (« L’attribution de stock-options : un outil efficace de lutte contre le court-termisme managérial en matière de R&D ? »). Les résultats mettent en évidence, d’une part, que l’attribution des stock-options favorise l’investissement en R&D uniquement lorsque le dirigeant n’a pas d’incitation à atteindre des seuils de résultat comptable à court terme, d’autre part, que les stock-options incitent à réduire les dépenses de R&D si le dirigeant est en situation de ne pas atteindre ces seuils.

8Ce lien entre incitations et objectifs de résultats est également étudié par Adam Delage et Ali Dardour dans leur article : « Rémunérations incitatives des dirigeants et gestion réelle des résultats : quel impact de la structure de l'actionnariat ? ». Les auteurs montrent, à partir d’un échantillon de 108 entreprises du SBF 120, que la part de rémunération incitative des dirigeants accroît la gestion réelle des résultats, soulignant son importance pour atteindre des objectifs de performance à court terme. Cet effet indésirable sur la gestion des résultats est cependant modéré en présence d’un actionnariat concentré institutionnel ou familial.

9Enfin, Nicolas Bédu et Jean-Etienne Palard étudient la performance des Management Buy Outs (MBO) en Europe (« La performance des MBO majoritaires : Une étude sur des PME européennes contrôlées par leurs dirigeants », article publié dans le N°24-1). Cette étude empirique originale porte sur 178 MBO majoritaires réalisés en Europe sur la période 2000-2007. Des tendances opposées sont constatées par les auteurs entre les firmes localisées au Royaume-Uni et celles localisées en Europe continentale. Les cibles britanniques affichent des performances et un niveau d'emploi supérieurs après le rachat, contrairement aux sociétés européennes pour lesquelles les résultats ne sont pas statistiquement significatifs. En revanche, le rôle des fonds de Private Equity reste flou pour expliquer l’évolution de la performance et de l'emploi post-rachat.

10Au final, ce numéro spécial de Finance Contrôle Stratégie inclut des contributions variées, au niveau des questionnements et des méthodologies, qui permettent de faire avancer nos connaissances sur la gouvernance des organisations dans des Sociétés en mutation.

Véronique BESSIERE et Alain SCHATT, mai 2021

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Pour citer cet article

Référence électronique

Véronique Bessière et Alain SCHATT, « Numéro spécial de FCS : Conférence Internationale de Gouvernance 2019, organisée à Bruxelles par l’Université de Mons (juin 2019) »Finance Contrôle Stratégie [En ligne], NS-11 | 2021, mis en ligne le 02 juin 2021, consulté le 07 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/fcs/7229 ; DOI : https://doi.org/10.4000/fcs.7229

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Auteurs

Véronique Bessière

Université de Montpellier

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Alain SCHATT

Université de Lausanne – HEC

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Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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