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Dossier

La photographie dans l’affiche (1919 à 1939). Évolutions techniques et esthétiques

Sandrine Maillet

Résumés

En France, dans les grandes revues professionnelles, un consensus s’établit pendant l’entre-deux-guerres au profit d’une insertion de la photographie dans l’affiche. Elle est alors considérée comme vecteur de modernité au détriment des dessins, jugés dépassés. Par différents procédés techniques, des imprimeurs tentent d’exploiter la photographie au sein de ce support. Des affichistes pionniers ‒ A. M. Cassandre, Jean Carlu ou Francis Bernard ‒ s’emparent à leur tour de la photographie et de la « Nouvelle Vision » qu’elle procure.

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Texte intégral

  • 1 « Vendre demandera aux chefs d’entreprise, aux chefs de vente et de publicité, de publier leurs exp (...)

1La période de l’entre-deux-guerres est marquée par de profonds bouleversements socio-économiques, technologiques, culturels et esthétiques. De 1919 à 1939, la France connaît une période artistique féconde, conjuguant tradition et maîtrise artisanale, avant-gardes et modernisme. La publicité se structure et s’organise au sein d’agences : des conseils et des argumentaires de vente1 apparaissent, tandis que les artistes intègrent dans leurs œuvres les mutations techniques et sociales. Illustrateurs, typographes et photographes représentent des professions distinctes pour lesquelles chaque geste nécessite une compétence spécifique. Certains affirment un savoir-faire traditionnel tandis que d’autres, plus novateurs peut-être, n’hésitent pas à expérimenter de nouveaux territoires visuels ou à juxtaposer dans leurs œuvres différentes sensibilités artistiques. Parallèlement à cela, les techniques d’impression progressent et accompagnent les évolutions publicitaires et graphiques.

2Tout en s’inscrivant dans ce foisonnement commercial et industriel, les affiches de l’entre-deux-guerres n’en demeurent pas moins étroitement corrélées à une recherche esthétique. Elles doivent attirer l’attention du passant et le séduire avec d’autant plus de force qu’elles rivalisent entre elles sur les murs des villes. La concurrence se joue aussi à travers l’ensemble des supports de communication qui se développent, tels que les annonces dans les journaux, les tracts, les brochures et les catalogues publicitaires, sans oublier les réclames au cinéma et à la radio qui prennent une place de plus en plus importante.

3S’interroger sur la présence de la photographie dans les affiches publicitaires de l’entre-deux-guerres nécessite de s’immerger au sein de certaines revues professionnelles, afin d’en dégager les interrogations artistiques et les impératifs commerciaux. C’est aussi l’occasion de se pencher sur les techniques d’impression, de repérer les grandes évolutions et d’esquisser à travers des exemples signifiants les différents procédés mis en œuvre par des imprimeurs et des illustrateurs pour intégrer la photographie dans l’affiche.

Du côté des revues professionnelles

  • 2 Publiée sous la direction d’Étienne et Léon Damour, cette revue mensuelle paraît de 1923 à 1972 (d’ (...)
  • 3 Lancé et dirigé par Charles Peignot le 15 septembre 1927, ce bimensuel paraît une dernière fois le (...)
  • 4 Elle devient successivement L’Affiche en 1926 et L’Affiche et les arts de la publicité en 1928. Org (...)
  • 5 Paraît du 15 août 1903 à février 1939 (d’après le catalogue de la BnF). Le sous-titre devient en 19 (...)
  • 6 Marie-Emmanuelle Chessel, « Défendons la publicité, cette science ! », La Publicité, naissance d’un (...)

4Dès la fin du xixe siècle et le début du xxe siècle, des revues professionnelles françaises abordant le thème de la publicité se développent. Elles offrent une précieuse documentation sur les interrogations artistiques, commerciales et techniques du moment. On pense à Vendre : tout ce qui concerne la vente et la publicité2, Arts et Métiers graphiques3, L'Affiche française : revue mensuelle illustrée des arts de l'imprimerie et de la publicité4 et La Publicité : journal technique des annonceurs5. Leurs rubriques constituent de parfaites tribunes pour diffuser différents points de vue6 tout en célébrant, dès 1920, la modernité des nouvelles techniques d’annonces publicitaires.

Les questions esthétiques et commerciales autour de la montée de la photographie

5Dans un article de 1920, Gabriel Langlois, chef de publicité et photographe, dénonce la réticence de certains professionnels de l’imprimé à utiliser la photographie dans les annonces publicitaires et par extension dans les affiches :

  • 7 Gabriel Langlois, « La publicité par la photo et le cinéma », La Publicité, journal technique des a (...)

Il semble que l’on ait voulu presque systématiquement ignorer en France l’importance publicitaire de la photographie et du cinéma. [...] Un grand nombre de chefs de publicité se sont toujours opposés à l’introduction de la photographie et de la cinématographie par crainte de voir diminuer l’importance de leur rôle. Dans cette lutte contre l’avènement de nouveaux moyens publicitaires tout le monde fut d’accord pour crier haro ; les dessinateurs, graveurs, imprimeurs d’affiches, joignirent leurs cris à ceux des chefs de publicité et des éditeurs de films [...]. Au contraire, une belle photo peut être vraiment quelque chose de bien et certainement de mieux qu’un mauvais dessin, un beau film peut être admiré avec plus d’enthousiasme qu’une ridicule affiche. Et si film et photo font disparaître quelques artistes parasitaires, en quoi cela fera-t-il du tort aux véritables artistes ? La photographie sera toujours utilisée avec avantage par les petites maisons qui ne peuvent s’offrir le concours d’un grand artiste7.

6Considérée comme une nouvelle forme publicitaire, la photographie mise en concurrence avec le dessin remporte tous les suffrages et l’affiche dessinée semble synonyme d’un esthétisme archaïque.

La photographie porteuse d’une « Nouvelle Vision »

  • 8 Paule de Gironde, « La publicité française commence à utiliser la photographie », Vendre, n° 65, av (...)
  • 9 « Le propre de la Nouvelle Vision, c’est précisément, de renouveler le point de vue et la place qu’ (...)
  • 10 Paule de Gironde, « La publicité française commence à utiliser la photographie », art. cit., p. 253

7Si la photographie est un nouveau moyen d’expression, le cinéma en est un autre qui participe aussi à l’émergence d’un regard neuf. Dans l’article intitulé « La publicité française commence à utiliser la photographie8 » qui est publié dans Vendre en 1929, Paule de Gironde, technicienne de publicité, constate l’influence de la photographie comme celle du cinéma qui apprend « à voir ». L’esthétique publicitaire s’inscrit alors dans ce qu’on appellera la « Nouvelle Vision9 » : « déformations, vues en plan horizontal, surimpressions et jusqu’à ces traits "de vitesse" dont nous barrons nos annonces pour exprimer un bolide filant à plein gaz […]10. »

8La photographie apparaît supérieure tant ses potentialités se révèlent indépassables : elle est « vivante et dynamique » ; elle évoque aussi bien l’objet que l’esprit de l’objet ; elle attire l’attention comme une image animée ; elle suggère ; elle démontre ; elle est authentique et supérieure à l’illustration :

  • 11 Ibid.

Si exact que soit un dessin, il laisse au lecteur, acheteur éventuel, un doute [...] Tout au contraire une photo, fut-elle plus déformée, plus « interprétée » que le dessin correspondant, fait confiance. C’est une photo. Dans l’esprit populaire, « une tranche de vérité », tout comme le cinéma est une tranche de vie. Un document impartial. Un reportage impersonnel11.

9En outre, par son caractère novateur, la photographie renouvelle les arguments de vente qui se périment. Le dessin appartient au monde d’avant, il n’est plus à la mode. Les agences publicitaires optent pour l’efficacité et la surprise visuelle de la nouveauté photographique.

  • 12 René Zuber, « La publicité pratique : photographies », Vendre, n° 81, août 1930, p. 99-102.

10Paule de Gironde complète ce tableau en faveur de la photographie par un argument de poids pour les annonceurs : le prix. Sans s’attarder sur les détails financiers, elle oppose le temps long du dessin à l’instantanéité du cliché. Elle est une des premières à examiner la question de l’introduction de la photographie dans la publicité. La revue en profite pour annoncer à ses lecteurs la présence régulière d’articles consacrés à cet « incomparable langage12 ». Dans ce contexte, il n’est plus question d’illustrateurs, de dessinateurs, d’affichistes, mais uniquement d’annonceurs pour lesquels la photographie serait devenue le support idéal d’un nouvel âge d’or de la publicité.

  • 13 Roger-Louis Dupuy, « La photographie, matériau publicitaire », Vendre, n° 67, juin 1929, p. 439-447
  • 14 Ibid., p. 446.

11L’article « La photographie, matériau publicitaire13 » du publicitaire Roger-Louis Dupuy (1899-1975) explore lui aussi les ressources du médium. Il fonde sa démonstration sur de grands noms de la photographie tels Lucien Lorelle (1894-1968), André Vigneau (1892-1968) ou Laure Albin-Guillot (1879-1962). Il affirme qu’aucun dessinateur, même habile, ne peut rivaliser avec la beauté plastique de la photographie ; elle seule serait en mesure de jouer sur les négatifs et les positifs, sur les superpositions, les contrastes, le flou ou encore de donner l’exacte sensation d’une « surface rugueuse, grenue, craquelée, tramée14 ».

12Dupuy souligne l’osmose entre la modernité photographique et les nouveaux produits qui apparaissent sur le marché. L’exemple d’une annonce publicitaire faite par la photographe Laure Albin-Guillot pour un phare de voiture de la marque Marchal est frappant :

  • 15 Ibid.

Que serait venue faire là-dedans l’invention graphique d’un peintre ou d’un dessinateur ? Or il a suffi que l’on confie cet objet à la lumière pour que, toute seule, elle fasse s’allumer les nickels, s’iriser les verres convexes, et pour qu’elle traduise de façon infiniment vivante, ces « yeux » dont Laure Albin-Guillot, dans sa dédicace à M. Marchal, dit qu’ils sont d’un incomparable éclat15.

13L’utilisation de la photographie comme technique publicitaire est très largement plébiscitée par les chefs de publicité et autres techniciens proches des annonceurs, et cela dans les principales revues spécialisées et dans celles dédiées à la photographie. On lit ainsi dans L’Informateur de la photographie, revue mensuelle des industries et du commerce photographiques :

  • 16 Anonyme, « La crise et l’avenir de la photographie », L’Informateur de la photographie, n° 163, sep (...)

Aujourd’hui, la photo est devenue un art magnifique qui compte des adeptes de plus en plus nombreux et gagne sans cesse de nouveaux domaines. Les meilleurs artistes d’affiches font appel à elle pour donner à leur œuvre plus de vie et plus de relief. Les chromos plus ou moins heureux qui vantaient le charme des cités ou des stations pittoresques cèdent la place à de superbes photographies autrement plus suggestives et autrement poétiques. Il n’est plus aujourd’hui de catalogues publicitaires sans bonnes photos16.

  • 17 Fils de Paul Mosselmans, connu pour avoir écrit un des premiers traités sur la publicité : La Publi (...)

14Face à cet engouement général, les avis contradictoires demeurent marginaux. Ainsi, la revue Vendre relaie quelques points de vue inverses en faveur de l’illustration. L’article du critique Maurice Mosselmans17, intitulé « Guerre au photomontage », en est un rare exemple :

  • 18 Maurice Mosselmans, « Guerre au photomontage », Vendre, n° 178, septembre 1938, p. 427-428.

Non, le photographe a beau être un homme de talent, avoir du goût, une âme d’artiste, de poète, toutes les qualités que vous voudrez, l’épreuve qui sortira de ses mains, aussi parfaite soit-elle en raison même de son mode de production ne sera jamais une œuvre d’art. Un dessin, une gouache feront naître cette émotion. Une photographie jamais18.

15À quelques exceptions près, donc, l’usage de la photographie dans l’affiche est généralement préconisé par les différents auteurs des revues publicitaires spécialisées. La photographie est moderne, elle correspond à la société de consommation qui se met en place. Mais qu’en est-il exactement dans le monde de l’affiche ?

La photographie dans l’affiche : un défi technologique ?

  • 19 Peintre, lithographe et affichiste français, 1836-1932.

16L’affiche de grand format et en couleurs apparaît en France en 1866 sous l’impulsion du dessinateur, lithographe et imprimeur Jules Chéret19. Il est essentiel de prendre en considération le fait que le monde des affichistes est intimement lié à celui des imprimeurs, des lithographes et des ateliers de dessinateurs. Les presses lithographiques se perfectionnent tandis que l’ère industrielle et les biens de consommation en plein essor induisent le développement de la publicité. Conjointement, fin xixe et début xxe siècles, les principes de la photographie commencent à être maîtrisés et trouvent dans le domaine des annonces de presse et des plaquettes publicitaires leurs premières applications. Mais cette maîtrise se vérifie-t-elle dans le domaine de l’affiche ?

Premiers exemples au xixe siècle

17Les premières intégrations de la photographie dans l’affiche se font de manière manuelle et non photomécanique. Afin de pallier la difficile mise au point de l’impression simultanée du texte et de la photographie, quelques imprimeurs ont pu, au xixe siècle, contourner la difficulté technique en contrecollant des tirages sur des placards publicitaires. Les rares exemples de cette pratique artisanale correspondent à des annonces publicitaires d’enseignes de peintres-photographes. On trouve encore, sur certaines affiches du xixsiècle, des espaces réservés qui témoignent de l’emplacement d’un tirage. Il est toutefois difficile de savoir si la pratique était courante car il reste peu d’exemples de ces placards publicitaires. Il ne faut pas perdre de vue que l’affiche est par essence vouée à être éphémère. La photographie collée ajoute une fragilité supplémentaire à sa conservation. Ce placard d'annonces publicitaires de 1866 est un des rares exemples conservés de photographie contrecollée sur une affiche :

« La Corbeille de mariage, Klein & fils ameublement, Au Paradis des Dames, Gustave Lecharpentier & Cie…, 1866 », lithographie, impression en noir sur papier rose, 92 x 64 cm

« La Corbeille de mariage, Klein & fils ameublement, Au Paradis des Dames, Gustave Lecharpentier & Cie…, 1866 », lithographie, impression en noir sur papier rose, 92 x 64 cm

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

18On remarque sur cet autre exemple, l’emplacement vacant réservé à la photographie :

« Paris, quartier Richelieu. Principales maisons de l'industrie, principales maisons du commerce, 1862 », Photographie Trinquart, 23 rue Louis-le-Grand, lithographie noir et blanc, 112 x 104 cm

« Paris, quartier Richelieu. Principales maisons de l'industrie, principales maisons du commerce, 1862 », Photographie Trinquart, 23 rue Louis-le-Grand, lithographie noir et blanc, 112 x 104 cm

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

  • 20 Voir Thierry Gervais, « De part et d'autre de la “garde-barrière” », Études photographiques, n° 23, (...)

19Une autre forme d’appropriation de la photographie par les affichistes se développe : celle‑ci n’est pas collée sur l’affiche, mais participe à l’élaboration esthétique du motif en servant de modèle ou de source d’inspiration au dessinateur. Les mentions « d’après photo » ou « cliché de… » indiquées sur les affiches signalent généralement la manière dont le dessin a été réalisé. Le médium mécanique apparaît ici comme une plus-value moderne, une sorte de gage de véracité supposément attendu par le public20. Certaines affiches portent alors deux signatures : celle du dessinateur et celle du photographe – photographes parmi lesquels les plus célèbres sont Nadar, Boisdon, Boyer, Reutlinger, Waléry, etc.

Waléry (photographe) et dessinateur non identifié, « Affiche pour le spectacle de William Burtey à l’Olympia, 1909 », lithographie couleur, 120 x 80 cm

Waléry (photographe) et dessinateur non identifié, « Affiche pour le spectacle de William Burtey à l’Olympia, 1909 », lithographie couleur, 120 x 80 cm

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

  • 21 Thierry Gervais, « La similigravure », Nouvelles de l’estampe, n° 229, 2010, p. 8-25.
  • 22 « Glossaire », Revue de la BnF, n° 44, 2013/2, p. 60-61.

20Par ailleurs, certains imprimeurs-éditeurs, tels G. Bataille et L. Geisler, cherchent à intégrer techniquement la photographie à l’affiche. Ils tentent alors d’appliquer à l’affiche le procédé de la similigravure21. Il s’agit d’un mode de reproduction mécanique de la photographie22 qu’on commence à pratiquer dans la presse, les catalogues et les brochures publicitaires mais qui est difficile, voire impossible, à maîtriser à l’échelle d’une large surface de papier. Aussi des affiches combinent-elles de façon subtile l’art de la lithographie et celle de l’impression photomécanique. Il s’agit d’affiches de spectacle présentant des vedettes sur lesquelles seul le visage est obtenu par trames photomécaniques. La difficulté technique est de cette manière écartée puisque la similigravure est utilisée, non pas sur toute la surface de l’affiche, mais seulement sur celle, étroite, du portrait. Afin d’être plus attrayante, l’image tramée, tirée en noire ou grise à l’origine, peut être rehaussée de touches de couleurs apportées par la lithographie.

Louis Geisler (illustrateur) et Waléry (photographe), « Affiche pour La Revue des Folies Bergère (portraits de nombreux artistes), 1903 », impression photomécanique (photogravure monochrome, rouge) et estampe (encadrement lithographique en couleur), 120 x 80 cm

Louis Geisler (illustrateur) et Waléry (photographe), « Affiche pour La Revue des Folies Bergère (portraits de nombreux artistes), 1903 », impression photomécanique (photogravure monochrome, rouge) et estampe (encadrement lithographique en couleur), 120 x 80 cm

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

G. Bataille (lithographe) et Langlois (photographe), « Affiche pour l’Alcazar d'Été, J. Giéter, 1900 », impression photomécanique (photogravure en noir et blanc pour le visage) et estampe (lithographie en couleurs), 60 x 40 cm

G. Bataille (lithographe) et Langlois (photographe), « Affiche pour l’Alcazar d'Été, J. Giéter, 1900 », impression photomécanique (photogravure en noir et blanc pour le visage) et estampe (lithographie en couleurs), 60 x 40 cm

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

Le renouveau photographique à travers l’affiche : les années 1920-30

  • 23 Peintre, dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur, 1864-1901.
  • 24 Peintre, affichiste, illustrateur et professeur d'art, 1860-1939.
  • 25 Peintre, illustrateur, caricaturiste, affichiste et sculpteur, 1875-1942.

21Durant l’entre-deux-guerres, des affichistes, héritiers des maîtres passés – Jules Chéret, Henri de Toulouse-Lautrec23, Alphonse Mucha24, Leonetto Cappiello25 – s’approprient la modernité qui s’impose depuis la fin de la première guerre mondiale. Ils deviennent les nouveaux maîtres de l’affiche et offrent au public de la rue des compositions plastiques surprenantes, dans lesquelles la photographie peut s’intégrer avec une maîtrise graphique toujours singulière.

  • 26 Cette affiche (non répertoriée dans les collections publiques) donna lieu à une couverture de catal (...)
  • 27 Charles Peignot (1897-1983), administrateur de la fonderie de caractères Deberny-Peignot (1921), cr (...)
  • 28 Directeur artistique, 1895-1975.

22L’affiche de Cassandre (Adolphe Mouron, dit) réalisée pour les Galeries Lafayette en 192826 mérite une attention particulière tant elle appartient, grâce au montage d’un élément photogravé et à la couleur apportée par la lithographie, à une pratique nouvelle. Charles Peignot27, directeur d’Arts et métiers graphiques, reprend dans sa revue certains commentaires de spécialistes, parmi lesquels celui d’Henri Jonquières28 :

  • 29 Henri Jonquières, « À propos de l’affiche de Cassandre pour les Galeries Lafayette », Arts et métie (...)

Jusqu’à présent la photographie n’avait guère servi que comme moyen de reproduction. Or ici son but est nettement de créer une impression de vie, accentuée par la superposition d’une construction volontairement simplifiée dans ses lignes et aux tons forts et opposés. Ce mur et cette fenêtre donnent au visage, dont on ne connaît qu’une partie, une mystérieuse saveur qu’il n’aurait pas eue si la photographie en avait révélé l’intégrité sans aucun autre secours29.

23La force de l’image tient à la composition de Cassandre. La partie photographiée du visage et son prolongement dessiné donnent à l’affiche un aspect mystérieux, ambigu ; le jeu entre le faux et le vrai doit arrêter le spectateur – ce qui est le but d’une affiche publicitaire : elle doit se faire remarquer dans le désordre de la rue.

  • 30 La lettre de Charles Peignot est retranscrite dans Vendre : « Les affiches nouvelles : l’affiche de (...)

24Dans une lettre datée du 1er octobre 1928, Charles Peignot sollicite l’avis de la revue Vendre au sujet de cette affiche30 : « Est-elle sympathique ou antipathique ? Est-elle laide ou jolie ? Est-elle utile et joue-t-elle bien son rôle d’affiche ? ». Roger-Louis Dupuy, chef de publicité et critique de la revue Vendre, répond à la requête de son confrère et précise son point de vue :

  • 31 Roger-Louis Dupuy, « Les affiches nouvelles : l’affiche de Cassandre pour les Galerie Lafayette », (...)

L’originalité du procédé ne réside pas d’ailleurs tellement dans l’utilisation simultanée de la représentation photographique et de la stylisation. D’autres artistes ont déjà employé cette méthode, sous le nom de photomontage [...]. Mais cette fois, le procédé se raffine du fait de la découpure rectangulaire qui limite la photo. [...] Et c’est là, il faut bien le dire, que l’on reconnaît le talent mathématiquement inventif et constructif de Cassandre. […] Mais, personne, du moins à notre connaissance, n’avait encore songé à valoriser l’intérêt graphique d’une photographie en la sertissant au milieu d’un décor qui, par contraste de « valeur » la rehausse singulièrement31.

  • 32 Journaliste et critique d’art, 1899-1950.
  • 33 Louis ChÉronnet, « Un beau thème publicitaire : la paix », Arts et métiers graphiques, n° 30, 15 ju (...)
  • 34 Voir Alain Weill dir., Rétrospective Jean Carlu. Entretiens avec Jean Carlu par Alain Weill, Catalo (...)
  • 35 « Le modèle qui a posé pour la photo est la première femme d’Hemingway », Alain Weill dir., Rétrosp (...)

25Dans un tout autre domaine, l’affiche « Pour le désarmement des nations » de Jean Carlu (1932) est présentée dans Arts et métiers graphiques par Louis Chéronnet32 sous le titre « Un beau thème publicitaire : la paix33 ». Carlu34 utilise une photographie d’André Vigneau, montrant en gros plan le visage terrifié d’une mère35 et de son enfant, qu’il intègre dans un dessin géométrique, renforçant ainsi la dramatisation de la scène :

  • 36 Jean Carlu, cité in ibid., p. 6.

J’ai fait des affiches avec André Vigneau dont je dirigeais le travail et celui des modèles comme un metteur en scène. Dans Le désarmement en 1932, on retrouve les éléments géométriques (triangle, cercle, pour leur valeur expressive) alliés à l’utilisation de la photo qui permet encore plus de force et de réalisme – c’est ce que j’ai souvent dit aux détracteurs systématiques de la photo dans l’affiche36.

26Dans ces deux exemples, la photographie est subtilement associée au dessin. Les affichistes A. M. Cassandre et Jean Carlu l’utilisent comme le prolongement de leur palette de dessinateur. Elle est un atout supplémentaire, un matériau mis à leur disposition et intégré à leur savoir‑faire graphique.

  • 37 Dessinateur et affichiste, 1900-1979.
  • 38 Francis Bernard, cité in Pierre Andrin, « Francis Bernard, artiste-affichiste », L’Affiche et les a (...)

27La photographie peut être aussi utilisée dans une économie de moyens graphiques. Ainsi l’affichiste Francis Bernard37 y a recours dans les années 1930 pour « animer l’affiche avec des reproductions très fidèles du monde sensible38 ». La photographie montre l’objet dans sa trivialité matérielle ; assimilée à la modernité, elle permet de souligner avec plus de force la nouveauté du produit (la machine à écrire AEG Olympia ou la motocyclette et son huile Aéroshell).

Les problèmes techniques

  • 39 Maître-imprimeur, il dirige l'imprimerie familiale à partir de 1888. Il est le fils de Ferdinand De (...)

28La photographie s’intègre dans l’affiche. Mais cette insertion reste toute relative en dépit d’une volonté de croire au progrès technique avec l’arrivée de l’offset. Dans un article du Bulletin officiel de l’Union de l’affiche française, Gabriel Delmas (1861‑194239), imprimeur à Bordeaux, relate sa visite au Salon de l’imprimerie de Londres en mai 1925. Il décrit les grands bouleversements techniques qui sont en cours et rend compte du perfectionnement de l’outillage, de l’évolution des modèles de machines à composer (linotype, intertype, monotype) et notamment du triomphe naissant de l’impression offset :

  • 40 Gabriel Delmas, « Extrait de la Note sur l’Exposition du Matériel d’Imprimerie à Londres (Mai 1925) (...)

L’impression off-sett (sic) paraît devoir triompher avec les nouveaux procédés de préparation des reports par la photographie. Non seulement les lithographes doivent surveiller ce mouvement, mais les typographes trouveront bientôt des éléments nouveaux dans l’application de la photographie40.

29L’article prémonitoire est toutefois à considérer plutôt comme un témoignage de l’émulation qui agite la profession. Mais la réalité se situe surtout dans les propos du photographe et cinéaste René Zuber (1902-1979) lorsqu’il précise que le format de l’affiche n’est pas adapté au procédé de la photomécanique :

  • 41 René Zuber, « Reproductions en couleurs. Les procédés manuels : la chromolithographie », Arts et mé (...)

On serait bien empêché du reste de reproduire une affiche de grand format par un procédé purement photomécanique, à moins de multiplier d’une façon très onéreuse la division de l’affiche en morceaux de plus petits formats. Car tous les procédés photomécaniques reposent sur l’emploi de plaques photographiques et de trames. Or ni les unes ni les autres ne dépassent des formats de l’ordre du mètre carré. […] Actuellement [les praticiens] n’arrivent nulle part à produire des jeux d’images photographiques tramées sélectionnées avec exactitude, c’est-à-dire capables en se superposant de reconstituer exactement le document original41.

30Comme le précise aussi Louis Chéronnet, le procédé photomécanique n’est pas encore opérationnel pour incorporer de la photographie sur toute la surface d’une affiche :

  • 42 Louis Chéronnet, « L’affiche, idéogramme moderne », Art et décoration, juin 1929, p. 166.

Les difficultés d’agrandissements sont telles que pour longtemps encore ce procédé ne pourra être vulgarisé. (Trop agrandie, d’ailleurs, l’épreuve perd toutes ses qualités photographiques, elle se rapproche du lavis, et l’effet d’opposition ne produit plus42.)

  • 43 Pierre Léotard, « La photographie et l’imprimerie », in Amélie Gastaut dir., La Photographie public (...)

31À ces contraintes s’ajoute la difficulté de la maîtrise des couleurs. Les laboratoires capables de produire les couleurs primaires aux tonalités satisfaisantes verront le jour seulement dans les années 195043. Dans un article de la revue Arts et métiers graphiques, René Zuber rappelle la nécessité de replacer chaque technique de reproduction dans la longue histoire des différents procédés :

  • 44 René Zuber, « Les procédés de reproduction graphique », Arts et métiers graphiques, n° 12, juillet (...)

Pour l’intelligence des procédés photomécaniques, il est très intéressant de placer chaque fois en regard les procédés manuels dont ils sont issus. La substitution des uns aux autres a duré généralement plusieurs années. Quand bien même un nouveau procédé apparaîtrait tout armé et prêt à être appliqué, il faudrait attendre pour qu’il se généralise qu’une main d’œuvre de spécialistes se soit formée44.

La confusion des genres

32La photographie ne parvient pas vraiment à s’intégrer dans l’affiche, faute de moyens techniques adéquats. Néanmoins, elle innerve complètement le geste du dessinateur. Si l’on se place dans une perspective chronologique, de la fin du xixe au début du xxsiècle, les affiches publicitaires présentent des vues figées ou des personnages souvent statiques, figurés frontalement. Avec la révolution photographique, les angles de vue changent radicalement. Ainsi, les affichistes de l’entre-deux-guerres utilisent de nouveaux cadrages, des plongées, des contreplongées, des jeux d’ombre et de lumière, des surimpressions empruntés au courant de la Nouvelle Vision. On pense aux travaux de Paul Colin (1892-1985), Jean Carlu (1900‑1997), A. M. Cassandre (1901-1968) comme à la vue en plongée dessinée par Colin en 1925 pour l’affiche du duo de pianistes Wiener et Doucet.

  • 45 Jean Carlu, Affiche publicitaire pour le film L’Atlantide, 1932, lithographie en couleurs, 159 x 12 (...)
  • 46 Anne-Marie Sauvage dir., A. M. Cassandre, œuvres graphiques modernes, op. cit., p. 46-47.

33L’affiche de Jean Carlu pour l’Atlantide, film de Georg Wilhelm Pabst sorti en 1932, semble directement inspirée des cadrages cinématographiques45. La reine Antinéa est dessinée sans fioriture ni accessoire ; seules l’ombre et la lumière servent à modeler son profil dans une superposition de plans proches et lointains. L’affiche « Nord express », réalisée par Cassandre en 1927 pour les chemins de fer du Nord et la Compagnie des Wagons-Lits, se détache des habituels panneaux touristiques. La vue en contreplongée offre une impression de vitesse, de puissance, mêlée à une dramatisation poétique de la locomotive. Elle rappelle aussi des plans cinématographiques : le film d’Abel Gance, La Roue (1922), est peut-être une des sources d’inspiration du graphiste46. Cassandre rompt avec l’esthétique précédente. Il ne montre pas la destination touristique mais uniquement le moyen de transport. C’est un véritable hymne à la machine, à la vitesse et à la vie moderne.

  • 47 A. M. Cassandre, « Affiche pour Pernod fils, 1934 », lithographie en couleurs, 160 x 120 cm, L. Dan (...)
  • 48 Anne-Marie Sauvage dir., A. M. Cassandre, œuvres graphiques modernes, op. cit., p. 100.

34La période est aussi celle qui permet toutes les audaces et les jeux énigmatiques. Ainsi des affichistes déjouent les attentes et brouillent les codes usuels. Les poncifs esthétiques sont mis en déroute. Sur l’affiche publicitaire pour Pernod fils (193447), A. M. Cassandre trompe par exemple l’œil du spectateur en dessinant un portrait « d’apparence photographique48 ». Il obtient ainsi ce que pourrait donner une photographie si elle était capable de préserver à l’échelle de l’affiche toutes les qualités et tous les dégradés de valeurs. Le spectateur un peu distrait prendra le dessin pour une photographie : la supercherie de l’affichiste fonctionne parfaitement.

  • 49 Ibid., p. 89.
  • 50 « Projet publicitaire de Laure Albin-Guillot », Arts et métiers graphiques, numéro spécial Publicit (...)

35Suivant le même état d’esprit visant à entremêler les genres, la campagne publicitaire pour Unic, réalisée par Cassandre en 1934 pour les chaussures d’hommes produites par les usines Fenestrier, présente la chaussure en gros plan dans un mouvement de jambe dynamique évoquant le geste naturel tel qu’il aurait pu être photographié. De plus et afin de parfaire l’illusion, les affiches lithographiques offrent par leur accrochage dans la rue une authenticité décuplée : Cassandre aurait choisi de superposer en partie plusieurs affiches afin de renforcer par « la répétition la sensation du mouvement jusqu’à évoquer la danse49 ». Cette campagne d’affichage est accompagnée d’annonces publiées dans des catalogues pour lesquelles les mêmes chaussures ont été photographiées par Laure Albin‑Guillot50. La prise de vue photographique privilégie les ombres portées des chaussures et leur donnent un effet d’irréalité que l’on pourrait confondre avec un dessin.

 

  • 51 Thierry Gervais, « De part et d'autre de la “garde-barrière” », art. cit.

36La période de l’entre-deux-guerres se caractérise par des conditions économiques, commerciales et matérielles entraînant l’essor de la publicité. Celle-ci répond aux logiques de l’offre dictées par l’industrialisation. Et l’affiche relaie l’ensemble des produits de consommation et des biens culturels proposés au public. Durant cette période féconde au cours de laquelle il se généralise dans la presse et sur les catalogues publicitaires, le médium photographique ne s’intègre pas encore complètement dans l’affiche pour des raisons techniques. La photographie et le dessin échappent alors aux conventions habituelles dans un mélange des genres troublant pour l’œil du spectateur51, le dessin demeurant un élément essentiel de l’affiche.

37En dépit d’une volonté appuyée des représentants d’agences, des techniciens de publicité et autres intermédiaires chargés de la commercialisation des produits pour favoriser la photographie, c’est bien l’affiche dessinée qui continue de dominer. En revanche, la Nouvelle Vision modifie l’esthétique des affiches et favorise à partir des années 1920 des mises en page dynamiques. Si la période de l’entre-deux-guerres participe à l’insertion de la photographie dans l’affiche, celle-ci ne s’imposera qu’à partir des années 1960, lorsque l’impression offset sera devenue possible sur grand format.

L’auteur tient à exprimer sa gratitude à Anne-Marie Sauvage, responsable de la collection d’affiche au département des Estampes et de la photographie jusqu’en 2018, pour son aide précieuse et constante, à Matthieu Béra pour ses encouragements et commentaires fructueux et à Anne-Céline Callens pour l’avoir sollicitée à écrire cet article.

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Notes

1 « Vendre demandera aux chefs d’entreprise, aux chefs de vente et de publicité, de publier leurs expériences et d’en dégager les enseignements, de démonter le mécanisme de leurs campagnes à succès et pourquoi pas de dire les raisons de leurs insuccès temporaires » : Vendre : tout ce qui concerne la vente et la publicité, n° 2, 1923, p. 3.

2 Publiée sous la direction d’Étienne et Léon Damour, cette revue mensuelle paraît de 1923 à 1972 (d’après le catalogue de la BnF). Elle est spécialisée dans le commerce publicitaire. Constituée en société anonyme le 1er septembre 1924, elle vise entre autres les chefs d’entreprises, les imprimeurs et les agents de publicité. Elle est un organe publicitaire pour les annonceurs, les imprimeurs, les papetiers et les publicitaires qui contribuent à la financer.

3 Lancé et dirigé par Charles Peignot le 15 septembre 1927, ce bimensuel paraît une dernière fois le 15 mai 1939 (selon le catalogue de la BnF). Des numéros spéciaux sont dédiés à la photographie et à la publicité. La revue s’intéresse notamment à l’histoire et aux techniques de la gravure, de l’imprimerie et de la typographie.

4 Elle devient successivement L’Affiche en 1926 et L’Affiche et les arts de la publicité en 1928. Organe officiel de l’Union de l’affiche française (Groupement national des artistes-affichistes, afficheurs, éditeurs et imprimeurs d’affiches pour l’étude, le développement et la défense de l’art et de l’industrie de l’affiche), elle est fondée le 24 mai 1924 et paraît une dernière fois en 1935 (le dernier numéro recensé par la BnF date de septembre-octobre 1935).

5 Paraît du 15 août 1903 à février 1939 (d’après le catalogue de la BnF). Le sous-titre devient en 1913 Étude et vulgarisation des meilleurs procédés de publicité. La revue mensuelle est fondée et dirigée par D. C. A. Hemet (1866-1916), un des premiers professeurs de publicité et de psychologie commerciale à l’Institut économique de Paris. Au-delà des classiques rubriques sur l’histoire des techniques d’impression et celles sur les nouveautés de l’affiche publicitaire, cette revue se singularise par ses rubriques sur le droit et sur la psychologie des clients.

6 Marie-Emmanuelle Chessel, « Défendons la publicité, cette science ! », La Publicité, naissance d’une profession, 1900-1940, Paris, CNRS éditions, « Histoire », 2002, p. 30-31.

7 Gabriel Langlois, « La publicité par la photo et le cinéma », La Publicité, journal technique des annonceurs, n° 144-145, février-mars 1920, p. 583-584.

8 Paule de Gironde, « La publicité française commence à utiliser la photographie », Vendre, n° 65, avril 1929, p. 253-258.

9 « Le propre de la Nouvelle Vision, c’est précisément, de renouveler le point de vue et la place qu’occupe l’objet dans la photographie. L’angle sous lequel il est approché, la lumière qui le met en valeur » : Christian Bouqueret, Des Années folles aux années noires : la Nouvelle Vision photographiques, 1920-1940, Paris, Marval, 1997, p. 59.

10 Paule de Gironde, « La publicité française commence à utiliser la photographie », art. cit., p. 253.

11 Ibid.

12 René Zuber, « La publicité pratique : photographies », Vendre, n° 81, août 1930, p. 99-102.

13 Roger-Louis Dupuy, « La photographie, matériau publicitaire », Vendre, n° 67, juin 1929, p. 439-447.

14 Ibid., p. 446.

15 Ibid.

16 Anonyme, « La crise et l’avenir de la photographie », L’Informateur de la photographie, n° 163, septembre 1934, p. 163-165.

17 Fils de Paul Mosselmans, connu pour avoir écrit un des premiers traités sur la publicité : La Publicité. Comment s’en servir, Bruxelles, V. Verteneuil et I. Desmet, 1908.

18 Maurice Mosselmans, « Guerre au photomontage », Vendre, n° 178, septembre 1938, p. 427-428.

19 Peintre, lithographe et affichiste français, 1836-1932.

20 Voir Thierry Gervais, « De part et d'autre de la “garde-barrière” », Études photographiques, n° 23, 2009, p. 30-50

21 Thierry Gervais, « La similigravure », Nouvelles de l’estampe, n° 229, 2010, p. 8-25.

22 « Glossaire », Revue de la BnF, n° 44, 2013/2, p. 60-61.

23 Peintre, dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur, 1864-1901.

24 Peintre, affichiste, illustrateur et professeur d'art, 1860-1939.

25 Peintre, illustrateur, caricaturiste, affichiste et sculpteur, 1875-1942.

26 Cette affiche (non répertoriée dans les collections publiques) donna lieu à une couverture de catalogue des Galeries Lafayette le 2 octobre 1928 ‒ dont un exemplaire est conservé dans les collections de la BnF. Voir Anne‑Marie Sauvage dir., A. M. Cassandre, œuvres graphiques modernes, 1923-1939, Paris, BnF, 2005, p. 58.

27 Charles Peignot (1897-1983), administrateur de la fonderie de caractères Deberny-Peignot (1921), créateur de caractères typographiques dont « Le Peignot » (1937) et cofondateur d’Arts et métiers graphiques (1927 à 1939).

28 Directeur artistique, 1895-1975.

29 Henri Jonquières, « À propos de l’affiche de Cassandre pour les Galeries Lafayette », Arts et métiers graphiques, n° 8, 15 novembre 1928, p. 524.

30 La lettre de Charles Peignot est retranscrite dans Vendre : « Les affiches nouvelles : l’affiche de Cassandre pour les Galerie Lafayette », Vendre, n° 59, octobre 1928, p. 349.

31 Roger-Louis Dupuy, « Les affiches nouvelles : l’affiche de Cassandre pour les Galerie Lafayette », Vendre, n° 59, octobre 1928, p. 349-351.

32 Journaliste et critique d’art, 1899-1950.

33 Louis ChÉronnet, « Un beau thème publicitaire : la paix », Arts et métiers graphiques, n° 30, 15 juillet 1932, p. 9-10.

34 Voir Alain Weill dir., Rétrospective Jean Carlu. Entretiens avec Jean Carlu par Alain Weill, Catalogue de l’exposition du Musée de l'affiche à Paris, 26 novembre 1980-29 mars 1981, Paris, Musée de l’Affiche, 1980.

35 « Le modèle qui a posé pour la photo est la première femme d’Hemingway », Alain Weill dir., Rétrospective Jean Carlu, op. cit., non paginé.

36 Jean Carlu, cité in ibid., p. 6.

37 Dessinateur et affichiste, 1900-1979.

38 Francis Bernard, cité in Pierre Andrin, « Francis Bernard, artiste-affichiste », L’Affiche et les arts de la publicité, n° 62, février 1930, p. 239-245.

39 Maître-imprimeur, il dirige l'imprimerie familiale à partir de 1888. Il est le fils de Ferdinand Delmas, imprimeur à Bordeaux, et petit-fils de Jean Delmas, le fondateur de l'imprimerie (en 1849). Source : BnF, Catalogue général.

40 Gabriel Delmas, « Extrait de la Note sur l’Exposition du Matériel d’Imprimerie à Londres (Mai 1925) », Bulletin officiel de l’Union de l’affiche française, n° 6, juin 1925, p. 9-10.

41 René Zuber, « Reproductions en couleurs. Les procédés manuels : la chromolithographie », Arts et métiers graphiques, n° 18, juillet 1930, p. 1011-1012.

42 Louis Chéronnet, « L’affiche, idéogramme moderne », Art et décoration, juin 1929, p. 166.

43 Pierre Léotard, « La photographie et l’imprimerie », in Amélie Gastaut dir., La Photographie publicitaire en France : de Man Ray à Jean-Paul Goude, Paris, Les arts décoratifs, 2006, p. 63.

44 René Zuber, « Les procédés de reproduction graphique », Arts et métiers graphiques, n° 12, juillet 1929, p. 725-731.

45 Jean Carlu, Affiche publicitaire pour le film L’Atlantide, 1932, lithographie en couleurs, 159 x 120 cm, Collection Stedelijk Museum Amsterdam : https://www.stedelijk.nl/en/collection/8835-jean-carlu-l%27atlantide (consulté le 21 décembre 2022).

46 Anne-Marie Sauvage dir., A. M. Cassandre, œuvres graphiques modernes, op. cit., p. 46-47.

47 A. M. Cassandre, « Affiche pour Pernod fils, 1934 », lithographie en couleurs, 160 x 120 cm, L. Danel imprimeur, Lille.

48 Anne-Marie Sauvage dir., A. M. Cassandre, œuvres graphiques modernes, op. cit., p. 100.

49 Ibid., p. 89.

50 « Projet publicitaire de Laure Albin-Guillot », Arts et métiers graphiques, numéro spécial Publicité, août 1934, p. 57-60.

51 Thierry Gervais, « De part et d'autre de la “garde-barrière” », art. cit.

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Table des illustrations

Titre « La Corbeille de mariage, Klein & fils ameublement, Au Paradis des Dames, Gustave Lecharpentier & Cie…, 1866 », lithographie, impression en noir sur papier rose, 92 x 64 cm
Crédits Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/focales/docannexe/image/2386/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 104k
Titre « Paris, quartier Richelieu. Principales maisons de l'industrie, principales maisons du commerce, 1862 », Photographie Trinquart, 23 rue Louis-le-Grand, lithographie noir et blanc, 112 x 104 cm
Crédits Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/focales/docannexe/image/2386/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 121k
Titre Waléry (photographe) et dessinateur non identifié, « Affiche pour le spectacle de William Burtey à l’Olympia, 1909 », lithographie couleur, 120 x 80 cm
Crédits Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/focales/docannexe/image/2386/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 88k
Titre Louis Geisler (illustrateur) et Waléry (photographe), « Affiche pour La Revue des Folies Bergère (portraits de nombreux artistes), 1903 », impression photomécanique (photogravure monochrome, rouge) et estampe (encadrement lithographique en couleur), 120 x 80 cm
Crédits Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/focales/docannexe/image/2386/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 110k
Titre G. Bataille (lithographe) et Langlois (photographe), « Affiche pour l’Alcazar d'Été, J. Giéter, 1900 », impression photomécanique (photogravure en noir et blanc pour le visage) et estampe (lithographie en couleurs), 60 x 40 cm
Crédits Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/focales/docannexe/image/2386/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 114k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Sandrine Maillet, « La photographie dans l’affiche (1919 à 1939). Évolutions techniques et esthétiques »Focales [En ligne], 7 | 2023, mis en ligne le 01 juin 2023, consulté le 15 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/focales/2386 ; DOI : https://doi.org/10.4000/focales.2386

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Auteur

Sandrine Maillet

Sandrine Maillet est chargée de la collection d’affiches au département des Estampes et de la photographie à la BnF. Elle a été co-commissaire de plusieurs expositions sur le graphisme et est commissaire de l’exposition « Philippe Apeloig, Des esquisses à l’affiche » (BnF, 2023). Elle a coordonné le numéro Graphisme et création contemporaine (Revue de la Bibliothèque nationale de France, 2013) et a publié Alphonse Mucha, La Belle Époque de l’affiche (2021) et « L’affiche moderne et contemporaine est devenue ma priorité » (in Un Manuel du graphiste, 2022).

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