Edito : Comment le marché de l’emploi fonctionne grâce à des intermédiaires
Texte intégral
- 1 Léon Walras envisageait d’autres modes de régulation des biens et services, à l’instar de l’économi (...)
1Le marché est généralement considéré comme le meilleur2/01/2024 moyen d’assurer la régulation entre demande et offre. La métaphore de « la main invisible » est alors mobilisée en arrière-plan de l’argumentaire. Pour autant, un des pères fondateurs de l’analyse économique moderne, Léon Walras, introduisait un mécanisme d’intermédiation entre offre et demande, conceptualisé dans la figure du commissaire-priseur (ou crieur de prix). L’existence d’un tiers ou d’un intermédiaire est donc originellement sous-jacente à la régulation marchande1.
2Ce numéro de votre revue s’intéresse à certains aspects de l’intermédiation dans le domaine de la relation formation-emploi. Comme le rappellent, dans leur introduction, Maël Dif-Pradalier & Nicolas Roux, le marché de l’emploi se caractérise par un chômage de masse persistant et une précarité grandissante. Aussi l’intermédiation sur le marché est-elle une question sociale vive. Elle peut se manifester sous de multiples formes dans notre domaine : tiers employeurs, groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ), groupement d’employeurs classiques, insertion par l’activité économique (IAE), apprentissage, coopératives d’activité et d’emploi, portage salarial… et donc sans considérer ici directement les agences de travail temporaire ou le service public de l’emploi (SPE, notamment Pôle emploi).
3L’intermédiation telle qu’elle est approchée par certains de ses aspects dans ce numéro peut alors avoir une portée territoriale ou locale. Danièle Demoustier & Xabier Itçaina sur le Pôle territorial de coopération économique (PTCE) de Sud-Aquitaine illustrent ainsi certaines potentialités de l’intermédiation en termes de gouvernance collective. Jean-Luc Deshayes, sur le bassin de Longwy en Lorraine, souligne combien l’intermédiation est plus un palliatif qu’un moyen de résoudre les tensions d’un système de production en reconversion. François Sarfati abonde dans le même sens dans la postface du dossier.
4Pour leur part, Sophie Avarguez et Marie Chartier s’intéressent à l’intermédiation dans le cadre de la formation en apprentissage dans l’éducation spécialisée. Elles montrent que l’apprentissage peut avoir un rôle intégrateur pour les jeunes, mais peut être aussi instrumentalisé par les entreprises.
5Enfin, Alexis Louvion, en analysant des réseaux de portage salarial, révèle combien l’intermédiation peut être intéressée et ambivalente.
6Pour finir, hors dossier, Marie-Hélène Jacques analyse la diversité des modalités de reconnaissance rapportées par les jeunes formés en apprentissage. L’intermédiation que constituent les formations en apprentissage leur fournit ainsi (ou pas) des ressources dispensées par les tuteurs et l’entourage (pairs, collègues, famille…).
Notes
1 Léon Walras envisageait d’autres modes de régulation des biens et services, à l’instar de l’économie sociale (voir Oeuvres économiques complètes - Volume 9, Études d’économie sociale, Économica, 1999).
Haut de pagePour citer cet article
Référence papier
Jean Frédéric Vergnies, « Edito : Comment le marché de l’emploi fonctionne grâce à des intermédiaires », Formation emploi, 157 | 2022, 1-2.
Référence électronique
Jean Frédéric Vergnies, « Edito : Comment le marché de l’emploi fonctionne grâce à des intermédiaires », Formation emploi [En ligne], 157 | Janvier-Mars, mis en ligne le 10 avril 2022, consulté le 12 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/formationemploi/10374 ; DOI : https://doi.org/10.4000/formationemploi.10374
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