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Éditorial

La fabrique des professionnels de l’éducation et du social : des injonctions souvent implicites voire contradictoires
Jean-Frédéric Vergnies

Texte intégral

1Des injonctions contradictoires enserrent les professionnels de l’éducation et du social, Ruggero Iori et Valérie Becquet les détaillent dans l’introduction de ce dossier.

  • 1 « Ces dilemmes rendent compte des conflits que les professionnels doivent dépasser pour agir, des c (...)

2Parmi ces nombreuses injonctions, souvent implicites ou invisibilisées, on peut s’attarder ici sur le dilemme1 entre réflexivité et déférence. À la fois, il s’agit d’une part de manifester un rapport distancié, voire critique, à la pratique professionnelle, de prendre du recul et de la hauteur ; et d’autre part, de faire preuve de loyauté et de respect, d’accepter voire d’adapter, les règles institutionnelles.

3Cette double injonction est relevée dès l’entame du numéro par Émilie Saunier et Marianne Woollven à propos du recrutement des conseillers principaux d’éducation (CPE). Ce concours est finalement articulé en grande partie autour de cette double injonction, et le plus souvent de manière implicite.

4Selon Lila Le Trividic Harrache, la prise de distance et de hauteur est aussi nécessaire qu’implicite pour les professionnels de lycée qui doivent organiser des aménagements pour certains élèves nécessitant des régimes spéciaux de scolarité.

5Pour les travailleurs sociaux, l’exigence de réflexivité est clairement explicitée. Charlène Charles souligne les difficultés à la mettre en œuvre alors que les ressources se raréfient et que le temps est de plus en plus compté.

6Une tension similaire est présente chez les animateurs jeunesse étudiés par Jérôme Camus. Il leur faut tenir à distance les prescriptions institutionnelles pour mieux les adapter aux interactions ordinaires avec les jeunes et assurer leur participation.

7Ainsi sont interrogés, comme le souligne Sandrine Nicourd en postface, les différentes modalités d’engagement dans les métiers de l’éducation et du social.

8Enfin, hors dossier, Lucille Petit rend compte de l’ouvrage : La précarité durable. Vivre en emploi discontinu, Roux, N. (2022). Paris : PUF. Comment l’enchaînement de contrats est-il accepté et supporté par des personnes alors même que dans certains secteurs, il ne constitue pas un tremplin vers la stabilité en emploi, mais devient la norme ?

9Bonne lecture.

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Notes

1 « Ces dilemmes rendent compte des conflits que les professionnels doivent dépasser pour agir, des choix toujours provisoires, jamais réglés définitivement, des “irrésolus” du travail. Ce sont des sortes “d’empêcheurs de travailler en rond”, qui résistent même au travail sur le travail ou “travail au carré” ». Balas, S. (2011). Kinésithérapeute, un métier de référence. Nouvelle revue de psychosociologie, 12(2), 223-238. https://doi.org/10.3917/nrp.012.0223

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Pour citer cet article

Référence électronique

Jean-Frédéric Vergnies, « Éditorial »Formation emploi [En ligne], 171 | Juillet-Septembre 2025, mis en ligne le 01 août 2025, consulté le 07 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/formationemploi/14505 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14hih

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Auteur

Jean-Frédéric Vergnies

Rédacteur en chef. https://orcid.org/0000-0003-0575-5405

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CC-BY-NC-SA-4.0

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