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Poursuivre dans l’enseignement supérieur après un bac professionnel : une option de plus en plus profitable pour s’insérer ?

Pursuing higher education after a vocational high school diploma: an increasingly promising path to entering the workforce?
Arnaud Dupray et Stéphanie Moullet

Résumés

Nous interrogeons sur une vingtaine d’années l’intérêt de la poursuite d’études des lauréats d’un baccalauréat professionnel, diplôme initialement conçu pour une insertion professionnelle directe. À partir des données des enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 du Céreq, nous évaluons les bénéfices relatifs sur l’insertion de cette poursuite post-bac par rapport à une insertion immédiate. S’ils se renforcent plutôt d’une cohorte à l’autre, cela n’exclut pas que l’origine professionnelle du bac des jeunes poursuivant dans le supérieur puisse être pénalisante par rapport aux séries générales ou technologiques. Cette hypothèse est infirmée pour les titulaires de BTS dont la valorisation ne s’amoindrit pas pour les bacheliers professionnels au fil du temps même si les avantages peuvent différer selon le domaine industriel ou tertiaire de spécialité du BTS.

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Texte intégral

Introduction

1La création du baccalauréat professionnel en 1985 a fait évoluer l’offre de formation de manière significative en établissant une filière de diplômes d’enseignement professionnel allant jusqu’au niveau du baccalauréat. Elle visait notamment à approvisionner le marché du travail en main-d’œuvre de niveau technicien, notamment pour des postes intermédiaires et d’appui à la production dans l’industrie, vue l’insuffisance des filières du baccalauréat technologique à pourvoir aux besoins (Bouyx, 1993). Un autre motif, plus institutionnel, était de décloisonner le lycée professionnel en offrant la possibilité d’une terminale professionnelle aux titulaires d’un BEP. Ce faisant, la création de ce baccalauréat répondait à une double ambition : d’une part, participer à l’accroissement du niveau de qualification de la population active tout en pesant sur le chômage des jeunes ; d’autre part, favoriser l’obtention du baccalauréat au sein d’une classe d’âge, participant à la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur (Maillard, 2017).

2Tandis que la rénovation pédagogique des lycées conduite dans les années 1980 se traduit par une nette réduction du nombre de voies et spécialités de formation, le nombre de spécialités des baccalauréats professionnels est passé de 5 à 35 en 1993 (Solaux, 1995) et à une centaine de spécialités aujourd’hui. Le baccalauréat professionnel s’est donc peu à peu installé dans le paysage éducatif secondaire avec un effectif de lauréats oscillant entre 170 000 et 180 000, dépassant depuis 20111 le volume annuel de bacheliers technologiques.

  • 2 Avec un module de 6 semaines de préparation au supérieur.

3Malgré plusieurs réformes depuis sa création conduisant à le désingulariser des autres types de bac, les ambiguïtés liées à sa tension originelle entre préparation à l’insertion et ouverture à la poursuite d’études dans le supérieur, demeure (Bernard & Troger, 2012 ; Maillard, 2019). La réforme de 2023 de la voie professionnelle, en prônant l’augmentation des périodes de stage et leur niveau d’indemnisation, mais aussi le développement de l’accompagnement vers l’emploi ou la poursuite d’études2, renforce son inscription dans cette logique bicéphale, à la fois propédeutique et d’insertion. L’ensemble de ces éléments justifie l’intérêt d’étudier cette population des bacheliers professionnels dans leur transition vers l’emploi et les études supérieures.

  • 3 Néanmoins, le taux de diplomation en STS pour les bacheliers professionnels reste bien supérieur à (...)

4On assiste en effet à un essor de leurs poursuites d’études depuis une vingtaine d’années (Hugree, 2019), principalement en STS (Merlin, 2021) même s’ils restent moins bien armés que les autres pour réussir dans la filière (Gendron, 2008)3.

5Sous cet angle, les bacheliers professionnels – comme les bacheliers technologiques – ont bénéficié d’une attention croissante des politiques éducatives concernant leurs conditions d’orientation vers l’enseignement supérieur. Depuis la note de service de 2003 invitant les recteurs à mieux accompagner ces élèves vers les IUT et les STS, plusieurs réformes se sont succédé dans le même esprit : la loi LRU (relative aux libertés et responsabilités des universités) de 2007, qui promeut une orientation active et un meilleur accès à l’information et au conseil ; la circulaire de 2009 sur l’orientation des futurs bacheliers vers le supérieur ; le décret de 2017 instaurant des modalités dérogatoires d’accès aux STS pour les bacheliers professionnels (et parfois technologiques) ; puis enfin la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) de 2018. Ensemble, ces mesures traduisent une volonté continue de renforcer l’encadrement et l’accompagnement de l’orientation de ces publics.

6Ce paysage institutionnel évolutif en matière d’orientation justifie que l’on appréhende en dynamique les conditions relatives d’insertion professionnelle des bacheliers professionnels, à partir de trois cohortes d’entrants dans la vie active, en 1998, 2010 et 2017 et selon la manière dont ils valorisent leur baccalauréat – directement sur le marché du travail ou après un passage par l’enseignement supérieur.

7Outre les efforts en matière d’accompagnement de l’orientation, un large mouvement de professionnalisation de l’enseignement supérieur a marqué ces deux décennies : création de la licence professionnelle en 1999, montée en puissance de l’alternance dans le supérieur (Lopez & Sulzer, 2016) et alignement de la durée d’acquisition d’un baccalauréat professionnel sur celle des autres séries, avec la réforme de son cursus en 2009. Cette dernière a permis une augmentation des réussites au baccalauréat professionnel et une progression des effectifs notamment dans les spécialités de services (Labruyère & Kogut-Kubiak, 2013), sans semble-t-il remettre en cause la reconnaissance du baccalauréat professionnel par les employeurs (Ilardi et al., 2018). Dans le même temps, elle a légitimé les aspirations à la poursuite d’études de ses lauréats (Bernard & Troger, 2015).

  • 4 Cette identité est à relativiser selon les spécialités, notamment celles du tertiaire en BTS dont c (...)

8Toutefois, dans certaines spécialités, l’affaiblissement relatif des dimensions professionnelles du cursus, corrélatif au raccourcissement de sa durée, a pu conduire les employeurs à mettre en doute les compétences et savoir-faire opérationnels des bacheliers professionnels. En outre, les réformes de la licence professionnelle, puis dernièrement du Bachelor universitaire de technologie (BUT), conduisent à une forme de surenchère : de niveau bac+3, ces diplômes correspondent à une année additionnelle par rapport aux cursus techniques et professionnels à bac+2 ans, qui jusqu’alors, disposaient d’une forte identité4 sur le marché du travail. Cette « course au niveau » pourrait, par un effet en chaîne, altérer la vocation professionnelle première du baccalauréat professionnel, en conduisant à l’évaluer davantage par son positionnement dans la hiérarchie des titres – perçu comme inférieur – que par la qualité des savoirs qu’il dispense (Doazan & Eckert, 2014).

  • 5 On sait que certaines spécialités de baccalauréat professionnel sont plus favorables que d’autres à (...)

9Potentiellement dévalorisé dans ses contenus ou par les modes d’évaluation formelle des savoirs mis en œuvre (Paddeu & Veneau, 2015), le baccalauréat professionnel le serait également à l’aune du contingent croissant de ses lauréats qui, poursuivant leurs études, parviennent à décrocher un diplôme d’enseignement supérieur. Si pour les bacheliers professionnels, les poursuites d’études restent disparates entre les spécialités5, elles conduisent, plus souvent qu’auparavant, à un diplôme de l’enseignement supérieur (Kogut-Kubiak & Quenson, 2019). Dans ces circonstances, on s’attendrait à ce que l’avantage relatif de la poursuite d’études, en matière d’insertion professionnelle, se renforce avec le temps.

10A contrario, avec des contingents croissants de bacheliers professionnels orientés dans une filière comme celle des STS (Orange, 2009, 2010), on peut aussi s’interroger sur un possible abaissement de la sélection à l’entrée de la filière. Elle se manifesterait par une moindre exigence en matière de prérequis scolaires pouvant à terme desservir la reconnaissance de ce titre sur le marché du travail. Cette hypothèse, à l’inverse de la précédente, conduirait à prédire un tassement ou un recul au fil des cohortes de l’avantage procuré par un diplôme d’enseignement supérieur relativement aux bacheliers qui optent pour une insertion immédiate après le bac.

11Dans cette perspective, la seconde question traitée dans l’article porte sur l’homogénéité de la valeur sur le marché du travail du BTS (filière la plus empruntée par les bacheliers professionnels) selon le baccalauréat d’origine. En effet, des publics plus hétérogènes et segmentés selon leur série d’origine dans le secondaire (filière générale, technologique ou professionnelle) pourraient conduire à une reconnaissance du diplôme à plusieurs vitesses.

  • 6 Même si certains domaines comme le commerce et la vente sont plus mixtes.

12Il s’agit aussi de prendre en compte la différenciation classique entre filières industrielles et filières tertiaires, dichotomie qui reflète en partie une ségrégation genrée, les premières étant l’apanage des garçons, les secondes plutôt celles des filles6. On peut en effet s’attendre à de moindres bénéfices de la poursuite d’études dans les spécialités tertiaires d’une part, du fait de la concurrence des bacheliers généraux et technologiques dans les domaines d’emplois de services ; d’autre part, car les compétences acquises et les positionnements dans l’emploi au sortir de ces spécialités, sont plus proches entre niveaux 4 et 5 de qualification qu’au sein des spécialités industrielles.

13Notre approche, en deux temps, porte donc sur l’intérêt de la poursuite d’études pour des bacheliers professionnels et sa dynamique sur une période de vingt ans. Dans un premier temps, on mesure l’évolution temporelle de la prime à un diplôme d’enseignement supérieur court pour les titulaires d’un bac professionnel relativement à ceux qui ont opté pour une entrée directe sur le marché du travail. Dans le second temps, on identifie le positionnement des bacheliers professionnels détenteurs d’un BTS comparativement à leurs homologues issus d’une série technologique ou générale du baccalauréat. En amont de ces deux volets analytiques, on procède d’abord à l’exposé des données et de la méthodologie avant de se pencher sur l’évolution des profils scolaires et sociologiques des bacheliers professionnels poursuivant leurs études.

1. Données et méthodes

1.1. Les sources mobilisées

14Nous exploitons les données, à champs comparables, des enquêtes Génération du Céreq, en l’occurrence les premières vagues (interrogations trois ans après la fin des études) des cohortes 1998, 2010 et 2017 de sortants du système éducatif à chacune de ces trois dates.

Pour le premier volet d’analyse, la population à l’étude est celle des détenteurs d’un baccalauréat professionnel qui sortent du système éducatif à ce niveau ou au niveau bac+2 ans ou +3 ans avec ou sans diplôme post-baccalauréat, étant entendu que la présence des bacheliers professionnels reste marginale au-delà du niveau licence.

Compte tenu du poids relatif du BTS dans les diplômes du supérieur pour ce public (rassemblant entre 72 et 78 % des diplômés selon la cohorte), une partie des analyses se concentre sur l’incidence de ce diplôme pour l’insertion.

15Malgré la variation du nombre de répondants d’une enquête à l’autre, les échantillons cibles sont de tailles suffisantes. On compte en effet un peu plus de 6 000 observations pour la Génération la plus ancienne, 3 200 pour la suivante et 4 500 pour la cohorte la plus récente. Pour le second volet comparatif de l’insertion des BTS selon la série du bac, les échantillons ad hoc comptent près de 4 800 diplômés pour 1998 et environ 1 800 pour chacune des deux cohortes suivantes.

  • 7 Ou le niveau d’emploi à la date de l’enquête si l’individu est toujours dans sa première séquence d (...)
  • 8 En agrégeant les professions de niveau intermédiaire et cadre, on s’assure que même pour les bacs p (...)

16Pour cerner les conditions d’insertion, on retient quatre indicateurs relevant de la dynamique des parcours d’entrée dans la vie active. Deux indicateurs portent sur les trois premières années de la trajectoire. Il s’agit de la part du temps passé en emploi sur la durée observée (proxy de l’employabilité) et d’un indicateur de qualité du parcours d’emploi qui combine le fait d’avoir passé plus de 80 % du temps en emploi (sur les trois ans environ d’observation), d’avoir au plus, deux séquences d’emploi sur cette période et d’avoir obtenu un premier emploi à durée indéterminée dans les douze premiers mois après la sortie de formation initiale. Un troisième indicateur a trait aux premiers mois sur le marché du travail : probabilité d’avoir été plus de neuf mois en emploi sur les douze premiers mois de vie active. Enfin, le dernier concerne le niveau d’emploi occupé à la fin de la première séquence d’emploi7 : la probabilité d’occuper un emploi de niveau profession intermédiaire ou cadre8.

17L’insertion professionnelle des jeunes est sensible à la conjoncture économique, variable d’une cohorte à l’autre. Cependant, les analyses conduites en termes d’avantages/désavantages relatifs au sein d’une même cohorte permettent de s’affranchir de cette difficulté.

1.2. Méthode économétrique : méthode d’appariement sur le score de propension

18Du fait que les poursuivants post-bac, en particulier ceux qui décrochent un diplôme d’enseignement supérieur ne sont pas issus aléatoirement de l’ensemble des détenteurs d’un bac professionnel et que les conditions de poursuites d’études sont susceptibles de changer d’une cohorte à l’autre, on recourt à la méthode d’appariement sur le score de propension pour mesurer les effets de la poursuite et de la poursuite diplômante. Ces méthodes d’appariement sont devenues un outil standard des analyses économiques appliquées.

19Développées dans le cadre de la littérature empirique de l’évaluation, leur objectif est d’estimer l’effet propre d’une mesure sur la situation des bénéficiaires, lorsque l’on dispose de données à la fois sur ces derniers et sur des non-bénéficiaires. En général, les premiers possèdent des caractéristiques particulières : distinguer ce qui relève de la mesure de ce qui ressort d’effets de sélection est alors difficile. Les méthodes d’appariement visent justement à corriger ces biais de composition (Givord, 2014). Ici, les bénéficiaires sont les jeunes passés (avec succès pour certains) par une formation de niveau bac+2/3, sachant que ce parcours, notamment lorsqu’il est diplômant, dépend éventuellement de caractéristiques individuelles idiosyncratiques. L’utilisation d’une méthode de matching (appariement sur score de propension) permet de déterminer les contrefactuelles les plus pertinentes de façon à raisonner sur des individus de profils similaires (certains arrêtant leurs études après le baccalauréat, d’autres les poursuivant) lorsqu’on étudie leur insertion professionnelle (Caliendo & Kopeinig, 2008). Sous l’hypothèse d’un éventail de dimensions suffisantes prises en compte pour expliquer à la fois la variable de traitement (la poursuite d’études, la poursuite d’études diplômante) et la variable d’output (une dimension de l’insertion professionnelle), et si l’on présume que les individus que l’on apparie, semblables sur leurs caractéristiques observées, se ressemblent sur leurs attributs non observés, on pourra parler d’effet causal du « traitement » et ainsi imputer l’avantage éventuel observé au passage par l’enseignement supérieur ainsi qu’au diplôme éventuellement décroché.

20Les caractéristiques individuelles observées retenues pour les appariements sont les suivantes : le sexe, la filière du bac professionnel (tertiaire vs industrielle), la mention au bac (bien ou très bien - pour les Générations 2010 et 2017) ; le fait d’avoir un ou deux ans d’avance à l’entrée en sixième (Génération 1998) ; le fait d’avoir redoublé à l’entrée en classe de sixième, le fait d’avoir suivi une classe de troisième générale ; le fait d’avoir bénéficié d’une bourse sur critères sociaux au cours de l’enseignement secondaire (pour les Générations 2010 et 2017) ; la catégorie socioprofessionnelle des parents à la fin des études et les origines migratoires ; la localisation géographique au bac (indisponible dans la première cohorte) et la voie de formation du bac professionnel (apprentissage vs scolaire) – cf. tableau A1 en annexe pour le détail des modalités des variables. Cet ensemble de variables est rendu le plus homogène possible compte tenu des différences d’informations disponibles dans les trois enquêtes.

Encadré. La méthode d’appariement sur le score de propension

L’idée originelle émise par Rosenbaum et Rubin (1983) est de recourir à un score d’équilibrage s(X) fonction d’un éventail de caractéristiques pertinentes pour l’accès au traitement X, de telle sorte que la distribution conditionnelle de X si s(X) est indépendante de la participation au traitement. Le score de propension est un score d’équilibrage, c’est-à-dire la probabilité de participer au traitement étant donné un jeu de caractéristiques individuelles X.

Parvenir à mesurer l’effet du traitement sur la variable d’output retenue requière la réalisation chronologique de différentes étapes. La première consiste à définir le vecteur X de dimensions pertinentes influençant la participation au traitement. L’approche requière que l’hypothèse d’indépendance conditionnelle soit vérifiée (CIA), autrement dit que la variable d’output soit indépendante du traitement conditionnellement au score de propension. On acceptera cette hypothèse. Une deuxième étape est d’estimer les scores de propension, c’est-à-dire de choisir une méthode et un algorithme d’appariement. Nous avons opté pour la méthode du rayon (Dehejia & Wahba, 2002) avec un seuil de tolérance (caliper) pour la distance maximale entre scores de propension de 0,01. Elle consiste à apparier tous les individus compris dans le périmètre du seuil. L’avantage de la méthode est de réduire la variance du résultat tout en limitant le risque de biais comparativement à la méthode du plus proche voisin. Une troisième étape est de vérifier une propriété d’équilibrage entre les caractéristiques des individus traités et des individus appariés issus du groupe de contrôle, ici les bacheliers professionnels sortant directement sur le marché du travail, ce qui implique d’écarter certains individus et de conserver un support commun où les groupes ont des profils très proches. Dans tous les cas, nous parvenons à équilibrer les variables indépendantes. Ajoutons que la significativité statistique des effets du traitement se base sur le calcul d’écarts-types par Bootstrap (Lechner, 2002) – la variance de l’effet de traitement devant intégrer la variance du score de propension issu d’une estimation. Une dernière étape consiste à procéder à des tests de robustesse (en mobilisant d’autres estimateurs de matching) et à des analyses de sensibilité (notamment par rapport à la possibilité d’un biais « caché » lié à des variables omises) (Ichino et al., 2008). La réalisation de ces tests confirme les résultats obtenus.

2. Les bénéfices des poursuites d’études des bacheliers professionnels de la Génération 1998 à la Génération 2017

  • 9 Rappelons que l’on se restreint ici aux poursuites d’études jusqu’à un niveau bac+3 ans, lesquelles (...)
  • 10 Progressions que corroborent les statistiques ministérielles.

21À partir des cohortes des sortants de formation initiale, il est possible de calculer des pseudo taux de poursuite en rapportant le volume de ceux qui ont entamé des études supérieures9 à l’ensemble des bacheliers professionnels (sortants et poursuivants). Ce taux ainsi calculé passe de moins de 20 % pour la cohorte 1998 à 39 % pour la cohorte 2017 et le taux de diplomation de 37 à 61 % (tableau A2 en annexe). Donc sur longue période (20 ans), accès à l’enseignement supérieur et chance d’y réussir s’élèvent de concert. La proportion de bacheliers professionnels qui décrochent un diplôme d’enseignement supérieur passe ainsi de 7,3 % pour la première cohorte à 23,6 % pour la dernière10. Cette progression s’accompagne-t-elle d’une diversification des caractéristiques de ce public poursuivant dans le supérieur ?

22Il s’agit donc d’examiner, maintenant, comment le profil des bacheliers professionnels poursuivant dans l’enseignement supérieur a évolué en vingt ans avant d’évaluer les bénéfices de cette poursuite d’études sur cette même période.

2.1. Un profil des bacheliers lauréats du supérieur plus défavorable et hétérogène au fil des Générations ?

23En lien avec les hypothèses avancées, l’évolution des conditions de valorisation de la poursuite d’études diplômante dépend pour partie des profils socio-scolaires des bacheliers professionnels qui poursuivent en études supérieures. Avec leur afflux croissant, le niveau de sélectivité sociale et scolaire de ces élèves aurait-il diminué ? Un moyen d’éclairer cette question consiste à comparer les origines sociales et antécédents scolaires entre cohortes. Toutefois, une difficulté tient au fait que les structures sociales et les conditions d’évaluation et de passage de classe dans l’enseignement secondaire ne sont pas demeurées à l’identique sur ces vingt ans.

  • 11 Calculé comme (%RDS – %RB)/%RB où %R désigne la proportion des redoublants, l’indice DS pour les di (...)
  • 12 Cette sélection en faveur des parcours scolaires les plus continus ne dit rien en revanche des perf (...)

24La pratique du redoublement, par exemple, a fortement régressé depuis les années 1970 et singulièrement au collège et lycée dans les années 2000 (Mattenet & Sorbe, 2014). Ajoutons que l’écart du taux de retard entre élèves d’origines sociales différentes s’est réduit depuis 2004 (CNESCO, 2014). Il n’est donc pas étonnant de constater que la proportion d’élèves qui arrivent avec un an de retard en sixième parmi les sortants avec un bac professionnel s’est réduite d’environ 25 % entre les Générations 1998 et 2017 (tableau A1 en annexe). De plus, la baisse11 de la part des redoublements parmi les diplômés du supérieur relativement à leur part au sein des bacheliers sortants passe de 22 % dans la Génération 1998, à 25 % dans la Génération 2010 puis à 43 % au sein de la Génération 2017. Cette baisse de 43 % dans la dernière Génération témoigne ainsi d’une sélection significative favorisant les bacheliers aux parcours en primaire les plus continus12.

  • 13 Rappelons que les mentions au bac professionnel ne sont apparues qu’en 2005 et contre l’avis des or (...)

25Du point de vue de la mention au Bac, seulement disponible à partir de la Génération 201013, l’attribution des mentions « Bien » et « Très bien » a explosé depuis les années 1990. En 2021, 39,5 % des bacheliers généraux se sont vu décerner l’une ou l’autre de ces mentions d’excellence (contre 7,6 % en 1998). En revanche, ces mentions sont bien plus exceptionnelles pour les bacheliers professionnels : 11,7 % en 2017. Au regard de cet indicateur, la sélection scolaire n’apparaît pas amoindrie dans la dernière cohorte relativement aux sortants de l’année 2010 (tableau A1 en annexe). Ainsi, la part des bacheliers professionnels avec une telle mention parmi des diplômés du supérieur progresse de 11 points entre les deux Générations (de 26 à 37 %).

26Parvenir à décrocher un diplôme de l’enseignement supérieur pour ces bacheliers professionnels n’est pas non plus indépendant de leur origine sociale (Merlin, 2024), laquelle influence aussi le niveau de qualification de l’emploi occupé en début de vie active (Dabet et al., 2024).

27Certes, à vingt ans d’écart, la structure des catégories socioprofessionnelles dans la population active a évolué : les professions intermédiaires représentaient 21 % des emplois en 1998 et 25 % vingt ans plus tard. La part des cadres supérieurs a évolué de plus de 5 points sur la même période. Compte tenu des origines sociales plutôt modestes des bacheliers professionnels, focalisons-nous sur la part de ceux dont les parents sont ouvriers ou employés. Celle-ci diminue dans des proportions comparables entre les bacheliers sortants et ceux qui décrochent un diplôme du supérieur dans les cohortes 2010 et 2017. Ce constat infirme l’idée que l’élévation de la poursuite d’études diplômantes dans les cohortes récentes se serait accompagnée d’une hétérogénéité sociale croissante de ce public.

  • 14 Comme pour la mention au bac, cette information est indisponible pour la Génération 1998.

28Enfin, pour les bacheliers qui ont bénéficié d’une bourse sur critères sociaux dans le secondaire, la possibilité de poursuivre avec succès des études supérieures s’est notablement améliorée entre les deux dernières cohortes14. Les bénéficiaires d’une bourse semblent présenter une plus grande appétence pour poursuivre leurs études même si leur risque d’échec dans le supérieur reste élevé, mettant en lumière l’importance de la sélection sociale pour y réussir.

29En résumé, malgré des origines sociales et des ressources économiques qui restent modestes pour nombre de bacheliers professionnels entamant des études supérieures, ceux qui réussissent semblent toujours un peu plus privilégiés au regard de leur trajectoire scolaire antérieure et origine sociale.

30Ces premiers éléments montrant que la sélection est toujours à l’œuvre pour la poursuite des bacheliers professionnels dans le supérieur ne s’accordent pas à l’hypothèse d’une dégradation de leurs conditions d’insertion.

2.2. Quelle évolution de l’intérêt à la poursuite d’études supérieures des bacheliers professionnels sur vingt ans ?

  • 15 Cette durée est propre à chaque répondant à l’enquête et s’étend du mois qui suit son mois de fin d (...)

31Au vu des indicateurs d’insertion retenus, que l’on considère la part des jeunes dans un emploi de catégorie profession intermédiaire (ou cadre) à la fin du premier emploi, l’employabilité (sur les trois ans15) ou encore la réalisation d’une trajectoire d’intégration qualitative et durable dans l’emploi, le positionnement plus avantageux des diplômés de l’enseignement supérieur au niveau bac+2 ou +3 ans non seulement persiste, mais semble s’amplifier d’une cohorte à la suivante (tableau A1 en annexe). Seule la durée passée en emploi la première année, est plus élevée pour les bacheliers en 1998 que pour les diplômés sortants cette année-là alors que l’avantage revient aux diplômés dans les cohortes suivantes. Les modèles d’appariement, permettant d’examiner les conditions relatives d’insertion des détenteurs d’un bac professionnel, rendus comparables en termes d’origine sociale, géographique et d’antécédents scolaires confirment les observations descriptives (tableau 1).

32Pour ce qui est de l’employabilité, le supplément de 2,5 points de pourcentage de temps passé en emploi pour les diplômés du supérieur dans la cohorte 1998 passe à 11 points dans la cohorte 2010 et atteint 15 points au sein de la Génération 2017. En moyenne, les diplômés de cette dernière cohorte passent ainsi 82 % de leurs trois premières années de vie active en emploi contre 69 % pour les jeunes de caractéristiques semblables, sortis immédiatement après le baccalauréat.

33Le bonus en matière d’accès au niveau profession intermédiaire (ou cadre) en fin de premier emploi demeure également très élevé puisque les diplômés se retrouvent à 41,3 % dans cette situation contre seulement 13 % des jeunes de profils semblables détenteurs du seul bac professionnel. L’écart relatif d’accès entre diplômés et sortants après le bac atteint ainsi 32 points de % dans la dernière cohorte contre 27 % dans la cohorte 1998.

34Quant à la prime aux diplômés pour la réalisation d’une trajectoire d’intégration qualitative et durable, elle passe de 7 points dans la première cohorte à 18,7 points dans la dernière. Enfin, la durée passée en emploi au cours de la première année qui suit la sortie des études, en moyenne plus faible pour les diplômés dans la cohorte 1998 que pour les bacheliers professionnels avantage nettement les premiers dans la dernière cohorte (+19 points).

35Au total, le positionnement plus favorable à l’insertion (sur la base des quatre indicateurs examinés) des bacheliers professionnels, qui poursuivent dans l’enseignement supérieur et y décrochent un diplôme, par rapport à ceux qui arrêtent les études à l’issue du bac, paraît renforcé dans la Génération 2017 comparativement aux cohortes antérieures.

36La prise en compte des seuls diplômes de BTS ne remet pas en cause ces conclusions : là aussi ce titre conduit à une insertion d’autant plus avantageuse que la cohorte de débutants est récente. Ainsi, l’afflux croissant de bacheliers professionnels dans les filières de BTS n’entame en rien les bénéfices relatifs que procure ce diplôme.

  • 16 Même si le taux de réussite des bacheliers professionnels au BTS augmente sur 20 ans, il n’atteint (...)
  • 17 Notons que la durée de la première séquence d’emploi ne varie que légèrement d’une cohorte à l’autr (...)

37Qu’en est-il pour ceux qui entament des études supérieures, mais échouent à décrocher un diplôme16 ? Le seul avantage consistait dans l’accès à un poste de profession intermédiaire au cours de la première séquence d’emploi17 dans la cohorte 1998 alors que les deux critères d’employabilité avantageaient les sortants bacheliers. Si on note peu d’évolution pour la cohorte 2010, l’expérience de l’enseignement supérieur est valorisée sur les quatre critères d’insertion dans la cohorte 2017. En somme, même en cas d’insuccès, un passage par l’enseignement supérieur s’avère rentable pour les bacheliers professionnels dans la dernière cohorte même si les valorisations sont moindres que pour les diplômés.

38Examinons ce qu’il en est selon le domaine de spécialité du bac professionnel (tableau 2).

39Dans la cohorte 1998, les sorts des diplômés du supérieur des spécialités tertiaires ou industrielles semblent assez proches, par rapport aux bacheliers professionnels issus du même domaine. L’employabilité à court terme pour les domaines industriels avantage néanmoins les bacheliers (par rapport à l’ensemble des diplômes post-bac comme par rapport aux seuls BTS) alors que, dans le domaine tertiaire, les diplômés font mieux, ou jeu égal avec les bacheliers professionnels sortants. Dans la cohorte 2010, – que l’on observe l’ensemble des diplômés ou les seuls BTS – les diplômés du tertiaire sont partout favorisés par rapport aux bacheliers alors que dans le champ industriel, ce n’est le cas que pour l’employabilité sur les trois ans et l’accès à un emploi de niveau profession intermédiaire. Les diplômés des spécialités tertiaires, dans les deux premières cohortes, semblent au total mieux valoriser leur engagement dans les études supérieures que les bacheliers du domaine industriel.

40Dans la cohorte 2017, les diplômés de bac+2/3 ont systématiquement de meilleures conditions d’insertion que les bacheliers sortants et ce bonus semble encore plus saillant pour les spécialités de l’industrie, surtout si on se focalise sur les seuls BTS.

41En définitive, l’intégration dans l’emploi sur les trois premières années de vie active s’est améliorée pour l’ensemble des bacheliers professionnels qui poursuivent en études supérieures, comparativement à leurs pairs qui ont opté pour une entrée directe sur le marché du travail après le bac, et de manière plus marginale avec un avantage aux diplômés de l’industrie. L’hypothèse d’une remise en cause de la valeur d’un diplôme du supérieur, comme le BTS à l’entrée dans la vie professionnelle avec la transformation de la composition de son public, est donc infirmée. La stratégie de poursuite d’études dans l’enseignement supérieur semble, au total, de plus en plus opportune pour ce public.

42Une tentative pour confirmer ces plus-values, en hausse, de l’obtention d’un diplôme du supérieur pour les bacheliers professionnels consiste à examiner si le baccalauréat d’origine « laisse des traces » dans la valorisation du titre post-bac sur le marché du travail. En d’autres termes, il est possible que le BTS des bacheliers professionnels se trouve déprécié comparativement à leurs homologues, issus des séries technologiques et générales du bac, qui apparaissent, du moins au début de la période des vingt ans observés, plus légitimes et en phase avec les prérequis exigés dans l’enseignement supérieur.

Tableau 1. Résultats des modèles d’appariement sur score de propension (diplômés et poursuivants non diplômés)

Tableau 1. Résultats des modèles d’appariement sur score de propension (diplômés et poursuivants non diplômés)

*** : 1 % d’erreur ; ** : 5 % d’erreur ; ns : non significatif.
(a) : participant à l’enseignement supérieur mais sans avoir obtenu de diplôme supérieur au bac.
(b) : ou à la date d’enquête si le répondant est toujours dans son premier emploi.
(c) : proxy de l’employabilité.
(d) : avoir passé au moins 80 % du temps en emploi depuis la sortie des études, avoir atteint un EDI en 12 mois au plus et occuper au plus, deux emplois.
(e) Lecture : les poursuivants post bac et sortants diplômés de bac+2/3 en 1998 ont 27,6 points de % de plus que les bacheliers professionnels sortant d’études en 1998 de se retrouver occuper un niveau d’emploi de cadre ou PI à la fin de leur premier poste alors que l’écart est de 4 points de pourcentage s’ils sont sortants du supérieur mais non diplômés.

Sources : enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 (1res interrogations) – données comparables – pondérées.

Tableau 2. Résultats des modèles d’appariement sur score de propension (bacheliers professionnels vs diplômés de bac+2/3 ou diplômés de BTS) selon la filière du baccalauréat (tertiaire/industrielle)

Tableau 2. Résultats des modèles d’appariement sur score de propension (bacheliers professionnels vs diplômés de bac+2/3 ou diplômés de BTS) selon la filière du baccalauréat (tertiaire/industrielle)

*** : 1 % d’erreur ; ** : 5 % d’erreur ; ns : non significatif.
(a) Lecture : les poursuivants post bac et sortants diplômés de bac+2/3 en 1998 ont 27,5 points de % de plus que les bacheliers professionnels sortant en 1998 de se retrouver occuper un niveau d’emploi de cadre ou PI à la fin de leur premier poste alors que l’écart est de près de 13 points de pourcentage s’ils sont diplômés d’un BTS.

Sources : enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 (1res interrogations) – données comparables – pondérées.

3. La valeur du BTS sur le marché du travail se différencie-t-elle pour les jeunes titulaires d’un baccalauréat professionnel ?

43Public singulier dans la cohorte de sortants de formation initiale avec un BTS en 1998, du fait de leur faible représentation, les bacheliers professionnels occupent depuis une place importante parmi ces diplômés (34,5 % en 2017).

Tableau 3. Répartition des diplômés de STS par type de baccalauréat, sortant en 1998, 2010 et 2017

En %

Génération 1998

Génération 2010

Génération 2017

Bac général

34

25

23,5

Bac technologique

58

53,5

42

Bac professionnel

8

21,5

34,5

Effectif non pondéré

4 764

1 779

1 817

Champ : sortants diplômés de BTS en 1998, resp. 2010 et 2017.

Sources : enquêtes Génération 1998, Génération 2010 et Génération 2017, données comparables – pondérées.

44Au vu des statistiques d’insertion (tableau 4), les diplômés de BTS issus d’un baccalauréat professionnel présentent des conditions d’insertion égales ou plus favorables que celles des sortants de BTS passés par un baccalauréat général ou technologique. Pour la cohorte 1998, l’employabilité lors de la première année sur le marché du travail comme sur les trois premières années est meilleure pour les bacheliers professionnels, dans des proportions de 3 à 4 points en leur faveur. L’écart est encore plus net pour la réalisation d’une intégration qualitative et durable qui concerne près de la moitié de ces anciens bacheliers professionnels, contre moins de 40 % des autres bacheliers. Il n’y a que pour l’accès à un emploi de niveau profession intermédiaire (ou cadre) au cours de la première séquence d’emploi que l’écart n’est pas significatif. Ces différences ne sont pas remises en cause dans les cohortes suivantes et ont même tendance à s’amplifier pour les indicateurs d’employabilité et d’intégration qualitative et durable dans l’emploi.

Tableau 4. Conditions d’insertion (%) des diplômés de BTS selon le type de baccalauréat

Génération 1998

Génération 2010

Génération 2017

Plus de 9 mois en emploi au cours des 12 premiers mois qui suivent la sortie des études

Bac général ou technologique

51,3

57,1

53,8

Bac professionnel

56 *

67,6

67,1

Probabilité d’occuper un emploi de profession intermédiaire ou cadre à la fin de la première séquence d’emploi

Bac général ou technologique

33,8

34,5

32,9

Bac professionnel

35,2

35,8

34,7

Probabilité d’un parcours d’intégration qualitative et durable dans l’emploi

Bac général ou technologique

39,5

26,5

20,8

Bac professionnel

49

32,1

32,7

Employabilité moyenne (en % du temps observé)

Bac général ou technologique

83,3

78,6

65,4

Bac professionnel

86,8

82,8

71,9

Lecture : * dans la cohorte 1998, 56 % des BTS issus d’un bac professionnel ont passé plus de 9 mois en emploi au cours de leur première année de vie active.

Champ : sortants diplômés de BTS en 1998, resp. 2010 et 2017.

Sources : enquêtes Génération 1998, Génération 2010 et Génération 2017, données comparables – pondérées.

45Cependant, peut-on attribuer au seul baccalauréat professionnel la meilleure performance en matière d’insertion après un BTS, indépendamment des caractéristiques sociodémographiques de ses diplômés ? Cette question est d’autant plus légitime que l’origine des diplômés de BTS s’est reconfigurée au profit des bacheliers professionnels au cours de la période étudiée.

46À partir de la même méthode d’appariement (cf. encadré), on ajoute ici aux variables sociodémographiques et de parcours scolaires déjà utilisées pour le calcul du score de propension, l’information sur la spécialité disciplinaire du BTS (en 10 modalités agrégées) compte tenu des disparités de conditions d’insertion selon les spécialités.

47Dans la cohorte 1998, les diplômés de BTS passés par un baccalauréat professionnel, à caractéristiques sociodémographiques et de parcours semblables à celles des diplômés passés par un autre baccalauréat, enregistrent 2,5 points de pourcentage de plus d’employabilité sur la période de trois ans et ont une probabilité de 5,5 points plus élevée de réaliser un parcours d’intégration qualitative et durable dans l’emploi (tableau 5). Sur les deux autres indicateurs, les conditions d’insertion sont indifférentes à l’origine du baccalauréat. Douze ans plus tard (Génération 2010), le type de baccalauréat n’a aucune incidence, quel que soit le critère d’insertion. Dans la dernière cohorte, arrivée sur le marché du travail en 2017, une plus-value se dessine pour les anciens bacheliers professionnels, en termes de conditions d’employabilité et d’intégration qualitative et durable dans l’emploi (écart de près de 8 points en leur faveur pour cette dernière) par rapport aux bacheliers généraux et technologiques.

Tableau 5. Différentiels d’insertion des diplômés de BTS détenteurs d’un baccalauréat professionnel par rapport à ceux issus d’un baccalauréat technologique ou général

ATT en points de % (a)

Génération 1998

Génération 2010

Génération 2017

Temps en emploi sur les 12 premiers mois d’observation : plus de 9 mois

ns

ns

12,0 ***

Probabilité d’occuper un emploi de profession intermédiaire ou cadre à la fin de la première séquence d’emploi

ns

ns

ns

Employabilité (% du temps passé en emploi sur les 3 ans)

2,5 **

ns

4,4 ***

Probabilité d’un parcours d’intégration qualitative et durable dans l’emploi

5,5 **

ns

7,8 ***

(a) : appariement sur score de propension à partir de la méthode du rayon. Effet moyen du traitement sur les traités.

*** significativité au seuil d’erreur de 1 % ; ** au seuil 5 %. ns= non significatif.

Champ : sortants diplômés de BTS en 1998, resp. 2010 et 2017.

Sources : enquêtes Génération 1998, Génération 2010 et Génération 2017, données comparables – pondérées.

48Il n’y a que pour l’accès à un poste de profession intermédiaire (ou de cadre) au cours de la première séquence d’emploi que l’ensemble des diplômés de BTS font jeu égal, quel que soit leur baccalauréat d’origine.

49Les conditions plutôt à l’avantage des jeunes passés par un baccalauréat professionnel dans la cohorte 2017 sont clairement portées par les BTS de spécialités industrielles tandis que dans le domaine tertiaire, les destins des diplômés de BTS sont similaires et indépendants de leur baccalauréat (tableau 9). Cette plus-value des spécialités industrielles ne se retrouve pas dans la cohorte 2010 et seulement pour la réalisation d’un parcours d’intégration qualitative et durable dans l’emploi dans la cohorte la plus ancienne.

Tableau 6. Estimations séparées selon le domaine industriel ou tertiaire des spécialités de formation du BTS

ATT en points de % (a)

Génération 1998

Génération 2010

Génération 2017

Industrie

Tertiaire

Industrie

Tertiaire

Industrie

Tertiaire

Temps en emploi sur les 12 premiers mois d’observation : plus de 9 mois

ns

ns

ns

ns

14,3 ***

ns

Part en emploi de PI-Cadre à la fin de la première séquence d’emploi

ns

ns

ns

-13,7 ***

ns

ns

Employabilité (% du temps passé en emploi sur les 3 ans)

ns

ns

ns

ns

5,9 ***

ns

Probabilité d’un parcours d’intégration qualitative et durable dans l’emploi

12,5 ***

ns

ns

ns

9,7 ***

ns

Effectif non pondéré

1 887

2780

770

1 009

842

975

(a) : appariement sur score de propension à partir de la méthode du rayon.

*** Significativité au seuil d’erreur de 1 % et ** à 5 %. ns= non significatif.

Champ : sortants diplômés de BTS en 1998, resp. 2010 et 2017.

Sources : enquêtes Génération 1998, Génération 2010 et Génération 2017, données comparables – pondérées.

50L’observation pour la dernière cohorte corrobore l’hypothèse que les bacheliers professionnels, dans le domaine de spécialités de l’industrie, possèdent dès la fin du secondaire un bagage technique et des savoir-faire professionnels qui les rendent plus directement opérationnels à l’issue du BTS que les diplômés issus d’un baccalauréat général ou technologique. Consécutivement, ils en deviennent plus attractifs pour les recruteurs. Dans les spécialités tertiaires, les savoirs techniques dispensés dans les filières professionnelles du secondaire entreraient en concurrence avec des savoirs plus généraux, des aptitudes de communication, de rédaction et des savoir-être pour lesquels les lycéens des séries générales et technologiques seraient avantagés (Convert, 2010).

51Bien entendu, ce prisme homogénéisant sur l’ensemble d’un domaine ne permet pas d’identifier certaines spécialités tertiaires où les bacheliers professionnels peuvent se prévaloir de conditions d’insertion meilleures que celles des anciens bacheliers des séries générale ou technologique. Ainsi, dans la spécialité des sciences technologiques de gestion, le taux d’emploi à trois ans des anciens bacheliers professionnels est meilleur que celui des anciens bacheliers ES et bacheliers technologiques STG dans les cohortes 2017 comme 1998 (Lemistre & Sacomanno, 2024).

52En somme, l’origine professionnelle du baccalauréat ne défavorise pas les diplômés de BTS comparativement à ceux issus d’une série générale ou technologique, au regard des critères d’insertion professionnelle examinés. Au contraire, dans la dernière cohorte, hormis l’indicateur de niveau de qualification de l’emploi, les anciens bacheliers professionnels affichent de meilleures conditions d’insertion que leurs camarades, avantage porté par les diplômés de spécialités industrielles. Cette bonne intégration dans l’emploi des anciens bacheliers professionnels sur les premières années de vie active n’exclut pas cependant que des possibilités d’évolution professionnelle à moyen terme puissent leur échapper en raison d’éventuelles lacunes en compétences de base relativement à leurs condisciples issus du cycle secondaire général ou technologique.

Conclusion

53À la fois, les plus-values que des bacheliers professionnels peuvent espérer d’une poursuite d’études et l’avantage éventuel que procure la détention d’un bac professionnel dans la valorisation du BTS au cours des premières années de vie active vont dans le même sens. Ils s’accordent avec l’idée que d’une part, la poursuite d’études des bacheliers professionnels dans le supérieur et en particulier en BTS est de moins en moins risquée (échecs en baisse) et d’autre part, de mieux en mieux valorisée. Même ceux qui entreprennent des études supérieures sans, in fine, obtenir un diplôme gagnent en employabilité et en intégration qualitative et durable dans l’emploi dans la dernière cohorte alors que leur sort était indifférencié ou plus défavorable que celui des bacheliers dans les Générations précédentes.

54Au regard de l’idée que la détention d’un bac professionnel pourrait laisser un stigmate et affecter les conditions de valorisation du BTS par rapport aux diplômés passés par un bac général ou technologique, celle-ci est plutôt battue en brèche, les titulaires d’un bac professionnel affichant des conditions d’insertion plutôt meilleures que celles des autres bacheliers dans la cohorte la plus récente. À cet égard, on peut estimer que l’introduction des quotas dans les sections de STS depuis 2009 pour les bacheliers professionnels et leur présence de plus en plus massive dans la filière n’ont pas dévoyé la portée du BTS pour les débutants, ni crée ou accentué une différenciation entre diplômés selon leur baccalauréat d’origine.

55En somme et pour revenir sur l’interrogation du titre de l’article, la poursuite d’études dans l’enseignement supérieur des bacheliers professionnels, surtout si elle est réussie, représente une stratégie de plus en plus valable, qui, sans qu’il soit possible de l’étayer ici, ne serait pas indépendante de l’attention institutionnelle dont bénéficie ce public dans son orientation vers l’enseignement supérieur.

56Toutefois, ces résultats ne sont pas exempts de limites. D’une part, la focalisation sur des indicateurs quantitatifs d’insertion ne permet pas d’appréhender la qualité subjective de l’expérience professionnelle (satisfaction dans l’emploi, sentiment de déclassement…). D’autre part, l’approche économétrique, malgré le recours aux techniques d’appariement, reste exposée aux biais liés à des variables non observées (motivation, aspirations…). Ainsi, il n’est pas impossible qu’une variable inobservée, déterminante pour la poursuite d’études supérieures (par exemple le fait d’intégrer une STS dans la spécialité souhaitée) soit en partie responsable des performances différenciées des bacheliers qui entrent et réussissent dans l’enseignement supérieur comparativement à ceux qui s’arrêtent après leur baccalauréat – même si les résultats des tests de sensibilité conduisent à minimiser cette possibilité.

57Par ailleurs, les échantillons exploités interdisent de pouvoir traiter finement les spécialités de baccalauréat professionnel et de BTS, alors que celles-ci peuvent façonner de manière différenciée les opportunités et les parcours. Des échantillons plus volumineux ou des données exhaustives permettraient de « zoomer » sur des spécialités fines et d’identifier les domaines où les bacheliers, en fonction de leur spécialité d’origine, sont véritablement en position de force pour accéder à l’emploi et ceux où ils seraient plus à la peine. En matière d’évolution temporelle, une maille plus fine pourrait permettre de saisir les spécialités de bac professionnel qui ont plutôt bénéficié de la réforme de 2009 et celles qui ont éventuellement pu en pâtir via une baisse de la qualité des conditions d’insertion de leurs détenteurs.

58Enfin, compte tenu de la méthode d’appariement utilisée, des indicateurs d’insertion à la date de l’enquête, trois ans après la fin des études, ont été écartés. On peut supposer que certains, comme le niveau de salaire, pourraient amener à nuancer les conclusions favorables établies pour les anciens bacheliers professionnels. Néanmoins, les deux indicateurs de dynamique de l’emploi nous incitent à penser que le sens des conclusions ne serait pas remis en cause par un élargissement à d’autres dimensions de l’insertion, sur un horizon de trois ans. Ces appréciations de court terme ne préjugent évidemment pas des devenirs à plus long terme.

59Ces résultats appellent plusieurs prolongements. L’un d’eux serait d’explorer la manière dont les diplômes du supérieur court façonnent non seulement l’accès à l’emploi, mais aussi les opportunités d’évolution professionnelle sur le moyen terme pour ce public. L’analyse mériterait aussi d’être élargie à la dimension territoriale (effets des inégalités d’offre de formation et de bassin d’emploi). Enfin, une analyse qualitative des représentations que les employeurs se font des différents profils de bacheliers parmi les débutants permettrait de mieux saisir la persistance éventuelle de hiérarchies dans la valorisation des diplômes du supérieur court.

60Par ailleurs, à condition de disposer de données qui précèdent et succèdent la mise en œuvre de nouvelles mesures d’orientation des bacheliers professionnels comme celle des quotas dans les filières de BTS, il serait possible d’articuler plus étroitement les observations en matière de réussite dans l’enseignement supérieur et d’insertion avec la mise en œuvre effective de mesures de politiques publiques. Leur contribution possible aux résultats mis en évidence ici ne peut qu’être présumée, bien d’autres transformations sociales et économiques intervenues dans le même temps et difficiles à contrôler dans les données étant susceptibles d’avoir joué un rôle.

61Au total, à tout le moins, les conclusions auxquelles on aboutit, sur les bonnes conditions relatives d’insertion des bacheliers professionnels qui poursuivent dans l’enseignement supérieur, notamment en BTS, ne remettent pas en cause l’intérêt des mesures d’accompagnement et d’orientation successivement déployées depuis une vingtaine d’années pour aider à leur réussite, quitte à une injonction plus affirmée à suivre certaines filières du supérieur, en l’occurrence les STS. Cependant, il faudrait aussi s’intéresser à la portée des dispositifs d’accompagnement et de préorientation pour les petits flux de bacheliers professionnels qui se dirigent vers l’université. Leur sort durant les études et en matière d’insertion professionnelle se serait-il amélioré depuis vingt ans, en écho au destin plus favorable de leurs camarades partis en STS ? Il s’agit donc d’inscrire ces politiques d’accompagnement et d’orientation dans une réflexion plus large sur l’égalité des chances, afin que la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur ne s’exprime pas dans une segmentation sociale accrue des filières de formation.

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Annexe

Tableau A1. Profils des bacheliers professionnels selon leur classe de sortie et cohorte

Tableau A1. Profils des bacheliers professionnels selon leur classe de sortie et cohorte

(a) → : arriver en sixième avec un ou deux ans d’avance.
(*) Note de lecture : dans la Génération 1998, 54 % des sortants avec un bac professionnel avaient suivi une spécialité tertiaire ; ils étaient seulement 46 % parmi les bacheliers qui ont poursuivi leurs études et obtenu un BTS.

Sources : enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 (1res interrogations) – données comparables – pondérées.

Tableau A2. Indicateurs d’insertion par cohorte et niveau de sortie d’études

Tableau A2. Indicateurs d’insertion par cohorte et niveau de sortie d’études

(*) Note de lecture : 59,2 % des jeunes sortis en 1998 avec un baccalauréat professionnel ont passé plus de 9 mois en emploi au cours des 12 mois qui ont suivi leur sortie de formation initiale.
(&) ou au moment de l’enquête si cette première séquence d’emploi est encore en cours.
(§) proxy de l’employabilité.
(1) Temps d’accès au premier EDI =< 12 mois, 80 % du temps passé en emploi et au plus 2 employeurs.
(a) → : (IV+ + bac+2/3)/(bac + IV+ + bac+2/3)
(b) → : (bac+2/3)/(IV+ + bac+2/3)
(c) → : (bac+2/3)/(bac + IV+ + bac+2/3)

Sources : enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 (1res interrogations) – données comparables – pondérées.

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Notes

1 https://www.education.gouv.fr/series-chronologiques-de-donnees-statistiques-sur-le-systeme-educatif-12530

2 Avec un module de 6 semaines de préparation au supérieur.

3 Néanmoins, le taux de diplomation en STS pour les bacheliers professionnels reste bien supérieur à celui de la licence, titre obtenu seulement par un entrant sur dix (Ponceau, 2019) et en 4,2 années en moyenne.

4 Cette identité est à relativiser selon les spécialités, notamment celles du tertiaire en BTS dont certaines disposent d’une faible reconnaissance sur le marché du travail.

5 On sait que certaines spécialités de baccalauréat professionnel sont plus favorables que d’autres à une poursuite d’études (comptabilité, secrétariat, système électronique numérique…) (Bernard & Troger, 2015). Mais faute d’effectifs suffisants et d’information sur la spécialité fine du bac, pour ceux qui poursuivent leurs études, il est impossible de conduire des analyses à ce niveau de détail.

6 Même si certains domaines comme le commerce et la vente sont plus mixtes.

7 Ou le niveau d’emploi à la date de l’enquête si l’individu est toujours dans sa première séquence d’emploi.

8 En agrégeant les professions de niveau intermédiaire et cadre, on s’assure que même pour les bacs professionnels, il s’agit d’une situation non marginale même si pour les bacheliers sortants, c’est le niveau profession intermédiaire qui est en jeu. Ainsi dans la cohorte 1998, 18 % des sortants de bac professionnel occupent un poste de niveau profession intermédiaire, 29 % des sortants du supérieur sans diplôme post-bac et 56 % des diplômes de bac+2 à +3 ans avec quelques cadres parmi ces deux derniers segments de sortants (resp. 4,3 et 1,4 %).

9 Rappelons que l’on se restreint ici aux poursuites d’études jusqu’à un niveau bac+3 ans, lesquelles couvrent l’immense majorité des parcours du supérieur post-bac pro.

10 Progressions que corroborent les statistiques ministérielles.

11 Calculé comme (%RDS – %RB)/%RB où %R désigne la proportion des redoublants, l’indice DS pour les diplômés du supérieur, l’indice B pour les bacheliers.

12 Cette sélection en faveur des parcours scolaires les plus continus ne dit rien en revanche des performances intrinsèques et du niveau de connaissances des élèves qui poursuivent dans l’enseignement supérieur d’une cohorte à l’autre. La dernière étude du programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA de 2022) pointe par exemple une nette dégradation en France des résultats en mathématiques, mais aussi en compréhension de l’écrit des élèves à l’âge de 15 ans.

13 Rappelons que les mentions au bac professionnel ne sont apparues qu’en 2005 et contre l’avis des organisations professionnelles (les auteurs sont redevables à un rapporteur pour cette précision).

14 Comme pour la mention au bac, cette information est indisponible pour la Génération 1998.

15 Cette durée est propre à chaque répondant à l’enquête et s’étend du mois qui suit son mois de fin d’études à son mois d’enquête.

16 Même si le taux de réussite des bacheliers professionnels au BTS augmente sur 20 ans, il n’atteint que 61,7 % en 2016, 63,5 % à la session 2022 (SIES, 2017, 2023).

17 Notons que la durée de la première séquence d’emploi ne varie que légèrement d’une cohorte à l’autre pour la population considérée : de 15 mois en moyenne et 11 mois en médiane pour la Génération 1998 à respectivement 17 et 12 mois pour la Génération 2017.

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Table des illustrations

Titre Tableau 1. Résultats des modèles d’appariement sur score de propension (diplômés et poursuivants non diplômés)
Légende *** : 1 % d’erreur ; ** : 5 % d’erreur ; ns : non significatif.(a) : participant à l’enseignement supérieur mais sans avoir obtenu de diplôme supérieur au bac.(b) : ou à la date d’enquête si le répondant est toujours dans son premier emploi.(c) : proxy de l’employabilité.(d) : avoir passé au moins 80 % du temps en emploi depuis la sortie des études, avoir atteint un EDI en 12 mois au plus et occuper au plus, deux emplois.(e) Lecture : les poursuivants post bac et sortants diplômés de bac+2/3 en 1998 ont 27,6 points de % de plus que les bacheliers professionnels sortant d’études en 1998 de se retrouver occuper un niveau d’emploi de cadre ou PI à la fin de leur premier poste alors que l’écart est de 4 points de pourcentage s’ils sont sortants du supérieur mais non diplômés.
URL http://journals.openedition.org/formationemploi/docannexe/image/15097/img-1.png
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Titre Tableau 2. Résultats des modèles d’appariement sur score de propension (bacheliers professionnels vs diplômés de bac+2/3 ou diplômés de BTS) selon la filière du baccalauréat (tertiaire/industrielle)
Légende *** : 1 % d’erreur ; ** : 5 % d’erreur ; ns : non significatif.(a) Lecture : les poursuivants post bac et sortants diplômés de bac+2/3 en 1998 ont 27,5 points de % de plus que les bacheliers professionnels sortant en 1998 de se retrouver occuper un niveau d’emploi de cadre ou PI à la fin de leur premier poste alors que l’écart est de près de 13 points de pourcentage s’ils sont diplômés d’un BTS.
Crédits Sources : enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 (1res interrogations) – données comparables – pondérées.
URL http://journals.openedition.org/formationemploi/docannexe/image/15097/img-2.png
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Titre Tableau A1. Profils des bacheliers professionnels selon leur classe de sortie et cohorte
Légende (a) → : arriver en sixième avec un ou deux ans d’avance.(*) Note de lecture : dans la Génération 1998, 54 % des sortants avec un bac professionnel avaient suivi une spécialité tertiaire ; ils étaient seulement 46 % parmi les bacheliers qui ont poursuivi leurs études et obtenu un BTS.
Crédits Sources : enquêtes Génération 1998, 2010 et 2017 (1res interrogations) – données comparables – pondérées.
URL http://journals.openedition.org/formationemploi/docannexe/image/15097/img-3.png
Fichier image/png, 219k
Titre Tableau A2. Indicateurs d’insertion par cohorte et niveau de sortie d’études
Légende (*) Note de lecture : 59,2 % des jeunes sortis en 1998 avec un baccalauréat professionnel ont passé plus de 9 mois en emploi au cours des 12 mois qui ont suivi leur sortie de formation initiale.(&) ou au moment de l’enquête si cette première séquence d’emploi est encore en cours.(§) proxy de l’employabilité.(1) Temps d’accès au premier EDI =< 12 mois, 80 % du temps passé en emploi et au plus 2 employeurs.(a) → : (IV+ + bac+2/3)/(bac + IV+ + bac+2/3)(b) → : (bac+2/3)/(IV+ + bac+2/3)(c) → : (bac+2/3)/(bac + IV+ + bac+2/3)
URL http://journals.openedition.org/formationemploi/docannexe/image/15097/img-4.png
Fichier image/png, 132k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Arnaud Dupray et Stéphanie Moullet, « Poursuivre dans l’enseignement supérieur après un bac professionnel : une option de plus en plus profitable pour s’insérer ? »Formation emploi [En ligne], 175 | Juillet-Septembre 2026, mis en ligne le 01 août 2026, consulté le 18 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/formationemploi/15097 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16nfk

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Auteurs

Arnaud Dupray

Économiste, chargé d’études (Céreq, et chercheur associé Aix-Marseille Univ, CNRS, LEST, Aix en Provence).
Orcid : 0000-0001-7820-8838
IdRef : 074735314
IdHal : arnaud-dupray

Articles du même auteur

Stéphanie Moullet

Économiste, maîtresse de conférences (Aix-Marseille Université, CNRS, LEST, IRT).
Orcid : 0000-0002-5985–6677
IdRef : 077712994
IdHal : stephanie-moullet

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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