Copie ou éloge ? Les porcelaines monochromes en rouge de cuivre d’époque Kangxi (1661-1722) imitant les porcelaines du règne de Xuande (1425-1435)
Résumés
Sous le règne de l’empereur Kangxi (1661-1722), les fours impériaux chinois reprennent la production des porcelaines monochromes à couverte rouge de cuivre, des objets de luxe aussi appréciés par les empereurs qu’extrêmement difficiles à réaliser. Produites à partir du xive siècle, ces porcelaines atteignent le sommet sous le règne de Xuande des Ming (1425-1435), puis subissent un déclin progressif, tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif, jusqu’à la disparition totale à la fin du XVe siècle. Si d’un côté les porcelaines monochromes rouges de cuivre du règne de Kangxi semblent naître comme copies des pièces d’époque Xuande, dont elles arrivent à égaler la qualité, de l’autre, une production nouvelle de monochromes rouges voit le jour parallèlement, avec des formes et des nuances inédites.
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- 1 « 晕如雨后霁霞红,出火还加微炙工。世上朱砂非所拟,西方宝石致难同。插花应使花羞色, 比尽翻嗤画是空。数典宣窑斯最古,谁知皇祜德尤崇。 » Le poème apparaît sur la base (...)
« Son halo rouge tel le pourpre émanant des nuages après la pluie, si précieux qu’il nécessite des traitements après une cuisson déjà exigeante. Le rouge des cinabres du monde ne pourrait rivaliser de splendeur, Les rubis d’occident ne peuvent prétendre être semblables. Un tel pourpre fait rougir les fleurs de honte, se rit des peintures comparativement fades1. […] »
- 2 Robert Tichane, Copper Red Glazes, Iola (Wisconsin), Krause Publications, 1998, p. 14.
1 Ce poème, attribué à l’empereur Qianlong (r. 1735-1798), apparaît sur la base d’un vase monochrome rouge d’époque Kangxi conservé au Musée du Palais de Pékin (Fig. 1 et 2) et témoigne de l’engouement que les empereurs de la dynastie Qing avaient pour les porcelaines de Jingdezhen à couverte rouge de cuivre. Ces objets ont été considérés comme des pièces exceptionnelles, tant pour leur difficulté technique que pour leur réussite esthétique, depuis le début de leur production sous les Ming (1368-1644) jusqu’aux céramistes d’aujourd’hui. À cause de la complexité du processus de fabrication, ils n’ont pas été produits de façon continue. L’âge d’or de ces monochromes est sans doute le règne de l’empereur Xuande (1425-1435), après quoi cette production connut un déclin qualitatif et quantitatif jusqu’à sa disparition au cours du xvie siècle. Ce n’est que plus de deux cents ans après Xuande, sous le règne de l’empereur Kangxi de la dynastie Qing, que ce type de pièces fut produit à nouveau. Plutôt que d’analyser les raisons de cette césure, parmi lesquelles il faut probablement considérer le taux de réussite extrêmement bas de ces réalisations techniques avec, par conséquence, le coût trop élevé des pièces, cet article s’intéresse principalement à la renaissance de ces pièces sous la dynastie Qing. On s’interrogera sur les aspects qui ont rendu ces objets si prisés dans l’histoire de la porcelaine chinoise, sur l’héritage de la dynastie précédente qu’ils conservent, mais aussi à la façon dont cette nouvelle production assume une identité différente, en introduisant de nouvelles formes et de nouveaux jeux de textures et de nuances. Le règne de Kangxi peut en fait être considéré comme le deuxième âge d’or des porcelaines monochromes rouges, dont la qualité exceptionnelle est au moins égale à celle des pièces Xuande : on estime que trois quarts des meilleurs exemples de porcelaines à couverte rouge d’époque impériale appartiennent au règne de Kangxi2.
Fig. 1
Bouteille à couverte rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi
National Palace Museum, Pékin
Fig. 2
Poème de l’empereur Qianlong sur la base de la bouteille de la fig. 1
National Palace Museum, Pékin
- 3 Fan Jeremy Zhang, « Men of Culture : Scholar-Officials and Scholar-Emperors in Late Imperial China (...)
- 4 Les règnes de Yongle et Xuande ont été célébrés comme « âge d’or » artistique avec l’exposition Min (...)
- 5 « 永乐、宣德年间内府烧造,迄今为贵。其时以棕眼、甜白为常,以苏麻离青为饰,以鲜红为宝。 » Liáng Shòuzǐ 梁寿子, « Míng chū qīng huā liào « sū má l (...)
- 6 « 宣成陶器夸前朝,收藏价比璆琳高。 » Nancy Balard, La destinée de Jingdezhen, capitale de la porcelaine, Thèse de d (...)
- 7 Les rouleaux du Gǔwántú sont conservés à la Percival David Foundation (inv. PDF,X.01) et au Victori (...)
- 8 Regina Krahl, « The Yongzheng Emperor and the Qing Court Collection », Transactions of the Oriental (...)
- 9 Le mot shānzhí 埏埴 indique un objet réalisé avec l’argile.
- 10 Yu Pei-chin 余佩瑾, « ‘Shānzhí Liúguāng’ cè de huìzhì jí xiāngguān wèntí ‘埏埴流光’ 册的绘制及相关问题 (Les dessins (...)
2 Les porcelaines monochromes en rouge de cuivre n’étaient pas les seules œuvres d’époque Ming à être imitées et reproduites sous le règne de Kangxi. Elles s’inscrivent dans une vague de célébration du passé qui se poursuivra sous les deux règnes suivants des empereurs Yongzheng (r. 1722-1735) et Qianlong3. Toutefois, par rapport à d’autres types de porcelaines, comme celles à décor bleu de cobalt sous couverte ou celles à décor d’émaux sur couverte, l’imitation réussie des monochromes rouges révélait davantage l’habileté exceptionnelle des artisans des fours impériaux Qing et plaçait la production Kangxi au même rang que celles de Yongle (r. 1402-1424), Xuande ou Chenghua (r. 1464-1487)4. Ces règnes s’imposaient en effet comme références du summum qualitatif de la production impériale, ainsi qu’en témoignent plusieurs écrits depuis la fin de la dynastie Ming. La citation suivante de Huáng Yīzhèng 黄一正 date de la dix-neuvième année du règne de Wanli (1591) : « Les porcelaines impériales des règnes de Yongle et Xuande sont jusqu’à aujourd’hui les plus précieuses. Parmi celles-ci, les pièces « blanc doux » (tiánbái 甜白) sont les plus communes, les pièces « bleu et blanc » sont ornementales, et les rouges sont comme des trésors5. » La valeur de ces objets était extrêmement élevée, comme en témoigne cet extrait du poème L’officiel Ziheng (Xì Zǐhéng zhōngchéng 戏紫蘅中丞) écrit par Xǔ Jǐnzhāi 许谨斋 sous le règne de Kangxi : « Les céramiques des temps des empereurs Xuande et Chenghua étaient la fierté de la dynastie précédente, leur valeur est plus élevée que celle du jade. »6 Le Gǔwántú 古玩图 (Illustration des antiquités), constitué de deux rouleaux impériaux datés de 1728-1729 (sixième et septième années du règne de Yongzheng) et probablement commandé par l’empereur lui-même, recueille environ cinq-cents objets de la collection impériale7 : parmi les objets illustrés figurent un plat et un bol monochromes rouge du début des Ming, ainsi qu’une boîte à encre pour les sceaux à couverte « peau de pêche » du règne de Kangxi8. Dans un autre album de la collection impériale des Qing daté du règne de Qianlong, le Shanzhi Liuguang 埏埴流光 (Splendeur de céramiques9), figure une coupe gaozu 高足 portant la marque de l’empereur Xuande10.
- 11 « 洪武 […] 二年定,祭器皆用瓷。 » Da Ming Hui Dian 大明会典 (Recueil des institutions des grands Ming), vol. 201. S (...)
- 12 « 四郊各陵瓷器,圆丘青色,方丘黃色,日坛赤色,月坛白色 […]。 » Dà Míng Huì Diǎn 大明会典 (Recueil des institutions des grands Ming (...)
- 13 Christine Lau, « Ceremonial Monochromes Wares of the Ming Dynasty », The Porcelains of Jingdezhen, (...)
- 14 L’œuvre ne fut publié qu’en 1666 après les revisions de son fils et de Jiē Xuān 揭暄.
- 15 Wáng Lìyīng 王莉英, « Hóngyòu cíqì kǎo 红釉瓷器考 (Étude sur les porcelaines à couverte rouge) », Gùgōng bó (...)
- 16 Zhòng Fèngwén 钟凤文, « Zhōngguó chuántǒng gāowēn tónghóngyòu de fāzhǎn yǔ fēnlèi 中国传统高温铜红釉的发展与分类(Typo (...)
3 La valeur de ces pièces était également accrue par la fonction rituelle qu’elles remplissaient, et cela à partir du début de la dynastie Ming. Les porcelaines monochromes, dont les rouges, s’imposent en effet comme objets rituels pendant les cérémonies officielles, remplaçant les autres types de matériaux, à partir de la deuxième année du règne de Hongwu, selon le Dà Míng Huì Diǎn大明会典 (Recueil des Institutions des Grands Ming)11. Ce même recueil témoigne aussi du fait que chaque couleur était associée à une direction et à un culte précis : « À chaque direction est associée une porcelaine : le rouge pour l’autel du Soleil, le bleu pour celui du Ciel, le jaune pour la Terre et le blanc pour la Lune12 ». Il est possible que le terme jìhóng 祭红, « rouge sacrificiel » (tout comme jìlán 祭蓝, « bleu sacrificiel ») trouve son origine dans le lien qu’avaient ces objets avec les rituels d’État. Il semble qu’il apparut, pour la première fois, au début de la dynastie Qing, dans le Wùlǐ xiǎozhì 物理小识 (Encyclopédie du fondement des choses13), écrit par Fāng Yǐzhì方以智 dans les années 164014, même si d’autres auteurs suggèrent une origine plus ancienne, en l’occurence le Dìjīng jǐngwùluè 帝京景物略 (Guide des vues de la capitale impériale) écrit par Liú Tóng 刘侗 au XVIe siècle et terminé en 1635 à l’aide de Yú Yìzhèng 于奕正15. Selon d’autres sources plus légendaires, en revanche, le terme « sacrificiel » serait issu d’un épisode qui s’était déroulé dans un four de Jingdezhen : la jeune fille de l’ouvrier du four, ayant entendu que son père n’arrivait pas à produire les porcelaines rouges commandées par l’empereur et craignant pour son sort, se sacrifia en se jetant dans le four. Le dieu des fours, ému par ce geste, fit sortir du four des porcelaines d’un magnifique rouge brillant16.
- 17 Zhòng Fèngwén 钟凤文, op.cit., p. 115.
- 18 Ernest Grandidier, La céramique chinoise, Paris, Firmin-Didot, 1894, p. 161.
4 Il va de soi que le coût de ces pièces de si haute qualité était aussi très élevé, non pas à cause du type de matériau utilisé, le cuivre n’étant pas très cher, mais plutôt à cause du taux de réussite très bas (autour de 10 % à l’époque impériale17). Le prix de ces objets était encore très élevé en France au xixe siècle : « La valeur des pièces de cette espèce est très élevée aujourd’hui quand elles sont sans défaut et en bon état », écrivait Ernest Grandidier18 à propos des porcelaines à couverte rouge d’époque Kangxi.
5 Le processus de fabrication de ces objets révélait donc une véritable prouesse technique des artisans qui travaillaient dans les fours : chaque étape, depuis le choix de la pâte à porcelaine utilisée jusqu’à l’enlèvement de la pièce du four, jouait un rôle essentiel et il suffisait d’un moment de négligence pour que le résultat final soit un échec.
- 19 « 官古窑成重霁红,最难全美费良工,霜天晴昼精心合 […]。 » Gōng Shì 龚鉽, Jǐngdézhèn Táogē 景德镇陶歌 (Chanson de la céramique de Ji (...)
« Les anciens fours officiels mirent au point la couverte rouge sacrificiel, Pour atteindre cette perfection des artisans talentueux se sont épuisés.Il faut rester concentré les jours de froid comme les beaux jours […]19. »
- 20 Tichane, Robert, op. cit., p. 66.
6 L’origine de cette complexité technique est due à la nature du pigment nécessaire pour l’obtention de ce type de rouge vif et brillant : l’oxyde de cuivre. Ce pigment, utilisé en céramique pour obtenir la couleur verte en atmosphère oxydante, peut donner une couleur rouge s’il est cuit à de très hautes températures en atmosphère réductrice, c’est-à-dire avec une quantité très limitée d’oxygène dans l’atmosphère. Il s’agit d’un pigment extrêmement difficile à maîtriser puisqu’il est volatile et très sensible aux changements de température et d’atmosphère. L’exacte concentration de cuivre ainsi que la parfaite épaisseur de la couverte sont nécessaires pour que la couleur rouge se manifeste. Ce pigment, une fois ajouté à la couverte, se trouve entre deux couches translucides, l’une directement attachée au corps de la porcelaine et l’autre en surface. Entre les deux, il est nécessaire d’obtenir une couche intermédiaire d’une épaisseur suffisante pour que le cuivre puisse relever la couleur rouge en atmosphère réductrice. Si la couche de couverte est trop fine, l’oxyde de cuivre ne trouvera pas sa place et la couverte reste transparente20. Cet aspect est particulièrement visible particulièrement sur les lèvres des bols ou les cols de certaines bouteilles, où la couverte qui a coulé trop rapidement a causé une perte de couleur (Fig. 3).
Fig. 3
Vase pipa zun à couverte rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi
National Palace Museum, Pékin
- 21 Féng Xiānmíng 冯先铭, Zhōngguó gǔtáocí túdiǎn 中国古陶瓷图典 (Album illustré des porcelaines chinoises ancien (...)
7 L’oxyde de cuivre n’est pas le seul ni le premier pigment à avoir été utilisé pour rendre une couleur proche du rouge. L’oxyde de fer, matériau naturellement existant dans certains types d’argile, s’il est cuit en atmosphère oxydante, donne une couleur orangée ou brunâtre. En porcelaine, il était utilisé pour l’obtention d’une couleur rouge avant la découverte de l’utilisation du cuivre : le pigment était alors appliqué sur la couverte et cuit à température relativement basse (autour de 900°C) en atmosphère oxydante. Ce type de rouge a été produit parallèlement aux pièces à décor rouge de cuivre : appelé fánhóng 钒红 (« rouge d’alun »), tiěhóng 铁红 (« rouge de fer ») ou shānhúhóng 珊瑚红 (« rouge de corail »)21, il montre des tonalités orangées et une texture opaque, peu profonde et peu brillante (Fig. 4). Le taux de réussite était élevé et le pigment nécessaire ne coûtait pas très cher, mais la qualité n’était pas comparable et cette technique ne permettait pas un riche dégradé de nuances comme pour les couvertes rouges de cuivre.
Fig. 4
Coupe et soucoupe à décor d’oxyde de fer sur couverte de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi
National Palace Museum, Pékin
- 22 Nigel Wood, Chinese Glazes. Their Origins, Chemistry and Recreation, Londres, A&C Black, 1999, p. 1 (...)
- 23 Nigel Wood, « The Evolution of the Chinese Copper Red », Chinese Copper Red Wares, Rosemary Scott ( (...)
- 24 Gāo Yǔ 高宇, Gāo Jìng 高静, Cílǐ kàn Zhōngguó 瓷里看中国 (Regarder la Chine à travers la porcelaine), Nankin (...)
- 25 Feng Xianming, « Red-glazed and Underglaze-red Porcelain of the Yuan Dynasty », Orientations, 1985, (...)
- 26 Nigel Wood, op. cit., 1992, p. 26.
- 27 Terme japonais pour indiquer un type de porcelaine chinoise à décor d’or sur fond rouge développée (...)
8
La maîtrise des techniques de production des céramiques rouges à partir de l’oxyde de cuivre n’a pas été une découverte soudaine, mais un long processus qui s’est déroulé durant une période s’étalant sur plusieurs siècles. Entre les premières utilisations de l’oxyde de cuivre pour les céramiques cuites à haute température et les monochromes rouges d’époque Xuande, considérés comme le sommet des porcelaines rouges encore aujourd’hui22, on peut compter au moins cinq cents ans. Il est possible que l’utilisation du cuivre pour réaliser la couleur rouge ait été le fruit du hasard : le cuivre était en effet déjà utilisé depuis la dynastie Tang (618-907) pour obtenir, en atmosphère oxydante, la couleur verte. C’était le cas des fours de Tongguan près de Changsha dans le Hunan : une jarre du ixe siècle issue de ces fours et conservée au musée Cernuschi présente des tâches rouges et vertes alternées, ce qui est très probablement dû à l’alternance d’une atmosphère réductrice ou oxydante pendant le processus de cuisson.23 Sous la dynastie Song (960-1279), ce sont les fours de Jun dans le Henan qui produisaient des céramiques sur lesquelles apparaissaient des tâches de rouge ou rouge-violet dues à la présence de cuivre dans l’émail (Fig. 5). Les pièces des fours Jun étaient « d’une seule couleur quand elles étaient introduites dans le four, mais de dix mille couleurs quand elles sortaient », selon un proverbe chinois (入窑一色,出窑万彩24). L’origine de l’utilisation intentionnelle du cuivre pour la réalisation d’un décor rouge date probablement de la dynastie Yuan (1279-1368). Toutefois, la date précise reste inconnue : si les sources écrites comme le Qīngbō zázhì 清波杂志 (Recueil des Pures Vagues) de Zhōu Huī 周煇(1126-1198) indiquent l’existence de pièces rouges « brillantes comme le cinabre » déjà sous le règne de Huizong des Song (1101-1125), les fouilles archéologiques n’ont livré que des pièces datant du XIVe siècle25. Sous la dynastie Yuan et jusqu’au règne de Hongwu (1368-1398), les porcelaines à décor rouge sous couverte témoignent d’une recherche constante de la maîtrise de ce pigment (Fig. 6 et 7), avec une certaine amélioration progressive mais pas systématique, et la réalisation des premiers monochromes rouges (Fig. 8). C’est après ce premier règne Ming que la production de ces pièces prit son essor, sous les règnes de Yongle et Xuande, avant de décliner progressivement à la fin du xve siècle. Il existe une pièce monochrome rouge qui semble dater du règne de Wanli (1573-1620), mais la couleur est terne26. À cette époque, les seules porcelaines rouges produites étaient celles à décor d’oxyde de fer sur couverte, soit en décor rouge sur fond blanc soit en style kinrande 金襴手27. Cela pourrait indiquer que la volonté de réaliser des pièces rouges brillantes était bien présente, mais que les techniques avaient probablement été perdues.
Fig. 6
Bouteille à décor rouge de cuivre sous couverte de la collection impériale, dynastie Yuan
National Palace Museum, Pékin
Fig. 7
Aiguière à décor rouge de cuivre sous couverte de la collection impériale, dynastie Ming, règne de Hongwu
National Palace Museum, Pékin
Fig. 8
Aiguière monochrome à couverte rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Yuan
National Palace Museum, Pékin
- 28 Féng Xiānmíng 冯先铭, Zhōngguó gǔtáocí túdiǎn 中国古陶瓷图典 (Album illustré des porcelaines chinoises ancien (...)
- 29 Zhōng Fèngwén 钟凤文, op. cit., p. 116.
- 30 Ibid., p. 116.
9 Ce n’est que sous le deuxième empereur des Qing que les porcelaines monochromes firent leur réapparition dans les fours impériaux. L’origine de cette production remonte traditionnellement à l’année 1705, quand Lang Tingji devint superviseur des manufactures de Jingdezhen. En effet, l’un des termes chinois les plus utilisés pour designer ces porcelaines est lángyáo (郎窑), « les porcelaines des fours de Lang28 ». Selon cette hypothèse, la production de ces monochromes d’époque Kangxi s’étalerait donc sur les dix dernières années de son règne. Toutefois, une pièce appartenant à une collection privée analysée par Zhong Fengwen29 propose une datation différente. Ce bol, d’une couverte claire et d’une couleur peu uniforme, porte la marque : Dàqīng bǐngwǔnián zhì (大清丙午年制), « produit pendant les années Cheval de Feu des Grands Qing ». « Cheval de Feu », en chinois bǐngwǔ (丙午), est un élément du cycle sexagésimal chinois, où bǐng est la troisième tige céleste qui représente le feu, et wǔ représente le cheval dans le zodiaque chinois. L’année bingwu pendant la dynastie Qing peut correspondre à plusieurs années : la cinquième du règne de Kangxi (1666), la quatrième du règne de Yongzheng (1726) et la cinquante-et-unième du règne de Qianlong (1786). Les caractéristiques de la pièce, notamment le façonnage du pied et le type de marque, sont celles d’époque Kangxi. Il serait donc possible que des fours privés aient essayé de produire, bien qu’avec un résultat discret, des monochromes en rouge de cuivre dans la première partie du règne de Kangxi, bien avant donc l’arrivée de Lang Tingji à la tête des fours impériaux30.
- 31 Féng Xiānmíng 冯先铭, op. cit.
10 Le corpus des porcelaines en rouge de cuivre d’époque Kangxi montre une variété de formes et de tonalités de couleurs nouvelles et très riches et, en regardant minutieusement ces pièces, il est possible de remarquer l’unicité de chacune : derrière l’adjectif « monochrome » se cache en réalité une variété infinie de nuances. Tandis que sous le règne de Xuande, les objets monochromes rouges étaient pour la plupart des bols et des plats (Fig. 9 et 10), sous le règne de Kangxi, d’autres formes, comme des vases méipíng 梅瓶 (Fig. 11), guānyīn 观音 (Fig. 12) des bouteilles de différentes proportions (Fig. 1 et 3) ou des objets pour la table du lettré (Fig. 13 et 14) commencent à être utilisés comme supports pour cette couverte. Des jeux de textures et de couleurs se déploient de manière différente, selon plusieurs paramètres dont la forme de la pièce, le type d’application de la couverte et les techniques de cuisson. Cette infinité de nuances se reflète dans la multitude des termes utilisés pour designer ces monochromes31. Par comparaison avec les expressions françaises « sang de bœuf », « rouge sacrificiel » ou « peau de pêche », la langue chinoise offre un répertoire beaucoup plus vaste, comme par exemple lángyáohóng 郎窑红 (« rouge des fours de Lang », équivalent de niúxuěhóng 牛血红, « sang de boeuf », mais utilisé plus fréquemment en chinois), xiānhóng 鲜红 (« rouge frais »), bǎoshíhóng 宝石红 (« rouge rubis »), ces deux derniers utilisés plutôt pour indiquer les monochromes rouges d’époque Ming. À ces termes s’ajoutent une dizaine d’expressions désignant les porcelaines connues en français comme « peau de pêche », parmi lesquelles měirénzuì 美人醉 (« beauté ivre »), jiāngdòuhóng 豇豆红 (« rouge haricot ») et chuīhóng 吹红 (« rouge soufflé »). Le terme yòulǐhóng 釉里红 (« rouge dans la couverte ») est aussi très fréquent, mais utilisé principalement pour désigner les décors de rouge de cuivre sous couverte plutôt que les monochromes.
Fig. 9
Bol à couverte monochrome rouge de cuivre découverte sur le site des fours impériaux de Jingdezhen, dynastie Ming, règne de Xuande, conservée à l’Institut Archéologique de Jingdezhen
Photographie de l’auteur
Fig. 10
Plat à couverte monochrome rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Ming, règne de Xuande
National Palace Museum, Pékin
Fig. 11
Vase meiping à couverte monochrome rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi
National Palace Museum, Pékin
Fig. 12
Vase guanyin à couverte monochrome rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi
National Palace Museum, Pékin
Fig. 13
Bouteille à couverte « peau de pêche » de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi
National Palace Museum, Pékin
Fig. 14
Boîte à encre pour les sceaux à couverte « peau de pêche », dynastie Qing, règne de Kangxi, conservée au Capital Museum, Pékin
Photographie de l’auteur
- 32 Pour une terminologie complète des type de céramique chinoise ancienne, voir Féng Xiānmíng 冯先铭, op. (...)
- 33 Robert Tichane, op. cit., p. 66.
11 Concernant les monochromes rouges d’époque Kangxi, la classification traditionnelle indique trois catégories distinctes32 : les « peau de pêche », les « sang de bœuf » et les porcelaines à couverte « rouge sacrificiel », qui seraient une imitation des monochromes d’époque Xuande. En réalité, les frontières de chacune de ces catégories ne sont pas toujours très nettes, et une pièce appelée « sacrificielle » peut présenter des caractéristiques d’une pièce appelée « sang de boeuf » et vice versa. Les « peau de pêche » semblent constituer un ensemble défini, caractérisé par des objets de petite taille souvent associés à la table du lettré (pot à eau pour le pinceau, boîte à encre, bouteilles). L’élément esthétique principal de ces pièces est une couverte peu homogène, généralement de couleur rose mais parsemée de tâches plus foncées ou plus claires, ainsi que de petites traces vertes dues à des concentrations de cuivre oxydé (Fig. 15). Il est probable que la technique d’application de la couverte était différente de celle des autres monochromes rouges : pour ce type de pièces, cela se faisait par soufflage et non par immersion, comme semble l’indiquer l’expression « rouge soufflé », un des termes chinois cités plus haut pour designer ce type de couverte. La composition de la couverte variait probablement aussi des autres pièces monochromes rouges, avec un ajout d’alumine qui rendait la couverte plus pâle et rosâtre33.
Fig. 15
Pot à eau à couverte « peau de pêche », dynastie Qing, règne de Kangxi, conservée à la Fondation Percival David, Londres
Photographie de l’auteur
- 34 Antoine Gournay, Pierre Staudenmeyer, Francine Del Pierre, Fance Franck : Dialogue des céramistes, (...)
- 35 Fance Franck, « Study of Fresh Red Porcelain Glaze : A Potter’s View », Chinese Copper Red Wares, R (...)
- 36 « […], ⼀样抟烧百不同百不同。 » Gōng Shì 龚鉽, Jǐngdézhèn Táogē 景德镇陶歌 (Chanson de la céramique de Jingdezhen), 1 (...)
- 37 Propos recueillis lors de la visite aux fours d’époque Qing à Jingdezhen (octobre 2018).
12 Les deux autres catégories ne sont pas toujours distinguables, puisqu’un léger changement des paramètres de cuisson peut modifier considérablement l’aspect de la pièce. Généralement, les pièces à couverte rouge sacrificielle correspondent à des formes plus traditionnelles (des bols, des bouteilles, des plats), une surface plus homogène et un cercle blanc de la lèvre très fin. Les couvertes « sang de bœuf » (le terme apparaît pour la première fois en 1894 dans l’ouvrage d’Ernest Grandidier La céramique chinoise), sont en revanche souvent visibles sur des formes plus élaborées (vases meiping et guanyin), ce qui implique une variation d’épaisseur plus consistante et, par conséquent, un dégradé de la couleur plus important (Fig. 12). Toutefois, deux pièces de la même forme et avec la même composition de la couverte ne présenteront pas forcément, à la sortie du four, les mêmes caractéristiques. Ceci est dû à la position différente que les pièces avaient dans le four, et par conséquent aux différents niveaux de température et d’atmosphère auxquels chacune était exposée. Fance Franck (1931-2008), céramiste américaine qui se consacra à la reproduction de pièces à couverte rouge sacrificiel dans son atelier de la rue Bonaparte à Paris, était tout à fait consciente de cela : chacune des coupes d’une même série montre des effets complètement différents34 et on peut y retrouver les caractéristiques d’un sang de bœuf, d’un rouge sacrificiel et même d’une peau de pêche (Fig. 16). En effet, c’est par la combinaison d’éléments fortuits qu’elle parvint, en premier lieu, à produire des pièces extrêmement proches des célèbres « rouges sacrificiels ».35 Les expérimentations de Fance Franck sont donc une preuve contemporaine de ce que narrait la Chanson de la céramique de Jingdezhen : « d’une même formule naissent des centaines de pièces différentes36. » À l’époque Qing, dans les fours de Jingdezhen, les pièces monochromes en rouge de cuivre, mais aussi celles à décor rouge sous couverte, occupaient la partie centrale de la chambre de cuisson. Ceci était dû au fait que cette partie du four offrait une majeure prévisibilité des conditions de température et de composition de l’atmosphère nécessaires à l’obtention d’un rouge uniforme et bien contrôlé. Dans le même four, en effet, il était possible de cuire en même temps des porcelaines de différentes tailles, formes et couleurs. Les pièces plus difficiles à cuire étaient toujours placées au centre du four. Encore aujourd’hui, lors de l’utilisation ponctuelle des fours anciens à Jingdezhen, les cassettes contenant les monochromes rouges sont placées au milieu du four37.
Fig. 16
Bols réalisés par Fance Franck, conservés à l’Atelier Fance Franck - Francine Del Pierre, Paris
Photographie de l’auteur
- 38 Peter Lane, Contemporary Studio Porcelain, Londres, A&C Black, 2003, p. 236.
13 La cuisson constituait donc l’étape la plus délicate du processus de réalisation de ces porcelaines : la réussite des pièces reposait sur un équilibre parfait entre température, taux de réduction d’oxygène et durée de cuisson. Si cette étape se révélait importante pour tout type de porcelaine, elle l’était d’autant plus pour les porcelaines en rouge de cuivre. Ceci est valable encore de nos jours, comme le souligne le céramiste Christopher Hogg : « Le cycle de cuisson est beaucoup plus important que la composition de la couverte pour l’obtention d’une couleur rouge réussie. Il est inutile de placer une série de porcelaines en rouge de cuivre dans un four avec une atmosphère réductrice normale et d’attendre un bon résultat38. » Ceci impliquait un suivi constant des variations de température. À l’époque impériale, il s’agissait d’une tâche encore plus difficile qu’aujourd’hui, puisque les modalités de vérification des paramètres de cuisson ne revêtaient pas une précision scientifique : le contrôle de la température s’effectuait par l’observation des changements de couleur des flammes (plus la flamme était claire, plus haute était la température), et avec l’aide d’un témoin en porcelaine (zhàozi 照子) extrait du four à l’aide d’une tige métallique uncinée.
- 39 Liú Wěi 刘伟, Dìwáng yǔ gōngtíng cíqì 帝王与宮廷瓷器 (Les empereurs et les céramiques impériales), Pékin, Zi (...)
- 40 Alain Valtat, L’élément cuivre dans les glaçures 1280-1320°C, Paris, Jouve, 2004, p. 7.
14 Outre la position dans le four, l’application de la couverte sur l’objet constituait un point essentiel : aux endroits où l’épaisseur était plus consistante, la couleur prenait une tonalité foncée et profonde ; en revanche, à d’autres endroits, la couverte coulant rapidement, son épaisseur diminuait et la couleur pouvait être plus claire voire absente, laissant apparaître la blancheur de la pâte subjacente. La couverte avait tendance à laisser une partie blanche de largeur variable sur le col, et à s’accumuler sur le pied en créant un cercle de texture dense, qui, dans la plupart des cas, ne dépassait pas le pied et donnait une couleur rouge très foncée, virant au brun. Cet effet esthétique était résumé en une phrase, et il s’agissait d’un des aspects les plus appréciés par les empereurs : « [La couverte] quitte la lèvre, glisse jusqu’au pied mais ne le dépasse pas (脱口垂足郎不流39). » Le céramiste français contemporain Alain Valtat décrit aussi ces variations : « […] un dégradé de nuances partant à la lèvre d’un blanc pur, suivi au cours de la descente de la naissance puis de l’amplification de la couleur qui se poursuit jusqu’à la base dans la saturation40. » Il est intéressant de remarquer comment un aspect qui apparut initialement comme un défaut de cuisson ou d’une mauvaise distribution de la couverte, est ensuite devenu une caractéristique très appréciée, voire un élément essentiel et typique de ce genre d’objets (Fig. 3 et 12).
- 41 Nigel Wood, op. cit., p. 27.
- 42 Archibald Brankston, Early Ming Wares of Chingtechen, Pékin, Henri Vetch, 1938, p. 26-27.
- 43 Zhang Fukang, Zhang Pusheng, Fance Franck, « Scientific Study of Sacrificial Red Glazes », Chinese (...)
15 Certaines pièces produites sous le règne de Kangxi peuvent difficilement être distinguées de leurs prototypes originaux de l’époque Xuande, du moins à l’oeil nu, tandis que les différences de composition de la couverte sont visibles grâce aux analyses de laboratoire41. Jusqu’à l’apparition de ces dernières, et de façon macroscopique, la distinction entre une pièce Xuande et son imitation Qing était très difficile. Brankston, dans son ouvrage de 1938, donnait des indices pour la distinction des pièces, en mettant l’accent sur les traces du tournage sur la base ainsi que sur la calligraphie de la marque impériale42 ; mais ce ne sont pas des éléments qui prouvent avec certitude la datation de la pièce. À la fin des années 80, les analyses chimiques effectuées par Zhang Fukang, Zhang Pusheng et Fance Franck sur des échantillons de tessons d’époque Xuande, Kangxi, Yongzheng et Qianlong ont principalement révélé des différences microscopiques entre les pièces de la production Ming et celles de la dynastie suivante. Les éléments distinctifs propres à chaque pièce ne concernent pas uniquement la composition et l’épaisseur de la couverte, mais aussi la composition de la pâte à porcelaine sur laquelle la couverte est appliquée. En revanche, pour ce qui concerne les éléments extérieurs à la pièce, la différence principale porte sur le processus de cuisson, et notamment la forme et sur les dimensions des chambres à cuisson. Si, à l’époque des Qing, le four utilisé dit « de Jingdezhen » (zhènyáo 镇窑) et possédait une chambre de grandes dimensions permettant la cuisson d’un grand nombre d’objets en une seule fois, sous les Ming, le four utilisé était de plus petite taille pour permettre une meilleure homogénéité de l’atmosphère et un contrôle plus efficace.43
- 44 Nigel Wood, op. cit., p. 27.
- 45 Nancy Balard, op. cit., p. 164.
16 Quant à savoir si la renaissance des porcelaines monochromes rouges fut liée à un contexte culturel d’appréciation du passé ou à une volonté de contrefaçon, il est difficile d’en décider avec certitude. Quand on produisait des pièces avec des formes identiques aux formes Ming comme les bols ou les plats (Fig. 17), souvent en ajoutant la marque du règne de Xuande, il ne faut pas exclure une volonté de faire croire à l’observateur qu’il regardait une pièce Ming et non pas une pièce Qing. Ceci est confirmé par le fait que certaines pièces Kangxi portant une fausse marque Xuande ne sont pratiquement pas différentiables de leurs prototypes originaux sans des analyses de laboratoire44. En revanche, l’apparition de formes propres à la dynastie Qing qui n’existaient pas sous le règne de Xuande, comme certains types de bouteille ou les vases guanyin, nous témoignerait d’une volonté de rendre hommage à la gloire du passé et, probablement, de montrer une continuité entre les dynasties et l’assimilation de la culture chinoise de la part du souverain mandchou. Il faut peut être envisager que, dans une culture où l’association de la phonétique à la symbolique est très présente, la volonté de produire des vases de forme allongée (tǒngpíng 筒瓶) visait à véhiculer l’idée d’unité politique grâce à l’assonance avec le caractère tǒng 统 (« unifier »)45. Il est donc possible que ces deux aspects aient coexisté : la volonté de falsification d’un côté, avec des reproductions quasi-identiques des prototypes Ming, et, de l’autre, celle de l’imitation avec le développement d’une production nouvelle, « à la manière » des grands fours du début des Ming.
Fig. 17
Plat à couverte monochrome rouge de cuivre, dynastie Qing, règne de Kangxi, Musée de la Céramique de Jingdezhen
Photographie de l’auteur
17 Il demeure certain que les porcelaines rouges de cuivre, après deux cents ans d’absence des productions impériales, renaissent sous le règne de Kangxi avec une qualité égale aux rouges d’époque Xuande. Les nouvelles techniques des fours impériaux au début de la dynastie Qing ont permis de retrouver une technique très sophistiquée qui semblait perdue. Ce qui nous reste aujourd’hui de ces œuvres constitue un corpus de pièces exceptionnelles, d’une qualité extrêmement élevée, d’une ample variété de formes ainsi que de jeux infinis de textures et de nuances de la couleur, qui reflètent l’extraordinaire niveau technique des fours impériaux de Jingdezhen sous la dynastie des Qing.
Notes
1 « 晕如雨后霁霞红,出火还加微炙工。世上朱砂非所拟,西方宝石致难同。插花应使花羞色, 比尽翻嗤画是空。数典宣窑斯最古,谁知皇祜德尤崇。 » Le poème apparaît sur la base d’un vase bouteille du musée de Pékin : http://www.dpm.org.cn/collection/ceramic/227155.html.Trad. : Shi-Jia LIU.
2 Robert Tichane, Copper Red Glazes, Iola (Wisconsin), Krause Publications, 1998, p. 14.
3 Fan Jeremy Zhang, « Men of Culture : Scholar-Officials and Scholar-Emperors in Late Imperial China », China : Visions Through the Ages, Lisa C. Niziolek, Deborah A . Bekken and Gary M. Feinman (éds.), Chicago, University of Chicago Press, 2017, p. 187.
4 Les règnes de Yongle et Xuande ont été célébrés comme « âge d’or » artistique avec l’exposition Ming : 50 Years that Changed China tenue au British Museum en 2014. La porcelaine du règne de Chenghua a aussi été appréciée par les lettrés dès la fin des Ming, et encore aujourd’hui cette production est très prisée : un bol à décor de coq produit sous ce règne a été vendu chez Sotheby’s Hong Kong en 2014 pour 36 millions de dollars américains, en marquant un nouveau record mondial dans les ventes de porcelaine chinoise.
5 « 永乐、宣德年间内府烧造,迄今为贵。其时以棕眼、甜白为常,以苏麻离青为饰,以鲜红为宝。 » Liáng Shòuzǐ 梁寿子, « Míng chū qīng huā liào « sū má lí qīng » yǔ « sū bó ní qīng » jí xiāng guān chēng wèi de kǎo chá 明初青花料 “苏麻离青” 与“苏渤泥青” 及相关称谓的考察 (Étude sur le pigment bleu sumali et suboni d’époque Ming et les respectives denominations) », Nanfang wenwu, 2015, n° 2, p. 153.
6 « 宣成陶器夸前朝,收藏价比璆琳高。 » Nancy Balard, La destinée de Jingdezhen, capitale de la porcelaine, Thèse de doctorat, dir. Patrick Doan, Université Paul-Valéry Montpellier III, 1 vol. , 2012, p. 425. Trad. de Nancy Balard.
7 Les rouleaux du Gǔwántú sont conservés à la Percival David Foundation (inv. PDF,X.01) et au Victoria & Albert Museum (inv. E.59-1911) à Londres.
8 Regina Krahl, « The Yongzheng Emperor and the Qing Court Collection », Transactions of the Oriental Ceramic Society, 2015-6, vol. 80, p. 121-137.
9 Le mot shānzhí 埏埴 indique un objet réalisé avec l’argile.
10 Yu Pei-chin 余佩瑾, « ‘Shānzhí Liúguāng’ cè de huìzhì jí xiāngguān wèntí ‘埏埴流光’ 册的绘制及相关问题 (Les dessins de l’album ‘Shānzhí Liúguāng’ et questions relatives), Gùgōng wénwù yuèkān 故宫文物月刊, 2016, vol. 404, p. 47.
11 « 洪武 […] 二年定,祭器皆用瓷。 » Da Ming Hui Dian 大明会典 (Recueil des institutions des grands Ming), vol. 201. Source : https://ctext.org/wiki.pl ?if =gb&chapter =250755&remap =gb, ligne 310.
12 « 四郊各陵瓷器,圆丘青色,方丘黃色,日坛赤色,月坛白色 […]。 » Dà Míng Huì Diǎn 大明会典 (Recueil des institutions des grands Ming), vol. 201. Source : https://ctext.org/wiki.pl ?if =gb&chapter =250755&remap =gb, ligne 321-322. Trad. de l’auteur.
13 Christine Lau, « Ceremonial Monochromes Wares of the Ming Dynasty », The Porcelains of Jingdezhen, Colloquies on Art and Archaeology in Asia N° 16, Rosemary E. Scott (éd.), Londres, The School of Oriental and African Studies, 1993, p. 83.
14 L’œuvre ne fut publié qu’en 1666 après les revisions de son fils et de Jiē Xuān 揭暄.
15 Wáng Lìyīng 王莉英, « Hóngyòu cíqì kǎo 红釉瓷器考 (Étude sur les porcelaines à couverte rouge) », Gùgōng bówùyuàn yuànkān 故宫博物院院刊, 1980, n° 2, p. 69.
16 Zhòng Fèngwén 钟凤文, « Zhōngguó chuántǒng gāowēn tónghóngyòu de fāzhǎn yǔ fēnlèi 中国传统高温铜红釉的发展与分类(Typologie et développement des couvertes traditionnelles chinoises en rouge de cuivre à haute température) », Dōngfāng bówù 东方博物, 2008, n° 2, p. 115.
17 Zhòng Fèngwén 钟凤文, op.cit., p. 115.
18 Ernest Grandidier, La céramique chinoise, Paris, Firmin-Didot, 1894, p. 161.
19 « 官古窑成重霁红,最难全美费良工,霜天晴昼精心合 […]。 » Gōng Shì 龚鉽, Jǐngdézhèn Táogē 景德镇陶歌 (Chanson de la céramique de Jingdezhen), 1823. Nancy Balard, op. cit., p. 417.
20 Tichane, Robert, op. cit., p. 66.
21 Féng Xiānmíng 冯先铭, Zhōngguó gǔtáocí túdiǎn 中国古陶瓷图典 (Album illustré des porcelaines chinoises anciennes), Pékin, Wenwu chubanshe, 1998, p. 206-210.
22 Nigel Wood, Chinese Glazes. Their Origins, Chemistry and Recreation, Londres, A&C Black, 1999, p. 178.
23 Nigel Wood, « The Evolution of the Chinese Copper Red », Chinese Copper Red Wares, Rosemary Scott (éd.), Londres, School of Oriental and African Studies, 1992, p. 15-16.
24 Gāo Yǔ 高宇, Gāo Jìng 高静, Cílǐ kàn Zhōngguó 瓷里看中国 (Regarder la Chine à travers la porcelaine), Nankin, Jiangsu renmin chubanshe, 2018, p. 234.
25 Feng Xianming, « Red-glazed and Underglaze-red Porcelain of the Yuan Dynasty », Orientations, 1985, vol. 16, p. 117.
26 Nigel Wood, op. cit., 1992, p. 26.
27 Terme japonais pour indiquer un type de porcelaine chinoise à décor d’or sur fond rouge développée au cours du XVIe siècle.
28 Féng Xiānmíng 冯先铭, Zhōngguó gǔtáocí túdiǎn 中国古陶瓷图典 (Album illustré des porcelaines chinoises anciennes), Pékin, Wenwu chubanshe, 1998.
29 Zhōng Fèngwén 钟凤文, op. cit., p. 116.
30 Ibid., p. 116.
31 Féng Xiānmíng 冯先铭, op. cit.
32 Pour une terminologie complète des type de céramique chinoise ancienne, voir Féng Xiānmíng 冯先铭, op. cit.
33 Robert Tichane, op. cit., p. 66.
34 Antoine Gournay, Pierre Staudenmeyer, Francine Del Pierre, Fance Franck : Dialogue des céramistes, Paris, Norma éditions, 2004, p. 120.
35 Fance Franck, « Study of Fresh Red Porcelain Glaze : A Potter’s View », Chinese Copper Red Wares, Rosemary Scott (dir.), Londres, School of Oriental and African Studies, 1992, p. 76.
36 « […], ⼀样抟烧百不同百不同。 » Gōng Shì 龚鉽, Jǐngdézhèn Táogē 景德镇陶歌 (Chanson de la céramique de Jingdezhen), 1823. Nancy Balard, op. cit., p. 417.
37 Propos recueillis lors de la visite aux fours d’époque Qing à Jingdezhen (octobre 2018).
38 Peter Lane, Contemporary Studio Porcelain, Londres, A&C Black, 2003, p. 236.
39 Liú Wěi 刘伟, Dìwáng yǔ gōngtíng cíqì 帝王与宮廷瓷器 (Les empereurs et les céramiques impériales), Pékin, Zijincheng chubanshe, 2010, p. 153.
40 Alain Valtat, L’élément cuivre dans les glaçures 1280-1320°C, Paris, Jouve, 2004, p. 7.
41 Nigel Wood, op. cit., p. 27.
42 Archibald Brankston, Early Ming Wares of Chingtechen, Pékin, Henri Vetch, 1938, p. 26-27.
43 Zhang Fukang, Zhang Pusheng, Fance Franck, « Scientific Study of Sacrificial Red Glazes », Chinese Copper Red Wares, Rosemary E. Scott (dir.), Londres, Percival David Foundation of Chinese Art, 1992, p. 36.
44 Nigel Wood, op. cit., p. 27.
45 Nancy Balard, op. cit., p. 164.
Haut de pageTable des illustrations
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|---|---|
| Titre | Fig. 1 |
| Légende | Bouteille à couverte rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 32k |
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| Titre | Fig. 2 |
| Légende | Poème de l’empereur Qianlong sur la base de la bouteille de la fig. 1 |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 80k |
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| Titre | Fig. 3 |
| Légende | Vase pipa zun à couverte rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 36k |
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| Titre | Fig. 4 |
| Légende | Coupe et soucoupe à décor d’oxyde de fer sur couverte de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 44k |
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| Titre | Fig. 5 |
| Légende | Coupe des fours de Jun, dynastie Song |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 32k |
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| Titre | Fig. 6 |
| Légende | Bouteille à décor rouge de cuivre sous couverte de la collection impériale, dynastie Yuan |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 48k |
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| Titre | Fig. 7 |
| Légende | Aiguière à décor rouge de cuivre sous couverte de la collection impériale, dynastie Ming, règne de Hongwu |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 20k |
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| Titre | Fig. 8 |
| Légende | Aiguière monochrome à couverte rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Yuan |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 52k |
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| Titre | Fig. 9 |
| Légende | Bol à couverte monochrome rouge de cuivre découverte sur le site des fours impériaux de Jingdezhen, dynastie Ming, règne de Xuande, conservée à l’Institut Archéologique de Jingdezhen |
| Crédits | Photographie de l’auteur |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-9.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 152k |
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| Titre | Fig. 10 |
| Légende | Plat à couverte monochrome rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Ming, règne de Xuande |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-10.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 40k |
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| Titre | Fig. 11 |
| Légende | Vase meiping à couverte monochrome rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-11.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 64k |
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| Titre | Fig. 12 |
| Légende | Vase guanyin à couverte monochrome rouge de cuivre de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-12.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 44k |
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| Titre | Fig. 13 |
| Légende | Bouteille à couverte « peau de pêche » de la collection impériale, dynastie Qing, règne de Kangxi |
| Crédits | National Palace Museum, Pékin |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-13.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 32k |
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| Titre | Fig. 14 |
| Légende | Boîte à encre pour les sceaux à couverte « peau de pêche », dynastie Qing, règne de Kangxi, conservée au Capital Museum, Pékin |
| Crédits | Photographie de l’auteur |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-14.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 200k |
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| Titre | Fig. 15 |
| Légende | Pot à eau à couverte « peau de pêche », dynastie Qing, règne de Kangxi, conservée à la Fondation Percival David, Londres |
| Crédits | Photographie de l’auteur |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-15.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 216k |
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| Titre | Fig. 16 |
| Légende | Bols réalisés par Fance Franck, conservés à l’Atelier Fance Franck - Francine Del Pierre, Paris |
| Crédits | Photographie de l’auteur |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-16.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 120k |
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| Titre | Fig. 17 |
| Légende | Plat à couverte monochrome rouge de cuivre, dynastie Qing, règne de Kangxi, Musée de la Céramique de Jingdezhen |
| Crédits | Photographie de l’auteur |
| URL | http://journals.openedition.org/framespa/docannexe/image/6308/img-17.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 506k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Valentina Bruccoleri, « Copie ou éloge ? Les porcelaines monochromes en rouge de cuivre d’époque Kangxi (1661-1722) imitant les porcelaines du règne de Xuande (1425-1435) », Les Cahiers de Framespa [En ligne], 31 | 2019, mis en ligne le 01 juin 2019, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/framespa/6308 ; DOI : https://doi.org/10.4000/framespa.6308
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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