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Perméabilité identitaire, ouvertures multiples et influences

Figées dans la terre cuite

L’originalité des images dans la coroplathie préromaine de Pompéi
Cast in Terracotta. Originality in Pre-Roman Terracotta Figurines from Pompeii
Fissate nella terracotta. L’originalità delle immagini nella coroplastica preromana di Pompei
Tommasina Matrone

Résumés

L’étude des religions de l’Italie préromaine, malgré une documentation fragmentaire et inégalement conservée, s’affine grâce à l’analyse des images et des iconographies votives. Le contexte archéologique de Pompéi revêt une importance particulière pour reconstruire la dévotion italique, notamment à travers l’étude de la coroplathie votive datée entre le ive et le iie siècle av. n.è., sous l’influence samnite. Cette production, unique en son genre, n’exprime pas de caractéristiques ethniques clairement définies, mais reflète une culture ouverte et réceptive. Parmi les types attestés, certains se révèlent originaux, comme Athéna/Minerve coiffée d’un casque phrygien, principalement documentée dans le forum triangulaire, ainsi que les hermaphrodites et les Érotes dans le sanctuaire d’Apollon et dans les contextes extra-muros de Pompéi. Bien qu’appartenant à des périodes et à des lieux de culte différents, l’analyse critique de ces types iconographiques met en évidence leur importance pour la reconstruction de l’histoire religieuse italique, tout en soulignant l’émergence d’un langage iconographique hybride et local, marqué par des influences variées et pleinement intelligible uniquement dans son contexte d’origine.

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Texte intégral

  • 1 Les communautés samnites accèdent au pouvoir à la suite des bouleversements politiques survenus à p (...)

1L’étude des religions de l’Italie préromaine se présente encore comme celle d’un contexte multiforme et inégalement documenté, que l’analyse des images et des iconographies votives contribue à mieux définir. Le contexte archéologique de Pompéi, où la dévotion italique peut être reconstruite à partir de l’étude des traces matérielles datées entre le ive et le iie siècle av. n.è., notamment à travers les sujets adoptés par la céramique et la coroplathie votive, offre un cadre privilégié. Au cours de cette période, la typologie des offrandes constitue un unicum dans le panorama de l’ensemble de la région, à une époque où les Samnites occupaient le territoire et exerçaient leur domination sur la ville de Pompéi1. Par conséquent, dans le contexte vésuvien, la coroplathie votive ne présente pas de marqueurs ethniques ou identitaires fixes, mais se révèle ouverte et réceptive, à l’image de la culture dont elle fait partie et dont elle constitue l’expression. Malgré l’existence de parallèles dans des contextes locaux ou en Grande-Grèce, certains types se révèlent néanmoins originaux et sans véritables comparaisons. Cette analyse, qui se veut une étude préliminaire et une synthèse des données déjà connues, se concentre plus particulièrement sur certains types de figurines en terre cuite qui adoptent une iconographie particulière. Ces figurines ont été mises au jour dans le forum triangulaire – des Athéna/Minerve au casque phrygien –, dans la zone du sanctuaire d’Apollon – des Érotes et des hermaphrodites –, ainsi que dans au moins deux dépôts votifs, l’un périurbain (Porta Ercolano) et l’autre extra-muros (localité de Bottaro). Cette contribution n’a pas pour objectif d’offrir une étude exhaustive ni des contextes sacrés pompéiens, ni même de ceux examinés ici, mais plutôt de mettre en évidence l’existence d’une forme locale de langage iconographique, qui semble se définir progressivement à l’époque préromaine. La juxtaposition des exemples présentés ci‑après vise ainsi à souligner le développement et l’adoption d’iconographies religieuses qui se singularisent en Campanie, dans un arc chronologique compris entre le ive et le iie siècle av. n.è.

Athéna/Minerve au casque phrygien et l’émergence d’une forme locale de langage iconographique

  • 2 D’Alessio 2001, type B5I, pl. 16a‑b et 17, 2005, p. 136 et D’Alessio 2009, p. 33. Le type était déj (...)

2Le premier cas étudié porte sur une statuette provenant de la zone du temple dorique de Pompéi, représentant une figure féminine debout coiffée d’un casque de type phrygien, interprétée comme la déesse Athéna/Minerve. Dans cet exemplaire pompéien, la déesse présente les bras étendus le long des hanches : de la main droite, elle tient une phiale (ou patère) posée sur un petit pilier, et de la main gauche, un bouclier décoré en relief reposant au sol2 (fig.1).

Figure 1. Statuette d'Athéna/Minerve et reconstruction graphique de la variante Russo no 2

Figure 1. Statuette d'Athéna/Minerve et reconstruction graphique de la variante Russo no 2

Provenance : Pompéi, forum triangulaire
Lieu de conservation : Pompéi, Antiquarium

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

  • 3 Cerchiai 2002.
  • 4 Voir note 2.
  • 5 Russo 1990, nos 347‑349, p. 235‑236, fig. 15, pl. 36‑39 et 1998, p. 61, fig. 32.
  • 6 Miniero et al. 1997, p. 24, fig. 15.

La particularité de la représentation pompéienne est évidente en comparaison avec le même type attesté dans d’autres lieux du sud de la Campanie. Ce type est répandu dans le contexte de la Grande-Grèce3, mais il est surtout attesté dans le contexte italique et au niveau régional, où l’on suppose une création mixte avec une forte composante italique. Au niveau régional, au moins deux types iconographiques peuvent être distingués : d’une part, celui attesté dans le forum triangulaire de Pompéi4 et près du soi-disant Athénaion de Punta della Campanella, près de Sorrente5 (fig. 1) ; d’autre part, celui attesté dans le sanctuaire de Privati près de Castellammare di Stabia6 (fig. 2), où la déesse est représentée avec la main droite posée sur sa hanche sans patère.

Figure 2. Statuette d'Athéna/Minerve avec casque phrygien

Figure 2. Statuette d'Athéna/Minerve avec casque phrygien

Provenance : Privati (Castellammare di Stabia)
Lieu de conservation :Castellammare di Stabia, Museo Archeologico di Stabia Libero D’orsi, no inv. 5665

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

  • 7 Statuette provenant de Pompéi, depuis la collection Campana (Mollard Besques 1986, p. 23, type E 31 (...)
  • 8 Voir note 6.
  • 9 Mollard Besques 1986, p. 23, type D/E3440, pl. 19b.
  • 10 Laumonier 1956, p. 114, no 282, pl. 29. Ce type trouve des comparaisons avec d’autres exemplaires p (...)
  • 11 Mollard Besques 1986, p. 84, type Myr 197, pl. 103a et p. 84, type S2599, pl. 103e.

Pour ces exemplaires, la chronologie généralement admise se situe entre le milieu et la fin du ive siècle av. n.è. et la première moitié du iie siècle av. n.è., avec la possibilité de leur attribuer une typologie chronologique interne. Le type muni de patère se révèle être le plus attesté. On trouve des parallèles à Pompéi même7, dans sa région, notamment à Punta della Campanella8 et à Capoue9, ainsi qu’en Grèce, notamment à Délos, avec un exemplaire provenant du grand monument situé à l’ouest de l’agora des Italiens10 et à Myrina11.

  • 12 D’Alessio 2001, B5II, p. 84 sq., pl. 18.

À l’issue d’un examen plus attentif, le cas de Punta Campanella se révèle particulièrement surprenant. Le type de statuette attesté sur ce site présente un corps qui semble avoir été tiré du même moule que celui du forum triangulaire (avec patère), mais qui diffère par le modelage de la tête (fig. 1). Ce qui est encore plus surprenant, c’est que la tête attestée à Punta della Campanella se retrouve plutôt à Pompéi sur le corps d’une figurine tanagréenne, vêtue d’un long chiton, avec le bras droit plié au niveau de la hanche, mais sans bouclier12 (fig. 3).

Figure 3. Figurine tanagréenne avec un casque phrygien

Figure 3. Figurine tanagréenne avec un casque phrygien

Provenance : Pompéi
Lieu de conservation : Pompéi, Antiquarium

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

  • 13 D’Alessio 2009, p. 34 ; Parisi 2016, p. 194.
  • 14 Il s’agit de deux types, l’un avec égide et/ou gorgonéion (Tocco Sciarelli 1996, fig. 167‑169 ; Cip (...)
  • 15 Notamment le no C CLVI a1 dans Baroni et Casolo 1990, p. 536, pl. 81.6.
  • 16 Mollard Besques 1986, p. 39, D 3497, pl. 29b.
  • 17 Le débat autour de l’iconographie d’une figure divine féminine coiffée d’un casque phrygien en Camp (...)
  • 18 Cerchiai 2002.

Sur un total de 358 fragments de figurines, au moins 128 peuvent être rattachés à ce type, qui se révèle ainsi le plus courant parmi les terres cuites provenant de la zone du temple dorique. L’emploi d’une tête bien connue, identifiable comme celle de la déesse Athéna/Minerve, sur le corps d’une figure féminine générique, et non plus d’une divinité avec ses attributs – patère et bouclier – ne connaît pas de parallèle, suggérant ainsi une création originale conçue ex‑novo pour la déesse de Pompéi13. On peut néanmoins comparer la position du corps de ce type de figurine avec d’autres exemplaires connus : celui de Privati (fig. 2), un type provenant de Paestum14, des exemplaires de Capoue15, ainsi qu’un exemplaire provenant d’Apulie conservé au Musée du Louvre16. Le caractère régional de cette figure est également confirmé par l’interprétation générale proposée pour le culte de la déesse dans cette région17. L’ensemble des données et des hypothèses relatives à cette iconographie divine et à sa diffusion spatiale a été rassemblé dans l’ouvrage L’iconografia di Atena con elmo frigio in Italia meridionale, édité par Luca Cerchiai en 200218.

  • 19 De Caro 1992, p. 175‑176 ; Greco 1992, p. 161‑170 ; Breglia Pulci Doria 1998, p. 97‑108 et 2002, p. (...)
  • 20 Pugliese Carratelli 1990, p. 275 sq. ; Zancani Montuoro 1990, p. 257‑259 ; Maddoli 1991, p. 247 sq.
  • 21 Cerchiai 2002, p. 29‑26 et p. 33‑35.
  • 22 Russo 1990, p. 207 et 1992, p. 201‑219 ; Greco 1992, p. 161‑170.
  • 23 De Caro 1992, p. 173‑178.

3L’adoption du casque phrygien par la figure divine généralement identifiée à Athéna/Minerve a fait l’objet de nombreuses interprétations. Elle a été tour à tour expliquée comme : le reflet d’un horizon grec ou gréco-troyen, parfois associé au mythe du Palladium et aux traditions liées à Ulysse19 ; le résultat d’initiatives spécifiques, attribuées soit à des médiations rhodiennes ou syracusaines20 ; l’expression d’une relecture politique et religieuse en contexte romain, destinée à légitimer l’expansion de Rome et à souligner la syngeneia entre Romains et communautés campaniennes21 ; l’héritage d’un milieu étrusco-campanien22 ; ou encore une élaboration idéologique des groupes samnites, visant à affirmer une généalogie prestigieuse face aux autres traditions culturelles de la région23. Dans cette perspective, l’iconographie d’Athéna/Minerve au casque phrygien apparaît moins comme le simple reflet d’un modèle unique que comme le produit d’un processus complexe de réinterprétations locales, dans lequel traditions mythiques, dynamiques politiques et interactions culturelles ont contribué à façonner une iconographie propre au contexte campanien et pompéien.

Les types coroplastiques du sanctuaire d’Apollon à Pompéi : production locale et fonctions rituelles

  • 24 Rescigno 2016a, notamment p. 61 sq. Une partie des matériaux a été publiée dans Cottica et Curti 20 (...)
  • 25 Parmi lesquels un citharède (no inv. 52853) et une tête de satyre (no inv. 59997) : voir Osanna et  (...)
  • 26 Osanna et al. 2023, p. 146‑147, fig. 11‑13.

4Un second cas permettant de poursuivre cette analyse est représenté par certains types de figurines provenant de la zone du sanctuaire d’Apollon, et dont les caractéristiques iconographiques semblent indiquer une fonction rituelle strictement locale. L’ensemble de la coroplathie votive attribuable à ce site provient des fouilles de Paul Arthur et appartient aux niveaux de comblement de certaines tabernae qui occupaient l’espace entre le forum et le sanctuaire entre le milieu du iiie siècle et le troisième quart du iie siècle av. n.è.24 Ce contexte se révèle très intéressant, car, en plus des figurines, il a également fourni quelques exemples de moules25, d’outils de travail et même six bols contenant des pigments probablement utilisés pour la finition chromatique des objets produits par les ateliers26. Ces matériaux constituent en effet des témoins indirects de la production de matériel votif, qui ne devait pas se limiter à la coroplathie, et suggèrent la présence d’une manufacture dans la zone adjacente au sanctuaire.

  • 27 Dont on distingue au moins trois types. Une première étude, encore préliminaire, par Samantha Frese (...)
  • 28 Rescigno 2016b, p. 54‑56, nos 20‑22.
  • 29 Rescigno 2016b, p. 56, no 23.
  • 30 Rescigno 2016a, p. 63 et 2016b, p. 56, no 24.
  • 31 Rescigno 2016a, p. 63, fig. 32 et 2016b, p. 57, nos 25‑26. Le type est bien connu à Pompéi et trouv (...)
  • 32 D’Ambrosio et Borriello 1990, p. 35‑38 ; Osanna 2015, p. 77 ; Parisi 2016, p. 194, no 36 ; Rescigno (...)

5En ce qui concerne les sujets représentés, on observe la présence d’au moins trois types d’Érotes aux attributs excentriques27, qui se distinguent par leurs coiffures ou couvre-chefs richement ornés28 (fig. 4), des représentations d’hermaphrodites, parmi lesquelles un Érote hermaphrodite29 (fig. 5) et deux exemplaires en position d’anasyrma (le dévoilement des organes génitaux)30 (fig. 6), ainsi que des figures féminines drapées, dont une avec un cercle à nimbe semblable à celui adopté par les Érotes31 (fig. 7). Parmi les exemplaires provenant de ce contexte, les Érotes, y compris les hermaphrodites, constituent numériquement le type le plus fréquent32. Le prototype général représente une figure debout, nue, avec des ailes tombantes, partiellement couverte d’un manteau, l’organe masculin étant bien visible. La particularité de ce type réside dans son couvre-chef ou coiffure à nimbe, décoré soit d’une bande en relief, soit de feuilles de lierre, soit de pommes, laissant penser à une fonction rituelle.

Figure 4. Érotes aux attributs excentriques

Figure 4. Érotes aux attributs excentriques

Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’Apollon
Lieu de conservation : Pompéi, Antiquarium

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

Figure 5. Érote hermaphrodite

Figure 5. Érote hermaphrodite

Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’Apollon
Lieu de conservation : Pompéi, Antiquarium

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

Figure 6. Hermaphrodite en position d’anasyrma

Figure 6. Hermaphrodite en position d’anasyrma

Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’Apollon
Lieu de conservation : Pompéi, Antiquarium

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

Figure 7. Figure féminine drapée

Figure 7. Figure féminine drapée

Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’Apollon
Lieu de conservation : Pompéi, Antiquarium

T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi

  • 33 Greco 1990, p. 120 ; Morel 1998, p. 160, pl. 45.1 ; Sampaolo-Poccetti 2014, p. 151.
  • 34 Principalement de jeunes garçons et d’enfants : Parisi 2016, p. 194.
  • 35 Cela semblerait valider la présence d’un hermaphrodite vêtu comme un Éros, attesté par une unique s (...)
  • 36 Parisi 2016, p. 194‑195.

6La typologie des Érotes est, de manière générale, très répandue dans la coroplathie de l’époque hellénistique33, tant en Grande-Grèce qu’en Italie, et elle est attestée à la fois dans des contextes votifs et funéraires34. Aussi bien pour les Érotes que pour les hermaphrodites, il a été proposé de souligner une volonté précise de masquer les différences de genre, encore présentes dans le premier cas et effacées dans le second35. Bien qu’Éros puisse être considéré comme une figure divine autonome, il semble qu’il soit, dans la coroplathie hellénistique dédiée aux sanctuaires, adopté comme un sujet de genre lié à une dédicace précise et associé à la sphère de l’amour, du mariage, de la fécondité, mais aussi à la transition de l’adolescence à l’âge adulte36. De même, la figure de l’hermaphrodite, en tant qu’hybride entre le monde féminin et masculin, représente une sorte d’échange momentané de rôles, avec une possible valeur performative.

  • 37 Rescigno 2016a, p. 62 sq.
  • 38 Vénus près de la deuxième colonne à l’ouest et l’hermaphrodite près de la troisième colonne à l’est (...)
  • 39 C. Rescigno (2016a, p. 64) a émis l’hypothèse de l’existence d’une double procession, avec un cortè (...)
  • 40 Rescigno 2016a, p. 63.

7L’association de différents indices a conduit à penser que les rituels menés dans le sanctuaire d’Apollon à Pompéi impliquaient des cérémonies ou des processions d’intégration et/ou de transition de statut, avec pour conséquence l’intégration de jeunes garçons et de jeunes filles dans la communauté civique37. Bien qu’ils aient été mis au jour dans les niveaux de comblement des tabernae et non à l’intérieur même du sanctuaire, plusieurs éléments conduisent néanmoins à considérer que ces sujets en terre cuite furent très probablement produits pour l’usage des visiteurs du sanctuaire. Un indice en ce sens résiderait dans la typologie qui semble révéler une opposition entre masculin et féminin. Une opposition comparable a également été proposée pour l’organisation de l’espace de la cour du temple, où l’on observe une répartition précise du mobilier sculptural en deux groupes distincts, masculin et féminin. La présence d’une statue d’hermaphrodite s’inscrit dans cette même perspective. Celle‑ci trouve non seulement un écho dans les types coroplastiques analysés et semble justifier leur consécration massive, mais elle a également été mise en relation avec une statue de Vénus. Les études les plus récentes ont en effet proposé de localiser ces deux statues aux deux extrémités des portiques38. Leur positionnement créerait ainsi une division de l’espace de part et d’autre de l’entrée, auquel Carlo Rescigno attribue une fonction de séparation de l’accès des hommes et des femmes lors de certains rites ou cérémonies39. Cette binarité semble également se refléter dans le positionnement de l’autel de la dernière phase chronologique du sanctuaire qui, avec sa disposition particulière – perpendiculaire au temple – et la présence d’une inscription répétée sur les deux côtés, pourrait faire allusion à la disposition finale adoptée par les deux colonnes de la procession à l’intérieur de l’espace sacré40.

  • 41 Rescigno 2016b, p. 46‑65.
  • 42 Une épitaphe découverte avant le début des fouilles officielles près de la tombe d’Aulus Clodius et (...)
  • 43 Tite-Live évoque à plusieurs reprises les ludi, institués à Rome à l’occasion des guerres puniques, (...)
  • 44 D’Alessio 2009 ; Rescigno 2014 et 2016a, p.62 ; Osanna et Rescigno 2021, p. 13.

8Au‑delà de l’attestation des Érotes et des hermaphrodites, le corpus coroplastique provenant de l’aire du sanctuaire d’Apollon se révèle particulièrement hétérogène. Il comprend divers types de figures féminines drapées, des kourotrophoi, des masques théâtraux, des nains grotesques, des acteurs, des poupées ainsi que des animaux41. Cet ensemble paraît renvoyer au même univers symbolique que celui évoqué par la célèbre inscription d’Aulus Clodius42, qui mentionne la célébration à Pompéi à l’époque augustéenne, des ludi Apollinares, comprenant des représentations théâtrales et des combats organisés sur le forum43. Toutefois, étant donné que les fosses contenant ces objets ont été comblées au iie siècle av. n.è., on peut déduire que les ateliers ainsi que les terres cuites votives appartiennent à une phase antérieure à l’époque augustéenne et témoignent d’une activité de production au service du sanctuaire. Si l’inscription d’Aulus Clodius reflète la réalité rituelle du ier siècle av. n.è., il n’est pas exclu que les ludi aient été introduits à Pompéi dès l’époque hellénistique, à l’instar de ce qui est attesté à Rome, voire à Cumes, en Campanie44. Une telle hypothèse impliquerait une introduction précoce de ces jeux. Celle‑ci peut être envisagée à la lumière de deux éléments convergents. D’une part, l’installation dès le iiie siècle av. n.è. d’ateliers de production auraient répondu aux besoins d’une organisation rituelle complexe, telle que celle des ludi, comme le suggère l’abondance des statuettes votives. D’autre part, il n’est pas possible d’identifier un quartier spécifiquement destiné aux spectacles – tel que celui des théâtres ou de l’amphithéâtre – pour la célébration de ces festivités, ce qui pourrait indiquer que leur établissement est antérieure à la construction de ces édifices. Dès lors, si les ateliers sont comblés à la fin du iie siècle av. n.è. lors de la réfection de la structure du temple, les statuettes votives retrouvées en relation avec ceux‑ci doivent également être rattachées à cette phase ce qui témoignerait de cérémonies antérieures aux jeux organisés par Aulus Clodius. Dans cette perspective, les ludi Apollinares de l’époque augustéenne apparaîtraient moins comme une fondation nouvelle que comme la formalisation et la continuation d’une tradition cultuelle locale déjà bien établie. Par conséquent, bien que la plupart des exemplaires puissent, du point de vue stylistique et chronologique, être rapprochés de modèles hellénistiques largement diffusés dans l’ensemble du bassin méditerranéen et en Campanie, leur configuration spécifique dans ce contexte paraît témoigner d’une signification et d’un usage rituel proprement pompéiens, dès l’époque préromaine. En effet, il demeure particulièrement difficile d’identifier des parallèles précis pour ces types au sein des dépôts contemporains du territoire vésuvien. À cet égard, certains de ces exemplaires ont par le passé été comparés avec les objets provenant du dépôt votif extra-muros de Porta Ercolano, ainsi qu’aux éléments votifs issus de la banlieue de Pompéi, dans la localité de Bottaro.

Dépôts votifs et points d’accès urbains à Pompéi

  • 45 Maiuri 1929, cité ensuite dans Sogliano 1937, p. 164 et Iorio 1992, p. 21 ; repris par D’Alessio 20 (...)
  • 46 Maiuri 1929, p. 234.
  • 47 Dans lequel Amedeo Maiuri reconnaît Aphrodite/Vénus (Maiuri 1929, p. 241‑242, nos 21‑24, fig. 39).
  • 48 Maiuri 1929, p. 239‑246, nos 25‑34, fig. 40‑41.

9Le dépôt votif de Porta Ercolano a été mis au jour par Amedeo Maiuri entre 1926 et 1927 à l’extérieur des fortifications urbaines de Pompéi. Il se compose d’un petit ensemble de céramiques et de fragments de terre cuite, potentiellement issus d’un dépôt d’un petit sanctuaire non loin ou d’un lieu de culte associé à la divinité protectrice de la porte urbaine45. Les figurines en terre cuite découvertes appartiennent à différents types de figures féminines. Parmi elles on compte une tête d’Athéna/Minerve46 et quatre autres têtes, dont deux sont dotées d’un nimbe et d’un haut nimbe surmonté de boutons à disque47. S’ajoutent à cela au moins six exemplaires d’Érotes ailés reposant sur un support, de deux typologies différentes48.

  • 49 La présence d’un lieu de culte dans la localité de Bottaro, à Pompéi, demeure entourée de nombreuse (...)

10En revanche, le dépôt votif découvert en plusieurs fois dans le secteur portuaire de Pompéi, à Bottaro, contient un grand nombre de figurines49. Il s’agit d’environ 158 exemplaires de coroplathie issus de deux dépôts votifs, presque tous fragmentaires, répartis en 101 prototypes, auxquels s’ajoute un grand nombre d’exemplaires non classifiables en raison du degré élevé de fragmentation.

  • 50 D’Alessio 2009, p. 98‑102.
  • 51 Certains exemplaires sont mentionnés comme provenant de la localité Bottaro dans la documentation d (...)
  • 52 Il s’agit de deux Érotes en vol (D’Ambrosio 1984, p. 182‑183, nos 436‑437, pl. 49‑50), auquels s’aj (...)

11Bien que des figures et des têtes féminines voilées prédominent, il a été précédemment supposé que le matériel de Bottaro présentait de nombreuses similitudes avec les types attestés à Porta Ercolano50. En réalité, les têtes féminines avec nimbe et haut nimbe trouvées à Porta Ercolano trouvent plutôt des parallèles dans les productions du forum de Pompéi, près du sanctuaire d’Apollon51, dont les premières semblent être une version plus ancienne (fig. 7). De plus, les deux exemplaires d’Érotes attestés à Bottaro se révèlent totalement différents des types de Porta Ercolano52. Toutefois, la comparaison de ces deux contextes suscite une réflexion bien plus intéressante à propos de l’utilisation rituelle de ces types à l’intérieur des dépôts votifs locaux entre le ive et le iie siècle av. n.è. Ils présentent en effet des similitudes dans le mode et le type de dépôt. Puisque dans le cas de Porta Ercolano, la connexion entre le contexte votif et l’une des entrées de la ville est claire (fig. 8), il serait vraisemblable de supposer, dans le cas de Bottaro, qu’il s’agit également d’un dépôt lié à une porte, un point de passage ou un accès à la zone portuaire de la ville (fig. 9).

Figure 8. Localisation du dépôt votif de Porta Ercolano

Figure 8. Localisation du dépôt votif de Porta Ercolano

Google Earth, Airbus 2026

Figure 9. Localisation du dépôt votif de Bottaro

Figure 9. Localisation du dépôt votif de Bottaro

Google Earth, Airbus 2026

  • 53 Voir Maiuri 1929. Les portes urbaines et les dépôts votifs ou installations cultuelles qui leur son (...)
  • 54 Van der Graaff 2019, p. 209‑211.
  • 55 Van der Graaff 2019, p. 207, fig. 8.2 et p. 316 sq.
  • 56 Van der Graaff 2019, p. 206‑207.
  • 57 Van der Graaff 2019, p. 211.

12Le seul élément qui semble effectivement réunir les deux dépôts, en dehors de leur position par rapport aux limites urbaines, est la présence d’exemplaires manifestement beaucoup plus anciens, ce qui pourrait suggérer qu’ils étaient liés à l’abandon de cultes bien antérieurs ou à l’utilisation continue d’objets anciens auxquels on apportait une importance sacrée. Ces dépôts pourraient donc correspondre à des décharges de mobilier sacré ou liturgique provenant de plusieurs lieux de culte de la région de Pompéi, transporté et déposé dans un lieu significatif, tel qu’un point d’accès, à la fois limite urbaine et sacrée. À cet égard, il convient de rappeler que toutes les autres portes de Pompéi ont également livré des témoignages de la sacralisation de ces espaces53. À Porta Marina, un fragment d’une statue de Minerve provient de la niche à côté de l’entrée54 ; à Porta Stabia, la présence de deux petites niches et d’un autel comblé durant l’Antiquité dans le mur oriental de la porte est signalée55 ; à Porta di Nola, la tête de Minerve est intégrée comme clé d’arc dans le renfoncement intérieur56 ; à Porta Vesuvio, deux autels sont adossés au mur occidental de l’atrium de la porte57. Ces témoignages permettent, sinon d’avancer une hypothèse définitive, du moins de souligner la nécessité d’approfondir la recherche sur les dépôts votifs à proximité des portes d’accès de la ville. Il s’agit de savoir s’ils étaient, à l’époque préromaine, systématiquement composés de mobilier en dépôt secondaire et s’ils comprenaient des éléments représentatifs de différents lieux de culte – tant urbains que non urbains – caractérisés par des iconographies particulières, susceptibles de fonctionner comme de véritables marqueurs stylistiques d’appartenance. À cet égard, la présence récurrente de types féminins, mais surtout de figures d’Athéna/Minerve et d’Érotes, apparaît particulièrement significative.

*

13Malheureusement, peu d’informations sont disponibles sur les ateliers de coroplathie de Pompéi. Il est cependant raisonnable de supposer que, tout comme pour le sanctuaire d’Apollon, les autres zones de culte étaient également concernées par la présence d’ateliers de production destinés à un usage local – bien qu’ils ne soient pas exclusivement mobilisés pour des productions à destination des cultes individuels. La présence de ces exemplaires dans plusieurs dépôts votifs contemporains laisse ainsi penser que les statuettes produites par les ateliers de la fin de l’époque hellénistique, situés près du forum et plus généralement à proximité des zones sacrées, étaient destinées à plusieurs lieux de culte de la ville, justifiant ainsi une grande variété de types. L’analyse des dépôts votifs découverts près des portes et des accès de la ville, comme ceux de Porta Ercolano et de Bottaro, pourrait fournir un indice décisif. Nous espérons pouvoir mener prochainement une analyse approfondie de leur contenu et de leur provenance afin de préciser si ces dépôts étaient, par exemple, consacrés à l’ensemble des divinités présentes sur le territoire et, à ce titre, caractérisés par la présence de types représentatifs des différents sanctuaires de la ville. Cependant, ces types coroplastiques semblent avoir été élaborés dans le contexte italique local dès le début du ive siècle av. n.è., au moment où cette catégorie de matériel connaît sa plus large diffusion dans la région. Dans cette perspective, le présent article s’est attaché à montrer que, entre le ive et le iie siècle av. n.è., la production iconographique pompéienne se caractérise par des traits spécifiques, profondément enracinés dans le contexte local. Elle doit donc être interprétée à la lumière des dynamiques historiques et culturelles propres aux communautés qui contrôlaient et habitaient la ville durant cette période. La persistance de certains types jusqu’à l’époque romaine – notamment ceux liés à l’univers des ludi Apollinares – montre en outre comment ces traditions religieuses et culturelles ont été progressivement assimilées et perpétuées, au point de devenir de véritables marqueurs stylistiques proprement pompéiens. Ce phénomène témoigne, une fois encore, de la capacité des communautés locales à maintenir une autonomie culturelle durable, bien au‑delà de la perte de leur autonomie politique. L’analyse de l’élaboration de ces types et leur signification contribuent à compléter le puzzle de l’histoire religieuse italique et des différents acteurs susceptibles de l’avoir influencée, donnant ainsi naissance à un langage iconographique mixte et composite, compréhensible uniquement in loco.

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Notes

1 Les communautés samnites accèdent au pouvoir à la suite des bouleversements politiques survenus à partir de la bataille de Cumes (474 av. n.è.). Cerchiai 1995 ; Tagliamonte 1996 ; Rescigno 2016a, p. 64.

2 D’Alessio 2001, type B5I, pl. 16a‑b et 17, 2005, p. 136 et D’Alessio 2009, p. 33. Le type était déjà connu à Pompéi à travers deux exemplaires acéphales (dont l’un provenant de la zone du forum triangulaire) qui avaient été datés entre le ier siècle av. n.è. et le ier siècle n.è. : voir D’Ambrosio et Borriello 1990, n. 35‑36, p. 32, pl. 9.

3 Cerchiai 2002.

4 Voir note 2.

5 Russo 1990, nos 347‑349, p. 235‑236, fig. 15, pl. 36‑39 et 1998, p. 61, fig. 32.

6 Miniero et al. 1997, p. 24, fig. 15.

7 Statuette provenant de Pompéi, depuis la collection Campana (Mollard Besques 1986, p. 23, type E 311, pl. 18e).

8 Voir note 6.

9 Mollard Besques 1986, p. 23, type D/E3440, pl. 19b.

10 Laumonier 1956, p. 114, no 282, pl. 29. Ce type trouve des comparaisons avec d’autres exemplaires provenant de Délos : Laumonier 1956, p. 114‑116, nos 283‑290, pl. 29 et 95.

11 Mollard Besques 1986, p. 84, type Myr 197, pl. 103a et p. 84, type S2599, pl. 103e.

12 D’Alessio 2001, B5II, p. 84 sq., pl. 18.

13 D’Alessio 2009, p. 34 ; Parisi 2016, p. 194.

14 Il s’agit de deux types, l’un avec égide et/ou gorgonéion (Tocco Sciarelli 1996, fig. 167‑169 ; Cipriani 2002, p. 44, no 9, p. 45, fig. 10 et p. 46, fig. 11 et 2008, p. 129, fig. 34 ; Parisi 2016, p. 192‑193) et l’autre sans (Cipriani 2002, p. 43, no 7 et 2008, p. 128, fig. 33).

15 Notamment le no C CLVI a1 dans Baroni et Casolo 1990, p. 536, pl. 81.6.

16 Mollard Besques 1986, p. 39, D 3497, pl. 29b.

17 Le débat autour de l’iconographie d’une figure divine féminine coiffée d’un casque phrygien en Campanie antique, rapidement identifiée à Athéna/Minerve, s’est ouvert dans les années 1980. Comme l’a montré la comparaison des témoignages connus, la diffusion de ce type concerne, au‑delà de Capoue, l’ensemble du secteur côtier : l’« Agro picentino » plinien (Fratte et Pontecagnano), Pithecusae, Stabies (localité de Privati), Pompéi (le temple dorique et l’aire sacrée de la localité de Bottaro), le soi-disant Athénaion de Punta della Campanella (près de Sorrente), ainsi que les aires sacrées de Poséidonia/Paestum.

18 Cerchiai 2002.

19 De Caro 1992, p. 175‑176 ; Greco 1992, p. 161‑170 ; Breglia Pulci Doria 1998, p. 97‑108 et 2002, p. 103‑136 ; Guzzo 2000, p. 107‑117 ; Oricchio 2002, p. 81‑102.

20 Pugliese Carratelli 1990, p. 275 sq. ; Zancani Montuoro 1990, p. 257‑259 ; Maddoli 1991, p. 247 sq.

21 Cerchiai 2002, p. 29‑26 et p. 33‑35.

22 Russo 1990, p. 207 et 1992, p. 201‑219 ; Greco 1992, p. 161‑170.

23 De Caro 1992, p. 173‑178.

24 Rescigno 2016a, notamment p. 61 sq. Une partie des matériaux a été publiée dans Cottica et Curti 2008, Osanna 2015, et plus récemment dans Rescigno 2016b, p. 47 sq. et Osanna et al. 2023, étudiée par Samantha Frese.

25 Parmi lesquels un citharède (no inv. 52853) et une tête de satyre (no inv. 59997) : voir Osanna et al. 2023.

26 Osanna et al. 2023, p. 146‑147, fig. 11‑13.

27 Dont on distingue au moins trois types. Une première étude, encore préliminaire, par Samantha Frese, est incluse dans Rescigno 2016a, p. 62 sq. et 2016b, p. 54 sq.

28 Rescigno 2016b, p. 54‑56, nos 20‑22.

29 Rescigno 2016b, p. 56, no 23.

30 Rescigno 2016a, p. 63 et 2016b, p. 56, no 24.

31 Rescigno 2016a, p. 63, fig. 32 et 2016b, p. 57, nos 25‑26. Le type est bien connu à Pompéi et trouve des comparaisons également dans les contextes de la localité de Bottaro et de Porta Ercolano, avec de légères différences dans la représentation du couvre-chef (D’Ambrosio et Borriello 1990, p. 66, nos 155‑157, pl. 25). Ces types trouvent à leur tour des comparaisons avec des figures féminines provenant de Capoue (Della Torre et Ciaghi 1980, p. 36, pl. 13.4 ; Baroni et Casolo 1990, p. 414, pl. 65.3).

32 D’Ambrosio et Borriello 1990, p. 35‑38 ; Osanna 2015, p. 77 ; Parisi 2016, p. 194, no 36 ; Rescigno 2016a, p. 54‑57, étudié par Samantha Frese. Quant à la représentation du sujet à Pompéi, on rappelle que deux antéfixes représentant un Éros nu, portant une armille et un collier croisé sur la poitrine, proviennent du sanctuaire de Vénus : Lepone 2016, p. 97‑98.

33 Greco 1990, p. 120 ; Morel 1998, p. 160, pl. 45.1 ; Sampaolo-Poccetti 2014, p. 151.

34 Principalement de jeunes garçons et d’enfants : Parisi 2016, p. 194.

35 Cela semblerait valider la présence d’un hermaphrodite vêtu comme un Éros, attesté par une unique statuette sporadique qui fait partie des matériaux d’origine incertaine de Pompéi : Osanna 2016, p. 184 ; Osanna et Rescigno 2016, p. 36).

36 Parisi 2016, p. 194‑195.

37 Rescigno 2016a, p. 62 sq.

38 Vénus près de la deuxième colonne à l’ouest et l’hermaphrodite près de la troisième colonne à l’est : Rescigno 2016a, p. 55.

39 C. Rescigno (2016a, p. 64) a émis l’hypothèse de l’existence d’une double procession, avec un cortège qui, une fois entré par le sud, se divisait à droite et à gauche du portique intérieur.

40 Rescigno 2016a, p. 63.

41 Rescigno 2016b, p. 46‑65.

42 Une épitaphe découverte avant le début des fouilles officielles près de la tombe d’Aulus Clodius et maintenant dispersée (Corpus inscriptionum latinarum X 1074d ; Barnabei 2007, p. 14).

43 Tite-Live évoque à plusieurs reprises les ludi, institués à Rome à l’occasion des guerres puniques, qui comprenaient notamment des banquets organisés par les matronae ; une célébration qui s’enrichit au fil du temps de spectacles théâtraux et de jeux gladiatoriens (Tite-Live, Histoire de Rome depuis sa fondation, XXV, 2‑3, 12, 15, 32, 41, XXVII, 23.3‑7 et 6.18). Pour une synthèse, voir Rescigno 2014 et Osanna 2016, p. 185.

44 D’Alessio 2009 ; Rescigno 2014 et 2016a, p.62 ; Osanna et Rescigno 2021, p. 13.

45 Maiuri 1929, cité ensuite dans Sogliano 1937, p. 164 et Iorio 1992, p. 21 ; repris par D’Alessio 2009, p. 98‑102.

46 Maiuri 1929, p. 234.

47 Dans lequel Amedeo Maiuri reconnaît Aphrodite/Vénus (Maiuri 1929, p. 241‑242, nos 21‑24, fig. 39).

48 Maiuri 1929, p. 239‑246, nos 25‑34, fig. 40‑41.

49 La présence d’un lieu de culte dans la localité de Bottaro, à Pompéi, demeure entourée de nombreuses incertitudes, d’autant qu’il n’est pas possible d’associer avec certitude les vestiges archéologiques – en particulier les deux dépôts votifs – à une structure cultuelle clairement identifiable : D’Ambrosio 1977 et 1984.

50 D’Alessio 2009, p. 98‑102.

51 Certains exemplaires sont mentionnés comme provenant de la localité Bottaro dans la documentation d’archives du Parc archéologique de Pompéi (D’Alessio 2009, p. 98‑102). Cette information n’a toutefois pas encore trouvé de confirmation dans l’étude et la publication du matériel votif.

52 Il s’agit de deux Érotes en vol (D’Ambrosio 1984, p. 182‑183, nos 436‑437, pl. 49‑50), auquels s’ajoute un pied qui pourrait appartenir à l’un des deux exemplaires ou à un troisième (D’Ambrosio 1984, p. 184, no 440, pl. 50).

53 Voir Maiuri 1929. Les portes urbaines et les dépôts votifs ou installations cultuelles qui leur sont associés ont également été analysés par Van der Graaff 2019. À ces contextes pourrait également être associé le matériel provenant de l’Insula Occidentalis et des maisons de Marcus Fabius Rufus et du Bracelet d’or (VII, 16, 22), qui se rapporte certainement à un contexte votif, possiblement lié à une ancienne porte urbaine (voir notamment Grimaldi 2014).

54 Van der Graaff 2019, p. 209‑211.

55 Van der Graaff 2019, p. 207, fig. 8.2 et p. 316 sq.

56 Van der Graaff 2019, p. 206‑207.

57 Van der Graaff 2019, p. 211.

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Table des illustrations

Titre Figure 1. Statuette d'Athéna/Minerve et reconstruction graphique de la variante Russo no 2
Légende Provenance : Pompéi, forum triangulaireLieu de conservation : Pompéi, Antiquarium
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 320k
Titre Figure 2. Statuette d'Athéna/Minerve avec casque phrygien
Légende Provenance : Privati (Castellammare di Stabia)Lieu de conservation :Castellammare di Stabia, Museo Archeologico di Stabia Libero D’orsi, no inv. 5665
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 288k
Titre Figure 3. Figurine tanagréenne avec un casque phrygien
Légende Provenance : PompéiLieu de conservation : Pompéi, Antiquarium
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 136k
Titre Figure 4. Érotes aux attributs excentriques
Légende Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’ApollonLieu de conservation : Pompéi, Antiquarium
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 242k
Titre Figure 5. Érote hermaphrodite
Légende Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’ApollonLieu de conservation : Pompéi, Antiquarium
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 363k
Titre Figure 6. Hermaphrodite en position d’anasyrma
Légende Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’ApollonLieu de conservation : Pompéi, Antiquarium
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 408k
Titre Figure 7. Figure féminine drapée
Légende Provenance : Pompéi, zone du sanctuaire d’ApollonLieu de conservation : Pompéi, Antiquarium
Crédits T. Matrone, avec l’autorisation du ministère italien de la Culture – Parc archéologique de Pompéi
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 307k
Titre Figure 8. Localisation du dépôt votif de Porta Ercolano
Crédits Google Earth, Airbus 2026
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 1,4M
Titre Figure 9. Localisation du dépôt votif de Bottaro
Crédits Google Earth, Airbus 2026
URL http://journals.openedition.org/frontieres/docannexe/image/5685/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Tommasina Matrone, « Figées dans la terre cuite », Frontière·s [En ligne], Supplément 4 | 2026, mis en ligne le 17 juillet 2026, consulté le 06 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/frontieres/5685 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16llu

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Auteur

Tommasina Matrone

Docteure en science de l’Antiquité, Christian-Albrechts-Universität zu Kiel

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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