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Notes

Les plages de Los Angeles : des espaces publics périphériques

Jean‑Pierre Augustin et Ronald Davidson

Texte intégral

1Les plages comme lieux spécifiques du rivage n’ont cessé de prendre de l’importance dans l’usage et les représentations des Occidentaux depuis plus d’un demi-siècle. Des centaines de millions de vacanciers s’y rassemblent chaque été dans le monde, mais ce phénomène mondial prend une dimension particulière sur les littoraux proches des villes et plus encore sur les plages urbaines. Les sciences sociales commencent à étudier ces nouvelles formes de rassemblement, les historiens (Corbin, 1988) décrivent l’émergence de ce désir de rivage, les anthropologues (Urbain, 1994) analysent les rites répétitifs qui s’y produisent, les économistes mesurent les incidences financières de ces mouvements grégaires. Mais les travaux mêlant l’analyse des littoraux et des plages sont encore peu nombreux, et les géographes et aménageurs ne peuvent être qu’intéressés par ces appropriations territoriales qui posent à la fois les questions du sens et de l’organisation.

2La présentation physique définissant la plage comme la partie alluvionné, couverte de galets ou de sable fin d’une côte plate que la mer découvre à marée basse n’épuise pas la diversité des sites et surtout ne dit rien de leur appropriation sociale et humaine ni des environnements réels et imaginaires qui en font l’attrait. Occupant des espaces longtemps désertés, les plages se multiplient sur les rivages en utilisant les sites naturels, mais la demande est telle que l’on en construit chaque jour de nouvelles artificielles. Des stations touristiques, puis des villes naissent en bordure de plage et même des villes de l’intérieur se prennent à rêver de plages urbaines. Paris, dès 2002, puis Toulouse en 2003, établissent au cœur de la cité des plages éphémères pour les sédentaires de l’été, en partant de l’idée que : « Si tu ne viens pas à la plage, c’est la plage qui vient à toi ».

3Le thème des espaces publics et de leur dimension symbolique a connu un intérêt grandissant depuis une vingtaine d’années et nombreux sont les chercheurs qui soulignent à la fois les risques de privatisation de ces espaces urbains et les renouvellements en cours. Ces deux mouvements de déclin relatif et de renouveau coexistent, mais les études délaissent largement les nouveaux espaces ludiques et périphériques et notamment les plages qui s’affirment pourtant comme de véritables espaces publics alternatifs et des signes forts de l’évolution des modes de vie, des lieux et des temps des populations urbaines. La définition classique de la notion d’espaces publics en urbanisme les présente comme « la partie du domaine public non bâti, affectée à des usages publics » (Merlin, Choay, 1988). Les espaces publics sont donc formés par une propriété et par une affectation d’usage. Certains auteurs estiment que les plages peuvent difficilement être considérées comme des espaces publics parce qu’elles ne reflètent pas la diversité raciale et ethnique de la ville. Or, des travaux récents sur Los Angeles (Davidson, 2002) soulignent que les minorités ethniques, et en particulier les Noirs et les Hispaniques, s’approprient largement ces lieux, et notamment les plages de Santa Monica directement reliées par autoroute aux secteurs de Watts et de South Central.

4S’insérant dans cette perspective, nous considérerons que les plages de Los Angeles comme des espaces publics de plein droit dans la mesure où elles en offrent les caractéristiques classiques et où elles constituent des espaces de sociabilités multiples qui renforcent leur effet d’attraction et permettent à chacun d’y trouver sa place. Nous allons nous attarder plus particulièrement sur le rôle périphérique joué par les plages urbaines dans la création d’un lien social urbain. L’objectif de cette présentation est de montrer que des sujets longtemps considérés comme futiles et marginaux sont de puissants révélateurs pour comprendre l’organisation, les évolutions et le sens des sociétés urbaines de ce début du troisième millénaire.

N’y a-t-il vraiment pas d’espaces publics à Los Angeles ?

5Los Angeles est souvent présentée comme une mégapole sans véritables espaces publics. Elle est nommée métropole fragmentée (Fogelson, 1967) ou ville postmoderne (Soja, 1989) ou techno-urbia, autant de termes pour souligner qu’elle se démarque du modèle classique de la ville industrie1le, organisée en anneaux concentriques autour d'un quartier d'affaires et de ses espaces publics centraux. Trois raisons principales sont généralement avancées pour en faire l’anti-cité paradigmatique qui n’a pas d’espaces publics.

6La première est liée à l’histoire et à la forme de la ville où les autoroutes laminent l'esprit des communautés en créant des fragmentations et des séparations entre les groupes ethniques et les classes sociales. Nombre de lieux accessibles à tous mais appropriables par personne sont réduits à des espaces de parcours et non à des espaces de séjour. Ce que Mike Davis (1998) appelle « le durcissement de la surface urbaine » et Steven Flusty (1994) la prolifération de « l’espace prohibitif » élimine les groupes indésirables des lieux privatisés tout en alimentant la paranoïa autour de la sécurité. Le domaine « quasi public » est doté de vigiles privés désormais plus nombreux que la police (Owen, 1997), les caméras de vidéosurveillance sont à chaque carrefour et dans d’autres espaces publics, il y a pénurie de toilettes et autres équipements collectifs, les promenades et squares sont dissimulés aux regards extérieurs, il y a aussi pénurie de bancs « à l’épreuve des clochards » et on installe même du « matériel de guerre », comme les pointes en fer forgé au pied de The Anthropologie, magasin de mode de la Third Street Promenade à Santa Monica : tout concourt à empêcher l’installation des vagabonds.

7La deuxième raison est associée à l’invention des parcs à thèmes privés, comme Disneyland ou Hollywood et de tous les espaces qui les prolongent dans une perspective marchande. Ces parcs sont devenus une composante majeure de la ville et si, sous des formes diverses, ils existent dans d’autres métropoles, c’est à Los Angeles qu’ils ont été mis en œuvre. Le parc édifié en 1955 par Walt Disney au milieu de plantations d’orangers à Anaheim a été construit autour de l’idée de « la rue principale des États-Unis ». Chaque espace a son propre thème, mais ces pastiches des clos et artificiels. Quelle que soit l’analyse que l’on porte sur les parcs à thèmes, royaume magique pour Walt Disney, utopie dégénérée pour Louis Marin ou cité des automates pour Umberto Eco, leur invention confirme qu’ils sont l’envers des espaces publics traditionnels.

8La troisième raison résulte de la difficulté à construire des espaces publics à Bunker Hill, dans le cœur restauré du centre-ville. Alors qu’une architecture de plazas luxueuses, de squares somptueux et d’escaliers décorés de fontaines orne Bunker Hill, tout y est manifestement dépourvu de vie publique. Les exceptions se situent lors des repas ou des pauses-café, lorsque les salariés sortent des gratte-ciel et se déversent par centaines dans un environnement vide patrouillé par des vigiles privés. Même si les arguments évoqués doivent être nuancés, la présentation dominante de Los Angeles est celle d’une mégapole sans véritables espaces publics. Cette vision mérite d’être revue et corrigée si l’on prend en compte la côte et les plages. Le refus d’intégrer ces espaces périphériques s’explique par une idéalisation des lieux publics urbains et un rejet des lieux réservés à la distraction et à la récréation plus qu’à la politique et la vie sociale. La côte et les plages constituent pourtant des espaces symboliques et préservés plus chargés de sens que ne le laissent entendre les analyses dominantes dans le discours restreint sur les espaces publics urbains.

Les plages comme espaces symboliques

9Les plages qui s’étirent sur plus de cent kilomètres de Malibu à Balboa restent un des attraits les plus forts de la ville, et dès le début du siècle, les premiers centres de villégiature auxquels on donne le nom de beach towns s’y établissent (Figure 1). Située sur les falaises face au Pacifique, la ville de Santa Monica, bénéficiant des brises océaniques et d’un climat frais, devient une des destinations favorites de l’agglomération. L’ancienne route américaine 66, le Wilshire Boulevard, le Pacifie Coast Highway et la Santa Monica Freeway y aboutissent. L’embarcadère construit en 1908 est toujours doté de restaurants, de manèges, alors que les pistes de déambulation en bordure de plage valorisent le culte du corps et les « ludo sports ».

Figure 1 : Les plages de Los Angelès.

10Également créée au début du siècle comme une version réduite de la Venise italienne, Venice est conçue comme un centre de villégiature romantique. Les lotissements s’organisent autour des vingt-six kilomètres de canaux sur lesquels naviguaient des gondoles, mais si l’entretien de cet ensemble laisse à désirer, le lieu reste attractif par ses spectacles le long de la promenade, la Boardwalk, et de la plage. D’autres beach towns se constituent comme Manhattan, Hermosa ou Redonda Beach, et d’autres encore, tant au Nord qu’au Sud. Chaque petite ville est concentrée autour des plages et du traditionnel embarcadère central. Le mouvement de création de ces sites balnéaires s’amplifie avec l’apparition du surf qui, venant d’Hawaï, s’impose comme un sport de démonstrations et de spectacles. Les médias le présentent comme l’épure des sports de glisse qui donne à la côte pacifique sa spécificité par rapport à la côte Est. Les représentations d’une ville de loisirs sportifs se renforcent avec l’affirmation de nouveaux référents liés au soleil, à la plage et aux formes de sociabilité nées des sports de glisse. Le point fort de ce mouvement se situe en 1960, avec la promotion par les médias télévisés du roman de Gidget racontant l’histoire d’une petite Américaine et d’un groupe de surfeurs sur les plages de Malibu. Le mythe des surfstars s’élabore et contribue, alors que les campus s’agitent, à l’engouement d’une génération pour le défi des vagues ; mythe largement entretenu depuis par les revues, les séries télévisées et les films.

11La valorisation des plages transparaît dans les cartes postales, les peintures de la ville, les couvertures des guides touristiques, les célébrations et les feux d’artifice du 4 juillet. Les plages restent les espaces les plus populaires et les plus attrayants avec plusieurs millions de plagistes qui s’y retrouvent de mai à septembre lors des journées ensoleillées de l’été. Rayner Banham (1971) ne s’y est pas trompé en décrivant les banlieues du surf (surfurbia) comme l’un des quatre paysages qui forment la ville à côté des collines, des plaines répétitives et des autoroutes. Les productions cinématographiques utilisent sans cesse les plages et les grandes séries télévisées déversent dans le monde les images d’activités qui s’y déroulent. Les city-tours et autres voyages organisés intègrent la visite du littoral dans leur parcours et notamment les plages de Santa Monica. Le rivage et les plages représentent donc les qualités idéalisées de Los Angeles, tout comme les ghettos (Watts et South Central) en représentent la face cachée. Moitié idyllique de la grande ville, les plages ouvrent la ville sur l’extérieur et l’océan et restent un des attraits qui continuent d’attirer les habitants du Nord-Est et de l’ensemble du pays.

12En évitant de surévaluer la part des loisirs au bord de l’océan dans l’espace-temps d’une journée de la majorité des Angelinos (très variable selon les classes d’âge et surtout les groupes ethniques), force est de reconnaître que l’environnement porte sur les plages. Les plages populaires et familiales comme

13Santa Monica ou plus sélectives comme Malibu se succèdent sur un long littoral urbain. Dans tous les cas, l’accès est facilité, les aménagements nombreux et elles sont les véritables espaces publics d’une ville qui n’en propose que peu. Espaces du côtoiement, de l’anonymat et de la rencontre temporaire, les plages sont des lieux à voir, lieux pour être vus et être avec les autres. Elles donnent un sentiment de vacances perpétuelles et une image de jeunesse où le culte du corps favorisé par les nombreuses salles de remise en forme peut s’exprimer. Un art de vivre fondé sur des tenues moins guindées que dans les villes de l’Est s’y développe. On peut admettre que le vêtement de sport comme culture de masse est né à Los Angeles, de même que les pratiques dites californiennes ont été inventées ici (Augustin, 2001).

14Attention cependant à ne pas idéaliser ces lieux de mélanges sociaux car les groupes soda-ethniques s’y distinguent et quelques plages semi-privées défendent leurs privilèges. Les ports de plaisance s’édifient en bastions réservés, la Marina Del Rey abritant six mille bateaux est entourée d’appartements de luxe, et le port de plaisance de Long Beach s’inscrit dans la même logique. Mais la non-prise en compte des plages comme espaces publics ne s’explique que par une vision restrictive et en partie dépassées des lieux urbains, vision qui ne tient pas compte de la réalité et de l’importance du phénomène. Les plages ne sont d’ailleurs pas seulement des espaces symboliques, elles sont aussi des espaces publics dont l’accessibilité, théoriquement préservée jusque dans la constitution de l’État, est farouchement sauvegardée.

Des espaces publics préservés

15Dans le discours dominant sur les espaces publics de Los Angeles, l’argument de la fragmentation de la ville est toujours présent. Il s’explique par la juxtaposition de secteurs plus ou moins cloisonnés, de centres qui ne parviennent pas à créer de l’urbanité, de zones de relégation, de gated communities en périphérie ou encore de grands parcs d’attractions privés pour la rêverie. Les plages du littoral échappent en partie à ces séparations et les Angelinos luttent pour que certaines parties du rivage ne soient pas usurpées par les riches et que d’autres soient laissées aux gangs et aux sans-abri. En 1972, un mouvement populaire a réussi à faire voter une initiative citoyenne, la proposition 20, pour sauver la côte de pratiques qui en limitaient le droit d’accès. Le succès de cette proposition a conduit à l’élaboration du Coasted Plan adopté comme partie du Coastal Act en 1976 (Davidson, 2002). Ainsi fut créée une puissante organisation capable d’assurer la protection du rivage de l’implantation de centres commerciaux ou de maisons individuelles.

16La côte et les plages sont donc une exception aux discours négatifs concernant les espaces publics de Los Angeles. Ces discours ont, à juste titre, critiqué l’abandon de nombreux espaces publics aux puissances commerciales, ce que William Fulton (1997) résume par l’expression « Toon Town Urbanism ». Les Angelinos se sont mobilisés pour protéger l’espace public de la côte et 55 % de votants inscrits dans la ville ont voté par scrutin en faveur de la Proposition 20 (Fischer 1985). Ce taux est d’autant plus significatif qu’il va presque à l’encontre de la philosophie libérale du gouvernement en faveur des entreprises commerciales et des initiatives individuelles, qui règne dans la région depuis la fin du XIXe siècle.

Les Angelinos continuent de protéger leur côte en tant qu’espace public

17L’effort est nécessaire car le Coastal Act, s’il est une protection contre les pratiques d’exclusion de l’espace le long du rivage, n’est pas pour autant invincible. L’histoire de la Coastal Commission a connu des fluctuations face aux enjeux politiques, juridiques et économiques. Peter Douglas (1997), directeur général de la Commission, note que : « la côte, comme tout lieu convoité sur terre, n’est jamais définitivement sauvée. Il est toujours nécessaire de sauver les côtes et elles ne cessent jamais d’être préservées ». La côte reste vulnérable à renfermement territorial dont souffrent les espaces publics à l’intérieur des terres. De prétendus promoteurs d’habitations privées de luxe ou de restaurants de première classe désirent vivement construire sur les zones côtières ; d’autre part, l’activité des gangs, le problème des sans-abri et d’autres signes de pauvreté ont menacé de submerger des sections entières de la côte comme à Venice - décourageant une présence des classes moyennes. Si la côte n’a pas été entièrement usurpée par les riches ni abandonnée aux pauvres, cela est dû non seulement au travail de la Coastal Commission, mais aussi aux interventions des Angelinos comme à Palos Verdes et Malibu (Davidson, 2001) pour respecter leur désir de maintenir la côte comme espace public « ouvert ».

18Les critiques qui se sont portées sur Los Angeles faisant état du manque d’espaces publics « ouverts » ignorent l’exception majeure de la côte et des plages. L’omission est due au parti pris du discours sur l’espace public, cherchant des espaces publics chargés de sens en centre-ville plutôt qu’à la périphérie. Mais, en tant que métropole décentrée, les espaces symboliquement représentatifs de Los Angeles peuvent être situés loin du centre-ville et les plages représentent la métropole dans son ensemble. En outre, les habitants de Los Angeles se sont efforcés de s’assurer que cet espace représentatif reste largement « ouvert ».

La publicisation des espaces littoraux

19Le polycentrisme affiché de Los Angeles et de ses espaces à multiples facettes ne facilite pas l’interprétation, mais la place de la côte et des plages comme espaces périphériques majeurs mérite d’être affirmée. La diversité raciale, culturelle et ethnique de la population de Los Angeles est connue. Au-delà des beach towns, des collines qui reflètent la corrélation entre l’altitude et l’upper-class, Los Angeles est constituée de plaines répétitives qui forment la majeure partie de l’agglomération. Les trames orthogonales des rues s’étendent à l’infini et font se succéder des quartiers indistincts les uns des autres, abritant des populations aux statuts économiques divers. C’est là que se trouvent les ghettos, notamment le secteur de Watts majoritairement noir, et plusieurs barrios. Ces populations s’approprient largement les plages et, dans le domaine des espaces publics, la tendance est bien celle de l’élargissement des lieux et de leur expansion en périphérie. Si la côte et les plages ne correspondent pas aux genres d’espaces publics valorisés dans le discours sur l’espace métropolitain en raison de leur caractère périphérique, elles symbolisent pourtant Los Angeles et méritent davantage d’attention dans le discours sur des espaces publics. À l’encontre de ceux qui limitent l’analyse des espaces publics à l’intérieur des villes, François Tomas (2001) soutient la thèse de leur expansion en périphérie. Il évoque le développement des rituels citadins en quête de nature, d’exercices physiques et d’enrichissement culturel et parle d’une « publicisation » de vastes territoires naguère fermés ou peu utilisés :

« Les grands parcs suburbains, les forêts aménagées pour la promenade, les sentiers à thème, les chemins de grandes randonnées, les littoraux, les champs de neige, les parcs naturels régionaux et nationaux publicisent les milieux ruraux et diversifient les espaces publics d’une société de plus en plus mobile. Tout autant que les places, les rues et les avenues qui restent les lieux privilégiés d’identités collectives tout comme de flâneries individuelles, les nouveaux espaces publics du large contribuent à la socialisation et au rêve »,

20On peut parler des « territoires qui nous habitent » autant que des « territoires que nous habitons ». La nouveauté vient de la multiplicité des échelles territoriales, de la diversité des rapports aux lieux et aux espaces qui peuvent se résumer à travers la notion de multiterritorialité. Les espaces publics ne peuvent plus être limités aux lieux urbains traditionnels, les rues, les places et les parcs et on assiste à la « publicisation » d’espaces alternatifs aux espaces centraux. Ces espaces publics périphériques méritent autant d’attention que les autres car ils illustrent un changement de rapport au monde. Le phénomène est mondial, même s’il touche surtout les pays développés. Les espaces publics alternatifs qui se constituent sur les bords de mer sont aussi des espaces d’altérité généralement protégés par des lois ou défendus par des mouvements sociaux. Les luttes qui se mènent autour de leur appropriation ne sont jamais terminées et restent un enjeu de gestion politique.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Jean‑Pierre Augustin et Ronald Davidson, « Les plages de Los Angeles : des espaces publics périphériques »Géographie et cultures [En ligne], 55 | 2005, mis en ligne le 29 mars 2020, consulté le 17 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/gc/10861 ; DOI : https://doi.org/10.4000/gc.10861

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Auteurs

Jean‑Pierre Augustin

Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3
ADES-Tempos, UMR 5185 du CNRS
jean-pierre.augustin@msha.fr

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