Notes
Nancy Cunard (10 mars 1896-15 mars 1965). Plusieurs biographies lui sont consacrées par Hugh Ford (1968), Anne Chisholm (1980) et plus récemment François Buot (2008). L’ouvrage de Ford est particulièrement intéressant car il rassemble de nombreux témoignages très éclairants sur les multiples vies de Cunard.
Une petite carte publicitaire pour l’anthologie indique qu’il y a 385 illustrations et que son prix est de 2,2 livres (équivalant aujourd’hui à environ 80 euros). Par ailleurs, Ford indique que Cunard investit personnellement 1 500 livres (environ 60 000 euros aujourd’hui) pour produire l’anthologie.
Paul Gilroy explique la formation politique et culturelle de ce qu’il appelle Black Atlantic de la façon suivante : « peut être définie à travers le désir de transcender à la fois les structures de la nation et les contraintes de l’ethnicité et du particularisme national » (Gilroy 2003 : 38). Il estime que cette formation est profondément « interculturelle » et est alimentée par des « cultures diasporiques rhisomorphiques ». Pour une étude critique des travaux de Gilroy, voir Chivallon 2004.
Iris Tree (1897-1968) : poète et actrice liée à l’avant-garde anglo-saxonne des années 1920. Elle fut mariée au photographe Curtis Moffat entre 1916 et 1932.
Mouvement littéraire qui devait aboutir au renouvellement radical de la poésie anglaise. Ce terme fut inventé en 1913 par l’écrivain américain Ezra Pound qui, à cette époque, vivait en Angleterre. Les poètes de ce mouvement étaient essentiellement anti-victoriens et anti-romantiques.
La revue Blast citée par Tree est fondée avec l’aide de Pound par Wyndham Lewis. Il n’en existe que deux numéros, publiés en 1914 et 1915. L’objectif de Blast était de promouvoir un nouveau mouvement dans la littérature et les arts visuels, baptisé « vorticisme » par Pound et Lewis. Les influences du vorticisme sont, en littérature, l’imagisme et, en arts plastiques, le cubisme et le futurisme. Par ailleurs, Cunard et Lewis eurent en 1922 une aventure au cours de laquelle celui-ci réalisa son portrait, publié dans la revue Sketch et qui illustre aussi la page de garde de Sublunary, ouvrage de poésie de Cunard publié en 1923.
Les frères Sitwell et Edith Sitwell appartiennent à cette nouvelle génération londonienne qui souhaitait défendre une poésie contemporaine et moderne. Ils publieront eux aussi leurs poèmes dans Wheels (1916-1921).
Ce groupe commence à se réunir en 1904 tous les jeudis dans le quartier de Bloosmbury où s’étaient installés les époux Woolf.
Clive Bell expose cette théorie dans Art, publié en 1913. La « forme signifiante », théorie qui prône entre autres l’importance de la forme au détriment des contenus, s’inscrit dans les mouvements d’idées modernistes de l’histoire intellectuelle anglaise du début du xxe siècle.
Ils publient les auteurs modernistes anglo-saxons de leur temps et traduisent de nombreux auteurs étrangers, notamment Sigmund Freud, Italo Svevo, Rainer Maria Rilke, Maxime Gorki, Léon Tolstoï.
Lionel Follet cite Adrienne Monnier dans la préface de l’édition renouvelée et augmentée de La Défense de l’infini de Louis Aragon (Aragon 2002).
Voir le portrait de Janet Flaner par Berenice Abbott, 1927 (Washington D.C., Library of Congress), où elle porte le manteau du père de Cunard. Cette photographie fut exposée en 1928 à la Comédie des Champs-Élysées au premier salon indépendant de la photographie. En 1924, le peintre américain Eugene MacCown réalise un portrait de Cunard (conservé aux archives d’Austin) et Man Ray la photographie, en compagnie de Tristan Tzara, au bal du comte de Beaumont.
À qui Cunard commande en 1924 un chapeau et manteau. En 1925, elle pose ainsi vêtue pour le photographe Curtis Moffat. Photographie conservée à Londres, au Victoria and Albert Museum (E.1563-2007).
Un tapuscrit de cette pièce avec une dédicace de Tzara se trouve au Harry Ransom Center, à l’université du Texas à Austin, où sont conservées les archives de Cunard. Man Ray immortalise leur amitié dans une photographie de 1925.
Jean-Michel Frank (1895-1941) était un ami de lycée de René Crevel.
Paris, archives Jacques Doucet, fonds Marcel Jouhandeau.
Jean Jamin, James Clifford, Denis Hollier, Jean-Louis Paudrat, John Ruskin et plus récemment Yaëlle Biro, Benoît de l’Estoile ou Sophie Leclercq. Voir aussi les travaux de Wendy A. Grossman.
En 1925, Constantin Brancusi sculpte un portrait d’elle qu’il intitule Une jeune fille sophistiquée, dont une version en plâtre est aujourd’hui conservée au centre Georges-Pompidou. Dans l’ouvrage de Hugh Ford (1968), Marcel Duchamp raconte que, pour la réalisation de cette sculpture (donnée à sa femme Teeny par Brancusi dans les années 1950), Cunard n’avait pas posé mais que le sculpteur s’était inspiré de son personnage sans qu’elle le sache. Elle l’apprit plus tard.
Une liste réalisée par Cunard des dessins et peintures (sans les photographies) la représentant est consignée dans un cahier conservé dans ses archives. Elle liste 36 portraits d’elle réalisés entre 1905 et 1957 (archives Nancy Cunard).
Cecil Beaton (1904–1980) est un des plus célèbres photographes de portraits anglais. Sa première grande exposition a lieu en 1927. Avec le soutien de la famille Sitwell, il devient un collaborateur de la version anglaise de Vogue pendant cinquante ans. En 1930, il sélectionne une de ses photographies de Cunard pour son livre The Book of Beauty.
John Banting, artiste surréaliste anglais, décore le studio de Barbara Key-Seymer pour la séance de prise de vues de Cunard en 1930.
Plusieurs passages avaient déjà été publiés dans La Revue européenne.
Ce passage consacré à Cunard et Aragon est en grande partie rédigé à partir de la passionnante édition renouvelée et augmentée par Lionel Follet de La Défense de l’infini (Aragon 2002).
Ces chapitres ont été retrouvés en 1991 par Lionel Follet.
Le manuscrit de cette traduction anglaise appartenait aux archives André Breton. Voir également l’article de Thomas Hunkeler « Beckett face au surréalisme » dans Samuel Beckett Today/Aujourd’hui, vol. XVII, 2006.
Moffat était lui aussi collectionneur. Wendy A. Grossman signale un article d’avril 1935 sur la collection de Moffat dans la revue anglaise The Connoisseur (n° 104) : « Primitive art of Africa and the Polynesian islands in the collection of Mr Curtis Moffat ».
Le musée du quai Branly conserve dans ses collections un certain nombre de ces photographies données en 1932 par Cunard. Voir dans ce numéro l’annexe « Photographies de la collection personnelle de Nancy Cunard par Raoul Ubac, aujourd’hui au musée du quai Branly ».
Cunard quitte la France pendant la guerre, passe quelques mois en Amérique du Sud (entre autres au Chili chez Pablo Neruda), puis vit à Londres. Les documents relatifs à la disparition et au saccage de sa collection d’objets mais aussi de nombreux ouvrages et de certains tableaux à La Chapelle-Réanville sont conservés dans ses archives. Ce sont selon toute vraisemblance les habitants du village puis les nazis qui pillèrent la maison, mais plusieurs documents évoquent également la venue, peu de temps après le départ de Cunard, d’une voiture noire qui serait repartie avec de gros sacs remplis d’objets. Après cette expérience traumatisante, elle vend sa maison et s’installe dans le Lot, à Lamothe-Fénelon, région qu’elle avait beaucoup fréquentée avant la guerre.
Après avoir installé son imprimerie dans sa maison de La Chapelle-Réanville, elle décide en 1929 de la transférer à Paris, au 15, rue Guénégaud, où elle embauche Georges Sadoul comme secrétaire. Dans une annonce de 1930, elle écrit : « Les éditions Hours Press s’intéressent aussi à l’ethnographie – à l’art africain, océanien et des deux Amériques – et auront toujours quelques spécimens en exposition, ainsi que certains tableaux français modernes, quelques livres anglais et américains, et des publications surréalistes. »
Elle publie le premier ouvrage de Samuel Beckett dans le cadre d’un concours de poésie sur le thème du temps, qu’elle lance en 1930 avec l’écrivain anglais Richard Aldington.
Len Lye (1901-1980) est un des pères du cinéma expérimental.
Il réalise notamment un photomontage pour la couverture du livre musical Henry Music, dans lequel Henry Crowder met en musique des poèmes d’Aldington, Harold Acton, Beckett, Walter Lowenfels et Cunard. À ce sujet, voir Barnett 2007.
Ce document est conservé au centre Georges-Pompidou, bibliothèque Kandinsky, fonds Charles et Marie-Laure de Noailles.
Le 3 décembre 1930, au cinéma le Studio 28, la Ligue des patriotes et la Ligue anti-juive troublent la projection et saccagent le hall du cinéma dans lequel étaient exposés des tableaux d’artistes surréalistes. Après ces événements, une deuxième commission d’examen censure le film le 11 décembre 1930. À ce sujet, voir le numéro spécial des Cahiers du MNAM de 1993 consacré au film.
Centre Georges-Pompidou, bibliothèque Kandinsky, fonds Charles et Marie-Laure de Noailles.
Centre Georges-Pompidou, bibliothèque Kandinsky, fonds Charles et Marie-Laure de Noailles.
Studies in Tasawwuf (1923) de l’Indien Khan Khaja, The Anatomy of African Misery (1927) de Lord Olivier, Poems and Plays (1927) d’Harindranath Chattopadhyaya, Imperialism and Civilization (1928) de Leonard Woolf, The Case for West Indian Self-Government (1933) du Trinidadais C.L.R James, An African Speaks for His People (1934) du Kényan Mockerie Parmenas Githendu, Three Guineas (1938) de Virginia Woolf.
Beckett est le traducteur principal des textes français en anglais. Voir Friedman 2000.
Les signataires en sont : André Breton, Roger Caillois, René Char, René Crevel, Paul Éluard, J.M. Monnerot, Benjamin Péret, Yves Tanguy, André Thirion, Pierre Unik et Pierre Yoyotte. Les deux signataires antillais, Monnerot et Yoyotte, participent à l’éphémère revue marxiste et surréaliste Légitime Défense publiée par des étudiants martiniquais en 1932 (et censurée). Pour Sophie Leclercq, ce tract, que Crevel rédige en 1932, est une synthèse des positions anticolonialistes du groupe dans l’entre-deux-guerres (2010 : 140).
À partir de 1933, Sadoul dirige le journal pour enfant Mon camarade, dont les numéros parus après 1935 ont été numérisés par la Bibliothèque nationale de France. En 1938, il écrit un petit pamphlet, « Ce que lisent vos enfants », dans lequel il dénonce la littérature enfantine américaine et fasciste italienne. Je remercie ici Valérie Vigneaux qui m’a permis de faire le lien entre l’article de Sadoul dans Negro et ses activités de rédacteur en chef de Mon camarade.
The Crisis, fondé en 1910 par W.E.B Du Bois, est un organe de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP).
Bibliothèque du Laboratoire d’anthropologie sociale, archives Michel Leiris, lettre de Nancy Cunard du 3 août 1955 (fr/cdf/las/FML 01-02-044).
Dans la circulaire de 1931, l’ouvrage devait s’appeler Color mais on constate grâce à une lettre de William Carlos Williams adressée à Louis Zukofsky en août 1931 (citée dans Barnett 2007) que, quelques mois après, elle décide de l’appeler Negro, certainement parce qu’il s’agit du terme le plus usité par les Noirs eux-mêmes dans les années 1920-1930. Alain Locke intitule son anthologie New Negro en 1925, les communistes créent en 1928 le journal The Negro Worker et Marcus Garvey édite depuis 1918 The Negro World, organe de son association Universal Negro Improvement Association, fondée en 1917.
Voir par exemple les sommaires de la revue The Crisis mais aussi la liste des publications de l’Association for the Study of Negro Life and History qui existait depuis 1916 à Washington (ces documents sont consultables à la médiathèque du musée du quai Branly). En 1925, la bibliothèque publique de New York ouvre dans son antenne de Harlem une section dédiée à l’histoire et la littérature des Noirs qui sera particulièrement enrichie en 1926 par l’acquisition, auprès d’Arthur Shomburg (auteur de deux articles dans l’anthologie), de 5 000 livres, 3 000 manuscrits, 2 000 gravures et peintures et plusieurs milliers de brochures, tous consacrés aux Noirs.
En 1924, il compose la musique du film expérimental Ballet mécanique de Fernand Léger et Dudley Murphy. Pound lui consacre un livre, Antheil and the Treatise on Harmony. Le 25 mai 1930, il crée Transatlantic à l’opéra de Francfort, représentation à laquelle Cunard et Crowder assistent.
À ce sujet, voir les travaux de Jean Jamin, Christine Laurière et Benoît de l’Estoile. En 1932, Cunard sollicite Georges Henri Rivière pour contribuer à l’anthologie mais celui-ci ne lui répond pas (archives du musée de l’Homme : 2 AM 1 K29). Par ailleurs, les archives de l’exposition consacrée au royaume du Bénin, organisée au musée d’Ethnographie du Trocadéro en 1932 par Charles Ratton, révèlent que Cunard était dans la liste des potentiels prêteurs (archives du musée de l’Homme : 2 AM 1 C1b).
Tous deux participent à la revue Document (voir à ce sujet les travaux de Denis Hollier et le catalogue de l’exposition The Undercover Surrealism présentée à Londres à la Hayward Gallery en 2006).
À ce sujet, voir évidemment les publications de James Clifford et Benoît de l’Estoile, et plus récemment le programme du séminaire « L’ethnologue et le fait colonial » organisé à l’École des hautes études en sciences sociales par Christine Laurière, Daniel Fabre et André Mary.
Dans son article « Visualizing Africa in Nancy Cunard’s Negro Anthology (1934) », M.G. Shanahan analyse de manière très pertinente cette ambiguïté sans pour autant remettre en question l’aspect politique de cet ouvrage (Shanahan 2005). Il rappelle notamment que les quatre auteurs de textes sur l’art africain, Ratton, Carl Kjersmeier, Henri Lavachery et Ladislas Szecsi, étaient liés d’une manière ou d’une autre à l’impérialisme européen.
À propos de Locke, intellectuel majeur de l’histoire intellectuelle américaine du xxe siècle, voir en français les publications d’Anthony Mangeon.
Dans « Miroirs des littératures nègres : d’une anthologie l’autre, revues » (Gradhiva 10, 2009), Anthony Mangeon propose une liste détaillée des auteurs qui publient dans les deux anthologies. On retrouve notamment le professeur John Matheus, l’historien Shomburg, l’anthropologue Melville Herskovitz et le sociologue Edward Franklin Frazier. Il est intéressant de signaler que ces deux derniers auteurs s’opposeront sur l’héritage africain dans la culture noire américaine.
Sur Zora Neale Hurston, voir l’article d’Emmanuel Parent dans ce numéro.
Ce poème est publié pour la première fois en 1926 dans le recueil The Weary Blues (chez Alfred A. Knopf). Il est aussi traduit en français en 1931 dans La Revue du monde noir de l’Antillaise Paulette Nardal.
Poème également publié en décembre 1932 dans le journal communiste The Negro Worker.
Dans une lettre du 28 septembre 1931 (archives Nancy Cunard). Il lui parle notamment de la jeune écrivain Pauly Murray, qui deviendra par la suite une importante militante pour la défense des droits civiques. En 1940, elle précède Rosa Park en refusant de s’asseoir à l’arrière d’un bus, ce qui lui vaut évidemment d’être arrêtée.
Langston Hughes avait déjà traduit ces mêmes poèmes pour la revue The Crisis en décembre 1931. Concernant les rapports entre Hughes, Jacques Roumain, Cunard et Nicolás Guillén, voir dans ce numéro le texte de Léon-François Hoffman.
On trouve dans l’anthologie des photographies du frère de Claude McKay. Ce dernier, dans la lettre d’août 1932 traduite dans ce numéro par Anthony Mangeon, remercie Cunard pour l’envoi de journaux jamaïcains. À propos de la non-participation de McKay, voir dans ce numéro l’introduction d’Anthony Mangeon à la traduction de la lettre.
James Ford est le fondateur du journal The Negro Worker, organe de l’association communiste The International Trade Union Committee of Negro Workers fondée en 1928. Cunard connaissait Ford depuis 1931, l’ayant rencontré à Hambourg, où ce dernier vivait, lors de son périple en Allemagne avec Crowder (archives Nancy Cunard, lettre de novembre 1959 adressée à Dorothy Padmore).
The Liberator, The New Masses, The Daily Worker, The Negro Worker, Le Cri des Nègres…
L’expression « ceinture noire » provient de la forme d’un ensemble de treize États majoritairement peuplés de Noirs. À ce sujet, voir l’article d’Amzat Boukari-Yabara dans ce numéro ainsi que la réédition chez Syllepse des textes de C.L.R. James (2012) et de Léon Trotski (2011) sur la question noire aux États-Unis dans les années 1930.
Fondée en 1910, notamment par Du Bois, pour défendre les droits civiques des Noirs américains.
Il est intéressant de signaler que, en 1934, Du Bois quitte la NAACP pour se rapprocher du parti communiste auquel il adhère officiellement en 1961.
Voir à ce sujet l’article d’Amzat Boukari-Yabara dans ce numéro, l’ouvrage d’Ahmed Shawki ainsi que les documents réunis en annexe de ce volume.
Elle consacre dans Negro un important dossier à ce sujet auquel elle contribue personnellement avec l’article « Scottsboro and other Scottsboro » qui mêle comptes rendus du procès, description de la mobilisation internationale, listes de lynchages…
Dans une lettre de janvier 1933, Péret lui raconte qu’il a fait signer plusieurs feuilles de soutien à cet appel à des membres de l’AEAR. Il lui donne aussi les coordonnées d’intellectuels à solliciter, au Brésil évidemment, mais aussi en Roumanie ou en Belgique (archives Nancy Cunard). Cette pétition fut signée par de nombreux contributeurs de l’anthologie, Kjersmeier mis à part. On trouve parmi les signataires Lye, Gertrude Stein, Natalie Barney, Darius Milhaud, Beaton, Key-Seymer, Jacob Epstein, Ossip Zadkine, les Sitwell…).
À propos de la revue The Negro Worker (1928-1937), voir la présentation de Susan Campbell sur le site http://marxists.anu.edu.au, qui a mis en ligne les sommaires de la revue, mais aussi Dewitte 1985.
Elle rencontre les collaborateurs de la publication The New Masses, et notamment Laurence Gellert et John Spivak. Gellert publie dans l’anthologie un long article consacré au Negro song of protest de Caroline et de Géorgie, dans lequel il retranscrit des chants déjà publiés dans la revue The New Masses. Spivak est l’auteur de Georgia Nigger (1932), ouvrage issu d’une enquête menée entre 1930 et 1931 sur les prisons, les camps de travail et les chaînes de forçats (chain gang) en Géorgie. Cunard sélectionne pour son anthologie plusieurs illustrations de son livre, reproduites ici dans l’article de Julie Jones.
Nous n’avons pas trouvé de document concernant la réception de Negro dans les milieux intellectuels européens à l’époque de sa sortie. Les témoignages souvent élogieux et admiratifs des Européens sont compilés dans Ford 1968.
Archives Nancy Cunard, lettre du 14 avril 1934.
En avril 1963, Hughes lui écrit fièrement qu’il a vu Negro dans un catalogue de vente de livres rares (archives Nancy Cunard).
La même année, en collaboration avec la revue The Left Review, elle édite la brochure « Authors take sides. On the Spanish War. 148 contributions » dans laquelle elle interpelle les écrivains anglo-saxons sur la guerre d’Espagne en leur demandant de se positionner sur le sujet. Celle-ci est introduite par un texte de soutien aux républicains espagnols signé par Aragon, W.H. Auden, José Bergamin, Jean-Richard Bloch, Cunard, Brian Howard, Heinrich Mann, Ivor Montagu, Neruda, Ramon Sender, Stephen Spender et Tzara.
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