- 1 Parmi de nombreux exemples : Pierre Le Moyne d’Iberville, qui remonte le Mississippi en 1699, compa (...)
1Qu’est-ce qui justifie de réunir les différents documents présentés dans ce dossier, au-delà de leur statut de sources historiques intéressant un espace – la basse Louisiane – dans les premières décennies de l’implantation coloniale française au xviiie siècle ? Ces pièces, quoique disparates, renvoient à une même opération de mise en forme d’un savoir, portant notamment sur le pays choctaw – du nom du groupe amérindien (les Français écrivaient « Chacta ») installé dans l’intérieur des terres au nord-ouest de la baie de La Mobile. Qu’il s’agisse de listes de villages, de recensements, de relevés de parcours toponymique, hydrographique, d’un court vocabulaire ou d’un essai de discours synthétique, sociologique et géographique, ce sont, chaque fois, autant « d’inscriptions » (Latour 1985) que des acteurs coloniaux ont produites et fait circuler, et qui sont entrées dans un dépôt d’archives. Ces inscriptions – simples formes intermédiaires ou transitoires dans l’ordre du savoir – ont converti des expériences très variables d’interaction avec les Choctaw en données visuelles ; elles leur ont conféré une forme d’existence, certainement simplifiée, mais aussi compilable, mobilisable et, en partie du moins, durable. Elles ont pu fonctionner, en retour, comme cadres de l’expérience d’interaction d’autres agents coloniaux avec les groupes amérindiens de la région1.
- 2 Ce que Colbert écrivait à son fils, Seignelay, en 1676 valait encore pour le début du xviiie siècle (...)
2Ce serait toutefois faire trop cas de « l’inscription » que de lui attribuer une puissance d’action qui en ferait d’emblée un instrument de pouvoir et de coercition. En fait, et c’est ce que nous voudrions montrer en présentant ces documents ensemble, la plupart de ces pièces semblent avoir été délaissées, sinon oubliées. C’est une caractéristique paradoxale, fréquemment relevée : si les Choctaw sont présentés, dans les correspondances officielles et les mémoires, comme des alliés indispensables de la colonie louisianaise tout au long de son existence sous domination française, ils n’ont généré – comparativement aux Natchez voisins – que peu d’inscriptions (Désveaux 2001 : 340 ; Havard 2020 : 72 ; 2024 : 66-7). Plus encore, nous tenons à faire apparaître que le savoir occasionnellement produit n’a guère été cumulatif. On se tromperait, d’ailleurs, en imaginant les bureaux de la Marine comme un « centre de calcul » (Latour 1985) froidement efficace. Les procédés d’archivage des inscriptions de toutes sortes envoyées depuis les colonies ne sont, au mieux, qu’en voie de systématisation dans la première moitié du xviiie siècle2. Derrière la diversité matérielle et formelle des « inscriptions », les documents présentés permettent également d’envisager celle des modalités d’enregistrement, de leurs conditions et contextes de production, et des acteurs coloniaux impliqués. Enfin, il conviendrait de noter l’écart entre le désir de savoir – variable et relatif – et les ressources allouées à la production de connaissances. En soulignant les devenirs distincts de ces « inscriptions », nous proposons d’y voir, en partie au moins, un effet de l’absence d’un projet de construction d’un savoir, colonial et impérial, unifié.
3La première pièce présentée est un vocabulaire, une liste de « quelques noms de la langue des Bayagoulas » (AN 1 ; document 1). Les Bayagoula, identifiés dès les premiers témoignages français à la fin du xviie siècle, sont l’une des nombreuses « petites nations » qui peuplent la basse vallée du Mississippi (Goddard et al. 2004 : 175-176). Numériquement faibles et en rapports étroits avec les colons français du fait de leur proximité géographique, ils n’en conservent pas moins une identité autonome quoique faiblement individualisée dans les sources (Anonyme 1859 : 14 ; Ellis 2023 ; Goddard et al. 2004 : 175-176). Les Bayagoula, dont le nom est peut-être un exonyme (une signification possible serait « le groupe de la rivière »), parlent une langue muscoguéenne apparentée au choctaw. En effet, les langues appartenant au rameau muscoguéen dominent largement l’espace compris entre le golfe du Mexique et les Appalaches, de l’Atlantique au Mississippi.
4Cette liste de mots, trouvée dans les papiers des géographes Claude et Guillaume Delisle, parmi des notes relatives aux premiers temps de l’implantation française en Louisiane associée aux expéditions de Pierre Le Moyne d’Iberville (Margry [éd.] 1881), nous est parvenue sans éléments de contexte qui permettraient de la dater et de l’associer à un collecteur. Cependant, sa place dans l’ensemble du fonds indique une piste de datation – autour de 1701 – mais une provenance incertaine. La liste est en effet copiée dans un cahier contenant également une relation demeurée inédite d’un garde-marine, le chevalier de Bouloc, qui participa à la seconde expédition d’Iberville et remonta avec lui une partie du Mississippi jusqu’aux Bayagoula. Elle pourrait aussi bien avoir été transmise par un missionnaire, le jésuite Paul Du Ru – lequel note dans son journal le 28 février 1700 « je m’attache à leur langue parce que c’est une des plus étendues de ce pays-ci ; il y a ici huit ou dix nations qui la parlent » (Villiers 1925 : 124 ; AN 2 ; Ayer Ms 262) ; ou par le prêtre des Missions étrangères du Séminaire de Québec, François de Montigny. L’un comme l’autre se trouvent dans la région au même moment qu’Iberville et rentrent en France, respectivement en 1702 et 1700 (NAF 7485 ; Galloway 1995 : 192 ; Baillargeon 2003 : 73-90). Claude Delisle (1644-1720) ou son fils, Guillaume (1675-1726), comme l’attestent les « remarques tirées de vive voix de M. de montigny », sont en contact avec le prêtre après son retour (AN 3). Une autre source possible serait l’enseigne de vaisseau Jean de Sauvole, dont les Delisle ont également conservé le journal relatant ses activités au fort de Biloxy qu’il commande, entre le départ d’Iberville en mai 1699 et son retour en 1700. Sauvole établit en effet un contact amical avec le chef bayagoula Antobiscania, auprès duquel il envoie, ainsi qu’aux Houma, « deux de [leurs] jeunes garçons, pour qu’ils apprennent leur langue » (Margry [éd.] 1881 : 448).
5L’atelier des Delisle, père et fils, joue un rôle important dans le développement de la cartographie, notamment louisianaise, dans la première moitié du xviiie siècle (Dawson 2000). Les papiers conservés de leur activité illustrent, de plus d’une façon, le processus par lequel l’information en provenance des « lointains » (Martignon 2024) – ici américains – était sélectionnée, recherchée par divers canaux et auprès d’une diversité d’acteurs : outre des copies de lettres, des mémoires manuscrits ou des cartes, on y trouve des passages copiés à partir de livres imprimés, des entretiens avec des témoins directs, mais aussi des vocabulaires, des listes de nations ou de villages, le tout souvent annoté dans les marges.
- 3 Voir par exemple Henri Joutel (Margry 1879 : 275)
6Le vocabulaire n’avait pas été signalé jusqu’ici (Brown et Hardy 2000 ; Goddard et al. 2004 : 175-176). Outre son intérêt direct pour les linguistes – il serait le seul témoignage direct permettant de confirmer l’appartenance du bayagoula, réputé proche du houma, au rameau des langues muscoguéennes –, il atteste dans notre perspective de la diversité des activités d’inscription et du processus de recueil d’informations. Bien que la collecte de vocabulaires soit fréquemment signalée dans les journaux d’exploration3, ces listes ne sont que rarement parvenues jusqu’à nous. Par leur forme et par les pratiques de collecte qu’elles supposent, celles-ci se distinguent à l’évidence assez peu des listes de populations ou de villages, associées ou non à des recensements. Cette dernière forme, le recensement, a en outre le mérite de faire apparaître plus clairement la visée pratique de ces inscriptions et les motivations militaires et impérialistes qui les fondent (Havard 2022). Il s’agit non seulement de se situer en identifiant et localisant les groupes (qui est où ?), mais aussi de jauger les forces en présence – y est presque toujours évalué le « nombre d’hommes en état de porter les armes » –, c’est-à-dire de convertir immédiatement la connaissance géographique en savoir géopolitique : quel est le rapport de force ? quelles sont les alliances, les groupements politiques ? qui maîtrise l’espace, les ressources ? des rivaux sont-ils déjà présents ?
- 4 La liste apparaît dans un dossier de notes attribuées à Claude Delisle qui est une copie plus tardi (...)
7À cet égard, il est significatif que, dès son deuxième voyage exploratoire, Iberville ait cherché à obtenir une liste des villages choctaw, décrits comme un ensemble démographique important et relativement unifié (AN 5 ; document 2)4. Ce sera, tout au long de la période française, un topos : les Choctaw sont des alliés essentiels de la colonie, parce qu’ils sont capables d’aligner plusieurs milliers de guerriers, ils en garantiraient la sécurité et notamment, la protègeraient des Britanniques à l’est.
8Cette liste des villages pourrait être le résultat d’un entretien avec les deux chefs choctaw rencontrés près des Tohomé et invités par Iberville à bord de son bateau en 1700 (Margry [éd.] 1881 : 429 ; 456). Plus probablement, elle serait le résultat du voyage de Henri de Tonti en 1702 (AN 4) qui, le premier, traverse le pays choctaw jusqu’aux villages chickasaw (Galloway 1982 : 146-175 ; Galloway 1995 : 193-199 ; Margry [éd.] 1881 : 507). À son retour, une ambassade l’accompagne et Iberville s’entretient avec des chefs choctaw et chickasaw au nouveau fort de La Mobile (Galloway 1995 : 190, 196 ; Margry [éd.] 1881 : 516-519). La liste se présente en deux parties, dont la première seulement concerne les « Chaqta », l’autre recensant les villages des Chickasaw. À ce moment, en effet, les deux groupes intéressent tout autant les Français, bien que les Chickasaw soient considérés comme des alliés des Anglais. Les efforts d’Iberville, en 1702, visent justement à formaliser une paix entre les deux nations et à les intéresser au commerce de peaux de chevreuil avec les Français, plutôt qu’à celui d’esclaves amérindiens avec les Anglais de Caroline. On y reconnaît plusieurs noms de villages identifiables dans les listes ou journaux postérieurs ; d’autres sont soit manquants, soit difficiles à identifier (Swanton 1931 : 59-75).
- 5 Nous visons en particulier ici la lecture qu’en propose Greg O’Brien (2002 : 16), qui lit « Imonkla (...)
- 6 Pour une discussion comparée des cas creek, chickasaw et choctaw, voir : Balloy 2023 : 246-275.
9Patricia Galloway (1995 : 197-199) s’est demandé pourquoi nous avons cette liste d’un seul tenant des villages choctaw alors qu’Iberville, au même moment, relevait dans son journal l’existence d’une division tripartite (« dans trois villages différens » : Margry [éd.] 1881 : 519) de la Nation Choctaw. Il s’agit certainement ici d’une forme intégrative d’organisation, à la fois territoriale et socio-rituelle, de l’ensemble des villages autonomes choctaw — le journal témoignant ainsi de son ancienneté. Nous peinons toutefois à saisir exactement ce qu’était cette organisation socio-spatiale. C’est là un problème persistant des sources françaises dans la première moitié du xviiie siècle (Balloy 2019) où nous ne pouvons que constater les décalages voire les manières très différentes d’opérer ces découpages, d’un observateur à l’autre – comme dans les listes que dresseront autour de 1730 les officiers de Marine Régis du Roullet (tripartite) et Joseph Christophe de Lusser (bipartite). Il se pourrait toutefois que ces écarts ne relèvent pas uniquement d’une confusion de la part des Français mais portent témoignage, d’une part, d’une certaine fluidité de ce mode d’intégration politique choctaw dans la première moitié du xviiie siècle ; et, d’autre part, du mode de combinaison (à deux termes) d’une pluralité (trois ou plus) d’entités de niveau inférieur propre à cette fluidité. Pour cette raison, il n’est pas certain qu’il faille chercher, de façon rétrospective, dans l’expression ougahouslasla chaqueta qui coiffe la liste de villages, la confirmation transparente de l’un ou l’autre terme (inholahta / imonklasha) par lesquels les Choctaw désignaient une division binaire de leur société5 : ce que missionnaires et anthropologues aux xixe et xxe siècles décriront – au niveau des individus — comme une organisation à moitié ou, ainsi que Mary Haas (1940) l’a fait pour les Muscogee (Creek) voisins, une organisation à semi-division au niveau des villages (Swanton 1931)6.
- 7 Pour la lettre : Anom 4. Une traduction anglaise a été publiée dans Rowland et Sanders (éd.) 1973 : (...)
10Ces hésitations et les discussions auxquelles elles donnent lieu sont révélatrices des limites de notre connaissance des principes d’organisation sociale, politique, rituelle et territoriale des groupes choctaw, en particulier pour la première moitié du xviiie siècle. Elles nous renvoient au paradoxe de la faiblesse du savoir produit intentionnellement par les administrateurs coloniaux à propos d’un groupe pourtant sans cesse présenté comme un allié puissant et un garde-fou. Ce n’est d’ailleurs pas seulement celui des administrateurs coloniaux qui manque à l’appel : tout aussi intrigante est l’absence de savoir produit par les missionnaires, comme le jésuite Michel Beaudouin (ou Baudouin), qui résida pourtant plus de vingt ans (1728-1751) à Chicachaé, village choctaw situé sur les berges de la rivière portant toujours ce nom, Chickasawhay (O’Neill 2003). Nous avons ainsi choisi de reproduire un extrait d’une lettre de ce même Beaudouin, datée du 23 novembre 1732 (document 3)7. Celle-ci s’ouvre sur une synthèse historico-sociologique à propos des Choctaw, en réponse aux questions intéressées que lui avait adressées le commissaire-ordonnateur Edmé Gatien Salmon, arrivé en 1731 dans la colonie. Ce fragment nous permet de saisir immédiatement la connaissance des Choctaw que pouvait en avoir un acteur très immergé en leur sein autour des années 1730. En outre, il illustre une configuration particulière de production de savoir : l’enquête et l’information requise par un administrateur nouvellement arrivé. Celles-ci obligent à expliciter et formaliser une constellation de connaissances mobilisées en permanence par les acteurs, mais qui, faute de sources, échapperaient sans cela en grande partie aux historiens et historiennes. Pour autant, loin d’ouvrir une fenêtre transparente sur une réalité inédite, le témoignage de Beaudouin révèle aussi les limites d’un savoir incertain. Sa réponse complète et anticipe nécessairement les attentes non formulées d’un interlocuteur, y projetant des motivations contingentes et des enjeux tactiques – ainsi le jeu des factions entre les gouverneurs et ceux qui tiennent lieu d’intendants ou les rivalités entre ordres religieux, prêtres des missions étrangères, capucins et jésuites, par exemple. Pour être extérieurs et englobants, ces motivations et enjeux n’en travaillent pas moins le texte.
- 8 Pour les journaux de Du Roullet , voir : Anom 1 ; Anom 3 ; AN 6. Pour des éditions partielles ou c (...)
- 9 Voir Musco, Ellis et Spring, ce numéro.
11Ce type de description nous renvoie aux journaux de mission laissés par les officiers amenés à parcourir le pays choctaw en particulier Du Roullet et Lusser, autour de 17308. Leurs missions, ordonnées par le gouverneur Étienne de Perier, ont lieu au moment du massacre perpétré par les Natchez contre les Français installés sur leurs terres à proximité du fort Rosalie, en novembre 1729 ; puis dans la période de répression militaire lancée contre les Natchez et leurs alliés chickasaw notamment, avec l’appui des Choctaw, dans les années qui suivent (Havard 2024). Parti fin 1729 de La Mobile, Du Roullet décrit une première tournée diplomatique motivée par les plaintes des chefs choctaw relatives aux conditions désavantageuses de la traite – et dont le commandant à La Mobile, Diron d’Artaguiette, semble en partie responsable9. Perier y voit l’occasion de contourner le monopole de fait de ce dernier, en projetant d’ouvrir, pour la Compagnie, un magasin permanent dans l’un des villages choctaw. Sans nouvelles de Du Roullet alors qu’il apprend le massacre, Perier, dès janvier 1730, envoie Lusser parcourir le pays choctaw, et compléter la mission de Du Roullet. Au printemps 1730, les deux officiers installent finalement un magasin de traite au village de Haiyowʋni, le plus méridional du pays choctaw, dont Du Roullet prendra la tête jusqu’à son départ de la colonie en 1733. En 1732, Du Roullet effectue une nouvelle mission, plus proprement hydrographique, pour le compte de Perier. Il confirme – pour les Français – la connexion entre les sources de la rivière Pearl, au nord-ouest du pays choctaw, et le lac Pontchartrain, et par conséquent, de ce dernier avec La Nouvelle-Orléans. C’est alors que Du Roullet en relève le cours à la boussole. La mission confirme surtout la faible profondeur de la rivière, qui la rend impropre à la navigation et au transport de marchandises une grande partie de l’année.
12Ces missions ont lieu dans une période de tensions entre Français et Choctaw, mais aussi entre villages, ce que les journaux de Lusser et Du Roullet, qui relatent divers entretiens, assemblées et conversations avec des chefs, nous permettent de suivre à une échelle très fine, villageoise voire infra-villageoise (Havard 2022). Ces tensions, alors que la colonie est rétrocédée à la Couronne, sont liées aux difficultés d’approvisionnement récurrentes en marchandises de traite que connaissent les Français en Louisiane. La conscience qu’ont les Choctaw de jouer un rôle d’allié stratégique pour la colonie est, à ce moment-là, exacerbée par leur engagement déterminant contre les Natchez. Grâce à eux, les Français récupèreront dans les mois suivant le massacre une partie des captifs – surtout des femmes et des enfants. Aux réclamations constantes des chefs sur le prix des marchandises échangées contre des peaux de chevreuil et sur les distributions annuelles de présents diplomatiques viennent ainsi s’ajouter des demandes de rétribution à la « pièce » – scalp natchez ou esclave restitué – que les Français jugent excessives. En révélant crûment l’état du rapport de force, les Choctaw blessent fortement l’image que les Français se font de leur situation. Du côté des Choctaw, l’exigence des autorités louisianaises de se voir restituer coûte que coûte tous les esclaves repris sur les Natchez, au prétexte que leur capture n’aurait pas affecté leur statut de « propriété » servile, est une source de tensions importante. Il transparaît qu’aux yeux des Choctaw la demande est exorbitante. En creux, ce différend laisse affleurer des manières très différentes de concevoir la captivité, la prise de guerre et les pratiques supposées prévaloir dans une relation équilibrée entre alliés. Enfin, la présence des traiteurs britanniques chez les Chickasaw et les ouvertures économiques et diplomatiques de plus en plus pressantes qu’ils relaient de la part du gouvernement colonial de la Caroline fournissent aux Choctaw un puissant levier stratégique de négociation. Cela ajoute au ressentiment des autorités coloniales louisianaises et des officiers.
13Dans la perspective de ce dossier documentaire, le statut d’inscription de ces journaux de mission, évident en soi, nous semble pouvoir être plus précisément saisi dans la relation étroite qu’ils entretiennent avec la liste. D’abord, parce que les journaux – aussi bien celui de Du Roullet que celui de Lusser – contiennent des listes de villages ; mais aussi, parce que le journal fonctionne d’emblée comme une quasi-liste. L’entrée quotidienne, la reprise sans cesse des mêmes informations – où ? en passant par quels lieux ? ayant échangé avec qui ? – appellent la liste, paraissent la réclamer comme un prolongement visuel synthétique, dépouillé et donc mieux mobilisable.
14On a choisi de reproduire ici plusieurs de ces listes de villages. Celle qui conclut le journal de mission (12 janvier – 23 mars 1730) du capitaine d’origine suisse de Lusser, présente la particularité d’être structurée en deux parties (document 4). Contemporaine de la description fournie par Beaudouin, elle paraît l’entériner. Une telle conclusion est toutefois rendue problématique par l’existence d’une autre liste, reproduite également, associée au journal de Du Roullet en 1732 (document 5). Celle-ci décrit, quant à elle, une organisation territoriale tripartite des Choctaw, qui rappelle l’observation précoce formulée par Iberville en 1702. Pour souligner les difficultés d’interprétation que soulèvent ces listes, nous proposons de les mettre en regard de deux autres listes de villages choctaw. L’une, associée au mémoire d’un anonyme – qui se présente comme un Anglais installé en Louisiane –, dont le contenu semble dater des années 1730 (document 6 ; Ayer Ms 530 : f. 117-118, 110-11 ; Swanton 1918 ; 1931). L’autre accompagne une carte française du pays choctaw aujourd’hui conservée à Madrid, dont nous ne savons presque rien sinon qu’elle constitue l’une des tentatives les plus abouties de figuration géographique des villages, probablement aux alentours de 1740 (document 7 ; voir ci-après).
15La liste de Lusser présente la spécificité unique d’expliciter un niveau territorial inférieur, le groupe de villages, auquel le texte du journal ne fait que partiellement écho. Qui plus est, la valeur hiérarchique du lien entre les villages au sein d’un groupe trouve dans cette liste son enregistrement le plus éloquent. De nombreux villages y sont ainsi caractérisés à la fois comme des entités autonomes à part entière – possédant un chef, notamment, à la différence des hameaux – et comme des unités subordonnées, rattachées à un village principal avec lequel elles forment une unité intermédiaire.
16On a également voulu mettre en avant la toponymie ou plus exactement la riche hydronymie (noms donnés aux cours d’eau) préservée par Du Roullet et Lusser dans leurs journaux. En présentant sous forme de liste les termes que nous extrayons du récit de ce dernier (document 8), nous procédons à une forme de traduction visuelle du « journal » ou , mieux, à sa réduction schématique car la liste y existait à l’état de virtualité latente. Si la liste autorise plus facilement des formes de recombinaison et d’appropriation de ces fragments détachés de discours choctaw, par exemple pour établir des itinéraires fréquentés et identifier des lieux, c’est d’abord parce qu’elle les fait mieux apparaître comme tels, dans leur autonomie vis-à-vis du discours qui les enchâsse. Ainsi, et en partie à rebours des intentions des officiers français qui les ont enregistrés et préservés, ces fragments de textes choctaw possèdent une valeur linguistique et culturelle à part entière.
- 10 Il s’agit d’un travail en cours au sein du CNHPD.
17Le passage à une inscription de type « liste » rend également possible un travail de comparaison des toponymes enregistrés par Lusser et Du Roullet. Cette comparaison systématique a été entreprise par Ryan Spring et Ian Thompson au Choctaw Nation Historic Preservation Department (CNHPD), afin d’identifier au plus près des toponymes les itinéraires et les voies empruntés pour circuler entre La Mobile et le pays choctaw, vers 1730. Ces chemins paraissent avoir été relativement stables, ce que confirment, pour des périodes postérieures, les travaux d’identification des principaux faisceaux routiers amérindiens, à l’échelle du pays choctaw ou à l’échelle régionale (Carleton 1989 cité dans Galloway 1995 : 195 ; Halbert 1902 ; Brown 1902 ; Myer 1928). La comparaison des journaux de Lusser et Du Roullet permet d’apprécier le fait que l’usage des hydronymes se révèle également stable et socialisé. Cette stabilité n’était toutefois pas incompatible avec une dose d’ajustement historique, comme le révèlent par exemple les toponymes faisant référence au cheval, un animal dont l’introduction en pays choctaw datait, vers 1730, de quelques décennies au plus10.
18Comment, enfin, omettre les cartes de cette série documentaire d’inscriptions, allant du lisible au visible, qui ont cherché, dans la première moitié du xviiie siècle, à mettre en forme, à faire apparaître le pays choctaw ? Du texte à la carte, une partie de l’information est perdue, que la liste retient partiellement. Et si la simplification du lisible s’opérant lors du passage à la liste est gage de visibilité, il faut aussi admettre que celle-ci est toujours moindre comparée à celle qu’offre la carte.
- 11 Gilles Havard, communication personnelle, 21 mars 2025.
- 12 La date du 14 juillet doit être corrigée ; il embarqua le 4 juillet sur la rivière aux Perles, d’ap (...)
19En définitive, à ne retenir que le versant instrumental des différents documents présentés, on risquerait d’oublier que les outils, quel que soit leur potentiel, n’opèrent pas par eux-mêmes. Ce qui surprend, à considérer rétrospectivement le cas du pays choctaw, c’est justement l’absence d’exploitation coordonnée, de réduction impérialiste de toutes ces traces graphiques en une synthèse mobilisable – une observation qui pourrait, du reste, s’appliquer à d’autres espaces coloniaux et qui renvoie, plus largement, à la faiblesse des pratiques de systématisation dans la France d’Ancien Régime. Savoirs locaux manifestés dans des inscriptions ad hoc ou transitoires et savoirs impériaux ne se confondent pas11. On reste frappé, outre les discordances non résolues entre les listes de villages, on l’a dit, par l’absence d’intérêt à intégrer et situer, dans des cartes régionales, le réseau des villages du pays choctaw (Galloway 1995 : 205-264). On connaît deux cartes manuscrites – l’une « du chemin du Fort de La Mobile aux villages des Tchaktas levé par estime en 1732 le 14 juillet par Monsieur Regis du Roullet Officier dans la Colonie » (SHD R68-71), l’autre « Carte du cours de la Riviere aux Perles depuis Boukfouka jusquà son embouchure qui est à la passe a Dion vis à vis l’Isle aux Oyes levée à l’estime le 14 juillet 1732 par Monsieur Regis du Roullet Officier dans la colonie » (SHD, R69-41) – directement issues de la mission hydrographique de 1732 (document 9)12. Il faut associer à cette dernière, dont elle représente sans doute un état postérieur mais inachevé, une carte du même recueil (SHD R69-42). Un « exposé de l’état de service » de Du Roullet, daté d’avril 1747 (Anom 6), précise :
Mr Perier […] chargea le Sr de Regis de faire la decouverte de la riviere aux perles […] il en a fait faire une carte a son arrivée a paris en 1733, cette carte a été presentée a Mr le Comte de Maurepas, par Mr le Comte de Caylus, avec la routte de la mobille a la riviere aux perles en passant au travers de la nation des tchactas quil avoit relevé et quil a joint a son journal de la riviere aux perles, avec le recensement de cette nation dont il le conserve encore, avec celuy qu’il a écrit de tout ce qui cet pasé pendant les cinq années [1729-1733] quil a resté aux tchactas.
- 13 Le dossier personnel de Crénay (Cresnay) indique toutefois la date du 1er septembre 1734 pour la pr (...)
- 14 Une carte manuscrite de Jean-Baptiste d’Anville (BnF GE C-9905) de juin 1732 situe toutefois très p (...)
20Il n’est en effet pas évident que les cartes du SHD soient de la main de Du Roullet ; il les aurait plutôt fait faire. On sait qu’il « s’embarqua avec Mr perier et crenay au mois de juin 1733 et sejourna en France » (ibid.). Du Roullet paraît avoir entretenu des rapports étroits avec le baron de Crenay, qui était lieutenant de La Mobile en 1732 et jusqu’en 1733. Les deux officiers se retrouveront à nouveau sur le bateau qui les mène à Cayenne en 1735 (ibid.)13. On peut penser qu’ils avaient déjà noué des rapports dès la Louisiane et significativement dans la période où Du Roullet était missionné, en 1732. Une carte attribuée au commandant à La Mobile, le baron de Crenay, réalisée en mars 1733 (Anom 7), reprend le cours de la rivière aux Perles, tel que l’a relevé Du Roullet quelques mois plus tôt, passant notamment à proximité du village de Boucfouca. Cette carte est certainement le fruit de leur collaboration. Elle est également remarquable par sa figuration du pays choctaw. La façon dont les noms de village y sont transcrits ne correspond cependant pas du tout à celle qu’emploie, de manière relativement cohérente, Du Roullet, dans ses différentes listes. Par l’ampleur de sa couverture, la carte de Crénay implique par ailleurs des sources plus diverses, relatives aux villages des Chickasaw ou des Muscogee en amont du fleuve Alabama14.
- 15 Il existe une copie de cette carte réalisée par Demarigny, le 10 mai 1743 à La Nouvelle-Orléans (G4 (...)
21Il est en tout cas flagrant qu’une carte à peine postérieure, datée du 21 juin 1740 (SHD R69-15), produite en Louisiane par d’autres officiers – Broutin, Vergés et Saucier – au moment du conflit avec les Chickasaw, n’intègre pas la reconnaissance du tracé de la rivière aux Perles, qui se jette dans le lac Pontchartrain (document 10)15. Tout en laissant en partie incertaine, sur la carte, la situation des villages choctaw par rapport à l’amont de la rivière tel qu’il est figuré, celle-ci constitue l’une des tentatives les plus abouties de transcription cartographique des connaissances sur le pays choctaw dans une vue régionale, même si la description des villages y est moins précise que dans celle de Crénay.
- 16 Les deux cartouches des coins supérieurs offrent une synthèse du mémoire.
- 17 Le commentaire de Broutin reporté sur la carte est contradictoire avec son mémoire et avec ce qu’on (...)
- 18 Une carte (SHD R69-43) datée du 25 août 1750 est ainsi présentée comme une « carte réduite d’après (...)
22La portion de route à l’estime qui relie le Mississippi au fort Tombecbé, sur l’actuelle rivière Tombigbee, en passant par la rivière Yazoo et le pays choctaw, s’appuie sur une mission de reconnaissance du dessinateur Saucier en janvier 1738, accompagné de « quatre soldats et deux sauvages » (AN 7). Les journaux tenus à cette occasion semblent malheureusement perdus. On sait toutefois, grâce au long commentaire de Broutin dans un mémoire du 10 juin 1740 accompagnant cette carte16, que Saucier, après avoir parcouru le pays choctaw d’ouest en est jusqu’au fort Tombecbé, y est ensuite revenu et qu’il a descendu « en pirogue » la rivière Chickasawhay (« rivière des Pascagoula ») jusqu’à la mer. En 1740, après s’être rendu depuis le fort de l’Assomption jusqu’aux villages chickasaw, Saucier est redescendu en passant par le pays choctaw17. On peut par ailleurs se demander si la carte voulue par Régis du Roullet, sitôt produite en France, a vraiment circulé puisqu’il apparaît que le cartographe et académicien Philippe Buache, dès 1737, devait proposer sa propre mise en carte en repartant directement du journal de du Roullet18.
- 19 La carte est conservée à Madrid (Servicio Histórico Militar 1989, pl. 102) sans que nous sachions s (...)
23La carte de Broutin, Saucier et Vergés consolide et intègre, à l’évidence, des travaux cartographiques préparatoires – quitte à en simplifier l’information, du fait du changement d’échelle notamment. Une carte, stylistiquement très proche, intitulée « Plan figuré des villages Tchactas », pourrait bien être l’une de ces œuvres préparatoires. Une notation manuscrite – « ce plan n’a été fait que pour donner seullemt une idé [sic] de la position des villages » – et la signature de Broutin, en haut à droite, suggèrent qu’il en est l’auteur19. La façon dont les noms de village sont transcrits, les traductions proposées comme les noms des « chefs à médaille » relevés sont autant d’éléments qui paraissent renvoyer à la liste compilée par Du Roullet en 1732. Resterait toutefois à expliquer pourquoi, alors, les villages sont ici organisés en deux « parties », au lieu des trois du recensement de Du Roullet. On l’a dit, loin d’être strictement cumulatif, le processus de mise en forme du pays choctaw a plutôt eu une allure heurtée et dispersée.
24Les inscriptions, à la fois diverses et éparpillées, bien qu’en partie liées entre elles, conservées dans les dépôts d’archives et présentées ici, parlent du pays choctaw. Elles le disent, le décrivent, le situent, lui donnent un visage cartographique et font entendre, translittéré en partie dans la toponymie, son langage. Illustrent-elles, pour autant, un processus cumulatif de savoirs, mis en œuvre par les agents coloniaux, officiers des troupes de la Marine ou missionnaires, au service d’un projet impérial, piloté depuis les bureaux de la Marine ? Prises individuellement, ces inscriptions sont autant de témoignages d’un effort de connaissance et de réduction visuelle ou graphique. Prises ensemble, elles accusent un processus de connaissance incomplet, fragmentaire, qui a été tâtonnant et incertain. Cela tient pour partie aux qualités, aux savoirs ou méthodes de ceux qui l’ont entrepris, mais il nous semble, plus fondamentalement, que l’ensemble atteste du fait que la connaissance du pays choctaw, sa description et sa figuration cartographique n’ont jamais constitué un objectif particulier du pouvoir colonial dans la première moitié du xviiie siècle.
25Transcription
Navire Pinachitou, la mer Counitouma, Grande Rivière Aquia Balbanchia, Ruisseau Mapoa, un boeuf Ianaché, un chevreuil Issée, un loup ouloupa, un ours nita, un crocodile Soulouhouba, de la Rassade Silquiy, village Tamaja, le Septentrion Tolomé, le midi oujamé, le couchant Scantoula, le levant oucoulchac, un lac Barta, Bateau Pina » (AN 1)
26Transcription
« Puisque votre zele Monsieur pour le bien de cette Colonie ne se borne pas a la Nlle Orleans et aux habitations françoises qui en dependent mais quil penetre encore jusque au plus proffond des forts de la Louisiane pour y scavoir ce qui se passe parmy les sauvages je me feray un devoir de secourir sur cela vos veües et de vous entretenir des Chactas parmy lesquels je suis missionnaire depuis longtemps pour commencer je vais repondre en peu de mots aux questions que vous avez bien voulu me faire en attendant que je puisse (218v) y satisfaire plus au long de vive voix à la nouvelle Orleans ou jespère dans peu vous offrir mes très humbles Respects [.]
27La nation Chaktas est celle qui occupe le plus de terrain dans ce continent, on compte 42 villages de gens qui parlent entierrement la meme langue ; Tous ces villages sont partagés en deux bandes que les Chaktas distinguent en apellant les uns villages de deça et les autres Villages de dela le marest plat, ce n’est cependant pas un marest mais un grand Ruisseau qui separe tous les villages Tchactas en deux parties presques egales, comme ce Ruisseau court Nord et Sud pour distinguer plus (219) facilement les Villages nous nommons ceux qui sont du costé du Ruisseau Villages de la partie de l’Est, et ceux qui sont de l’autre costé Villages de la Partie d’oüest Ces Villages sont fort etendües et eloignés les uns des autres.
28Il y en a quelques uns qui ont 4 ou 5 lieües de long Ordinairement ils sont de deux lieües, une lieue demy les plus petits sont pour le moins d’une demye lieüe, les Cabanes sont séparées par un très long Espace d’où il arrive que les gens d’un mesme Village ne se connoissent presque pas, et soit parceque les Tchactas ne Scasent pas Compter soit par ce qu’ils aiment a Se Tromper, ils se sont faits de tous Tems et se font encore aujourd’huy beaucoup (219v) plus nombreux qu’ils ne sont [.]
29Un Interprette qui est parmy eux depuis 25 a 30 ans estime quil y a 5000 Tchaktas portant les armes pour moy jay parcouru le plus grand nombre des villages Tchaktas, celuy ou je demeure est tres frequenté des Chefs de la Nation qui y passent Continuellement soit pour aller chercher leurs presens ala Mobile soit pour aller traitter aux Eouanné, ou ils ont un magasin, ce qui ma souvent donné Occasion de les questionner, et je trouve suivant mon Calcul et l’analise que j’ay fait des Guerriers de Chaque Village quil n’y a pas plus de 1466 Tchaktas propres a faire Campagne.
30Pour ce qui regarde l’autorité (220) du grand Chef des Tchactas elle n’est pas des plus absolue et il s’en faut beaucoup que son pouvoir ne soit despotique dans sa nation ; tous les Villages sont autant de petites républiques ou chacun fait comme il l’Entend, au reste cette dignité de grand Chef des Tchactas n’est pas fort ancienne il n’y a que 20 a 25 ans qu’elle est Etablye, et pour donner du Credit a celuy qui en estoit revestue ont [sic] luy faisoit un present annüel fort Considerable, dont il faisoit part aux differents Chefs des principaux Villages Tchactas, quil sattachoit et maintenoit par la dans ses Interests, mais depuis que les François ont multipliés les (220v) presens, ceux qui les recoivent Immediatement des françois s’embarrassent assez peu du grand Chef de leur nation dont Ils ne craignent pas le pouvoir [.]
31Les Tchactas paroissent assés portés pour nous surtout les Chicachaés et Conchas qui ne se departiront jamais de la fidelité quils doivent aux francois.
32Les Tchicachaés sapeloient autrefois Tchactas de la prairie et Composoient dix villages considerables ; pour lors les Anglois leurs firent faire une guerre Cruelle par leurs alliés a qui ils donnerent des armes a feu, Tandis que les Chicachaés et Conchas n’avoient que l’arc et la fleche, comme la partie n’etoit pas Egalle (221) ils perdirent plus de deux mille guerriers et auroient esté entierement defaits, si ils n’eussent abandonnés leurs anciens Villages et n’eussent implorés la protection de M. de Bienville qui estoit commandant ala Mobile et qui les recut avec bonté, leur fit presens d’armes a feu et de munitions, avec ce secours, ils vinrent a bout de repousser leurs Ennemis ; M de Bienville ne se contenta pas de leurs avoir donné dequoy se deffendre, il voulut encore mettre la Paix dans la nation Tchactas que les anglois avoient entierement divisée, pour cet Effet il envoya un Interprette au principal Village des Tchactas pour dire aux Considérés de la nation (car [221v] pour lors il ny avoit pas encore de grand Chef) quil prenoit sous sa protection les Conchas et les Chicachaés, et leur avoit donné son amitié et que quoy quils ne fussent pas un grand nombre seur Comme ils l’Etoient de la protection des françois ils marcheroient partout teste levé et ne succomberoient point aux Efforts des anglois, ni de leurs alliés ni meme des Tchactas s’ils persistoient a les Inquieter ; qu’au reste il ne comprenoit pas quelles pouvoient estre leurs veüe en faisant ainsy la Guerre a Ceux de leurs propre Nation,
33Ce Discours Intimida les Tchactas et releva le Courage des Conchas qui resolurent (222), daller a Coentchito principal village des Tchaktas pour y piller les anglois qui y avoient Etably un magasin, ce quils Executerent sans que les partisans des anglois osassent s’i oposer [sic], ils furent dela aux Castacha ou les anglois avoient un second magasin et firent lamesme Chose. Les Tchaktas comprirent que les Conchas n’Etoient plus d’humeur de les menager suposé quils s’opiniatrassent [sic] a recevoir les anglois, et Craignant davoir la guerre avec les francois s’ils n’adheroient aux sentimens de Mr DeBienville, pour meriter sa bienveillance on resolut de Couper la Teste a Conchak Emikko homme (222v) le plus accredité des Tchactas qui avoit fait venir l’anglois et le vouloit absolument maintenir dans la nation. Chikacha oulacta (oncle du grand Chef des Tchactas actuellement en place) se chargea de cette commission, l’Executa heureusement, fut trouver M de Bienville, luy promis une fidelité Inviolable et luy promis la teste de Conchak Emikko, l’assurant que c’estoit le seul dans la Nation qui avoit esté opposé a ses sentimens, et que d’orenavant il Trouveroit Toujours les Tchactas parfaitement soumis a ses ordres ; Chicacha oulakta fut fait grand Chef de la Nation et c’est le premier qui ait esté créé et reconnu (223) comme tel par les Francois.
34On fit de grandes liberalités aux principaux des Tchactas qui lavoient accompagnés et tous s’en retournerent parfaitement Contens [.] »
5. Listes de villages choctaw : Du Roullet 1732 (Archives nationales de France 6)
Du 12 janvier au 25 janvier 1730
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Date du journal de Lusser
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Toponymes relevés par Lusser
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Traduction du toponyme (entre guillemets) ou description données par Lusser
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Type de lieu
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12 janvier 1730
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La Mobile
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Fort français
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Chactaële
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13 janvier
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toponyme non relevé
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Cedrière
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non relevé
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Fourche des deux chemins des Ouanis
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14 janvier
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Boucchito
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Bayouc
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Loucfeata
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15 janvier
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Boucchito
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Bayouc
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non relevé
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Prairie de cannes
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Kintabouc
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« Bayou du Castor »
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non relevé
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« Bayou au gros cyprès »
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Petit Scatapé
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Bayouc
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16 janvier
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Grand Scatapé (12 toises de large)
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Bayouc
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Iteatchaco
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« Le bois bleu »
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non relevé
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Butte
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17 janvier
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non relevé
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Prairies où les chasseurs allument des feux
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Inafalacto
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« Les deux chemins »
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18 janvier
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Yanache founichiny
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« Os des natchez » (sic, yanatche signifie bison)
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Kalebichakalé
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« Les neuf sources d’eau »
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non relevé
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Pinière
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Ouctaaymoulanya
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Prairie tremblante
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Chouchoubachoulouc
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« Le trou au crococodille (sic) »
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19 janvier
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non relevé
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15 cours d’eau sans noms
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Bacatané
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Bayouc
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non relevé
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Prairie de cannes très hautes (1/2 l de longueur)
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20 janvier
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Pinière
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non relevé
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15 cours d’eau sans noms
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non relevé
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« La mauvaise eau »
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Bayouc
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21 janvier
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Ouanis
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Village
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24 janvier
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Ouskichito
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« Les grosses cannes »
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Ayayabouc
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25 janvier
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non relevé
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« Cannes jaunes »
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Bayouc
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Konapa
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Bayouc
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Apeleboucouchi
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Abattis de bois (tempête)
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Octibya
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Bayouc, petite rivière
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Chacchibou
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Bayouc
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Acéhouchy
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Bayouc
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Chicachaé
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Rivière
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Chicachaé
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Village
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Du 16 février au 24 février 1730
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Date du journal de Lusser
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Toponymes relevés par Lusser
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Traduction du toponyme (entre guillemets) ou description données par Lusser
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Type de lieu
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16 février 1730
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Chicachaé
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Village
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non relevé
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Chênière
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17 février
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non relevé
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Montagne (sic, pour contourner Octibya)
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Nombreux cours d’eau « faciles », sans noms
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Cipsi
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Bayouc
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Ouscoubo
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Bayouc
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18 février
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Chaouacha
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Bayouc
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non relevé
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(terrain marécageux, l’oblige à descendre de cheval, sur 1/2 l)
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Accipanya
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Bayouc
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Ruisseaux sans nom
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Concha
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Village
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20 février
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Concha
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Bayouc
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Okeloussa
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Bayouc
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Okeloussa
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Village
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Yajoux
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Village
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Oulictacha
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Village
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Chukinatcha
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Affluent de rivière chicachaé, à 1 journée de là
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bayou
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Bouctoucoula
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Village
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22 février
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Loucfeata
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Au milieu d’une plaine
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Village
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Couenchito
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Village
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non relevé
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Cyprière
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Yanabe
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Village
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Okeloussa
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Village
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23 février
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Bachalouccha
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Bayouc
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Accipanya
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Bayouc
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Itechouca
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« Rat de bois
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Bayouc
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Pays de châtaigniers, noyers, collines et terre noire
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24 février
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non relevé
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Plaine
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non relevé
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Montagnes
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Appellé
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Bayouc
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Inalechas
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Bayouc
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non relevé
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Montagnes de pierre à chaux
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Petit Octibya
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Bayouc
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Grand Octibya
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Bayouc
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Chicachaé
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Rivière
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Chicachaé
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Village
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Du 5 mars au 23 mars 1730
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Date du journal de Lusser
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Toponymes relevés par Lusser
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Traduction du toponyme (entre guillemets) ou description données par Lusser
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Type de lieu
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5 mars 1730
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Chicachaé
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Village
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Souloüe
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Bords vaseux, à pic
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Petite rivière
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Nitabouc
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Bayouc
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Natchoubananya
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Bayouc
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Natchoubananya
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Village (sur la gauche)
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non relevé
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« Un conchac difficile pour les chevaux »
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Prairie de cannes
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Cheniacha
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Village
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Cannes jaunes
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Village
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non relevé
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Chez Ougoulapissania, chef
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Cabane
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6 mars
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Cannes jaunes
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Bayouc
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Oucchouty
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Bayouc
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Boucfilamé
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Bayouc
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Talabouc
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« qui donne son nom au village de Tala »
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Tala
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Village
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Faktlapalé
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?
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Okeata
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Bayouc
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7 mars
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Tchanké
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non relevé
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Petit bayou, difficile, terre tremblante
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Bistacha
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Bayouc
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Bistacha
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Village
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Mougoulacha
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Sur une éminence, entouré de prairies
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Village
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Okeoullou
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Sur un coteau, en prairie
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Village
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Boucfouca
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« Grand village entouré de quantité de Bayoucs »
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8 mars
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Kastacha
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Village
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9 mars
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non relevé
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Bois, prairies, collines, très agréable
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Kafetalaya
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Village
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10 mars
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Mougoulacha
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Village
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Chanké
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Bayouc
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11 mars
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Fokettélapalé
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Village
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Okeata
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Village
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Tala
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Village
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Cheniacha
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Village
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12 mars
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Chicachaé
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Village
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13 mars
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Cheniacha
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Village
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14 mars
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Cannes jaunes
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Village
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non relevé
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Grande place (assemblée)
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Nacchoubanonanya
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Village
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non relevé
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Ravine
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Nacchoubananya
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Bayouc
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Nitaboue
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Bayouc
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15 mars
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Chicachaé
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Village
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17 mars
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non relevé
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Grosses cannes
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18 mars
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Ouanis
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Village
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19 mars
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Loucfeata
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Village
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20 mars
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Bacatanée
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Bayouc
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non relevé
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Prairie tremblante
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21 mars
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non relevé
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« Bois bleu »
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Grand Scatapé
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Bayouc
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Petit Scatapé
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Bayouc
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22 mars
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Boucchito
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23 mars
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non relevé
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Grande cedrière
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La Mobile
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Fort français
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L’auteur tient à remercier les coordinateurs de ce numéro, Paz Núñez-Regueiro et Jonas Musco, ainsi que Gilles Havard pour leurs conseils et leurs généreux commentaires sur des versions antérieures de ce texte.