« La culture constitue un élément fondamental dans le parcours d’intégration »
Résumé
En 41 ans, l’Association pour la promotion de la langue et de la culture soninké est passée de la transmission de la langue soninké aux jeunes générations à l’organisation de festivals culturels dans plusieurs capitales africaines et à un investissement dans la vie citoyenne en France et en Afrique.
Texte intégral
Jacques Barou : Pouvez-vous nous rappeler les circonstances dans lesquelles vous avez créé en 1979 l’Association pour la promotion du soninké ? Quelles ont été les raisons de cette création, les finalités de l’association, ainsi que ses premières actions concrètes ?
- 1 Mody Bathily, Ibrahim Diabira, Christian Girier, Kaaka daga kaara (xaranŋe n do safande), Paris, Cr (...)
- 2 Les membres fondateurs, au nombre de huit, étaient : Ibrahima Diabira, Ousmane Moussa Diagana, Lass (...)
Ousmane Bocar Diagana : En octobre 1974 à Montreuil, des étudiants, des travailleurs, des militants africains, des moniteurs d’alphabétisation soninké, des universitaires français décident de créer le Centre de recherche et d’enseignement du soninké (Cres) dont les objectifs étaient, entre autres, « de retracer l’histoire du peuple soninké, de faire revivre sa culture et d’enseigner sa langue ». Ils publieront dans la foulée plusieurs manuels de grammaire et d’enseignement du soninké entre 1976 et 1978 dont Kaaka daga kaara1. Certains membres du Cres s’interrogeaient sur l’utilité de publier des ouvrages en soninké s’il n’y avait personne, dans la grande masse « non instruite », pour les lire. C’est dans ces circonstances qu’un petit nombre de militants2 décide, en 1979, au foyer de la rue de la Commanderie à Paris 19e, de créer l’Association pour la promotion du soninké (APS), qui ne s’adressera pas aux seuls intellectuels mais ratissera large, auprès de l’ensemble des locuteurs soninké.
- 3 Diadié Soumaré, « Présentation de l’A.P.S. », in Sooninkqrq, n° 1, 1988, p. 4.
Les premières actions concrètes de l’APS étaient centrées sur l’enseignement. En effet, l’APS estimait que, pour la communauté soninké majoritairement analphabète dans sa langue maternelle et en français, l’alphabétisation en langue d’origine présentait un grand intérêt et réduisait considérablement l’effort que représentait l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, du lexique, de l’orthographe et des structures grammaticales d’une langue étrangère. L’apprentissage dans sa langue maternelle ne peut manquer d’avoir un impact psychologique important sur le Soninké qui, alphabétisé dans sa langue, aura plus facilement accès à toute autre langue. C’est le sens des cours d’alphabétisation3.
Les membres fondateurs de l’APS se rendaient de familles en familles, de foyers de travailleurs immigrés en foyers, de villes en villes pour mettre en place des sections APS chargées de les représenter. Quelquefois, ils regroupaient des enfants dans une localité pour leur apprendre à écrire le soninké. Le manuel utilisé par les formateurs était celui du Cres : Kaaka daga kaara pour les enfants soninkophones et Grammaire et syntaxe pour les non-locuteurs soninké.
En ce qui concerne les enfants soninké nés en France et qui par l’école, entre autres, s’imprègnent de la langue et du modèle français, l’APS est convaincue que la connaissance de la langue maternelle et une sensibilisation à la culture d’origine sont d’un grand intérêt pour leur personnalité, pour leur développement affectif, pour l’établissement de rapports authentiques entre eux et leurs parents, pour leur scolarité même et pour leur vie de tous les jours. L’APS fait sienne l’idée que la connaissance de la langue maternelle et la sensibilisation à la culture d’origine sont des facteurs d’ouverture à « l’autre ». C’est pourquoi son action consiste aussi à donner un enseignement en soninké aux enfants pour leur faire acquérir des bases solides en expression orale et les sensibiliser aux valeurs véhiculées par leur culture d’origine. Ces activités d’enseignement, qui ont commencé en 1979, se sont poursuivies et se poursuivent encore aujourd’hui.
L’objectif de l’APS, à travers ces cours de soninké, est de permettre à ces populations, éloignées de leurs pays d’origine, de garder un lien affectif, linguistique et culturel avec eux, de pouvoir lire et écrire. Les cours de français offraient un moyen d’aider beaucoup d’immigrés qui ne maîtrisaient pas du tout le français à acquérir une langue française indispensable à leur insertion sociale et professionnelle dans leur pays d’adoption.
Ces activités se poursuivent encore aujourd’hui en 2020. Des cours de soninké se déroulent tous les dimanches au siège de l’APS et des membres de notre association continuent à enseigner le soninké dans des familles, dans des foyers, en province et partout en France.
Pour mieux asseoir ses activités, les étendre et les développer, l’APS a développé sa représentation en province (Amiens, Creil, Le Havre, Rouen, Lille, Lyon, Marseille, Orléans, etc.) et renforcé son implantation centrale dans les différents quartiers de Paris ou de la banlieue parisienne où la concentration soninké est la plus importante.
J. B. : Au-delà de la transmission de la langue, comment avez-vous envisagé la question de la transmission de la culture ? À travers quels types d’actions concrètes ? À qui s’adressaient-elles en priorité ?
O. B. D. : La transmission de la langue soninké va de pair avec celle de la culture car, pour nous à l’APS, la langue est une manifestation de l’identité culturelle. En effet, la langue, surtout la langue maternelle, est le meilleur vecteur pour transmettre la culture soninké à des enfants soninké nés en France et baignant dès leur naissance dans un environnement linguistique et culturel qui ne favorise pas l’apprentissage de la langue et de la culture soninké. Dès lors, il était du devoir des associations comme l’APS, en parfaite symbiose avec les parents, d’encourager et de créer les conditions de cette transmission culturelle.
- 4 Mahamet Timera, directeur de l’APS, extrait du courrier du 16 février 1996 adressé à M. le maire ad (...)
Les transformations de l’immigration soninké avec l’arrivée des femmes et l’apparition d’une seconde génération ont mis les problèmes sociaux et la question de l’intégration au centre de nos préoccupations. Au fil du temps et de notre expérience en matière d’accompagnement des populations soninké dans leur processus d’installation en France, notre conviction demeure que la culture constitue un élément fondamental dans le parcours d’intégration des jeunes issus de l’immigration. En effet, si les questions d’identité ne sont pas résolues par les jeunes, toute action sociale à leur endroit risque de rater sa cible et de perdre de son efficacité. C’est pourquoi l’APS inscrit fondamentalement son action culturelle auprès des jeunes non dans une stratégie de distanciation et d’opposition à la société française mais dans une optique d’intégration4.
Pour ce qui est de la transmission de la culture, l’APS avait accentué ses efforts auprès des familles qui avaient bien voulu jouer le jeu. Malheureusement, l’équipe avait constaté que, dans certaines d’entre elles, notamment celles vivant en banlieue, la transmission des coutumes soninké à la génération issue de l’immigration faisait défaut. Pire, certaines mamans s’appuyaient sur leurs enfants pour apprendre le français. Du coup, elles ne leur transmettaient pas leur culture d’origine. Il fallait, pour les militants et acteurs de l’APS, casser cette pratique et décomplexer ces mamans.
Pour ce faire, une équipe de l’APS, dirigée par feu Yacouba Diagana, premier directeur de l’association, et Kankou Kante, a décidé de prendre en charge la transmission de nos valeurs culturelles aux enfants. L’équipe les regroupait dans une famille ou au siège de l’APS, le week-end. Elle leur fredonnait, en soninké, quelques chansons, des poèmes, des contes.
- 5 Le « sallin kuuñinde » ou « visites et salutations festives » est une tradition bien établie en mil (...)
- 6 Le « kaawun ou neegan sellande » a lieu, dans les pays d’origine, lors du « xasanne », premier mois (...)
De même, l’équipe avait pris en charge ces jeunes pour leur transmettre d’autres pans de la culture : la danse soninké assurée par Kankou. Ainsi, à l’occasion de nos fêtes religieuses, l’équipe encourageait les enfants à assister aux fameux « sallin kuuñinde5 » que certaines familles organisaient. Et au cours de ces fêtes, nos nourritures, nos rites, nos vêtements traditionnels sont mis en valeur, l’équipe encourageait les enfants à rendre visite à d’autres familles africaines. Parfois, l’équipe les emmenait dans des manifestations publiques. Il en était de même pour le « kaawun ou neegan sellande6 ».
L’APS insistait également auprès des familles afin qu’elles transmettent à nos enfants la langue, mais aussi nos us et coutumes, nos mœurs, nos traditions, nos danses, nos rites, nos nourritures, nos vêtements traditionnels, nos réalisations artistiques, etc. L’équipe insistait sur la nécessité de s’adapter ou d’adapter notre culture soninké, sans la travestir, à notre nouvel environnement en France.
Au début, l’APS travaillait essentiellement avec certains artistes, dont un artiste soninké émérite, feu Mahamadou Doukara, qui avait sa propre troupe de chants et de danse, composée de jeunes filles et de jeunes garçons soninké nés en France et de quelques Françaises, dont une Antillaise. Avec cet artiste et sa troupe, l’APS a organisé des manifestations culturelles qui ont intéressé beaucoup de jeunes qui découvraient ainsi leur culture d’origine. Beaucoup ont pris contact, après, avec l’APS, ce qui conduira plus tard à la création d’une troupe artistique.
Cette transmission de la culture d’origine aux jeunes s’est faite également par l’intermédiaire de l’école. En effet, notre association a joué un rôle important en matière d’aide à l’insertion à travers une collaboration avec l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) au projet SEMIS. Ce projet consistait à intervenir dans des écoles maternelles et primaires à forte fréquentation d’enfants africains, et plus particulièrement soninké. Il visait à ouvrir tous les enfants des classes concernées à certaines valeurs de la culture africaine par divers moyens d’animation : initiation à la musique, à la danse et aux chants, projection de films, découverte de la cuisine traditionnelle…
Cette expérience a démarré en janvier 1987 dans 4 classes de l’école du 155, avenue Parmentier à Paris 11e et a reçu le soutien de l’ACCT. À la fin de l’année scolaire 1986-1987, les enfants, encadrés par le délégué culturel de l’APS, ont alors pu animer la fête de leur école en chantant et en dansant en soninké. Un tel spectacle, donné en présence de responsables de l’académie, de l’établissement, des parents d’élèves et de l’APS, a connu la faveur de toutes les parties.
- 7 Yillenkare signifie « le jour se lève » en soninké.
En août et septembre de la même année, pour montrer à nos enfants nés en France, aux Français et aux autres la richesse et la diversité de notre culture, l’APS a invité, en France, une troupe artistique soninké, celle de l’Association mauritanienne pour la promotion de la langue et de la culture soninké (AMPLCS) : Yillenkare7. Du 10 août au 27 septembre 1987, ils sont venus avec comme cadeaux des mots, des gestes et des rythmes qui expriment la culture soninké dans ce qu’elle a de traditionnel et de novateur, et tout le long des quinze représentations qu’ils ont données, ils ont montré, à travers les chœurs, les ballets et les pièces de théâtre, toute la richesse de cette culture, les valeurs qu’elle véhicule et les promesses dont elle est porteuse.
- 8 Mahamet Timera, directeur de l’APS, extrait du courrier du 16 février 1996 adressé à M. le maire ad (...)
Cette tournée de Yillenkare a créé une sorte d’électrochoc dans la jeunesse soninké de France. Des vocations sont nées. Beaucoup de jeunes se sont rapprochés de l’APS. Et pour répondre à un tel engouement, l’association a créé en 1988 une troupe culturelle : Taare-Taare, cri de joie des Soninké. Cette troupe accueille principalement des enfants nés et éduqués en France et ayant souvent des difficultés à se définir entre les identités des parents qu’ils vivent quotidiennement dans l’espace familial et les identités acquises au fil de leur socialisation par la société française et ses institutions. Quand cette interrogation se pose dans un contexte social difficile, elle prend une allure plus complexe pour les jeunes. Le but est d’aider ces jeunes à construire leur personnalité en intégrant les différents aspects de leurs appartenances, de les rapprocher des parents pour favoriser une intégration familiale, condition d’une intégration tout court8. Le recrutement d’une quinzaine d’adolescents a demandé beaucoup d’efforts pour vaincre les obstacles sociologiques et motiver au départ des garçons et des filles déjà coupés de leurs traditions d’origine.
Le travail a été entrepris dans trois directions : l’initiation aux modes d’expression traditionnels (instruments de musique, chants, danse) ; la création d’un répertoire théâtral moderne écrit et mis en scène par l’APS, tiré de la satire des conditions de vie des immigrés (premières pièces sur les allocations familiales, la cohabitation, l’échec scolaire) ; la préparation de la Biennale du Mali (projet ECUME de l’ACCT en vue d’une participation des jeunes immigrés à ce festival).
- 9 Association pour la promotion du soninké, Rapport d’activité, Saint-Denis, Association pour la prom (...)
Parmi les actions culturelles de l’APS, il y avait également la lutte contre l’échec scolaire. Ayant constaté un taux élevé d’échec scolaire dès la première année de classe, l’APS a décidé de s’investir elle-même pour aider les enfants et les parents. L’APS a entrepris de mobiliser les parents en leur donnant une information sur le système scolaire, le déroulement des études, les rôles respectifs des parents et des enseignants, l’importance du travail de l’enfant à la maison et de son suivi par les parents, et accompagnant parfois ceux-ci pour des premiers contacts (visites aux enseignants, participation aux réunions de parents d’élèves). Un travail d’explication sur les traditions et la sensibilité particulière des Africains a également été mené en direction des Français au cours de réunion de parents d’élèves9.
Depuis sa création en 1979, l’APS organise chaque année plusieurs évènements culturels, dont la fête annuelle de l’APS. En juillet 1988, l’APS a lancé un journal bilingue soninké-français : Sooninkara. Ce périodique regroupe des articles sur la recherche historique et linguistique, la culture et les traditions, les réalités de la vie en France, la condition des immigrés, l’évolution des pays d’origine, les projets de retour et de développement. Sa diffusion s’étend à la France, à la Mauritanie, au Mali, au Sénégal, ainsi qu’à la Suisse, à l’Allemagne et aux États-Unis. Il est par ailleurs vecteur d’échanges avec des revues spécialisées, des instituts et des bibliothèques. Hélas, depuis plusieurs années, sa publication a été interrompue. Le bureau et le conseil d’administration de l’APS sont en train de réfléchir à son redémarrage dans les mois qui viennent.
J. B. : On trouve depuis longtemps des Soninké répartis dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs. Comment avez-vous adapté les actions de l’APS à cette dimension diasporique ? Peut-on dire que les diverses communautés soninké dispersées aient une conscience d’appartenance à un même peuple ? Quel rôle jouent les relations avec le pays d’origine dans cette conscience d’identité commune, et notamment le travail de la Confédération internationale des associations soninké ?
O. B. D. : Un adage soninké dit : « An ga na sooninke noxon booxo, an na sooninke ya ñiini a noxon di », littéralement : « Quand tu ouvres le ventre d’un Soninké, tu ne trouves qu’un Soninké », ou encore cet adage ou conseil : « Sooninko, o me nta me da », littéralement « Soninké, pas de meilleurs liens de parenté que ceux cultivés entre nous ». C’est une façon d’affirmer cette conscience d’appartenir à un même peuple.
Les associations soninké existant dans les pays d’origine (Gambie, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Mali, Mauritanie et Sénégal) regroupent les Soninké de chacun de ces pays. La particularité de l’APS, ici en France et dans la diaspora, c’est au contraire de constituer un creuset pour tous les Soninké, quel que soit leur pays d’origine. La création de l’APS a permis en effet aux Soninké de divers pays de se retrouver, de se connaître en France. Mieux, l’APS ne s’est pas contentée de tisser des liens entre les Soninké de France, elle a mis un point d’honneur à travailler avec les Soninké des pays d’origine sur la langue et la culture.
Au-delà des relations individuelles que l’APS entretient avec chacune des associations nationales soninké, nous avons estimé que, dans l’intérêt des Soninké disséminés dans le monde, il fallait organiser une rencontre annuelle ou bisannuelle pour mieux se connaître et mieux promouvoir notre langue, notre culture et mieux appréhender nos autres problématiques communes, comme les questions du développement local, de la jeunesse, des femmes, etc. Aussi, avec d’autres associations soninké basées en France (Soninkara.com, AJSF, Kantan Sigi, AASF, Sooni Taalibo, Lafias, 2e Génération), nous avons opté pour l’organisation d’un Festival international soninké (FISo) dans nos pays d’origine dans un premier temps, en attendant que cela soit possible dans les pays de la diaspora occidentale. Une telle opportunité reste possible pour toutes les associations membres de la Confédération internationale des associations soninké.
Les deux premiers festivals ont eu lieu en 2011 et en 2012 à Kayes, au Mali. Ils ont été pilotés et financés essentiellement par l’APS, ensuite la troisième édition a eu lieu en février 2014 à Nouakchott en Mauritanie, la quatrième édition (février 2016) à Bamako au Mali, la cinquième édition (février 2018) à Dakar au Sénégal et la sixième édition (février 2020) à Banjul en Gambie.
Lors de la troisième édition du FISo, à Nouakchott, les associations nationales soninké et celles des diasporas ont convenu de créer une association supranationale les regroupant toutes. La confection des statuts a été confiée à l’AMPLCS, et en 2018 à Dakar, un congrès a été organisé pour créer officiellement la Confédération internationale des associations soninké (CIAS) en présence des délégations de tous les pays présents (12 au total). Dès lors, le festival international soninké, l’académie soninké, le projet de musée ou la fondation Mama Dinga, le projet de banque soninké, etc., tous ces projets et d’autres deviennent quelques-unes de ses activités.
Le FISo en tant qu’activité et, aujourd’hui, la CIAS en tant qu’association supranationale constituent un organe d’unification et de rassemblement des Soninké du monde. La CIAS sert à fédérer les initiatives et actions des organisations nationales et celles de la diaspora et des divers acteurs autour de la valorisation et du développement de la culture et de la langue.
La Confédération encourage l’essor de la recherche par la mise en place d’une académie soninké dont le siège sera fixé en Gambie. Les autorités nationales, à commencer par le chef de l’État, se sont engagées à soutenir ses actions. À titre d’exemple, le président gambien Adama Barrow, lors du FISo de Banjul en février 2020, a répondu positivement aux sollicitations des responsables de la Confédération qui demandaient un terrain pour y bâtir le siège de ladite académie.
La CIAS se fixe également comme objectifs l’ancrage du rôle socio-économique de la femme, la réalisation des conditions d’un vivre-ensemble harmonieux entre les Soninké, la protection et la sauvegarde des droits de l’homme, le développement socio-économique, la sauvegarde du patrimoine soninké, l’ancrage des jeunes dans la transformation qualitative de la société, la mise en place d’un musée et d’une institution financière, etc.
J. B. : Comment avez-vous mobilisé des appuis au niveau international pour réaliser les premiers festivals ?
- 10 Ensemble des castes d’artisans traditionnels : tailleurs, forgerons, cordonniers, griots, etc.
O. B. D. : La première édition du FISo de Kayes a été entièrement pilotée et financée à partir de la France par l’APS, plus précisément par son président, feu Diadié Soumare, avec l’appui des partenaires, des artistes, des Niakhamalas10 et des chefs de villages.
C’est à partir de la deuxième édition du festival, à Kayes en 2012, que nous avons commencé à avoir des appuis : le Conseil régional d’Île-de-France, puis la commune et le Conseil régional de Kayes. Ensuite, en 2014, l’État mauritanien et quelques opérateurs économiques mauritaniens, ainsi que le Conseil régional d’Île-de-France ont appuyé financièrement la troisième édition du FISo de Nouakchott. En 2016 à Bamako, des aides sont venues du Mali, de France et d’associations africaines partenaires. En 2018, l’État sénégalais et l’État malien ont appuyé nos efforts. En 2020, l’État gambien, des opérateurs économiques gambiens, les associations membres de la CIAS, les diasporas soninké de France, d’Espagne, des États-Unis, d’Angleterre se sont mobilisés.
J. B. : Ces festivals ont-ils changé l’image que les Soninké vivant en France avaient de leur culture et de leur histoire ?
O. B. D. : Oui, incontestablement ! D’abord, ces festivals ont permis aux Soninké de France d’entrer en contact avec d’autres Soninké venus de Mauritanie, du Mali, du Sénégal, de Gambie, de Guinée Conakry ou de Guinée-Bissau, sans compter ceux venant des diasporas africaines comme la Côte d’Ivoire, l’Angola, le Niger, l’Égypte, le Congo, etc. ou occidentales (Espagne, États-Unis, Angleterre, etc.).
Ensuite, ils ont permis d’appréhender davantage les variétés linguistiques, les différents parlers qui ne sont que des variantes dialectales de leur langue, ce qui en a décomplexé beaucoup qui croyaient que le soninké n’était qu’un patois ou une simple langue vernaculaire.
- 11 Griots spécialisés dans les récits épiques et légendaires, historiens de l’oralité.
En outre, les Soninké savent généralement qu’ils ont une histoire qui tire ses origines de l’Empire du Ghana mais certains, surtout ceux nés en France, ignoraient beaucoup, voire tout, de cette glorieuse histoire. Lors des festivals soninké, des conférences d’historiens émérites comme les professeurs Aboubacar Séga Diqllo, feu Youssouf Tata Cisse ou Abdoulaye Bathily, pour ne citer qu’eux, accompagnés des versions traditionalistes des Geseru11, des griots, ont permis à ces jeunes soninké venant de France d’enrichir leurs connaissances et de se familiariser davantage avec la langue et la culture soninké.
J. B. : Pensez-vous que les actions menées par l’APS ont permis d’éviter l’oubli de la langue et de la culture soninké dans les jeunes générations ?
- 12 Ousmane Moussa Diagana, Le parler soninké de Kaédi (Mauritanie) : syntaxe et sens, Thèse de doctora (...)
O. B. D. : Oui, c’est incontestable ! Pour aider les jeunes générations, à s’approprier leur langue et leur culture, l’APS a formé des adultes, de façon accélérée, par d’éminents linguistes et chercheurs sur le soninké comme feu Ousmane Moussa Diagana, à l’époque, doctorant en linguistique et qui soutiendra ensuite une thèse de doctorat d’État en lettres12, et Ibrahima Diabira, chercheur émérite.
- 13 Siré Camara est rentré définitivement en Mauritanie et a créé en 2002 un centre culturel dénommé Es (...)
Ensuite, des formateurs ont pris en charge des enfants en Île-de-France et en province. Les jeunes avaient également droit à des séances de contes soninké, séances assurées par feu Yakhouba Diagana, en soninké et en français. Siré Camara, très actif dans les activités culturelles de l’APS, participait également à ces séances. Il créera en Mauritanie un espace culturel en poursuivant ses activités13.
L’APS avait compris que l’enseignement de la langue ne suffisait pas pour montrer la riche dimension du sooninkaaxu (la soninkité). Il fallait alors initier ces jeunes générations à d’autres aspects de notre culture. À partir de 1989, la troupe Taare-Taare, composée d’enfants nés en France, a commencé à se produire. Et forte de son succès et de l’enthousiasme qu’elle a créé, elle a attiré beaucoup de jeunes. Jusque dans les années 2007, cette troupe fonctionnait encore, et essentiellement avec des jeunes filles et de jeunes garçons. Des répétitions hebdomadaires avaient alors lieu à la Bourse du travail de Saint-Denis. Hélas, la plupart des jeunes femmes étant mariées, la troupe a perdu une bonne partie de ses éléments moteurs et ses activités se sont alors ralenties. Aujourd’hui, la deuxième génération, en partenariat avec l’APS, avait également initié les enfants de la troisième génération, qui ont présenté un spectacle, en 2012 et en 2018, lors du FISo de Kayes et de Dakar.
J. B. : Les jeunes voient-ils la culture soninké comme un ensemble de traditions appartenant au passé ou comme une culture capable d’exprimer des préoccupations modernes et de prendre un style moderne ?
O. B. D. : La plupart des jeunes générations qui ont pris part à ces manifestations culturelles étaient fières de s’exprimer à travers leur culture d’origine qui n’avait rien à envier aux autres cultures, notamment à celles de l’Occident. Elles en étaient d’autant plus heureuses qu’elles constataient, presque quotidiennement, que beaucoup de Françaises s’initiaient aux danses africaines. Les danses et chants puisaient à la fois dans les traditions soninké mais elles étaient généralement adaptées au monde moderne. Les formateurs sont certes issus des pays d’origine mais, ayant vécu longtemps en Occident, ils adaptaient les danses, chants et chorégraphies soninké au contexte occidental. Il est important de préciser, toutefois, qu’au tout début l’APS avait embauché un formateur en spectacle vivant pour dispenser des cours aux jeunes soninké, ensuite des militants de l’APS ont volontairement et bénévolement pris le relais.
J. B. : Parallèlement à la valorisation du patrimoine culturel soninké, l’APS a encouragé les jeunes à prendre des responsabilités sur la scène politique française, à aller vers un engagement citoyen.
O. B. D. : Comme vous l’avez si bien dit, l’APS a en effet encouragé les jeunes soninké, nés ou vivant en France, à prendre leurs responsabilités dans la vie publique française en général, et sur la scène politique singulièrement. En plus de la promotion de la langue et de la culture, les questions relatives à la citoyenneté, à la cohésion sociale, à l’insertion socio-professionnelle de ses usagers sont devenues une de nos préoccupations. Une nouvelle association a été créée : l’Association des jeunes soninké en France (AJSF). Son siège est à l’APS. En étroite collaboration, les deux associations se sont investies pour que nos enfants, nos petits-enfants, et plus généralement pour que les enfants de l’immigration, aient toute leur place en France.
Le discours de l’APS à ces jeunes a toujours été de leur faire comprendre qu’ils avaient une double culture : ils sont à la fois Français et Maliens, Mauritaniens, Sénégalais, Gambiens, etc. Ils l’ont bien compris et, pour l’écrasante majorité, ils l’ont assumé. Pour ce faire, plusieurs débats et conférences ont été organisés à l’APS, entre les jeunes, sur le thème de la citoyenneté.
Et, lorsque radio Fréquence Paris Plurielle (RFPP : 106.3 FM) a proposé, en 2000, un partenariat avec l’APS, nous avons mis en place une émission hebdomadaire, tous les samedis de 16h00 à 19h30, et depuis 2019 de 16h00 à 18h00. Ces émissions, qui abordent diverses questions en soninké, traitent de l’accès aux droits : droit du travail, logement, sécurité sociale, situations administratives, etc. Une émission intitulée « Jeunesse et citoyenneté » est animée par des jeunes nés en France et des jeunes nés en Afrique. Ils abordent toutes les problématiques relatives aux préoccupations des jeunes. Une émission intitulée « Culture » traite de littérature, de poésies soninké, de l’enseignement de la langue, des arts et musiques soninké à travers des dédicaces, etc. Une émission intitulée « Droit des femmes » est animée généralement par des femmes sur les problématiques les concernant.
Ces émissions sont retransmises en direct sur diverses radios africaines, comme la radio Djida de Bakel, la radio rurale de Kayes, la radio Djida de Dakar et la radio Dembankané du Fouta, et sur Sooninkara.com, notre partenaire. Les auditeurs soninké d’Afrique, d’Amérique ou d’Europe appellent l’émission en direct pour participer aux échanges. Ces émissions, surtout celles animées par les jeunes, ont contribué très largement à diffuser la langue et la culture soninké en France et hors de France. Elles ont surtout permis d’attirer vers les activités de l’APS beaucoup de jeunes. Ces jeunes étaient davantage fiers de leur histoire, de leur langue, tout en s’impliquant dans la vie citoyenne.
J. B. : Pensez-vous qu’un double ancrage, une double présence, pour paraphraser le titre d’un ouvrage d’Abdelmalek Sayad sur la condition d’immigré, soit aujourd’hui possible pour les immigrés et les Français issus de l’immigration soninké ?
- 14 J. Bi, « “L’immigration ou les paradoxes de l’altérité” : la double présence d’Abdelmalek Sayad », (...)
O. B. D. : Je suis entièrement convaincu qu’un double ancrage, une double présence, est aujourd’hui possible pour les immigrés et les Français issus de l’immigration soninké. Si l’auteur que vous paraphrasez « mettait déjà en garde contre les conséquences d’un éventuel rendez-vous manqué entre immigration et citoyenneté14 », l’action et l’expérience de l’APS, à force de persévérance, de conviction, de détermination, montre que le rendez-vous peut réussir. Le tout est de savoir jauger et équilibrer sa double appartenance en s’affirmant, en s’assumant, en se décomplexant de part et d’autre.
L’action de l’APS a contribué, sans conteste, à faire émerger une nouvelle génération de citoyens franco-soninké ou soninko-français qui s’assument et revendiquent fièrement leur double appartenance. Aujourd’hui, de nombreux citoyens qui se revendiquent comme des enfants de l’APS sont des élu(e)s de la République. Les dernières élections municipales des 15 mars et 28 juin 2020 ont montré une percée importante de jeunes franco-soninké, élu(e)s et occupant des postes d’adjoints aux maires de différentes communes d’Île-de-France ou d’ailleurs en France.
J. B. : Pensez-vous que les différentes actions menées par l’APS sont suffisamment reconnues au niveau français et international ? Qu’est-ce qui pourrait contribuer à les faire connaître davantage et à les renforcer ?
O. B. D. : Au plan national, les actions de l’APS sont généralement reconnues et appréciées, et notre association est sollicitée par plusieurs organisations, notamment par des municipalités, sur des questions liées à l’immigration en général et aux Soninké en particulier.
D’abord, dès sa création, l’APS avait été systématiquement sollicitée par plusieurs établissements scolaires (écoles maternelles et primaires) lorsque des enfants d’origine immigrée avaient des difficultés. Dans beaucoup d’établissements parisiens et en banlieue, ses médiations et intermédiations avec les familles, généralement peu instruites, ont été fort utiles pour les différentes parties. Outre les établissements scolaires, l’APS a été souvent sollicitée pour animer des conférences et organiser des journées culturelles.
L’APS s’est également fait connaître auprès des associations locales avec lesquelles elle entretient des relations de coopération, de travail et de partenariats. Au niveau de Saint-Denis, notre association est régulièrement sollicitée et invitée aux manifestations organisées par la commune. Elle participe à la fête annuelle de la ville de Saint-Denis qui a lieu fin septembre-début octobre de chaque année.
- 15 Le héros de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes lors de la prise d’otages du 9 janvier 2015.
- 16 Mamoudou Gassama, né le 1er janvier 1996 à Yaguine, dans la région de Kayes au Mali, est devenu cél (...)
En janvier 2020, le maire de Saint-Denis rend hommage à l’action de l’APS et à celui de son défunt président, Diadié Soumaré. En septembre 2018, à l’initiative de l’APS, la mairie de Saint-Denis et la sous-préfecture rendent hommage à Lassana Bathily15 et à Mamoudou Gassama16, deux jeunes Soninké qui, par leur courage, ont sauvé des compatriotes français en situation critique.
L’APS est également partenaire d’une trentaine de lycées et de collèges d’Île-de-France et d’universités. Elle reçoit beaucoup de stagiaires et participe aux jurys de mémoire des étudiants encadrés ou suivis par ses éducateurs.
À l’international, l’APS est repérée au Sénégal, en Mauritanie, au Mali, en Gambie, en Guinée Conakry, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, aux États-Unis, en Égypte, en Angola, en Angleterre, en Espagne, etc., comme l’association représentant et regroupant l’ensemble des Soninké de France. Des partenariats avec les associations locales de ces différents pays ont contribué à sa « publicité ».
- 17 En 2013, le nouvel ambassadeur de Gambie en France, a tenu à rencontrer l’APS. Quand nous lui avons (...)
Mais l’évènement qui a fait connaître l’APS au niveau international, voire mondial, reste incontestablement le Festival international soninké (FISo). En effet, le FISo prend de l’ampleur d’année en année et draine de plus en plus de monde. Si, en 2011, pour sa première édition, outre la France, 4 pays ont fait acte de présence, aujourd’hui, 11 à 15 pays participent à chaque édition. Les autorités politiques s’impliquent et s’engagent dans cet évènement qui constitue, pour elles aussi, un moyen de renouer avec des populations souvent insatisfaites des politiques locales ou des politiques publiques. Le président Macky Sall, en février 2018 à Dakar (Sénégal), et le président Adama Barrow, en février 2020 à Banjul, ont tenu, par leur présence effective, à donner tout leur éclat à cet évènement qui constitue une sorte de « Cedeao des peuples », selon un diplomate gambien17.
Pour développer ces actions, l’APS a toujours besoin d’apports nouveaux, de jeunes, de femmes. Et les portes et les fenêtres de l’association restent ouvertes à toutes et à tous.
L’APS pourrait faire connaître davantage ses actions et les renforcer en investissant de plus en plus les réseaux sociaux, en dépoussiérant son site web qui n’est quasiment plus opérationnel depuis plusieurs années. Un soutien matériel et financier plus soutenu et plus important des autorités françaises serait toujours le bienvenu. Il serait par ailleurs capital, pour notre association et pour beaucoup de jeunes Soninké scolarisés, que les académies et rectorats français acceptent que le soninké soit une langue de choix au baccalauréat. La demande a été faite plusieurs fois sans succès. Elle aurait également besoin du soutien des États africains, comme le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, la Gambie, la Guinée Conakry ou la Guinée-Bissau, pour appuyer sa demande en France.
Notes
1 Mody Bathily, Ibrahim Diabira, Christian Girier, Kaaka daga kaara (xaranŋe n do safande), Paris, Cres, 1978. Le Centre avait déjà fait paraître : Grammaire et syntaxe (Cres Série D) pour les Français et Lecture et écriture (Cres Série A) pour les Soninké alphabétisés. Il prévoit également d’autres ouvrages à faire paraître : Dictionnaire soninké/français (Cres) ; Contes et récits soninkés (Cres) et Livre de calcul (Cres).
2 Les membres fondateurs, au nombre de huit, étaient : Ibrahima Diabira, Ousmane Moussa Diagana, Lassana Camara, Christian Girier, Doulo Fifana, Sédiba Camara, Hanounou Mankanŋe Camara de Bouanze et Moussa Dicko.
3 Diadié Soumaré, « Présentation de l’A.P.S. », in Sooninkqrq, n° 1, 1988, p. 4.
4 Mahamet Timera, directeur de l’APS, extrait du courrier du 16 février 1996 adressé à M. le maire adjoint de Saint-Denis chargé des relations publiques.
5 Le « sallin kuuñinde » ou « visites et salutations festives » est une tradition bien établie en milieu soninké dans les pays d’origine (Gambie, Mali, Mauritanie, Sénégal, etc.). Il s’agit, pour les différentes familles de quartiers de se rendre visite, de partager et d’échanger différents mets préparés par les uns et les autres. Il est courant que des groupes d’âges se retrouvent dans ces circonstances autour de repas succulents préparés pour l’occasion. Quant aux plus jeunes, par petits groupes d’âges, ils vont, de famille en famille, demander des étrennes. Cette tradition permet de consolider davantage les liens parentaux, les liens amicaux et fraternels en milieu soninké.
6 Le « kaawun ou neegan sellande » a lieu, dans les pays d’origine, lors du « xasanne », premier mois de chaque nouvelle année du calendrier musulman. À cette occasion, les enfants vont réclamer à leurs oncles maternels, ou aux enfants de leurs oncles maternels, des étrennes. Autrefois, on partait avec des balais traditionnels, on balayait la cour des maisons des oncles maternels, en contrepartie, un cadeau était remis sous forme d’étrennes. L’équipe de l’APS rappelait également ces traditions aux enfants qui en profitaient pour faire davantage connaissance avec la famille large, inconnue d’eux parfois.
7 Yillenkare signifie « le jour se lève » en soninké.
8 Mahamet Timera, directeur de l’APS, extrait du courrier du 16 février 1996 adressé à M. le maire adjoint de Saint-Denis chargé des relations publiques.
9 Association pour la promotion du soninké, Rapport d’activité, Saint-Denis, Association pour la promotion du soninké, 1988, p. 3.
10 Ensemble des castes d’artisans traditionnels : tailleurs, forgerons, cordonniers, griots, etc.
11 Griots spécialisés dans les récits épiques et légendaires, historiens de l’oralité.
12 Ousmane Moussa Diagana, Le parler soninké de Kaédi (Mauritanie) : syntaxe et sens, Thèse de doctorat d’État, Paris, Université Paris 4, 1984.
13 Siré Camara est rentré définitivement en Mauritanie et a créé en 2002 un centre culturel dénommé Espace culturel Diadié Tabara Camara, du nom de son père, et reconnu le 16 juin 2006 sous le récépissé 0207. L’Espace culturel Diadié Tabara Camara est un lieu de rencontres, d’échanges et de partages des savoirs. Il a pour objectif principal d’accompagner les publics, et notamment les jeunes, à produire des connaissances pour l’éducation à la citoyenneté et au vivre ensemble à travers des actions artistiques et culturelles (théâtre, danses, mode, conférences, arts plastiques, contes…).
14 J. Bi, « “L’immigration ou les paradoxes de l’altérité” : la double présence d’Abdelmalek Sayad », in Le Monde, 12 octobre 2006.
15 Le héros de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes lors de la prise d’otages du 9 janvier 2015.
16 Mamoudou Gassama, né le 1er janvier 1996 à Yaguine, dans la région de Kayes au Mali, est devenu célèbre après avoir escaladé, le 26 mai 2018, quatre étages d’un immeuble parisien pour sauver un enfant de 4 ans agrippé à un balcon.
17 En 2013, le nouvel ambassadeur de Gambie en France, a tenu à rencontrer l’APS. Quand nous lui avons rendu visite, il nous a dit tout le bien qu’il pensait de notre association. Il a déclaré que l’APS a réalisé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) des peuples que les États africains avaient du mal à mettre en place. Il l’a dit en raison du fait que l’APS et ses partenaires avaient pu réunir les citoyens de 6 pays de l’Afrique de l’Ouest (Gambie, Guinée-Bissau, Guinée Conakry, Mali, Mauritanie et Sénégal) en plus des Soninké des diasporas occidentales (France, Espagne, Angleterre, etc.), américaines (États-Unis) et africaines (Côte d’Ivoire, Angola, Congo, Égypte, Niger, etc.).
Haut de pagePour citer cet article
Référence papier
Jacques Barou, « « La culture constitue un élément fondamental dans le parcours d’intégration » », Hommes & migrations, 1332 | 2021, 230-235.
Référence électronique
Jacques Barou, « « La culture constitue un élément fondamental dans le parcours d’intégration » », Hommes & migrations [En ligne], 1332 | 2021, mis en ligne le 01 janvier 2021, consulté le 11 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/hommesmigrations/12374 ; DOI : https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.12374
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