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Le point sur

Le commerce sur Internet : nouveau mode commercial des migrants africains en Chine

Le cas de Guangzhou et Yiwu
Junfeng Shang et Li Ma
p. 55-64

Résumé

Les villes de Guangzhou et de Yiwu, dans le Sud-Est de la Chine, représentent deux pôles commerciaux pour les commerçants africains, qu’ils soient installés dans le pays ou y séjournent pour affaires. La pandémie de Covid-19 et le confinement qui s’ensuivit ont obligé les Africains et les Chinois à inventer un nouveau mode de commerce. Auparavant fondées sur le face-à-face et les paiements en espèces, leurs relations commerciales se sont reportées sur Internet. Les Africains privilégient les applications de communication qui leur permettent de mobiliser des réseaux de connaissance et de réaliser des transactions qui échappent au contrôle drastique des autorités chinoises.

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Texte intégral

  • 1 International Organization for Migration, World Migration Report 2020, Genève, OIM, 2020. URL : htt (...)
  • 2 Anshan Li, « African students in China: Research, reality, and reflection », in African Studies Qua (...)
  • 3 Tiannan Liu, « Current situation and tendencies of the African immigration in China », in Foreign L (...)
  • 4 Voir aussi Brigitte Bertoncello, Sylvie Bredeloup, Olivier Pliez, « Hong Kong, Guangzhou, Yiwu : de (...)

1Avec le développement de son économie et la mondialisation commerciale, la Chine est devenue une terre d’immigration. Selon le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de 2020, la Chine compte 1,04 million de migrants, représentant 0,1 % de sa population totale1. Parmi cette importante population migrante, celle des Africains n’est pas négligeable. D’après Li Anshan, les Africains en Chine comprennent divers groupes tels que des commerçants, des étudiants, des artistes ou des artisans. Les étudiants africains constituent le deuxième plus grand groupe au sein de la communauté africaine en Chine, avec 49 792 personnes en 20152. Selon les sources de la sécurité publique (Gongan ju 公安局) de Guangzhou, publiées en 2017, 11 000 Africains habitaient cette ville (sans précision de statut). La même année, selon les sources provenant du Yiwu Entry-Exit Administration (义乌出入境管理局), les Africains représentaient 18,87 % des 13 700 commerçants étrangers qui séjournaient à Yiwu, avec 2 500 commerçants-entrepreneurs3. Ainsi, le groupe des commerçants-entrepreneurs constitue une importante population dans la communauté africaine en Chine, mais loin derrière les étudiants africains. La majorité des commerçants-migrants africains séjournent à Guangzhou et à Yiwu4, deux villes commerciales au niveau international.

Les Africains à Guangzhou et à Yiwu avant la pandémie de Covid-19

  • 5 Zhigang Li, Laurence J. C. Ma, Desheng Xue, « An african enclave in China: The making of a new tran (...)
  • 6 Pour la répartition des Africains à Guangzhou et à Foshan, voir Zhigang Li, Feng Du, « 全球化、跨国商贸主义与中 (...)

2Guangzhou est la première ville à connaître un afflux de commerçants africains, et ce depuis les années 2000. Les commerçants-entrepreneurs africains fréquentent en majorité les deux quartiers urbains cantonais, Xiaobei (小北) et Sanyuanli (三元里), y habitent et y font des affaires. Ceci est dû à la concentration des centres commerciaux et des marchés de vente en gros – des magasins grossistes à meilleur prix – et au fait que ces deux quartiers sont bien desservis par les transports urbains. Les Africains font la plupart de leurs affaires au Tianxiu Building (天秀大厦), au Eastern Building (怡东大厦) du Xiaobei et à la Yulong Fashion Plaza (御龙外贸服装城) du Sanyuanli. Le regroupement des entrepreneurs africains et leur dynamique commerciale font que Xiaobei et Sanyuanli sont devenus deux quartiers Africains, que Li Zhigang appelle des « enclaves ethniques transnationales5 » La grande différence entre les deux quartiers est que le Xiaobei est francophone, alors que le Sanyuanli est anglophone. À part ces deux quartiers, les résidences africaines se trouvent également dans les autres quartiers cantonais du Sud-Ouest, Qifu xincun (祈福新邨), Jinshazhou (金沙洲) et Dongpu (东圃), dans l’Est de Guangzhou. Il faut aussi noter qu’une partie des Africains travaillent à Guangzhou mais se logent à Foshan (佛山), la ville voisine6.

  • 7 Zhigang Li, Michal Lyons, Alison Brown, op. cit., p. 61.

3Guangzhou est aussi la ville qui accueille le plus d’Africains. D’après les statistiques les plus récentes, plus de 300 000 Africains visitent cette ville chaque année (entrée et sortie incluses) en 2017, 2018 et 2019 (tableau 1). La plupart des Africains à Guangzhou viennent notamment de l’Afrique de l’Ouest, par exemple du Nigeria, du Mali, du Cameroun et du Congo. Il n’y a pas de recensement officiel par nationalité mais les résultats de l’enquête de Li Zhigang montrent que les plus nombreux sont les Nigérians, les Maliens et les Sud-Africains7.

Tableau 1. Le nombre d’Africains qui visitent et sortent de Guangzhou en 2017, 2018 et 2019

Tableau 1. Le nombre d’Africains qui visitent et sortent de Guangzhou en 2017, 2018 et 2019
  • 8 广州市政府新闻办疫情防控新闻发布会(第七十三场) [Conférence de presse sur la prévention et le contrôle sanitaire du bureau (...)

Source : Conférence de presse sur la prévention et le contrôle sanitaires du bureau de presse de la municipalité de Guangzhou - 73e séance, 12 avril 20208.

  • 9 « 义乌:中国小商品海洋,购物旅游之天堂 » [Yiwu, un océan de marchandises chinois, un paradis pour les voyageurs conso (...)
  • 10 Enyu Ma, « Yiwu mode and sino-african relations », in Journal of Cambridge Studies, vol. 7, n° 3, 2 (...)
  • 11 Can Cui, « Compréhension sur le rôle du gouvernement chinois dans l’accueil des étrangers : le cas (...)
  • 12 Tiannan Liu, op. cit., pp. 133-134.
  • 13 La population « permanente » (常住人口) est un terme du recensement chinois. Concernant les étrangers e (...)
  • 14 Zhigang Li, Feng Du, op. cit., 2016, pp. 7-9.

4Yiwu est 7 fois moins grande que Guangzhou en superficie et 30 fois moins importante en population. Elle est pourtant très renommée pour son exportation de petits articles dans le monde entier, comme le révèle le titre d’un article publié dans le quotidien Zhejiang ribao (Quotidien de Zhejiang) : « Yiwu, un océan de marchandises chinois, un paradis pour les voyageurs consommateurs9. » Elle attire ainsi un grand nombre de commerçants africains. La contribution d’Enyu Ma donne une image statistique de l’augmentation spectaculaire des Africains visitant Yiwu : « Il y a eu 20 311 Africains enregistrés à Yiwu en 2006. En 2009, ce nombre a augmenté en passant à 54 050. En 2011, le nombre d’Africains de Yiwu est de 68 000 et représente 17 % de la population étrangère de Yiwu10» Et une partie d’entre eux s’y installe. Mais certaines enquêtes relativisent ce nombre. Selon l’estimation de Can Cui, entre 2014 et 2016, il n’y avait que 3 000 à 4 000 Africains noirs installés à Yiwu11. Cette estimation ne prenant pas en compte les Nord-Africains, son chiffre ne peut donc pas représenter toute la communauté africaine à Yiwu. Liu Tiannan a donné un chiffre encore plus faible. Selon son enquête auprès de la Yiwu Entry-Exit Administration, le nombre des commerçants étrangers installés à Yiwu entre 2017 et 2019 est respectivement de 13 700, de 14 000 et de 15 000, parmi lesquels les Africains représentent 18,87 % en 2017, 18,93 % en 2018 et 18,06 % en 201912. Selon ces statistiques, Yiwu ne compte en fait que 2 600 commerçants-entrepreneurs africains environ qui s’installent de manière « permanente13 ». La majorité des commerçants-entrepreneurs africains de Guangzhou et Yiwu viennent acheter des marchandises chinoises et repartent, faisant des allers-retours pour affaires. De fait, seule une minorité de commerçants-migrants séjourne en Chine. Cette différence de trajectoires migratoires reflète les différents types de commerçants africains que Li Zhigang classe en deux catégories : les Zuogu 坐贾 (commerçants résidents - entrepreneurs) et les Xingshang行商 (commerçants-voyageurs, essentiellement les grossistes)14. Ce sont deux anciens termes chinois qui distinguent les commerçants selon qu’ils s’installent ou se déplacent. Dans le cas des commerçants-entrepreneurs africains, les Zuogu désignent ceux qui ont des bureaux, des boutiques ou des entreprises en Chine, qui y habitent et y travaillent, alors que les Xingshang sont souvent des grossistes-intermédiaires qui viennent chercher des articles à des prix intéressants et rentrent ensuite dans leur pays. Les Xingshang font souvent des allers-retours très réguliers. Notons que les Zuogu et les Xingshang ne sont pas deux groupes indépendants, ils travaillent ensemble. Par exemple, certains Zuogu travaillent pour les Xingshang en leur donnant des informations concernant des produits et en leur proposant des services. En somme, ces deux catégories reflètent les principaux systèmes de commerce pratiqués par les commerçants-migrants africains en Chine, et notamment à Guangzhou et à Yiwu.

5Ces commerçants ont pour point commun de réaliser leurs activités commerciales sur place. La relation avec les Chinois est essentiellement fondée sur la confiance et le contact. La pandémie de Covid-19 a généré un nouveau mode de commerce avec l’emploi de transactions à distance. L’usage intense d’Internet comme instrument commercial a-t-il entraîné la disparition de la pratique commerciale traditionnelle en face-à-face ? Est-il pérenne ou va-t-il lui-même disparaître après l’épisode de la pandémie ? Comment coexistent ces deux pratiques commerciales apparemment paradoxales ?

L’enquête de terrain

6Les enquêtes de terrain ont débuté à la fin de l’année 2019 à Guangzhou mais ont été interrompues par des confinements épisodiques en Chine pendant plus de six mois durant la crise sanitaire de Covid-19, pour ensuite reprendre entre août 2020 et septembre 2021. Nous procédons à ces enquêtes avec un guide questionnaire simple (observation des lieux, informations sur les sujets d’enquête-identité, détermination de l’objet et de l’objet d’étude). Nous conduisons cette étude en commençant par faire des visites très fréquentes dans les deux quartiers cantonais Xiaobei et Sanyuanli, et aussi en nous déplaçant plusieurs fois à Yiwu, afin d’observer les activités des commerçants africains et de leurs partenaires chinois. Ensuite, nous réalisons nos entretiens en rencontrant directement des enquêtés dans leur occupation, en faisant connaissance par hasard, à travers des discussions dans la rue, sur les stands d’un marché, dans des boutiques de centres commerciaux, en faisant la connaissance de tiers, par exemple, des amis d’amis, et enfin par le biais d’entretiens réalisés avec des travailleurs sociaux. Les questionnaires portent en particulier sur leur parcours migratoire, sur leurs séjours à Guangzhou, à Yiwu, et sur leurs activités. Les langues des travaux d’enquêtes sont le français, l’anglais et le chinois. Notons que certains Africains parlent couramment le mandarin après un long séjour en Chine. Au total, nous avons effectué 26 entretiens auprès d’Africains séjournant dans les deux villes, Guangzhou et Yiwu, et 8 auprès de Chinois. Les personnes enquêtées sont des commerçants, des employés, des étudiants africains, mais aussi des administratifs et des travailleurs sociaux chinois.

7Le tableau ci-dessous offre un récapitulatif des données (anonymes) de tous les commerçants-entrepreneurs dont nous nous servons pour notre analyse.

Tableau 2. Commerçants-entrepreneurs interviewés

Tableau 2. Commerçants-entrepreneurs interviewés

Les façons de faire du business des commerçants africains pendant la pandémie

  • 15 Conférence de presse sur la prévention et le contrôle sanitaire du bureau de presse de la municipal (...)

8Depuis fin mars 2020, la Chine a mis en œuvre des mesures sanitaires extrêmement strictes et a suspendu la plupart des vols internationaux. Il n’était donc plus possible pour les commerçants africains, surtout les Xingshang, de faire des allers-retours entre Guangzhou, Yiwu et leur pays. Selon les sources municipales de Guangzhou, le nombre d’Africains résidents de Guangzhou est passé de 13 652 en décembre 2019 à 4 553 en avril 202015. La chute spectaculaire du nombre de migrants africains a beaucoup affecté le dynamisme des marchés – notamment des centres commerciaux de Guangzhou et de Yiwu, en particulier les marchés dont les clients cibles sont des Africains, ce qui a entraîné la fermeture de beaucoup d’entre eux (voir photos) en raison du manque de clients africains.

  • 16 Les cas que nous allons analyser sont issus des enquêtes de terrain que nous avons réalisées entre (...)

9Nos enquêtes de terrain16 montrent que, dans ce contexte sanitaire, les Africains ont changé leur façon de faire du commerce en profitant d’Internet. Travailler comme intermédiaire sur Internet est devenu la manière de faire la plus courante pour les commerçants africains résidant en Chine pendant la période de la pandémie, même pour ceux qui ont leurs propres activités commerciales, par exemple les Zuogu (commerçants-résidents). En général, les intermédiaires africains cherchent des produits qui pourraient intéresser leurs compatriotes et postent les images des articles sur Internet. Les clients africains intéressés, qui restent dans leur pays, contactent alors ces intermédiaires en Chine sur Internet pour négocier. Une fois que les deux parties ont convenu d’un prix, les intermédiaires se font payer par avance, puis passent la commande chez des fournisseurs chinois. Il arrive aussi que les clients africains envoient directement leur commande, en faisant une liste de toute une série de produits précis, aux intermédiaires africains en Chine. Les intermédiaires fouillent ensuite dans les différents marchés afin de se procurer les produits : ils les achètent à la place des clients africains si un accord est conclu.

  • 17 Entretien réalisé à Xiaobei en janvier 2021.
  • 18 Ibid.

10Prenons le cas de Samuel, un Malien de 32 ans17 qui est venu à Guangzhou en 2016. Il a une entreprise mais il travaille aussi comme intermédiaire. « Maintenant, les intermédiaires africains font leur business sur Internet. Par exemple, moi, je poste des photos sur Facebook, Instagram et WhatsApp. Si quelqu’un est intéressé, il peut me contacter… On peut aussi m’envoyer des photos des marchandises, puis je cherche et j’achète pour le client18. »

  • 19 Entretien réalisé à Xiaobei en septembre 2021.
  • 20 Ibid.

11Le mode de commerce des Zuogu a ainsi bien évolué dans ce contexte sanitaire. Marine, une Malienne19, a deux boutiques à Tianxiu Building depuis plusieurs années. Elle vend des rideaux, des vêtements, des boucles d’oreilles, des chaussures à des grossistes africains. Elle raconte : « Avant, beaucoup d’Africains sont venus acheter des produits dans mon magasin. Mais maintenant, ils m’envoient des photos pour me dire ce qu’ils veulent20. » Elle partage tous les jours les photos de ses produits sur WhatsApp et est parvenue à constituer un réseau de vente en ligne grâce à la multiplication de ses clients sur cette plateforme. Elle propose également à ses clients de nouveaux modèles ou en fait créer à leur demande par des fournisseurs chinois. La façon de travailler de Marine a bel et bien changé. Elle ne se contente plus d’avoir un statut de Zuogu attendant sagement la venue des clients dans ses magasins. D’une part, elle s’investit dans le métier d’intermédiaire, d’autre part, ses ventes ne se font plus seulement dans ses boutiques, mais en majorité en ligne. Elle a même précisé que « pour la situation actuelle du commerce africain, sans WhatsApp, pas de business ».

  • 21 Entretien réalisé à Xiaobei en janvier 2021.
  • 22 Ibid.

12Comme les Zuogu, les Africains Xingshang (commerçants voyageurs-grossistes), bloqués par les mesures sanitaires et obligés de rester en Afrique, ont dû changer leur façon de faire des affaires avec la Chine. Ils ont cherché des fournisseurs chinois sur proposition d’un tiers, par exemple, comme nous l’avons dit plus haut, d’intermédiaires africains restés en Chine, de Zuogu, ou encore d’un compatriote ou d’un ami vivant en Chine. Dans ce cas-là, cette tierce personne met en contact les commerçants-grossistes avec leurs fournisseurs chinois et facture son service au demandeur. Les négociations se font sur Internet en s’appuyant sur les photos des articles publiés en ligne. De même, les commerçants-grossistes africains restés en Afrique trouvent souvent un intermédiaire en Chine qu’ils rémunèrent pour vérifier les marchandises qui doivent être emballées et expédiées. Samuel, un Malien21, dit que l’une de ses sources de revenus est de vérifier des marchandises achetées par les Africains passant directement commande auprès de fournisseurs en ligne22.

13Des Africains commerçant dans leurs pays peuvent aussi passer directement des commandes auprès de fournisseurs chinois, sans l’intervention d’un intermédiaire. En effet, certains commerçants africains ayant déjà séjourné en Chine possèdent leurs propres réseaux de connaissances. Ils contactent alors directement leurs anciens fournisseurs sur Internet pour repasser des commandes.

  • 23 Entretien réalisé à Nansha en juillet 2021.
  • 24 Ibid.

14En plus de ces modalités de commerce chez les Africains commerçants-entrepreneurs et migrants en Chine, un autre phénomène doit également être pris en compte : des Chinois, qui connaissent bien le marché de leur propre pays et les clients africains, proposent aussi leurs services en tant qu’intermédiaires aux acheteurs africains (en Afrique) et aux fournisseurs chinois. C’est le cas de Mme Wang23 qui offre des services aux acheteurs africains, notamment pour le suivi des commandes et l’envoi des marchandises. Elle est conseillère dans la vente et l’achat pour les Chinois et les Africains. L’avantage de ce type de service en tant qu’intermédiaire est que la personne chinoise connaît bien les lois et les règlements officiels de l’export chinois, ainsi que les réseaux du marché chinois ; elle maîtrise également la langue chinoise et connaît les us et coutumes des affaires en Chine ; c’est un atout à ne pas négliger par rapport aux intermédiaires africains résidant en Chine. Mme Wang indique que les Africains ont tendance à passer des commandes sur des sites d’achat, comme Alibaba (阿里巴巴). Elle affirme également qu’en raison de la pandémie, de plus en plus d’Africains passent leurs commandes via Internet et WhatsApp24.

Figure 1. Les trois possibilités du mode de commerce sur Internet.

Figure 1. Les trois possibilités du mode de commerce sur Internet.

Source : Figure conçue par Junfeng Shang et Li Ma à partir de données collectées lors de l’enquête de terrain.

15La figure 1 retrace le chemin du mode commercial entre les commerçants africains et chinois. Nous pouvons en conclure que la façon de faire du commerce des Africains-migrants a bien évolué, puisque la présence des Africains en Chine, notamment à Guangzhou et à Yiwu, a considérablement baissé. De fait, les Africains, sans être obligés de se déplacer en Chine, effectuent aujourd’hui aisément leurs achats grâce aux intermédiaires africains résidant dans le pays, mais aussi grâce aux intermédiaires chinois. Internet est devenu un outil indispensable, notamment grâce aux applications de communication téléphoniques telles que WhatsApp, Facebook ou WeChat.

Le choix du mode de paiement pour le commerce sur Internet

16Étant donné que les échanges commerciaux entre clients africains et fournisseurs chinois se réalisent sur Internet, le paiement est devenu une question clé. Avant la pandémie, les paiements des achats étaient généralement effectués en espèce, notamment par les commerçants africains Xingshang, qui amenaient avec eux des dollars en liquide qu’ils échangeaient ensuite en renminbi pour acheter leurs marchandises. Faire leurs affaires sur Internet les oblige à chercher un autre moyen de paiement, par le biais d’un virement bancaire par exemple. Or les autorités chinoises contrôlent aujourd’hui beaucoup plus strictement les virements internationaux. Les commerçants africains cherchent donc d’autres solutions pour payer leurs marchandises : des moyens de virements qui pourraient échapper au contrôle des autorités chinoises, par exemple le transfert d’argent par le biais d’un agent financier privé. Les agents financiers privés sont des Africains qui travaillent de façon clandestine dans le virement bancaire international. Voici un tableau (figure 2) qui montre la circulation du paiement dans le commerce sur Internet.

Figure 2. La circulation d’argent dans le commerce sur Internet.

Figure 2. La circulation d’argent dans le commerce sur Internet.

Source : Figure conçue par Junfeng Shang et Li Ma à partir de données collectées lors de l’enquête de terrain.

17En effet, transférer de l’argent par le biais d’agents financiers privés est une pratique très courante dans la communauté des commerçants africains. En septembre 2021, Samuel nous a demandé de l’accompagner pour récupérer l’argent de son client dans un bureau situé près du quartier de Xiaobei. Il nous a expliqué tout le processus : quand un client africain dans son pays demande à son intermédiaire en Chine de lui faire des achats ou de l’aider à payer son fournisseur chinois, il doit toujours chercher un agent financier privé (Agent A) de son pays. Il lui transfère de l’argent et des informations de son intermédiaire en Chine. Cet Agent A informe alors son coopérateur – un autre agent financier privé (Agent B) qui se trouve en Chine – de la somme reçue ainsi que des informations de l’intermédiaire présent en Chine. En même temps, le client acheteur africain informe son intermédiaire de la somme d’argent à récupérer chez l’Agent B. Enfin, l’intermédiaire paiera le fournisseur chinois en liquide afin de récupérer les marchandises de son client. Il arrive, comme nous l’avons déjà indiqué plus haut, que le client africain effectue ses achats directement via Internet (ou par téléphone via WeChat par exemple) sans passer par un intermédiaire, et dans ce cas, le circuit du paiement est un peu plus simple : le client africain en Afrique contacte l’Agent A (en Afrique) qui contacte l’Agent B (en Chine) qui se met en rapport avec le fournisseur chinois (ou africain).

  • 25 Entretien réalisé à Xiaobei en septembre 2021.

18Plusieurs commerçants africains interviewés à Guangzhou déclarent avoir recours au transfert d’argent par l’intermédiaire d’agents financiers privés pour recevoir de l’argent de leurs clients dans d’autres pays. Il faut souligner que les commerçants-migrants africains en Chine utilisent aussi ce système pour envoyer de l’argent à leur famille dans leurs pays, comme le fait Marine, une Malienne25. Par rapport au virement bancaire, les agents financiers privés africains représentent une voie clandestine et illégale. Mais leur existence offre une opportunité aux commerçants africains de réaliser des transactions financières transnationales et ainsi de poursuivre le business avec des fournisseurs chinois.

  • 26 Entretien réalisé à Yiwu en juillet 2021.
  • 27 Ibid.

19Le cas de San, commerçant rwandais26, nous révèle un autre moyen de paiement. Il nous indique qu’il paie rarement son fournisseur lui-même. C’est son entreprise au Rwanda qui envoie de l’argent sur le compte de son transitaire chinois (celui qui organise l’acheminement des marchandises). Son transitaire va ensuite payer ses fournisseurs chinois27. En effet, les grandes sociétés transitaires chinoises possèdent des comptes internationaux, et peuvent donc recevoir un virement transnational et aider leurs clients étrangers à payer leurs fournisseurs chinois. Notons que même si les paiements par un transitaire sont possibles dans le commerce sur Internet des Africains, nos enquêtes nous montrent que les commerçants africains, notamment ceux de Guangzhou et de Yiwu, préfèrent largement pratiquer le virement via des agents financiers privés pour réaliser le transfert d’argent.

L’e-commerce et le mode de commerce sur Internet des Africains

  • 28 Insee, « Définition du commerce électronique », Institut national de la statistique et des études é (...)
  • 29 Qin Zheng, Introduction to E-commerce, Beijing, Tsinghua University Press, 2009, pp. 8-9.

20Le développement d’Internet a fait naître le commerce électronique (e-commerce) au début des années 1990. D’après la définition de l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), l’e-commerce désigne les « transactions commerciales utilisant l’internet ou d’autres réseaux informatiques, comme l’échange de données informatisé, et impliquant un changement de propriété du bien ou du service commandé28 ». Par rapport au commerce traditionnel, la grande caractéristique de l’e-commerce est en effet que les transactions passent par les réseaux informatiques. D’après Qin Zheng, l’e-commerce est composé de sept éléments. Le système du réseau Internet est l’élément central qui relie les six autres : entreprise, consommateur, autorité d’authentification, centre de distribution, administration des activités commerciales, plateforme bancaire de paiement en ligne29.

  • 30 Ibid., pp. 24-39.

21En fonction des types de transactions commerciales, il existe cinq catégories d’e-commerce : « business to business (B2B) » (d’entreprise à entreprise), « business to customers (B2C) » (d’entreprise à consommateur), « business to governments (B2G) » (d’entreprise à gouvernement), « governments to governments (G2G) » (de gouvernement à gouvernement) et « customers to customers (C2C) » (échange inter-consommateur)30. Les trois premières catégories sont les plus courantes. Prenons l’exemple des deux grands sites de l’e-commerce chinois, Alibaba ou AliExpress (Sumaitong速卖通) et Taobao 淘宝 (choisir des trésors). Alibaba cible les grossistes, il appartient à l’e-commerce en « B2B », AliExpress cible les particuliers, il est spécialisé en « B2C », et Taobao est plutôt en « C2C », comme Leboncoin, il permet à ses clients de vendre et de revendre des produits.

  • 31 « Définition du commerce électronique », op. cit.
  • 32 Ibid.

22Étant donné que les Africains font leurs affaires par téléphone, plus précisément par le biais d’applications comme WhatsApp, WeChat, Facebook, Instagram, leur mode de commerce sur Internet ne peut pas être considéré comme de l’e-commerce, puisque ces applications ne permettent pas « une automatisation complète des transactions commerciales31 ». Notons aussi que « les transactions bancaires et financières ne relèvent pas du commerce électronique32 ».

23L’e-commerce se fonde sur un système de réseau et dispose de sa propre plateforme. Mais le mode de commerce sur Internet des Africains ne dépend pas du système de l’e-commerce moderne. Les commerçants africains ont juste à leur disposition un téléphone et des applications de communication : WhatsApp, Facebook, Instagram, WeChat. Mais toutes ces applications ne se limitent plus à un rôle de communication. Elles sont également pour les commerçants africains et chinois un moyen de faire du business, en tant que plateforme de commerce. Et elles constituent les nouvelles voies électroniques du commerce.

  • 33 Liang Wang, « The formed path of the african community in China under the background of globalizati (...)
  • 34 Ibid., pp. 2-3.

24L’e-commerce peut avoir lieu entre des inconnus, mais le mode de commerce sur Internet des Africains fonctionne avant tout par le biais de tout un réseau de connaissances. Les connaissances sur Internet constituent les « customers » des intermédiaires et des fournisseurs. Liang Wang définit le quartier Xiaobei comme une communauté économique se fondant sur un réseau de connaissances ethniques33. La formation de cette communauté est liée aux caractéristiques des migrants africains : migration en chaîne et habitation en groupe34. Tout cela permet aux commerçants africains d’établir leurs propres réseaux avec des compatriotes, des fournisseurs chinois et des clients africains. Nos enquêtes de terrain montrent que c’est surtout le réseau de connaissances qui rend le mode commercial possible sur Internet.

  • 35 Entretien réalisé à Guangzhou en janvier 2021.
  • 36 Ibid.
  • 37 Entretien réalisé par WeChat en France en novembre 2021.

25Prenons l’exemple de Long, commerçant guinéen35. Il travaillait comme intermédiaire avant la pandémie. Mais ses anciens clients ne lui passaient plus de commandes pendant la Covid-19, et comme il n’avait pas de nouveaux clients et plus de sources de revenu à Guangzhou, il est alors rentré au pays en septembre 202136. C’est sa famille qui lui a présenté des proches et des amis (en Afrique) pour qu’ils deviennent de futurs clients, ce qui lui a permis de relancer ses affaires tout en restant désormais en Guinée37.

  • 38 Entretien réalisé à Xiaobei en septembre 2021.
  • 39 Ibid.

26Contrairement à Long, Marine, la commerçante malienne38, indique qu’elle a 200 contacts sur WhatsApp, ses anciens clients mais aussi des nouveaux. Ses anciens clients lui passent encore des commandes sur WhatsApp. Par ailleurs, elle ajoute que plusieurs Africaines de sa connaissance en Chine achètent des articles à des fournisseurs chinois pour leurs anciens clients en Afrique39 : c’est ce qu’on appelle le Daigou (代购). Il s’agit d’un type de petit travail d’ailleurs très pratiqué aussi par les Chinois pour gagner une somme d’argent en l’échange de services rendus, notamment par des étudiants chinois à l’étranger pour gagner de quoi arrondir les fins de mois. En somme, le grand avantage du réseau de connaissances est qu’il permet aux clients de trouver des fournisseurs ou des intermédiaires fiables.

27Nous en concluons que le mode de commerce sur Internet des Africains se fait par des voies électroniques, mais ne fonctionne pas comme de l’e-commerce. En effet, dans ce mode de commerce, les commerçants profitent des applications téléphoniques via Internet au lieu des sites de l’e-commerce afin d’établir un contact les uns avec les autres, entre intermédiaires, clients et fournisseurs. Ils cherchent des clients au sein de réseaux de connaissances, choisissent les modèles de leurs marchandises, négocient le prix et la quantité, détaillent les modes d’expédition des produits. Mais, pour le paiement, ils procèdent d’une autre façon, entre autres par le biais d’agents financiers privés illégaux.

Le nouveau mode commercial sur Internet des Africains et ses perspectives

  • 40 Ibid.
  • 41 Ibid.

28Le mode de commerce sur Internet n’est pas un phénomène entièrement nouveau pour les commerçants africains. Michaël, commerçant congolais40, est venu en Chine en 2016 pour aider son père à faire des achats et à expédier des marchandises. Parfois, lorsque son père rentrait dans son pays en Afrique, il envoyait alors des photos par Internet à Michaël et lui demandait d’acheter à Guangzhou les produits désirés41. Ces modalités de business existaient donc déjà bien avant la Covid-19. Mais la fermeture des frontières chinoises a contribué à l’essor du commerce électronique.

  • 42 Entretien réalisé à Guangzhou en juillet 2021.

29En effet, les modalités de commerce des Africains changent avec le temps. Les premiers commerçants africains en Chine ont tous adopté le mode de commerce en face-à-face. Cela s’explique par deux raisons : la première est qu’ils ne savaient pas bien travailler sur Internet, que les clients africains portaient souvent sur eux des modèles d’articles qu’ils avaient l’intention de venir chercher dans les magasins ou sur les marchés chinois ; la deuxième est le manque de confiance accordée aux fournisseurs chinois, car il arrivait que les commerçants africains se fassent escroquer par certains fournisseurs chinois qui n’expédiaient pas les bonnes marchandises à leurs clients. Les Africains choisissaient en général de partir après la vérification et l’emballage de leurs marchandises achetées. D’après Mme Wang à Nansha42, le mode de commerce en face-à-face est le plus fiable et reste ainsi la pratique préférée avant et après la Covid -19.

30Certes, compte tenu de la situation sanitaire actuelle, les plateformes Internet, comme WhatsApp, Facebook, Instagram, WeChat, permettent aux commerçants africains de faire des affaires plus librement, sans limitation de lieu, si ce n’est que certaines applications, comme par exemple WhatsApp, ne sont utilisables qu’avec VPN en Chine continentale. Pour être joints par des clients africains, de plus en plus de commerçants chinois utilisent à leur tour WhatsApp, en contournant le système de contrôle internet chinois dit Fanqiang 翻墙 (Réseau privé virtuel). C’est notamment le cas des jeunes fournisseurs chinois qui se servent souvent de WhatsApp pour faire du commerce avec les étrangers. Et, depuis le développement du commerce sur Internet, nos entretiens avec Marine et Mme Wang nous apprennent que les fournisseurs chinois et les clients africains se font de plus en plus confiance. Tout cela favorise donc l’essor du mode de business sur Internet et par téléphone.

  • 43 Entretien réalisé à Yiwu en juillet 2021.
  • 44 Ibid.

31Toutefois, le mode de commerce sur Internet ne peut remplacer complètement le face-à-face. Plusieurs enquêtes nous indiquent que les clients et les commerçants africains désireraient revenir en Chine après la réouverture des frontières chinoises. Prenons l’exemple de San, commerçant rwandais43, qui précise : « Je viens pour la découverte, pour chercher des choses nouvelles. Tu vois, ce n’est pas bon d’acheter les mêmes choses pendant des années. Il faut encore ajouter quelque chose de nouveau44» Avant la pandémie, San venait souvent sur les marchés en Chine pour dénicher de nouveaux articles. Bien que le mode de commerce sur Internet offre une alternative possible, le mode de business en face-à-face reste préféré du fait de ses avantages.

Conclusion

32Pendant la pandémie, les intermédiaires et les Zuogu, commerçants africains résidant en Chine, ont pleinement profité des applications sur téléphone via Internet pour continuer à faire des affaires avec d’autres clients africains. Les Xingshang (commerçants voyageurs-grossistes), bloqués en Afrique du fait des mesures sanitaires, ont développé pour cette raison assez largement le mode de commerce sur Internet. Toutefois, comme nous l’avons souligné plus haut, le commerce en face-à-face est une préférence à ne pas négliger. La réouverture des frontières va certainement faire revenir les Xingshang.

33L’intervention dans le commerce sur Internet d’agents financiers privés qui échappent aux autorités chinoises ne pourra pas se perpétuer éternellement. Le gouvernement chinois contrôle aujourd’hui beaucoup plus strictement les virements bancaires internationaux et commence à contrôler les agents financiers privés qui effectuent leurs transferts bancaires par le biais de systèmes clandestins. Nous pensons que le gouvernement chinois va renforcer ce genre de mesures et exercer notamment des contrôles financiers sur les applications de communications téléphoniques comme WeChat. D’ailleurs, des mesures récentes ont été prises depuis février 2022 pour limiter le transfert d’argent par le biais de WeChat (virement limité à 200 000 yuans par an maximum) pour faire du commerce. L’autre phénomène à souligner est enfin que la baisse du nombre des commerçants africains a provoqué une longue fermeture des magasins dans les centres commerciaux de Xiaobei et Sanyuanli à Guangzhou et à Yiwu et que la diminution des commerçants-entrepreneurs a entraîné une baisse de la présence de migrants africains en Chine.

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Notes

1 International Organization for Migration, World Migration Report 2020, Genève, OIM, 2020. URL : https://worldmigrationreport.iom.int/wmr-2020-interactive/.

2 Anshan Li, « African students in China: Research, reality, and reflection », in African Studies Quarterly, vol. 17, n° 4, 2018, pp. 5 et 12.

3 Tiannan Liu, « Current situation and tendencies of the African immigration in China », in Foreign Language Academic, n° 0, 2020, p. 133.

4 Voir aussi Brigitte Bertoncello, Sylvie Bredeloup, Olivier Pliez, « Hong Kong, Guangzhou, Yiwu : de nouveaux comptoirs africains en Chine », in Critique internationale, n° 44, 2009, pp. 105-121.

5 Zhigang Li, Laurence J. C. Ma, Desheng Xue, « An african enclave in China: The making of a new transnational urban space », in Eurasian Geography and Economics, vol. 50, n° 6, 2009, p. 704.

6 Pour la répartition des Africains à Guangzhou et à Foshan, voir Zhigang Li, Feng Du, « 全球化、跨国商贸主义与中国的非裔社会空间生产 » [Mondialisation, transnationalisme commercial et production socio-spatiale des Africains en Chine], in Zhigang Li, Fulong Wu (dir.), Socio-Spatial Landscape of Immigrant Enclaves in Guangzhou / 广州国际移民区的社会空间景观, Nanjing, Southeast University Press, 2016, pp. 4-5; Xin Jin, Gideon Bolt, Pieter Hooimeijer, « Africans in Guangzhou: Is the ethnic enclave model applicable in the Chinese context? », in Cities, vol. 117, 2021, p. 4; Zhigang Li, Michal Lyons, Alison Brown, « China’s “Chocolate City”: An ethnic enclave in a changing landscape », in African Diaspora, vol. 5, n° 1, 2012, p. 68.

7 Zhigang Li, Michal Lyons, Alison Brown, op. cit., p. 61.

8 广州市政府新闻办疫情防控新闻发布会(第七十三场) [Conférence de presse sur la prévention et le contrôle sanitaire du bureau de presse de la municipalité de Guangzhou (73e séance)], The People’s Government of Guangzhou Municipality, 12 avril 2020. URL : http://www.gz.gov.cn/zt/gzsrmzfxwfbh/fbt/content/post_5815413.html.

9 « 义乌:中国小商品海洋,购物旅游之天堂 » [Yiwu, un océan de marchandises chinois, un paradis pour les voyageurs consommateurs], in Zhejiang Ribao 浙江日报, 18 décembre 2003.

10 Enyu Ma, « Yiwu mode and sino-african relations », in Journal of Cambridge Studies, vol. 7, n° 3, 2012, p. 100.

11 Can Cui, « Compréhension sur le rôle du gouvernement chinois dans l’accueil des étrangers : le cas des commerçants étrangers à Yiwu », in Trayectorias Humanas Transcontinentales, n° 6, 2020, p. 189.

12 Tiannan Liu, op. cit., pp. 133-134.

13 La population « permanente » (常住人口) est un terme du recensement chinois. Concernant les étrangers en Chine, s’ils s’installent dans un endroit pour plus de 6 mois, ils font partie de la population « permanente » locale. Les Africains installés à Yiwu pour plus de 6 mois font donc partie de cette catégorie : des « permanents étrangers », donc des migrants.

14 Zhigang Li, Feng Du, op. cit., 2016, pp. 7-9.

15 Conférence de presse sur la prévention et le contrôle sanitaire du bureau de presse de la municipalité de Guangzhou (73e séance), op. cit.

16 Les cas que nous allons analyser sont issus des enquêtes de terrain que nous avons réalisées entre 2020 et 2021 à Guangzhou et à Yiwu sur 26 Africains et 8 Chinois, dont 11 commerçants-entrepreneurs.

17 Entretien réalisé à Xiaobei en janvier 2021.

18 Ibid.

19 Entretien réalisé à Xiaobei en septembre 2021.

20 Ibid.

21 Entretien réalisé à Xiaobei en janvier 2021.

22 Ibid.

23 Entretien réalisé à Nansha en juillet 2021.

24 Ibid.

25 Entretien réalisé à Xiaobei en septembre 2021.

26 Entretien réalisé à Yiwu en juillet 2021.

27 Ibid.

28 Insee, « Définition du commerce électronique », Institut national de la statistique et des études économiques, 13 octobre 2016. URL : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1769 .

29 Qin Zheng, Introduction to E-commerce, Beijing, Tsinghua University Press, 2009, pp. 8-9.

30 Ibid., pp. 24-39.

31 « Définition du commerce électronique », op. cit.

32 Ibid.

33 Liang Wang, « The formed path of the african community in China under the background of globalization: A case study of the Xiaobei african community in Guangzhou / 全球化背景下在华非洲人社区的生成及演变路径——以广州小北非洲人社区为例 », in Qinghai Journal of Ethnology 青海民族研究, vol. 28, n° 2, 2017, p. 4.

34 Ibid., pp. 2-3.

35 Entretien réalisé à Guangzhou en janvier 2021.

36 Ibid.

37 Entretien réalisé par WeChat en France en novembre 2021.

38 Entretien réalisé à Xiaobei en septembre 2021.

39 Ibid.

40 Ibid.

41 Ibid.

42 Entretien réalisé à Guangzhou en juillet 2021.

43 Entretien réalisé à Yiwu en juillet 2021.

44 Ibid.

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Table des illustrations

Titre Tableau 1. Le nombre d’Africains qui visitent et sortent de Guangzhou en 2017, 2018 et 2019
Légende Source : Conférence de presse sur la prévention et le contrôle sanitaires du bureau de presse de la municipalité de Guangzhou - 73e séance, 12 avril 20208.
URL http://journals.openedition.org/hommesmigrations/docannexe/image/13935/img-1.png
Fichier image/png, 182k
Titre Tableau 2. Commerçants-entrepreneurs interviewés
URL http://journals.openedition.org/hommesmigrations/docannexe/image/13935/img-2.png
Fichier image/png, 275k
Titre Figure 2. La circulation d’argent dans le commerce sur Internet.
Légende Source : Figure conçue par Junfeng Shang et Li Ma à partir de données collectées lors de l’enquête de terrain.
URL http://journals.openedition.org/hommesmigrations/docannexe/image/13935/img-3.png
Fichier image/png, 271k
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Pour citer cet article

Référence papier

Junfeng Shang et Li Ma, « Le commerce sur Internet : nouveau mode commercial des migrants africains en Chine »Hommes & migrations, 1337 | 2022, 55-64.

Référence électronique

Junfeng Shang et Li Ma, « Le commerce sur Internet : nouveau mode commercial des migrants africains en Chine »Hommes & migrations [En ligne], 1337 | 2022, mis en ligne le 01 janvier 2024, consulté le 16 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/hommesmigrations/13935 ; DOI : https://doi.org/10.4000/hommesmigrations.13935

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Auteurs

Junfeng Shang

Doctorant en études chinoises à l’université du Littoral Côte d’Opale, UR 4030, HLLI (Unité de recherche sur l’histoire, les langues, les littératures et l’interculturel), et enseignant au South China Business College.

Li Ma

Maître de conférences-HDR, université du Littoral Côte d’Opale.

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Droits d’auteur

Le texte et les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés), sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

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