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Varia
Concepts et méthodes scientifiques

Les débuts de la théorie des nombres à Bordeaux (1967-1990 env.)

François Dress

Résumé

À la fin des années 1960, le développement des universités françaises a offert au mathématicien et arithméticien Charles Pisot, secondé par son collègue Claude Chabauty, une opportunité remarquable pour créer à Bordeaux une équipe de jeunes arithméticiens. L'article raconte les débuts de cette aventure collective qui va très vite déboucher sur la création d'un laboratoire reconnu aux relations internationales fécondes, qui tient aujourd'hui une place importante dans le paysage arithmétique français.

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Texte intégral

L'auteur remercie chaleureusement Henri Cohen, Jean-Marc Deshouillers, Jean Fresnel, Jean-François Jaulent et Jacques Martinet (par ordre alphabétique), qui ont bien voulu lire et relire ce texte, et l'enrichir par leurs remarques et leurs suggestions. Ce récit est celui d'une aventure collective, on l'a dit, et son auteur y paraîtra à la troisième personne, comme tous les autres membres du groupe.

Figure 1 : Journées arithmétiques à Bordeaux

Figure 1 : Journées arithmétiques à Bordeaux

Jean Cougnard, Jacques Martinet, Pierre Damey, Jacques Sosset, Bernadette Munos, Marc Réversat, Anne-Marie Bergé, Yves Dupain, étudiante non identifiée, Jean Bésineau, Christian Batut,/ Michel Bottein, Jacques Lesca, Anne Bertrand, Michel Mendès France, Geneviève Castaignède, Bernard de Mathan, Geneviève Bretenoux-Baillot, Henri Cohen, Jean Fresnel, William Ellison/ Gérard Garandel, Michel Bernay, Francine Delmer, François Dress, Marie-France Vignéras, Jean-Marc Deshouillers, Pierrette Cassou-Noguès, Fern Ellison

© Société arithmétique de Bordeaux

Introduction

1Cet article raconte l'émergence de la théorie des nombres (appelée aussi arithmétique, voir plus loin) à l'université de Bordeaux à partir de la fin des années 1960. Ce n'est pas l'histoire de la théorie des nombres en France à la fin du XXe siècle, ce n'est pas non plus un morceau de l'histoire de l'université Bordeaux 1, c'est seulement l'histoire d'une décentralisation réussie, juste un « coup » gagnant.

2Pour permettre au lecteur, non mathématicien a priori, éventuellement très éloigné du sujet, de se faire une idée « efficace » de la théorie des nombres (ou arithmétique, les deux termes sont aujourd'hui parfaitement synonymes) et un tout petit peu de ses méthodes actuelles, nous avons rédigé (annexe 1) à la demande de la rédaction de la revue, un panorama historique de la discipline, à partir d'exemples illustres mais facilement compréhensibles.

La théorie des nombres en France au xxe siècle

  • 1 Ce jugement est global et ne rend pas justice à quelques mathématiciens éminents, comme Jacques Had (...)

3Les mathématiciens français ont grandement participé au développement mondial de la théorie des nombres, mais leur contribution était un peu en berne au début du xxe siècle1, pour des raisons complexes que nous n'aborderons pas ici.

4Puis un renouveau se produit, et la théorie des nombres française est entraînée, d'une part dans ses aspects algébriques par Jean-Pierre Serre au Collège de France à partir de 1956, d'autre part dans ses aspects analytiques par Charles Pisot qui fonde en 1959 à l'IHP (Institut Henri Poincaré) le séminaire « DPP » (Delange-Pisot-Poitou).

5Dans les années 1960, il y a quelques individualités en province, notamment Claude Chabauty à Grenoble et François Châtelet à Besançon, mais les plus importantes équipes se situent en région parisienne : Jean-Pierre Serre à Paris, Charles Pisot aussi, Hubert Delange et Georges Poitou à Orsay. C'est alors que Pisot pense qu'il peut favoriser la création d'une équipe à Bordeaux, de qualité et de taille suffisante pour s'affirmer dans le paysage français.

  • 2 Il dispose aussi, si on peut dire, du poste occupé par son élève Yvette Amice et qu'elle va quitter

6Outre sa notoriété personnelle, il possède pour cela deux atouts. Le premier provient des liens amicaux qu'il a noués avec les universitaires scientifiques de Bordeaux, car il y a été professeur de 1946 à 1955, avant d'être nommé à Paris. Le deuxième atout est le paysage universitaire français, en cette période où l'accroissement rapide du nombre des étudiants rend possible des créations de postes. Pisot va donc s'assurer que des postes seront créés2. Il peut compter pour cela sur le soutien sur place du chimiste Raymond Calas, doyen de la Faculté des sciences, qui souhaite que les mathématiques bordelaises bénéficient d'un sang neuf. Pisot va faire candidater, de 1967 à 1969, six jeunes arithméticiens et un moins jeune, tous frais émoulus de leur thèse. Quatre sont, directement ou indirectement, dans sa mouvance, trois viennent de Grenoble. Pisot et le grenoblois Chabauty étaient camarades de promotion à l'ENS, et il ne fait guère de doute qu'ils sont complices dans l'opération de décentralisation.

Naissance de la théorie des nombres à Bordeaux

7Les sept candidats poussés par Pisot sont (dans l'ordre alphabétique) Pierre Damey, Bernard de Mathan, François Dress, Jean Fresnel, Jacques Lesca, Jacques Martinet, Michel Mendès France. Leurs domaines de recherche couvrent un éventail relativement large de la théorie des nombres.

8Une caractéristique mérite d'être mentionnée, cette arrivée massive ne réjouit pas les mathématiciens du « département de mathématiques » de la faculté des sciences de Bordeaux – il n'y avait alors ni universités multiples, ni UER (Unité d’enseignement et de recherche) ou UFR (unité de formation et de recherche), ni laboratoires. Il y avait des raisons compréhensibles et raisonnables à cette grise mine, notamment le bouleversement de la tonalité des mathématiques à Bordeaux, jusque-là très tournées vers l'analyse. Et d'autres également compréhensibles mais que les arrivants ne pouvaient pas accepter, comme la remise en cause par cette arrivée du train-train confortable d'une vie scientifique dont la recherche avait disparu pour beaucoup (quoique pas pour tous). Sans compter un renversement des équilibres du pouvoir. En cette époque où il n'y avait pas de commissions de spécialistes, c'était l'assemblée toute entière des professeurs qui votait pour recruter les nouveaux, et tous les arrivants ont vite compris qu'ils avaient été recrutés par les physiciens, les chimistes, les biologistes, les géologues, contre le souhait des mathématiciens du lieu. Il y avait bien sûr des exceptions individuelles dans chaque camp.

9Il y a donc eu des antagonismes et même des luttes ouvertes. Ce qui devait arriver est arrivé, les jeunes, en quelques années parfois tendues, ont finalement gagné. Un jour, beaucoup plus tard, il a fallu en quelque sorte rééquilibrer les mathématiques à Bordeaux et notamment développer les mathématiques appliquées (appellation traditionnelle mais porteuse de préjugés qui heureusement sont en voie de disparition). Les arithméticiens ont commencé par rechigner, avant de se réjouir avec sagesse de ce sang neuf.

  • 3 Il ne fait guère de doute que Bordeaux a aspiré beaucoup de jeunes arithméticiens, qui se font rare (...)

10Bien entendu, après le « groupe des sept », de nouveaux arithméticiens sont venus renforcer l'équipe initiale. Sans tenter d'établir une liste plus ou moins complète, il faut néanmoins citer Jean-Marc Deshouillers en 1973 (arrivé en 1971 comme chercheur CNRS) et Henri Cohen en 19773. Ainsi que d'autres promus sur place.

Le regard des collègues des autres disciplines

  • 4 Association improductive de l'ancienne faculté des sciences et des anciennes facultés de droit et d (...)

11Ce regard a été au départ très sympathique mais dans l'attente d'une confirmation de la qualité scientifique annoncée par Pisot. Et aussi de la capacité à prendre (progressivement) les rênes de la gestion scientifique et administrative de ce qui était devenu, après la constitution en 1970 (loi « Edgar Faure ») de l'université Bordeaux 14, l'UER de mathématiques. Cette confirmation de la qualité scientifique viendra au fil des années de l'accumulation des réalisations de l'équipe des arithméticiens, qui sont détaillées dans la suite de ce papier.

  • 5 Qui deviendra le CSCU puis le CNU.

12Mais elle vient aussi de « positions » que les arithméticiens occupent et que les collègues des autres disciplines ont rapidement repérées, les commentant parfois d'un : « c'est donc bien vrai que vous êtes bons ». Quelques exemples : 1970, élection de Fresnel comme directeur de l de mathématiques ; 1971, élection de Fresnel au conseil de la SMF (Société mathématique de France), qui s'accompagne de la prise en charge par Bordeaux de la Gazette des mathématiciens créée en décembre 1967 ; 1973 élection de Dress et de Martinet au CCU (Comité consultatif des universités)5 ; 1975 élection de Martinet à la « Commission » du CNRS ; 1980, élection de Dress au CSCU (Conseil supérieur des corps universitaires), plus tard élection de Deshouillers au CSCU, etc.

La rapide association au CNRS (voir ci-dessous) est un élément très important de reconnaissance par les collègues des autres disciplines.

13Il faut enfin apprécier la participation active aux instances de gestion de l'université, qui convainc les collègues que les arithméticiens s'intéressent à eux (cela facilite la réciproque) et surtout qu'ils veulent faire partie des forces vives de l'université : la première participation se fait dès l'arrivée du groupe : 1969, élection de Dress et Martinet au conseil transitoire de gestion de ce qui est encore la faculté des sciences. Cette présence ne faiblit jamais. Et de 1987 à 1996 Dress sera vice-président puis administrateur provisoire de l'université.

Les « réalisations » de l'équipe de théorie des nombres à Bordeaux

14Quoique faisant souvent partie d'un flux continu, on peut les présenter dans l'ordre chronologique où elles viennent occuper la scène.

  • 6 On trouvera une histoire détaillée des Journées arithmétiques, écrite par Jacques Martinet, sur htt (...)

L'organisation de congrès nationaux ou européens vient en premier. Le coup d'envoi est l'organisation à Bordeaux en septembre 1969, sous la responsabilité de Fresnel et Mendès France, des cinquièmes Journées arithmétiques. Quelques mots pour situer ces journées dans le paysage. Elles ont été inventées en 1960 par Claude Chabauty à Grenoble6. Initialement opération de vulgarisation et de publicité pour appuyer le renouveau de l'arithmétique française, et aussi opération de décentralisation, ces Journées sont vite devenues un vrai congrès scientifique, de plus en plus international. Elles se tiendront, sauf petit décalage occasionnel, tous les deux ans, alternativement en France et dans un autre pays d'Europe à partir d'Exeter (G.-B.) en 1980. Elles s'étaient tenues une seconde fois à Grenoble en 1967, et Fresnel y avait suggéré que Bordeaux accueille l'édition suivante, ce qui s'est effectivement fait en 1969. Bordeaux les accueillera de nouveau en 1974 (organisateur Damey), puis en 1993 (organisateurs Martinet et Francine Delmer). Ces Journées sont généralistes, mais des arithméticiens bordelais organiseront de nombreux colloques plus restreints, soit à Bordeaux soit au Centre international de rencontres mathématiques (CIRM) de la SMF, à Luminy près de Marseille, il n'est pas nécessaire de les citer.

15Les thèses, et l'essaimage des meilleurs, ont un impact considérable sur la réputation d'une équipe ou d'un laboratoire. Ont ainsi porté la réputation de Bordeaux, Michel Waldschmidt en 1972 à Orsay, Marie-France Vignéras en 1975 à Paris, Henri Cohen en 1978 à Grenoble (avant son retour à Bordeaux en 1981), Gérald Tenenbaum en 1981 à Nancy, Étienne Fouvry en 1984 à Orsay, pour ne citer que les premiers (chronologiquement) de la liste.

16Les structures officielles, variables au cours du temps, ponctuent le développement à Bordeaux des mathématiques en général, et de la théorie des nombres en particulier. Ce qui était jusqu'à 1970 un département de mathématiques est devenu une UER, et la notion de laboratoire de mathématiques émerge très vite, s'accompagnant tout aussi vite d'une « association » au CNRS, en fait un label de qualité7 remarqué par nos collègues des autres disciplines. Il y a dès 1975 la reconnaissance par le CNRS d’une équipe de théorie des nombres (Équipe de Recherche Associée, directeur Fresnel), puis en 1978 d'un « laboratoire de mathématiques et informatique de Bordeaux » (Laboratoire Associé LA 226, premier directeur Martinet8).

17Ce LA regroupe toutes les mathématiques mais également l'informatique naissante, dont le développement rapide et l'excellence au rendez-vous mériteraient d'être racontées dans un article spécifique. En 1986 est créé le LaBRI (Laboratoire bordelais de recherches en informatique) et le LA, perdant l'informatique, devient un laboratoire de maths qui prend le nom de CeReMaB (Centre de Recherche en Mathématiques de Bordeaux), toujours associé au CNRS (Unité de Recherche Associé URA 226, premier directeur Deshouillers). À la même époque le Ministère crée dans toutes les universités des « écoles doctorales »

  • 9 Sigle très calculé (!), qui lui permet de se trouver en tête de toutes les listes alphabétiques du (...)

18La cohabitation des différents courants de recherche devient difficile au sein du CeReMaB (elle sera plus facile dans le futur Institut de Mathématiques de Bordeaux IMB, où le nombre des courants aura considérablement augmenté !), et un laboratoire très original est créé en 1993 (officialisant un groupe de recherche qui fonctionne depuis 1989), dans un processus impliquant sur le terrain Martinet, Cohen et Deshouillers, à la tête de l'université le président Jean Lascombe et le vice-président recherche Dress, et au ministère le mathématicien Jean Giraud. Ce laboratoire s'appelle Algorithmique et Arithmétique Expérimentale : A2X9, dite « Algo » (Unité Mixte de Recherche UMR 9936, premier directeur Martinet ; Michel Olivier lui succédera en 2000). L'adjectif provocateur « expérimentale » veut signaler l'évolution récente et puissante d'une partie de la théorie des nombres, qui inclut notamment la cryptographie et qui tend à pousser la théorie des nombres vers les mathématiques appliquées (vous avez dit cartes bancaires ?).

  • 10 Préfiguré en 1979 par l'interpréteur Isabelle (Cohen et Dress) inspiré par le langage APL, voir par (...)

19C'est l'occasion de signaler la mise au point à Bordeaux à partir de 1985, par une petite équipe dirigée par Cohen, de « PARI/GP ». PARI10 est un système libre de calcul formel, manipulant des nombres en précision arbitraire (les millions de chiffres ne lui font pas peur) et de nombreux types d'objets, et intégrant une bibliothèque étendue de fonctions arithmétiques. PARI est utilisable par les systèmes informatiques de haut niveau, par exemple C++, et GP est une calculatrice programmable associée. Beaucoup d'universités scientifiques dans le monde ne connaissent de Bordeaux que PARI/GP.

Figure 2 : Huit arithméticiens de Bordeaux 2014

Figure 2 : Huit arithméticiens de Bordeaux 2014

De gauche à droite en partant de la rangée la plus haute : Philippe Cassou-Noguès, Jacques Martinet, François Dress, Jean-Marc Deshouillers, Jean Fresnel, Pierrette Cassou-Noguès, Francine Delmer, Henri Cohen.

© Société arithmétique de Bordeaux

20Une autre réalisation importante et visible « de l'extérieur » de l'équipe de théorie des nombres de Bordeaux est la création d'une revue scientifique. Le séminaire parisien DPP évoqué au début de cet article a publié de 1959 à 1979 le texte des exposés (hebdomadaires). Les arithméticiens arrivés à Bordeaux ayant créé à leur tour un séminaire hebdomadaire, ils ont assez vite diffusé les textes des exposés faits à Bordeaux en fascicules reliés du « Séminaire de théorie des nombres de Bordeaux ». Devant le succès de cette diffusion, ils ont alors décidé d'accueillir des textes de l'ensemble de la communauté arithmétique, et créé une véritable revue scientifique de rang A (comprendre : articles originaux et comité de lecture), le « JTNB (Journal de théorie des nombres de Bordeaux) » : 1 fascicule en 1989 (première année), 2 par an à partir de 1990, 3 par an de 2003 à maintenant. Le projet a été porté par Deshouillers, qui a dû batailler un peu pour convaincre toute l'équipe, la première éditrice a été Anne-Marie Bergé, suivie par Jean-Paul Allouche puis par Jaulent, et le soutien du CNRS est arrivé très vite. Il a été nécessaire de donner un support institutionnel au JTNB, ce qui a entraîné la création dès 1990 de la Société Arithmétique de Bordeaux, association libre transformée en 2005 Association Loi 1901. Cette revue figure aujourd'hui en bonne place parmi les revues internationales mathématiques spécialisées en théorie des nombres.

21Il faut évoquer pour terminer la bibliothèque (« bibliothèque de MathInfo », aujourd'hui « bibliothèque de l'Institut de mathématiques de Bordeaux »). Ce n'est pas une réalisation des arithméticiens de Bordeaux, mais ceux-ci y ont grandement contribué. Initialement, la bibliothèque du département de math est une petite bibliothèque comme il en existe tant dans l'université. Les arithméticiens débarquent, ils utilisent une part des crédits qui leur sont attribués en propre pour acheter des livres et surtout s'abonner à des revues, le processus s'amplifie, la bibliothèque devient officiellement une composante de la bibliothèque interuniversitaire (BIU), et obtient des crédits qui passent par la BIU – dont les relations avec la directrice, qui aimerait bien réintégrer la bibliothèque de MathInfo dans ses locaux, sont un peu compliquées. Tout le monde n'a peut-être pas bien compris que leur bibliothèque est l'unique « gros équipement » des mathématiciens, et qu'ils tiennent à en garder la maîtrise. Le CNRS s'en mêle, donne des crédits de fonctionnement et, lorsque le bâtiment des mathématiques s'agrandira, un cofinancement permettra d'agrandir et d'équiper les locaux de la bibliothèque. Jaulent, le pilote de ces opérations, est arithméticien – une fois de plus ce n'est pas un hasard.

Figure 3 : Présentoir des revues

Figure 3 : Présentoir des revues

© Société arithmétique de Bordeaux

La maturité

22Nous avons présenté les origines de la théorie des nombres à Bordeaux. Nous terminons par un aperçu, bref mais révélateur, 40 ans plus tard, pour attester de la réussite à long terme de l'opération de 1967‑69. Sans entraver le développement, aujourd'hui très large, des autres domaines mathématiques, les arithméticiens ont su préserver leur importance dans le dispositif des mathématiques bordelaises. Cet aperçu provient du rapport de l’AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) sur l'IMB en mai 201011.

23L'IMB a été créé par la fusion en 2007 des trois unités suivantes : laboratoire d'analyse et de géométrie, laboratoire de théorie des nombres et d'algorithmique arithmétique de Bordeaux (A2X), mathématiques appliquées de Bordeaux (MAB)12. Son premier directeur est l'analyste Guy Métivier (l'arithméticien Jaulent lui succédera). Deux indicateurs mesurent le succès à cette date de l'arithmétique bordelaise. La taille de l'équipe tout d'abord : 29 chercheurs et enseignants-chercheurs arithméticiens, sur 120 pour l'institut tout entier, proportion qui dépasse largement la moyenne nationale. Le deuxième indicateur est l'enthousiasme des rapporteurs de l'AERES, dont voici un très bref extrait : « L’équipe de théorie des nombres de Bordeaux [...] est une équipe de premier plan international tant par la qualité de sa production scientifique que par l’amplitude des compétences représentées. La particularité de cette équipe réside non seulement dans la diversité des domaines d’excellence mais aussi dans la richesse des interactions développées. » (Rapport AERES, 2011, p. 9)

Figure 4 : Bâtiment de l'université vers 2005

Figure 4 : Bâtiment de l'université vers 2005

Le bâtiment « mathématiques – administration », au premier plan le grand amphi de mathématiques.

© Société arithmétique de Bordeaux

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Annexe

Annexe 1 : présentation de la théorie des nombres

Pour présenter ce qu'on appelle indifféremment l'Arithmétique ou la Théorie des nombres (nous nous en expliquerons plus loin), il est éclairant de remonter aux origines. À une époque reculée que nous ne pouvons pas situer, Homo sapiens a imaginé les entiers naturels (comprendre : positifs), pour énumérer et compter, les fractions, pour commencer à mesurer, quelques objets géométriques comme les cercles et les carrés, pour commencer à domestiquer l'espace. On oublie souvent de mentionner la notion de périodicité, archaïque (le jour et la nuit, la Lune, les saisons), et dont la connexion avec les mathématiques est manifeste.

On ne détaillera pas ici la postérité des branches primitives des mathématiques naissantes. Au début de la « proto-histoire », vers – 4000 ans, les mathématiques étaient une science utilitaire qui visait à compter, élaborer un calendrier, prédire les événements astronomiques, mesurer les longueurs et les aires. À un certain moment, les mathématiciens (en fait les astronomes et les philosophes) se sont intéressés aux nombres premiers13 – lesquels ont probablement été découverts en manipulant les fractions. On peut penser que la fascination a été immédiate... en tout cas, les Babyloniens, les Égyptiens, les Chinois, les Grecs, les Mayas, les Indiens..., s'y sont intéressés.

Avec les nombres premiers s'amorce une bifurcation essentielle de la postérité des nombres entiers. Il y aura d'une part les ensembles de nombres qui étendent les nombres entiers (nombres réels alias nombres « à virgule », nombres complexes qu'on a longtemps appelés « imaginaires », vecteurs qui sont des extensions « pluridimensionnelles » des nombres), qui ouvrent dans un premier temps sur le calcul avancé et sur la théorie des fonctions, puis sur le calcul « différentiel et intégral ».

Et d'autre part la lignée issue de la singularité multiplicative des nombres premiers, nombres premiers eux-mêmes (c'est une sorte de noyau dur de la théorie, avec des questions difficiles encore irrésolues), approximations rationnelles des nombres réels, équations à résoudre en nombres entiers.

Cette lignée issue des nombres premiers s'appelle Théorie des nombres – mais les profanes imaginent parfois et à tort qu'elle traite des ensembles de nombres – ou bien Arithmétique – mais les profanes ont alors du mal à imaginer que cela aille au-delà des « quatre opérations » élémentaires. Quoi qu'il en soit, cette nouvelle branche des mathématiques va assez rapidement s'évader du domaine des mathématiques utilitaires pour devenir un bouillonnement intellectuel d'apparence à la fois ludique et abstraite, avec des théorèmes aussi simples à énoncer que difficiles à prouver. Nous allons en donner quelques exemples ci-dessous, mais nous annonçons dès maintenant le coup de tonnerre : en 1978, la théorie des nombres (re)devient une branche des mathématiques utilitaires, avec la publication du « système cryptographique » RSA (Rivest Shamir Adleman). Mais dans les mathématiques d'aujourd'hui, même les plus « pures », qu'est-ce qui n'est pas utilisé ou utilisable ?

La recherche des « triplets pythagoriciens » est peut-être le plus ancien problème de théorie des nombres : il s'agit de chercher les solutions en nombres entiers de la relation de Pythagore14 a2 + b2 = c2, comme 32 +42 = 52 ou 52 + 122 = 132.

Les nombres premiers interviennent dans la théorie de la divisibilité et l'étude des fractions, et la démonstration, vers –550, que √2 n'est pas un nombre fractionnaire, a fortement bousculé les mathématiciens.

Autre théorème fort, vers –200 : il y a une infinité de nombres premiers, démonstration écrite par Euclide en utilisant le crible d'Ératosthène.

La théorie des nombres peine ensuite un peu, faute de méthodes innovantes, jusqu'au xviie siècle, avec Marin de Mersenne (1588‑1648) et Pierre de Fermat (1801‑1865). On peut citer, parmi les productions célèbres, les nombres de Mersenne : Mn = 2n – 1, qui ne peut être premier que si l'exposant n est premier (ces nombres, dont certains seulement sont premiers, fournissent aujourd'hui les records de nombres premiers explicites, le dernier découvert (octobre 2024) est M136 279 841, qui s'écrit avec 41 024 320 chiffres en base 10 ; le merveilleux « petit » théorème de Fermat : si a n'est pas divisible par un nombre premier p, alors ap–1 – 1 est divisible par p ; et le « grand » théorème de Fermat : si n ≥ 3, l'équation an + bn = cn est impossible à résoudre en nombres entiers (sauf solutions « triviales » avec des « 0 » et des « 1 »), qui ne deviendra réellement un théorème que 350 ans plus tard avec la démonstration de Wiles (1995). En ce même xviie siècle, le théorème des quatre carrés (tout nombre entier positif peut être écrit comme somme de quatre carrés (d'entiers)) est conjecturé, mais sa démonstration attendra Lagrange en 1770. Ce théorème inaugure la théorie additive des nombres : conjecture de Goldbach, problème de Waring...

Le siècle suivant est dominé par Euler (1707‑1783) qui, le premier, utilise pour la théorie des nombres les méthodes de l'analyse mathématique, notamment les séries infinies. Dans le but de vulgariser la théorie des nombres et non pas d'en faire l'historique, on se contentera de signaler qu'Euler établit le premier résultat sur la raréfaction des nombres premiers (1737) : la somme des inverses des nombres premiers est une série divergente. La somme des inverses de tous les nombres entiers étant elle-même divergente, le théorème d'Euler signifie que, d'une certaine manière, il y a beaucoup de nombres premiers. Et pourtant ils se raréfient ! Legendre démontrera en 1808 que, lorsque x tend vers l'infini, la proportion par rapport à x de nombres premiers inférieurs à x tend vers 0. Mais lentement... Ce résultat sera affiné en 1896 par le très célèbre « théorème des nombres premiers ».

Carl Friedrich Gauss (1777-1855) écrit en 1798 ses Disquisitiones Arithmeticae, qui démontrent plusieurs résultats essentiels et jettent les bases de la future et féconde théorie algébrique des nombres, utilisatrice notamment de la théorie des groupes et de la théorie de Galois. Cependant qu'en 1859, Bernhard Riemann (1826‑1866) utilise la « fonction zêta » (qui sera ensuite dite « de Riemann ») dans le cadre de l'analyse complexe15 pour étudier les « fonctions arithmétiques », ouvrant une voie royale à la démonstration du théorème des nombres premiers.

Nous arrivons au milieu du xixe siècle. La théorie des nombres est reconnue comme une véritable sous-discipline des mathématiques (vous avez dit algèbre, analyse16, géométrie ?). Elle se subdivise en première approximation en théorie algébrique des nombres et théorie analytique des nombres. Mais elle va exploser au fil du siècle et demi qui suit, ses objets et encore plus ses méthodes vont emprunter à tous les chapitres des mathématiques, elle devient extrêmement transversale et ses sous-variétés très nombreuses. On trouve aujourd'hui une théorie des nombres algébrique, algorithmique, analytique, combinatoire, diophantienne, géométrique, probabiliste... (par ordre alphabétique). Mais la diversité est toujours une richesse.

Nous avions signalé plus haut le « système cryptographique » RSA17, qui consiste à utiliser les nombres premiers pour faire un chiffrement « asymétrique »18. L'idée de base repose sur le constat qu'on sait aujourd'hui fabriquer en une fraction de seconde un nombre premier de 60 chiffres (et qu'on sait bien sûr en multiplier deux), tandis qu'il faudrait des milliards d'années pour décomposer un nombre de 120 chiffres produit de deux nombres premiers de 60 chiffres.

Mais les ordinateurs sont aussi utilisés en recherche fondamentale et les rapports de la théorie des nombres avec l'informatique demandent un commentaire. Il est assez fréquent que les méthodes utilisées pour effectuer les calculs « à la main » ne procurent que des améliorations médiocres lorsqu'on les transpose sur ordinateur, et que pour donner sa pleine efficacité à ce dernier il faille utiliser des méthodes nouvelles – qui auraient été catastrophiques utilisées à la main. Ces méthodes nouvelles sont elles-mêmes issues de théorèmes inédits élaborés dans le cadre d'une sous-discipline nouvelle appelée algorithmique arithmétique.

Annexe 2 : quelques coopérations internationales du laboratoire

Un bon indicateur du succès et de la qualité de la théorie des nombres à Bordeaux dont cet article décrit les origines, peut être de regarder les premiers résultats obtenus par le jeune laboratoire qui s'est formé et de se concentrer sur les collaborations internationales très vite amorcées.

C'est ce que nous faisons ci-dessous, en y ajoutant une présentation du logiciel de calcul formel PARI/GP utilisé dans le monde entier, qui atteste du rayonnement rapide du nouveau laboratoire de Bordeaux. Nous présenterons ces travaux et réalisations par ordre chronologique. Toutes les collaborations ainsi initiées ont eu une suite au sein du laboratoire, qu'il n'est bien sûr pas possible de décrire ici.

Marius van der Put (né en 1941) est un mathématicien néerlandais, spécialiste de géométrie et d'analyse p-adiques.

De la même manière qu'on peut « compléter » le corps des nombres rationnels en utilisant la valeur absolue ordinaire, pour obtenir les nombres réels, on peut le compléter en utilisant d'autres valeurs absolues, dites p-adiques, pour obtenir les nombres « p-adiques ». Ce qu'on appelle géométrie rigide (fondée par Tate en 1961) est l'analogue p-adique de la géométrie analytique complexe, et est devenue, au fil des ans, un outil indispensable dans un grand nombre de questions de géométrie arithmétique. Fresnel et van der Put ont écrit en 1981 un ouvrage Géométrie analytique rigide et applications, qui expose à l'intention des chercheurs les fondements et les résultats essentiels de cette discipline nouvelle.

Henryk Iwaniec (né en 1947) est un mathématicien polonais et états-unien, spécialiste de théorie analytique des nombres, récipiendaire de nombreux prix, dont le prix Shaw. Il sera été fait docteur honoris causa de l’Université de Bordeaux en 2006.

Pendant l’année 1979‑1980 où il était invité à l’université de Bordeaux, Il a développé, en collaboration avec Deshouillers, l’étude en moyennes de sommes de Kloosterman (sommes trigonométriques très particulières, imaginées en 1926, qui possèdent de nombreuses applications à des problèmes fondamentaux dans la théorie analytique classique et les formes modulaires). Les premiers résultats ont été publiés en 1982 dans la revue Inventiones Mathematicae. Iwaniec a par ailleurs développé une collaboration avec Dress et Tenenbaum (alors chargé de recherche au CNRS à Bordeaux) ainsi qu'avec Fouvry (alors maître de conférences à Bordeaux).

Hendrik Lenstra (né en 1949) est un mathématicien néerlandais, spécialiste de la théorie algorithmique des nombres (computational number theory).

Ce qu'on appelle aujourd'hui les conjectures de C-L-M (Cohen-Lenstra-Martinet heuristics) concerne la distribution des groupes de classes des corps de nombres quadratiques réels (groupes des classes d'idéaux, dans la ligne des travaux initiés au XIXe siècle par Galois, Gauss, Kummer...). Dit sommairement, les « entiers » des « corps de nombres » ne satisfont pas toujours la factorisation unique des entiers ordinaires et les groupes de classes mesurent en quelque sorte le défaut de factorisation. Les conjectures de C‑L‑M ont entraîné à leur suite de nombreux travaux, d'une part pour les confronter à des investigations numériques, d'autre part pour les relier à d'autres conjectures. Le « coup d'envoi » est un article de 1983 de Cohen et Lenstra, suivi d'un article de 1987 de Cohen et Martinet.

Quoiqu'étant un outil forgé par une équipe exclusivement bordelaise, le logiciel PARI/GP possède un impact international suffisamment étendu pour être inclus dans la présente liste.

PARI/GP est un système de calcul formel orienté arithmétique, composé d'une bibliothèque écrite en langage C utilisable dans les langages tels que C++ ou Python, et d'une interface en ligne qui fonctionne comme une calculatrice programmable sophistiquée. Il a été développé à Bordeaux (et continue à l'être) par une équipe créée et animée par Henri Cohen. C'est un logiciel libre, distribué à partir de 1985 dans toutes les universités scientifiques du monde. Sa précision est arbitraire (jusqu'à plusieurs millions de chiffres), il manipule les nombres et les objets algébriques indispensables, il peut calculer toutes les fonctions arithmétiques, tester les propriétés, effectuer des opérations avancées en théorie algébrique des nombres. Avec une rapidité de calcul particulièrement performante.

Ramachandran Balasubramanian (né en 1951) est un mathématicien indien, spécialiste de la théorie additive des nombres et de la théorie combinatoire des nombres.

Le théorème des quatre carrés, conjecturé depuis longtemps, a été démontré par Lagrange en 1770. La même année le mathématicien britannique Waring conjecture que, pour tout degré k, il existe s tel que tout entier positif puisse s'écrire comme une somme de s puissances k‑ièmes. On note g(k) la valeur minimale de s. Au fil des années, divers majorants de g ont été trouvés, puis les valeurs exactes, avec des techniques de démonstration de plus en plus sophistiquées. Seul g(4) résistait. Une série d'articles de 1986 de Balasubramanian, Deshouillers et Dress a démontré g(4) = 19, en combinant des résultats théoriques très poussés et des résultats numériques indirects à la limite des ordinateurs de l'époque.

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Notes

1 Ce jugement est global et ne rend pas justice à quelques mathématiciens éminents, comme Jacques Hadamard qui démontre le théorème des nombres premiers en 1896 alors qu'il est jeune professeur à Bordeaux, et à partir de la fin des années 1930 les mathématiciens cités dans le petit alinéa qui suit, auxquels il faut ajouter Claude Chevalley et André Weil.

2 Il dispose aussi, si on peut dire, du poste occupé par son élève Yvette Amice et qu'elle va quitter.

3 Il ne fait guère de doute que Bordeaux a aspiré beaucoup de jeunes arithméticiens, qui se font rares hors de Bordeaux. Dans la génération initiale, il faut signaler Gérard Rauzy, déjà installé à Marseille au moment du « coup » sur Bordeaux, et Jean-Louis Nicolas, nommé à Limoges puis à l'ENS de Lyon.

4 Association improductive de l'ancienne faculté des sciences et des anciennes facultés de droit et de sciences économiques.

5 Qui deviendra le CSCU puis le CNU.

6 On trouvera une histoire détaillée des Journées arithmétiques, écrite par Jacques Martinet, sur http://jamartin.perso.math.cnrs.fr/Publications/histoireJA.pdf

7 Il existait quelques labos « propres » du CNRS quand, en 1966, cet organisme instaure une politique d'association des équipes et laboratoires des universités qui, au-delà de l'apport financier, sera vite considérée comme une garantie importante de qualité scientifique. Les « formules » d'association et les sigles ont varié, et ne sont pas explicités dans cet article.

8 https://docplayer.fr/87126749-Dossiers-de-laboratoires-des-sciences-
mathématiques-et-physiques-théoriques.html
, pages 77 et 119

9 Sigle très calculé (!), qui lui permet de se trouver en tête de toutes les listes alphabétiques du CNRS.

10 Préfiguré en 1979 par l'interpréteur Isabelle (Cohen et Dress) inspiré par le langage APL, voir par exemple https://pari.math.u-bordeaux.fr/PDF/isabelle.pdf

11 https://hal-hceres.archives-ouvertes.fr/hceres-02033755/document

12 https://rnsr.adc.education.fr/structure/200711916B

13 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, 29, 31, ... : ce sont les entiers naturels supérieurs à 1 (il y a des raisons mathématiques impérieuses pour exclure 1) qui ne possèdent pas de diviseur intermédiaire entre 1 et eux-mêmes.

14 Relation sur les côtés d'un triangle rectangle, connue environ un millénaire avant Pythagore.

15 Théorie des fonctions de la variable complexe, qui est beaucoup plus qu'une simple généralisation de la classique théorie des fonctions de la variable réelle.

16 Calculus en anglais.

17 Ce sont les initiales des trois auteurs.

18 Ce système est utilisé aujourd'hui notamment pour sécuriser les transactions bancaires via Internet.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 : Journées arithmétiques à Bordeaux
Légende Jean Cougnard, Jacques Martinet, Pierre Damey, Jacques Sosset, Bernadette Munos, Marc Réversat, Anne-Marie Bergé, Yves Dupain, étudiante non identifiée, Jean Bésineau, Christian Batut,/ Michel Bottein, Jacques Lesca, Anne Bertrand, Michel Mendès France, Geneviève Castaignède, Bernard de Mathan, Geneviève Bretenoux-Baillot, Henri Cohen, Jean Fresnel, William Ellison/ Gérard Garandel, Michel Bernay, Francine Delmer, François Dress, Marie-France Vignéras, Jean-Marc Deshouillers, Pierrette Cassou-Noguès, Fern Ellison
Crédits © Société arithmétique de Bordeaux
URL http://journals.openedition.org/hrc/docannexe/image/13812/img-1.png
Fichier image/png, 216k
Titre Figure 2 : Huit arithméticiens de Bordeaux 2014
Légende De gauche à droite en partant de la rangée la plus haute : Philippe Cassou-Noguès, Jacques Martinet, François Dress, Jean-Marc Deshouillers, Jean Fresnel, Pierrette Cassou-Noguès, Francine Delmer, Henri Cohen.
Crédits © Société arithmétique de Bordeaux
URL http://journals.openedition.org/hrc/docannexe/image/13812/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 471k
Titre Figure 3 : Présentoir des revues
Crédits © Société arithmétique de Bordeaux
URL http://journals.openedition.org/hrc/docannexe/image/13812/img-3.jpg
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Titre Figure 4 : Bâtiment de l'université vers 2005
Légende Le bâtiment « mathématiques – administration », au premier plan le grand amphi de mathématiques.
Crédits © Société arithmétique de Bordeaux
URL http://journals.openedition.org/hrc/docannexe/image/13812/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 265k
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Pour citer cet article

Référence électronique

François Dress, « Les débuts de la théorie des nombres à Bordeaux (1967-1990 env.) »Histoire de la recherche contemporaine [En ligne], Tome XIV n°1-2 | 2025, mis en ligne le 08 avril 2025, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/hrc/13812 ; DOI : https://doi.org/10.4000/13px7

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