WESTPHAL, Siegrid, Kaiserliche Rechtsprechung und herrschaftliche Stabilisierung. Reichsgerichtsbarkeit in den thüringischen Territorialstaaten 1648-1806
Texte intégral
1Rompant avec l’opposition traditionnelle entre institutions impériales et États territoriaux (l’accent étant mis sur ces derniers), la recherche récente sur l’Empire insiste sur les interactions entre les deux niveaux, le premier ne pouvant fonctionner que grâce au concours du second, qui en revanche recourt à l’autre pour assurer sa stabilité et régler ses conflits. L’action des tribunaux impériaux sur les différends entre principautés et sur leurs dysfontionnements internes est particulièrement mise en valeur, ce qu’accompagne le regain d’intérêt envers les commissions impériales (souvent confiées à un prince parent ou voisin et pourvues de pouvoirs exceptionnels ; voir par exemple M. Fimpel, BullMHFA, 36, 2000, p. 260-261) et envers les problèmes d’endettement, domaine privilégié de la multiplication des commissions impériales au XVIIIe s. (J. Ackermann, BullMHFA, 39, 2003, p. 254-255). Axé sur le politique et l’institutionnel, l’ouvrage de S.W., issu d’une habilitation de 2001, s’inscrit pleinement dans la lignée de ces travaux. Sans innover de bout en bout, cet ouvrage se distingue cependant par son souci d’analyse quantitative des nombreux procès en cour impériale (même si cette approche sérielle a déjà été illustrée, entre autres, par le livre d’A. Baumann, BullMHFA, 37, 2001, p. 291-292), par l’attention portée au Nord-Est de l’Allemagne, généralement considéré comme moins concerné par les institutions impériales (mais il s’agit de la Thuringe, très morcelée), enfin par le poids du Conseil Impérial Aulique (964 des 1092 affaires prises en compte) alors que le tribunal de la Chambre Impériale a été davantage étudié.
2Le livre de S.W. est centré sur les problèmes dynastiques, très complexes au sein de familles princières ayant tardivement introduit la primogéniture (les multiples branches thuringiennes des Wettin – Saxe-Gotha, Saxe-Weimar etc. – ainsi que les Reuss ou les Schwarzburg). Ces questions viennent en tête des statistiques : les accusations portées par les sujets des princes sont en revanche moins fréquentes qu’ailleurs. Comme partout, mais de façon plus marquée, les cas d’endettement dominent. Les deux exemples développés ensuite, avec davantage de talent pour l’exhaustivité que pour l’analyse, concernent donc fort logiquement le crédit et l’héritage, souvent mêlés. S.W. choisit de souligner la « complémentarité de l’État impérial » ou celle de « la régulation des conflits » (dont on voit mal, en effet, comment elle pourrait ne pas être complémentaire) sans parvenir à convaincre de ce que cette nouvelle formulation apporte à des thèmes qui ont déjà été traités avec plus d’acuité. Reste un ouvrage solide, qui apporte sa pierre au mouvement de redécouverte des tribunaux impériaux et de la société politique impériale.
3Christophe DUHAMELLE (MHFA)
Pour citer cet article
Référence électronique
Christophe Duhamelle, « WESTPHAL, Siegrid, Kaiserliche Rechtsprechung und herrschaftliche Stabilisierung. Reichsgerichtsbarkeit in den thüringischen Territorialstaaten 1648-1806 », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2004, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/1049 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.1049
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