ENGLISCH, Brigitte, Zeiterfassung und Kalenderprogrammatik in der frühen Karolingerzeit. Das Kalendarium der Hs. Köln DB 83-2 und die Synode von Soissons 744
Texte intégral
1La présente étude, qui porte sur un calendrier copié dans le manuscrit 83-2 de la bibliothèque de la cathédrale de Cologne, dépasse de loin l’analyse technique du document, des textes qui l’accompagnent et des questions de comput, pour apporter une contribution originale à la compréhension de la réforme carolingienne. Les premières pages sont arides, mais nécessaires dès lors qu’on veut cerner le dessein de l’auteur de ce calendrier : rassembler les textes faisant autorité pour définir la date de Pâques. Il s’ensuit que ce calendrier vise moins à préciser le temps de la commémoration des saints qu’à présenter visuellement comment le cours du temps liturgique s’inscrit dans celui des astres. Une enquête fondée notamment sur les mentions de saints permet à l’auteur de proposer Soissons comme lieu de réalisation de ce calendrier et de le dater du milieu du VIIIe s., d’où l’idée assez séduisante qu’il s’agit de la présentation, à l’attention des évêques réunis en concile en 744 à Saint-Médard de Soissons, des contraintes inhérentes au calcul de la date de Pâques. Sous l’archevêque Hildebald, ce calendrier fut révisé à Cologne, en 805 (selon l’auteur : une preuve du fait que la question du calcul de la date de Pâques ne fut pas réglée une fois pour toutes). B.E. propose un travail d’une grande rigueur et qui convainc généralement (sauf peut-être lorsqu’elle prétend, p. 96, que seul un contexte de crise a pu conduire à la réalisation d’un tel calendrier permettant de « prouver la réalité »). Elle met en évidence le rôle de Boniface dans la diffusion des idées de Bède le Vénérable en relativisant l’uniformité des usages dans le monde franc vers le milieu du VIIIe s. et contribue à une meilleure analyse de la réforme du calendrier dont témoigne celui de Lorsch, récemment étudié par A. Borst ; elle agrémente sa réflexion d’observations très stimulantes (comme l’idée, p. 79, selon laquelle l’intégration du nom d’un saint au calendrier pourrait être non pas une conséquence de la translation de ses reliques en un lieu, mais au contraire une mesure visant à la préparer). Une édition du calendrier est proposée (dans la ligne de l’argumentation de B.E., on notera que les termes choisis – hic, locus – témoignent non seulement d’une conception visuelle, mais spatiale du temps, liée bien évidemment à la position des astres) ; cette publication est complétée, entre autres choses, par une liste commentée des calendriers des VIIIe-Xe s. et une liste identifiant les saints mentionnés dans le texte.
2Philippe DEPREUX
Pour citer cet article
Référence électronique
Philippe Depreux, « ENGLISCH, Brigitte, Zeiterfassung und Kalenderprogrammatik in der frühen Karolingerzeit. Das Kalendarium der Hs. Köln DB 83-2 und die Synode von Soissons 744 », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2003, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/1093 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.1093
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