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2003

STAFFELBACH, Bruno, SENN, Marcel, Ökonomik im Mittelalter. Eine Zeitreise mit modernen mikroökonomischen Theorien

Julien Demade
Bruno STAFFELBACH, Marcel SENN (dir.), Ökonomik im Mittelalter. Eine Zeitreise mit modernen mikroökonomischen Theorien, Zürich : Chronos, 2002, 139 p., 25,90 €.
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Texte intégral

1L’interdisciplinarité est certes une parfaite tarte à la crème, mais aussi bien une vraie nécessité, puisque seule à rendre possible la rupture avec des frontières académiques vieillies n’ayant souvent de logique qu’institutionnelle. Et cette nécessité est d’autant plus grande s’agissant de l’histoire économique de la fin du Moyen Âge allemand : puisque ce champ de recherche a été déserté non seulement par les historiens « purs » (qui n’ont jamais été vraiment censés devoir s’y intéresser), mais également par les historiens des facultés d’économie (dont ce domaine était censé relever exclusivement), paresseusement repliés sur les périodes les plus récentes, pourquoi ne pas attendre le salut de l’intervention d’économistes « purs » ? Ce n’est donc, de premier abord, qu’avec plaisir que l’on peut accueillir un ouvrage qui se propose de réexaminer, à l’aide des concepts de la micro-économie (en l’occurrence essentiellement ceux des New Institutional Economics), certains des problèmes liés à l’analyse de la production, de la répartition et de la consommation des biens aux XIIIe-XVIe s. Toutefois, une approche interdisciplinaire, pour ne pas verser dans l’anachronisme creux et l’annexion sauvage, requiert quelques précautions élémentaires : qu’elle soit (on nous pardonnera cette tautologie qui, comme on va le voir, semble n’en pas être une pour tout le monde) menée par des représentants confirmés des différentes disciplines concernées, et qu’elle se comprenne comme une remise en cause de chacune de ces disciplines. Reprenons (sans aucune intention d’être désagréable, mais avec ce simple souci d’objectivité qui amène à appeler un chat, un chat) chacun de ces points, pour noter, d’abord, que d’historien au fait des problèmes économiques de la fin du Moyen Âge, il n’en est point dans cette entreprise (M.S. est censé en faire fonction, quoiqu’il s’agisse d’un juriste, spécialisé dans l’histoire de la philosophie du droit, et ayant plus particulièrement porté son intérêt sur Spinoza – toutes choses bien évidemment fort honorables, mais assez éloignées du propos), ce qui est d’autant plus surprenant s’agissant d’un ouvrage issu de facultés de l’université de Zurich, université qui compte pourtant parmi ses membres, avec Roger Sablonier, l’une des personnes qui, directement et à travers ses élèves, a le plus fait dans ces dernières décennies pour l’histoire économique du Moyen Âge tardif. Signalons, ensuite, que les « économistes » qui contribuent à ce volume proviennent en fait tous de cette discipline, pratique mais pas scientifique, qu’est la Betriebswirtschaftslehre – soit, comme l’on dit curieusement « en français », le management ; bref, les micro-économistes promis s’avèrent être ce que représente un ingénieur par rapport à un physicien. Ajoutons à cela qu’en-dehors des deux directeurs du volume (qui livrent exclusivement des contributions théoriques sur la nécessité de l’interdisciplinarité) tous les contributeurs sont des étudiants, auxquels on n’aura garde de reprocher leur absence de connaissances historiques (l’un d’entre eux ne semble pas voir le ridicule qu’il y a à mettre dans la bibliographie d’un article portant sur un bourgmestre de Zurich au XIVe s. un manuel suffisamment spécialisé pour s’intituler Weltgeschichte), mais qui paraissent n’avoir souvent qu’une idée également assez médiocre des concepts économiques (on peut ainsi lire p. 96 une définition générale du fonctionnement économique selon laquelle « les entreprises produisent des biens et des services, demandés et consommés par les ménages » – soit une confondante ignorance de l’importance des biens de production et des biens intermédiaires).

2Comprendra-t-on que nous ne jugions pas nécessaire de préciser sur quels sujets portent les différents articles ? (Précisons, pour éviter les malentendus, que l’auteur de ces lignes, qu’il déplore devoir être désagréables, consacre une notable et fructueuse partie de son activité d’historien à collaborer avec des économètres.)

3Julien DEMADE

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Pour citer cet article

Référence électronique

Julien Demade, « STAFFELBACH, Bruno, SENN, Marcel, Ökonomik im Mittelalter. Eine Zeitreise mit modernen mikroökonomischen Theorien », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2003, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/1104 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.1104

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