Holger Schmenk, Populäre Musik im Geschichtsunterricht I. 1948-1989.
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Histoire de la cultureTexte intégral
1Avec Populäre Musik im Geschichtsunterricht I. 1948-1989, Holger Schmenk présente un recueil de chansons connues pouvant servir comme matériel pour les cours d’histoire dans les établissements d'enseignement secondaire allemands. Il y aborde les principaux enjeux de la période allant de la période d’après-guerre à la chute du Mur de Berlin. Pour chaque décennie, l'ouvrage propose une sélection de trois à quatre chansons. Sur les treize chansons du recueil, sept sont originalement en langue allemande (dont une provient de la RDA), cinq en langue anglaise et une en langue espagnole. Les grands thèmes abordés pour chaque décennie – à l’exception des années 1950, consacrées à l’expérience (ouest-) allemande de la Trizone et du miracle économique – relèvent de l’histoire mondiale. Chaque chapitre débute par une brève introduction d’une demi-page sur le contexte culturel et politique de l’époque. Les années 1960 sont abordées à travers le thème de la Guerre froide et les années 1970 sont placées sous l’étiquette « Catastrophes, terreur, énergie nucléaire ». L'ouvrage se conclut sur les années 1980, traitées à partir des mouvements de protestation qui ont conduit aux bouleversements politiques de la fin de la décennie.
2La particularité de cet ouvrage réside dans le fait que les chansons n’y sont pas seulement utilisées pour illustrer des processus historiques, mais qu’elles sont elles-mêmes au centre de l’analyse en tant que sources historiques. Dans une brève introduction, l’auteur explique pourquoi il considère la chanson comme un genre de source négligé et quelles sont les possibilités qu’elle offre pour les cours d’histoire à l’école. Son intention est de la libérer de son statut de « sujet marginal » et de convaincre les enseignants qu’elle constitue un objet doté d’un fort « potentiel d’apprentissage et de motivation ». La musique serait ainsi un « objet d’apprentissage tangible » qui « communique aux élèves des émotions et des attitudes de manière audible » et leur ouvre de nouvelles habitudes d’écoute grâce à la découverte de styles musicaux jusqu’alors inconnus. En ce sens, l’ouvrage poursuit un double objectif d’apprentissage : éducation musicale et éducation historique y vont de pair.
3L’auteur propose de classer les chansons en trois catégories : les chansons de protestation, les chansons historiques et les chansons triviales. La catégorie des chansons de protestation joue un rôle particulièrement important dans cet ouvrage. Elle englobe, selon l’auteur, des chansons écrites avec un but politique, mais aussi celles qui ont été récupérées à des fins politiques à un moment ultérieur. Parmi les exemples présentés dans l’ouvrage, on peut citer « Die Eingeborenen von Trizonesien » [« Les indigènes de Trizonésie »] du chanteur de carnaval de Cologne, Karl Berbuer, « Macht kaputt, was euch kaputt macht » [« Détruisez ce que vous détruit »] du groupe Ton Steine Scherben ou encore « Yankees Raus » [« Dehors les Yankees ! »] du groupe punk hambourgeois Slime.
4De manière à faciliter leur utilisation en cours, toutes les chansons sont présentées sur le même modèle. Pour chaque chanson, les paroles sont reproduites (avec traduction en langue allemande le cas échéant), suivies de mots-clés pour faciliter le classement de la chanson. Viennent ensuite des informations sur la genèse de la chanson, accompagnées de données biographiques sur l’artiste concerné, ainsi que des pistes d’interprétation utiles avec une contextualisation historique, le tout sur environ une page. Les points du programme scolaire allemand en histoire avec lesquels chaque chanson peut être reliée sont également indiqués. Chaque sous-chapitre est complété par des supports supplémentaires (par exemple : des cartes, des documents visuels ou textuels, ainsi que des vidéos accessibles par un QR-code), des suggestions d’exercices triés par niveau de difficulté et une bibliographie sélective pour approfondir le sujet. Il convient de noter que certaines des vidéos se trouvent sur des chaînes YouTube privées, ce qui ne garantit pas leur disponibilité à long terme.
5Avec ce recueil, Holger Schmenk propose un outil précieux pour les enseignants souhaitant enrichir leurs cours d’histoire en y intégrant des chansons. Ce faisant, il ne cède pas à la tentation de vouloir raconter l’histoire par la musique pop, mais fournit des instruments permettant de faire parler les chansons elles-mêmes en classe. À certains endroits, les mises en contexte paraissent un peu succinctes, mais d’un autre point de vue, cela peut aussi être un avantage, car l’ouvrage tient ses promesses : il offre une collection de supports facilement accessible et bien structurée, qui peut être utilisée en cours sans grand effort de la part des enseignants.
6Un deuxième volume est déjà disponible, qui traite de la même manière des années 1990 à 2023. L’auteur y aborde, encore une fois à travers une sélection de chansons, des thèmes allant de la réunification allemande à l’extrémisme de droite, des années 1990 jusqu’aux crises actuelles.
Pour citer cet article
Référence électronique
Nils-Christian Terp, « Holger Schmenk, Populäre Musik im Geschichtsunterricht I. 1948-1989. », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 03 juillet 2026, consulté le 19 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/13755 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16icd
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