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1999

SCHMUCK, Johann, Ludwig der Bayer und die Reichsstadt Regensburg. Der Kampf um die Stadtherrschaft im späten Mittelalter

Pierre Monnet
Johann SCHMUCK, Ludwig der Bayer und die Reichsstadt Regensburg. Der Kampf um die Stadtherrschaft im späten Mittelalter, Regensburg: Universitätsverlag Regensburg (Regensburger Studien und Quellen zur Kulturgeschichte, 4), 1997, 424 p., 139 DM.
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Texte intégral

1Les études ne manquent pas sur l’histoire de Ratisbonne au Moyen Âge, ce qu’avaient bien montré le recueil de contributions et le catalogue Regensburg im Mittelalter parus en 1995 sous la direction de Martin ANGERER et Heinrich WANDERWITZ. Restait toutefois posée la question du déclin politique et économique que connut la ville à la fin du Moyen Âge, un déclin traditionnellement attribué aux luttes que se livraient l’évêque et le roi pour la souveraineté politique en ville depuis la disparition des burgraves de Ratisbonne à la fin du XIIe s. d’une part et à la tenace concurrence de nouveaux centres économiques émergents et concurrents (Nuremberg, Augsbourg et Vienne) d’autre part. Sans vouloir nier l’importance de ces facteurs, J.S. propose du recul de Ratisbonne une interprétation plus fournie et plus complète en examinant d’un côté les répercussions des luttes politiques intérieures sur l’autonomie de la cité et en analysant de l’autre les fluctuations de la vie économique à la lumière des intérêts convergents ou divergents de la ville et du roi. Une telle méthode a le tout premier mérite de mieux situer chronologiquement, c’est-à-dire sous le règne du duc de Bavière et roi des Romains Louis le Bavarois (1283-1347), le moment à partir duquel l’horizon politique et économique de la cité s’assombrit. La première partie de l’étude met classiquement en place les cadres politiques et territoriaux. Depuis la concession de 1245 par Frédéric II, la ville jouit de privilèges nombreux et étendus qui l’assimilent à une ville libre d’Empire. Par ce statut, Ratisbonne demeure toutefois régionalement isolée par rapport à la plus grande densité de villes libres et de villes d’Empire que l’on rencontre en Franconie et en Souabe. De la sorte, elle ne pouvait pas compter sur des formes de solidarité de proximité que l’on retrouve ailleurs. En outre, la ville devait compter avec les politiques concurrentes des trois dynasties »royales« qui se disputaient au XIVe s. cet espace territorial: les Wittelsbach, les Luxembourg et les Habsbourg. À côté ou peut-être en raison de sa position stratégique et de son environnement territorial, la ville connut depuis 1281 une succession de troubles politiques intérieurs qui rendirent presque impossible au Conseil de ville de tenir l’équilibre entre l’autonomie désirée, les prétentions de l’évêque et les ambitions du roi, surtout à partir de la royauté de Louis le Bavarois, roi des Romains en 1314 et empereur en 1328. Comme dans d’autres villes du Sud de l’Allemagne, le souverain tenta de prendre un appui sélectif sur de lignages puissants du Conseil, les Auer en tout premier lieu. Cette alliance fut renforcée par une étroite collaboration avec les monétaires de la famille des Gumprecht, une situation qui permet de restituer toute l’importance de la politique fiscale dans les rapports entre le duc-roi et la ville. J.S. montre bien que l’alliance avec les Auer, dont la domination politique culmine entre 1330 et 1334, loin de se révéler un facteur de stabilité intérieure, a compromis le fragile équilibre des institutions urbaines et provoqué l’entrée en jeu des artisans et des métiers jusqu’alors demeurés à l’écart des combinaisons politiques du Conseil. Le départ des Auer n’a cependant pas ramené la stabilité politique et c’est donc de la décennie 1330-1340 que J.S. date le début du véritable déclin de Ratisbonne. Cette interprétation fondée sur un déséquilibre intérieur pourrait toutefois être nuancée si l’on introduisait plus nettement à ce moment de l’étude, et non point plus tard (p. 291-335), le poids de ces deux facteurs proprement extérieurs que furent l’évolution des rapports de force territoriaux dans le Sud de l’Allemagne au cours de la seconde moitié du règne de Louis le Bavarois d’une part et les changements intervenus dans la répartition du commerce danubien et la montée de la place financière nurembergeoise de l’autre. Quoi qu’il en soit, on lira avec un grand intérêt l’exposé clair de la politique subtile, en apparence contradictoire mais logiquement cohérente, menée par Louis le Bavarois vis-à-vis de Ratisbonne en tant que duc de Bavière et roi-empereur tout en même temps. Les clés de lecture retenues par l’auteur pour en juger vont de l’analyse traditionnelle des concessions de privilièges en faveur de la ville ou bien des relations financières entre la royauté et les élites de la bourgeoisie, en passant par l’étude des séjours et des entrées du roi, jusqu’à l’attitude de ce dernier envers la communauté juive de la ville. Sur tous ces points, l’analyse eût sans doute été plus riche encore si J.S. avait mieux pris en considération les modalités rituelles des rapports entre le duc-roi et sa ville, et l’évolution de ces rituels selon que le seigneur agissait ici en tant que duc ou bien en tant que roi et empereur. Les chapitres consacrés à la guerre, à la paix et aux négociations réservent en revanche une large place à ces aspects qui permettent de mieux entrer dans la culture politique de la cité. C’est ainsi que le tour d’horizon des alliés ou des ennemis potentiels tant de la ville que du duc-roi dans la région est conduit avec le souci de croiser politique royale, politique dynastique, politique princière et politique urbaine et de mener en profondeur une étude des forces en présence en contournant l’écueil du déterminisme politique et économique des différentes »crises« de la fin du Moyen Âge. Car, en dépit de son déclin économique et de la complexité des rapports de force territoriaux, Ratisbonne n’a pas été médiatisée et préservait ce faisant ses chances de pouvoir jouer de nouveau un rôle à l’échelle de l’Empire. Ce fut chose faite à l’époque moderne.

2Pierre MONNET

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Pour citer cet article

Référence électronique

Pierre Monnet, « SCHMUCK, Johann, Ludwig der Bayer und die Reichsstadt Regensburg. Der Kampf um die Stadtherrschaft im späten Mittelalter », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 1999, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/1376 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.1376

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