BÜTTNER, Nils, Geschichte der Landschaftsmalerei
Texte intégral
1Cette histoire de la peinture de paysage en Europe occidentale veut rendre compte de l’évolution du genre depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Somptueusement illustré de 220 reproductions d’œuvres majeures en couleur, souvent en pleine page, l’ouvrage est une excellente introduction pour amateur éclairé. Accessible à un public large, notamment grâce aux commentaires succincts attachés à chaque œuvre, il comble un vide de l’historiographie en ouvrant des perspectives intéressantes, celles-là mêmes qui émergent d’une juxtaposition d’œuvres dans un temps long. L’auteur qui enseigne l’histoire de l’art à l’université de Dortmund ne s’embarrasse pas de théories artistiques ni d’interprétations risquées. Il fait un sort au passage à quelques poncifs sur les prétentions de rendre un paysage réel attribuées à de trop nombreux artistes. Il préfère des considérations plus prosaïques sur le goût des collectionneurs et le marché de l’art pour expliquer certaines modes picturales et le succès de maints artistes. Subdivisée en sept grandes parties, la démonstration suit un ordre rigoureusement chronologique. D’abord, l’Antiquité avec les effets décoratifs des motifs paysagers dans la peinture pompéienne et les premières illustrations de paysages idylliques qui fixent la tradition du locus amoenus. Celle de la Jérusalem céleste, présente dans la peinture médiévale, est une autre clé de compréhension dont la validité se poursuit aussi durant le XVIe s., période de découverte et d’autonomisation du paysage (avec l’usage du mot et parfois aussi des représentations chorographiques d’un territoire bien déterminé). Le XVIIe s. ensuite, grand siècle du paysage avec un rendu réaliste dans la peinture hollandaise même si cette finalité n’est qu’un aspect de l’appréciation du tableau à côté de l’inventivité des compositions. C’est l’époque de prédilection pour le paysage de type italianisant. Durant le XVIIIe s., on retrouve la fascination pour les paysages idylliques mais aussi pour ce genre nouveau qui correspond au goût pour le sublime et qui privilégie les perceptions fortes des forces de la nature. Le XIXe s. introduit une nette rupture dans la tradition picturale occidentale. Avec l’impressionnisme, on change en effet de registre. Les paysages, souvent réalisés in situ, dans lesquels s’immiscent parfois des éléments précédemment considérés comme peu dignes d’intérêt esthétique, sont prétextes à variations sur la lumière et la couleur. Voilà qui prépare le changement de fonction de la peinture au XXe s.. Laissant à la photographie le soin de représenter le réel, elle s’émancipe totalement de cette prétention, pour développer un mode de connaissance qui lui est propre. Les nouvelles expériences visuelles se démarquent du carcan perspectif avec son insistance à structurer toute vue paysagère en plans étagés, donnant l’illusion de la profondeur. Les formes d’art contemporaines créent d’autres réalités et donnent accès à d’autres mondes que ceux du réel. Cela n’empêche pas complètement le retour périodique des motifs idylliques voire un franc renouveau du paysage réaliste avec l’engouement actuel pour l’écologie.
2François WALTER (Université de Genève)
Pour citer cet article
Référence électronique
François Walter, « BÜTTNER, Nils, Geschichte der Landschaftsmalerei », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2007, consulté le 08 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/502 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.502
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