SCHULZ, Günther, Sozial- und Wirtschaftsgeschichte. Arbeitsgebiete – Probleme – Perspektiven. Herausgegeben aus Anlass des 100. Erscheinens der Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte
Texte intégral
1Ce volume cherche moins à offrir un bilan ou un programme à la Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte (VSWG) qu’à manifester l’actualité et la pertinence de son projet originel : être, à l’écart des tendances politiques et par la recherche d’une rigoureuse scientificité, un forum de discussion largement ouvert. Ce ne sont donc pas moins de 26 praticiens des divers courants de l’histoire économique et sociale, du Moyen Âge à nos jours, mais aussi de disciplines connexes (telles l’histoire politique, l’économie ou la sociologie), qui sous une forme très souple (aperçu historiographique ou essai, d’une quinzaine à une cinquantaine de pages) présentent leur domaine de recherche et son lien à la revue. Cette liberté d’écriture ne nuit en rien à la cohérence ni à l’équilibre de l’ensemble, nettement perceptibles bien qu’impossibles, faute d’index, à exploiter pleinement.
2C’est un regard interne sur l’histoire économique et sociale qui ouvre le volume. Ce sont d’abord les thématiques classiques de celle-ci – histoire agraire (W. RÖSENER, F.-W. HENNING), histoire de l’artisanat, de l’industrie et des manufactures (G. FOUQUET, K. H. KAUFHOLD, G. AMBROSIUS), du commerce, du crédit et de l’assurance (R. GÖMMEL, H. POHL), mais aussi étude des conjonctures (M. DENZEL, R. METZ) – qui sont évoquées. Sous des formes différentes sont croisés essais d’historiographie et tours d’horizon thématiques ; l’ensemble fait nettement ressortir l’ampleur de l’héritage de la Nationalökonomie, puis l’importance des enjeux d’institutionnalisation dans une histoire académique dont les bouleversements, du fait des tragédies du XXe s. allemand, n’ont pas d’équivalent en France.
3Ces enjeux apparaissent plus prégnants encore dans le second temps de cette partie, qui, souvent sous forme d’essai, présente les perspectives transversales apparues pour l’essentiel après la Seconde Guerre mondiale. Certaines, telle l’histoire des femmes ou du genre, ont réussi leur ancrage académique et institutionnel (H. WUNDER), d’autres, comme la Alltagsgeschichte, n’y sont parvenues qu’à un degré moindre (W. ZORN), d’autres encore ont, du fait du fardeau idéologique qui en Allemagne les colore, totalement échoué (l’histoire démographique présentée avec brio par J. SIEGLERSCHMIDT). Pour les plus récentes d’entre elles – histoire de l’âge (P. BORSCHEID), histoire de l’environnement (H. BRAUN), histoire des entreprises renouvelée par l’économie des institutions (W. PLUMPE) – la question reste bien sûr ouverte. Enfin, deux articles plus larges, consacrés à des pôles plus qu’à des courants historiographiques (l’histoire sociale traitée par G. SCHUTZ et l’histoire culturelle abordée par U. DANIEL), permettent de situer dans le champ de l’histoire générale, mais aussi dans les relations qu’ils entretiennent, les perspectives présentées ci-avant.
4Une série de points de vue externes au type d’histoire défendu par la revue clôture l’ouvrage. Cette partie, fort logiquement, est la moins ho-mogène de l’ensemble. R. WALTER y retrace l’évolution du lien entre histoire sociale et histoire économique et plaide, contre les tendances à la spécia-lisation, pour son maintien. V. BERGHAHN évoque la présence d’influences étrangères dans la VSWG. E. ISENMANN et J. SCHOLTYSECK étudient l’intégration de l’histoire socio-économique dans l’histoire générale du Moyen Âge et des Temps modernes et ses limites. F. TENNSTEDT, T. PIERENKEMPER, R. CAESAR dressent enfin un panorama des points de convergence et de divergence entre historiens du social et de l’économie, sociologues et économistes, tableau qu’achèvent O. VOLCKART et J. BATEN par un appel à de nouvelles collaborations – et à la maîtrise par les historiens de nouveaux outils – autour de l’économie des institutions et de la cliométrie.
5Ce numéro-hommage, par l’ampleur du regard qu’il propose et sa capacité à l’allier à une grande richesse dans le détail, fera date. Pour l’historien français, il constituera non seulement un excellent outil de l’utilisation critique de la VSWG, mais, plus largement, un bon vade-mecum pour s’orienter dans l’univers historiographique allemand : pour tout dire, un usuel.
6Vincent DEMONT (MHFA)
Pour citer cet article
Référence électronique
Vincent Demont, « SCHULZ, Günther, Sozial- und Wirtschaftsgeschichte. Arbeitsgebiete – Probleme – Perspektiven. Herausgegeben aus Anlass des 100. Erscheinens der Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2006, consulté le 14 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/675 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.675
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