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2006

WILHELMY, Winfried, KOTZUR, Hans-Jürgen, Rabanus Maurus. Auf den Spuren eines karolingischen Gelehrten

Michel Jean-Louis Perrin
Winfried WILHELMY, Rabanus Maurus. Auf den Spuren eines karolingischen Gelehrten, éd. Hans-Jürgen KOTZUR, Mainz : von Zabern, 2006, 120 p., 77 ill. couleurs, 20 ill. n. et b., 24,90 €.
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Texte intégral

1Ce (très) beau petit livre richement illustré est pour l’essentiel un catalogue organisé autour de l’exposition qui se tient à Mayence (exactement au Musée épiscopal et diocésain) autour du Praeceptor Germaniae pour le 1150ème anniversaire de sa mort (856-2006). C’est donc le grand homme saint du diocèse de Mayence qui est célébré ici. Et finalement le titre du billet du cardinal-évêque de Mayence Karl Lehmann résume superbement l’ensemble : « Un manuscrit exceptionnel du Haut Moyen Age revient [à Mayence]. Rabanus Maurus – Sur les pas d’un érudit carolingien ». En un mot, la Bibliotheca Apostolica Vaticana a prêté le plus beau manuscrit existant de l’In honorem sanctae crucis , le Vaticanus Reginensis 124, pour fêter l’événement. Ce témoin qui date d’environ 825 est le fleuron de l’exposition et du catalogue, qui contient de superbes et nombreuses reproductions du Vaticanus (y compris de détails) qui permettent au public de voir ce qu’était un manuscrit de grand luxe (pourpre et or) de l’époque carolingienne.

2Le livre proprement dit s’ouvre par un tableau bio-bibliographique (p. 13), puis évoque successivement le jeune Raban, l’abbé et l’archevêque. Une courte bibliographie suit, avec la traduction de l’épitaphe de Raban. Le « noyau dur » du livre est constitué par l’In honorem sanctae crucis, comme on pouvait s’y attendre. W.W. examine les différents problèmes qui se posent autour de l’oeuvre : sa place dans la polémique concernant les images, l’orthodoxie, les idées de Raban entre signum et imago (le premier carmen figuratum du recueil ne représente pas la croix, mais le Christ vivant), la vénération de la croix dans l’Empire carolingien. La position de Raban à l’égard des images apparaît globalement nettement plus positive que celle des Libri Carolini. W.W. étudie ensuite le Vat. 124 (p. 33-42), en retraçant l’odyssée du manuscrit, d’abord donné à Otgar, évêque de Mayence, et qui aboutit dans la bibliothèque papale. W.W. suit fidèlement le beau petit livre d’H. Spilling sur le sujet, mais nous sommes sceptiques : en effet, il n’est pas sûr d’une part que la liste de ceux à qui Raban a donné un exemplaire de son oeuvre recouvre la liste des manuscrits du IXe s. que nous avons conservés ; d’autre part, le manuscrit aurait été l’objet d’une unique campagne de corrections après 847, au moment où Raban aurait « récupéré » en quelque sorte son cadeau. Ce point nous semble aussi loin d’être acquis. L’auteur examine ensuite les destinataires du IXe s. puis se pencher sur l’exemplaire de Mayence (à savoir le Vat. 124). W.W. explique ce qu’est un poème figuré dans l’Antiquité et au Haut Moyen Âge (p. 45 sq.), et sélectionne les plus belles et les plus importantes figures (16 sur 30 en tout), dont il traduit les uersus intexti et dont il explique judicieusement le fonctionnement. Cette partie très importante occupe les p. 48-82 (bibliographie p. 82) ; en outre, on ne peut que rendre hommage à la qualité des reproductions qui ornent les pages de gauche (comme dans les manuscrits !). Juste un – petit – reproche : les lecteurs de Raban se souviennent que ce dernier, dans l’avertissement au lecteur (A 7,53-59) insiste sur la nécessité de suivre l’ordre des figures, « ne operis pretium pereat, et utilitas lectionis minuatur » ! Cela étant, le lecteur peut maintenant avoir sous les yeux environ la moitié des poèmes figurés, et comprendre à la fois comment et pourquoi Raban a composé cette oeuvre si étrange pour nous, et dans quel environnement elle s’insère.

3La fin du livre est plus disparate : on y trouve par exemple des statues de Raban, des pages de diverses oeuvres, des jeux de lumières, avec des devinettes. P. 102, on peut lire « Karl Kardinal Lehmann Bischof von Mainz », ce qui fait écho douze siècles après au textus intextus de A 8 : « Magnentius Hrabanus Maurus hoc opus fecit ». Enfin, une utile bibliographie générale (p. 117-119) donne les indications essentielles. En un mot donc, un très beau petit livre, qui permet aux lecteurs germanophones de se faire une bonne idée, sinon de l’activité globale de Raban, moine, abbé et archevêque, du moins de sa première oeuvre, de sa genèse et de son modus operandi. Les auteurs et le diocèse de Mayence peuvent être dits « optime meriti » de Raban.

4Michel Jean-Louis PERRIN (Université de Picardie Jules-Verne, Amiens)

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Pour citer cet article

Référence électronique

Michel Jean-Louis Perrin, « WILHELMY, Winfried, KOTZUR, Hans-Jürgen, Rabanus Maurus. Auf den Spuren eines karolingischen Gelehrten », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2006, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/727 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.727

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