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2013

Martin Sabrow (dir.), 1989 und die Rolle der Gewalt

Göttingen : Wallstein Verlag, 2012, 428 p., 34, 90 €
Emmanuel Droit
Martin Sabrow (dir.), 1989 und die Rolle der Gewalt, Göttingen : Wallstein Verlag, 2012, 428 p., 34, 90 €
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Chronological index :

Neuere und Neueste Geschichte

Subject index :

Politische Geschichte
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1Dans le cadre du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, le centre de recherche d’histoire du temps présent de Potsdam (Zentrum für Zeithistorische Forschung, ZZF) avait organisé en 2009 un cycle de conférences sur l’effondrement du pouvoir communiste en Europe de l’Est qui débouche quelques années plus tard sur la publication de cet ouvrage collectif dirigé par le directeur du ZZF, Martin Sabrow.

2Sous sa houlette des historiens allemands (mais aussi polonais et tchèques) analysent l’annus mirabilis 1989 dans une perspective d’histoire culturelle du Politique. Dans sa propre contribution, M. Sabrow rappelle que l’effondrement du communisme d’État en Europe centrale et orientale à la fin des années 1980 ne peut se réduire à la juxtaposition de facteurs structurels de type socio-économique et géopolitiques, à savoir le feu vert accordé par Gorbatchev à la dissolution du Bloc de l’Est. C’est ainsi que les différents auteurs de ce livre visent une meilleure compréhension de ce « carnaval des révolutions » en partant de l’interrogation initiale suivante : comment expliquer le caractère pacifique de la chute des régimes communistes d’Europe centrale et orientale alors que ces dictatures possédaient le monopole de la violence légitime et un potentiel militaire et policier impressionnant ? À l’exception de la Roumanie, pourquoi l’option répressive ne fut-elle pas finalement choisie par les dirigeants communistes au pouvoir ?

3Cet ouvrage collectif fait incontestablement la part belle à la RDA puisque sur les dix-sept articles que compte le volume, dix lui sont consacrés. Les autres contributions abordent les cas polonais, roumain, tchécoslovaque, yougoslave et soviétique, invitant le lecteur à développer une réflexion comparée. Le fil rouge des différents articles est donc constitué par le rôle joué (ou non) par la violence dans le processus d’effondrement des dictatures communistes d’Europe centrale et orientale. Dans une perspective d’histoire culturelle du Politique, chaque auteur s’attache à reconstituer à l’aide des sources disponibles l’espace d’expérience et l’horizon d’attente des principaux responsables du parti, de la police politique et de l’armée mais également des manifestants.

4Globalement, le livre oscille entre deux thèses : la première, de nature situationniste, vise à contextualiser le plus finement possible l’outillage mental des acteurs du pouvoir communiste. L’analyse des cas est-allemand, tchécoslovaque et polonais montre ainsi que le pouvoir communiste ne se sentait plus légitime pour employer la violence contre son propre peuple. La seconde de type paradigmatique entend proposer un modèle explicatif « universel » à partir du concept de « processus de civilisation » emprunté à Norbert Elias et appliqué au Bloc de l’Est. Dans cette perspective réinscrivant 1989 dans l’histoire de moyenne durée se pose la question d’un éventuel déclin, d’un reflux de la violence (Entgewaltung) au sein des dictatures communistes d’Europe centrale et orientale depuis les années 1960 : ces sociétés, bien que hautement militarisés, se sont pacifiées et l’usage de la violence (y compris en URSS depuis la mort de Staline) s’était affaibli. En Roumanie, le recours à la violence a pu constituer une option intéressante pour Ceausescu (sur le modèle de la fameuse « solution chinoise » en référence aux répressions de la place Tian’anmen). Mais, dans la plupart des cas, comme celui de la RDA, les cadres communistes étaient incapables d’imaginer un effondrement aussi brutal de leur pouvoir.

5Au final, cet ouvrage collectif, très homogène sur le plan qualitatif, permet de réfléchir à la chute des régimes communistes en Europe de l’Est et plus largement au rapport entre pouvoir politique, violence légitime et société civile.

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References

Electronic reference

Emmanuel Droit, « Martin Sabrow (dir.), 1989 und die Rolle der Gewalt », Revue de l'IFHA [Online], Date of review, Online since 15 December 2013, connection on 11 October 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/7664 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.7664

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Emmanuel Droit

Rennes 2, Centre Marc Bloch

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