Navigation – Plan du site

AccueilLibrairie / RecensionsDate de recension2005SÖRRIES, Reiner, Die Geschichte d...

2005

SÖRRIES, Reiner, Die Geschichte der Friedhöfe von den Gräberstrassen der Römerzeit bis zur anonymen Bestattung. Raum für Tote

Jean-Luc Le Cam
Die Geschichte der Friedhöfe von den Gräberstrassen der Römerzeit bis zur anonymen Bestattung. Raum für Tote, hrsg. von der Arbeitsgemeinschaft Friedhof und Denkmal, Zentralinstitut für Sepulkralkultur Kassel unter Federführung von Reiner SÖRRIES, Braunschweig : Thalacker-Medien, 2003, 295 p., 44 €.
Haut de page

Texte intégral

1Voici encore une des productions notables de l’Institut de Kassel, éditée également comme le dictionnaire dont il est rendu compte ci-dessous par les éditions Thalacker. Ce livre entreprend de brosser à nouveau, après trois décennies, une grande synthèse des dernières recherches sur l’histoire des cimetières, renouvelant les grands standards d’Herbert Derwein (1931), Johannes Schweizer (1956) et Adolph Hüppi (1968). Son chef d’orchestre, Reiner SÖRRIES, part en introduction de l’impression fallacieuse d’un déclin contemporain de la culture du cimetière que susciterait le développement de nouvelles formes de sépulture anonyme et le recul du soin apporté aux tombes. C’est oublier que l’entretien des cimetières avait atteint dans la seconde moitié du XXe s. un niveau inégalé jusque là, c’est ne pas voir non plus que ces mutations sont des adaptations aux nouvelles formes d’identités sociales ou de phénomènes culturels, tout à fait comparables à celles que l’histoire des cimetières avait connues auparavant. Cet ouvrage collectif, réparti en 14 chapitres dus à cinq auteurs (R.S (5 chapitres), B. HAPPE (3), B. LEISNER (2), N. FISCHER (3), H. SCHOENFELD (1)) essaie précisément de retracer ces évolutions, de l’antiquité romaine jusqu’à nos jours.

2Après une ouverture sur les nécropoles et sépultures disposées le long des routes de la Germanie romaine, R.S. révise l’image idéaltypique du cimetière médiéval, enclos paroissial (le Kirchhof, auquel il préfère le terme de cimaeterium moins chargé de ballast idéologique) où cohabiteraient harmonieusement les vivants et les morts selon l’historiographie traditionnelle. Sans méconnaître ses fonctions de médiation avec la mort, il rappelle que le cimetière médiéval était bien aussi le miroir de la société d’ordres, exaltant les dirigeants, excluant les marginaux, moyen de pédagogie et de discipline religieuse sous le monopole de l’Église. Le chapitre suivant révise aussi l’idée selon laquelle les cimetières de peste médiévaux auraient préparé la sortie des cimetières de la ville, consécutive à la Réforme. Se fondant sur l’archéologie et les archives, il montre que ces cimetières d’épidémie sont en fait du XVIIe s. et que les deux phénomènes ne sont pas liés. Le chapitre suivant aborde logiquement cette question de la séparation de l’église et de la tombe à travers le fameux exemple de Nuremberg, où les aspects hygiéniques et l’eschatologie protestante se sont combinés pour obtenir, au-delà des résistances, une externalisation du cimetière. Naît alors le Campo Santo, cette forme de cimetière importée d’Italie avec mur d’enceinte en arcades, qui se répand particulièrement en Thuringe, Saxe, Saxe-Anhalt. Vient ensuite le temps des Lumières, du triomphe de la pensée hygiéniste et bureaucratique propice à la communalisation des cimetières. Elle se double au XIXe s. d’une esthétisation de la mort et d’un souci de représentation sociale. Le cadre des grands cimetières parc s’y prête admirablement. Le cas de Vienne est particulièrement bien traité, de même que, après un excursus sur le modèle américain, l’exemple d’Ohsdorf à Hambourg. Le livre brosse ensuite les évolutions de l’époque industrielle en commençant précisément par l’introduction de la crémation moderne à la fin du XIXe s., la rationalisation et le mouvement de réforme des cimetières de ses origines jusqu’au nazisme. Les chapitres 9 à 14 sont consacrés aux développements contemporains depuis la Seconde Guerre mondiale, en distinguant selon les catégories religieuses, sociales voire politiques : le plus intéressant est sans doute la confrontation des pratiques funéraires de l’Est et de l’Ouest en Allemagne (là aussi, on a réussi à créer deux cultures), ou la description des nouvelles formes d’inhumation et de souvenir. Sont également passés en revue les cimetières militaires, juifs, musulmans et les sépultures et mausolées sur terrain privé.

3On peut regretter que le livre ne comporte pas de conclusion, le chapitre sur les sépultures musulmanes qui ferme la marche ne pouvant pas servir de seul horizon aux développements à venir. Cela n’enlève rien à la qualité de l’ouvrage, qui reste très cohérent en se limitant à son objet, mais en exploitant dans chacun de ses compartiments l’expertise de spécialistes, fondée sur des études mêlant archéologie et archives. Tout en envisageant une très large période chronologique, l’ouvrage fait une place importante à la période contemporaine, comblant par là une lacune des ouvrages plus anciens.

4Jean-Luc LE CAM (Université de Bretagne Occidentale, Brest)

Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Jean-Luc Le Cam, « SÖRRIES, Reiner, Die Geschichte der Friedhöfe von den Gräberstrassen der Römerzeit bis zur anonymen Bestattung. Raum für Tote », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2005, consulté le 08 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/787 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.787

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
  • Logo IFRA – Institut franco-allemand. Sciences historiques & sociales
  • Logo Goethe Universität
  • Logo Ministère des affaires étrangères
  • Logo Fondation maison des sciences de l'homme
  • OpenEdition Journals
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search