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2005

PATSCHOVSKY, Alexander, Die Bildwelt der Diagramme Joachims von Fiore. Zur Medialität religiös-politischer Programme im Mittelalter

Barbara Obrist
Alexander PATSCHOVSKY (dir.), Die Bildwelt der Diagramme Joachims von Fiore. Zur Medialität religiös-politischer Programme im Mittelalter, Ostfildern : Thorbecke, 2003, IX-276 p., 58 €.
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Texte intégral

1Réunissant cinq analyses très fouillées de la représentation picturale dans l’œuvre de Joachim de Flore, ainsi que dans divers ouvrages apparentés, ce volume témoigne de la vitalité de l’édition allemande, qui ne recule pas devant la publication de travaux scientifiques dotés de dossiers iconographiques conséquents (plus de 120 illustrations dont 80 environ en couleur).

2Le recueil s’ouvre sur un article qui cherche à cerner la spécificité de l’image schématique communément appelée diagramme (S. BOGEN et F. THÜRLEMANN, « Jenseits der Opposition von Text und Bild. Überlegungen zu einer Theorie des Diagramms und des Diagrammatischen »). D’après les auteurs, le diagramme fusionne image et langage verbal et transcende, de ce fait, les fonctions de ces deux formes d’expression et de communication. Optant pour une approche opérationnelle, ils estiment que les fonctions du diagramme se réduisent à deux couples d’opposition : d’une part, une opposition d’ordre topologique fondée sur un rapport de subordination hiérarchique et, d’autre part, une opposition d’ordre fonctionnel entre ce qui est réalisable et ce qui ne l’est pas. Dans la seconde partie de leur étude, ils affirment, en s’inspirant de Peirce, que le diagramme met en œuvre des ressemblances relationnelles entre signifiant et référent et qu’il représente des processus de pensée, donc des relations logiques, en même temps qu’il constitue un outil de réflexion. Si le bien-fondé de ces approches ne peut être mis en doute, il n’en demeure pas moins que, en ce qui concerne le Moyen Âge, la diversité des graphiques schématiques pose un problème de fond : celui de leur typologie (par ex., la liste et la table, des formes picturales dont les auteurs ne font aucune mention, sont constitutives de l’œuvre de Joachim de Flore). En l’absence d’une telle typologie, ainsi que de la prise en compte des divers contextes doctrinaux, sociaux et historiques dont relèvent les figures, il y a risque d’interprétation arbitraire, voire erronée des documents. Ainsi, en appliquant la notion de stratification hiérarchique et topologique à la figure du macro- et du microcosme qui accompagne le De la nature des choses d’Isidore de Séville (début du VIIe s.), S.B. et F.T. concluent à une relation causale entre corps élémentaires. Or l’idée d’une telle relation est étrangère aux conceptions cosmologiques de l’époque. Quant à la question du système logique qui sous-tend les graphiques médiévaux, la prise en compte des analyses par J. Wirth nous semble indispensable, notamment à propos des arborescences et de leur dimension idéologique (L’image médiévale, Paris, 1989).

3Deux des contributions qui font suite offrent, en introduction, une histoire très documentée du symbolisme trinitaire fondé sur le cercle et le triangle. Puis elles abordent, respectivement, l’analyse des graphiques trinitaires de Joachim de Flore (†1202) et de Jérôme de Prague (†1416) (A. PATSCHOVSKY, « Die Trinitätsdiagramme Joachims von Fiore (m. 1202). Ihre Herkunft und semantische Struktur im Rahmen der Trinitätsikonographie, von deren Anfängen bis ca. 1200 » ; F. •MAHEL, « Das Scutum fidei christianae magistri Hieronymi Pragensis in der Entwicklung der mittelalterlichen trinitarischen Diagramme »). A.P. enrichit son dossier iconographique par une liste inédite de représentations du tétragramme du Dialogus de Petrus Alphonsi (vers 1106).

4J. L. PODESTA étudie la genèse et le développement des figures d’arbres à partir de l’un des premiers écrits de Joachim de Flore, la Genealogia sanctorum antiquorum patrum (vers 1176) (« Geschichte als Ordnung in der Diagrammatik Joachims von Fiore »). Il s’attache également à interpréter les modifications portées au tétragramme de Petrus Alphonsi et montre que, selon Joachim, le règne de l’Esprit s’instaure non seulement à la fin de l’histoire, mais aussi du temps des dernières générations de l’Ancien Testament.

5Se plaçant dans la tradition des écrits pseudo-joachimites, le Liber horoscopus (début du XIVe s.) présente un intérêt particulier du fait qu’il associe eschatologie et astrologie (M. KAUP, « Der Liber Horoscopus. Ein bildloser Übergang von der Diagrammatik zur Emblematik in der Tradition Joachims von Fiore »). M.K. suppose que les nombreux renvois aux figurae se rapportent à des représentions fictives. Pourtant, la terminologie de ce document inédit semble correspondre à celle, traditionnelle, des traités qui annoncent des graphiques bien réels.

6Enfin, auteur de nombreuses études sur la représentation picturale dans le Scivias et le De divinorum operum d’Hildegarde de Bingen, C. MEIER estime que le diagramme évolue au XIIe s. (« Die Quadratur des Kreises. Die Diagrammatik des 12. Jahrhunderts als symbolische Denk- und Darstellungsform »). L’une de ses principales fonctions consiste alors à établir un lien entre, d’une part, la sphère du spirituel et de l’intellectuel et, d’autre part, celle du corporel et du sensible. Par son recours systématique aux formes picturales à la fois simples et abstraites du cercle et du carré, l’œuvre de la visionnaire rhénane est représentative de cette évolution.

7Barbara OBRIST (Centre National de la Recherche Scientifique)

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Pour citer cet article

Référence électronique

Barbara Obrist, « PATSCHOVSKY, Alexander, Die Bildwelt der Diagramme Joachims von Fiore. Zur Medialität religiös-politischer Programme im Mittelalter », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2005, consulté le 06 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/851 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.851

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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