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2004

HEINZELMANN, Martin, HERBERS, Klaus, BAUER, Dieter R., Mirakel im Mittelalter. Konzeptionen. Erscheinungsformen, Deutungen

Charles Mériaux
Martin HEINZELMANN, Klaus HERBERS, Dieter R. BAUER (dir.), Mirakel im Mittelalter. Konzeptionen. Erscheinungsformen, Deutungen, Stuttgart : Steiner (Beiträge zur Hagiographie, 3), 2002, 492 p., 59 €.
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Texte intégral

1Voici désormais réunies et publiées les communications présentées au colloque de l’Arbeitskreis für hagiographische Fragen qui s’est tenu à Weingarten du 6 au 9 avril 2000 sur le thème du miracle au Moyen Âge (voir BullMHFA, 36, 2000, p. 120-128). Les communications oscillent la plupart du temps entre deux soucis : celui de partir du miracle pour saisir des traits de la société et des mentalités médiévales et celui qui consiste à s’intéresser principalement à la construction littéraire du miracle et à la fonction que les récits isolés peuvent avoir dans une œuvre qui ne leur est pas exclusivement dédiée. A. ANGENENDT présente ainsi la manière dont la croyance aux miracles s’insère plus globalement dans le système de représentations chrétien des hommes du Moyen Âge, tout en ayant pris le soin auparavant d’examiner l’héritage des religions antiques. M. HEINZELMANN dégage les modèles qui, dans l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, contribuèrent à façonner la conception médiévale du miracle. Avec Augustin et Grégoire de Tours, le miracle manifeste au plus haut point l’unité profonde de l’Église, communauté des saints défunts et des vivants en faveurs desquels les premiers intercèdent. Tableaux et schémas à l’appui, H.-W. GOETZ donne un aperçu quantitatif des collections de miracles du IXe s. (une quarantaine) en comparant leur tradition manuscrite, en examinant leur insertion dans le dossier du saint, en évaluant le nombre d’actions miraculeuses in vita et post mortem – la palme revient alors à la centaine de miracles opérés par saint Philibert vers 840, connus par le moine Ermentaire, ainsi qu’aux 77 miracles des saints Marcellin et Pierre consignés par les soins d’Éginhard –, mais aussi en détaillant la nature des miracles opérés (la guérison pour la plupart). L’article de H.-W. Goetz est une mine pour qui chercherait à apprécier l’intérêt de tel ou tel liber miraculorum au regard de la production carolingienne. La manière dont les miracles sont insérés et la fonction qu’ils occupent dans l’économie générale des sources narratives ont été aussi scrutées par Kl. HERBERS pour le Liber pontificalis, H. RÖCKELEIN pour les récits de translations de reliques vers la Saxe au IXe s., B. VOGEL pour l’œuvre de Lambert de Deutz et M. STUMPF pour la Vie de l’empereur Henri II. L’exercice prend naturellement une dimension particulièrement intéressante lorsqu’à côté des Miracula à proprement parler, on dispose d’écrits de l’auteur permettant de mieux saisir sa conception du fait miraculeux. C’est tout le prix de l’article de K. FUCHS qui, se fondant sur l’œuvre très riche de Guibert de Nogent, peut esquisser le portrait d’un « conteur de miracles entre théorie et pratique ». Plusieurs études se sont enfin intéressées au rôle, pour le développement d’un culte, des miracles et de leur mise par écrit – T. WETZSTEIN rappelle ainsi toute leur importance dans les procès de canonisation de l’extrême fin du Moyen Âge – ainsi qu’aux renseignements qu’ils apportent concernant les promoteurs d’une nouvelle dévotion. U. KLEINE s’intéresse particulièrement à saint Engelbert, archevêque de Cologne assassiné en 1225. P. HENRIET présente les développements du culte de saint Isidore († 636) à Séville dont le succès brutal à partir du milieu du XIe s. s’explique par le souci de « lier pour toujours le roi, la ville et le peuple » (p. 349). J.-M. MATZ s’est enfin appuyé sur la documentation très riche relative à l’évêque d’Angers Jean Michel († 1545), dont 500 miracles sont consignés dans un recueil inédit de la Bibliothèque municipale d’Angers. Il y aurait encore fort à dire pour présenter cet ouvrage. En proposant à la fois des contributions de synthèse générales et des études de cas, Mirakel im Mittelalter est un excellent bilan dont la lecture complète celle d’ouvrages récemment parus dont le sujet est similaires mais le matériel documentaire bien différent : Denise Aigle (dir.), Miracle et Karama. Hagiographies médiévales comparées, Turnhout, 2000 et Sofia Boesch Gajano, Marilena Modica (dir.), Miracoli. Dai segni alla storia, Rome, 2000.

2Charles MÉRIAUX (Université de Reims)

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Pour citer cet article

Référence électronique

Charles Mériaux, « HEINZELMANN, Martin, HERBERS, Klaus, BAUER, Dieter R., Mirakel im Mittelalter. Konzeptionen. Erscheinungsformen, Deutungen », Revue de l'IFHA [En ligne], Date de recension, mis en ligne le 01 janvier 2004, consulté le 07 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ifha/980 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ifha.980

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Auteur

Charles Mériaux

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CC-BY-4.0

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