Prévenir et guérir dans l’entre-deux-guerres à Suresnes (Hauts-de-Seine)
Résumés
L’industrialisation de la petite couronne parisienne amorcée dès la fin du xixe siècle entraîne des bouleversements démographiques et urbains, particulièrement visibles à Suresnes (act. dép. des Hauts-de-Seine) : la classe ouvrière s’entasse dans les immeubles délabrés et insalubres du centre ancien, alors que le haut de la ville reste inhabité. Au sortir de la Première Guerre mondiale, plusieurs facteurs permettent l’émergence d’une politique urbaine et sociale ambitieuse.
La récente législation encourageant la planification urbaine, les projets d’aménagement et d’extension du Grand Paris, ainsi que l’élection du maire Henri Sellier, contribuent à l’aménagement de nouveaux quartiers et à la mise en place d’une parure monumentale dédiée à l’hygiène et aux soins.
Une grande variété d’équipements matérialise cette volonté d’accès à l’hygiène pour tous, au moment où les logements de la cité-jardin sont dotés du confort moderne. Ces édifices agissent comme la base arrière d’un vaste système social où les médecins, puéricultrices et infirmières visiteuses se déploient sur le territoire.
À l’heure où la quasi-totalité des logements bénéficie de commodités, ces édifices d’avant-garde ont été repensés ou transformés, et leur vocation approfondie ou complètement modifiée.
Cet article propose de revenir sur la genèse des équipements médico-sociaux de la période clé que constitue l’entre-deux-guerres et de se pencher, à travers plusieurs exemples emblématiques, sur l’évolution de leur destination.
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Mots-clés :
hygiénisme, cité-jardin, dispensaire, bains-douches, établissement scolaire, piscine, Suresnes, Seine (département), Sellier (Henri)Keywords:
hygienism, garden city, dispensary, bathhouse, school, swimming bath, Suresnes, Seine (department), Henri SellierPlan
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« Donnez des logements !1 », mais pas seulement !
- 1 Chansonnette satirique en hommage à M. Cochon du Syndicat des locataires, paroles de Lucien Mellin (...)
Nous voulons pour nos poitrines
Respirer l’air pur du soir
Vos couloirs sont des latrines
Vos cours sont des dépotoirs
V’là Cochon qui déménage. Chant national des locataires, paroles de Montéhus [Gaston Brunswick] et musique de Saint-Gilles [Eugène Philippe Le Coq], 1912.
- 2 Partition reproduite dans KAMOUN Patrick, Chantons pour un toit !, Paris, Union nationale HLM, 201 (...)
- 3 Voir l’intervention d’Henri Sellier du 13 décembre 1913 devant le conseil général de la Seine, cit (...)
1Ce premier couplet du Chant national des locataires2 décrit les aspirations des populations ouvrières et évoque avec réalisme leurs conditions de vie dans les grandes villes. Le manque de logements sains au plus près des usines force alors les locataires à subir des conditions de vie déplorables avec la menace permanente de la maladie, de la saisie du mobilier, du déménagement clandestin ou d’une expulsion par le propriétaire. À l’intérieur du foyer, enfants et ménagères dépérissent, tandis que l’homme fuit le taudis pour le cabaret, ajoutant aux ravages de la maladie ceux de l’alcool3.
2Parmi un riche répertoire de chansons populaires consacrées aux ouvriers, cette rengaine fait référence à Georges-Alexandre Cochon (1879-1959), alors président de l’Union syndicale des locataires ouvriers et employés, qui n’hésite pas à aider les locataires en difficulté à déménager clandestinement.
- 4 MAGRI Susanna, « Le mouvement des locataires : aspects nouveaux et continuité des revendications p (...)
- 5 Citons par exemple la loi Siegfried de 1894 permettant le financement public d’initiatives privées (...)
3Ce type d’action soutenue par l’opinion publique4 met sur le devant de la scène la question des conditions de vie des ouvriers et encourage l’émergence progressive d’une législation en faveur de la création de logements5 complétés par des équipements à vocations diverses. La question essentielle de l’habitat s’inscrit alors dans un système plus global prenant en compte des enjeux de santé, d’hygiène, de sociabilité, de loisirs ou de beauté de l’environnement.
- 6 DUMONT Gérard-François, « La population de l’Île-de-France au xxe siècle », Cahiers du CREPIF (Cen (...)
4L’industrialisation de la petite couronne parisienne amorcée quelques décennies auparavant a en effet entraîné des bouleversements démographiques sans précédent. À partir de 1900, tandis que la croissance de la population parisienne ralentit, la banlieue doit accueillir 2 millions de personnes supplémentaires entre 1901 et 1936. Le département de la Seine, c’est-à-dire la proche banlieue, est particulièrement concerné6.
5Cette pression démographique reconfigure la morphologie de la ville de Paris et de ses alentours : à Suresnes, la population passe de 3 216 habitants en 1856 à 11 225 en 1901 et ne cesse de s’accroître. Cette surpopulation, accompagnée de conditions de vie déplorables, engendre les fléaux bien connus que sont les épidémies de typhoïde, de choléra et de tuberculose, qu’il est nécessaire de contrer par la mise en place d’une politique urbaine et sociale globale.
- 7 BELLANGER Emmanuel & COUDROY de LILLE Laurent (organisation scientifique), 1919 : les quatre saiso (...)
- 8 COHEN Jean-Louis, « Le “Grand Paris” et l’urbanisme des métropoles modernes », in CORTEVILLE Julie (...)
6Il faut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour voir se concrétiser les premières réponses aux problèmes du mal-logement en banlieue. Plusieurs facteurs sont alors réunis pour que se précisent les ambitions esquissées avant le début du conflit7. Tout d’abord, l’adoption de la loi Cornudet, le 14 mars 1919, met en place les bases d’une planification urbaine en France avec la nécessité pour une ville de plus de 10 000 habitants de se doter d’un plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension intégrant des servitudes hygiénistes. Elle sera prolongée par le concours pour l’aménagement et l’extension de Paris dont le plan Jaussely sortira vainqueur. La Capitale est alors considérée à l’échelle du département de la Seine, on tente de réaliser l’idée d’un « Grand Paris » esquissée pour la première fois en 1913 par Louis Bonnier8.
- 9 Les élections municipales prévues en 1916 sont reportées entre le 30 novembre et le 7 décembre 191 (...)
7L’année 1919 est aussi marquée par les élections municipales9 où l’ordre politique est bouleversé par l’arrivée de figures socialistes dans vingt-quatre mairies de banlieue.
- 10 GUERRAND Roger-Henri & MOISSINAC Christine, Henri Sellier, urbaniste et réformateur social, Paris, (...)
8Suresnes n’échappe pas à ces changements avec l’élection du maire Henri Sellier (1883-1943), alors âgé de trente-six ans [fig. 1]. Fils d’un contremaître et d’une commerçante de Bourges, il est titulaire d’une licence de droit obtenue à l’École des hautes études commerciales : on peut penser qu’il en tire un besoin irrépressible d’action immédiate. Les historiens Roger-Henri Guerrand et Christine Moissinac ont dressé de lui un portrait saisissant, reflétant l’ampleur de son action à Suresnes, qui ne se limite pas à la question de l’habitat : « mû par un objectif de solidarité sociale, il a été en effet un homme du quotidien, proche de ses administrés, ancré dans son territoire, minutieux dans ses directives, qui a toujours tenté, dans sa recherche de solutions pragmatiques et même parfois modestes, d’élargir sa vision des problèmes en s’entourant de spécialistes variés.10 »
Figure 1
Henri Sellier, vers 1930, 35,9 x 28,4 cm, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (997.00.3570).
© Jean Michaud / Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (MUS).
- 11 RESPAUT Jean-Pierre, CHESNEL Bernard, « Henri Sellier et Raoul Dautry : deux acteurs emblématiques (...)
- 12 1910-1943.
- 13 Pour les budgets de 1916 à 1920.
- 14 1927-1928
- 15 1936 -1943.
- 16 Le 18 juillet 1915.
9Il est nécessaire de rappeler que, si Suresnes est le laboratoire de l’action urbaine et sociale complète de Sellier, celle-ci s’étend à une échelle beaucoup plus vaste du fait des fonctions de l’édile au niveau départemental et national, ainsi que de son implication dans de très nombreux groupes de travail et dans le domaine universitaire11. Parallèlement à son mandat de maire de Suresnes entre 1919 et 1941, Henri Sellier est, entre autres, conseiller12, rapporteur général13 puis président du conseil général de la Seine14, sénateur de la Seine15, fondateur16 et administrateur-délégué de l’Office public des habitations à bon marché du département de la Seine (OPHBMS). Il est encore secrétaire général de l’office départemental d’hygiène sociale et de prévention antituberculeuse créé à son initiative en 1918 et membre du conseil d’hygiène publique et de salubrité. Enfin, il exerce la fonction de ministre de la Santé publique de 1936 à 1937.
- 17 SELLIER Henri, « La cité jardin du Grand Paris », La Vie urbaine, no 5, 1920.
10Celui qui envisageait une « Cité jardin du Grand Paris17 » entre Sceaux, Fontenay-aux-Roses et Vélizy participe à l’édification d’une quinzaine de cités-jardins et quartiers-jardins autour de la Capitale et dote Suresnes d’un remarquable réseau d’équipements.
La cité-jardin et les équipements suresnois, un nouveau modèle de vie urbaine et sociale
Dans les cités-jardins
D’amour les cœurs sont pleins…
Que de laideurs bannies
En ces cités bénies !
C’est la sérénité
Au sein de la Bonté
- 18 Fonds documentaire du MUS – musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
« La cantate des cités-jardins », poème d’Ernest Magaglyo (1873-1954) mis en musique par Georges Lauweryns (1884-1960) en hommage au juriste Georges Benoît-Lévy et à l’Association des cités-jardins de France, mai 192318.
- 19 GUERRAND Roger-Henri & MOISSINAC Christine, Henri Sellier…, op. cit.
- 20 HOWARD Ebenezer, Les Cités jardins de demain [1902], trad. Thérèse Elzière, Paris, Sens & Tonka, 1 (...)
- 21 BENOIT-LÉVY Georges, La Cité-jardin, Paris, H. Jouve, 1904.
11Le premier instrument de la « défense sanitaire19 » voulue par Sellier est la construction de logements à destination de toutes les classes laborieuses : 3 297 sont bâtis à partir de 1921 sous forme d’immeubles et de pavillons au sein d’une cité-jardin, modèle urbain dérivé de la Garden city décrite par l’urbaniste britannique Ebenezer Howard20 à la toute fin du xixe siècle et popularisé par le journaliste et juriste Georges Benoit-Lévy (1880-1971)21.
- 22 FERRATO Roland, Réhabilitation de la cité-jardin de Suresnes, mémoire de fin de cycle, PROMOCA – c (...)
- 23 Félix Dumail (1883-1955) intervient pour la fin de la 7e opération en 1938 puis après la guerre, j (...)
12Grâce à l’acquisition durant la Première Guerre mondiale de terrains peu urbanisés autour de la Capitale par l’OPHBMS, une parcelle de plus de 30 hectares est constituée sur le plateau ouest de Suresnes en rattachant des terrains appartenant à Rueil-Malmaison22. Le terrain, relativement plat et bien ensoleillé, permet à l’architecte DPLG Alexandre Maistrasse (1860-1951), plus tard rejoint par Julien Quoniam (1876-1954)23, de concevoir le plan d’une cité d’habitation complète [fig. 2].
Figure 2
Cité-jardin de Suresnes, groupe d’habitations pour familles nombreuses, dessin de l’architecte Alexandre Maistrasse, 1919, 27 x 39,5 cm, conservé au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (997.00.619).
Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
- 24 Des salles de bains avec baignoire seront installées dans les HBM améliorées à partir de 1930.
13Les logements sont répartis dans des immeubles de quatre étages avec parfois des boutiques en rez-de-chaussée ainsi que dans des maisons individuelles jumelées, avec cour et jardin. Chaque habitation est alors pourvue de l’eau courante, du tout-à-l’égout, de toilettes à l’intérieur, d’électricité et d’un poêle à charbon. Des douches sont quasi systématiquement intégrées, formant des cabinets d’aisance avec les WC24.
- 25 Voir le descriptif complet des équipements dans DEGUILLAUME Marie-Pierre, BATY-TORNIKIAN Ginette (...)
- 26 MOISSINAC Christine, « En Île-de-France : entre projet social et aménagement régional », Les Cités (...)
14À ces aménagements domestiques s’ajoutent des équipements collectifs répondant aux besoins d’hygiène, de soins, d’éducation, de loisir et même de culte25 : au-delà d’un combat contre la pénurie et l’insalubrité des logements, c’est un « nouveau modèle de vie sociale26 » et urbaine qui est proposé.
- 27 Intervention d’Henri Sellier au conseil général de la Seine, session 1914, reprise dans SELLIER He (...)
15On parle alors d’hygiène sociale qui, outre la guérison et la prévention des maladies, « revendique comme fin le plein épanouissement physique, intellectuel et moral de l’individu27 ».
16Au-delà du nouveau quartier constitué par la cité-jardin, c’est l’ensemble du territoire qui est doté de nouveaux équipements sous la mandature d’Henri Sellier. En effet, dans une ville où le relief est fortement marqué par les pentes du mont Valérien, il est nécessaire d’installer dans le bas de la ville et sur le plateau nord des établissements d’éducation, d’hygiène et de soins.
Guider, aider, prévenir : les destinées opposées des deux dispensaires municipaux
- 28 Après la loi de salubrité publique du 13 avril 1850, voir notamment l’arrêté du 18 mars 1879 porta (...)
- 29 Ville de Suresnes, bureau d’Hygiène et de Salubrité, Règlement sanitaire municipal, Paris, La Vie (...)
- 30 Collections du MUS – musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes, inv. 2012.1.40.
- 31 GUERRAND Roger-Henri, Cité-jardins, Henri Sellier 1883-1943, urbaniste, hygiéniste et réformateur (...)
17La législation en vigueur depuis la fin du xixe siècle28 confère aux maires un grand pouvoir en matière d’organisation sanitaire avec la création des bureaux d’Hygiène communale. Suresnes se dote d’un règlement sanitaire dès 192229 qui est complété pour le plan d’aménagement, d’embellissement et d’extension30 de 1929. Il est réputé comme un des plus sévères de France31 avec un casier sanitaire pour l’ensemble des logements de la ville.
18Parallèlement à cette réglementation, les deux dispensaires sont des « installations domiciliées », pour les consultations médicales et la prévention mais également l’arrière-base des « vecteurs », douze infirmières-visiteuses surnommées « les dames en bleu », constituant un service social efficace se déplaçant au plus près des habitants [fig. 3].
Figure 3
Allons tous à la consultation !, d’Alice Dick Dumas pour le bureau des enfants Croix-Rouge américaine, 1917, 91,5 x 125,5 cm, affiche conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (2016.4.1).
Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
- 32 BOULONNOIS Louis, L’Œuvre municipale de M. Henri Sellier à Suresnes, Nancy, impr. Berger-Levrault, (...)
19Hérités de la consultation départementale des nourrissons et du dispensaire de l’Office public d’hygiène sociale, Suresnes dispose dès 191532 des éléments structurants d’un service social.
- 33 L’institution existe dans la commune depuis 1908, le dispensaire d’hygiène sociale est créé en 192 (...)
- 34 Urbanisme, no 32, janvier 1935, « Suresnes, étude sur l’évolution et l’aménagement d’une ville de (...)
20Le premier dispensaire moderne est édifié en 193033 à proximité de l’hôtel de ville par Maurice Maurey (1893– ?) et Adolphe Maroille (1877-1932) [fig. 4]. Il propose, dans des locaux neufs, les services traditionnels de consultation, d’examen et intervention d’urgence dans plusieurs spécialités et en médecine générale. Un grand hall central largement éclairé dessert, par un escalier et un ascenseur, les étages consacrés aux différents services et le toit-terrasse pour les cures de soleil34.
Figure 4
Centre de médecine préventive, dispensaire municipal de Suresnes, après 1935, 35 x 27 cm, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (inv. 997.00.2829).
© photographe inconnu © architecte Maurice Maurey / Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
- 35 Notons la présence remarquable en 1935 du gynécologue Jean Dalsace, qui assure une consultation pr (...)
21En 1937, un centre d’hygiène infantile et de puériculture est construit à la cité-jardin pour le compte de l’OPHBMS. Il est géré par la Nouvelle Étoile des Enfants de France, œuvre laïque consacrée à la protection de l’enfance, et financé par la commune de Suresnes. Il permet la consultation des nourrissons et des grands enfants avec extension éventuelle aux adultes35. La distribution de lait stérilisé est également assurée. Les architectes Charles Duval (1873-1937) et Emmanuel Gonse (1880-1954) créent un plan en deux sections : la première consacrée aux nourrissons et la seconde pour les consultations de médecine générale et de spécialité. Au sous-sol, et à l’étage, radiographie et irradiation sont possibles. Une annexe de la mairie de 20 m² est installée en rez-de-chaussée du bâtiment.
- 36 Il se trouve intégré à un immeuble à Drancy et à l’origine dans un pavillon vacant à Châtenay-Mala (...)
22Contrairement à celui d’autres cités-jardins comme Drancy Paul-Bert, Champigny-sur-Marne ou la Butte-Rouge, à Châtenay-Malabry, le dispensaire de Suresnes bénéficie d’un édifice indépendant avec un traitement architectural propre36.
- 37 Devenu centre médical municipal en 1965, puis centre médical municipal Raymond-Burgos après délibé (...)
23Ces deux dispensaires connaissent deux destinées différentes. La Seconde Guerre mondiale et la destitution de Sellier en 1941 mettent fin aux projets de déploiement des services d’hygiène et de santé. Les activités des établissements existants reprennent cependant après la guerre et le dispensaire du bas de Suresnes conserve sa vocation jusqu’à nos jours en devenant un centre médical37.
- 38 Délibération du conseil municipal du 25 juin 1980 – Affaire no 35 fixant le montant du loyer des l (...)
- 39 Aujourd’hui maison de quartier des Sorbiers.
- 40 Jusqu’à l’ouverture de la médiathèque la Poterie, en 2020.
- 41 Depuis mai 1988.
24L’installation de trois services de protection maternelle et infantile (PMI) dans la ville, le développement de l’hôpital Foch, inauguré en 1937, et la présence de nombreux médecins libéraux entraînent la fermeture du dispensaire de la cité-jardin qui devient en 196338 un externat médico-pédagogique. Il est ensuite transformé en centre culturel et maison de quartier39, accueillant une annexe de la médiathèque40, la ludothèque41 et diverses associations jusqu’à nos jours.
- 42 Notice architecturale PC10-1 du permis de construire 092 073 19 10 007 du 19 avril 2019.
25Du changement ou non d’affectation de ces lieux dépendra leur évolution architecturale : si le dispensaire du bas de la ville a subi peu de modifications autres que celles relatives à la mise aux normes d’accessibilité, l’équipement de la cité-jardin a été transformé en 2020. La Ville de Suresnes a fait réaliser, sur les plans de l’architecte municipale, une surélévation au niveau du toit-terrasse qui agrandit le premier étage et le complète par une terrasse avec pergola. Afin de s’intégrer à l’environnement concerné par une zone de patrimoine remarquable et pour des questions économiques et environnementales42, la structure ajoutée a été traitée sous forme d’une ossature en bois avec des parois enduites sur l’isolation et des menuiseries de couleur blanche avec des verrières en métal thermolaqué [fig. 5].
Figure 5
Maison de quartier des Sorbiers (Suresnes) après surélévation, architectes Emmanuel Gonse et Charles Duval, 2020.
© photographe inconnu / Reproduction Direction de la communication de la Ville de Suresnes.
26L’ancien dispensaire de la cité-jardin constitue un exemple de transformation architecturale dans le cadre d’un changement de fonction, tout en respectant l’aspect extérieur du bâtiment et son environnement remarquable. S’il conserve son unité, le dispensaire du bas de la ville se trouve quant à lui affecté par l’urbanisme actuel, alors qu’un immeuble d’habitation lui a été accolé en 2022, atténuant sa monumentalité.
Le centre municipal de puériculture : un équipement exemplaire dédié à l’hygiène, des années 1930 à nos jours
- 43 Voir le plan d’ensemble des institutions suresnoises pour le service social à l’enfance in BOULONN (...)
27Les institutions dédiées à l’enfance, des nourrissons à l’âge postscolaire, sont si nombreuses dans le Suresnes de l’entre-deux-guerres43 qu’il n’est pas possible de les décrire exhaustivement, d’autant plus qu’elles sont étroitement liées aux équipements prophylactiques détaillés précédemment.
- 44 Ibid., p. 29.
- 45 « Suresnes, étude sur l’évolution… », op. cit.
28Il apparaît pertinent d’évoquer le centre municipal de puériculture, édifié en 1934 par Maurice Maurey, architecte du dispensaire du bas de la Ville qui en est voisin [fig. 6]. Cet établissement, dont la construction a été permise par le legs du constructeur automobile Alexandre Darracq, accueille une crèche municipale, la consultation départementale des nourrissons et la distribution de lait stérilisé. Il a pour originalité, en plus des trente berceaux de la crèche, de constituer un centre clinique de puériculture où sont admis les enfants devant être surveillés après un contact potentiel avec la tuberculose ou l’administration du vaccin BCG44, accueillant les consultations prénatales et distribuant des biberons de lait45 [fig. 7]. Son architecture, ses équipements et son fonctionnement sont innovants : les enfants sont baignés et habillés avec des vêtements appartenant au centre, deux escaliers peuvent être empruntés dont un avec des marches adaptées aux enfants, un toboggan est aménagé pour la descente, l’établissement comprend une vaste salle de jeux pouvant être ouverte sur l’extérieur, une plage artificielle pour le traitement par UV bordée de jeux d’eau et d’un aquarium, un théâtre de guignol, une volière…
Figure 6
Crèche centrale (Suresnes), architecte Maurice Maurey, après 1935, 27 x 35 cm, aquarelle anonyme conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (inv. 997.00.809).
Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
Figure 7
Crèche à Suresnes – plan de l’étage, architecte Maurice Maurey, 20 février 1932, 60 x 120 cm, conservé aux Archives communales de Suresnes (1 Fi 1238).
© Maurice Maurey / Reproduction Archives communales de Suresnes.
- 46 FILIPPI P., « Le centre municipal de puériculture de Suresnes », La Technique des travaux, no 10, (...)
29La revue La Technique des travaux46 vante les liaisons téléphoniques entre les différents cabinets médicaux, les transmissions par monte-charge, trémies, monte-biberons et ascenseurs, mais aussi les matériaux et choix décoratifs adaptés à l’âge des pensionnaires.
- 47 « Personnes à mobilité réduite ».
- 48 Ville de Suresnes, Suresnes magazine, juillet 2021, [en ligne], https://suresnes-mag.fr/agir/actus (...)
30Aujourd’hui, le centre municipal de puériculture est un établissement de petite enfance : il est constitué de la crèche Pinocchio, de 64 berceaux, ainsi que d’un relais petite enfance accompagnant 250 assistantes maternelles et parentales. L’aspect extérieur n’a pas été modifié depuis l’entre-deux-guerres, même si d’importants remaniements intérieurs ont été effectués au cours de l’année 2020-2021 avec la création d’un ascenseur aux normes PMR47 et la reprise des systèmes de télécommunication et d’éclairage48.
Lavoir bains-douches et piscines : les équipements collectifs complémentaires des installations domestiques
- 49 Extrait du descriptif de la cité-jardin de Suresnes par l’OPHBMS, mai 1934.
31Dès 1921, les logements de la cité-jardin offrent à leurs occupants les dispositions nécessaires à la pratique domestique de l’hygiène grâce à « une disposition ingénieuse [qui] permet d’utiliser la moitié des cabinets d’aisance comme salle de douche installée49. »
- 50 SERON Octave, Suresnes d’autrefois et d’aujourd’hui, Suresnes, chez l’auteur, école Jean-Macé, 192 (...)
32Cependant, dans le premier îlot, un équipement public pour l’hygiène corporelle et le lavage du linge est installé : il s’agit d’un établissement comprenant 22 cabines de douche individuelles, 6 avec baignoires dont 2 pour enfants et 24 places de laveuses, essoreuses et séchoirs à vapeur. Chaque famille se voit alors remettre deux tickets de bains-douches par mois50 et a la possibilité d’acheter des jetons supplémentaires au moment du paiement du loyer.
- 51 Témoignages des habitants de la cité-jardin de Suresnes, enquête ethnographique réalisée par le Mu (...)
33Haut lieu de l’hygiène, mais aussi de sociabilité51, le lavoir bains-douches enregistre environ 300 entrées par semaine.
- 52 La Construction moderne, 29 août 1926, p. 574-575.
34Dès la seconde moitié du xixe siècle, l’idée de regrouper hygiène du corps et du linge fait son apparition à la cité ouvrière de Mulhouse. Elle est reprise au Familistère de Godin, à Guise, en 1870. Contrairement à ces cités patronales où l’eau chaude est fournie par les industries associées, l’établissement de Suresnes est relié à une chaufferie voisine équipée de deux chaudières à vapeur semi-tubulaires52. Il dispose d’un système performant et innovant pour le lavage et le séchage du linge qui, s’il est installé dans les logements, tend cependant à en corrompre l’atmosphère. La zone de lavage dispose d’un bac d’essangeage afin de décrasser le linge avant son passage dans les laveuses et les essoreuses en tôle galvanisée.
35Les deux essoreuses centrifuges sont mues électriquement et les séchoirs à vapeur à sept tiroirs verticaux avec barres d’étendage assurent un séchage complet et rapide du linge.
- 53 L’accès était limité à deux heures au lavoir de la cité ouvrière de Mulhouse par exemple, d’après (...)
36Ouvert cinq jours par semaine, l’accès est possible pour chaque famille durant une demi-journée53, ne nécessitant qu’un personnel réduit.
37En 1984, alors que les premières réflexions sur la réhabilitation du quartier commencent, le lieu est désaffecté. Recouvert d’un toit-terrasse et disposant d’une grande verrière centrale, l’espace intérieur est entièrement remodelé afin d’accueillir, quelques années plus tard, un centre d’aide par le travail. Il s’agit actuellement de l’établissement de santé et d’aide par le travail « Les ateliers cité-jardins » où 70 travailleurs handicapés sont chargés de services de conciergerie d’entreprise, blanchisserie et cordonnerie. La mention « bains lavoir » en mosaïque redevient visible en 2019 sur la façade, lorsque la signalétique mise en place lors du changement d’affectation est supprimée [fig. 8]. Cette demande a été faite par le MUS – musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes dans le cadre du parcours « Patrimoine du xxe siècle » mis en place sur le territoire ainsi que des balades urbaines conduites par le musée. Le grand square qui intégrait l’établissement au moment de sa construction est aujourd’hui remplacé par des places de stationnement automobile et la délégation de proximité de l’office HLM Hauts-de-Seine Habitat. Cet équipement, à l’abri des regards de l’avenue grâce à son positionnement en cœur d’îlot, entouré d’immeubles et de pavillons, demeure cependant accessible par plusieurs voies piétonnes. Il conserve une fonction de sociabilisation de ses travailleurs, régulièrement en contact avec les habitants du quartier et des rues environnantes.
38En 2022, un projet de surélévation est à l’étude.
Figure 8
ESAT « Les ateliers cité-jardins » (Suresnes), façade principale, architecte Alexandre Maistrasse, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes, 2020.
© Alexandre Maistrasse © Émeline Trion (musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes).
- 54 3e et 4e projets d’Alexandre Maistrasse en 1929 et 1933.
39Un second établissement de bains-douches apparaît sur les plans de la cité-jardin54, il ne verra cependant jamais le jour.
- 55 « Suresnes, étude sur l’évolution… », op. cit.
40L’originalité de la parure monumentale en faveur de l’hygiène réside dans le déploiement d’équipements mixtes à la fin des années 1920 ; il convient d’accueillir environ 5 000 petits Suresnois, auxquels s’ajoutent les enfants des quartiers voisins récemment urbanisés comme à Puteaux55. Pour ce faire, des établissements éducatifs sont associés à des espaces d’hygiène.
41En 1927, l’architecte Maurice Payret-Dortail (1874-1929) livre un projet de groupe scolaire pour une parcelle de 12 000 m² sur le plateau Nord. Il comprend une école maternelle, des écoles primaires de filles et garçons ainsi qu’une école primaire supérieure, une école pratique industrielle et de commerce : au fond de la cour d’honneur de cet édifice, un pavillon des sports accueille une piscine en sous-sol et un gymnase en partie supérieure.
42Le bassin rectangulaire, de 12,50 m par 7,20 m de large, propose un petit et un grand bain pour les exercices physiques. La spécificité de l’aménagement tient dans la circulation : depuis le vestibule, les usagers passent par des galeries latérales avec, d’un côté, les douches sous forme de 22 cabines individuelles, de l’autre des vestiaires avec douches communes.
43Cette organisation permet l’ouverture aux habitants du quartier en dehors des horaires scolaires : le groupe scolaire devient alors établissement de bains-douches. De même, le gymnase peut aisément être converti en salle des fêtes grâce à sa grande hauteur sous plafond, son estrade, ses loges et ses gradins.
- 56 Décret du 5 décembre 1949.
44En 1948, le groupe scolaire, qui était baptisé du nom de son architecte décédé prématurément en 1929, prend le nom du physicien Paul Langevin et devient lycée un an plus tard56.
- 57 Arrêté 13 octobre 1993.
- 58 Arrêté du 12 avril 1996.
- 59 Brochure de présentation du lycée Paul-Langevin, Suresnes, Version inédit, 1999.
- 60 Système d’arrivée de nappes d’eau chaude par le petit bain de la piscine avec renouvellement de la (...)
45En 1993, le lycée57 est inscrit au titre des monuments historiques puis la piscine et le gymnase sont classés en 199658. Ces équipements n’ont pas été concernés par la rénovation de l’ensemble du lycée entre 1990 et 199259 : malgré leur inadaptation aux normes alors en vigueur pour le traitement de l’eau60 et de l’air qui a provoqué leur désaffection, la qualité décorative de l’ensemble encourage sa préservation en l’état bien avant sa protection juridique et ce, malgré le manque de locaux pouvant notamment accueillir un foyer et une salle de permanence.
- 61 Séance du 17 octobre 1999, d’après la question à l’Assemblée nationale no 299 de Jacqueline Frayss (...)
- 62 Lauréates du concours d’architecture en 2009, [en ligne], http://www.catherineproux-architectes.ne (...)
46Dès 1999, alors que le clos et le couvert du pavillon des sports n’est plus assuré, la région Île-de-France61 alloue un crédit pour la première tranche de travaux. L’étude pour la transformation de la piscine et gymnase est effectuée entre 2010 et 2013 : le bassin est comblé pour accueillir une salle des professeurs [fig. 9], les cabines de douche deviennent boxes de travail et le gymnase est transformé en centre de documentation et d’information (CDI). Le chantier est confié à l’agence Catherine Proux, architecte du patrimoine (associée) et de Laurence Mayeur, architecte DPLG (mandataire)62 entre 2015 et 2017.
Figure 9
Salle des professeurs du lycée Paul-Langevin (Suresnes), architecte Maurice Payret-Dortail, 2019, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
© Noëmie Maurin-Gaisne / musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
- 63 La salle de projection et les gradins du gymnase sont déposés (PROUX Catherine, « Les nouveaux usa (...)
- 64 Granulats de verre de Murano (ibid.)
47Les matériaux d’origine mais aussi les volumes et les circulations originales sont conservés lors de cette transformation, particulièrement en ce qui concerne la piscine63, où les professeurs se déplacent autour du bassin dont l’emplacement, constituant désormais un espace de travail collectif, est marqué par un léger enfoncement. Ce nouveau plancher désolidarisé est recouvert d’un granito64 évoquant l’eau, élément important dans l’intervention des architectes qui se sont efforcées de le remettre en bordure du bassin et de le recréer sur le nouveau sol. Des structures « témoins » sont restaurées et conservées à l’identique, comme c’est le cas pour une cabine individuelle de déshabillage avec douche.
48Le deuxième groupe scolaire de la cité-jardin réalisé par les architectes Alexandre Maistrasse et Julien Quoniam en 1930-1931 est fortement inspiré de cet édifice. Sa piscine et son gymnase ne font pas, eux, l’objet de protection au titre des monuments historiques et sont désaffectés [fig. 10].
Figure 10
Piscine du collège Henri-Sellier (Suresnes), architectes Alexandre Maistrasse et Julien Quoniam (1930-1931), 2014, photographie conservée au musée d’histoire Urbaine et Sociale de Suresnes.
© Goretti Aires / Musée d’histoire urbaine et sociale de Suresnes.
49Ces quelques exemples d’équipements d’hygiène réalisés dans l’entre-deux-guerres font apparaître la complexité du système mis en place sous la municipalité conduite par Henri Sellier mais également la multiplicité des destinées qu’ils ont connues.
- 65 BOULONNOIS Louis, Plan de travail d’un bureau municipal d’hygiène, 27 septembre 1921.
50Tantôt transformés pour de nouveaux usages, tantôt adaptés pour poursuivre leur vocation originale, leurs qualités architecturales et décoratives et leur insertion dans le tissu urbain ont conduit à la préservation d’un réseau d’équipements pluridisciplinaires faisant écho à la maxime de Louis Boulonnois : « Si l’hygiène est l’art de bien vivre, cela s’entend à la fois de la santé du corps, de celle de l’esprit et de celle des mœurs65. »
Notes
1 Chansonnette satirique en hommage à M. Cochon du Syndicat des locataires, paroles de Lucien Mellinger, musique Henry Roberty, Paris, E. Lacroix, [1er quart xxe siècle].
2 Partition reproduite dans KAMOUN Patrick, Chantons pour un toit !, Paris, Union nationale HLM, 2012.
3 Voir l’intervention d’Henri Sellier du 13 décembre 1913 devant le conseil général de la Seine, citée dans SELLIER Henri, Une cité pour tous, prés. Bernard Marrey, Paris, Éditions du Linteau, 1998, p. 75-76.
4 MAGRI Susanna, « Le mouvement des locataires : aspects nouveaux et continuité des revendications populaires », in BURLEN Katherine (dir.), Banlieue, municipalités et réformisme 1900-1940. Centenaire d’Henri Sellier, actes du colloque de Suresnes, 23-25 novembre 1983, Paris, Le Foyer des cités-jardins du Grand Paris, 1984.
5 Citons par exemple la loi Siegfried de 1894 permettant le financement public d’initiatives privées en vue de la construction d’habitations à bon marché.
6 DUMONT Gérard-François, « La population de l’Île-de-France au xxe siècle », Cahiers du CREPIF (Centre de recherches et d’études sur Paris et l’Île-de-France), no 50, 1995, p. 169-174.
7 BELLANGER Emmanuel & COUDROY de LILLE Laurent (organisation scientifique), 1919 : les quatre saisons de l’urbanisme, journée d’étude, 18 avril 2019, organisée par le MUS – musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes et le groupe transversal « Inventer le Grand Paris » (IGP) du Labex Futurs urbains (UPE), Suresnes, [en ligne], https://www.inventerlegrandparis.fr/seminaire-igp/2018-2019/lannee-1919/ [lien valide en juillet 2023].
8 COHEN Jean-Louis, « Le “Grand Paris” et l’urbanisme des métropoles modernes », in CORTEVILLE Julie & DEGUILLAUME Marie-Pierre (éd.), Aux origines du Grand Paris. 130 ans d’histoire, cat. exp., Suresnes, Paris, MUS, région Île-de-France, 2016.
9 Les élections municipales prévues en 1916 sont reportées entre le 30 novembre et le 7 décembre 1919 et la durée du mandat passe de quatre à six ans avec la loi du 18 octobre 1919.
10 GUERRAND Roger-Henri & MOISSINAC Christine, Henri Sellier, urbaniste et réformateur social, Paris, La Découverte, coll. « Histoire contemporaine », 2005, p. 14.
11 RESPAUT Jean-Pierre, CHESNEL Bernard, « Henri Sellier et Raoul Dautry : deux acteurs emblématiques » in CORTEVILLE Julie & Association régionale des cités-jardins d’Île-de-France (dir.), Les Cités-jardins d’Île-de-France, une certaine idée du bonheur, Lyon, Lieux Dits, 2018, p. 69-75.
12 1910-1943.
13 Pour les budgets de 1916 à 1920.
14 1927-1928
15 1936 -1943.
16 Le 18 juillet 1915.
17 SELLIER Henri, « La cité jardin du Grand Paris », La Vie urbaine, no 5, 1920.
18 Fonds documentaire du MUS – musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes.
19 GUERRAND Roger-Henri & MOISSINAC Christine, Henri Sellier…, op. cit.
20 HOWARD Ebenezer, Les Cités jardins de demain [1902], trad. Thérèse Elzière, Paris, Sens & Tonka, 1998.
21 BENOIT-LÉVY Georges, La Cité-jardin, Paris, H. Jouve, 1904.
22 FERRATO Roland, Réhabilitation de la cité-jardin de Suresnes, mémoire de fin de cycle, PROMOCA – centre de Nanterre, novembre 1982.
23 Félix Dumail (1883-1955) intervient pour la fin de la 7e opération en 1938 puis après la guerre, jusqu’aux années 1950. À partir de 1956, la 10e opération est élaborée par Léon Bazin.
24 Des salles de bains avec baignoire seront installées dans les HBM améliorées à partir de 1930.
25 Voir le descriptif complet des équipements dans DEGUILLAUME Marie-Pierre, BATY-TORNIKIAN Ginette & SELLALI Amina, Idées de cité-jardins, l’exemplarité de Suresnes, cat. exp., Suresnes, Ville de Suresnes, 1998.
26 MOISSINAC Christine, « En Île-de-France : entre projet social et aménagement régional », Les Cités-jardins, un idéal à poursuivre, Les cahiers de l’IAURIF, no 165, avril 2013, p. 18-21.
27 Intervention d’Henri Sellier au conseil général de la Seine, session 1914, reprise dans SELLIER Henri & HAZEMANN Robert-Henri, La Santé publique et la collectivité : hygiène et service social, coordination, Paris, s.l., s.n., 1936.
28 Après la loi de salubrité publique du 13 avril 1850, voir notamment l’arrêté du 18 mars 1879 portant création des bureaux d’hygiène, l’article 61 de la loi municipale de 1884 et la loi du 15 février 1902 relative à la protection de la santé publique.
29 Ville de Suresnes, bureau d’Hygiène et de Salubrité, Règlement sanitaire municipal, Paris, La Vie communale, 1922, archives communales de Suresnes, l18.
30 Collections du MUS – musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes, inv. 2012.1.40.
31 GUERRAND Roger-Henri, Cité-jardins, Henri Sellier 1883-1943, urbaniste, hygiéniste et réformateur social, brochure réalisée à l’occasion de l’assemblée générale des Offices de l’habitat, Suresnes, Fédération nationale des OPHLM et OPAC, février 1994.
32 BOULONNOIS Louis, L’Œuvre municipale de M. Henri Sellier à Suresnes, Nancy, impr. Berger-Levrault, 1938.
33 L’institution existe dans la commune depuis 1908, le dispensaire d’hygiène sociale est créé en 1921 et l’institut prophylactique en 1922, tous deux œuvres du département de la Seine.
34 Urbanisme, no 32, janvier 1935, « Suresnes, étude sur l’évolution et l’aménagement d’une ville de banlieue », dir. Henri PROST, p. 63-64.
35 Notons la présence remarquable en 1935 du gynécologue Jean Dalsace, qui assure une consultation prénatale et eugénique (GUERRAND Roger-Henri, Cité-jardins, op. cit., p. 180).
36 Il se trouve intégré à un immeuble à Drancy et à l’origine dans un pavillon vacant à Châtenay-Malabry.
37 Devenu centre médical municipal en 1965, puis centre médical municipal Raymond-Burgos après délibération du 10 mai 1984 – Affaire no 48.
38 Délibération du conseil municipal du 25 juin 1980 – Affaire no 35 fixant le montant du loyer des locaux.
39 Aujourd’hui maison de quartier des Sorbiers.
40 Jusqu’à l’ouverture de la médiathèque la Poterie, en 2020.
41 Depuis mai 1988.
42 Notice architecturale PC10-1 du permis de construire 092 073 19 10 007 du 19 avril 2019.
43 Voir le plan d’ensemble des institutions suresnoises pour le service social à l’enfance in BOULONNOIS Louis, L’Œuvre municipale…, op. cit., p. 13-15.
44 Ibid., p. 29.
45 « Suresnes, étude sur l’évolution… », op. cit.
46 FILIPPI P., « Le centre municipal de puériculture de Suresnes », La Technique des travaux, no 10, octobre 1934, p. 585-594.
47 « Personnes à mobilité réduite ».
48 Ville de Suresnes, Suresnes magazine, juillet 2021, [en ligne], https://suresnes-mag.fr/agir/actus/la-creche-historique-darracq-renovee/ [lien valide en juillet 2023].
49 Extrait du descriptif de la cité-jardin de Suresnes par l’OPHBMS, mai 1934.
50 SERON Octave, Suresnes d’autrefois et d’aujourd’hui, Suresnes, chez l’auteur, école Jean-Macé, 1926, p. 400.
51 Témoignages des habitants de la cité-jardin de Suresnes, enquête ethnographique réalisée par le Musée de Suresnes, 1998 notamment repris dans BACARA Maud, DEGUILLAUME Marie-Pierre, TRION Émeline, « Les cités-jardins : une histoire urbaine et humaine », in CORTEVILLE Julie, Association régionale des cités-jardins d’Île-de-France (dir.), Les Cités-jardins d’Île-de-France…, op. cit., p. 139-157.
52 La Construction moderne, 29 août 1926, p. 574-575.
53 L’accès était limité à deux heures au lavoir de la cité ouvrière de Mulhouse par exemple, d’après Le Magasin pittoresque, vol. 29, 1861, [en ligne], http://s561964160.onlinehome.fr/wp-content/uploads/2015/02/cites-ouvrieres-mulhouse.pdf [lien valide en juillet 2023].
54 3e et 4e projets d’Alexandre Maistrasse en 1929 et 1933.
55 « Suresnes, étude sur l’évolution… », op. cit.
56 Décret du 5 décembre 1949.
57 Arrêté 13 octobre 1993.
58 Arrêté du 12 avril 1996.
59 Brochure de présentation du lycée Paul-Langevin, Suresnes, Version inédit, 1999.
60 Système d’arrivée de nappes d’eau chaude par le petit bain de la piscine avec renouvellement de la totalité de l’eau une fois par semaine et chauffage par air pulsé dépoussiéré à travers des filtres (« Suresnes, étude sur l’évolution… », op. cit.).
61 Séance du 17 octobre 1999, d’après la question à l’Assemblée nationale no 299 de Jacqueline Fraysse relative à la rénovation du lycée Paul-Langevin (JORF, 28 avril 2003, p. 3249).
62 Lauréates du concours d’architecture en 2009, [en ligne], http://www.catherineproux-architectes.net/docs/files/projets/bureaux/suresnes/fiche-projet.pdf [lien valide en juillet 2023].
63 La salle de projection et les gradins du gymnase sont déposés (PROUX Catherine, « Les nouveaux usages du gymnase et de la piscine du lycée Paul-Langevin », in CORTEVILLE Julie (dir.), MERCIER Marianne & PHILIPPE Emmanuelle, Les Lycées d’Île-de-France, Lyon, Lieux-Dits, 2021.
64 Granulats de verre de Murano (ibid.)
65 BOULONNOIS Louis, Plan de travail d’un bureau municipal d’hygiène, 27 septembre 1921.
Haut de pageTable des illustrations
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|---|---|
| Titre | Figure 1 |
| Légende | Henri Sellier, vers 1930, 35,9 x 28,4 cm, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (997.00.3570). |
| Crédits | © Jean Michaud / Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (MUS). |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 115k |
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| Titre | Figure 2 |
| Légende | Cité-jardin de Suresnes, groupe d’habitations pour familles nombreuses, dessin de l’architecte Alexandre Maistrasse, 1919, 27 x 39,5 cm, conservé au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (997.00.619). |
| Crédits | Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 471k |
| Titre | Figure 3 |
| Légende | Allons tous à la consultation !, d’Alice Dick Dumas pour le bureau des enfants Croix-Rouge américaine, 1917, 91,5 x 125,5 cm, affiche conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (2016.4.1). |
| Crédits | Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-3.JPG |
| Fichier | image/jpeg, 281k |
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| Titre | Figure 4 |
| Légende | Centre de médecine préventive, dispensaire municipal de Suresnes, après 1935, 35 x 27 cm, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (inv. 997.00.2829). |
| Crédits | © photographe inconnu © architecte Maurice Maurey / Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 218k |
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| Titre | Figure 5 |
| Légende | Maison de quartier des Sorbiers (Suresnes) après surélévation, architectes Emmanuel Gonse et Charles Duval, 2020. |
| Crédits | © photographe inconnu / Reproduction Direction de la communication de la Ville de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 215k |
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| Titre | Figure 6 |
| Légende | Crèche centrale (Suresnes), architecte Maurice Maurey, après 1935, 27 x 35 cm, aquarelle anonyme conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes (inv. 997.00.809). |
| Crédits | Reproduction musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 211k |
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| Titre | Figure 7 |
| Légende | Crèche à Suresnes – plan de l’étage, architecte Maurice Maurey, 20 février 1932, 60 x 120 cm, conservé aux Archives communales de Suresnes (1 Fi 1238). |
| Crédits | © Maurice Maurey / Reproduction Archives communales de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 276k |
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| Titre | Figure 8 |
| Légende | ESAT « Les ateliers cité-jardins » (Suresnes), façade principale, architecte Alexandre Maistrasse, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes, 2020. |
| Crédits | © Alexandre Maistrasse © Émeline Trion (musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes). |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 374k |
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| Titre | Figure 9 |
| Légende | Salle des professeurs du lycée Paul-Langevin (Suresnes), architecte Maurice Payret-Dortail, 2019, photographie conservée au musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| Crédits | © Noëmie Maurin-Gaisne / musée d’Histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-9.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 277k |
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|
| Titre | Figure 10 |
| Légende | Piscine du collège Henri-Sellier (Suresnes), architectes Alexandre Maistrasse et Julien Quoniam (1930-1931), 2014, photographie conservée au musée d’histoire Urbaine et Sociale de Suresnes. |
| Crédits | © Goretti Aires / Musée d’histoire urbaine et sociale de Suresnes. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39190/img-10.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 311k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Émeline Trion et Marie-Pierre Deguillaume, « Prévenir et guérir dans l’entre-deux-guerres à Suresnes (Hauts-de-Seine) », In Situ [En ligne], 51 | 2023, mis en ligne le 04 septembre 2023, consulté le 16 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/insitu/39190 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insitu.39190
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