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AccueilNuméros51Architecture et objets de l’hygiè...Les bains-douches scolaires

Architecture et objets de l’hygiène du corps

Les bains-douches scolaires

Découverte de deux vestiges parisiens d’une politique publique
Bathhouses in Schools. The Discovery of Two Sites Bearing Witness to Public Policies in Paris
Pauline Rossi

Résumés

Les services de la Ville de Paris ont découvert en 2020 une installation de bains-douches dans les sous-sols d’une école du 14e arrondissement, équipement qui n’était pas destiné à une population adulte, mais aux élèves. Dans l’historiographie de l’architecture scolaire, sujet largement traité par l’architecte et historienne Anne-Marie Châtelet, il est apparu que la question de l’apprentissage de l’hygiène à l’école était restée parmi les angles morts de la recherche. Une enquête, associant divers services de la Ville, a donc été lancée afin de recenser les équipements existants. Deux seulement ont pu être découverts : le premier dans l’école du 12, rue d’Alésia (14e arr.), le second dans l’école du 5, rue Beauregard (2e arr.).

Parallèlement à cette enquête, des recherches en archives ont permis de comprendre le contexte de la création de ces aménagements oubliés, mais aussi d’évaluer l’importance du dispositif à l’échelle de la capitale. Si le travail n’a pu être exhaustif, il a donné lieu à un inventaire indicatif, recensant vingt installations, créées entre les années 1880 et 1930. C’est ainsi qu’a été redécouvert un sujet majeur, tant pour le patrimoine bâti des établissements d’écoliers parisiens, que pour l’histoire de l’apprentissage de l’hygiène à l’école.

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Texte intégral

  • 1 Commission du Vieux Paris, compte rendu de séance plénière du 27 février 2020, [en ligne], https:/ (...)
  • 2 CHÂTELET Anne-Marie, Les Écoles primaires à Paris, 1870-1914 : définition et élaboration d’un équi (...)
  • 3 Voir : Ead., Architectures scolaires 1900-1939, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Carnets d’a (...)
  • 4 PHILIPPE Emmanuelle & SERVICE PATRIMOINES ET INVENTAIRE D’ÎLE-DE-FRANCE, Les Bains-douches municip (...)

1Le département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris (DHAAP), secrétariat permanent de la Commission du Vieux Paris dépendant de la direction des Affaires culturelles, a redécouvert en 2020 une installation de bains-douches dans les sous-sols de l’école du 12, rue d’Alésia (14e arr.1). Contacté par la direction de l’Architecture, le service a constaté sur place que cet équipement n’était pas destiné à une population adulte, mais à des enfants. Or, il est apparu que la question de l’apprentissage de l’hygiène à l’école était restée dans un angle mort de la recherche. L’architecte et historienne Anne-Marie Châtelet, qui a consacré à l’architecture scolaire une thèse soutenue en 19912 et de nombreux ouvrages3, n’en faisait pas mention. Quelques jalons ont été apportés par les travaux du service Patrimoines et Inventaire de la région Île-de-France, consacrés entre 2016 et 2017 aux bains-douches municipaux de la capitale4, sur le développement des établissements d’hygiène à Paris. La définition du programme type est intervenue en 1922, alors qu’une commission avait été créée dès 1898 pour établir un plan de campagne pour le développement de ces équipements ; chronologie sensiblement comparable à celle établie pour les équipements scolaires.

  • 5 Commission du Vieux Paris, compte rendu de séance plénière du 4 avril 2021, [en ligne], https://cd (...)

2Questionnée sur une éventuelle démolition de l’installation de la rue d’Alésia, la Commission du Vieux Paris a demandé qu’une enquête de recensement soit réalisée par les services de la Ville5 : la direction de l’Architecture, celle des Équipements scolaires et le DHAAP ont sondé les écoles parisiennes afin de retrouver d’autres vestiges de ce dispositif tombé dans l’oubli. Un second a ainsi pu être découvert dans l’école du 5, rue Beauregard (2e arr.). Les recherches bibliographiques et celles menées aux archives ont conduit au recensement, malheureusement non exhaustif, d’une vingtaine d’occurrences sur l’ensemble du territoire parisien. Ce corpus majoritairement disparu soulève plusieurs problématiques tant historiques que patrimoniales, qui intéressent en premier lieu l’histoire sociale et urbaine. Les bains-douches scolaires procèdent d’une volonté politique de mise à disposition d’installations d’hygiènes dites « à bon marché », car pensées pour les classes sociales les plus fragiles sans qu’elles puissent s’affranchir de l’équilibre des finances publiques. Mais ils éclairent aussi l’histoire de l’enseignement, de l’apprentissage et de la prévention hygiéniques, apportant une nouvelle thématique à l’historiographie encore lacunaire de l’architecture scolaire.

L’instruction laïque, gratuite et obligatoire : l’école, un pilier de la iiie République

  • 6 PARAYRE Séverine, « L’hygiène à l’école aux xviiie et xixe siècles : vers la création d’une éducat (...)
  • 7 On citera ici un ouvrage pionnier paru en 1877, et signé d’un des architectes-théoriciens de l’éco (...)
  • 8 PHILIPPE Emmanuelle & SERVICE PATRIMOINES ET INVENTAIRE D’ÎLE-DE-FRANCE, Les Bains-douches municip (...)

3Pour cerner ce sujet, il est essentiel d’évoquer le contexte dans lequel il a été pensé. Alors que l’école et l’hygiène ont connu quelques développements entre le xviiie siècle et la première moitié du xixe6, les lois du 16 juin 1881 et celle du 28 mars 1882, dites lois Jules Ferry, du nom du ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts de 1879 à 1883, ont durablement structuré l’enseignement en France. Bien connues pour avoir institué la gratuité absolue de l’école primaire et son caractère obligatoire pour les enfants de six à treize ans, elles ont aussi imposé la construction d’établissements scolaires dont l’architecture se standardise rapidement. Il en a bien entendu été de même pour les aménagements intérieurs des « maisons écoles » qui doivent permettre tant la vie en collectivité que l’apprentissage personnel. Cantines, préaux, classes, mobiliers, salles d’hygiène sont adaptés tant aux disciplines générales qu’aux travaux manuels et physiques pour lesquels des équipements spécifiques ont été rendus nécessaires. Des modèles d’architecture et de mobilier ont été largement diffusés par les revues spécialisées et les guides d’architecture, mais aussi par les Expositions universelles de 1867, 1878 et 1889, où plans, maquettes et prototypes de mobiliers ont connu un franc succès7. L’hygiène occupe une place importante dans l’enseignement : le département de la Seine avait institué un service de l’Inspection sanitaire des écoles en 1879, et la loi du 30 octobre 1886 contenait un article sur la nécessité de l’enseignement de l’hygiène dès l’école maternelle8.

  • 9 CHEVALLIER Fabienne, Le Paris moderne. Histoire des politiques d’hygiène, Rennes, Presses universi (...)
  • 10 FIJALKOW Yankel, La Construction des îlots insalubres. Paris 1850-1945, Paris, L’Harmattan, coll. (...)
  • 11 JUILLERAT Paul, Une institution nécessaire. Le Casier sanitaire des maisons, Paris, J. Rousset, 19 (...)
  • 12 DUMONT Marie-Jeanne, Le Logement social à Paris 1850-1930. Les habitations à bon marché, Paris, Pi (...)

4Pour autant, à travers la bibliographie, seuls sont mis en avant les bureaux des écoliers, pensés pour minimiser les taches d’encre, ou la salubrité globale des établissements obtenue grâce aux larges baies, aux espaces extérieurs, aux matériaux lessivables, etc. La question des bains ou des douches n’est évoquée que par Fabienne Chevallier. Elle évoque un rapport de la commission d’Hygiène scolaire qui préconisait, sans succès, en 1884, de doucher les élèves de maternelle deux fois par semaine9. La période est pourtant caractérisée – voire sur certains sujets dominée – par l’hygiénisme. Les pandémies du xixe siècle ont joué un rôle fondamental dans le développement de la statistique médicale. Rappelons la création fondatrice, en 1894, du Casier sanitaire de la préfecture de la Seine, qui permit le relevé, maison par maison, des décès par tuberculose et autres maladies associées au cadre de vie10. L’identification de foyers de propagation fut ainsi rendue possible et donna lieu à un premier rapport administratif en 190611. Le logement et la promiscuité urbaine ont été à la source d’une prise de conscience politique qui précipita la naissance de l’architecture et de l’urbanisme hygiénistes, portés, entre autres, par l’architecte Adolphe-Augustin Rey (1864-1934) qui, dans les années 1900, concentre ses réflexions sur la question des habitations à bon marché12. Les écrits se multiplient timidement au tournant des xixe et xxe siècles, au même rythme que les directives étatiques, pour démontrer le rôle que l’école pourrait jouer à ce sujet. Mais en dehors de quelques mentions dans les revues d’architecture à l’occasion de réalisations récentes, c’est la presse médicale et hygiéniste qui est une source de première importance.

L’hygiène scolaire au centre de la nouvelle politique publique de l’enseignement

5En 1893, le Journal des débats politiques et littéraires s’intéressait à une réforme appelée du vœu de nombreux décideurs :

L’instruction laïque, gratuite et obligatoire, ne nous suffisait pas : nous aurons bientôt la douche gratuite obligatoire. […]

Cette question a été soulevée pour la première fois devant le Conseil municipal de Paris au cours d’une discussion sur les propositions d’établissement de lavoirs municipaux. […]

  • 13 Le Journal des débats politiques et littéraires, 7 mars 1893.

Ce débat ne fut pas vain. Il en sortit une proposition ayant comme objet la création d’un service de bains-douches pour les écoliers parisiens13.

6Un an plus tôt, en 1892, était fondée « l’œuvre bordelaise des bains-douches à bon marché »

  • 14 PHILIPPE Emmanuelle & SERVICE PATRIMOINES ET INVENTAIRE D’ÎLE-DE-FRANCE, Les Bains-douches municip (...)
  • 15 Œuvre bordelaise des bains-douches à bon marché : rapport annuel, Bordeaux, Imprimerie J. Durand, (...)

7par Charles Cazalet (1858-1933), négociant en vin et adjoint au maire de Bordeaux, accompagné de six médecins14. Un premier local fut ouvert en 1895. En 1899, une œuvre parisienne fut créée sous la présidence du professeur Paul Brouardel (1837-1906), doyen de l’École de médecine. L’œuvre ne tarda pas à devenir essentielle dans le développement des bains-douches municipaux, mais les écoles faisaient également partie de ses préoccupations premières, car l’apprentissage des enfants fut tout de suite vu comme fondamental pour la réussite de l’entreprise. Des expériences furent rapidement menées dans les écoles privées d’usines puis dans les écoles bordelaises15.

  • 16 DU MESNIL Octave, Des bains-douches dans les écoles de la ville de Paris : rapport présenté à la C (...)
  • 17 On citera ici son principal ouvrage : DU MESNIL Octave, L’Hygiène à Paris. L’habitation du pauvre, (...)

8En 1893, le docteur Octave Du Mesnil (1832-1898) publie un rapport sur le sujet16, qui n’a malheureusement pu être retrouvé à ce jour. Le fait que le docteur Du Mesnil ait contribué aux réflexions sur le sujet illustre l’importance de l’idée du point de vue de l’hygiène publique. En effet, Octave Du Mesnil, ancien médecin de l’asile de Vincennes, eut une influence majeure sur les politiques publiques hygiénistes dans les années 1870-1890, à Paris comme en France17. Membre de la Commission des logements insalubres de Paris, la statistique médicale, les causes d’insalubrité, l’étude de la propagation des pandémies en milieu urbain lui doivent énormément et lui ont conféré une certaine renommée, tant dans les milieux médicaux que politiques.

  • 18 Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris [désormais BMO], 21 juillet 1895.

9Les constructions scolaires étant une prérogative d’État, déléguée aux régions et aux communes, en 1895, le conseil municipal de Paris est invité à délibérer sur « les instructions relatives à la construction des bâtiments scolaires18 » soumises par le préfet de la Seine, élaborées par l’inspecteur général des services d’Architecture, « d’entente avec la direction de l’Enseignement primaire, la sous-commission d’assainissement des écoles et le Conseil d’architecture ». L’article 21 du projet de délibération est exclusivement consacré à la question des bains-douches, mais la phrase d’introduction est encore au conditionnel : « Lorsque le programme de l’enseignement primaire prescrira l’installation de bains-douches […] ». Les aménagements qu’il faudra alors prévoir sont ensuite décrits avec une grande précision :

Dans le milieu de cette pièce [destinée à recevoir les appareils de douche], on disposera des cabines […] séparées par des cloisons en tôle ondulée, galvanisée et peinte, ou plaques imperméables et lisses telles que verre coulé, opaline, etc., laissant un vide de 0 min 20 s c. au-dessus du sol.

Chaque cabine devra être divisée dans sa longueur en deux parties égales par un rideau de toile imperméable que l’élève soulèvera pour passer de l’une à l’autre. L’avant du compartiment d’entrée destiné à servir de vestiaire sera fermé par un rideau de même hauteur que la cabine. L’avant de la stalle d’aspersion sera fermé par un écran établi comme les cloisons séparatives, mais de 1 mètre seulement de hauteur à partir du sol, laissant voir le haut du corps du baigneur. […]

  • 19 Ibid.

Un portemanteau sera placé dans chaque stalle-vestiaire. Les cabines seront disposées de façon que le surveillant puisse circuler en avant du compartiment-vestiaire et en avant du compartiment d’aspersion19.

Le prototype de la rue de l’Arbalète (5e arr.)

  • 20 NARJOUX Félix, Les Écoles publiques en France et en Angleterre, op. cit.

10La première installation parisienne fut réalisée dans une école neuve, située au 41-43, rue de l’Arbalète (5e arr.). Elle est citée en exemple dans toutes les publications sur le sujet jusque dans les années 1930. L’école a été construite en 1904 sur les plans d’Eugène Ullman (1877-1953) et Gaston Lefol (1874-1940), architectes de la Ville. Son architecture est moins austère que celle des écoles dites Jules Ferry de première génération, produites entre autres par Félix Narjoux (1836-1891) ou Émile Vaudremer (1829-1914). Les élévations, en briques beiges, sont rehaussées de briques vernissées et de décors sobres obtenus par le calepinage des briques, rompant avec la pierre de taille ou la meulière initialement privilégiées, et citées en référence par Narjoux en 187720.

11L’accès aux bains-douches est indépendant. Il se fait par une entrée située au no 43 de la rue, quand celles des écoles de garçons, de filles et de l’école maternelle sont regroupées au no 41. Les élèves traversaient ensuite la cour, où un muret délimitait un passage, conduisant à un corps de bâtiment situé en cœur de parcelle, où étaient regroupés les équipements communs aux trois écoles : préau, cantine, bains-douches et vestiaires. Le plan est simple [fig. 1] : un vestibule d’entrée précède une salle de déshabillage, sur laquelle s’ouvre une seconde salle réservée aux cabinets et à la salle des bains-douches. Celle-ci reprend les préconisations de 1895. Située au rez-de-chaussée, elle est éclairée par trois baies donnant sur un petit jardin indépendant de la cour. L’installation technique est également celle préconisée : un couloir central sépare deux rangées de cabines divisées en deux espaces. Le premier contient une assise, le second un siphon de sol. La surveillance peut aussi bien se faire côté douches, par le couloir central, que dans la cabine de préparation, grâce à deux autres couloirs latéraux.

Figure 1

Figure 1

Plan du rez-de-chaussée de l’école de l’Arbalète (Paris 5e) réalisé par les architectes Eugène Ullman et Gaston Lefol en 1903. Plan conservé aux Archives de Paris (VM74 32).

Reproduction Pauline Rossi, 2021.

  • 21 VAUTHIER J. L., « Une heureuse innovation scolaire – Les Bains-douches de la rue de l’Arbalète », (...)

12La Clinique infantile consacra en 1906 un article sur les bains-douches scolaires et l’exemple de la rue de l’Arbalète21. Il permet de comprendre non seulement l’installation et son fonctionnement, mais aussi les effets immédiats et à long terme attendus du dispositif, expliqués par un médecin hygiéniste. L’accord des parents devait être préalablement obtenu. Les sessions concernaient soixante-quatre élèves, envoyés sur le temps d’un cours, choix opéré par le directeur de l’école, proactif dans le déploiement et l’acceptation des bains. La salle de « déshabillage » était en réalité une salle d’attente, où l’on enlevait son manteau ; le déshabillage se faisait dans la première alcôve des cabines individuelles. Pendant le temps du déshabillage, les vasques de la seconde alcôve, de 12 cm de profondeur, étaient remplies par une commande centrale manipulée par les encadrants. Les enfants s’asseyaient dans les vasques, puis se savonnaient sous la surveillance des « baigneuses ». La douche était ensuite réactivée. Les enfants s’essuyaient, se rhabillaient, et un second groupe pouvait prendre place. Les « baigneuses » étaient deux, un personnel exclusivement dédié à cette activité, chargé du ménage, de l’entretien et du lavage des installations et des serviettes mises à disposition par l’école, tout comme le savon.

13L’installation de l’école de la rue de l’Arbalète profitait à tous les établissements scolaires situés à proximité. Sur une année, pour chaque école de l’arrondissement, les capacités d’accueil permettaient d’organiser vingt séances de soixante-quatre élèves pour deux cents jours de cours. Entre 1904 et 1905, 5 895 bains ont été donnés à 194 enfants ; l’année suivante, 8 372 bains pour 264 élèves. Le nombre d’enfants correspond à ceux qui ont été autorisés par leurs parents, non au nombre d’élèves. Car l’auteur de l’article fait état de réticences soulevées, tant de la part de l’équipe pédagogique que de la part des parents. « Les préjugés contre les bains sont encore vivaces », explique-t-il, estimant que le terme de bains-douches – provenant directement des installations ouvertes aux adultes par les municipalités – inquiétait et qu’il s’agissait en réalité plus de « bains par affusion d’eau chaude », de douches.

Le mieux, pour venir à bout des résistances diverses, serait de faire de la leçon pratique de propreté une obligation, au même titre que la leçon de chant ou de dessin et comme pour la gymnastique, n’en dispenser les élèves que sur présentation d’un certificat médical. La résistance des enfants ne se manifeste qu’avant la première séance. C’est la peur de l’inconnu. Ils prennent ensuite un plaisir extrême à se laver. […]

Ne serait-ce pas là un moyen de faire pénétrer l’hygiène dans les familles ?

L’individu qui s’est lavé enfant continuera plus tard, ou tout au moins en éprouvera le besoin. Il serait bon de lui faciliter le moyen de satisfaire ce besoin en favorisant la création d’établissements à bon marché, tels qu’il en existe depuis peu, quelques-uns à Paris.

  • 22 DUMONT Marie-Jeanne, Le Logement social à Paris 1850-1930, op. cit.
  • 23 MARREY Bernard, Louis Bonnier (1856-1946), Bruxelles, Paris, Mardaga, IFA, coll. « Architectes », (...)
  • 24 DUMONT Marie-Jeanne, Le Logement social à Paris 1850-1930, op. cit.

14C’est là un témoignage important des volontés qui ont animé le déploiement de ces installations. L’hygiène, en plus d’être un service collectif offert par les pouvoirs publics, était aussi un enjeu d’enseignement, à destination tant des enfants que des parents. Alors que les prototypes des habitations à bon marché étaient en cours de définition et ne prévoyaient pas de salle de bains, mais des salles d’eau pour la cuisine et l’hygiène corporelle, l’enjeu était en effet immense, couplé à l’effort produit pour développer les bains-douches municipaux destinés aux adultes. Le concours organisé par la fondation philanthropique Rothschild pour la construction du groupe HBM de la rue de Prague (12e arr.) avait retenu en 1904 le projet conçu par Adolphe-Augustin Rey, père fondateur de l’architecture hygiéniste22. Or, les bains-douches y étaient encore conçus comme des espaces communs. Ce fut d’ailleurs encore le cas dans la cité édifiée pour l’Office public d’habitations à bon marché de la Ville de Paris (OPHBMVP), en 1919, rue de Ménilmontant (20e arr.), confié à Louis Bonnier, architecte-voyer responsable des services d’Architecture, réformateur des règlements d’urbanisme qui introduisit des clauses sur l’hygiène des logements23. Il faudra attendre 1923, et la définition d’un type intermédiaire de logements à bon marché destiné à la classe moyenne, pour que les salles de bains privatives fassent leur apparition dans certains logements populaires24. Pour autant, en 1906, le docteur Vauthier, informé à sa demande par l’inspecteur administratif des écoles, indiquait que seulement huit écoles neuves avaient été conçues pour recevoir un espace de bains-douches et attendaient encore la mise en œuvre des équipements ; un résultat bien modeste au vu de la volonté initiale exprimée par la Commission d’assainissement des écoles d’équiper a minima cinquante établissements.

La timide diffusion du modèle ?

  • 25 Rapport au Conseil municipal au nom de la 4e Sous-commission du budget et du contrôle, sur le proj (...)
  • 26 Archives de Paris, VM 74 32.
  • 27 Archives de Paris, VM 74 21.
  • 28 LENOBLE Pierre, Les Bains-douches scolaires à l’école primaire, thèse de doctorat en médecine, fac (...)

15L’ampleur de la diffusion de ce modèle reste incertaine. Il est délicat de connaître le nombre exact des réalisations durant la période où ces installations étaient en fonctionnement, période qui s’étale, d’après les sources et quelques témoignages d’anciens utilisateurs, des années 1900 à 1960. En 1911, un rapport au conseil municipal faisait état de délibérations pour la création d’équipements similaires dans les écoles du 3, rue Corbon (15e arr.) et au 3, rue Arthur-Brière (17e arr.25). Dans ce second cas, les plans, signés de l’architecte municipal Aimé Sauffroy (1840-190726), sont datés de 1898, mais ils ont été mis en œuvre dans la première décennie du xxe siècle. Le bâtiment des bains-douches se situait dans un pavillon à rez-de-chaussée exclusivement dédié au service, implanté perpendiculairement à la rue Arthur-Brière, divisant les cours de l’école des filles et des garçons, où se situait son entrée, toujours indépendante pour être accessible aux enfants de l’arrondissement. Le dispositif est exactement identique à celui de la rue de l’Arbalète. Pour l’école de la rue Corbon, construite entre 1898 et 190627, le dispositif a été installé en sous-sol et les vingt-six cabines étaient conçues en tôle gaufrée et peinte28.

  • 29 Archives de Paris, DM 5 17. Nous remercions Linda Guerry, du laboratoire de recherche historique R (...)
  • 30 Archives de Paris, VM 74 30.

16En 1913, le ministère de l’Intérieur sollicite une étude sur le nombre d’établissements de bains-douches disponibles à Paris et dans le département de la Seine auprès du service de la Statistique municipale29. On y apprend que l’installation de la rue Corbon a été ouverte en 1910, celle de la rue Félix-Pécaut (17e arr.) l’année suivante. Les bains-douches de la rue Corbon avaient permis de donner environ 40 000 bains en une année d’activité, pour l’ensemble des élèves du quartier Saint-Lambert. Le rapport fait état d’une quatrième installation, dans l’école du 42, rue Dussoubs et 221, rue Saint-Denis (2e arr.). L’établissement a été en grande partie reconstruit dans les années 1907-1912, lorsque fut prolongée la rue Dussoubs30. En 1913, le bilan sur le développement des bains-douches était donc encore mitigé. Seuls quatre établissements étaient effectivement dotés des installations nécessaires, mais le nombre de bains connaissait une augmentation sensible, preuve d’une adhésion grandissante au principe, tant de la part du corps enseignant que des parents d’élèves.

17L’administration envisageait d’autres installations, donnant suite à des demandes officielles émanant du conseil municipal ou à la faveur de projets de construction mis à l’étude. Dans la première catégorie, intéressante d’un point de vue sociologique, car issue d’une volonté édilitaire, huit créations sont recensées. Dans la seconde catégorie, dix projets sont évoqués. Pour autant, il est difficile, voire impossible, de confirmer ou d’infirmer la réalisation effective des travaux. Pour l’heure, nous ne pouvons que constater que les demandes émanant du conseil municipal concernent elles aussi, pour la plupart, des établissements dont la reconstruction était envisagée, témoignant aussi d’une volonté de modernisation d’établissements édifiés en majeure partie entre les années 1860 et 1880.

Vestiges archéologiques et questionnements patrimoniaux

18Les deux installations découvertes par le DHAAP ne figurent pas dans ces listes de recensement des équipements existants ou à créer. Toutes deux se trouvent dans des établissements construits ou agrandis dans les années 1920. Rue d’Alésia, l’école a été reconstruite à partir de 1909. La première série de plans prévoit déjà l’aménagement des bains-douches en sous-sol, mais le plan de l’installation n’est pas encore celui qui sera le plus diffusé. Il est composé de deux colonnes de cabines adossées aux murs gouttereaux. La reconstruction complète ayant été retardée, le local dans lequel se situent les bains-douches a été l’objet d’un second projet en 1924, qui reprend plus fidèlement le plan type. Les deux colonnes sont cette fois placées au centre de la pièce, permettant la création des deux couloirs latéraux de surveillance.

  • 31 La Construction moderne, juillet 1926.
  • 32 « Roger Bouvard », notice biographique, base de données Agorha, [en ligne], https://agorha.inha.fr (...)
  • 33 Une biographie a été publiée dans : (référence citée en note 3) CHÂTELET Anne-Marie, QUERRIEN Anne (...)
  • 34 SAINTAGNAN Pierre, « Architecture éphémère : les écoles provisoires », in CHÂTELET Anne-Marie, QUE (...)

19L’école de la rue Beauregard est une construction neuve, confiée entre 1921 et 1928 à Roger Bouvard, architecte municipal, inspecteur des services d’Architecture. À ces deux occurrences certaines, il est possible d’ajouter l’école du 42, rue Madame (6e arr.), construite par Roger Bouvard en 1926, publiée par la presse spécialisée la même année31, et pour laquelle est cité un service des bains-douches. La mention de Roger Bouvard (1875-196132), architecte de la Ville de Paris, est importante, car c’est à lui que fut confiée la construction de l’école de la rue Beauregard. Notons également que son père, Joseph Bouvard (1840-192033), alors inspecteur des services municipaux d’Architecture, était signataire des « instructions relatives à la construction des établissements scolaires » validées par le conseil municipal en 1895 et que vingt-sept écoles provisoires lui ont été attribuées34.

20La réalisation d’un équipement de bains-douches est donc attestée de façon certaine dans trois écoles des années 1920. Il serait possible, avec moins de certitude, d’ajouter deux constructions neuves demandées par le conseil municipal ou envisagées par l’administration selon le rapport en 1913 : les écoles du 24, rue Delambre (14e arr.) et du 31-33, rue Saint-Bernard (11e arr.), reconstruites dans les années 1920. Pour autant, en l’état actuel des recherches, aucun rapport ni aucune publication ne permet de dresser un inventaire, ne serait-ce que partiel, des équipements construits durant cette période et des bains-douches déployés. Cette lacune est d’autant plus problématique que l’historiographie n’a accordé qu’une place infime à cette génération d’établissements scolaires parisiens.

21Dans les deux exemples retrouvés, les sous-sols ont été privilégiés. Si les modèles administratifs recommandaient des installations au sous-sol ou au rez-de-chaussée, avec une préférence pour cette deuxième possibilité afin de faciliter la ventilation des locaux, les surfaces étant précieuses dans les établissements scolaires parisiens, il semble que la première option l’ait rapidement emporté. Les cabines de douches sont installées conformément au plan type. Elles constituent deux colonnes parallèles, ménageant une circulation centrale et deux circulations latérales. Elles contiennent un compartiment voué au déshabillage, un second à l’aspersion. Rue d’Alésia, deux petites salles cloisonnées à mi-hauteur subsistent, servant, d’après le plan, de salles d’attente [fig. 2]. Deux autres petites salles fermées dans toute leur hauteur et situées à l’opposé dans la grande pièce sont dites de « service » ou de « lingerie ». Lors de la visite du DHAAP, le fil étendoir et le système de chauffage étaient encore visibles dans la pièce de service, la lingerie a quant à elle été condamnée à une date indéterminée, en même temps que l’accès direct depuis la rue. Les bains-douches étaient en effet encore accessibles sans passer par l’entrée principale de l’école. Pour la rue Beauregard, il est plus difficile d’être catégorique. Aucun plan ancien n’a pu être exhumé, mais il semblerait que l’entrée secondaire, située au 1, rue de la Ville-Neuve, puisse correspondre.

Figure 2

Figure 2

L’école du 12, rue d’Alésia (Paris 14e) et l’entrée des bains-douches condamnée, 2020. Photographie conservée au DHAPP.

© Pascal Saussereau (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).

22La standardisation n’est pas absolue. Rue d’Alésia [fig. 3], les douches sont revêtues de faïence blanche aux angles arrondis [fig. 4 et 5]. Un modèle de douches en tous points similaire – à l’exception bien entendu des dimensions des cabines et des portes – est documenté par une photographie des années 1920-1930, présentant une douche pour mineurs [fig. 6]. Cette donnée pourrait servir au rapprochement d’entreprises et de fournisseurs spécialisés, qui auraient étendu leur catalogue pour les adapter aux enfants. Rue Beauregard [fig. 7], les douches sont en granito mauve [fig. 8], matériau que l’on retrouvait également pour les lavabos communs du préau. Dans les deux cas, réseaux d’eau, porte-savons, assises et patères ont été préservés [fig. 9].

Figure 3

Figure 3

Plan du sous-sol de l’école de la rue d’Alésia (Paris 14e) réalisé par l’architecte A. Guillon en 1924, 2021. Plan conservé aux Archives de Paris (VM74 8).

© Archives de Paris / Pauline Rossi.

Figure 4

Figure 4

Couloir central de surveillance de l’école de la rue d’Alésia (Paris 14e), 2020. Photographie conservée au DHAPP.

© Pascal Saussereau (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).

Figure 5

Figure 5

Deux cabines de douche de l’école de la rue d’Alésia (Paris 14e), 2020. Photographie conservée au DHAPP.

© Pascal Saussereau (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).

Figure 6

Figure 6

Douches d’un camp de mineurs dans les années 1920-1930.

© Fratelli Alinari / Roger-Viollet.

Figure 7

Figure 7

L’école de la rue Beauregard (Paris 2e) et la porte secondaire de la rue de la Ville-Neuve, 2020. Photographie conservée au DHAPP.

© Marc Lelièvre (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).

Figure 8

Figure 8

Le couloir central de surveillance et les deux colonnes de douches de l’école de la rue Beauregard (Paris 2e), 2007. Photographie conservée au DHAPP.

© Christian Rapa (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).

Figure 9

Figure 9

Détail d’une douche de l’école de la rue Beauregard (Paris 2e), 2007. Photographie conservée au DHAPP.

© Christian Rapa (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).

  • 35 BMO du 19 août 1945.

23Ces deux établissements, aujourd’hui utilisés pour le stockage, sont de très belles infrastructures. Mais leur principal intérêt réside dans le témoignage qu’ils offrent. Il avait été jugé troublant, lors des recherches menées pour la Commission du Vieux Paris, que la bibliographie n’ait pas établi une seule donnée sur cette politique publique et les équipements réalisés. Cela vient probablement du manque de visibilité des installations, de leur désaffection progressive – qui semble avoir été amorcée dans les années 1960, correspondant à une nouvelle génération de logements dans lesquels les salles de bains ont été généralisées – puis de leur démolition silencieuse. Les aménagements intérieurs des établissements scolaires, comme ceux des constructions privées, ne génèrent que peu ou pas d’archives. La documentation administrative de leur installation et de leur démolition n’a pas réellement valeur d’archive. En 1945, un conseiller municipal demandait la remise en fonction des bains-douches du groupe scolaire du 66-72, rue des Morillons (14e arr.), édifié par Pierre Sardou (1873-1952) en 193235. Le local est bien présent sur les plans de conception, mais il a été réaménagé en cantine à une date inconnue. Ceci offre trois indications : premièrement, de réalisations promues jusque dans les années 1930 ; deuxièmement, les installations étaient encore jugées utiles en 1945 ; troisièmement, aucune source ne permet aujourd’hui de documenter leur disparition.

  • 36 La Revue municipale : recueil hebdomadaire d’études édilitaires pour la France et l’étranger, octo (...)

24Le modèle des bains-douches ici présenté correspond à celui des écoles primaires. Mais un autre dispositif est attesté dans les années 1930-1940 pour les maternelles, adapté à la taille des élèves, comme ce fut le cas dès le xixe siècle pour le mobilier courant (bancs, chaises, etc.). Mais un autre témoignage a été exhumé : « Pour les maternelles, on dispose simplement de bacs en nombre minime et placés à une hauteur telle que la personne chargée du nettoyage de l’enfant ne soit pas obligée de se baisser », indique un article de 193636. Une photographie de 1943 permet de documenter avec exactitude le mobilier imaginé [fig. 10]. On notera que la pudeur, évoquée par certaines sources pour les écoles primaires, n’a pas été respectée de la même façon pour les plus petits, d’ailleurs photographiés sous la douche, à la différence de leurs aînés.

Figure 10

Figure 10

Douches dans une école, Paris, mars 1943.

© photographe inconnu / Agence LAPI - Roger-Viollet.

  • 37 Ibid.
  • 38 NARJOUX Félix, Les Écoles publiques en Europe. Conférence de M. Félix Narjoux, architecte de la Vi (...)
  • 39 VAYSSIÈRE Bruno, « Petites singularités et grandes ruptures », in CHÂTELET Anne-Marie, QUERRIEN An (...)

25Au-delà des bains-douches, les équipements des écoles des années 1900 à 1930 que l’on a parfois conservés sont des sources de premier choix pour l’histoire de l’architecture scolaire, mais aussi pour l’histoire urbaine et sociale. Il en est ainsi des lavabos communs que l’on voit encore parfois dans le préau, à proximité de la cantine, où se trouvent souvent des casiers. Alors qu’ils servent de nos jours au lavage des mains avant l’entrée à la cantine – avant que la pandémie de Covid-19 ne soumette les élèves à des protocoles stricts –, ils ont été pensés pour une toilette plus complète ; donnée aujourd’hui complètement oblitérée. Le matin, les élèves enlevaient leurs manteaux, se lavaient le visage et le cou à l’eau et au savon puis se brossaient les dents et enfilaient leur blouse ; opération répétée l’après-midi avant le retour en classe37. En 1877, Narjoux regrettait que ce rituel, observé dans les pays germaniques, ne soit plus introduit en France, faute d’équipements et de volonté38. Les bains-douches des années 1900-1930 sont un témoignage concret d’une forme d’aboutissement dans la définition des missions sociales de l’école républicaine. L’histoire de l’architecture scolaire est un révélateur de premier choix des progrès sociaux. Comme le soulignait Bruno Vayssière, constatant à ce sujet, en 1984, de profondes lacunes, il est essentiel qu’historiens et historiens de l’architecture mutualisent leurs travaux39. L’historiographie des dernières décennies sur le logement a fait la démonstration de cette nécessité, nécessité décuplée par des disciplines qui alimentent notre patrimoine architectural. En effet, ces « vestiges archéologiques » mis au jour à Paris sont non seulement un témoignage précieux pour l’histoire, mais aussi des sources bâties d’une grande richesse à l’esthétique indiscutable, qui participe à l’œuvre totale que constitue l’architecture scolaire des années 1920.

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Notes

1 Commission du Vieux Paris, compte rendu de séance plénière du 27 février 2020, [en ligne], https://cdn.paris.fr/paris/2020/04/15/ac5751141d533244228102bfceed7d49.pdf [lien valide en juillet 2023].

2 CHÂTELET Anne-Marie, Les Écoles primaires à Paris, 1870-1914 : définition et élaboration d’un équipement, thèse de doctorat en art et archéologie, sous la direction de François Loyer, Strasbourg, Université des sciences humaines, 1991.

3 Voir : Ead., Architectures scolaires 1900-1939, Paris, Éditions du Patrimoine, coll. « Carnets d’architecture », 2018 ; Ead. (dir.), Paris à l’école. « Qui a eu cette idée folle… », cat. exp. Paris, Pavillon de l’Arsenal, 29 janvier-9 mai 1993, Paris, Picard, 1993. On notera l’exposition dont elle assuma le commissariat en 1985 pour la Délégation artistique de la Ville de Paris, qui donna lieu à un catalogue riche tant sur l’historiographie du sujet que sur l’état de la recherche à cette date : L’École primaire à Paris, 1870-1914.

4 PHILIPPE Emmanuelle & SERVICE PATRIMOINES ET INVENTAIRE D’ÎLE-DE-FRANCE, Les Bains-douches municipaux de la Ville de Paris – synthèse de l’étude, [en ligne], https://inventaire.iledefrance.fr/dossier/les-bains-douches-municipaux-de-la-ville-de-paris/ff7c337c-d7ce-48ef-aac6-c816f7e7dcd4#refdoc [lien valide en juillet 2023].

5 Commission du Vieux Paris, compte rendu de séance plénière du 4 avril 2021, [en ligne], https://cdn.paris.fr/paris/2021/12/14/4557e591b196dba9e183049fbee6e625.pdf [lien valide en juillet 2023].

6 PARAYRE Séverine, « L’hygiène à l’école aux xviiie et xixe siècles : vers la création d’une éducation à la santé », Recherches & éducations, no 1, 2008, p. 177-193, disponible en ligne, http://journals.openedition.org/rechercheseducatimes [lien valide en juillet 2023].

7 On citera ici un ouvrage pionnier paru en 1877, et signé d’un des architectes-théoriciens de l’école moderne : NARJOUX Félix, Les Écoles publiques en France et en Angleterre : construction et installation, documents officiels, services extérieurs, services intérieurs, salles d’asile, mobilier scolaire, services annexes, Paris, Veuve A. Morel, 1877.

8 PHILIPPE Emmanuelle & SERVICE PATRIMOINES ET INVENTAIRE D’ÎLE-DE-FRANCE, Les Bains-douches municipaux de la Ville de Paris, op. cit.

9 CHEVALLIER Fabienne, Le Paris moderne. Histoire des politiques d’hygiène, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, p. 209. Voir MINISTÈRE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE, Hygiène des écoles primaires et des écoles maternelles, Rapport de M. le docteur Henri Napias, secrétaire général de la Société de médecine publique et d’hygiène professionnelle, Paris, Imprimerie nationale, 1884.

10 FIJALKOW Yankel, La Construction des îlots insalubres. Paris 1850-1945, Paris, L’Harmattan, coll. « Habitat et société », 1998.

11 JUILLERAT Paul, Une institution nécessaire. Le Casier sanitaire des maisons, Paris, J. Rousset, 1906.

12 DUMONT Marie-Jeanne, Le Logement social à Paris 1850-1930. Les habitations à bon marché, Paris, Pierre Mardaga, 1991.

13 Le Journal des débats politiques et littéraires, 7 mars 1893.

14 PHILIPPE Emmanuelle & SERVICE PATRIMOINES ET INVENTAIRE D’ÎLE-DE-FRANCE, Les Bains-douches municipaux de la Ville de Paris, op. cit.

15 Œuvre bordelaise des bains-douches à bon marché : rapport annuel, Bordeaux, Imprimerie J. Durand, neuvième année, 1901.

16 DU MESNIL Octave, Des bains-douches dans les écoles de la ville de Paris : rapport présenté à la Commission d’assainissement et de salubrité de l’habitation de Paris, Paris, Librairie J.-B. Baillière et Fils, 1893.

17 On citera ici son principal ouvrage : DU MESNIL Octave, L’Hygiène à Paris. L’habitation du pauvre, Paris, Librairie J.-B. Baillière, 1890.

18 Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris [désormais BMO], 21 juillet 1895.

19 Ibid.

20 NARJOUX Félix, Les Écoles publiques en France et en Angleterre, op. cit.

21 VAUTHIER J. L., « Une heureuse innovation scolaire – Les Bains-douches de la rue de l’Arbalète », La Clinique infantile. Journal de Médecine de l’Enfance, no 18, vol. 3, 15 septembre 1906, p. 545.

22 DUMONT Marie-Jeanne, Le Logement social à Paris 1850-1930, op. cit.

23 MARREY Bernard, Louis Bonnier (1856-1946), Bruxelles, Paris, Mardaga, IFA, coll. « Architectes », 1995.

24 DUMONT Marie-Jeanne, Le Logement social à Paris 1850-1930, op. cit.

25 Rapport au Conseil municipal au nom de la 4e Sous-commission du budget et du contrôle, sur le projet de budget communal pour 1912, chap. xix, art. 23 (Matériel des écoles primaires), présenté par M. Chausse, conseiller municipal, 1911.

26 Archives de Paris, VM 74 32.

27 Archives de Paris, VM 74 21.

28 LENOBLE Pierre, Les Bains-douches scolaires à l’école primaire, thèse de doctorat en médecine, faculté de médecine de Paris, Paris, Imprimerie de la faculté de Médecine, Jouve & Cie Éditeurs, 1910.

29 Archives de Paris, DM 5 17. Nous remercions Linda Guerry, du laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA) du CNRS, de nous avoir signalé ce document.

30 Archives de Paris, VM 74 30.

31 La Construction moderne, juillet 1926.

32 « Roger Bouvard », notice biographique, base de données Agorha, [en ligne], https://agorha.inha.fr/ark:/54721/ec780212-f758-4d2a-a617-e2855ecfae0a?database=7 [lien valide en juillet 2023].

33 Une biographie a été publiée dans : (référence citée en note 3) CHÂTELET Anne-Marie, QUERRIEN Anne, BOUSQUET Pierre et al., L’École primaire à Paris, 1870-1914, cat. exp., Paris, Délégation artistique de la Ville de Paris, 1985, p. 70-71. Voir aussi « Joseph-Antoine Bouvard », notice biographique, base de données Agorha, [en ligne], https://agorha.inha.fr/ark:/54721/88efaadc-7ab2-4d02-892a-b881c5c3c911?database=7 [lien valide en juillet 2023].

34 SAINTAGNAN Pierre, « Architecture éphémère : les écoles provisoires », in CHÂTELET Anne-Marie, QUERRIEN Anne, BOUSQUET Pierre et al., L’École primaire à Paris 1870-1914, op. cit., p. 53.

35 BMO du 19 août 1945.

36 La Revue municipale : recueil hebdomadaire d’études édilitaires pour la France et l’étranger, octobre 1936.

37 Ibid.

38 NARJOUX Félix, Les Écoles publiques en Europe. Conférence de M. Félix Narjoux, architecte de la Ville de Paris, 6 février 1877, Paris, Imprimerie Ch. Delagrave, série « Conférences de l’Union centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie », 1878.

39 VAYSSIÈRE Bruno, « Petites singularités et grandes ruptures », in CHÂTELET Anne-Marie, QUERRIEN Anne, BOUSQUET Pierre et al., L’École primaire à Paris 1870-1914, op. cit.

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Table des illustrations

Titre Figure 1
Légende Plan du rez-de-chaussée de l’école de l’Arbalète (Paris 5e) réalisé par les architectes Eugène Ullman et Gaston Lefol en 1903. Plan conservé aux Archives de Paris (VM74 32).
Crédits Reproduction Pauline Rossi, 2021.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 393k
Titre Figure 2
Légende L’école du 12, rue d’Alésia (Paris 14e) et l’entrée des bains-douches condamnée, 2020. Photographie conservée au DHAPP.
Crédits © Pascal Saussereau (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 296k
Titre Figure 3
Légende Plan du sous-sol de l’école de la rue d’Alésia (Paris 14e) réalisé par l’architecte A. Guillon en 1924, 2021. Plan conservé aux Archives de Paris (VM74 8).
Crédits © Archives de Paris / Pauline Rossi.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 195k
Titre Figure 4
Légende Couloir central de surveillance de l’école de la rue d’Alésia (Paris 14e), 2020. Photographie conservée au DHAPP.
Crédits © Pascal Saussereau (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 184k
Titre Figure 5
Légende Deux cabines de douche de l’école de la rue d’Alésia (Paris 14e), 2020. Photographie conservée au DHAPP.
Crédits © Pascal Saussereau (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 207k
Titre Figure 6
Légende Douches d’un camp de mineurs dans les années 1920-1930.
Crédits © Fratelli Alinari / Roger-Viollet.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 365k
Titre Figure 7
Légende L’école de la rue Beauregard (Paris 2e) et la porte secondaire de la rue de la Ville-Neuve, 2020. Photographie conservée au DHAPP.
Crédits © Marc Lelièvre (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 233k
Titre Figure 8
Légende Le couloir central de surveillance et les deux colonnes de douches de l’école de la rue Beauregard (Paris 2e), 2007. Photographie conservée au DHAPP.
Crédits © Christian Rapa (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 373k
Titre Figure 9
Légende Détail d’une douche de l’école de la rue Beauregard (Paris 2e), 2007. Photographie conservée au DHAPP.
Crédits © Christian Rapa (département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 214k
Titre Figure 10
Légende Douches dans une école, Paris, mars 1943.
Crédits © photographe inconnu / Agence LAPI - Roger-Viollet.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39250/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Pauline Rossi, « Les bains-douches scolaires », In Situ [En ligne], 51 | 2023, mis en ligne le 05 septembre 2023, consulté le 06 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/insitu/39250 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insitu.39250

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Auteur

Pauline Rossi

Docteur en histoire de l’Art (université Paris-Sorbonne), responsable des archives de la Commission du Vieux Paris, département d’Histoire de l’architecture et Archéologie de la Ville de Paris (DHAAP)
pauline.rossi@paris.fr

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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