Navigation – Plan du site

AccueilNuméros51Architecture et objets de l’hygiè...Les bateaux-lavoirs lavallois ou ...

Architecture et objets de l’hygiène du corps

Les bateaux-lavoirs lavallois ou l’exceptionnelle longévité d’une flotte buandière

Washing Boats at Laval the Exceptional Survival of a Laundry Fleet
Sylvie Garnavault

Résumés

À l’origine étaient les « arrivoirs », espaces aménagés en bord de Mayenne et servant principalement de lavoirs. Sous le Second Empire, la municipalité de Laval entreprend la construction de quais pour protéger et assainir la ville, sujette aux inondations. C’est ainsi qu’apparaissent les premiers bateaux-lavoirs destinés à permettre aux laveuses, professionnelles ou non, d’accéder à la rivière. Élément pittoresque local, mais surtout lieu de travail et de sociabilité pour les « poules d’eau » qui y travaillent durement, la flotte buandière lavalloise compte vingt-trois embarcations à la fin du xixe siècle.
En 1969, l’un des deux derniers bateaux-lavoirs encore à quai cesse son activité en raison de la démocratisation de la machine à laver. Il s’agit du Saint-Julien, bateau à fond plat et double pont construit dans le Maine-et-Loire en 1904. L’étage supérieur servait de buanderie, mais également de logement pour le patron-buandier et sa famille. La cale constituait le lavoir proprement dit et les deux chaudières occupant l’espace central chauffaient l’eau pour les cuves placées au-dessus. Le bateau pouvait accueillir jusqu’à une quarantaine de laveuses.
Depuis leur achat par la Ville, le Saint-Julien et son ancien voisin de quai, le Saint-Yves, ont été classés monuments historiques. Après leur naufrage simultané et leur sauvetage en 2009, le premier a été restauré puis remis à l’eau à son emplacement primitif où il accueille à nouveau des visiteurs. Le second est toujours en attente de restauration.

Uniques en France, le Saint-Julien et le Saint-Yves sont aujourd’hui les derniers témoins d’une activité traditionnelle à jamais disparue.

Haut de page

Texte intégral

En préambule

  • 1 En Mayenne, le terme « lavandière » n’est pas employé.

1Jusqu’à la fin des années 1960, les bateaux-lavoirs ont constitué des éléments pittoresques des bords de la rivière Mayenne à Laval. Ces embarcations, apparues au milieu du xixe siècle, se caractérisent dans la préfecture mayennaise par un renouvellement de leur parc aux alentours de 1900, et par une survivance plus tardive que dans les autres villes françaises, puisque l’activité de l’un d’eux s’est poursuivie jusqu’en 1969. Progressivement réduite à deux unités vers 1975, la flottille lavalloise, devenue propriété municipale, fait l’objet de mesures de protection et de travaux de restauration qui n’ont pourtant pas permis d’éviter son naufrage au printemps 2009. Renfloué et réparé, l’un des deux, le Saint-Julien, a retrouvé son site d’amarrage d’origine en octobre 2013. Lieu de travail, mais aussi de convivialité pour les laveuses1 qui y travaillaient durement, le bateau perpétue ainsi le souvenir d’une activité quotidienne et traditionnelle à jamais disparue [fig. 1].

Figure 1

Figure 1

Les bateaux-lavoirs Saint-Yves et Saint-Julien, 2002, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.

© François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Des « arrivoirs » aux bateaux-lavoirs

  • 2 Bassins publics, souvent couverts, et généralement construits sur les berges d’un petit cours d’ea (...)
  • 3 Selon les villes, les bateaux-lavoirs étaient appelés « bateaux de lavandières », « bateaux de lav (...)
  • 4 FOUGERAT Yves, Bateaux-lavoirs et Lavoirs. La longue et rude épopée des lavandières, s. l., s. n., (...)

2C’est à la fin du xviiie siècle et tout au long du xixe siècle, alors que les villages s’équipent de lavoirs2, que de nombreuses villes françaises traversées par des fleuves ou des rivières se dotent de « bateaux à lessive3 » : Angers, Le Mans, Moulins, Nantes, Orléans, Rennes, Vierzon, etc. À Lyon, Paris et Strasbourg, ce phénomène spécifiquement urbain est plus ancien : des bateaux servant au nettoyage du linge sont en effet mentionnés dès le xviie siècle4. À Laval, il faut attendre les aménagements fluviaux des années 1847-1875 pour assister à l’installation des premiers bateaux-lavoirs. Si plusieurs types d’embarcations se suivent ou coexistent, seul le modèle le plus élaboré à deux niveaux est parvenu jusqu’à nous [fig. 2].

Figure 2

Figure 2

Bateaux-lavoirs de l’ancienne promenade de Changé, J. Sorel éditeur (Rennes), vers 1900. LAVAL. – Le Viaduc sur la Mayenne, carte postale conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.

Reproduction Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Un moyen d’accès à la rivière

  • 5 Voir le dossier IA53000581 établi en 2002 par Nicolas Foisneau, chercheur à l’Inventaire général.

3Sous le Second Empire, la municipalité lavalloise entreprend la construction de quais5 destinés à assainir la ville par l’éradication des inondations et la démolition des vieilles maisons à pans de bois bordant la rive droite de la Mayenne. Ces quais, en empêchant l’accès direct à la rivière, font cependant disparaître les « arrivoirs » aménagés sur la grève pour servir d’abreuvoirs et de lavoirs [fig. 3]. D’où la mise en place d’équipements flottants : les bateaux-lavoirs.

4À partir de 1865, une flottille importante apparaît sous l’impulsion du mouvement hygiéniste ; le développement du port de vêtements en coton, qui nécessitent plus de lavages que ceux en lin, n’y est pas étranger non plus : cette flottille est constituée de 23 bateaux en 1889.

Figure 3

Figure 3

Un « arrivoir » de la rive gauche de la Mayenne, huile sur toile de Jean-Baptiste Messager, 1865, œuvre conservée au service des musées de la Ville de Laval.

Reproduction François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Une variété de modèles

  • 6 Malgré nos recherches, aucun plan ou maquette de bateau-lavoir n’a été retrouvé.
  • 7 Eau-de-vie de cidre ou de poiré.
  • 8 Voir le dossier IA53000657 établi en 2003 par Sylvie Garnavault, chargée d’études à l’Inventaire g (...)

5À partir de 1848, trois types de bateaux se succèdent ou coexistent : simples barques de lavage et de rinçage d’origine locale inspirées de celles utilisées par les teinturiers de la ville pour rincer les tissus colorés, petits bateaux à un seul niveau, de même provenance et souvent accompagnés d’une buanderie sur rive, puis, vers 1865, grandes embarcations à deux ponts comme le Saint-Julien et le Saint-Yves. Si les bateaux dépourvus d’étage sont construits à Laval (chez le charpentier en bateaux Jacques Rousseau, établi dans le quartier périphérique d’Avesnières notamment), les coques des unités de la dernière génération sont élaborées dans le Maine-et-Loire, à Juvardeil, Montjean-sur-Loire ou dans le quartier de Reculée à Angers qui regroupe alors plusieurs constructeurs parmi lesquels Pierre Vallée et fils. Les techniques de fabrication des barges ne sont malheureusement pas documentées. Elles semblent être fabriquées de manière empirique, sans plan, sur le modèle des bateaux à fond plat naviguant sur la Loire6. Les cales sont ensuite acheminées jusqu’à Laval par la rivière canalisée en empruntant les écluses récemment construites. L’installation des superstructures et leur aménagement intérieur se font cependant sur place par des artisans locaux. Avant tout lieux de travail, les bateaux à deux niveaux servent également de logements. Sur certaines embarcations, ces espaces d’habitation sont matérialisés par un ou deux pavillons légèrement surélevés. L’aspect extérieur plus soigné de ces bateaux facilite ainsi leur insertion dans le paysage urbain. Certains bateaux-lavoirs font aussi débit de boissons et y servent, en hiver, des « diables », des cafés mélangés à du « calvados7 » ! À partir de 1903 et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, l’entretien des coques et le montage des superstructures sont assurés par le chantier Chaussivert8 nouvellement fondé [fig. 4]. Celui-ci aurait même construit deux bateaux : un à un seul pont, amarré rive gauche, en amont du viaduc, et un deuxième à étage, installé plus au sud, sur la même rive.

Figure 4

Figure 4

Le chantier de constructions navales Chaussivert en 2003, photographie conservée au Service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.

© François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Des mises en place codifiées

  • 9 Archives départementales de la Mayenne, série E dépôt 96/125, 1370, 2416, 2549.
  • 10 Paroi verticale des quais.
  • 11 L’implantation de blanchisseurs, de teinturiers et d’industriels du textile, remonte au xviiisiè (...)
  • 12 Les filatures de Bootz, l’usine du Bas-des-Bois et l’usine Notre-Dame-d’Avesnières.

6Pour des raisons de sécurité, d’hygiène mais aussi de cadre de vie, l’installation des bateaux-lavoirs est très réglementée. Entrant dans la catégorie des « établissements dangereux, insalubres et incommodes », leur mise à l’eau est soumise à autorisation délivrée, après enquête publique, par la préfecture. En contrepartie, les buandiers doivent verser un droit de stationnement à la municipalité9. Pour ne pas entraver la navigation fluviale, les exploitants, propriétaires ou locataires, doivent également respecter des règles d’amarrage très précises : ainsi, le bord du bateau ne doit pas être distant de plus de 2 m du perré10. Ceci est rendu possible grâce aux « écoires », des longues perches en bois destinées à maintenir l’écartement. C’est également pour des raisons de sécurité que l’établissement de bateaux à proximité des trois cales ou ports de la ville est interdit. Par contre, leur stationnement entre le Pont-Neuf et le Pont-Vieux n’est pas autorisé, pour des raisons esthétiques : les autorités locales estiment en effet que leur installation dans le centre-ville déparerait l’environnement urbain. Enfin, aucun amarrage n’est admis auprès des prises d’eau. C’est donc le long de la promenade de Changé (actuel quai Gambetta) et en bordure du quai Paul-Boudet, quartier de vieille tradition textile11, que les bateaux-lavoirs se concentrent. Il y en a également à la périphérie de la ville, c’est-à-dire dans les quartiers de Bootz et d’Avesnières, deux zones qui accueillent l’abattoir municipal, les filatures et les usines de tissage12. Ces bateaux sont dépourvus de superstructure et accueillent une clientèle plus humble, principalement composée d’ouvrières. Il existe en effet une géographie sociale des bateaux-lavoirs [fig. 5].

Figure 5

Figure 5

Deux bateaux de lavage et de rinçage dans le quartier industriel de Bootz au début du xxe siècle, J. Sorel éditeur, Rennes. LAVAL (Mayenne). – Vue sur Bootz, prise du Viaduc, carte postale conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.

Reproduction Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Un nouveau procédé de lessivage

  • 13 Poteaux destinés à soutenir le pont d’un bateau.
  • 14 Pièces de linge sale attachées par les coins.
  • 15 Cela pouvait également être une vieille bobine de fil ou un sou percé.
  • 16 Malgré les interdictions officielles, tous les bateaux-lavoirs étaient équipés de cabinets d’aisan (...)

7Construit en 1904 pour le buandier Alphonse Fouquet, dont il porte alors le nom, le Saint-Julien est un bateau-lavoir à superstructure de 28 m de long pour 5,10 m de large. Il est constitué d’une coque à fond plat en chêne, d’un étage en pin et pitchpin posé sur des épontilles13 et d’un toit faiblement pentu à couverture en zinc et frises décoratives sur les rebords. Les noms du commanditaire et de son successeur sont peints en lettres végétalisées de style Art nouveau sur trois façades. La cale, avec sa vingtaine de planches à laver, est toujours équipée des deux chaudières à vapeur encastrées dans des cubes de briques. Formées d’un foyer, d’un cendrier et d’un chaudron, celles-ci alimentent en eau chaude les cuves en cuivre de 4 m3 placées au-dessus et dans lesquelles les « couplées14 », dotées d’un médaillon en métal percé d’un numéro15, sont mises à bouillir [fig. 6]. Ce dispositif correspond au système de lessivage inventé par René Duvoir en 1837, à savoir le « coulage par affusion à la vapeur ». Celui-ci nécessite une installation à étage afin que l’eau chaude provenant des chaudières s’élève jusqu’aux cuviers au moyen d’un tuyau et arrose le linge grâce à un tourniquet percé. Une fois refroidie, la lessive descend dans la chaudière par un autre conduit, le « tuau » partant du fond du cuvier, et est réchauffée. Un nouveau cycle de lavage commence alors. Le pont inférieur est toujours équipé d’une essoreuse-centrifugeuse qui, avant sa motorisation électrique, était actionnée à la main. S’y trouve également un cabinet d’aisances abritant une chaise percée16. Si l’atmosphère de cet espace est aujourd’hui très aseptisée, il faut l’imaginer encombré de seaux, de bassines, de baquets, de tables et de tréteaux, résonnant des voix des laveuses et du bruit des coups de battoir, saturé des vapeurs de lessive mêlées à la fumée des chaudières et aux effluves vaseux de la rivière. En plus de la buanderie-blanchisserie, la superstructure accueille le logement du « patron » et de sa famille. Réparti aux extrémités, celui-ci se compose, en amont, d’une grande chambre pouvant également servir de séchoir, et en aval, d’une petite cuisine, d’un salon et d’une seconde chambre équipée d’une cheminée purement ornementale. Côté rivière, les pièces de vie sont éclairées par des portes-fenêtres ouvrant sur de petits balcons. Aux beaux jours, ceux-ci sont fréquemment fleuris, tout comme les garde-corps ouvragés des fenêtres et les auvents protégeant les planches à laver. Ces aménagements témoignent d’une certaine recherche de bien-être malgré l’extrême modestie de ces habitations flottantes.

Figure 6

Figure 6

La buanderie du bateau-lavoir Saint-Julien avec ses cuves à bouillir le linge et à « lessi », 2019, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.

© Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

De l’outil de travail au bien patrimonial17 

  • 17 FOURÉ Céline, Le Bateau-lavoir Saint-Julien ou comment l’anodin devient-il patrimoine, mémoire de (...)

8Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les bateaux sont très fréquentés et contribuent à l’animation des quais. Chacun pouvant accueillir jusqu’à quarante laveuses, ils constituent une véritable industrie faisant vivre, modestement, une main-d’œuvre importante et principalement féminine. Quand, à la fin des années 1960, le Saint-Julien et le Saint-Yves mettent fin à leur activité de blanchisserie-buanderie, ils échappent de peu à leur démantèlement comme leurs voisins de quai, le Saint-Joseph et le bateau Guyard [fig. 7]. Si ces derniers prennent le tournant de la modernité en se convertissant, pour quelques années seulement, en laveries automatiques, les deux premiers sont finalement acquis par la Ville de Laval qui, ayant pris conscience de leur valeur patrimoniale, transforme l’un d’eux en musée de site.

Figure 7

Figure 7

Quatre bateaux à étage du quai Paul-Boudet vers 1915. LAVAL. – La Mayenne et vue sur Avesnières prise du Donjon du Château, carte postale conservée aux musées de la Ville de Laval.

Reproduction Sylvie Garnavault.

Un lieu de labeur et de sociabilité

  • 18 Petite caisse en bois à trois côtés servant d’agenouilloir.
  • 19 Ou « essangeage », c’est-à-dire prélavage ou lavage à l’eau froide pour enlever le plus gros de la (...)

9Trois catégories de femmes fréquentent les bateaux-lavoirs et quasiment toutes emploient les termes vernaculaires de la buanderie-blanchisserie utilisés en Mayenne depuis le xviiie siècle. Ainsi, les simples ménagères se rendent sur les bateaux, parfois très tôt le matin, c’est-à-dire avant « l’embauche » pour celles travaillant dans les usines, afin de laver le linge familial. Elles y côtoient des laveuses dont c’est le métier, les employées des buandiers qui se chargent de la lessive des hôtels, des pensionnats ou des casernes, ainsi que des professionnelles installées à leur compte [fig. 8]. Les femmes ont libre accès aux planches à laver disposées au ras de l’eau. Agenouillées dans leur « carrosse18 » tapissé de paille ou d’un coussin, et munies d’un battoir ou d’une brosse en chiendent [fig. 9], elles procèdent à « l’échangeage19 », au lavage et au rinçage des vêtements qui seront mis à égoutter sur des égouttoirs ou des tréteaux. En revanche, si elles souhaitent faire bouillir leur linge ou l’essorer au moyen de l’essoreuse, c’est contre paiement d’une somme proportionnelle au nombre de pièces traitées : petites, moyennes ou grandes « couplées ». Comme rien ne se perd, la dernière eau de lavage, « le lessi », est stockée dans une cuve où elle est réchauffée et vendue pour prélaver ou laver le linge qui déteint comme les bleus de travail. Les bateaux-lavoirs sont des lieux très animés où, malgré la pénibilité du travail, surtout l’hiver, les femmes aiment se retrouver, mais où naissent aussi des conflits entre « poules d’eau », surnom donné à celles qui « allaient aux bateaux ».

Figure 8

Figure 8

Un groupe de laveuses, photographe inconnu, vers 1900, photographie conservée au service des musées de la Ville de Laval.

Reproduction François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Figure 9

Figure 9

Un carrosse et un battoir à linge, 2019, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.

© Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Une semaine à bord20

  • 20 DESPREZ Laurent, Les Derniers Bateaux-lavoirs, Paris, Office national de radiodiffusion télévision (...)
  • 21 Bleu de méthylène, produit servant à blanchir le linge jauni.
  • 22 Action consistant à faire passer de l’eau chaude ou bouillante à travers le linge.
  • 23 Affusions.
  • 24 Colmatage par l’intérieur.

10Un cérémonial précis rythme la « buée », la lessive, sur les bateaux. Le gros de la clientèle s’y rend le lundi matin avec le linge sale parfois transporté dans une brouette ou une charrette à bras. Jusqu’au mercredi, le buandier se charge de faire bouillir la lessive. Pour cela, il entasse les torchons, les draps et le linge de corps dans les cuviers en prenant soin de mettre les pièces les plus sales au fond. Les laveuses ont préalablement séparé le petit linge du gros, le blanc de la couleur et parmi cette dernière, celle qui déteint de celle qui ne déteint pas. Elles ont ensuite procédé au trempage des tissus puis ont confectionné les « couplées » destinées à bouillir en commun, d’abord avec de la cendre, des cristaux de soude voire de la potasse et, plus récemment, avec du savon de Marseille, de la poudre à laver et parfois des « boules de bleu21 ». Le « coulage22 » peut ensuite commencer : le « patron » active les chaudières en bourrant les foyers de briquettes de charbon [fig. 10]. Quinze à seize « vouillées23 » d’une durée totale de huit heures, sont souvent nécessaires pour un bon nettoyage. Enfin, à l’aube, quand la lessive a fini de bouillir et que l’eau a refroidi, il la retire des cuviers, la place sur les bancs latéraux puis la classe par couplées afin qu’elle soit rincée. À partir du jeudi, les bateaux-lavoirs sont moins fréquentés. Les laveuses professionnelles se consacrent alors aux travaux de blanchisserie, c’est-à-dire au ramassage et au pliage du linge, et à la mise en paquets et aux livraisons. La semaine s’achève pour l’exploitant par l’entretien et la préparation du bateau pour le lundi suivant. En effet, en plus de ses fonctions de buandier, celui-ci exerce des tâches relevant de la batellerie et nécessitant une vigilance de tous les instants : réglage des écoires et des câbles d’amarrage en fonction de la variation du niveau de la rivière, écopage et palatrage24, avec de la mousse le plus souvent, en cas de voie d’eau, etc.

Figure 10

Figure 10

La cale du bateau-lavoir Saint-Julien avec son essoreuse et ses deux chaudières à vapeur, 2019, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.

© Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Une activité condamnée par la modernité

  • 25 À Laval, les bateaux portaient le nom de leur exploitant : le Saint-Julien eut d’abord pour nom Ba (...)

11Dans les années 1960, l’arrivée de la machine à laver et la volonté des préfets de supprimer ces établissements mettent en péril l’existence des bateaux-lavoirs. En raison de l’interdiction de nouvelles installations, des destructions commandées et des nombreuses pertes occasionnées par les crues de la rivière parmi lesquelles le Saint-Joseph et le bateau Guyard (voir supra), le Saint-Julien et le Saint-Yves deviennent, en 1975, les seuls vestiges de la grande flotte buandière de la fin du xixe siècle. Le Saint-Julien qui, en 1933, est vendu à Joseph Poirier et sa femme, poursuit même son activité jusqu’en 1969, année de décès du buandier. L’arrivée tardive de l’eau courante à Laval explique notamment cette longévité. L’autorisation de stationnement du bateau ayant été délivrée en 1936 pour une période indéterminée, elle devient caduque à la mort de Joseph Poirier et la destruction de l’embarcation est exigée. Un comité de sauvegarde, à l’initiative de Jean Cuisenier et André Desvallées, directeur et conservateur du musée national des Arts et Traditions populaires (Paris), est alors créé. Son principal membre, Jacques de La Garde, ancien marinier et animateur de nombreuses associations de protection de « monuments d’art populaire » conseille de conserver le bateau-lavoir à son emplacement d’origine et de l’ouvrir à la visite. Après quelques hésitations, la Ville de Laval accepte le don du bateau qui est renommé Saint-Julien25, du nom de l’hôpital situé à proximité. En 1977, il est rendu accessible au public. Cinq ans plus tard, le statut de musée lui est accordé et en 1993, il est classé monument historique au titre des objets. En 1997, sa muséographie est renouvelée, et en 2003, il obtient l’appellation « Musée de France », ultime reconnaissance pour cet objet certes modeste par son architecture et sa fonction, mais désormais sans équivalent. Le Saint-Yves, deuxième bateau sauvé des eaux en 2009, date de 1908 et fut exploité par la famille Bazillier jusqu’au milieu des années 1960. De mêmes dimensions que son voisin de quai, il se différencie cependant par la présence à ses extrémités de pavillons correspondant aux espaces d’habitation [fig. 11]. En 1965, à la fin de son exploitation comme buanderie-blanchisserie, il est vendu et transformé en foyer de jeunes travailleurs. Cette reconversion modifie lourdement les plans d’origine du bateau : l’intérieur est totalement transformé et le mobilier de buanderie supprimé. En 1982, il est acheté par la Ville de Laval qui le convertit en une base nautique sous le nom de Port-Saint-Yves. En 1993, il fait également l’objet d’une protection au titre des monuments historiques, et cinq années plus tard, sa coque est entièrement refaite par le chantier malouin L’Étoile Marine.

Figure 11

Figure 11

Le bateau-lavoir Saint-Yves en 2002, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.

© Dominique Éraud.

De l’ouverture au public aux nouveaux enjeux de médiation

12Désireuse de transmettre l’histoire de ses bateaux-lavoirs et des diverses pratiques qui y étaient liées, la Ville de Laval n’hésite pas à entreprendre une série de lourds travaux destinés à maintenir à flot l’un de ses deux derniers représentants [fig. 12] et à permettre son accessibilité physique et culturelle à tous.

Figure 12

Figure 12

La restauration « à sec » du bateau-lavoir Saint-Julien en 2013, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.

© Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).

Les premiers aménagements

13La volonté d’assurer sa conservation à long terme conduit rapidement la Ville de Laval à entreprendre des restaurations sur le Saint-Julien qui, contrairement au Saint-Yves, n’a jamais été remanié et a conservé son matériel de buanderie. La principale difficulté réside alors dans le maintien à flot d’un ouvrage ayant initialement une durée de vie limitée et bénéficiant d’un entretien journalier. Les premiers travaux ont lieu dans la perspective d’ouverture au public du bateau. Ils se déroulent de 1976 à 1977 et aboutissent notamment à la réfection de la toiture et des planchers. L’ensemble des peintures, y compris celle de la barge, sont également reprises et une passerelle de secours est réalisée. En 1994, une nouvelle coque est construite et en 1997 l’étage fait l’objet de nouveaux travaux qui seront reconduits en 2000. Toutes ces interventions n’empêchent cependant pas le Saint-Julien d’être victime de voies d’eau avec son compagnon de quai, le Saint-Yves [fig. 13 et 14].

Figure 13

Figure 13

Le sauvetage du bateau-lavoir Saint-Julien au printemps 2009, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.

© Dominique Éraud.

Figure 14

Figure 14

Le sauvetage du bateau-lavoir Saint-Yves au printemps 2009, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.

© Dominique Éraud.

Une restauration dans les règles de l’art

  • 26 Structures destinées à entretenir ou réparer la coque d’un bateau.

14Après leur sauvetage et dans l’attente de leur remise en état, les deux bateaux-lavoirs sont entreposés sur un terrain municipal. En 2011, la Ville charge le cabinet d’architecture navale Seine Design d’établir un diagnostic sanitaire du Saint-Julien puis de conduire sa restauration. Selon les conclusions de l’étude et conformément aux prescriptions de la conservation régionale des monuments historiques des Pays de la Loire, il est décidé de restaurer le bateau de manière à lui redonner son aspect le plus proche de son état d’origine. Malgré l’absence de plans de référence, la cale est refaite quasiment à l’identique au moyen de techniques traditionnelles par le chantier brestois du Guip et la superstructure rénovée dans le respect de son authenticité historique. Un nouveau système d’amarrage ne fragilisant pas l’architecture du bateau et ne nécessitant pas d’intervention humaine est posé. Des passerelles métalliques s’adaptant aux variations de hauteur de la Mayenne sont également réalisées. Parallèlement à ces travaux, deux grils de radoubage26 sont posés au fond de la rivière. C’est finalement à l’issue d’une remise à l’eau spectaculaire [fig. 15] que, le 13 octobre 2013, le Saint-Julien retrouve son emplacement historique en aval du Vieux-Pont. Le Saint-Yves, qui a fait l’objet d’un diagnostic sanitaire, est toujours en attente de restauration et de reconversion.

Figure 15

Figure 15

La remise à l’eau du bateau-lavoir Saint-Julien le 13 octobre 2013, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.

© Monique Fleury.

Un musée de site pour tous

  • 27 Service Patrimoine de la région Pays de Loire, Visite virtuelle du bateau-lavoir Saint-Julien, [en (...)
  • 28 Loi no 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et l (...)
  • 29 FAcile à Lire et à Comprendre.

15La réouverture aux visiteurs du Saint-Julien s’est accompagnée de la création d’un nouveau parcours muséographique incluant la mise en place de QR Code diffusant de courtes vidéos et de l’installation d’une borne interactive offrant historique, restitutions en image de synthèse, et visites virtuelles27. Ce dispositif vient d’abord compléter les modes traditionnels de médiation : panneaux d’interprétation, cartels, films d’époque et visites commentées. En tant que mesure compensatoire, il est surtout destiné à permettre l’accessibilité culturelle du bateau aux personnes à mobilité réduite, qui ne peuvent descendre dans la cale. C’est également en vertu de la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances28 qu’une maquette tactile avec des légendes en braille est réalisée, que des supports en français FALC29 sont rédigés et que des loupes de lecture sont mises en libre-service. L’obtention de la marque « Tourisme et handicap » sera l’étape ultime dans l’accès universel du bateau-lavoir.

  • 30 TRIVIÈRE François-Xavier, Au carrefour des eaux. Bateaux-lavoirs et usages de la rivière, Laval, m (...)
  • 31 À Nantes, un bateau-lavoir totalement remanié flotterait encore sur l’Erdre.

16Le sauvetage périlleux du Saint-Yves et du Saint-Julien, suivi quelques années plus tard de la remise à l’eau de ce dernier, a suscité un regain d’intérêt des Lavallois pour leurs bateaux-lavoirs. En effet, ceux-ci ont longtemps été objets de dédain en raison de leur extrême vétusté, mais aussi à cause de leur activité touchant à l’hygiène corporelle et donc jugée dégradante. Aujourd’hui, les habitants y sont très attachés et un collectif de sauvegarde du Saint-Yves a été créé. De même, il est fréquent de croiser sur le Saint-Julien des visiteurs heureux de partager leurs souvenirs d’anciens usagers ou de laveuses ! Ces témoignages, très précieux pour la mémoire collective de la ville, seront collectés afin de pérenniser celle-ci. Ils viendront également compléter les récits recueillis par François-Xavier Trivière en 1996 et rassemblés dans son ouvrage Au carrefour des eaux. Bateaux-lavoirs et usages de la rivière30. Objets emblématiques des rives de la Mayenne, le Saint-Julien et le Saint-Yves sont désormais les deux derniers témoins31 d’un phénomène purement urbain et d’une activité traditionnelle révolue. Ils constituent en cela un patrimoine unique en France, voire en Europe.

Haut de page

Notes

1 En Mayenne, le terme « lavandière » n’est pas employé.

2 Bassins publics, souvent couverts, et généralement construits sur les berges d’un petit cours d’eau. Certains sont alimentés en eau par une source et d’autres sont dits « à ascenseur » car pourvus d’une crémaillère permettant au plancher et à ses planches à laver de s’adapter aux variations de hauteur de la rivière ou du ruisseau.

3 Selon les villes, les bateaux-lavoirs étaient appelés « bateaux de lavandières », « bateaux de laveuses », « bateaux à laver » ou « plattes ».

4 FOUGERAT Yves, Bateaux-lavoirs et Lavoirs. La longue et rude épopée des lavandières, s. l., s. n., 2014, p. 4-54.

5 Voir le dossier IA53000581 établi en 2002 par Nicolas Foisneau, chercheur à l’Inventaire général.

6 Malgré nos recherches, aucun plan ou maquette de bateau-lavoir n’a été retrouvé.

7 Eau-de-vie de cidre ou de poiré.

8 Voir le dossier IA53000657 établi en 2003 par Sylvie Garnavault, chargée d’études à l’Inventaire général, Pays de la Loire.

9 Archives départementales de la Mayenne, série E dépôt 96/125, 1370, 2416, 2549.

10 Paroi verticale des quais.

11 L’implantation de blanchisseurs, de teinturiers et d’industriels du textile, remonte au xviiisiècle.

12 Les filatures de Bootz, l’usine du Bas-des-Bois et l’usine Notre-Dame-d’Avesnières.

13 Poteaux destinés à soutenir le pont d’un bateau.

14 Pièces de linge sale attachées par les coins.

15 Cela pouvait également être une vieille bobine de fil ou un sou percé.

16 Malgré les interdictions officielles, tous les bateaux-lavoirs étaient équipés de cabinets d’aisances.

17 FOURÉ Céline, Le Bateau-lavoir Saint-Julien ou comment l’anodin devient-il patrimoine, mémoire de master 1, Histoire des arts, Rennes, université Rennes II, 2014.

18 Petite caisse en bois à trois côtés servant d’agenouilloir.

19 Ou « essangeage », c’est-à-dire prélavage ou lavage à l’eau froide pour enlever le plus gros de la saleté.

20 DESPREZ Laurent, Les Derniers Bateaux-lavoirs, Paris, Office national de radiodiffusion télévision française, 1970 [en ligne], https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf93053098/les-derniers-bateaux-lavoirs [lien valide en septembre 2023].

21 Bleu de méthylène, produit servant à blanchir le linge jauni.

22 Action consistant à faire passer de l’eau chaude ou bouillante à travers le linge.

23 Affusions.

24 Colmatage par l’intérieur.

25 À Laval, les bateaux portaient le nom de leur exploitant : le Saint-Julien eut d’abord pour nom Bateau Fouquet.

26 Structures destinées à entretenir ou réparer la coque d’un bateau.

27 Service Patrimoine de la région Pays de Loire, Visite virtuelle du bateau-lavoir Saint-Julien, [en ligne] https://www.patrimoine.paysdelaloire.fr/fileadmin/Visite_360/Bateaux_lavoirs [lien valide en septembre 2023].

28 Loi no 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

29 FAcile à Lire et à Comprendre.

30 TRIVIÈRE François-Xavier, Au carrefour des eaux. Bateaux-lavoirs et usages de la rivière, Laval, musées de Laval, Siloë, 1996, p. 145.

31 À Nantes, un bateau-lavoir totalement remanié flotterait encore sur l’Erdre.

Haut de page

Table des illustrations

Titre Figure 1
Légende Les bateaux-lavoirs Saint-Yves et Saint-Julien, 2002, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 254k
Titre Figure 2
Légende Bateaux-lavoirs de l’ancienne promenade de Changé, J. Sorel éditeur (Rennes), vers 1900. LAVAL. – Le Viaduc sur la Mayenne, carte postale conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.
Crédits Reproduction Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 260k
Titre Figure 3
Légende Un « arrivoir » de la rive gauche de la Mayenne, huile sur toile de Jean-Baptiste Messager, 1865, œuvre conservée au service des musées de la Ville de Laval.
Crédits Reproduction François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 273k
Titre Figure 4
Légende Le chantier de constructions navales Chaussivert en 2003, photographie conservée au Service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.
Crédits © François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 258k
Titre Figure 5
Légende Deux bateaux de lavage et de rinçage dans le quartier industriel de Bootz au début du xxe siècle, J. Sorel éditeur, Rennes. LAVAL (Mayenne). – Vue sur Bootz, prise du Viaduc, carte postale conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 249k
Titre Figure 6
Légende La buanderie du bateau-lavoir Saint-Julien avec ses cuves à bouillir le linge et à « lessi », 2019, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.
Crédits © Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 249k
Titre Figure 7
Légende Quatre bateaux à étage du quai Paul-Boudet vers 1915. LAVAL. – La Mayenne et vue sur Avesnières prise du Donjon du Château, carte postale conservée aux musées de la Ville de Laval.
Crédits Reproduction Sylvie Garnavault.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 203k
Titre Figure 8
Légende Un groupe de laveuses, photographe inconnu, vers 1900, photographie conservée au service des musées de la Ville de Laval.
Crédits Reproduction François Lasa (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 106k
Titre Figure 9
Légende Un carrosse et un battoir à linge, 2019, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.
Crédits © Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 193k
Titre Figure 10
Légende La cale du bateau-lavoir Saint-Julien avec son essoreuse et ses deux chaudières à vapeur, 2019, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.
Crédits © Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 309k
Titre Figure 11
Légende Le bateau-lavoir Saint-Yves en 2002, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.
Crédits © Dominique Éraud.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 332k
Titre Figure 12
Légende La restauration « à sec » du bateau-lavoir Saint-Julien en 2013, photographie conservée à l’Inventaire général de la Région des Pays de la Loire.
Crédits © Yves Guillotin (Inventaire général de la Région des Pays de la Loire).
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 310k
Titre Figure 13
Légende Le sauvetage du bateau-lavoir Saint-Julien au printemps 2009, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.
Crédits © Dominique Éraud.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 316k
Titre Figure 14
Légende Le sauvetage du bateau-lavoir Saint-Yves au printemps 2009, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.
Crédits © Dominique Éraud.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 262k
Titre Figure 15
Légende La remise à l’eau du bateau-lavoir Saint-Julien le 13 octobre 2013, photographie conservée au service Archéologie et Inventaire général de la Ville de Laval.
Crédits © Monique Fleury.
URL http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39659/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 151k
Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Sylvie Garnavault, « Les bateaux-lavoirs lavallois ou l’exceptionnelle longévité d’une flotte buandière »In Situ [En ligne], 51 | 2023, mis en ligne le 18 septembre 2023, consulté le 12 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/insitu/39659 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insitu.39659

Haut de page

Auteur

Sylvie Garnavault

Chargée d’études à l’Inventaire général, Pays de la Loire, Ville de Laval
sylvie.garnavault@laval.fr

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search