Des eaux jaillissantes aux rejets d’immondices
Résumés
Du captage des sources jusqu’aux exhaures vers la Vienne en passant par les fontaines, se déploie à Limoges un vaste réseau souterrain qui accompagne l’expansion de la ville depuis l’Antiquité et en démultiplie les ramifications au cours des époques modernes et médiévales. Outre son étendue, ce réseau se démarque par une riche documentation qui invite à en restituer les contours : données réglementaires issues des archives consulaires, sources iconographiques et cartographiques de l’époque moderne, mais aussi des analyses archéologiques menées par l’association ArchéA sur les souterrains de Limoges. La confrontation de ces différentes sources éclaire la problématique de l’hygiène dans la ville médiévale et moderne en renseignant la matérialité des infrastructures publiques – aqueducs, fontaines et exhaures – tout comme l’hygiène privée à partir d’exemples de dispositifs découverts dans les immeubles anciens de Limoges.
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Mots-clés :
architecture médiévale, architecture moderne, fontaines, aqueduc, cave, latrines, LimogesKeywords:
medieval architecture, modern architecture, fountains, aqueduct, cellar, latrines, LimogesPlan
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Et parmi les divers éloges
Qu’on donnait pour lors à Limoges
On parlait de sa propreté
On parlait de sa netteté
De ses étangs, de sa fontaine.
- 1 Cité par LEVET Jean, À la découverte du Limoges ancien. Les fontaines, Limoges, Association Renais (...)
- 2 BARRIÈRE Bernadette, « Limoges », in HIGOUNET Charles, MARQUETTE Jean-Bernard & WOLFF Philippe (di (...)
- 3 Recherches menées par l’association ArchéA (Limoges).
- 4 LEVET Jean, op. cit. ; TOUCHART Laurent, « La fontaine du Père Peigne à Limoges », in BARTOUT Pasc (...)
1Ainsi s’exprime en vers une requête adressée à l’Intendant de la généralité de Limoges Meulan d’Ablois, en 1786, pour le rétablissement de la fontaine d’Aygoulène1. Si l’hyperbole est évidente, la ville de Limoges peut se targuer de disposer d’infrastructures d’eau potable et d’assainissement depuis l’Antiquité. Fondée à l’emplacement d’un franchissement de la Vienne, la ville de Limoges connaît un développement rapide avant un repli sur la Cité, élevée au rang de siège épiscopal à partir du ve siècle. Lors des siècles suivants, elle est concurrencée par le développement de l’abbaye Saint-Martial, qui rivalise également avec le vicomte, établi sur une motte en contrehaut de l’abbaye. La prospérité de la ville engendre rapidement une bourgeoisie, qui arrache au vicomte l’essentiel de ses prérogatives pour se constituer en commune, incarnée par un consulat dès le xiie siècle. Une enceinte de trente-deux hectares réunit alors les territoires du château et de l’abbaye, formant la Ville, face à la Cité, également enclose2 [fig. 1]. Cette disposition perdure à l’époque moderne, jusqu’à ce que l’activisme des intendants de la généralité de Limoges au xviiie siècle, et parmi eux, Turgot, amorce l’urbanisation de l’entre-deux villes. Limoges bénéficie dès l’origine d’un important réseau d’adduction d’eau en raison d’un contexte géologique et topographique particulièrement propice à ce type d’infrastructures. Les roches métamorphiques qui caractérisent sa géologie favorisent par leur imperméabilité la présence d’eaux souterraines, captées et conduites par des aqueducs aisément creusés dans le substrat. La topographie est également déterminante, puisque Limoges se développe sur un versant de la vallée de la Vienne que dévalent eaux pluviales et sources nées sur les plateaux pour aboutir dans la Vienne. Si l’exploitation de cette hydrographie naturelle n’étonne guère pour l’Antiquité, tant les usages urbains sont alors dispendieux en eau, son maintien au cours de la période médiévale est remarquable, de même que son développement à l’époque moderne, afin de servir une salubrité urbaine qui anticipe largement les transformations des villes françaises à l’époque contemporaine. En témoigne une riche documentation : données réglementaires issues des archives consulaires, sources iconographiques et cartographiques de l’époque moderne, mais également archéologiques, à partir de fouilles et de prospections menées dans les substructions de Limoges3. Si l’historiographie locale n’ignore pas l’ampleur de ces infrastructures hydrauliques, son approche reste essentiellement patrimoniale4. Amorcées à partir de l’esquisse des flux d’eaux souterraines, nos investigations concernant le patrimoine de l’hygiène permettent d’aborder la question de l’eau potable et de ses ouvrages, mais également de l’évacuation des déchets urbains, y compris ceux d’origine humaine.
Figure 1
Le château et la Cité de Limoges sous l’Ancien Régime – localisation des fontaines. Fond de plan : plans d’alignement de Limoges, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1768, complété par le cadastre de 1812 et conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (C 4431 et Fi 56 et 57).
© Laure Leroux, 2022.
L’alimentation en eau potable
Les adductions
- 5 VERGNE Pierre, « Note sur les anciens aqueducs découverts aux environs de Limoges », Bulletin de l (...)
- 6 Sa source est localisée à Corgnac, à 2 km à l’ouest du cœur de ville. Localisation parfaitement co (...)
- 7 Grégoire de Tours, De gloria martyrum, chap. XV, cité par LEVET Jean, op. cit., p. 13.
- 8 Archives départementales de la Haute-Vienne (ADHV), D 258 ; Registres consulaires…, op. cit., t. I (...)
- 9 CHABANEAU Camille, « Mémorial du Consulat », Revue des langues romanes, t. VIII, 1895, p. 75.
- 10 LEROUX Laure, CONTE Patrice, BALBO Éric & GRANY Jean-Claude, « Les eaux souterraines de Limoges : (...)
2Dès ses premiers siècles d’existence, Limoges bénéficie des apports en eau de deux aqueducs collecteurs : les aqueducs d’Aygoulène et de Beaubreuil. Découvert et documenté dans les années 1870, ce dernier aurait été abandonné dès le Bas-Empire5. L’aqueduc d’Aygoulène, en revanche, que joignait l’aqueduc de Beaubreuil en contrehaut de la ville6, se caractérise par sa remarquable longévité, puisqu’il fut maintenu en usage, non sans d’incessantes réfections, jusqu’à la période contemporaine. Accompagnant l’urbanisation romaine, cet aqueduc perdure malgré le déclin de l’agglomération, et devient une fontaine utilisée pour l’industrie et les cultures que célèbre Grégoire de Tours au vie siècle7. Si la fontaine d’Aygoulène constitue la plus ancienne fontaine publique nommée dans la documentation historique8, la ville disposait sans doute précocement d’autres fontaines puisque les coutumes de 1212 inscrivent dans les serments de consuls l’obligation de préserver et de réparer « las fontas9 ». Sont attestées par la documentation historique subsistante la fontaine des Barres, citée en 1381, la fontaine de Constantin ou du Chevalet, mentionnée en 1425, et la fontaine Saint-Pierre-du-Queyroix, dont l’évocation tardive, en 1521, ne reflète sans doute pas son ancienneté10. Les principales communautés religieuses bénéficient également d’adductions : ainsi la petite abbaye suburbaine de Saint-André dispose-t-elle dès 1037 d’un aqueduc et d’une fontaine qui semble devenir ultérieurement la fontaine Saint-Géraud, et les aqueducs et fontaine de la puissante abbaye Saint-Martial sont assurément attestés dans la seconde moitié du xiiie siècle.
- 11 RUBEN Émile, ACHARD Félix & DUCOURTIEUX Paul (éd.), Annales manuscrites de Limoges dites Manuscrit (...)
- 12 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 219.
3Il serait cependant présomptueux d’envisager un véritable réseau maintenu en usage depuis la période antique : nos précédentes investigations révèlent que les aqueducs de distribution de l’agglomération, épousant les axes viaires antiques, ont vraisemblablement été condamnés à l’obsolescence par l’évolution du parcellaire à l’époque médiévale et le déplacement de l’agglomération vers les hauteurs, autour de la motte vicomtale. L’aqueduc d’Aygoulène, et son collecteur secondaire depuis le Puy-las-Rodas, aboutissent à la seule fontaine d’Aygoulène. En 1244, le sénéchal de Limoges fait toutefois aménager des conduites à partir de la fontaine afin d’alimenter des étangs se substituant sans doute aux anciens fossés de la motte vicomtale11 [fig. 2]. Les autres fontaines sont alimentées par des sources proches de la Ville. Ainsi, les fontaines du Chevalet, des Barres et de Saint-Martial sont dérivées d’une même source venant de la « Combe Ferrade », dans le nord-est de l’agglomération, tandis que la fontaine de Saint-Pierre-du-Queyroix est alimentée depuis le vallon d’Encombe Vineuse par le ruissellement des eaux dévalant le mont Jovis12.
Figure 2
La fontaine et les étangs d’Aygoulène. Rue Ferrerie, place de la Motte, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1765-1768, extrait du Plan d’alignement de la ville de Limoges, dit « Atlas Trésaguet » conservé aux archives municipales de Limoges (1Fi10).
Reproduction bibliothèque numérique du Limousin, https://bnl-bfm.limoges.fr/s/bibliotheque-virtuelle/item/534 [lien valide en septembre 2023].
- 13 Ibid., p. 175. Registres consulaires…, op. cit., t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1 (...)
- 14 Ibid., p. 168.
- 15 Registres consulaires…, op. cit., t. III, Second registre : 1592-1662, 1884, p. 179.
- 16 Ibid., p. 342, no 2. La fontaine du Chevalet exhibe une profusion d’ornements sculptés à l’occasio (...)
- 17 JOUVIN de ROCHEFORT Albert, Limoges dédié à Mrs Les Presidens Tresoriers de France Generaux des Fi (...)
- 18 LEVET Jean, op. cit., p. 34.
- 19 Registres consulaires de la ville de Limoges, édition continuée par GUIBERT Louis (éd.), Limoges, (...)
- 20 Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, 1897, p. (...)
- 21 Ibid., p. 88.
- 22 Ibid., p. 162.
4En 1559, une première mention dans les registres consulaires situe la fontaine de la Clautre ou du Cloître13 à proximité de la halle aux blés, le « cloistre Bourcier », proche de l’abbaye Saint-Martial. L’extension du tissu urbain occasionne l’inclusion de la fontaine Saint-Géraud parmi les fontaines publiques dès le xvie siècle14. Au xviie siècle, les autorités municipales s’emploient à l’embellissement des principales fontaines : en 1615, la réfection de la fontaine des Barres donne naissance à un ouvrage pyramidal15 alors que celle d’Aygoulène est placée, en 1647, sous le patronage d’une statue de Saint-Martial16. Un plan de la ville dressé en 1676 confirme la présence de la fontaine de la Clautre et indique l’existence d’une fontaine de la Cité, à l’entrée de cette dernière17. Limoges peut donc se targuer dès le début de l’époque moderne d’être remarquablement pourvue en fontaines anciennes et bien entretenues. Si la seconde moitié du xviiie siècle correspond à la création de la plupart des fontaines dans de nombreuses villes de France, à Limoges, ce phénomène se traduit par une démultiplication des équipements : les trop-pleins des dispositifs existants – les reflux – sont transformés en fontaines, qui accompagnent l’émergence de quartiers ou de nouvelles infrastructures urbaines telles que les casernes. Si la création de la fontaine des Bancs intervient dès 174318, il faut reconnaître à l’intendance de Turgot (1761-1774) une action décisive dans la démultiplication des fontaines : en 1770 la fontaine de la porte Tourny, dite aussi fontaine des Fantaisies19, en 1775 la fontaine de la Boucherie 20 ; elles desservent les nouveaux faubourgs séparant la Ville de la Cité. Dans les hauteurs de la ville est édifiée, en 1777, la fontaine Saint-Michel21 et en 1781 est achevée la fontaine Dauphine, qui alimente les nouvelles casernes22. En quelques décennies, le nombre des fontaines a été quasiment doublé, avec d’autant plus de rapidité que la plupart de ces créations sont simplement dérivées des installations qui existaient depuis l’époque médiévale.
Les eaux jaillissantes
- 23 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 219.
- 24 Désignant un pétrin, il est encore employé par l’intendant Turgot, orthographié « mée ». GUIBERT L (...)
- 25 Registres consulaires…, op. cit., t. V, Troisième registre, deuxième partie : 1741-1768, Quatrième (...)
- 26 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 112.
- 27 Ibid., p. 219.
- 28 Ibid., p. 385.
5La documentation historique et archéologique permet d’esquisser la matérialité de ces infrastructures. Les eaux des sources et aqueducs sont d’abord collectées extra muros dans des réservoirs : en 1534, celui de la fontaine Saint-Pierre, signalé par une borne aux armes de la ville, est situé à proximité de sa source, dans le vallon d’Encombe Vineuse. Il est alors constitué d’un « grand cube de pierre » intitulé « mach23 », forme occitane de la « maie24 ». Un état des aqueducs effectués en 1747 localise un autre réservoir alimentant Saint-Pierre dans les fossés nord-est de la ville, au lieu-dit de la Terrasse. Le réservoir d’Aygoulène est établi « près du pont de la porte des Arènes », ceux de la fontaine des Barres et du Chevalet « près de la porte Montmailler25 ». L’implantation de ces réservoirs s’explique aisément : situées dans les hauteurs de la ville, les conduites qui en découlent entraient en ville en passant sous les portes de l’enceinte urbaine [fig. 3]. Les aqueducs, nommés « dohatz » ou « conduits », sont creusés dans le rocher, et systématiquement voûtés26. Leur élargissement dans leur partie supérieure et leur hauteur devaient permettre le passage d’un homme « pour la visitacion des conduits » que mentionne une enquête de 153427 ; les clés de ces conduites sont détenues par les consuls28. L’eau circule par des cors de plomb dès le xvie siècle, un simple obstacle dans leur cheminement suffisant à mettre en pression ces fontaines gravitationnelles.
Figure 3
Le château de Limoges : localisation des réservoirs et essai de restitution du dispositif de lâcher d’eaux. Fond de plan, extrait du Plan d’alignement de Limoges, dit Atlas Trésaguet, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1768, conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (C 443) et complété au cadastre de 1812, archives municipales de Limoges (1 Fi 56 et 57).
© Laure Leroux, 2022.
- 29 AD HV 66 Fi 7.
- 30 RUBEN Émile (éd.), Annales manuscrites…, op. cit., p. 146.
- 31 Registres consulaires…, op. cit., t. 1, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 238.
- 32 Ibid., p. 4.
6Un témoignage iconographique exceptionnel est livré par le « plan Regina » [fig. 4], réalisé à la fin du xvie ou au début du xviie siècle, sans doute pour des motifs juridiques29. Il figure les conduites traversant l’enceinte urbaine, soit par le passage des portes de ville telle que la tour-porte de Montmailler, soit par des portes plus modestes mais disposant de serrures. À la jointure de deux conduites est figurée la trappe d’un regard, reconnaissable à l’anneau permettant son ouverture. Au centre de l’image, avec pour arrière-plan les arcades d’un cloître correspondant à l’abbaye Saint-Martial, est représentée « la fontaine de marbre », identifiable à la fontaine Saint-Martial, réputée pour sa vasque de « marbre noir » héritée du xiie siècle30. S’inscrivent à l’intérieur quatre supports d’une vasque supérieure apparemment manquante, suivant le modèle d’une autre fontaine figurée par le document, « la fontaine de ville devant St Pierre ». Cette dernière est également connue par un croquis en marge des registres consulaires de 153231, représentation certes maladroite, mais qui confirme l’usage, au moins dès le xvie siècle, de doubles vasques superposées constituant sans doute « le circuit des fontaines » qu’évoquent les registres consulaires en 152032, l’eau jaillissant d’une « pine » assimilable à une flèche. En créant artificiellement un courant par des différences de niveau, ce dispositif fait écho aux conceptions d’alors, parant les eaux vives de nombreuses vertus. Les considérations symboliques épousent les problématiques de potabilité de l’eau, le positionnement de la vasque supérieure et son débordement constant empêchant la stagnation de l’eau et le dépôt d’ordures, ou son usage comme abreuvoir ou lavoir. Cette préoccupation dicte l’architecture et l’appellation de deux autres fontaines figurées par le plan Regina, la fontaine des Barres et la fontaine barrée, dont l’unique cuve est couverte d’une grille.
Figure 4
Plan de fontaines de Limoges dit « plan Regina », auteur anonyme, fin xvie – début xviie siècle. Plan conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (66 Fi 7).
Reproduction archives départementales de la Haute-Vienne.
- 33 Registres consulaires…, op. cit., t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1581, p. 175.
- 34 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 277.
- 35 Registres consulaires…, op. cit., t. III, Second registre : 1592-1662, p. 180.
7Sans doute afin d’empêcher son usage comme abreuvoir, la fontaine d’Aygoulène s’inscrit dans un enclos maçonné, ainsi qu’en témoigne la réparation « du recloz de l’entour de la fontaine » en 155933. Cette réfection est réalisée en pierre de taille, qui, malgré son coût, semble privilégiée à partir du xvie siècle pour limiter l’emploi de mortier et l’altération des maçonneries par les infiltrations : ainsi, en 1570, les consuls préconisent la pierre de taille pour la reconstruction du « fontaneau ou boutet » de la fontaine du Chevalet. Au cours du xvie siècle, les registres consulaires multiplient également les références aux « pavements » à réaliser autour des fontaines de la ville, autre mesure d’hygiène visant à assurer la salubrité de ces places publiques en gérant les eaux de ruissellement34. Au xviie siècle, la réfection de la fontaine des Barres donne lieu à un ouvrage pyramidal [fig. 5], dont les quatre faces sont dotées de tuyaux35, mais qui n’inclut ni bac ni margelle, limitant son usage à la distribution d’eau potable.
Figure 5
La fontaine des Barres, 1914, photographie conservée à la bibliothèque francophone multimédia, Limoges (fonds Boudeau, boîte 186), https://bnl-bfm.limoges.fr/files/original/d68a466ad644a09daebc46d3c54985ced93956de.jpg [lien valide en septembre 2023].
© Jean-Baptiste Boudeau / Reproduction BFM de Limoges.
- 36 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 4.
- 37 Ibid., p. 284-287.
- 38 Ibid., p. 108. Un tel incident, en 1520, fournit la seule appréciation qualitative de l’eau des fo (...)
- 39 Registres consulaires…, op. cit., t. III, Second registre : 1592-1662, p. 180.
- 40 Registres consulaires…, op. cit., t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1581, p. 168.
- 41 Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, p. 112.
8Outre ces dispositions pratiques, les registres consulaires font état de rappels à l’ordre afin de maintenir la potabilité des fontaines : il est ainsi inscrit dans l’office du juge criminel de la ville de faire respecter l’interdiction de laver les draps dans les fontaines de la ville, hormis ceux des petits enfants, hors de la margelle, sous peine d’une amende de soixante sols tournois36. Signe de l’importance de ces infrastructures, les consuls interviennent en personne pour enquêter sur les causes d’assèchement ou de trouble d’une fontaine, constatant, dans la plupart des cas, des éboulements dans les conduites ou leur envahissement par la végétation, plus rarement des détournements d’eau pour les cultures37 ou des percements accidentels, notamment par la création de caves38. Sans cette vigilance, la remise en état d’une fontaine constitue un chantier qui peut s’avérer long et coûteux : en 1615, les consuls entreprennent de restaurer la potabilité de l’eau de la fontaine de la Clautre, « gatée par les ordures qu’on y a jeté » et alors employée pour laver les draps et comme abreuvoir pour les chevaux ; il faut trois ou quatre mois, « à grands frais », pour rétablir une eau « pure et nette »39. Si la qualité de l’eau des fontaines est rarement commentée, leur utilité publique est fréquemment rappelée : ainsi l’assèchement de la fontaine Saint-Géraud en 1556 est au « détriment de la ville40 ». En 1788, les consuls déplorent l’état des fontaines de la ville, qui lui sont pourtant « de la plus grande utilité », mais dont le débit s’est amenuisé faute de réparations, privant « l’habitant de tout l’avantage qu’il devroit retirer des établissements qui sont faits pour luy et pour sa commodité41 ».
Une ressource privée : les puits, les aqueducs et les réservoirs
- 42 Des archives privées font état d’un puits « hybride » accosté par quatre petites galeries en spira (...)
- 43 Voir ALIX Clément, « L’étude des caves des maisons médiévales d’Orléans », in SANDRON Dany (dir.), (...)
9Les investigations archéologiques menées à Limoges révèlent toutefois d’autres apports en eau potable, omis des textes municipaux en raison de leur caractère privé : puits, aqueducs et réservoirs [fig. 6] branchés sur ceux-ci. Fréquents dans les arrière-cours et jardins, des puits42 ont également été repérés à l’intérieur des habitations. Leur débouché se situe au rez-de-chaussée, mais un puisage est possible dans le premier sous-sol par l’intermédiaire d’une ouverture dans la paroi43.
Figure 6
Arrivée d’un aqueduc alimentant une citerne abandonnée à l’époque contemporaine, Limoges, 1995.
© Éric Balbo.
- 44 CONTE Patrice & LABORIE Yan, « Stocker et conserver dans l’habitat urbain médiéval du Sud-Ouest de (...)
- 45 Grille droite associant des barreaux verticaux, à trous renflés, permettant le passage de traverse (...)
10Le rôle des aqueducs passant sous les maisons n’est pas à sous-estimer et constituait un apport important d’approvisionnement en eau claire dans le privé44. L’hôtel Bourdeau, édifié au xviiie siècle à l’angle des rues du Consulat et Cruche d’Or, est exemplaire à cet égard. Élevé sur six unités foncières antérieures, c’est dans ses basses caves que s’observe un réseau permettant la prise d’eau alimentant les anciennes habitations. Ce réseau fut conservé, adapté et réutilisé dans la nouvelle construction [fig. 7]. L’unité 1 bénéficie d’un captage (soit par prélèvement drainant, soit directement depuis un aqueduc) alimentant une citerne possédant, dans sa voûte, un regard permettant son entretien, voire le prélèvement. Le trop-plein de celle-ci se déverse dans un canal alimentant une petite pièce ayant pu servir de bassin de rétention permettant un accès à l’eau à partir du premier sous-sol par l’entremise d’une ouverture aménagée dans la voûte avec une margelle. L’aqueduc poursuit son cheminement, par un passage traversant le mur, dans l’unité 3. Creusé dans le substrat jusqu’à sa rencontre avec le canal venant de la rue du Consulat par l’unité 2, il était recouvert de larges dalles de pierre. Ce tronc commun se déverse dans un regard permettant un changement d’orientation vers la rue Cruche d’Or. L’aqueduc est barré par une grille en fer forgé à l’aplomb du mur séparant les unités 2 et 345. Ces grilles étaient généralisées, tant dans le domaine public que privé. Elles avaient une fonction de protection pour barrer le passage aux personnes, mais également de rétention des détritus afin de préserver la qualité de l’eau. Cet accès privé à l’eau courante, qui constituait un privilège dans la plupart des villes médiévales et modernes, semble ici concerner des unités d’habitation somme toute ordinaires, si l’on en juge par leur emprise parcellaire. Grâce à ce réseau hydraulique souterrain et aux fontaines publiques, il semblerait que les habitants de Limoges aient bénéficié précocement d’un accès à l’eau courante, sinon à l’eau potable.
Figure 7
Réseau de distribution de l’eau sous l’hôtel Bourdeau datant du xviiie avec les limites des anciennes unités foncières antérieures.
© Relevés association ArchéA, 2005 et 2017 © DAO et photographie Éric Balbo, 2022.
Évacuer les immondices
Usage des eaux usées
- 46 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 475.
11En 1552, un conflit oppose les consuls à Henri d’Albret, alors vicomte de Limoges par le jeu des successions ; ce dernier ordonne l’évacuation des ordures par charrette « pour la conservation de la sante et salubrite des habitans46 ». Les consuls renâclent et lui opposent la coutume selon laquelle chaque habitant doit nettoyer devant sa maison, mais le vicomte obtient finalement le « charreton » quotidien. Si son application, dispendieuse, prend rapidement fin, est mentionné dès 1575 ce procédé ingénieux :
- 47 BELLEFOREST François de, La Cosmographie universelle, 1575, cité par DRAPEYRON Ludovic, « Jean Fay (...)
Au haut de la ville y a la belle fontaine et estangs d’Eygoulène, qui servent, non seulement à la commodité des hommes et abreuvoirs de chevaux, mais à certains jours, et heures de la semaine estans desbondez, les serviteurs et servantes se tiennent prests pour nettoyer les rues et jetter les ordures, lorsque l’abondance de cette eau passe par devant leurs maisons47.
- 48 CHABANEAU Camille, « Mémorial de Limoges », art. cit., p. 80.
- 49 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 385.
- 50 Annales manuscrites de Limoges…, op. cit., p. 103.
- 51 Registres consulaires…, op. cit., t. V, Troisième registre, deuxième partie : 1741-1768, Quatrième (...)
12Les lâchers d’eau des étangs d’Aygoulène sont mis en place dès 1244 : suite à un incendie, le sénéchal de Limoges fait dériver de la fontaine une conduite pour alimenter les étangs, dont il est toutefois précisé dans les registres consulaires du xive siècle que leurs lâchers doivent alors être exclusivement employés à éteindre les incendies48. L’ampleur de ce lâcher d’eau est favorisée par la topographie de Limoges, les étangs d’Aygoulène se situant sur un point culminant. La disposition des rues s’y conforme également puisque le parcellaire du xviiie siècle confirme qu’aucun îlot ne présente d’orientation susceptible de bloquer les écoulements. Il faut supposer un dispositif d’écluses permettant ces lâchers d’eau, dont les clés sont remises aux consuls lors de leur prise de fonction49, à l’instar des clés des aqueducs. Leur dévoiement en chasse afin de nettoyer la ville semble donc intervenir dès les années 1550-1560, avec deux siècles d’avance sur les préconisations des architectes-urbanistes des Lumières. Les Annales manuscrites de l’abbaye Saint-Martial, rédigées en 1638, précisent que les deux étangs, séparés par une chaussée, s’écoulent par « quatre canaux qu’on ouvre pour nettoyer les rues, l’eau desquelz passe par toutes, et aussy pour nettoyer les commodités des maisons de la ville et fauxbourgs de Boucherie et de Manigne50 ». En 1761, afin de renflouer les finances de la Ville, les autorités municipales mettent aux enchères le produit des eaux d’Aygoulène, non sans conditions : l’adjudicataire sera ainsi « tenu de donner gratuitement, les mercredis et samedis de chaque semaine, entre deux et trois heures de relevée, les eaux nécessaires pour le nettoiement des rues, pendant une heure et demie51. »
- 52 Documents, analyses de pièces, extraits & notes relatifs à l’histoire municipale des deux villes d (...)
- 53 Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, p. 266 ; (...)
- 54 AD HV C 59.
- 55 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 228.
- 56 Documents,…, op. cit., t. II, 1902, p. 272-273.
13Un autre flux dans les canalisations d’exhaure facilitait leur évacuation vers les parties basses de la ville : les eaux pluviales récupérées des toits et des cours des maisons et hôtels, collectées par des caniveaux et se déversant dans des puits reliés à ces conduites [fig. 8]. Les eaux de la ville, parcourant les rues – en surface et en souterrain – s’écoulaient vers les fossés sud de la ville en passant par les portes de l’enceinte urbaine. Est ainsi attesté dès 1365 un « canal52 » intra muros dans la rue descendant vers la porte Vieille-Monnaie, le long de l’ancien banc de boucherie, devenu l’aqueduc couvert de la rue du Canard au xviiie siècle53. D’autres égouts, encore partiellement couverts dans les années 1760, sont mentionnés dans les rues parallèles. Un aqueduc est également mentionné sous la porte Pissevache, toponyme éminemment significatif54. La démultiplication des portes dans la partie sud de l’enceinte urbaine, où sont également localisées les activités génératrices d’ordures telles que la poissonnerie près de Saint-Pierre ou les bancs de boucherie, pourrait être liée à cet impressionnant dispositif d’évacuation des eaux usées, toutefois sujet à des débordements. En 1532, les consuls ordonnent le curage des fossés de la porte du Puy de Vieille-Monnaie jusqu’à la porte Mirebœuf, soit la clôture sud-est de la ville, car « certains douhatz (conduits) descendentz de la ville ne pouvoient prendre cours » et inondent les caves de particuliers55. Le réseau viaire est cependant agencé afin de réemployer ces eaux usées, par une artère reliant les étangs d’Aygoulène à la porte Mirebœuf, appellation dérivée du nom évocateur de « Mairebuou » en 152056. Elles rejoignent extra muros les eaux des étangs de Palevesy et des Chouchieres et l’ensemble alimente le ruisseau d’Anjoumard, autrement appelé le Merdançon, employé par les tanneurs, dont l’activité occasionne une pestilence les contraignant à une implantation dans l’entre-deux villes. Le ruisseau s’achemine ensuite vers le sud, longeant les fossés ouest de la Cité, avant de se jeter dans la Vienne, en aval de l’agglomération.
Figure 8
Caniveaux en pierre canalisant les eaux pluviales d’une cour intérieure et se déversant dans un puits relié à une conduite d’exhaure, Limoges, 1989.
© Éric Balbo.
Les dispositifs individuels : latrines des bâtiments publics et privés
14Afin de gérer les immondices, aux infrastructures publiques s’ajoutent les équipements d’hygiène privés : les cabinets d’aisances implantés ex nihilo ou réutilisant des structures excavées antérieures [fig. 9] sont le réceptacle initial des effluents humains. Qu’ils soient dans des lieux privés ou publics, ceux-ci, si ce n’est par leur ampleur, ne se différencient ni par leur conception ni par leur évacuation. Il en est ainsi du collège des Jésuites [fig. 10], voisin de Saint-Pierre-du-Queyroix, et dont les travaux d’extension réalisés au xviie siècle incluent des latrines comprenant deux fosses et une conduite d’évacuation. Réalisé en 1680, cet ensemble disposé en enfilade, entièrement couvert et maçonné pour en assurer l’isolation et l’étanchéité, permettait un écoulement continu des effluents par deux larges ouvertures pratiquées dans le mur séparatif, puis par une conduite inclinée débouchant dans un égout. La vidange de chaque fosse s’effectuait périodiquement par une trappe aménagée dans la voûte et fermée par une dalle [fig. 11].
Figure 10
Le collège des Jésuites vers 1770, réalisé par Jean-Claude Grany en 2022. Fond de plan : plans d’alignement de Limoges, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1768, conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (C 443) et complété au cadastre de 1812, archives municipales de Limoges (1 Fi 56 et 57).
© Jean-Claude Grany.
Figure 11
Les latrines du collège des Jésuites de Limoges.
© Relevés association ArchéA, 2006 © dessins et DAO Jean-Claude Grany, 2022.
- 57 LEROUX Laure, « Le présidial de Limoges : édifier une réforme de la justice à la fin de l’Ancien R (...)
- 58 Ead., avec la collaboration de BALBO Éric, Le Présidial. Limoges (Haute-Vienne). Rapport final d’o (...)
- 59 L’exutoire d’un de ces conduits comporte un croisillon empêchant son accès.
15Conçu comme un palais de justice exemplaire, l’ancien présidial de Limoges, édifié en 1783, témoigne également de ces préoccupations de salubrité dans les espaces publics ; ses cellules disposent d’accès aux latrines grâce au réemploi de caves antérieures57. Au moins trois d’entre elles furent transformées en fosses d’aisances58. Une première servit de fosse à un petit bâtiment alloué au logement du personnel. Elle réceptionnait les eaux-vannes collectées par deux conduits [fig. 12]. Un autre ensemble souterrain à deux niveaux fut transformé en partie en latrines [fig. 13]. Cette transformation permit de raccorder cinq cellules à celui-ci. Trois conduits de latrines ont été mis en évidence59. Pour les deux autres, des conduits ont été aménagés directement sur les puits reliant la surface à la fosse. Chaque cellule étudiée possédait donc une latrine individuelle, alors même que des maisons particulières en étaient encore dépourvues [fig. 14].
Figure 12
Cave 2 transformée en fosse d’aisances sous l’ancien présidial. Pour la situation de ces structures, voir les figures 8 et 10 de l’article de Laure Leroux, « Le présidial de Limoges : édifier une réforme de la justice à la fin de l’Ancien Régime », In Situ. Revue des patrimoines, no 46, 2022, https://journals.openedition.org/insitu/33860 [lien valide en septembre 2023].
© Relevés association ArchéA, 2017 © DAO Éric Balbo, 2022 © pour le plan de situation DAO : Marie Canivet, Laure Leroux (Bureau d’investigations archéologiques Hadès), 2019.
Figure 13
Coupe de la cave 3 et plan de la cave 3 transformée en fosse d’aisances sous l’ancien présidial.
© Relevés association ArchéA, 2017 © DAO : Éric Balbo, 2022.
Figure 14
Coupe, avec détails, d’une partie de la cave 3 sous l’ancien présidial, Limoges.
© Relevés association ArchéA, 2017 © DAO Éric Balbo, 2022 © photographie Éric Balbo, 2017.
- 60 CONTE Patrice, « Fouille d’un réseau souterrain médiéval à Limoges, rue Haute-Cité et rue des Allo (...)
- 61 61 VÉQUAUD Brigitte, MANIQUET Christophe & VALLET Christian, « Deux latrines comblées aux xive-xve (...)
- 62 JOUNEAU David, « Un siège de latrines en bois », Archéopages, no 27, 2009, p. 82-83.
16Si l’étude révèle parfois la présence d’aménagements intégrant l’évacuation des déchets via des dispositifs complexes utilisant des conduites d’égout ou réutilisant des conduites créées antérieurement, l’archéologie de fouille atteste régulièrement d’un type de structure dédié au stockage temporaire des immondices d’origine humaine. Associés à des latrines hors sol, les cloaques révélés par les fouilles s’apparentent – pour leur partie enfouie – à des fosses tronconiques ou hémisphériques. Limoges livre, à l’instar d’autres villes médiévales, plusieurs exemples de tels dispositifs qui impliquaient des vidanges manuelles régulières. C’est à la faveur de l’étude d’un vaste réseau souterrain60 dans la Cité qu’a ainsi été mise en évidence, creusée dans le substrat, une profonde fosse hémisphérique alimentée par un, voire deux conduits provenant de la surface [fig. 15]. La fouille de cette structure a livré à sa base une couche organique, reliquat fossilisé de la dernière phase de son utilisation contenant un mobilier archéologique varié (xiiie-xive siècles). Ce cloaque était probablement associé à une maison commerçante située en bordure des bancs charniers, près de l’église Saint-Genès. Une centaine de mètres plus au sud, c’est cette fois-ci dans le quartier canonial qu’un ensemble de deux latrines contiguës a été découvert. Les deux structures sont délimitées en surface par plusieurs restes de murs encadrant des fosses au profil asymétrique creusées dans le substrat [fig. 16]. L’analyse du comblement de l’une d’entre elles témoignerait de deux phases de curage avant leur abandon et leur réutilisation comme dépotoir aux xive et xve siècles. Ces deux vestiges sont associés à des bâtiments identifiés comme étant des maisons de chanoines61. Un dernier cas de lieu d’aisance bien documenté est à signaler, cette fois-ci dans l’entre-deux villes, près du ruisseau du Merdançon précédemment évoqué ; il se distingue des précédents par sa taille, réduite à un creusement d’environ 1,5 x 1,5 m, mais aussi par sa datation plus précoce, de la fin du haut Moyen Âge, comme le suggèrent les éléments céramiques contenus62. Cette dernière structure de cloaque a également livré un rare élément matériel directement associé au fonctionnement des latrines, par la découverte d’une planche percée, vestige du siège qui devait l’équiper [fig. 17].
Figure 15
Coupe transversale d’une cave, rue Haute-Cité / 1, rue des Allois à Limoges. Le cul-de-basse-fosse est situé à gauche de l’image, en partie engagé sous le mur de la cave au pilier. Sa fouille partielle témoigne, à sa base, d’un comblement détritique caractéristique de sa fonction de cloaque. Deux conduits lui étaient associés : l’un, vertical, au revers du mur de la cave, l’autre latéral supposant une association à deux latrines distinctes.
© Patrice Conte et Jean-Claude Grany, 1996.
Figure 16
Couple de cloaques de latrines associées à des maisons de chanoines du chapitre cathédral de Limoges. Sur celle de droite, la séquence stratigraphique 4 est celle qui s’avère contenir la matrice la plus organique, correspondant vraisemblablement à sa dernière phase d’utilisation comme réceptacle de latrines avant abandon et remblaiement.
© Patrice Conte, d’après les travaux de Brigitte Véquaud et al.
Figure 17
Boulevard de la Cité, Limoges. Dans cette zone de « l’entre-deux villes » médiévales, une fosse a été identifiée (comblement à la base très organique, couche 10) comme étant un réceptacle de latrines datables de la fin du haut Moyen Âge. À la base, plusieurs éléments de bois permettent de restituer un dispositif de siège percé qui devait équiper la latrine (mire visible de 0,30 m).
© David Jouneau, 2004.
17Par la richesse de la documentation mobilisable, qu’elle relève des archives ou de l’archéologie, la ville de Limoges s’avère constituer un terrain particulièrement favorable à l’étude de la gestion de l’eau au cours du Moyen Âge et à l’époque moderne, depuis son captage jusqu’à son utilisation par ses habitants. « En aval », la question du contrôle des flux d’immondices produits par la ville trouve également un ensemble important de données, en particulier grâce à l’étude des espaces souterrains, dont l’investigation se doit d’être poursuivie au-delà des quelques cas évoqués dans cette contribution. La consommation d’eau et la production exponentielle des déchets par notre société constituant deux aspects d’une actualité réelle, il y a certainement quelque intérêt à comprendre comment nos prédécesseurs ont su, ou non, maîtriser de telles questions inhérentes au développement urbain.
Notes
1 Cité par LEVET Jean, À la découverte du Limoges ancien. Les fontaines, Limoges, Association Renaissance du Vieux Limoges, 1987, p. 21.
2 BARRIÈRE Bernadette, « Limoges », in HIGOUNET Charles, MARQUETTE Jean-Bernard & WOLFF Philippe (dir.), Atlas historique des villes de France, Paris, Éditions du CNRS, 1984.
3 Recherches menées par l’association ArchéA (Limoges).
4 LEVET Jean, op. cit. ; TOUCHART Laurent, « La fontaine du Père Peigne à Limoges », in BARTOUT Pascal & TOUCHART Laurent (dir.), Eaux et mœurs, du Berry et d’ailleurs, Châteauroux, CREDI éditions, 2016, p. 12-26.
5 VERGNE Pierre, « Note sur les anciens aqueducs découverts aux environs de Limoges », Bulletin de la Société archéologique du Limousin, t. XXII, 1873, p. 5-23.
6 Sa source est localisée à Corgnac, à 2 km à l’ouest du cœur de ville. Localisation parfaitement connue aux époques médiévales et modernes, ainsi qu’en attestent les registres consulaires de 1552 ; Registres consulaires de la ville de Limoges, édités par RUBEN Émile (dir.), Limoges, imprimerie Chapoulaud frères, 1867-1897, t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1581, 1869, p. 17, disponible en ligne, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33182r.image [lien valide en septembre 2023].
7 Grégoire de Tours, De gloria martyrum, chap. XV, cité par LEVET Jean, op. cit., p. 13.
8 Archives départementales de la Haute-Vienne (ADHV), D 258 ; Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, 1867, p. 189, disponible en ligne, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33181d.texteImage [lien valide en septembre 2023].
9 CHABANEAU Camille, « Mémorial du Consulat », Revue des langues romanes, t. VIII, 1895, p. 75.
10 LEROUX Laure, CONTE Patrice, BALBO Éric & GRANY Jean-Claude, « Les eaux souterraines de Limoges : aqueducs et fontaines médiévales », in LORANS Élisabeth, SIMON Gaël & POUYET Thomas (dir.), L’Eau dans les villes d’Europe au Moyen Âge (ive-xv s.) : un vecteur de transformation de l’espace urbain, à paraître, 2023.
11 RUBEN Émile, ACHARD Félix & DUCOURTIEUX Paul (éd.), Annales manuscrites de Limoges dites Manuscrit de 1638, Limoges, Vve H. Ducourtieux, 1872, p. 189.
12 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 219.
13 Ibid., p. 175. Registres consulaires…, op. cit., t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1581, p. 175.
14 Ibid., p. 168.
15 Registres consulaires…, op. cit., t. III, Second registre : 1592-1662, 1884, p. 179.
16 Ibid., p. 342, no 2. La fontaine du Chevalet exhibe une profusion d’ornements sculptés à l’occasion de l’entrée du roi à Limoges en 1605 ; il n’en reste toutefois aucune autre trace que cette description, suggérant des ornements éphémères, caractéristiques de ce type d’événement. Ibid., p. 102.
17 JOUVIN de ROCHEFORT Albert, Limoges dédié à Mrs Les Presidens Tresoriers de France Generaux des Finances et Grands Voyers en la Generalité de Limoges Chevaliers Conseillers du Roy Juges et Directeurs du Domaine, Limoges/Paris, 1676, reproduction, [disponible en ligne], https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b5971852c.r=plan%20limoges?rk=21459;2 [lien valide en septembre 2023].
18 LEVET Jean, op. cit., p. 34.
19 Registres consulaires de la ville de Limoges, édition continuée par GUIBERT Louis (éd.), Limoges, Vve H. Ducourtieux, 1889-1897, t. V, Troisième registre, deuxième partie : 1741-1768, Quatrième et dernier registre, première partie : 1768-1773, 1893, p. 383.
20 Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, 1897, p. 62.
21 Ibid., p. 88.
22 Ibid., p. 162.
23 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 219.
24 Désignant un pétrin, il est encore employé par l’intendant Turgot, orthographié « mée ». GUIBERT Louis (éd.), Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, p. 396.
25 Registres consulaires…, op. cit., t. V, Troisième registre, deuxième partie : 1741-1768, Quatrième et dernier registre, première partie : 1768-1773, p. 27 ; AD HV C 59.
26 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 112.
27 Ibid., p. 219.
28 Ibid., p. 385.
29 AD HV 66 Fi 7.
30 RUBEN Émile (éd.), Annales manuscrites…, op. cit., p. 146.
31 Registres consulaires…, op. cit., t. 1, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 238.
32 Ibid., p. 4.
33 Registres consulaires…, op. cit., t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1581, p. 175.
34 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 277.
35 Registres consulaires…, op. cit., t. III, Second registre : 1592-1662, p. 180.
36 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 4.
37 Ibid., p. 284-287.
38 Ibid., p. 108. Un tel incident, en 1520, fournit la seule appréciation qualitative de l’eau des fontaines de Limoges : suite à l’aménagement d’une cave par un particulier, l’eau de la fontaine du Chevalet devint « trouble », ce qui n’était jamais arrivé.
39 Registres consulaires…, op. cit., t. III, Second registre : 1592-1662, p. 180.
40 Registres consulaires…, op. cit., t. II, Premier registre, deuxième partie : 1552-1581, p. 168.
41 Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, p. 112.
42 Des archives privées font état d’un puits « hybride » accosté par quatre petites galeries en spirale, décalées les unes par rapport aux autres dans le plan vertical. Probablement prémices de la technique actuelle du puits à drains rayonnants.
43 Voir ALIX Clément, « L’étude des caves des maisons médiévales d’Orléans », in SANDRON Dany (dir.), Sous les pavés, les caves ! Une clef pour l’histoire de l’architecture et de la ville au Moyen Âge, Paris, Sorbonne Université Presses, 2021, p. 315.
44 CONTE Patrice & LABORIE Yan, « Stocker et conserver dans l’habitat urbain médiéval du Sud-Ouest de la France (xiie-xve siècles) », in SCELLÈS Maurice & NAPOLÉONE Anne-Laure (éd.), La Maison au Moyen Âge dans le Midi de la France. 2, Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, numéro hors-série, 2008, Toulouse, Société archéologique du Midi de la France, 2009, p. 255-283.
45 Grille droite associant des barreaux verticaux, à trous renflés, permettant le passage de traverses horizontales.
46 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 475.
47 BELLEFOREST François de, La Cosmographie universelle, 1575, cité par DRAPEYRON Ludovic, « Jean Fayen et la première carte du Limousin 1594 », Bulletin de la Société archéologique du Limousin, t. XLII, 1894, p. 17, disponible en ligne, https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322984p/f8.item [lien valide en septembre 2023].
48 CHABANEAU Camille, « Mémorial de Limoges », art. cit., p. 80.
49 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 385.
50 Annales manuscrites de Limoges…, op. cit., p. 103.
51 Registres consulaires…, op. cit., t. V, Troisième registre, deuxième partie : 1741-1768, Quatrième et dernier registre, première partie : 1768-1773, p. 118.
52 Documents, analyses de pièces, extraits & notes relatifs à l’histoire municipale des deux villes de Limoges, édités par GUIBERT Louis, Limoges, F. Plainemaison, 1897-1902, t. I, 1897, p. 321.
53 Registres consulaires…, op. cit., t. VI, Quatrième registre, deuxième partie : 1774-1790, p. 266 ; 275 et suivantes.
54 AD HV C 59.
55 Registres consulaires…, op. cit., t. I, Premier registre, première partie : 1504-1552, p. 228.
56 Documents,…, op. cit., t. II, 1902, p. 272-273.
57 LEROUX Laure, « Le présidial de Limoges : édifier une réforme de la justice à la fin de l’Ancien Régime », In Situ. Revue des patrimoines, no 6, 2022, [en ligne], https://journals.openedition.org/insitu/33860 [lien valide en septembre 2023].
58 Ead., avec la collaboration de BALBO Éric, Le Présidial. Limoges (Haute-Vienne). Rapport final d’opération, vol. I et II, 2020.
59 L’exutoire d’un de ces conduits comporte un croisillon empêchant son accès.
60 CONTE Patrice, « Fouille d’un réseau souterrain médiéval à Limoges, rue Haute-Cité et rue des Allois », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. CXXIV, 1996, p. 254-257.
61 61 VÉQUAUD Brigitte, MANIQUET Christophe & VALLET Christian, « Deux latrines comblées aux xive-xve siècles associées aux maisons canoniales du chapitre cathédral de Limoges (Haute-Vienne) : un abondant et luxueux mobilier céramique, entre production locale et importation », Travaux d’archéologie limousine, t. 37, 2017, p. 107-136.
62 JOUNEAU David, « Un siège de latrines en bois », Archéopages, no 27, 2009, p. 82-83.
Haut de pageTable des illustrations
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|---|---|
| Titre | Figure 1 |
| Légende | Le château et la Cité de Limoges sous l’Ancien Régime – localisation des fontaines. Fond de plan : plans d’alignement de Limoges, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1768, complété par le cadastre de 1812 et conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (C 4431 et Fi 56 et 57). |
| Crédits | © Laure Leroux, 2022. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 417k |
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| Titre | Figure 2 |
| Légende | La fontaine et les étangs d’Aygoulène. Rue Ferrerie, place de la Motte, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1765-1768, extrait du Plan d’alignement de la ville de Limoges, dit « Atlas Trésaguet » conservé aux archives municipales de Limoges (1Fi10). |
| Crédits | Reproduction bibliothèque numérique du Limousin, https://bnl-bfm.limoges.fr/s/bibliotheque-virtuelle/item/534 [lien valide en septembre 2023]. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 437k |
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| Titre | Figure 3 |
| Légende | Le château de Limoges : localisation des réservoirs et essai de restitution du dispositif de lâcher d’eaux. Fond de plan, extrait du Plan d’alignement de Limoges, dit Atlas Trésaguet, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1768, conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (C 443) et complété au cadastre de 1812, archives municipales de Limoges (1 Fi 56 et 57). |
| Crédits | © Laure Leroux, 2022. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 382k |
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| Titre | Figure 4 |
| Légende | Plan de fontaines de Limoges dit « plan Regina », auteur anonyme, fin xvie – début xviie siècle. Plan conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (66 Fi 7). |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 405k |
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| Titre | Figure 5 |
| Légende | La fontaine des Barres, 1914, photographie conservée à la bibliothèque francophone multimédia, Limoges (fonds Boudeau, boîte 186), https://bnl-bfm.limoges.fr/files/original/d68a466ad644a09daebc46d3c54985ced93956de.jpg [lien valide en septembre 2023]. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 382k |
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| Titre | Figure 6 |
| Légende | Arrivée d’un aqueduc alimentant une citerne abandonnée à l’époque contemporaine, Limoges, 1995. |
| Crédits | © Éric Balbo. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 233k |
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| Titre | Figure 7 |
| Légende | Réseau de distribution de l’eau sous l’hôtel Bourdeau datant du xviiie avec les limites des anciennes unités foncières antérieures. |
| Crédits | © Relevés association ArchéA, 2005 et 2017 © DAO et photographie Éric Balbo, 2022. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 304k |
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| Titre | Figure 8 |
| Légende | Caniveaux en pierre canalisant les eaux pluviales d’une cour intérieure et se déversant dans un puits relié à une conduite d’exhaure, Limoges, 1989. |
| Crédits | © Éric Balbo. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 304k |
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| Titre | Figure 9 |
| Légende | Cave transformée par destination en fosse d’aisances, Limoges, 1982. |
| Crédits | © Éric Balbo. |
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| Titre | Figure 10 |
| Légende | Le collège des Jésuites vers 1770, réalisé par Jean-Claude Grany en 2022. Fond de plan : plans d’alignement de Limoges, Pierre-Marie-Jérôme Trésaguet, 1768, conservé aux archives départementales de la Haute-Vienne (C 443) et complété au cadastre de 1812, archives municipales de Limoges (1 Fi 56 et 57). |
| Crédits | © Jean-Claude Grany. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-10.jpg |
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| Titre | Figure 11 |
| Légende | Les latrines du collège des Jésuites de Limoges. |
| Crédits | © Relevés association ArchéA, 2006 © dessins et DAO Jean-Claude Grany, 2022. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-11.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 200k |
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| Titre | Figure 12 |
| Légende | Cave 2 transformée en fosse d’aisances sous l’ancien présidial. Pour la situation de ces structures, voir les figures 8 et 10 de l’article de Laure Leroux, « Le présidial de Limoges : édifier une réforme de la justice à la fin de l’Ancien Régime », In Situ. Revue des patrimoines, no 46, 2022, https://journals.openedition.org/insitu/33860 [lien valide en septembre 2023]. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-12.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 383k |
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| Titre | Figure 13 |
| Légende | Coupe de la cave 3 et plan de la cave 3 transformée en fosse d’aisances sous l’ancien présidial. |
| Crédits | © Relevés association ArchéA, 2017 © DAO : Éric Balbo, 2022. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-13.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 204k |
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| Titre | Figure 14 |
| Légende | Coupe, avec détails, d’une partie de la cave 3 sous l’ancien présidial, Limoges. |
| Crédits | © Relevés association ArchéA, 2017 © DAO Éric Balbo, 2022 © photographie Éric Balbo, 2017. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-14.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 274k |
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| Titre | Figure 15 |
| Légende | Coupe transversale d’une cave, rue Haute-Cité / 1, rue des Allois à Limoges. Le cul-de-basse-fosse est situé à gauche de l’image, en partie engagé sous le mur de la cave au pilier. Sa fouille partielle témoigne, à sa base, d’un comblement détritique caractéristique de sa fonction de cloaque. Deux conduits lui étaient associés : l’un, vertical, au revers du mur de la cave, l’autre latéral supposant une association à deux latrines distinctes. |
| Crédits | © Patrice Conte et Jean-Claude Grany, 1996. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-15.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 209k |
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| Titre | Figure 16 |
| Légende | Couple de cloaques de latrines associées à des maisons de chanoines du chapitre cathédral de Limoges. Sur celle de droite, la séquence stratigraphique 4 est celle qui s’avère contenir la matrice la plus organique, correspondant vraisemblablement à sa dernière phase d’utilisation comme réceptacle de latrines avant abandon et remblaiement. |
| Crédits | © Patrice Conte, d’après les travaux de Brigitte Véquaud et al. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-16.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 119k |
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| Titre | Figure 17 |
| Légende | Boulevard de la Cité, Limoges. Dans cette zone de « l’entre-deux villes » médiévales, une fosse a été identifiée (comblement à la base très organique, couche 10) comme étant un réceptacle de latrines datables de la fin du haut Moyen Âge. À la base, plusieurs éléments de bois permettent de restituer un dispositif de siège percé qui devait équiper la latrine (mire visible de 0,30 m). |
| Crédits | © David Jouneau, 2004. |
| URL | http://journals.openedition.org/insitu/docannexe/image/39735/img-17.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 243k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Laure Leroux, Éric Balbo, Jean-Claude Grany et Patrice Conte, « Des eaux jaillissantes aux rejets d’immondices », In Situ [En ligne], 51 | 2023, mis en ligne le 18 septembre 2023, consulté le 12 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/insitu/39735 ; DOI : https://doi.org/10.4000/insitu.39735
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